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Full text of "Retraite et mort de Charles-Quint au monastère de Yuste. Lettres inédites pub. d'après les originaux conservés dans les archives royales de Simancas"

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ACADËMIE  ROYALE 


■CIINCIS,    DSS    LITTMS    I 


GOIIISSION  ROYALE  D'fllSTOIRB. 


MM.  le  baron  de  Gerlacue,  président 
Gachakd,  secrétaire-trésorier; 
le  chanoioe  de  Raii; 
lechanoiDeDESiiET; 
Du  Mortier; 
BoRiuKs; 

BORGNET. 


1 


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RETRAITE  ET  MORT 


DE  CHARLES-QUINT 


AU  MONASTÈRE  DE  YUSTE. 


:  •»..■ 


RETRAITE  ET  MORT 


DE 


CHARLES-QUINT 

AU  MONASTÈRE  DE  YUSTE. 


LETTRES  INÉDITES 


VSUlilM 


o'APaÈ»  LES  OAIfillfAUX  CONSbAVBS  DANS  LES  ARGHITES  ROTALKS  DE  SIVANCAS; 


PAR 


M.  ÇACHARD, 

ArchlTltte  géoéral  du  Royaonie,  membre  de  TAcadémie  et  de  la  CommiMion  royair 

d'hiatoire;  d«  l'Académie  impériale  des  MieDcea  de  Vienne, 

da  l'Aeademie  royale  d'hiatoire  de  Madrid,  etc.,ett. 


TOME  II. 


BRUXELLES, 

•f.  HATEZ,  iMPRIMEtR  DB  l«A  GOMMISSIOII  ROYALE  D'hISTOIIII: 

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PRÉFACE. 


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I. 


Celte  seconde  série  de  documents  sur  la  retraite  et 
la  mort  de  Charles-Quint  en  comprend  cbnt  quatre-t 
YiiiGT-oNZE.  Nous  durious  pu  Considérablement  Taug- 
menter,  car,  depuis  Timpression  de  notre  l""'  volume, 
il  nous  est  parvenu  des  Archives  de  Simancas  pluâ 
de  cinq  cents  nouvelles  pièces  :  mais,  quel  que  soit 
Fintérët  qui  s'attache  aux  deux  dernières  années  de  la 
vie  de  Charles-Quint,  nous  n'avons  pas  voulu  donner  à 
notre  Recueil  des  proportions  qui  auraient  pu  paraître 
exagérées.  Nous  en  avons  retranché,  d'abord,  tout  ce 
qui  n'avait  pas  un  rapport  direct  avec  notre  sujet; 
nous  avons  laissé  de  côté,  ensuite,  les  documents  qui 
ne  contenaient  que  des  répétitions  ou  des  détails  tout 
à  fait  oiseux;  il  en  est  beaucoup  d'autres  que  nous 
nous  sommes  contenté  de  résumer  dans  des  notes; 

Tome  H.  a. 


O 


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^,?ïi--. 


(n) 
(l^autres,  enfin,  tels  que  les  inventaires  des  biens  meu- 
bles (le  TEmpereur,  qui,  à  eux  seuls,  auraient  formé 
presque  un  volume  (1),  et  que,  par  ce  motif,  nous  étions 
forcé  d'éliminer. 

Au  surplus,  les  pièces  que  nous  avons  exclues  ne 
seront  pas  perdues  pour  les  historiens  qui  voudront  y 
recourir:  elles  ont  été  placées  aux  Archives  du  royaume, 
où  elles  sont  à  la  disposition  du  public. 


IL 


Ce  volume  s'ouvre  (pp.  1-69)  par  la  relation  de  Thié- 
ronymite  anonyme  dont  le  manuscrit  est  conservé  à 
Bruxelles ,  dans  les  archives  de  la  cour  féodale  de  Bra- 
bant.  Ce  que  Ton  sait  déjà  de  cette  relation,  grâce  à  la 
notice  analytique  de  M.  Bakhurzen  Van  den  Brink,  la 
fera ,  nous  n'en  doutons  pas ,  lire  avec  une  vive  curio- 
sité !  dans  un  style  simple  et  clair,  elle  retrace  le  séjour 
de  Charles-Quint  au  monastère  de  Yuste,  et  l'auteur, 
nous  l'avons  déjà  dit,  parle  en  témoin  oculaire  des 
faits  qu'il  raconte  :  circonstance  qui  donne  à  ses  récits 
une  autorité  incontestable. 

Lorsque  parut  le  l'^  volume  de  ce  Recueil,  je  me 


(1)  L^inventairc  des  objets  mobiliers  qui  étaient  au  monastèi^  de 
Yuste,  forme  146  pages  de  copie,  et  celui  de  Varmeria  de  TEmpercur, 
qui  avait  été  déposée  à  Valladolid,  56  pages.  Llnventaire  des  livres, 
manuscrits,  papiers  laissés  par  la  reine  douairière  de  Hongrie, 
que  nous  avons  aussi ,  ne  comprend  pas  moins  de  108  pages. 


(  m  ) 

trouvais  hors  d*état  de  vérifier  si  le  P.  Sigûenza  connut 
ie  manuscrit  de  notre  anonyme  et  s'il  en  fit  usage,  le 
livre  de  Tillustre  historien  de  Tordre  de  Sainl^Jérôme 
D*eiistant  dans  aucune  bibliothèque  de  Belgique.  De- 
puis, S.  Exe.  M.  Fortoul,  ministre  de  Tinstruction 
publique  en  France,  a  bien  voulu  confier  k  notre  gou- 
vernement l'exemplaire  de  la  Histùriù  de  la  ôrdeii  de 
San  Geronimo  qui  appartient  à  la  Bibliothèque  Maza- 
rine«  et  j'ai  pu  comparer  les  deux  relations  :  le  résultat 
de  cet  examen  m'a  convaincu  que  le  P.  Sigûenza  a  fait 
des  emprunts  considérables  à  la  chronique  du  religieux 
de  Yuste,  mais  qu'il  a  eu  aussi  à  sa  disposition  d'autres 
matériaux.  Il  n'y  a  pas  lieu  de  s'en  étonner.  Le  livre 
qu'il  publia  ne  put  être  composé  que  de  l'aveu  des  chefs 
de  l'ordre  auquel  lui-même  il  appartenait;  dès  lors, 
toutes  les  archives,  toutes  les  bibliothèques  des  mal- 
sons que  possédaient  les  hiéronymites,  durent  lui  être 
ouvertes. 

La  relation  de  Sigûenza  (1)  diffère  en  quelques  points 
de  celle  de  l'htéronymite  anonyme.  Ainsi  il  raconte 
autrement  la  conversation  que  les  visiteurs  de  feindre 
eurent  avec  Charles-Quint  (2)  :  à  propos  de  la  discus- 
sion qui  s'éleva  entre  le  docteur  Mathys  et  Guillaume 
Yan  Mâle,  en  présence  de  l'Empereur,  sur  un  pâssiige 
de  Pline»  il  prétend  que  fray  Juan  Régla  donna  raison 


. ■  ■    ' ' I  II'" 


(4)  HUtoria  de  la  ârden  de  San  GerAnimo,  part  III,.tiY-I|  pp.  136- 
206.  (Madrid,  imprenta  rcal«  160&,  în-lbl.) 
(2)  Hùtoria,  ete.,  p.  199. 


U'7 


(IV) 

^  Md(|iys  (1)^  tandis  que,  (]*aprcs  Tanonyme,  ce  fut  en 
.faveur  de  Van  Maie  que  le  confesseur  se  prononça  (2). 
Sielon  lui,  le  premier  qui  entrait  tous  les  jours  dans  la 
chambre  de  TËmpereur  était  fray  Juan  Régla  (5);  se- 
lon Tanonyme,  c'était  Thorloger  Juanelo  (4).  Sigûenza 
nous  dit  que  le  confesseur  venait  régulièrement,  après 
le  dîner  de  TEmpereur,  lui  lire  et  lui  commenter  quel- 
que passage  de  saint  Bernard  ou  d*une  épitre  de  saint 
Jérôme  (5);  Tanonyme  ne  fait  venir  le  confesseur  que 
de  temps  en  temps  (6). 

Il  y  a  plusieurs  parties  de  la  relation  du  religieux 
que  Sigûenza  n*a  pas  reproduites;  mais,  en  revanche, 
son  récit  offre  des  détails  qu'on  ne  trouve  pas  dans  Tau- 
tre.  Ces  particularités  sur  don  Juan  d'Autriche  sont 
intéressantes  :  «  Quelquefois,  dit-il,  cet  enfant  passait 
»  devant  son  père,  et  l'Empereur  le  regardait,  mais 
9  avec  tant  de  majesté  et  de  circonspection,  que  per- 
»  sonne  n'aurait  pu  pénétrer  son  secret.  Une  ou  deux 
»  fois,  le  jeune  garçon  entra  dans  son  habitation,  et  il  lui 
>  parla  sans  doute  comme  il  aurait  pu  le  faire  à  quelque 
»  a^tre  des  enfants  qui  allaient  et  venaient  par  là  (7).  » 


(1)  HUtùm  de  la  ùrden  de  San  Gerônimo,  part.  UI,  llv.  I, 
p.  192. 
'   (i)  Pa^e  23  de  ce  volume. 

(3)  HùtùTia,  etc.,  p.  i92. 

(4)  Page  35. 

(5)  Historia,  etc.,  p.  492. 

(6)  Page  23.  ''- ■ 

(7)  •  .....  Passava  algunas  vexes  e!  muchacho  por  delanlc  de  su 


(V) 

Sigûenza  se  tait  sur  la  plupart  des  circonstances  que 
rhiéroDymite  anonyme  rapporte  de  l'entrevue  de  TEm- 
pereur  avec  fray  Bartolomé  de  Carranza ,  archevêque 
de  Tolède  :  mais  une  réflexion  qu'il  fait  ne  laisse  guère 
de  doute  sur  la  manière  dont  il  envisageait  les  persé- 
cutions auxquelles  ce  savant  et  infortuné  prélat  fut  en 
botte.  Après  avoir  dit  comment,  en  prenant  congé  des 
religieux  de  Yuste,  il  les  remercia  de  ce  qu'ils  avaient 
fait  pour  TEmpereur,  et  comment  il  leur  promit,  si 
Dieu  lui  donnait  vie,  de  leur  faire  ressentir  les  efTets^ 
de  sa  bienveillance,  l'historien  ajoute  :  t  11  n'en  eut 
»  que  trop  de  vie  pour  souffrir,  mais  non  pour  faire 
>  des  faveurs  (1).  > 

Nous  avons  déjà  mis  en  regard  les  deux  relations, 
en  ce  qui  concerne  les  obsèques  vraies  ou  prétendues 
que  Charles-Quint  fit  célébrer  pour  lui-même ,  son  en- 
tretien à  ce  sujet  avec  fray  Juan  Régla ,  et  la  scène  de 
la  terrasse ,  à  la  suite  de  laquelle  éclata  sa  dernière 
maladie  (2). 


padrc ,  y  cl  pooîa  los  ojos  en  él,  aunque  con  tanla  magestad  y  recaio, 
qoc  nadie  podia  cntcnder  cl  secreto.  Algunas  vezes  entré  en  su  apo- 
sento,  aunque  pocas,  y  quando  tnucho  una  vce  6  dos;  dcviô  de  ha- 
blarle  su  padre  como  pudicra  hablar  a  otro  niffo  de  los  que  por  alli 
cruxavan.....  •  (Hisforia,  etc.,  p.  â05.) 

(1)  •  ••...  Agradecio  mucho  al  convento  de  Yuste  1o  bien  que  avian 
scrvido  â  SuMagcstad,  y  cl  gran  exeniplo  que  todos  avian  dado, 
promettendo  de  tcnerlo  él  muy  en  la  memoria ,  y  mostrar  la  voluntad 
que  les  avia  cobrado,  dàndole  Dios  vida.  Uarla  tuvo  para  sufrir  U*a« 
bajos,  ya  que  no  para  hazcr  nicrccdcs «  [Ibid,) 

(2)  Tome  I'',  prcfiace,  pp.  lv-lxi. 


sr-i 


ii: 


i'4.- 


Ȕ'' 


(VI) 

Une  anecdote  que  rapporte  Sif^ûenza  mérite  que  nous 
nQiis  y  arrêtioQs  UQ  instant  :  <  Les  deux  carêmes  que 

>  TEmpere^ir  passa  à  Yuste,  —  dit-il  —  il  monta  au 
»  chœur  les  vendredis,  jours  où  a  lieu  la  discipline 

>  conventpelle.  Quand  le  moment  était  arrivé,  il  étei* 
»  gnait  :  le  ciei^o  quil  tenait  en  priant,  et,  comme  un 

>  vaillant  soldat  du  Christ,  il  macérait  aussi  sa  chair, 
»  en  se  donnant  la  discipline  avec  les  religieux  :  il  y 

>  mettait  tant  de  force,  qu  il  usait  les  bouts  du  fouet, 
M  devenus  ainsi  les  témoins  irrécusables  d*un  acte  si 
9,  humble  de  César.  Ces  disciplines  passèrent  en  héri- 
»  tage  à  wn  fils  don  Philippe.  Quand  il  avait  fini,  il 
p  partait,  accompagné  du  prieur  et  de  son  confesseur, 
»  et  leur  (leniandait  ce  qu  il  leur  en  semblait,  etc.  (1).  > 

Dans  le  chapitre  XXVI,  intitulé  De  ^assistance  de 


(4)  •>  ;*>•  lias  dos  quarosmas  que  alli  estnvo,subi6  lo6  vicrncs^ 
cri  que  se  hazc  disciplina  conventual,  al  choro.  Quando  se  llcgava. 
la  hora,  matava  la  vêla  con  que  cstava  rezando,  y,  como  valcroso  sol- 
dado  de  Ghristo,  hazia  gucrra  tambien  à  su  carne  >  disciplinàndosc  con 
cllos  con  tanta  fuerza  que  gastava  los  ramales  de  la  disciplina,  tcstigos 
féeries  y  cicrtos  de  tan  liumildo  acte  del  César.  Qucdàronlc  en  hercn- 
cia  estas  disciplinas  à  su  hijo  don  Felipe  segundo.  Acabada  la  disci* 
pljilQ,  le  salian  acompaHando  cl  prior  y  su  confessor,  y  los  y  va  pre- 
giuM^ndo  lo  que  le  parccia,  etc.  »  {Hûtoria,  etc.,  liv.  I,  p.  195.) 

Sigûenza  revient  là-dessus  dans  un  autre  passage  de  son  livre. 
Après  avoir  raconté  que,  six  ans  avant  sa  mort,  étant  à  Logroito, 
Philippe  II  ordonna  à  Juan  Ruyz  de  Velasco  d'ouvrir  le  tiroir  d'un 
e$çrii9Ho  qu'il  portait  avec  lui,  qu'il  en  tira  un  polit  crucifix  rcn- 
fcr.nicdaos  une  boite,  et  qu'il  lui  dit  :  Bappchz-vous ,  quand  je  vous  le 
dcmandtraiy  que  danx  ce  tiroir  est  ce  crticifix  qui  fut  à  VEtnpereur,  mon 
père,  et  qu'il  tenait  à  la  main  en  mourant,  ainsi  que  je  veux  mourir 


(VII) 

C Empereur  à  l'office  divin  (1),  rhiérooymite  anonyme 
parle  aussi  de  la  discipline  des  religieux,  mais  il  ne 
dit  pas  un  mot  d*ob  Ton  puisse  inférer  que  TEmpereur 
y  prenait  part;  le  contraire  résulte  même  de  son  récit. 
Voici  comment  il  s'exprime  :  «  Pendant  tout  te  temps 
»  que  S.  M.  fut  en  ce  monastère,  elle  s'efforça ,  autant 
»  qu'elle  le  put  et  que  ses  indispositions  le  lui  per- 
>  mirent,  d'assister  aux  offices  divins,  vêpres,  com- 
»  plies,  messes,  sermons,  leçons  de  l'Ëcriture,  aux 
»  matines  de  la  semaine  sainte  et  aux  disciplines  deÉ 
»  religieux  :  il  avait  été  à  cet  effet  construit  dans  le 
»  chœur  une  petite  tribune,  où  elle  entrait  pour  priera 
»  et  elle  y  restait  jusqu'à  ce  que  Toffice  divin  fût  achevé; 
»  Alors  le  père  prieur,  le  confesseur  et  les  autres 
»  pères  anciens  la  reconduisaient  jusqu'à  son  habita- 
»  tion.  » 

H.  Ford  et  M.  Stirling  n'ont  pas  hésité  à  adopter 
la  version  de  Sigûenza,  qui  leur  a  paru  fortifiée  par 
un  article  de  l'inventaire  de  Charles-Quint  dont  le 


mm-^même,  il  ajoute  :  «  Aora,  quatro  dias  6nies  que  fallccicsse,  le 
»  pidio  csto  al  mismo  Juan  Ruyz,  como  si  hurlera  dos  dias  que  le 
>  ayia  hecho  esta  prcvcncion.  Abrio  Juao  Ruyz  la  caxa^  vio  que  con 

•  cl  mismo  cructlîxo  estavan  dos  disciplinas,  la  una  tan  gastada  que 

•  niostrava  bien  cl  uso  y  cxcrcicio  dcîla  ;  y  dizicndoselo  al  rcy , 
»  respondié  que  no  la  ayia  gastado  él,  sino  su  padre,  cuyas  cran  :  y 
»  es  ansi,  como  advcrti  en  otra  parte,  que  cl  santo  Enipcrador  se 

•  diseiplinaya  en  compaflia  de  los  rcligiosos,  quando  hizo  aquclla 
»  hazafla  de  recogerse  en  nucstro  monasterîo  de  Yuste,  iriunfando 

•  de  una  vez  de  todo  el  mundo •  (Liv.  111,  dise.  XXI,  p.  681.) 

(1)  Page  33  de  ce  volume. 


(  VIII   ) 

manuscrit  Gonzalez  leur  a  fourni  le  texte.  Dans  son 
intéressante  Chronique  de  Charles-Quint  (1),  M.  Ân)é- 
dée  Pichot  la  conteste.  M.  Mignet  ne  s'explique  pas 
sur  ce  point. 

L'article  de  l'inventaire  des  biens  meubles  de  Char- 
les-Quint que  cite  le  chanoine  Gonzalez,  et  que  nous 
trouvons  en  effet  dans  la  copie  de  ce  document  qui 
nous  a  été  envoyée  de  Simancas ,  figure  entre  un  por- 
trait de  la  Vierge  ayant  appartenu  à  l'impératrice,  et 
une  douzaine  de  paires  de  gants,  parmi  les  objets  dont 
les  aides  de  chambre  (Guillaume  Van  Maie,  Charles 
Prévost,  Ogier  Bodart  et  Mathieu  Boutart)  étaient 
dépositaires  à  titre  de  leurs  offices.  Il  est  ainsi  conçu  : 

En  una  caja,  un  crudfixo  de  bultOy  con  dos  disci- 
plinas detUro  d'ellà;  y  cl  crudfixo  es  de  madera,  con 
que  murio  Su  Magesiad  y  la  imperalriz  (2). 

Noos  traduisons  :  c  Une  cassette  renfermant  un 
>  crucifix  sculpté  et  deux  disciplines.  Le  crucifix  est 
»  de  bois  ;  c'est  celui  que  tinrent  en  mourant  S.  M.  et 
)>  l'impératrice.  > 

M.  Pichot  fait  remarquer,  avec  raison,  que  Charles- 
Quint  pouvait  avoir  des  disciplines,  sans  qu'on  doive 


(1)  €marles-Quint  :  Chronique  de  sa  vie  inlérieure  et  de  ta  vie  poli- 
tique,  de  son  abdication  et  de  sa  retraite  dans  le  cloître  de  Yuste;  i854, 
in-8s  p.  589. 

(â)  On  lit,  en  marge  de  cet  article,  qu'il  fut  remis,  par  ordre  du 
roi,  à  Gil  Sauclio  de  Bazaii,  son  garde-joyaux  :  ec  qui  justifie  Tas- 
serlion  de  Sigûenza ,  que  les  disciplines  de  TEmpercur  passèrent  à 
son  fils. 


(IX) 

nécessairemeut  en  conclure  qu  il  se  macérait  le  corps , 
à  Tinstar  des  moines  de  Yuste  :  il  démontre  d'ailleurs 
que,  dans  la  situation  physique  où  il  se  trouvait,  il  lui 
eût  été  impossible  d'accomplir  l'opération  que  Sigûenza 
lui  attribue.  Mais  nous  avons  sur  ce  point  un  témoi- 
gnage décisif:  celui  de  l'Empereur  lui-même.  Charles 
écrivait  à  son  fils  le  7  avril  1558,  trois  jours  avant 
Pâques,  et  par  conséquent  tout  à  la  fin  du  second 
carême  qu'il  passa  dans  le  monastère  :  t  Mon  fils,  vous 

>  avez  su  comment  la  goutte  m'a  traité.  Quoiqu'elle 

>  ne  m'ait  pas  tourmenté  aussi  longtemps  et  qu'elle 

>  n'ait  pas  été  accompagnée  d'autant  d'accidents  que 
»  lorsque  j'étais  aux  Pays-Bas ,  cependant  j'en  ai  plus 

>  souffert  que  l'an  passé  :  car,  depuis  le  mois  de 

>  novembre  jusqu'à  ces  jours  derniers,  j'en  ai  ressenti 

>  trois  accès  très-violents ,  et  elle  m'a  tenu  longtemps 

>  au  lit;  et  jusqu'à  ces  jours  derniers,  j'ai  été  si  sauf- 

>  franl  et  si  faible  que,  daks  tout  cb  carémb,  je  n'ai  pu 

>  entendre  un  sermon  (i).  > 

En  résumé ,  la  relation  de  Fhiéronymite  de  Yuste 
doit  être  considérée  comme  un  monument  historique 
d'une  haute  valeur,  et  la  science  a  des  obligations  à 
H.  Bâkhûizen  Yan  den  Brink,  pour  la  découverte 
heureuse  qu'il  en  a  faite. 


(1)  Page  371  de  ce  volume. 


(X) 


III. 


Quarante-trois  lettres  et  trois  instructions  émanées 
de  Charles-Quint  font  partie  des  pièces  rassemblées 
dans  ce  volume. 

Des  quarante-trois  lettres,  dix  sont  adressées  à  Phi- 
lippe II  (pp.  105,  216, 240, 244,  274, 566, 379, 583, 
406,  485); 

Une  au  roi  des  Romains  Ferdinand  (p.  147); 

Neuf  à  la  princesse  doîïa  Juana ,  gouvernante  des 
royaumes  d'Espagne  (pp.  150,  157, 168,  175,  204, 
206,256,278,295); 

Quinze  à  Juan  Yazquez  de  Molina ,  secrétaire  d'Ëtat 
auprès  de  la  gouvernante  (pp.  69, 158, 179, 197, 220, 
250, 246,  505, 556,  564, 586, 416,  455, 445, 484). 

Les  autres  le  sont  :  à  Jean  III,  roi  de  Portugal  (p.  1 15); 
à  la  reine  doria  Catalina,  son  épouse  (pp.  258, 271);  à 
l'infante  doîia  Maria,  sa  sœur  (p.  272);  au  duc  d*AI- 
burquerque  (p.  259);  à  Fernando  de  Valdès,  archevê- 
que de  Séville  (pp.  186, 195);  à  Luis  Quijada  (p.  552). 

Deux  des  instructions  sont  données  à  des  person- 
nages envoyés  en  Portugal ,  don  Sancho  de  Cordova 
(p.  117),  et  don  Fadrique  Enriquez  de  Guzman  (p.  208). 
La  troisième  concerne  une  mission  dont  Quijada  fut 
chargé  par  l'Empereur  à  Valladolid  (p.  357). 

Dans  les  lettres  qu'il  écrit  à  son  fils,  Charles-Quint 
rentretienl:  de  sa  renonciation  à  l'Empire,  sur  laquelle 
il  insiste;  du  traité  qui  se  négociait,  au  sujet  de  la 


(XI) 

Navarre,  avec  le  duc  de  Vendôme ,  Antoine  de  Bour- 
bon; du  règlement  de  la  position  de  ses  trois  princi- 
paux serviteurs,  Quijada,  Malhys  et  Gaztelù;  des  vic- 
toires de  Tarmée  royale  en  Flandre  dans  la  campagne 
de  1557,  et  des  mesures  à  prendre  pour  en  assurer  les 
résultats;  des  communications  mystérieuses  que  vint 
lui  faire ,  touchant  la  succession  de  Portugal ,  après  la 
mort  du  roi  Jean  III,  un  individu  de  ce  pays;  de  ses 
propres  démarches  à  Lisbonne,  par  le  moyen  du  P. 
Francisco  de  Borja,  relativement  à  cette  succession  ; 
de  rétablissement  en  Espagne  de  la  reine  douairière  de 
Hongrie;  des  prétentions  et  des  intérêts  de  la  reine 
douairière  de  Portugal  doîia  Catalina,  ainsi  que  de  Tin- 
Tante  dona  Maria,  fille  de  la  reine  douairière  de  France, 
ËléoDore;  de  la  résolution ,  prise  par  les  cortès  de  Cas- 
tille,  de  députer  vers  le  roi  don  Pedro  Manrique,  pro- 
curador  de  Burgos ,  etc. 

Ces  lettres  de  Charles-Quint,  auxquelles  nous  anc- 
rions vonlu  pouvoir  joindre  celle  qu'il  adressa  au  roi, 
avant  d'entrer  dans  son  monastère,  sur  l'arrangement 
de  sa  maison  et  les  pensions  à  assigner  à  ses  serviteurs^ 
flamands  et  bourguignons  (1),  ces  lettres,  disons-nous, 
seront  certainement  rangées  au  nombre  des  pièces 
principales  de  notre  Recueil.  Quoi  de  plus  intéressant 
à  connaître,  en  dïet,  que  les  rapports  qu'il  y  eut,  après 
l'abdication  de  l'Empereur,  entre  lui  et  son  fils?  Ce 
qui  frappera  dans  ces  lettres,  c'est  la  sollicitude  avec 


(1)  Page  i43. 


(Xil) 

laquelle  Fauguste  reclus  s'occupe  encore ,  au  fond  de  sa 
retraite»  de  tout  ce  qui  peut  contribuer  à  la  grandeur 
de  sa  race;  ce  sont  surtout  les  égards,  la  déférence  qu*il 
montre  à  ce  fils  qui  lui  devait  tant.  Une  seule  fois  il 
se  permet  de  lui  donner  des  conseils  (1).  Il  avait  appris 
avec  douleur  —  la  chose  nous  est  attestée  par  Qui- 
jada  (2) — que  le  roi  n'avait  pas  été  présent  à  la  bataille 
de  Saint-Quentin  :  au  lieu  de  lui  en  faire  un  reproche , 
il  s'ingénie  à  Ten  excuser,  il  va  même  jusqu'à  lui  en 
faire  un  mérite  (5)!  Il  lui  demande  presque  pardon  de 
la  liberté  qu'il  prend  de  lui  recommander  les  intérêts 
de  ses  deux  sœurs  les  reines  douairières  de  Hongrie  et 
de  Portugal ,  et  de  l'infante  doFia  Maria ,  sa  nièce  (4)! 

La  réponse  de  Charles-Quint  au  roi  Ferdinand ,  qui 
s'était  cru  en  droit  de  venir  réclamer  de  lui  une  somme 
de  200,000  florins,  est  extrêmement  piquante  :  Ferdi- 
nand, quand  il  la  reçut,  ne  dut  pas  se  féliciter  de  l'avoir 
provoquée. 

Les  lettres  de  l'Empereur  à  la  princesse  doua  luana, 
qui  sont  toutes  de  l'année  i557,  roulent  sur:  les  négo- 
ciations avec  le  duc  de  Vendôme;  les  mesures  à  prendre 
pour  la  garde  des  frontières;  l'expédition  en  France 
par  les  Pyrénées ,  dont  le  projet  fut  formé  au  commen- 
cement et  à  la  fin  de  cette  année;  les  dispositions  à 
faire  pour  la  réception  en  Castille  de  l'infante  de  Por- 


(!)  Page  275. 

(2)  Tome  I,  p.  170. 

(3)  Pagc2i3. 

(4)  Page  58  i. 


(1)  Pages  286-388. 


(  xin  ) 
tugal;  les  précautions  à  prescrire  afin  que  rien  ne  fût 
distrait  de  Targent  qu^apportait  la  flotte  des  Indes;  les 
secours  à  envoyer  au  roi;  les  demandes  que  formaient 
les  reines  douairières  de  France  et  de  Hongrie  par  rap- 
port à  la  juridiction  de  Guadalajara  et  au  palais  du 
doc  de  rinfantado ,  et  d'autres  affaires  de  gouverne-  j 

ment.  Entre  ces  lettres  «  nous  croyons  devoir  signaler  t 

celle  du  26  décembre.  Le  conseil  d*Ëtat  de  Valladolid,  [ 

considérant,  d* un  côté,  le  succès  de  la  campagne  qui  I 

venait  de  finir,  et  de  Fautre  l'épuisement  des  ressources  \ 

de  la  monarcbîe,  avait  exprimé  le  vœu  que  le  roi  fît  | 

la  paix  avec  la  France,  pour  revenir  au  plus  tôt  en  \ 

Espagne,  où  sa  présence  était  indispensable  (1).  L'Em-  \ 

pereur  écrit  à  ce  sujet  à  sa  fille  :  <  Quoique  la  paix  soit  i 

en  tout  temps  bonne  et  louable,  et  que  je  Taie  toujours  f 

désirée,  afin  d'écarter  les  nombreux  et  grands  incon- 
vénients qui  sont  résultés  et  résultent  de  la  guerre 
pour  toute  la  chrétienté,  l'expérience  du  passé  a 
prouvé  qu'on  ne  peut  se  fier  aux  Français  en  trai- 
tant avec  eux ,  et  qu'ils  tiennent  ce  qu'ils  ont  promis, 
seulement  lorsqu'ils  y  trouvent  leur  avantage  :  d'ail- 
leurs je  ne  vois  pas  quels  bons  moyens  aurait  le  roi 
de  négocier,  dans  l'état  où  sont  ses  affaires.  Je  recon- 
nais que  sa  venue  en  ces  royaumes  serait  aussi  né- 
cessaire que  vous  le  dites;  mais  il  ne  conviendrait 
pourtant,  en  aucune  manière,  surtout  dans  les  pré- 
sentes conjonctures,  qu'il  s'éloignât  des  Pays-Bas. 


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r- 


(  wv  ) 

>  Cela  étant,  je  n*ai  voulu  lui  donner  le  conseil  de 
»  venir  ni  de  rester  :  lui  et  ceux  qui  sont  près  de  sa 
»  personne  choisiront  le  parti  le  plus  convenable  (1).  » 
Je  citerai  une  autre  lettre — celle  du  5  juillet — ,  parce 
qu'elle  nous  montre  Charles-Quint  agissant  et  parlant, 
dans  son  cloître,  comme  s*il  était  encore  sur  le  trône. 
La  princesse  dona  Juana,  à  la  nouvelle  de  la  mort  du  roi 
de  Portugal  Jean  III ,  avait  résolu  d'envoyer  à  Lisbonne 
don  Fadrique  Enriquez  de  Guzman,  majordome  du 
prince  don  Carlos,  pour  faire  valoir  ses  droits,  comme 
mère,  durant  la  minorité  du  nouveau  roi  don  Sébas- 
tien. Cet  envoyé  passa  par  Yuste.  Charles,  ayant  vu 
son  instruction,  lui  défendit  d*en  faire  usage,  et  lui  en* 
délivra  une  autre.  Il  écrivit  à  la  princesse  :  «  Ayant 
»  pris  connaissance  de  Tinstruction  que  vous  avez 
»  donnée  à  don  Fadrique  Enriquez ,  je  lui  ai  signifié 
»  qu'il  ne  me  paraissait  aucunement  convenable  qu'il 
»  traitât  de  votre  part  avec  la  reine  de  Portugal,  ma 
»  sœur,  ni  avec  les  personnages  pour  qui  vous  lui  avez 
»  remis  des  lettres,  ni  qu'il  se  servit  de  celles-ci,  soit 

>  en  ce  qui  concerne  le  gouvernement  de  ce  royaume 

>  durant  la  minorité  du  roi  votre  fils,  soit  touchant  la 

>  maison  à  former  pour  lui  ou  les  serviteurs  qn^il  doit 
»  avoir,  parce  que,  dans  ce  commencement,  beauicoup 

>  d'inconvénients  pourraient  en  résulter.  Mais,  par 
»  une  instruction  qu'il  emporte  de  moi  et  dont  je  vous 
»  adresse  copie,  je  lui  ordonne  ce  qu'il  a  à  faire  à  cet 


(I)  Page  294. 


(ÎV) 

>  égard  :  pour  le  surplus,  il  y  aura  du  temps.  Dans  de 
»  semblables  choses,  et  entre  frères,  il  est  bien,  pour 
»  toute  sorte  de  raisons ,  de  procéder  avec  de  grandd 
»  ménagements;  vous  surtout,  étant  ma  fille,  y  êtes 
»  teûue.  Et,  comme  fai  défendu  verbalement  audit 
»  don  Fadrique  de  rendre  à  la  reine  de  Portugal  la 
»  lettre  de  votre  main  que  Juan  Vazquez  lui  a  envoyée 
»  par  un  courrier  arrivé  hier,  dans  la  supposition  que 
»  vous  y  avez  touché  quelque  chose  de  ce  qui  est  dit 
»  ci-dessus,  il  faudra,  s'il  en  est  ainsi,  que  vous  Fin- 

>  formiez  de  ce  qu'il  doit  faire  de  ladite  lettre,  car  il 
»  s'est  mis  en  route  ce  matin ,  etc.  (i).  » 

Dans  ses  lettres  au  secrétaire  Yazquez,  Charles- 
Quint  traite  de  matières  trop  diverses  et  trop  nom- 
breuses pour  que  nous  les  énumérions  ici  :  nous  pré- 
férons citer  quelques  traits  où  se  manifeste  le  caractère 
de  l'Empereur.  Aussitôt  qu'il  avait  su  le  traité  du  duc 
d'Albe  avec  le  pape  Paul  IV,  Charles  avait  vivement  dé- 
siré d'en  connaître  les  conditions,  qui  l'inquiétaient  (2). 
Vazquez  les  lui  ayant  envoyées,  il  les  désapprouve  de  la 
manière  la  plus  formelle  :  c  J'ai  vu  —  lui  répond-il  — 
»  les  lettres   originales  du  duc  d'Albe  qui  étaient 

>  jointes  à  la  vôtre;  les  articles  secrets  qui  les  accom- 

>  pagnent  m'ont  aussi  peu  satisfait  que  les  articles 

>  patents  (5).  »  Il  s'en  était  exprimé  de  la  même  ma- 


(1)  Pages  S06-207. 

(2)  Tome  I,  pp.  445,  iU,  i95,  243;  l.  II,  p.  266. 

(3)  Page  304. 


(  XVI   ) 

nière  devant  Gaztelû  (i).  Il  ne  put  pardonner  ce  traité 
honteux  —  ainsi  le  qualiCait-il  lui-même  (2) — ^à  Fer- 
nando de  Tolède,  qui  pourtant  ne  Favait  signé  que 
d'après  les  ordres  du  roi  (5).  La  trêve  que  le  duc  d*Albe 
avait  conclue  auparavant  avec  Paul  lY  ne  lui  avait  pas 
moins  déplu;  il  n*avait  même  pas  souffert  qu'on  lui  en 
lût  les  stipulations  (4).  Rien  ne  lui  tenait  plus  à  cœur 
que  le  prompt  et  rigoureux  châtiment  des  luthériens 
arrêtés  dans  la  Yieille-Castille;  cependant  il  apprend 
que  la  princesse  gouvernante  est  malade,  que  le  prési- 
dent du  conseil  royal,  Juan  de  Vega,  a  la  goutte,  que 
par  là  les  délibérations  du  conseil  sont  suspendues  :  il 
s'empresse  d'écrire  à  Vazquez,  pour  lui  en  témoigner 
son  étonnement,  et  lui  dire  que  le  conseil  aurait  pu  s'as- 
sembler au  logis  du  président,  a  une  affaire  de  celte 
»  importance  et  de  cette  nature  ne  souffrant  pas  tant 
»  de  délai  (5).  »  Il  est  beaucoup  question,  dans  notre 
premier  volume,  de  l'argent  que  les  officiers  de  la  casa 
de  contratacion  de  Séville  délivrèrent  aux  particuliers 
à  qui  il  appartenait,  au  lieu  de  le  réserver  pour  le  ser- 


(4)  Tome  I,  p.  238,  note  2. 

(2)  Tome  I,  pp.  318,  245;  t.  II,  p.  iii. 

(ô)  Quelque  temps  avant  la  eonclnsion  de  cette  paix,  Ruy  Gomez 
Avait  dit  à  Tambassadcur  vénitien  Frédéric  Badoaro  :  o  que  le  roi 
»  avait  rintention  d'user  d'humbles  suppliques  envers  le  pape,  et 
»  même  de  lui  envoyer  le  due  d'Albe,  avec  la  corde  au  cou,  pour 
»  Tapaiser.  »  Voy.  nos  Eclations  des  ambassadeurs  véniHens  sttr 
Charles-Quint  et  Philijipe  //,  p.  93. 

(4)  Tome  I ,  p.  89. 

(5)  Page  443. 


(   XVII   ) 

vtc€  royal,  du  mécontentement  qu'en  éprouva  Charles- 
Quint,  des  poursuites  qu'il  fit  impitoyablement  exercer 
contre  ces  officiers.  Yazquez ,  écrivant  à  TEmpereur, 
avait  cherché  à  se  disculper  de  ce  qui  était  arrivé. 
Cliaries  n'accepte  pas  sa  justification  :  «  Je  ne  puis  — 
»  lui  dit-il — vous  excuser,  vous  tous  qui  avez  la  main 

>  dans  cette  administration,  quelque  irréprochables 
Il  que  vous  prétendiez  être,  d'avoir,  en  une  affaire  qui 

>  importait  tant,  fait  preuve  d'une  aussi  grande  négli- 

>  gence  (1).  »  Une  autre  fois,  comme  on  va  le  voir,  il 
donne  une  leçon  aux  ministres  de  la  gouvernante.  Pen- 
dant qu'il  était  à  Inspruck^  en  1552,  il  avait  fait  dé- 
poser, dans  un  coffre  à  trois  clefs  gardé  au  château  de 
Simancas,  50,000  ducats  destinés  à  l'acquittement  des 
legs  qu'il  ferait  par  ses  dispositions  testamentaires. 
Quelles  qu'eussent  été  les  nécessités  dans  lesquelles  il 
s'était  trouvé  depuis,  il  n'avait  jamais  permis  qu'on 
touchât  à  cette  somme  (2).  Au  mois  de  juillet  1557,  le 
conseil  des  finances  voulut  en  disposer,  sous  promesse 
de  la  restituer  dans  les  cinquante  jours ,  au  moyen  des 
premiers  deniers  que  le  trésor  recouvrerait  :  il  s'agis* 
sait  d'envoyer  un  secours  d'argent  au  roi ,  et  les  mi- 
nistres, jaloux  de  signaler  leur  zèle,  s'efforçaient  à 
rassembler  le  plus  de  deniers  possible.  Cependant  le 


(1)  Page  179. 

(S)  «  .....  Aunque  se  han  ofrescido  &  S.  M.  I.  grandes  nccesidadcs, 
despttés  aca  que  el  deposito  se  hizo,  nunca  fué  scrvido  que  en  aqnello 
se  tocase.....  •  (Lettre  de  Tarchevêque  de  Séyille  a  la  princesse  doDa 
Juana,  du  27  juillet  i557.} 

Tome  11,  b. 


(  XVIII  ) 

conseil  ne  crut  pas  pouvoir  exécuter  sa  résolution  sans 
Taveu  de  FEmpereur;  il  Taurait  pu  d'autant  moins,  que 
l'archevêque  de  Séville,  qui  était  gardien  d'une  des 
trois  clefs  du  dépôt ,  avait  refusé  de  s'en  dessaisir  (1). 
Yazquez  soumit  donc  à  FEmpereur  la  cédule  qui  conte- 
nait Tordre  d'extraire  du  coffre  les  50,000  ducats  (2). 
Charles  l'eut  à  peine  reçue  qu'il  la  renvoya ,  avec  in- 
jonction de  la  déchirer  (5). 

Les  lettres  à  Jean  III,  à  la  reine  dona  Catalina,  k 
Finfante  dona  Maria,  ainsi  que  Finstruction  de  donSan- 
cho  de  Cordova,  ont  rapport  aux  négociations  que  la 
reine  douairière  de  France,  d'abord,  et  FEmpereur 
ensuite,  ouvrirent  avec  la  cour  de  Portugal,  afin  que 
Finfante  vint  demeurer  en  Castille  auprès  de  sa  mère. 
Ces  négociations ,  l'entrevue  de  la  reine  et  de  Finfante 
à  Badajoz,  qui  en  fut  le  résultat,  la  mort  de  la  reine, 
peu  de  jours  après  que  sa  fille  se  fut  séparée  d'elle, 
seront  racontées  plus  loin  avec  quelque  détail. 

Nous  nous  proposons  aussi  de  nous  occuper  spécia- 
lement, dans  la  suite  de  cette  préface,  des  négociations 
qui  eurent  lieu  avec  le  duc  de  Vendôme,  et  des  démar- 
ches  que  fit  la  reine  douairière  de  Hongrie  pour  son 
établissement  en  Espagne. 

La  lettre  de  FEmpereur  au  duc  d'Âlburquerque  est 
relative  aux  premières. 


(4)  Lettre  citée  dans  la  note  2  de  la  page  précédente. 

(2)  Pages  2i3-2U. 

(3)  Page  221. 


(  5tix  ) 

Celle  qu*il  adresse  à  Quijada^  et  rinstruction  de  ce- 
lui-ci ,  ont  trait  aux  secondes. 

L*objet  de  Tinstruction  de  don  Fadrique  Enriquez  de 
Guzman  a  déjà  été  mentionné  ci-dessus. 

Quant  aux  deux  lettres  de  Charles-Quint  à  Farche- 
vèque  de  Séville,  elles  furent  écrites  à  Toccasion  d*un 
prêt  qui  avait  été  demandé  &  ce  prélat  :  nous  y  revien- 
drons dans  le  §  suivant. 

IV. 

De  même  que  les  lettres  émanées  de  Charles-Quint, 
celles  qui  s'adressent  à  lui  sont  »  dans  ce  volume,  beau- 
coup plus  nombreuses  que  dans  le  précédent.  On  en 
compte  : 

Dix  de  la  princesse  dona  Juana  (pp.  175,  181 ,  286, 
547,  354,  465,  476,  480,  481 ,  492); 

Dix-huit  du  secrétaire  Vazquez  (pp.  211 ,  250, 289, 
507,  509, 529, 552, 575, 402, 457, 441 ,  447,  451, 
456,460,462,475,474); 

Trois  de  Ruy  Gomez  (pp.  159,  170,  202); 

Une  de  Marguerite  d'Autriche,  duchesse  de  Parme 
(p.  106); 

Une  de  la  reine  Éléonore  (p.  111); 

Trois  de  don  Sancho  de  Cordova ,  envoyé  par  l'Em- 
pereur en  Portugal  (pp.  127 ,  159 ,  299)  ; 

Deux  du  P.  Francisco  de  Bbrja ,  qu'il  chargea  d'une 
mission  secrète  dans  ce  royaume,  après  la  mort  de 
Jean  II1( pp.  253,255); 

Quatre  de  Fernando  de  Valdès ,  archevêque  de  Se* 
ville  cl  grand  inquisiteur  (pp.  188, 199,  417,  419); 


(XX) 

Une  de  Fernando  d'Ochoa,  Tun  des  conladores  de 
Castille(p.  191); 

Une  de  Juan  de  Yega,  président  du  conseil  royal  de 
Gastille(p.  405); 

Une  enfin  de  fray  Bartolomé  de  Carranza ,  arche- 
vêque de  Tolède  (p.  495). 

Il  n'est  pas  question  seulement  ^  dans  les  lettres  de 
dona  Juana  à  son  père ,  des  objets  dont  traitent  celles 
qui  lui  sont  écrites  par  TEmpereur;  mais  on  y  trouve 
aussi  plusieurs  autres  choses.  Par  exemple,  la  princesse 
expose  à  son  père  le  désir  qu'elle  a  de  déplacer  le 
siège  de  la  cour,  et  d'envoyer  le  prince  don  Carlos  à 
Yuste;  elle  le  consulte  sur  les  mesures  qu'elle  doit 
prendre,  après  celles  qu'elle  a  déjà  prises,  à  l'égard  de 
Yadelantado  des  Canaries,  coupable  d'avoir  manqué 
de  parole  à  une  de  ses  dames;  elle  l'entretient  des  mo- 
tifs de  plainte  que  le  roi  de  Bohème  Maximilien  donne 
à  sa  femme  l'archiduchesse  Marie;  elle  lui  confie  les 
premières  insinuations  du  grand  inquisiteur  Yaldès 
contre  Bartolomé  de  Carranza ,  etc. 

L'accusation  que  dona  Juana  forme  contre  le  roi 
Maximilien,  son  beau-frère,  dont  l'histoire  vante  les 
grandes  qualités  morales,  cause  quelque  surprise  :  on 
n'en  doit  que  regretter  davantage  que  cette  princesse 
n'articule  pas  des  faits  plus  précis. 

Dona  Juana  écrit  à  l'Empereur,  le  8  août  1558  : 
€  J'ai  reçu  deux  lettres  de  ma  sœur,  et  celle-ci  pour 
»  Votre  Majesté  :  il  ne  me  parait  pas  qu'il  y  ait  amen- 
9  dément  dans  la  conduite  du  roi.  Plaise  à  Dieu  que 
»  mon  frère  (Philippe  II)  écrive  à  Votre  Majesté  ce  dont 


(  XXI  ) 

Gallo  a  été  porteur  (1),  afin  que  la  chose  n'aille  pas 
plus  loin  9  sans  qu'il  y  soit  mis  le  remède  conve- 
nable (2)!  1 

Le  17  août,  elle  revient  sur  ce  chapiti^e  :  c  L'arche- 
vêque de  Tolède  est  arrivé;  —  mande-t-elle  à  son 
père  —  il  est  chargé  par  le  roi  de  parler  à  Votre 
Majesté  du  fait  du  roi  de  Bohème.  Quoique  je  sache 
combien  cela  intéresse  Votre  Majesté,  je  ne  puis 
laisser  de  lui  rappeler  la  peine  dans  laquelle  est  ma 
sœur,  et  supplier  Votre  Majesté  de  Ten  tirer,  parce 
que,  après  Dieu,  Votre  Majesté  est  son  unique  re- 
cours. Le  roi  n  y  pouvant  rien ,  Votre  Majesté  doit  se 
persuader  que  ce  sera  une  terrible  chose  que  de  vivre 
avec  cet  homme.  Quoique  ma  sœur  soit  fille  de  Votre 
Majesté  en  la  chrétienté,  les  émotions  qu'elle  aura, 
la  conduite  du  roi,  Tisolement  où  elle  se  trouve, 
n'ayant  autour  d'elle  personne  à  qui  se  confier, 
pourront  être  cause  qu'elle  fasse  quelque  sottise. 
C'est  un  très-grand  danger,  et  il  est  plus  grand  en- 
core pour  ses  enfants  :  car  de  les  lui  retirer.  Votre 
Majesté  voit  déjà  quel  désespoir  ce  serait  pour  elle , 
qui  n'a ,  je  crois,  aucune  autre  consolation. 
»  Je  supplie  Votre  Majesté  de  considérer  tout  cela , 


(i)  Gallo,  que  Cabkkra  appeUc  h  grande  orador  i  teologo  »,  avait 
été  eoToyé  par  Philippe  II  en  Allemagne,  au  commencement  de 
1557,  afin  de  s^assurer  de  l'état  où  s'y  trouvaient  les  affaires  de 
la  religion ,  et  de  remédier  au  mal  autiint  que  possible.  Hisioria  de 
FtHpt  II,  liv.  III,  chap.  X,  p.  465« 

(2)  Page  468. 


(  ^^^^  ) 
»  et  de  croire  que  le  seul  moyen  de  sortir  d*inquiétude 
>  est  4*êcarter  de  ma  sœur  et  de  ses  enfants  un  tel 
»  malheur.  Que  Votre  Majesté  veuille  bieo  employer 
»  tous  ies  moyens  possibles  à  cet  eflet ,  car  le  reste  ser- 
»  vira  de  peu!  Moi,  je  ressens  ce  qui  se  passe  de  telle 
»  manière  que  je  ne  puis  m*abstenir  de  fatiguer  Votre 
»  Majesté,  en  le  lui  rappelant  souvent  (1).  » 

Enfin,  dona  Juana  informe  son  père,  le  29  août» 
qu*elle  presse  Tarchevèque  de  Tolède  de  se  rendre 
auprès  de  lui,  afin  de  lui  rendre  compte  de  ce  qui 
touche  la  reine  de  Bohème,  pour  qu'il  y  soit  mis  ordre 
en  temps  (2). 

J/arehevèque  de  Tolède,  on  le  sait,  arriva  trop  tard 
à  Yuste  :  mais  nous  connaissons,  par  des  lettres  de 
Quijada  à  Philippe  II,  insérées  dans  le  i"  volume  de 
ce  Recueil,  les  dispositions  où  était  Charles-Quint  à 
regard  de  son  gendre.  Quijada  écrit  au  roi,  le  17  sep- 
tembre 1558  :  c  S.  M.,  après  avoir  entendu  Tarcke- 
»  vèque,  se  serait  résolue  sur  le  fait  du  roi  de  Bohème; 
»  elle  lui  aurait  envoyé  une  personne  expresse  chargée 
»  de  lui  représenter  la  peine  qu  elle  éprouvait  de  ce 
»  qui  se  disait  de  lui  (3).  »  Il  répète  la  même  chose 
dans  sa  lettre  du  «50  septembre,  en  ajoutant  que  T Em- 
pereur avait  éprouvé  une  grande  peine  de  ce  qu'il 
n'avait  pu  entretenir  l'archevêque  de  cet  objet  (4). 


(4)  Piigei77. 

(5)  Page  493. 

(3)  Tome  I ,  p.  375. 


(  XXllI  ) 

Quels  étaient  donc  les  motifs  de  plainte  que  Maxi- 
rôilien  donnait  à  sa  femme? 

Tai  demandé  à  don  Manuel  Garcia  si  les  Archives  de 
Simancas  ne  renfermaient  pas  d'autres  documents  qui 
pussent  éclaircir  ce  point.  Sa  réponse  a  été  négative. 

fai  compulsé  curieusement,  à  la  Bibliothèque  impé- 
riale, à  Paris  I  les  relations  manuscrites  des  ambassa- 
deurs  vénitiens  revenus  de  la  cour  de  Vienne.  Les  en- 
voyés de  Venise,  dans  les  rapports  qu'ils  faisaient  au 
sénat,  s'occupaient  beaucoup  de  la  personne  et  du  carac- 
tère des  princes  auprès  desquels  ils  avaient  été  accré- 
dités, et  rien  n'échappait  à  leur  pénétration  :  il  me  sem- 
blait impossible  que  le  mot  de  l'énigme  que  contiennent 
les  lettres  de  dona  Juana  son  père,  ne  se  trouvât  point 
là.  On  va  voir  le  résultat  qu'ont  eu  mes  investigations. 

Il  existe  deux  relations  de  la  cour  de  Vienne,  de  ce 
temps.  L'une,  qui  porte  la  date  du  12  octobre  1557, 
est  Foavrage  de  Paul  Tiepolo;  Fautre,  qui  est  datée  de 
1563,  a  été  faite  par  Jean  Micheli. 

Tiepolo,  après  avoir  parlé  assez  longuement  de  Maxi- 
milien,  s'exprime  ainsi  :  c  La  reine  sa  femme  a  sa  cour 
»  distincte  de  la  sienne;  elle  a  aussi  son  écurie  et  sa 
»  cuisine  à  part,  ne  mangeant  point  avec  son  mari. 
»  Elle  n'est  pas  belle  :  mais  on  la  réputé  fort  sage, 

>  car  elle  a  su  si  bien  s'accommoder  à  l'humeur  de  son 
»  mari,  qu'il  l'aime  EXTRAORDUfAnkEiiENT,  quoiqu'il  ait 

>  une  grande  haine  pour  l'Empereur,  son  père  (1).  » 


(i)  •  ...••  La  regina  sua  moglie  tieoe  ancor  essa  corte  separaU  da 


{  XXIV  ) 

Maximilien  avait,  à  celle  époque,  de  sa  femme,  cinq 
enfants  en  vie,  trois  fils  et  deux  filles,  et,  chaque  année, 
sa  famille  s'augmentait. 

Micheli  s'étend  plus  encore  sur  le  roi  de  Bohème  ; 
quant  à  la  reine,  voici  ce  qu*il  dit  :  «  La sérénissime 
»  Marie,  sœur  du  roi  d'Espagne,  est  femme  de  Son 
»  Altesse  :  il  l'aime  autant  qu'il  est  possible  d'aimer  , 
»  parce  que,  si  elle  n'est  pas  très-belle ,  elle  est  si  sage 
»  et  si  catholique  qu'on  ne  saurait  l'être  davantage.  Il 

>  a  déjà  eu  d'elle  dix  enfants,  dont  huit  sont  en  vie, 

>  deux  filles  et  six  fils....  (i).  > 

Des  témoignages  aussi  catégoriques  excluent  toute 
supposition  défavorable  à  la  conduite  privée  de  Maxi- 
milieu. 

Les  torts  que  doîia  Juana  lui  imputait  ne  pouvaient 
donc  être  que  poliiiques  ou  religieux.  Il  est  certain  que 
Maximilien  n'aimait  pas  l'Empereur,  son  beau -père, 
ni  le  roi  d'Espagne,  son  beau-frère,  ni  la  nation  espa- 
gnole :  il  avait  successivement  éloigné  de  sa  cour  et  de 
celle  de  sa  femme  toutes  les  personnes  de  cette  nation 


lui.....  Ha  la  stalla  et  cucina  sua  da  parte»  perche  non  mangia  col 
inarito.  Non  é  bclla,  ma  tcnuta  molto  savia,  perché  ha  saputo  con  si 
fatto  modo  sccondare  Tingcgno  de!  marito ,  ch*  egli  grandissîmamcnte 

Tama ,  cou  tutto  che  odia  il  padre  grandcmcnle »   (MS.  377 

S'-Gcrmain-IIarlay,  1 1,  fol.  491  y«.) 

(I)  «  £  moglic  di  Sua  Altezza  la  scrcnissima  Maria ,  sorella  del 

rc  dî  Spagna,  la  qualc  ama  quanto  è  possibile,  perche,  se  bcnc  non  è 
roolto  bclia,  è  tanto  savia  et  cattolica  che  più  non  potrcbbe  csscrc. 
Con  qucsta  ha  già  liavuti  dicci  fjgliuoli,  otto  di  quali  sono  vivi,  cioé 
duefemineet  sei  maschi »  (Ibid,,  t.  II,  fol.  506.) 


l 


(   XXV  ) 

qui  y  étaient  attachées ,  à  deux  ou  trois  exceptions 

près(<).  Il  laissait,  en  toute  occasion,  percer  Tantipa- 

ihie  qu'il  éprouvait  pour  la  branche  espagnole  de  sa  [ 

famille.  L'ambassadeur  Tiepolo  rapporte,  à  ce  sujet, 

une  anecdote  piquante  :  «  L'année  dernière,  —  dit-il 

»  —  quand  Maxin)ilien  fut  aux  Pays-Bas,  la  hauteur 

»  avec  laquelle  il  se  vit  accueilli  par  le  roi  d'Espagne 

»  et  par  les  principaux  de  sa  cour,  lesquels  n'allèrent 

»  jamais  le  visiter ,  l'enflamma  d'une  colère  et  d'une 

>  indignation  telles ,  qu'il  ne  put  s'empêcher  de  dire 
»  un  jour  à  la  reine,  sa  tante,  que,  puisqu'il  n'avait  \\[ 

>  obtenu  de  son  beau-frère  rien  de  ce  qui  raisonna- 
»  blement  devait  lui  être  accordé ,  et  qu'on  tenait  si  peu 
»  de  compte  de  lui ,  il  tenterait  la  fortune  ailleurs.  La 

>  reine  lui  demanda  ce  qu'il  voulait  dire  par  ces  pa-  1 

>  rôles,  et  si  peut-être  il  songeait  à  s'arranger  avec  le  | 
»  roi  de  France,  qui  recherchait  sa  faveur  autant  que 
»  celle  du  roi  d'Espagne  :  alors  il  répliqua  que,  si 

>  un  arrangement  avec  la  France  ne  suffisait  pas, 
»  il  s'entendrait  au  besoin  avec  le  Turc,  pour  faire 
»  son  affîiire  (2).  >  D'autre  part ,  nous  voyons ,  dans 


(1)  Relatîoos  de  Tiepolo  et  de  Michcli. 

(2)  «  Essendosi  dî  qucsto  non  solamente  chiarîto  Tanno  pas- 

sato,  qnando  fu  in  Fiandra,  nia  ancora  conosciuta  la  grandezza  et 

repatatione  ehe  hareva  seco  il  re  dl  Spagna  suo  cognato ,  et  H  mag- 

giorî  deila  saa  corte  (che  non  andarono  mai  a  yisîtarlo),  s'è  infîam-  ^ 

Diato  tanto  d'ira  et  di  sdegno,  che,  sicome  rcbbe  poi  a  riferire  ad 

allri,  non  si  contcnnc  un  giorno  di  dire  alla  rcgina  Maria  sua  amida , 

ehe  non  havendo  otlcnnto  dal  cognato  cosa  alcuiia  di  qucllo  che 

ragioncvolmcntc  dlssegnara,  et  yedcndo  che  poco  conto  si  teneva  di 


\ 


I   < 


r 


(  XXVI   ) 

Cabrera ,  que  Maximilien  voulut  donner  à  ses  enfants 
des  précepteurs  hérétiques,  et  qu*ii  s*éleva  à  ce  sujet 
des  discussions  entre  lui  et  sa  femme  (1). 

Revenons  à  nos  lettres. 

Celles  de  Vazquez  (2)  ont  pour  objet  d'informer 
TEmpereur  des  nouvelles  que  le  gouvernement  rece- 
vait des  Pays-Bas,  d'Angleterre,  d'Italie,  d'Afrique  et 
de  l'intérieur  du  royaume ,  ainsi  que  de  la  suite  donnée 
aux  affaires  auxquelles  Charles  s'intéressait. 


lui ,  havcrebbe  pcr  altra  via  cercata  la  sua  ventura.  El  domando  la 
regina  quello  che  voleva  con  qucste  suc  parole  significare,  et  se  forsi 
d'accordarsi  con  Francîa,  che  cercava  tanto  la  gracia  di  lui  quanlo 
queUa  del  re  di  Spagna ,  gli  repllco  che  se  non  bastava  con  Francia, 
che  si  saria  accordato  col  Turco ,  per  fare  il  fatto  suo.....  *  (MS.  S77 
Si-Germain-Harlay,  t  I,  fol.  i90.) 

Dans  un  autre  passage  de  sa  relation ,  Tiepolo  parle  encore  du 
mécontentement  avec  lequel  Maximilien  revint  des  Pays-Bas,  en  1556. 
Je  ne  connaissais  pas  ces  particularités,  lorsque  j'écrivis  mon 
Introduction* 

[{)  Voici  comment  s'exprime  Cabrera  : 

«  Era  mal  aconsejado  (Maximilien)  en  esto  de  Ayzingan,  cuyo 
padre  mandé  degoUar  el  Emperador  por  rebelde,  i  sustentaba  los 
!  predicantes,  i  proponia  maestros  daOados  para  los  hijos  del  rey  : 

;  pcro  resistido  gallardamcntc  de  la  madré  religiosissima  i  de  su  aya 

i  Policcna  Laso  de  Gastiila,  valcrosa  i  mui  zclosa  de  la  religion  cato- 

lica,  hcrmana  del  mayordomo  mayor,  i  de  las  Espaîlolas  de  su  ca- 
I  mara ,  i  mas  en  que  no  recibiese  en  ella  à  dotia  Isabcl  Brizeflo ,  zuin- 

I  gliana  herege,  segun  afirmaba  Pcrncstan,  buen  catôlico,  criado  de  la 

;  rey na ,  ni  Garcia  Manrique  su  marido  para  maestrcsala ,  i  asi  fuéroa 

;  espelidos,  i  ella  murié  en  Genebra.^..  »  (Historia  de  Felipe  II,  liv.  IV, 

}  chap.  X,  p.  165.) 

i  (2)  Nous  nous  sommes  vu  forcé ,  par  les  motifs  exprimés  au  com- 

i  mencement  de  cette  préface ,  d'en  laisser  vingt  à  vingt-cinq  de  côté. 


{  xxvu  ) 

Dans  le  principe  du  séjour  de  l'Empereur  en  Espa- 
gne, Yazquez  ne  lui  écrivait  point;  il  correspondait 
seulement  avec  Quijada  et  Gaztelû.  La  première  mis* 
sive  que  nous  ayons  de  lui  à  l'Empereur  est  du  15  dé- 
cembre 1556;  elle  sert  de  réponse  à  une  lettre  par 
laquelle  TEmpereur  sollicitait  le  prompt  envoi  d'une 
somme  de  4,000  ducats  dont  il  avait  un  besoin  pres- 
sant (1). 

Il  est  curieux  de  voir  comment  Charles-Quint ,  qui 
avait  semblé  vouloir  rester  étranger  désormais  aux 
émotions  de  la  politique,  y  reprit  goût  peu  à  peu. 
Durant  le  trajet  de  Laredo  à  Jarandilla,  les  communi- 
cations de  Gaztelû  et  de  Quijada  à  Yazquez  ne  font 
mention  que  des  incidents  du  voyage;  mais  Charles 
est  à  peine  installé  de  deux  jours  au  château  du  comte 
d'Oropesa,  que  son  secrétaire  écrit  à  Yazquez  :  c  J'ai 
reçu  votre  lettre  par  ce  courrier.  J'en  ai  communi- 
qué la  substance  à  S.  M.  Elle  a  quelque  souci  de  la 
résolution  qui  sera  prise  par  rapport  à  la  Flandre  et 
à  l'Italie;  et  ainsi  il  sera  bien ,  lorsque  vous  en  aurez 
connaissance,  que  vous  m'en  donniez  avis,  parce  que 
S.  M.  aime  encore  à  être  instruite  de  ces  choses^là,  et 
même  d'autres  de  celte  nature  (2).  > 
Trois  jours  après,  Gaztelû  écrit  encore  au  secré- 
taire d*Ëtat  :  c  J'ai  rendu  compte  à  S.  M.  de  ce  que 


(1)  Ces  deux  lettres  se  trouvent  parmi  Jcs  pièces  que  nous  n'avons 
point  in:»crées  dans  notre  Recueil. 
(3)  Lettre  du  15  novembre  1556,  dans  le  tome  I,  p.  1% 


(  XXVIll  ) 

»  vous  venez  de  me  mander ,  et  de  ce  que  j'avais  su 

>  aussi  par  des  lettres  de  la  cour  de  Flandre.  S.  M.  a 
»  été  charmée  de  l'apprendre;  et  toujours,  dans  les 
ji  choses  de  cette  nature,  elle  demande  s'il  n'y  a  rien 
)>  de  plus  :  d'où  f  infère  qu'elle  ne  serait  pas  fâchée 
»  qu'il  y  eût  davantage  (1).  » 

Le  29  novembre,  nouvelle  insinuation  du  même 
genre  faite  par  Gazlelù  à  Vazquez  :  t  S.  M.  — lui  dit-il 
»  —  a  entendu  la  lecture  des  nouvelles  que  vous  me 
»  donnez  d'Italie  :  elle  s'est  montrée  satisfaite  de  votre 
»  lettre,  ainsi  que  de  ce  qu'Erasso  écrit  de  ia  santé  du 
»  roi  :  elle  désire  que  vous  communiquiez  de  même 
»  ce  qui  viendra  à  votre  connaissance  {%.  9 

Vazquez  avait  fait  parvenir  à  Jarandilla  des  nou- 
velles des  Pays-Bas.  Gaztelû  lui  mande,  le  16  janvier 
1557 ,  que  l'Empereur  en  a  été  bien  aise,  et  il  ajoute  : 
<  Vraiment,  je  m'aperçois  que  non -seulement  ces 

>  sortes  de  nouvelles  plaisent  à  S.  M.,  mais  encore 
»  qu'elle  interroge  les  uns  et  les  autres,  quand  il 

>  arrive  un  courrier,  afin  d'en  savoir,  par  toutes  les 

>  voies,  le  plus  possible  (3).  > 

Enfin,  le  1*^  février  de  la  même  année,  Gaztelû, 
accusant  la  réception  de  trois  lettres  de  Vazquez ,  lui 
dit  :  <  J'ai  fait  part  à  S.  M.  de  ce  qu'il  m'a  semblé  con- 

>  venable  de  lui  communiquer  de  vos  lettres.  Comme 

>  souvent  je  vous  l'ai  écrit ,  non-seulement  elle  ne  se 


(4)  Lettre  du  18  novembre  1556,  (.  I,  p.  i5. 

(2)  Tome  I,  p.  57. 

(3)  Ibid,,  p.  90. 


(  XXIX  ) 

»  fâche  pas  de  pareilles  communicalions,  mais  encore 
»  elle  en  est  charmée,  et  elle  le  serait  davantage,  s'il  y 
i  avait  dC autres  particularités  à  lui  apprendre  (1).  » 

Plus  tard,  Charles -Quiot  désira  que  Yazquez  lui 
adressât  directement  ses  bulletins.  Le  secrétaire  de 
dona  Juana  était  très-exact  dans  Faccomplissement  de 
ce  devoir  :  il  n'ignorait  pas  —  et  d'ailleurs  Gaztelû 
avait  eu  soin  de  le  lui  rappeler — c  que  TËmpereur  était 
»  la  personne  du  monde  qui  entendait  être  servie  le 
>  plus  ponctuellement  (2).  »  Quelle  que  fut  toutefois 
son  exactitude,  elle  n'égalait  pas  encore  Timpatience 
avec  laquelle  souvent  les  nouvelles  étaient  attendues 
par  Charles,  qui  se  les  faisait  lire  d*un  bout  à  l'autre  (5). 
Uo  jour  même  —  c'était  au  mois  de  juillet  io58  —  il 
ordonna,  si  certaines  dépèches  arrivaient  après  qu'il 
se  serait  mis  au  lit,  que  Gaztelù  vint  néanmoins  lui  en 
donner  lecture  (4). 

Les  trois  lettres  de  Ruy  Gomez  sont  relatives  à  la 
mission  dont  Philippe  II  le  chargea  en  Espagne,  et  sur 
laquelle  nous  aurons  à  revenir. 

Celle  de  Marguerite  d*  Au  triche  nous  fait  connaître 
répoque  précise  ou  cette  princesse  s» rendit,  avec  son 
fils  Alexandre,  auprès  du  roi,  dans  les  Pays-Bas.  Nous 
y  trouvons  aussi  l'expression  des  sentiments  que  Mar- 
gi|prite  professait  pour  son  père  :  <  Si  Dieu  —  écrit- 


(I)  Tomel,  p.  115. 
(3)  Ibid.,  p.  156. 

(3)  Tome  I,  pp.  U5, 186, 918 ,  229;  t.  II,  pp.  458,  484, 490. 

(4)  Tome  II ,  p.  454. 


\         1  • 

1 


(  »x  ) 

>  elle  —  m'eût  fait  cette  grâce  que  j'eusse  rencontré 

>  y.  M.  aux  Pays-Bas,  je  n'aurais  plus  eu  rien  à  sou- 
»  haiter  au  'monde  :  car  le  désir  que  j'ai  de  la  Yoir  et 
»  de  lui  baiser  les  pieds  et  les  mains ,  avant  de  mourir, 

>  est  extrême,  et  autrement  je  ne  pourrai  vivre  cod- 
1  tente  (1).» 

On  remarquera  que  cette  lettre  de  Marguerite  est  en 
langue  italienne.  Née  en  Flandre,  et  élevée  à  la  cour  de 
Bruxelles,  la  fille  de  Charles-Quint  et  de  Mai^erite 
Vander  Gheenst  avait  dû ,  dans  son  enfance,  ne  parler 
que  le  français  :  mais  elle  avait  été  conduite  fort  jeune 
en  Italie,  pour  épouser  Alexandre  de  Médicis,  duc  de 
Florence;  et  là,  si  elle  n'oublia  pas  tout  à  fait  sa  langue 
maternelle,  elle  perdit  l'habitude  de  l'écrire.  Lors- 
qu'elle devint  gouvernante  des  Pays-Bas,  ce  fut  aussi 
en  italien  qu'elle  rédigea  sa  correspondance  confiden- 
tielle et  autographe  avec  Philippe  II  (2). 

La  lettre  de  la  reine  Êléonore  et  celle  de  l'ambassa- 
deur don  Sancho  de  Cordova  concernent  la  négocia- 
tion de  Portugal  dont  nous  avons  déjà  parlé. 

Dans  le  temps  même  que  cette  négociation  se  sui- 
vait à  Lisbonne, ^Charles-Quint  en  entama  une  autre 
avec  la  reine  douairière  dona  Catalina ,  sa  sœur;  mais 
celle-ci  devait  rester  enveloppée  de  mystère  :  il  s'agis- 
sait de  faire  reconnaître  les  droits  du  prince  don  Cargos 
à  la  succession  de  Portugal,  au  cas  que  le  roi  don  Sébas- 


(1)  Page  106. 

(2)  Voy.  la  Correspondance  de  PhVxppe  II  surlei  affaires  des  Pays- 
Bas,  etc. 


(  XXII  ) 

tien  vint  à  mourir  sans  postérité.  Charles  choisit  pour 
Dégociateur  le  P.  Francisco  de  Borja ,  qui,  après  avoir 
rempli  les  charges  les  plus  éminentes,  était  entré  dans 
rinstitut  des  jésuites,  dont  il  était  devenu  le  commis- 
saire général  pour  toute  la  Péninsule.  Borja  avait  du 
crédit  à  la  cour  de  Portugal  ;  la  reine  douairière ,  en 
particulier,  le  voyait  avec  une  faveur  marquée  (1). 

Dans  ses  lettres  à  l'Empereur ,  le  P.  Francisco  Tin- 
slruit ,  à  mots  couverts  et  sous  des  noms  supposés , 
de  ce  qui  s'est  passé  entre  lui  et  la  reine.  Ce  ne  sont 
là,  toutefois  y  que  des  indications  préliminaires.  Pour 
mieux  savoir  quel  fut  le  résultat  du  voyage  du  commis- 
saire général  de  la  société  de  Jésus ,  il  faut  recourir  à 
ce  que  Charles-Quint  en  écrivit  au  roi,  son  fils,  quelque 
temps  après  (2). 

Nous  regrettons  qu'on  ne  nous  ait  pas  envoyé  de 
Simancas,  si  elle  existe  aux  Archives,  Tinstruction 
dont  Borja  était  porteur  (5).  C'eût  été  une  pièce  impor- 
tante à  connaître. 

Un  des  moyens  de  finances  que  Ruy  Gomez,  lorsque 
Philippe  II  le  fit  partir  pour  l'Espagne ,  eut  ordre  de 
mettre  en  pratique ,  fut  de  réclamer  des  riches  prélats 
du  royaume  des  prêts  d'argent  proportionnés  aux  re- 
venus qu'ils  tiraient  de  leurs  dignités.  Dans  la  réparti- 


(1)  CharUs'Quint,  etc.,  par  M.  Mionbt,  2"«  édition,  pp.  167  et 
suhr. 

(3)  Pages  368-570. 

(5)  • .....  Conforme  à  la  instruccion  que  traia  »,  ditril  dans  sa  lettre 
da  6  octobre,  p.  254. 


(  XXXll  ) 

tion  qui  s'en  fit,  la  quote-part  de  Fernando  de  Valdès , 
archevêque  de  Séville,  fut  fixée  à  150,000  ducats;  la 
princesse  doua  Juana  les  lui  demanda  »  en  présence  de 
Ruy  Gomez ,  et  en  vertu  des  pleins  pouvoirs  que  ce  mi- 
nistre avait  reçus  du  roi.  Valdès  jeta  les  hautes  cris  :  il 
déclara  qu*ii  lui  était  impossible  de  satisfaire  à  une  pa- 
reille demande;  qu*il  n*avait  pas  à  sa  disposition,  à 
beaucoup  près,  une  somme  aussi  considérable. 

Deux  des  quatre  lettres  de  Tarchevèque  à  Charles- 
Quint  ont  trait  à  cette  affaire.  L'Empereur  lui  avait 
écrit,  pour  lui  témoigner  son  étonnement  des  excuses 
qu'il  alléguait ,  dans  une  conjoncture  comme  celle  où 
se  trouvait  le  roi,  et  pour  le  menacer  de  quelque 
démonstration  qui  lui  serait  désagréable  (1).  Valdès, 
dans  sa  première  lettre,  s'applique  à  convaincre  l'Em- 
pereur de  son  impuissance;  il  exprime  ensuite  la  con- 
fiance que  la  démonstration  dont  l'Empereur  a  parlé , 
consistera  à  le  proclamer  très-fidèle  et  très-zélé  servi- 
teur de  Sa  Majesté  et  du  roi  (2).  Charles-Quint  ne  se 
paye  pas  de  ces  raisons,  et  insiste  (5).  Alors  Valdès 
proteste  de  son  dévouement,  se  plaint  que  sa  fidélité 
et  sa  véracité  soient  mises  en  doute ,  sollicite  un  exa- 
men rigoureux  de  ses  comptes  :  mais  finalement  il  ne 
s'engage  à  rien  (4). 


(1)  Pages  186-187. 

(2)  Pages  488-190. 

(3)  Pngrs  195-1  OC. 

(4)  Pages  199-201. 


(   XXXIU   ) 

A  côté  (le  ces  lettres  de  rarchevèquc,  il  faut  mettre 
le  rapport  du  contador  Hernando  de  Ochoa ,  qui  Tétait 
allé  trouver  de  la  part  de  TEmpereur.  Le  récit  qu*y  fait 
Ochoa  de  sa  conversation  avec  le  prélat  est  très-amu- 
sant :  on  ne  saurait  s'empêcher  de  rire  des  protesta- 
tions de  pauvreté  et  des  jurements  que  prodigue  Valdès, 
tandis  que  le  contador  lui  prouve,  par  le  détail  de  ce 
qu'il  a  touché,  depuis  qu'il  occupe  le  siège  de  Séville, 
qa  il  peut  très-bien ,  sans  se  gêner,  prêter  la  somme 
pour  laquelle  on  a  eu  recours  à  lui  (1).  Ce  Yaldès  était- 
il  donc  aussi  avare  qu'il  était  fanatique  et  méchant? 

Les  deux  autres  lettres  de  l'archevêque  sont  d'une 
haute  importance  :  elles  expliquent  comment  l'inquisi- 
tioD  découvrit  le  foyer  de  luthéranisme  qui  s'était  formé 
dans  la  Yieille-Gastille,  et  font  connaître  les  premières 
mesures  qu'elle  prit  pour  l'éteindre.  Don  Adolfo  de 
Castro  eût  tiré  un  grand  parti  de  ces  documents,  s'il 
les  eût  connus ,  dans  son  fftstom  de  los  protestantes 
espaîiotes  (2). 

Le  président  du  conseil  de  Castille,  Juan  de  Yega ,  et 
l'archevêque  de  Tolède,  fray  Bartolomé  de  Garranza, 
n'écrivent  à  l'Empereur  :  le  premier,  que  pour  lui  re- 
commander les  intérêts  de  la  reine  douairière  de  Hon- 
grie; l'autre,  pour  s'excuser  du  retard  qu'il  met  à  se 
rendre  à  Yuste. 


(1}  Pages  19M9i. 

(2)  Uistoria  de  los  protestanlcs  espaîioles  y  de  su  perseciichn  par 
FeHpelly  Cniiix.iSM,  in-8^ 

Tome  H.  c. 


P--Î* 


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I 


V 


(   XXXIV   ) 


Y. 


Les  lettres  des  serviteurs  de  Charles-Quint,  qui, 
dans  notre  premier  volume ,  forment  la  grande  majo- 
rite  des  pièces,  sont  entore  ici  au  nombre  de  soixante- 
sept.  Il  y  en  a  : 

Vingt-deux  du  majordome  Quijada  (pp.  97,  121, 
i45, 146, 163, 165, 262, 264,  265, 315, 322,  530, 
346, 550, 455,  458, 470,  487,  505, 506,  507,  515); 

Trente  et  une  du  secrétaire  Gaztelù  (pp.  142,  164, 
222, 225, 228, 255, 238, 280, 305, 320, 324, 328, 
345, 577, 581, 582, 585, 588 ,  389, 405,  410,  414, 
425, 459, 445,  446, 454, 459,  485,  490, 501); 

Dix  du  docteur  Mathys  (pp.  511,  526,  565,  565, 
373,  399,  409,  413,  450,  482); 

Trois  du  premier  aide  de  chambre  Van  Maie  (pp.  167, 
174,  261); 

Et  une  de  Jean  Poupet,  seigneur  de  la  Ghaulx,  qui 
accompagna  FEmpereur,  dont  il  avait  été  le  sommelier 
de  corps,  jusqu'à  son  entrée  au  monastère  de  Yuste 
(p.  108). 

Toutes  ces  lettres,  à  Texception  de  deux ,  où  Quijada 
rend  compte  à  l'Empereur  de  la  commission  dont  il  a  été 
chargé  à  Valladolid  (1),  sont  écrites  au  secrétaire  d'État 
Vazquez,  à  la  princesse  dona  Juana,  à  Philippe  II. 


(1)  Voy.  p.  X. 


I 


(1)  Voir  la  lettre  de  Gaztelû  à  Vazquez,  du  30  avril  I5ir7,  dans 
let.I,p.  U6. 

(2)  Voir  la  lettre  du  même  au  même-,  du  37  avril  1558,  dans  le 
t  II,  p.  582. 

(3)  Tome  II,  p.  167. 


■i*'.vj 


t    •^  f 


(  sxxv  ) 

Elles  complètent  le  journal  de  la  vie  de  Charles-Quint, 
dans  sa  retraite. 

Les  caractériser  ainsi,  c^est  faire  ressortir  suffisam- 
ment Fintérèt  qu'elles  présentent.  Combien,  pourtant, 
seraient  plus  intéressantes  encore ,  si  Ton  parvenait  à 
en  découvrir  un  jour,  celles  que  Hathys ,  Van  Maie  et 
les  autres  Belges  attachés  au  service  de  FËmpereur  f 

adressaient  à  leurs  parents  et  à  leurs  amis  des  Pays- 
Bas!  car,  là,  sans  aucun  doute,  ils  s^exprimaiént  en 
toute  liberté;  ils  entraient  dans  des  détails  que  ne  com- 
portait point  une  correspondance  destinée  à  passer  sous 
les  yeux  des  ministres  ecl^agnols.  Ils  écrivaient  beau- 
coup, ces  Belges  (1) ,  et  l'Empereur,  qui  avait  pour  eux 
une  affection  particulière ,  avait  donné  des  ordres  ex- 
près, afin  que  leurs  correspondances  fussent  toujours 
expédiées  avec  soin  (2). 

Guillaume  Yan  Maie,  dans  sa  première  missive  à 
Vazquez,  fait  espérer  une  correspondance  suivie  :  t  Je 
»  ne  vous  ai  pas  écrit  jusqu'à  présent,  lui  mande4-il , 
>  parce  que  Luis  Quijada  le  faisait  avec  tant  de  régu- 
la larité,  que  je  n'aurais  pu  que  vous  ennuyer  :  maintè- 
»  nant  qu'il  est  parti,  je  veux  lutter  de  zèle  et  d'exac- 
n  tilude  avec  Gaztelû  (5).  »  Nous  attachions  beaucoup 
de  prix  aux  lettres  de  Van  Maie,  et  nous  les  avions  tout 


*j 


»■ 


H. 

X 

I 


(    XXXTI   ) 

spécialement  signalées  à  don  Manuel  Garcia  :  on  n'a 
trouvé,  dans  les  Archives,  que  celles  que  nous  publions. 
Il  faut  croire  que  Taide  de  chambre  favori  de  l'Empe- 
reur ne  continua  pas  sa  correspondance  avec  le  secré- 
taire d'État. 

Ces  lettres  de  Van  Maie  montrent  qu*il  écrivait  en 
espagnol  avec  autant  de  facilité  qu'en  latin,  en  flamand 
et  en  français.  Il  n'en  était  pas  de  même  de  Matbys,  et 
nous  voyons  Van  Maie,  le  24  octobre  1557,  lui  servir 
de  secrétaire,  pour  transmettre  à  Vazquez  une  lettre 
latine  du  docteur,  destinée  au  roi  (i).  Cependant,  à 
partir  du  50  de  ce  même  mbis  d'octobre  (2),  toutes  les 
lettres  de  Mathys  à  Vazquez  sont  en  espagnol  :  ce  qui 
prouve  qu'il  avait  pris  à  cœur  de  se  mettre  au  courant 
de  la  langue  du  pays,  et  elles  ne  sont  pas  trop  mal  tour- 
nées, quoiqu'il  s'excuse,  auprès  du  secrétaire  d'État, 
sur  son  ignorance  de  cette  langue,  du  peu  de  détails 
qu'il  lui  donne,  et  de  l'incorrection  de  son  style  (S). 

Notons,  en  passant,  que  Van  Maie  n'eut  pas  à  se 
louer  du  séjour  de  Yuste  :  il  y  perdit  deux  fils ,  de  trois 
qu'il  avait,  et  y  eut  sa  femme  presque  continuellement 
malade  (4). 

Mathys  nous  apprend  que,  dans  la  saison  des  fruits, 
Charles-Quint  commençait  son  diner,  en  mangeant 
une  grande  quantité  de  cerises  et  de  fraises ,  celles-ci 


(1)  Tome  II,  p.  261. 

(2)  Tome  I,  p.  497. 

(3)  Jbid.,  p.  252. 

(4)  Tome  1,  p.  179;  t.  II,p.  2G1. 


XXXVll  ) 

accompagnées  d'une  écuelle  de  crème  :  ensuite  il  se  fai- 
sait servir  un  pâté  assaisonné  d'épices,  avec  du  petit 
salé  bouilli  et  du  jambon  frit.  Le  reste  des  mets  n*était 
que  des  accessoires  (i). 

Charles  aimait  beaucoup  les  fruits,  qui  souvent  Tin- 
commodaient  (2);  mais  il  u*en  mangeait  pas  moins, 
pour  cela. 

II  en  était  de  même  du  poisson,  qui ,  de  tout  temps, 
avait  été  contraire  à  sa  constitution  (3) ,  et  toutes  les 
observations  qu*on  pouvait  lui  faire  à  ce  sujet  étaient 
inutiles  (4).  Aussi  Quijada  disait-il  que  probablement 
les  rois  s'imaginaient  avoir  un  estomac  et  une  corn- 
plexion  différents  de  ceux  des  autres  hommes  (5). 

En  général ,  Charles-Quint  à  Yuste  faisait  sa  nour* 
riture  d'aliments  malsains  :  des  viandes  indigestes ,  des 
harengs  secs,  du  poisson  salé,  de  Tail,  entraient  sou- 
vent dans  le  menu  de  ses  repas  (6).  Cette  mauvaise  ha- 
bitude n'était,  du  reste>  pas  nouvelle  diez  lui;  elle  datait 
du  temps  de  sa  jeunesse  :  nous  en  avons  fait  la  remar- 
que dans  notre  Introduction  (7). 

Les  lettres  de  Quijada  et  de  Gaztelû  nous  fournis- 
sent la  confirmation  de  plusieurs  des  faits  rapportés  par 


(I)  Page  399. 

(3)  Tome  I,  pp.  1G6,  178;  t.  II,  p.  458. 
(3)  Tome  I,  pp.  SI,  1S7,  352, 280. 
(i)  Ibid.,  pp.  115,  355. 

(5)  JM.,  p.  259. 

(6)  Ibi<L,  p.  282;  t.  H,  p.  409. 

(7)  Pogc7. 


t:- 


ç»» 


(  XXXVIll   )  " 

i'hiéronymite,  autetir  de  la  relation  qui  est  publiée  dans 
ce  Volume  pour  la  première  fois  :  nous  nous  bornerons 
à  en  citer  deux.  L*btéronymite  anonyme  dit  quelle  jour 
de  S -Mathias»  TEmpereur  offrait  à  Fautel  du  couvent 
autant  d*écus  qu'il  avait  d'années,  et  un  de  plus  (1); 
Quijada  écrit,  le  "24  février  1558,  à  Vazquez:  «  Aujour- 
»  d'hui ,  jour  de  S^-Mathias ,  j*ai  offert  59  écus  pour 
»  les  années  de  TEmpereur  (2).  »  L'hiéronymite  parle 
d'une  visite  que  fit  à  l'Empereur  doiïa  Magdalena  de 
Ulloa,  femme  de  Quijada,  et,  le  19  juillet  1558,  Gaz- 
telu  mande  à  Vazquez:  c  L'autre  jour,  doïia  Magda- 
»  lena  alla  baiser  les  mains  à  S.  M.,  qui  la  reçut  avec 
»  toute  faveur  (3).  »  Ce  sont  là  autant  de  témoignages 
de  la  véracité  du  moine  anonyme. 

A  la  nouvelle  de  l'acceptation,  par  les  électeurs,  de 
sa  renonciation  &  la  dignité  impériale»  Charles-Quint 
avait  donné  ordre  à  Gaztelù  de  ne  flm  mettre,  en 
haut  de  ses  lettres^  le  titre  d'empereur  ni  aucun  au- 
tre (4);  il  avait  aussi,  à  cette  occasion ,  mandé  à  Vaz- 
quez :  «  Vous  examinerez,  avec  la  princesse,  conuiieut 
«  on  doit  m'écrire  dorénavant,  et  me  donnerez  avis  de 
»  ce  qu'il  vous  en  aura  semblé  (5).  »  Il  résulte  d'une 
lettre  de  Gaztelù  que,  sur  ses  instances  et  les  obser- 
vations de  Vazquez ,  l'Empereur  ne  persista  pas  dans 


(1)  Page  37. 
(3)  Page  SU. 

(3)  Page  455. 

(4)  Tome  I ,  p.  393. 

(5)  ibid.,  p.  396. 


•*• 


>" 


(   XXXll  ) 

sa  résolution  (i)  Et,  en  effet,  nous n  apercevons  aucun 
changement  dans  le  formulaire  des  lettres  écrites  et 
reçues  par  lui,  depuis  le  mois  de  mai  1558;  il  y  qua- 
lifie toujours  Vazquez  de  son  secrétaire  et  de  secré- 
taire de  son  conseil;  ses  lettres  continuent  d'être  contre- 
signées de  Gaztelû ,  par  ordonnance  de  Sa  Majesté;  et 
non-seulement  Vazquez,  mais  encore  là  princesse  dona 
Juana,  Tarchevèque  de  Sévilie ,  Farchevêque  de  Tolède, 
c'est-à-dire  les  personnages  les  plus  éminents  de  TËtat , 
se  servent,  en  lui  écrivant ,  de  la  courtoisie  :  Sacrée 
Catholique  et  Impériale  Majesté. 

Une  lettre  de  Gaztelû  contient  cette  particularité 
singulière  :  qu'à  Lisbonne  les  médecins  de.  la  cour 
avaient  formellement  prédit  la  mort  de  l'Empereur 
pour  le  21  septembre  (2).  Ç,e  trait  rappelle  celui  qu'on 
raconte  d* André  Vésale,  lequel ,  consulté  par  Maximi- 
lien  d  Egmont,  comte  de  Buren ,  sur  le  terme  probable 
de  son  existence,  en  fixa  le  jour  et  l'heure  de  la  ma- 
nière la  plus  précise  (3).   . 

Quatre  des  lettres  de  Quijada  sont  postérieures  à  la 
mort  de  l'Empereur.  Van  Maie  et  Mathys  sont  assez 
maltraités  dans  celle  du  4  octobre  1558 ,  écrite  à  Vaz- 
quez. Selon  Quijada,  Van  Maie  avait  reçu  de  TEmpe- 
peur  plus  de  faveurs  qu'aucun  de  ses  compagnons,  et 
peut-être  le  méritait-il  moins;  quant  à  Mathys,  il  avait 


(4)  Tome  n,  p.  411. 
(9)  Page  KOI. 

(3)  Voy.  Brantômb,  Vies  des  hommes  illustres  étrangers,  et  De 
ThoU;  Histoire  universelle,  liv.  V,  t.  1,  p.  564  de  TédlUon  française. 


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(XL) 

eu  au  delà  de  2,000  écus  de  gratifications  depuis  le 
départ  de  Bruxelles;  il  recevait  600  écus  de  gages, 
outre  le  logement  et  la  table  pour  lui  et  ses  dômes- 
tiques,  c  Ces  deux-là — ajoute  le  majordome — s*cn 
»  vont  plus  riches  que  s'ils  venaient  du  Pérou,  et 
»  non  moins  avides  que  s'ils  y  allaient  (1).  »  M'est-il 
pas  digne  de  remarque  que  partout  on  retrouve  l'an- 
tipathie qu'il  y  avait  entre  les  Espagnols  et  les  Fla- 
mands, antipathie  qui  déjà,  à  cette  époque,  avait  pro- 
duit des  fruits  bien  amers,  et  qui,  quelques  années 
après ,  devait  avoir  des  conséquences  si  terribles  ? 

Une  anecdote  des  plus  curieuses  nous  est  révélée 
par  la  lettre  de  Quijada  au  roi,  du  12  octobre  1558. 
Cette  lettre  nous  apprend  que,  la  veille  de  sa  mort, 
Charles-Quint  fit  remettre  à  Ogier  Bodart,  fun  de  ses 
aides  de  chambre,  600  écus  d'or,  pour  en  acheter,  à 
Bruxelles,  200  florins  de  rente  viagère  au  profit  de  la 
mère  de  don  Juan  d'Autriche  (2);  c'était,  à  54  écus 
près,  comme  on  le  verra  plus  loin,  tout  ce  qui  restait 
dans  sa  cassette. 

Que  de  réflexions  pourrait  faire  naître  cet  acte  de 
Charles-Quint  mourant!  Il  en  est  une  qui  se  présente 
tout  d'abord  à  l'esprit.  Au  moment  où  il  va  quitter  la 


(1)  Pages  504-505. 

Van  Malc  et  Malliys  partirent  de  Yustc  pour  Valladolid,  sans 
attendre  qu'on  leur  eût  distribué  la  gratification  et  les  vêtements  de 
deuil  qui  leur  revenaient.  (Lettre  de  Quijada  h  VazqucS;  du  8  octobre 
1558.) 

(2)  Page  506. 


(  XLl   ) 

terre,  Charles  songe  à  la  femme  qui  a  été  l'objet  d'uQ 
de  ses  derniers  caprices  >  et  qu'il  a  rendue  mère;  il  sait 
qu'elle  ne  jouit  pas  d'une  existence  fortunée;  il  veut  lui 
donner  une  marque  de  souvenir;  et  la  modique  somme 
de  su  CENTS  ECUS ,  voilà  tout  ce  dont  il  peut  disposer 
pour  elle ,  lui  qui  a  été  le  plus  puissant  monarque  de 
l'Europe  !  Pourquoi  aussi,  au  temps  de  sa  puissance, 
De  s'était-il  pas  occupé  davantage  de  l'avenir  de  Bar- 
bara Blomberghe?  Il  l'avait  mariée  et  fait  venir  aux 
Pays-Bas  :  mais  veut-on  savoir  la  libéralité  dont  il  avait 
usé  envers  Jérôme  Keghell ,  son  mari?  il  l'avait  gratifié 
d'une  pension  de  cent  florins  (1).  Plus  tard,  il  est  vrai, 
il  avait  fait  de  Keghell  un  commissaire  aux  revues  : 
mais  ce  n'était  là  une  charge  ni  bien  relevée ,  ni  bien 
lucrative* 

On  est  frappé  d'une  chose,  en  envisageant  les  faits 
qui  se  rapportent  à  la  naissance  et  aux  premières 
années  de  don  Juan  d'Autriche  :  c'est  du  mystère  dont 
Charles-Quint  s'applique  à  envelopper  cet  épisode  de 
sa  vie.  Il  enlève  à  Barbara  Blomberghe  le  fils  qu'il  a 
eu  d'elle,  et,  au  lieu  de  s'en  avouer  le  père,  de  lui  faire 
donner  une  éducation  conforme  au  sang  dont  il  est 
issu,  ainsi  qu'il  l'avait  fait  pour  la  fille  de  Marguerite 
Vander  Gheenst,  il  le  remet  à  son  joueur  de  viole, 
Francisco  Massi,  qui  le  conduit  en  Espagne,  ou  on 
rélève  obscurément  sous  le  nom  de  Gerônimo;  plus 


(I)  G>mple  de  la  recette  générale  des  finances  de  1554,  aux 
Ârchires  de  Lille;  extraits  des  mêmes  comptes,  aux  ÂrohÎTes  dé 
BnixcUcs. 


■v^*- 


(  XLU  } 

tard ,  il  détermine  Quijada  à  le  prendre  chez  lui  :  Qui- 
jada  persuade  à  sa  femme  que  cet  enfant  esl  le  fils  d*un 
ami  dont  il  s*est  engagé  à  taire  le  nom.  Lorsque,  au 
mois  de  juillet  1558,  doua  Magdalena  vient  s'établir  à 
Cuacos ,  elle  y  emmène  le  jeune  Gerônimo  ;  Charles  a 
plusieurs  fois  Toccasion  de  le  voir  :  il  se  garde,  avec  le 
plus  grand  soin,  de  laisser  soupçonner  le  lien  qui  les 
unit  l'un  à  l'autre  (1);  il  veut  que  ce  secret  ne  soit 
connu  qu'après  qu'il  ne  sera  plus  au  monde  ;  il  l'a  dé- 
posé dans  des  écrits  cachetés  qui  ne  doivent  être  ou- 
verts qu'alors;  il  a  exprimé,  dans  les  mêmes  écrits , 
l'intention  que  son  fils,  si  l'on  peut  l'y  déterminer  vo- 
lontairement, prenne  l'habit  d'un  ordre  religieux  (2); 
il  persévère  jusqu'au  bout  dans  ces  résolutions;  enfin , 
c'est  clandestinement  qu'il  fait  parvenir  à  Barbara 
Blomberghe  les  200  florins  de  rente  viagère  dont,  la 
f  veille  de  sa  mort,  il  pense  à  la  gratifier  :  Ogier  Bodart , 

i  qu'il  charge  de  cette  commission ,  a  été  initié  de  bonne 

heure  à  ses  relations  avec  la  jolie  fille  de  Ratisbonne , 
et  aux  suites  qu'elles  ont  eues  (3).  Tout  cela  fait  voir 
jusqu'à  quel  point  Charles-Quint  était  honteux  d'une 
faiblesse  que  la  morale  aurait  pu  lui  reprocher. 

La  lettre  de  Quijada  au  roi,  du  6  juillet  1559,  par 
laquelle  se  termine  notre  Recueil ,  contient  d'intéres- 
sants détails  sur  le  jeune  Gerônimo ,  qui  allait  bientôt 


^  (1)  V.  p.  IV. 

^  (3)  Papier»  d'État  du  cardmal  de  Granvelle,  t.  iV,  pp.  406-500. 

—  CharUe^Qumtf  elc,  par  M.  Miomet,  â»*  édit.,  pp.  382  et  suiv. 

!  (3)  Papiers  d'Étal  de  Granvelle,  1.  c 

i 


(  XL"I  ) 

échanger  ce  nom  vulgaire  contre  celui  plus  noble  de  don 
Juan  (l'Autriche.  L'Empereur  avait  donné  à  Quijada, 
pour  son  page,  une  mule  qu'il  montait  quelquefois  à 
Yuste,  et  qui  était  probablement  la  même  sur  laquelle 
il  s'était  rendu  de  sa  petite  maison  du  Parc  au  palais 
de  Bruxelles,  le  jour  de  son  abdication  (1).  Quijada  en 
faisait  du  cas,  parce  qu'elle  était  fort  douce,  et  que 
Gerônimo  était  fort  étourdi.  Cependant,  Gonzalo  Ferez, 
principal  secrétaire  du  roi,  réclama  cette  mule,  pré- 
tendant qu'elle  lui  appartenait,  et  qu'il  l'avait  prêtée  à 
TEmpereur;  déjà  elle  avait  été  convoitée  par  le  docteur 
Corneille  de  Baersdorp.  Quijada  fait  connaître  au  roi 
ce  qui  s'est  passé,  et  il  ajoute  :  <  La  personne  qui  est 
•  à  ma  charge  se  porte  bien  ;  à  ce  qu'il  me  semble , 
»  elle  grandit  et  est  très-bien  proportionnée  pour  son 

>  âge.  Elle  poursuit  ses  études,  mais  avec  beaucoup 
»  de  peine,  et  rien  ne  lui  donne  autant  d'ennui.  Elle 

>  apprend  aussi  le  français,  et  le  peu  de  paroles  qu'elle 
»  sait,  elle  les  prononcetrès-bien:  toutefois,  pour  qu'elle 
»  parle  cette  langue  comme  V.  M.  le  désire ,  il  faut  du 
»  temps  et  plus  de  conversation.  Ce  qui  lui  plaît  da- 

>  vantage  maintenant ,  c'est  de  nionter  à  cheval  à  la 
»  genette  et  à  la  bride.  Quand  V.  M.  la  verra,  elle  trou- 
»  vera  qu'elle  court  la  lance  avec  grâce,  quoique  la 
»  force  lui  manque  (2).  » 

On  sait  si  don  Juan  d'Autriche  démentit  les  heureuses 


(1)  Voy.  noU«  Introduction,  p.  80. 

(2)  Page  5U. 


(  XLIV  ) 

dispositions  que  Quijada  signalait  en  lui.  Il  ne  parvint 
toutefois  jamais  à  exceller  dans  la  langue  française, 
quoiqu'il  la  parlât.  Lorsqu'il  arriva  à  Luxeniboui^  le 
4  novembre  1576,  après  avoir  traversé  la  France  en 
poste  et  sous  un  déguisement,  il  fut  obligé  d'écrire  en 
espagnol  au  conseil  d'État  des  Pays-Bas  (1). 


VI. 


Indépendamment  des  pièces  dont  les  trois  §§  qui 
précèdent  donnent  Fénumération,  ce  volume  contient: 

L'état  de  la  maison  de  Charles -Quint,  lorsqu'il  la 
licencia  au  mois  de  juin  1556  (p.  71); 

L'inventaire  de  la  .vaisselle  d'argent^  des  livres,  des 
tableaux  et  des  autres  objets  mobiliers  qu'il  emporta 
en  Espagne  (p.  80); 

Deux  lettres  du  roi  Philippe  à  la  princesse  dona 
Juana  (pp.  95,  509)  et  une  au  secrétaire  Vazquez 
(p-109); 

L'instruction  qu'il  donna  à  l'archevêque  de  Tolède, 
fray  Bartolomé  de  Carranza,  le  5  juin  1558  (p.  426); 

Onze  lettres  adressées  au  roi:  par  doîia  Juana  (p.  98); 
Francisco  Osorio,  ancien  chapelain  de  l'Empereur  et 
aumônier  du  prince  don  Carlos  (pp.  101, 107);  la  reine 
douairière  de  Hongrie  (pp.  124,  590);  la  reine  douai- 
rière de  France  (p.  267);  don  Pedro  de  la  Gasca, 


(t  )  Nous  avons  publié  sa  IcUrc  dans  notre  Collection  de  doeiimewli 
incdils  concernant  Vhistoire  de  la  Belgique,  t.  I,  p.  3b4. 


(  XLV  ) 

èvèqiie  de  Paleneia  (p.  359);  Garcilaso  de  la  Vega 
(p.  494);  le  secrélaire  Yazquez  (p.  461);  fray  Juan 
Régla  (p.  511);  les  exécuteurs  testamentaires  de  TEm- 
poreur  (p.  512); 

Des  lettres  de  la  princesse  dona  Juana  à  Quijada 
(pp.  95,  500),  et  aux  corrégidors  des  provinces  fron- 
tières d^Espagne  (p.  184);  du  grand  commandeur  d*AI- 
cantara,  don  Luis  d'Âvila  y  Zuiâiga,  au  secrétaire  Yaz- 
quez (pp.  225, 284, 514);  de  don  Sancho  de  Cordova 
à  Yazquez  (p.  247)  et  à  la  princesse  gouvernante 
(p. 249);  de  la  reine  douairière  de  France  à  dona  Juana 
(p.281);  de  don  Juan  Hurtado  de  Mendoça  à  cette  reine 
(p.  291);  du  licencié  Arceo,  de  la  reine  de  Hongrie  et 
de  Tarchevèque  de  Tolède  à  Yazquez  (pp.  296,  378, 
502); 

Une  instruction  de  dona  Juana  à  don  Hernando  de 
Rojas,  envoyé  par  elle  à  Yuste  et  à  Lisbonne ,  pour  y 
porter  ses  compliments  de  condoléance,  à  Toccasion 
de  la  mort  de  la  reine  Êléonore  (p.  516,; 

Enfin  la  liste  des  person/ies  qui  furent  arrêtées  et 
enfermées  dans  les  prisons  de  Yalladolid ,  comme  sus- 
pectes de  luthéranisme,  au  mois  de  mai  1558  (p.  401). 

Nous  n*avons  rien  à  dire  de  fétat  de  la  dernière 
maison  de  TEmpereur ,  ni  de  Tinventaire  des  objets 
qu*il  emporta  en  Espagne  :  le  titre  seul  de  ces  deux 
documents  en  indique  assez  le  caractère.  Nous  avons 
cité  l'un  et  l'autre  dans  notre  Introduction  (1). 

La  lettre  de  Philippe  II  à  la  princesse  doua  Juana, 

(1)  Paires  425  et  428, 


(  XLVI  ) 

du  8  septembre  1556,  concerne  les  mesures  à  prendre 
pour  la  réception  de  l'Empereur,  à  son  débarquement 
en  Castille;  nous  en  avons  également  fait  usage  (1). 
Celle  qu'il  écrit  au  secrétaire  Yazquez,  le  18  novem- 
bre suivant ,  est  relative  au  médecin  milanais  Giovanni 
Andréa  Mollo,  dont  l'Empereur  réclama  la  présence  à 
Yusle,  dans  l'espoir  d'être  guéri  par  lui  de  ses  hémor- 
roîdes. 

La  seconde  lettre  de  Philippe  à  la  princesse  gouver- 
nante nous  apprend  que,  au  mois  de  mars  1559,  son 
intention  était  de  faire  transférer,  à  la  chapelle  érigée 
par  les  rois  catholiques  à  Grenade,  les  dépouilles  mor- 
telles de  la  reine  Jeanne  la  Folle,  de  l'Empereur  et 
des  reines  douairières  de  France  et  de  Hongrie  (2).  Il 
n'avait  donc  pas  résolu  encore,  à  cette  époque,  comme 
on  le  croit  communément ,  la  construction  du  fameux 
monastère  de  TEscurial,  ou  du  moins  il  ne  songeait  pas 
à  y  placer  la  sépulture  des  princes  de  sa  maison  (5)  ! 
Quoi  qu'il  en  soit,  on  verra,  dans  la  réponse  que  lui 
firent  les  exécuteurs  testagnentaires  de  l'Empereur,  les 


(i)  introduction,  p.  436. 

(3)  Page  509. 

(3)  Dans  une  notice  que  j'ai  lue  k  rAcadcmie  royale  de  Belgique, 
le  7  novembre  iS53,  j'ai  combattu  l'opinion  d'après  laquelle  la  ionds- 
tion  de  l'Escuriàl  aurait  été  l'cxécuUon  d*uii  vœu  formé  par  -Phi- 
lippe II  le  j<^ur  de  la  bataille  de  S^-Quentin.  J'ai  vu,  depuis,  que  j'étais 
d'accord  sur  ce  point  avec  le  P.  Siguenza ,  Hiitoria  de  la  ôrden  de  Sam 
Gerônimo,  part.  III,  liv.  III,  dise.  I,  p.  533.  Cependant  on  m'a  envoyé  « 
dos  Archives  de  Simancns,  une  pièce  qui  semble  donner  raison  à  l'opi- 
nion contraire.  J'aurai  à  revenir  sur  cette  intéressante  question. 


(  XLVII  ) 

objections  qu  ils  élevèrent  contre  ce  projet,  et  par  suite 
desquelles  il  fut  abandonné  (1). 

L'instruction  de  rarchevêqoe  de  Tolède  forme  »  sans 
contredit,  Tune  des  pièces  capitales  de  notre  recueil  ; 
par  les  lumières  qu'elle  répand  sur  la  situation  des 
affaires  du  roi  au  mois  de  juin  1558,  sur  ses  desseins, 
sur  les  motifs  qui  lui  faisaient  désirer  le  retour  de  la 
reine  de  Hongrie  aux  Pays-Bas ,  sur  le  projet  de  ma- 
rier le  duc  de  Savoie  avec  la  princesse  Ëlisabetlt,  héri- 
tière présomptive  de  la  couronne  d'Angleterre ,  etc. 

Dans  sa  lettre  du  15  octobre  1556,  la  princesse 
dona  Juana  rend  compte  à  son  frère  des  ordres  qu'elle 
a  donnés  pour  le  voyage  de  l'Empereur,  tant  avant  que 
depuis  son  débarquement. 

Celle  de  Francisco  Osorio,  du  26  octobre  1556 , 
contient,  sur  l'arrivée,  la  réception  et  le  séjour  de 
l'Empereur  à  Yalladolid,  des  détails  qui  manquent 
dans  les  correspondances  de  Quijada  et  de  Gaztelù. 
La  seconde  lettre  d*Osorio  (du  15  novembre)  concerne 
les  reines  douairières  de  France  et  de  Hongrie,  et  les 
honneurs  qui  leur  étaient  rendus,  tant  par  la  gouver- 
nante que  par  les  personnages  les  plus  qualifiés  de  la 
cour 

ïl  s'agit,  dans  les  deux  lettres  de  la  reine  de  Hon- 
grie, de  son  établissement  en  Espagne,  sur  lequel, 
nous  l'avons  déjà  dit,. nous  nous  proposons  de  revenir* 

Celles  de  la  reine  Êléonore,  de  don  Sancho  de  Cor- 


Ci)  Page  512. 


(   XLVIII   ) 

(lova,  (le  (Ion  Juan  Hurtado  de  Mendoza,  du  licencié 
Ârceo,  sont  relatives  à  la  négociation  de  Portugal. 

On  lira,  avec  un  touchant  intérêt,  la  lettre  où  Tévè- 
que  de  Palencia  fait  le  récit  du  voyage  des  deux  reines 
à  Badajoz ,  de  leur  entrevue  avec  Tinfante  de  Portugal , 
de  la  maladie  et  de  la  mort  de  la  reine  Éléonore,  du 
séjour  de  la  reine  Marie  à  Yuste,  de  son  départ,  de 
son  arrivée  à  Cigales,  etc. 

Le  rapport  de  Garcilaso  de  la  Yega  sur  la  mission 
dont  n  avait  été  chargé  auprès  de  la  princesse  doîia 
Juana,  de  TEmpereur  et  de  la  reine  Marie,  n'est  pas 
un  document  moins  notable  :  quelques  points,  qui 
étaient  restés  obscurs  dans  notre  premier  volume ,  des 
pourparlers  à  la  suite  desquels  la  reine  consentit  à 
partir  pour  les  Pays-^Bas,  y  sont,  entre  plusieurs  au- 
tres, parfaitement  expliqués. 

Yazquez,  dans  sa  lettre  au  roi^  s'applique  à  atté- 
nuer l'effet  qu'aura  produit  sur  l'esprit  du  monarque 
la  découverte  d'une  secte  de  luthériens  en  Castiiie  : 
*i  Grâce  à  Dieu ,  —  lui  dit-il  —  le  mal  ne  paraît  pas 
»  aussi  grand  qu'on  \e  craignait  dans  le  principe,  et 
)»  Y.  M.  peut  être  sans  inquiétude  sur  cette  affaire, 
»  car  l'Empereur  s'en  occupe  pour  tout  le  monde,  et  il 
]»  désire  que  ces  hérétiques  soient  brûlés  (i).  » 

Fray  Juan  Régla  remercie  Philippe  de  la  pension 
de  400  ducats  dont  ce  monarque  Ta  gratifié,  selon  le 
désir  exprimé  dans  le  codicille  de  l'Empereur.  Il  l'as- 


{«)  Page  iO!. 


(  XLIX  } 

sare  qu*il  en  avait  grand  besoin  :  car,  pendant  qu'il 
s'occupe  de  Texécution  du  testament  de  S.  M.  I.,  Tordre 
de  Saint-Jérôme  ne  lui  donne  que  le  logement;  et,  vu 
son  âge 9  lorsque  cette  commission  sera  achevée,  il  ne 
sera  plus  capable  de  rien  mériter  de  la  communauté 
dont  il  fait  partie  (1). 

Un  intervalle  de  deux  années  sépare  les  deux  lettres 
de  la  princesse  doua  Juana  à  Quijada.  La  première  est 
écrite  à  la  nouvelle  du  débarquement  de  TEmpereur  : 
la  princesse  y  invite  le  majordome  à  se  rendre  en  toute 
hâte  auprès  de  son  ancien  maître  (2).  Dans  l'autre, 
antérieure  de  quatre  jours  seulement  à  la  mort  de 
son  père ,  elle  exprime  le  désir  d'aller  lui  donner  ses 
soins  (5). 

La  lettre  de  la  princesse  aux  corrégidors  et  gouver- 
neurs du  royaume  a  pour  but  de  faire  saisir  les  copies 
ou  les  exemplaires,  qu'on  aurait  tenté  d'introduire  en 
Espagne,  de  la  bulle  fulminée  par  Paul  lY  contre  Phi- 
lippe IL  Une  lettre  de  Vazquez  à  l'Empereur,  qui  ne 
figure  pas  dans  notre  Recueil  (4) ,  nous  montre  que  les 
ordres  de  la  gouvernante  s'exécutèrent  rigoureuse- 
ment :  car  un  courrier  portugais  qui  venait  de  France, 
ayant  passé  par  Fontarabie ,  le  capitaine  de  cette  place 
fit  mettre  le  scellé  sur  ses  dépêches ,  et  ne  les  lui  rendit 


(i)  Page  5!  i. 

(2)  Page  95. 

(3)  Page  500. 

(4)  Elle  estda  16  octobre  1557. 

TOMB  If.  d. 


qu'après  s'être  assuré  que  toutes  étaient  pour  le  Por- 
tugal. Ce  qu'il  y  a  d'étrange,  c'est  que,  au  plus  fort  de 
la  guerre  entre  le  pape  et  le  roi  d'Espagne ,  Paul  IV 
entretenait  un  nonce  à  la  cour  de  Yalladolid  (1). 

Après  Quijada,  le  grand  commandeur  don  Luis 
d'Âvila  est  certainement  le  personnage  qui  inspire  le 
plus  de  sympathie  parmi  ceux  que  nous  offre  le  tableau 
delà  retraite  de  Charles-Quint.  On  aime  à  voir  l'ancien 
compagnon  de  l'Empereur  dans  ses  guerres,  l'historien 
fidèle  de  ses  glorieuses  campagnes  de  1546  et  1547, 
l'entourer,  jusqu'à  la  dernière  heure,  d'attentions,  de 
soins,  de  respect  (2);  on  s'attendrit  au  spectacle  de 
la  douleur  qu'il  fait  paraître  à  la  mort  de  celui  dont  il 
était  un  des  chéris,  selon  l'expression  de  Thiéronymite 
anonyme  (5),  que  sa  conversation  charmait  toujours  (4), 
et  qui,  peu  d'instants  avant  de  rendre  le  dernier  soupir, 
le  reconnaissait  encore  (5). 

Nous  aurions  souhaité  d'avoir  à  publier  un  plus 
grand  nombre  de  lettres  de  don  Luis  d'Âvila  (6). 


(1)  Ce  fait  résulte  de  la  même  lettre  du  46  octobre,  qui  est  cilëe 
dans  la  note  précédente.  Yazquez,  y  disant  à  TEmpereur  qu'on  avait 
reçu  avis  de  la  conclusion  de  la  paix  entre  le  duc  d'Albe  et  le  pape, 
ajoute  :  a  El  nuncio  que  aqui  réside  dice  que  ticne  tambien  cartas  de 
»   Génova  con  el  mesmo  aviso.  » 

(2)  Tome  I ,  pp.  562,  407;  t.  II ,  pp.  22,  314. 

(3)  Tome  II,  p.  M. 
(i)  Tomel,  p.  278. 

(5)  Ibid.,  p.  396. 

(6)  Nous  en  avons  retrouvé  une  quatrième ,  en  repassant  les  pièces 
que  nous  avons  été  obligé  d'exclure  de  nôtre  Recueil.  Elle  est,  comme 


(LI) 

On  remarquera,  dans  celle  du  13  août  1557,  le  mot 
ie  frère  Charles,  dont  il  se  sert  en  parlant  de  TKmpe* 
reur  (1).  Nous  donnerons  le  curieux  passage  où  se 
trouve  cette  qualification  plaisante  et  familière,  en  ré* 
sumant  les  négociations  avec  Antoine  de  Bourbon, 
duc  de  Vendôme,  auxquelles  Charles-Quint  fut  mêlé 
pendant  son  séjour  à  Yuste. 

La  lettre  da  4  décembre  de  la  même  année  met  en 
relief  les  sentiments  chevaleresques  du  grand  com- 
mandeur et  son  dévouement  à  la  famille  de  ses  souve- 
rains. Les  reines  douairières  de  France  et  de  Hongrie 
désiraient  vivement  qu*il  les  accompagnât  dans  leur 
voyage  à  Badajoz  :  c  Saurais  pu  —  écrit-il  à  Vaz- 


les  trois  autres,  adressée  au  secrétaire  Vazquez,  et  elle  porte  la  date 
du  46  septembre  4558,  jour  où  une  légère  amélioration  survenue 
dans  rétat  de  TEmpereur  fit  concevoir  à  ses  serviteurs  Tespéranoe 
de  le  conserver.  Elle  est  ainsi  conçue  : 

•  Uustre  seflor,  yo  vîne  aqui  à  visitar  a  S.  M.,  y  halléle  en  todo 
aquel  trabajo  que  ya  Vuestra  Rferced  habrà  entendido,  que  cierto  era 
tan  grande  que  todos  sus  criados  le  tenlamos  tan  en  ostremo  ouanto 
Vuestra  Merced  pnede  considerar.  Ha  placido  à  Dios  que  de  aiioehe 
aicà  Uene  tanta  mejoria  que,  como  cosa  en  que  se  puede  escribir 
dando  la  enhorabuena,  la  escribo  a  Vuestra  Merced  para  darscla,  y 
que  nos  la  dé,  porque  la  diferencia  de  ayer  acâ  es  tanta  como  de 
vivo  a  muerto.  Plegue  a  Dios  que  vaya  adelante  :  que  si  procède 
como  ha  comenzado,  muy  cierta  esta  su  salQd«  Y  aunque  estas  raejo- 
rituras  algunas  veces  son  inciertas,  lo  que  hasta  ahora  vemos  nos 
promete  cualquier  buena  esperanza.  De  lo  cual  se  que  Vuestra  Merced 
holgaré  tanto  que  por  eso  lie  querido  darle  esta  cuenta.  Nuestro 
SeRor,  etc.  » 

(4)  Page  226. 


à 


(UI) 

>  qiiez  —  m'excuser  sur  ma  santé  et  d'autres  raisons 
»  semblables  ;  j'aurais  été  fondé  surtout  à  alléguer  que 
»  j'ai  besoin  de  payer  mes  dettes,  et  qu'il  me  reste  peu 
»  de  moyens  de  voyager  avec  des  reines  :  mais  je  ne 

>  l'ai  pas  voulu,  parce  qu'on  aurait  dit  que  j'avais 

>  cherché  des  prétextes ,  et  je  préfère  me  fatiguer  de 
»  nouveau  et  dépenser  ce  que  je  possède ,  que  de  m'ex* 
p  poser  à  de  pareils  jugements.  Je  me  serais  réjoui 
»  qu'on  n'eût  pas  songé  à  moi  :  mais  les  reines  de 
»  France  et  de  Hongrie  m'ont  pressé  de  telle  manière 
»  que  je  n'ai  pas  eu  la  force  de  me  défendre.  Je  me 
»  propose  donc  d'accompagner  Leurs  Majestés,  afin 
»  qu'elles  aient  quelqu'un  avec  qui  parler  français  (1).  > 

La  troisième  lettre  d'Àvila  est  écrite  après  l'entrevue 
de  Badajoz,  et  la  mort  de  la  reine  Ëléonore.  Il  y  trace, 
en  deux  mots ,  le  portrait  de  cette  princesse ,  qui  fut 
si  peu  heureuse  et  qui  méritait  tant  de  l'être  :  c  C'était 

>  vraiment  —  ainsi  s'exprime-t-il  —  une  sainte  inno- 
»  cente,  et  je  crois  qu'il  n'y  avait  pas  en  elle  plus  de 

>  malice  que  dans  une  vieille  colombe.  >  Il  rend  jus- 
tice, plus  loin,  au  duc  de  Guise,  qui,  par  un  coup  de 
main  hardi,  venait  d'enlever  aux  Anglais  Calais  et 
Guines  :  c  M.  de  Guise  —  dit-il  —  me  paraît  avoir 

>  montré  de  ce  côté-là  plus  d'activité  qu'en  Italie  :  il  a 
»  fait  une  jolie  expédition ,  recueillant  ce  que  le  con- 

>  nétable  avait  semé  (%  » 


(i)  Pages  284-288 
(3)  Page  515. 


(  tlll  ) 


VIL 


On  s*étonnera  sans  doute  que  notre  Recueil  ne  con- 
tienne pas  de  lettre  de  Philippe  II  à  son  père.  Malgré 
les  recherches  les  plus  scrupuleuses,  don  Manuel  Garcia 
n*en  a  pu  découvrir  aucune  dans  le  dépôt  confié  à  ses 
soins. 

Une  autre  lacune  n*est  pas  moins  à  regretter  :  les 
rapports  que  Ruy  Gomez  dut  adresser  au  roi  sur  ses 
entrevues  avec  TEmpereur ,  et  les  deux  mémoires  qu'il 
emporta  sur  ce  qui  y  avait  été  traité  (1),  manquent  aux 
Archives  de  Simancas. 

Les  Français,  de  concert  avec  le  pape  Paul  IV, 
venaient  de  rompre  la  trêve  conclue  en  1556.  La  situa- 
tion de  Philippe  II  était  critique.  Le  5  février  1557,  il 
fit  partir  de  Bruxelles  pour  FEspagne,  avec  la  mission 
d'y  solliciter  Tenvoi  de  prompts  secours  en  hommes  et 
en  argent,  Ruy  Gomez  de  Silva,  celui  de  ses  ministres 
en  qui  il  avait  le  plus  de  confiance.  Ruy  Gomez,  après 
avoir  vu  à  Valladolid  la  princesse  doîia  Juana,  était 
chargé  par  son  instruction  de  se  transporter  au  monas- 
tère de  Yuste,  de  rendre  compte  à  l'Empereur  de  Tétat 
des  affaires  aux  Pays-Bas  et  en  Italie,  de  la  manière 
dont  s'étaient  conduits  le  pape  et  le  roi  de  France ,  de 
la  résolution  du  roi  de  rassembler  des  forces  impo- 
santes, et  de  passer  en  Angleterre,  pour  déterminer  la 


(I)  Tome  II,  p.  922. 


(LIV) 

reine  à  déclarer  la  guerre  aux  Français.  Philippe  ajou- 
tait dans  cette  instruction  :  <  Vous  supplierez  avec 
toute  humilité  et  instance  S.  M.  de  vouloir  bien  faire 
des  efforts  en  cette  conjoncture,  m'aidant  non-seu- 
lement de  ses  conseils,  qui  sont  le  plus  grand  bien 
que  je  puisse  recevoir,  mais  encore  de  son  inter- 
vention et  autorité  personnelle;  sortant  du  monas- 
tère et  s*élablissant  dans  le  lieu  qui  conviendra  le 
mieux  à  sa  santé  et  aux  affaires;  pourvoyant  à  celles 
qui  surviendront  I  par  les  moyens  qui  lui  donne- 
ront le  moins  d'ennui  :  car  le  succès  de  tout  dépen- 
dra des  résolutions  auxquelles  elle  s'arrêtera;  et  je 
suis  certain  que,  à  la  seule  nouvelle  de  cette  inter- 
vention de  S.  M.,  mes  ennemis  se  conduiront  tout 
différemment,  et  S.  M.  les  obligera  ainsi  de  regarder 
de  plus  près  à  ce  qu'ils  projettent  de  faire....  » 
Philippe  disait  encore  :  «  Dans  le  cas  que  le  traité  qui 
se  négocie  avec  M.  de  Vendôme  vienne  à  se  con- 
clure, vous  supplierez  S.  M.  de  vouloir  elle-même  en 
diriger  l'exécution  (l)....  »  Après  l'arrivée  de  Ruy 


(4)  Voici,  sur  ces  difTcrcnts  points,  le  texte  de  Tinslruction  de  Phi- 
lippe II,  du  2  février  1557,  dont  les  autres  parties  sont  analysées 
p.  159  de  ce  volume,  note  1  : 

•  •....  Pasaréis  don  de  S.  M.  esta  ;  y  dàndole  mi  carta ,  y  visitin- 
dole  de  mi  parte ,  le  darcis  particular  y  cumplida  razon  del  estado  en 
que  quedan  los  negocios  de  aqui ,  y  lo  que  ha  passado  con  Su  Santidad 
y  el  rey  de  Francia,  y  de  la  mancra  que  se  halla  lo  de  Ytalia,  y  la 
resolucion  y  detcrminacion  que  he  tomado  asi  en  ir  à  Ynglaterra  como 
en  juntar  ci  dicho  egército,  y  las  causas  y  razoncs  que  à  ello  me 
muevcn  y  nccesitan  :  suplicando  con  toda  humildad  é  instancia  é  S.  M. 


(LV) 

Gomez  en  Espagoe,  il  le  chargea  de  solliciter  deux 
Douvelles  choses  de  l'Empereur  :  Tune  était  que  S.  M. 
voulût  différer  encore  sa  renonciation  à  l'Empire;  l'au- 
tre,  qu*elle  veillât  à  ce  que  les  provisions  d'argent 
nécessaires  fussent  envoyées  à  l'armée  espagnole  en 
Italie  (1).  EnGn  le  roi  prescrivit  à  Ruy  Gomez  de  re- 
tourner auprès  de  l'Empereur,  dont  il  devait  prendre 
les  ordres,  au  sujet  de  la  négociation  ouverte  avec  le 
duc  de  Vendôme  (2). 

Ruy  Gomez  alla  trois  fois  à  Yusle  :  il  y  arriva  la 
première  fois  le  25  mars  (5),  la  deuxième  le  15  mai  (4), 
la  troisième  au  mois  de  juillet  (5).  Il  eut,  à  chacun  de 
ces  voyages,  de  très-longues  conférences  avec  l'Empe- 
reur (6);  Charles-Quint,  par  une  exception  qu'il  avait 


tenga  por  bien  de  esforzarse  en  esta  ooyuiitura,.socorriéndonie  y 
ayudândome  no  solo  con  su  parescer  y  coosejo,  qu'es  el  mayor  caudal 
que  puedo  tener,  pero  con  la  presencia  de  su  persona  y  auctoridad, 
saliendo  del  monesterio  à  la  parte  y  lugar  que  mas  cômodo  sea  à  su 
salud  y  a  los  negocios  ;  tomando  les  que  se  ofrescieren  por  les  medîos 
que  menos  pesadumbre  le  puedan  dar,  pues  de  sus  resoluciones  de* 
pendra  el  bien  de  todo.  Que  con  solo  entcuder  el  mundo  esto,  soy 
muy  cierto  que  andarân  mis  encmigos  en  las  cosas  con  difercnte  rcs- 
pccto ,  y  sera  parte  S.  M.  para  haccrlcs  inirar  en  lo  que  se  poncn  y 
determinan.....  Suplicândole  que,  en  caso  que  se  concluya  con  Ban- 
doma  lo  que  se  platlca,  tenga  por  bien  de  quererlo  proveer  y  ego- 
CQtaT;.....  »  (Archives de Simancas,  Estado,  liasse  51b.) 

(1)  Tome  II  de  ce  Recueil,  p.  171,  note  2. 

(â)  Ibid.,  pp.  160  et  161 ,  à  la  note. 

(3)  Tome  I,  p.  136. 

(i)  Jbid.,  p.  151. 

(5)  J(nd.,p.  161. 

(6)  Ibid.,  pp.  134, 136, 151 ,  161. 


m^- 


i*^     "    ' 


(LVI) 

résolu  de  ne  faire  que  pour  son  fils(1),  et  qu'il  renouvela 
seulement  une  fois ,  en  faveur  de  la  reine  de  Hongrie, 
lorsqu'elle  vint  le  voir  après  la  mort  de  la  reine  Ëléo- 
nore,  avait  voulu  que  ce  favori  du  roi  logeât  au  monas- 
tère même  (2). 

Que  d'intérêt  n'eussent  pas  offert  les  relations, 
envoyées  au  roi  par  Ruy  Gomez,  de  ces  diverses 
entrevues  avec  son  père  !  Tout  ce  que  nous  en  savons 
par  les  documents  de  Simancas,  c'est  que  Charles- 
Quint  consentit  à  garder  l'Empire  quelque  temps 
encore,  à  se  mettre  à  la  tète  de  l'expédition  qui  devait 
entrer  en  France ,  si  l'on  parvenait  à  s'entendre  avec  le 
duc  de  Vendôme ,  et  à  user  de  son  influence  auprès 
des  ministres  afin  que  les  secours  à  envoyer  au  roi 
fussent  et  plus  prompts  et  plus  considérables  (5).  Dans 
une  publication  qui  répand  de  grandes  lumières  sur  les 
affaires  de  ce  temps,  et  qui  serait  plus  utile  encore ,  si 
des  sommaires  placés  en  tète  des  pièces  y  facilitaient 
les  recherches ,  nous  trouvons  l'indication  de  deux 
objets  dont  l'Empereur  entretint  Ruy  Gomez.  Le  pre- 
mier regardait  la  conciergerie  de  la  cour  à  Bruxelles, 
qu'il  avait  demandée  pour  son  aide  de  chambre  Guil- 
laume Van  Maie:  il  témoigna  le  désir  que  les  patentes 
n'en  fussent  pas  envoyées  à  ce  dernier,  mais  à  lui- 
même,  qui  les  remettrait  à  Van  Maie,  quand  il  le  juge- 


Ci)  TonicI,p.  J82. 

(2)  /6irf.,pp.  129,  iU,  136. 

(3)  Tome  II,  p.  17:2,  à  la  iialc. 


(  LVIl  ) 

rait  convenable.  Le  second  était  relatif  à  Dorothée  de 
Danemark;  cette  princesse.  Tannée  précédente,  avait 
perdu  son  mari ,  1  électeur  palatin  Frédéric  II  :  FEm- 
pereur  souhaitait  qu'on  l'engageât  à  s'établir  aux  Pays- 
Bas;  il  craignait,  si  elle  restait  en  Allemagne,  qu'on 
ne  lui  fît  abandonner  la  religion  catholique,  et  il  n'au- 
rait pas  voulu  qu'une  personne  du  sang  d'Autriche 
compromit  ainsi  le  salut  de  son  âme  (1). 

L'absence ,  dans  les  Archives  de  Simancas ,  des  let- 
tres de  Ruy  Gomez  à  Philippe  II  peut  s'expliquer 
par  cette  circonstance  :  que,  lors  du  retour  du  roi  en 
Espagne,  en  1559,  un  vaisseau  qui  portait  les  papiers 
de  sa  chancellerie,  périt  en  vue  des  côtes  de  Cas- 
tille  (2)  :  mais  celle  des  lettres  du  roi  à  son  père  doit 
surprendre,  alors  que  toutes  les  autres  correspon- 
dances de  Charles-Quint  ont  été  si  bien  conservées. 

Du  reste,  depuis  son  débarquement  à  Laredo  jus- 
qu'à sa  mort,  c'est-à-dire  pendant  un  espace  de  deux 
ans  moins  quelques  jours ,  Charles-Quint  reçut  en  tout 
six  ou  sept  lettres  du  roi  (3);  encore  plusieurs  de  ces 
lettres  étaient-elles  si  courtes ,  qu'il  n'eut  guère  lieu 
d'en  être  satisfait  (4).  L'Empereur  se  plaignit  plus 
d'une  fois,  devant  ses  serviteurs,  d'une  négligence  qui 


(1)  Papien  d'État  du  cardinal  de  Granvelle,  U  V,  p.  87. 
(S)  Voy.  la  Correspondance  de  PhUippe  II  sur  les  affaires  des 
Pays-Bas  y  1 1,  p.  cxltii. 

(3)  Tome  I« de  ce  Recueil,  pp.  I6i,  465, 392,  Zil]  t.  II,  pp.  24i, 
274»  509,  586. 

(4)  Tome  W,  p.  S9S;  t  II,  p.  S75. 


(  LVlll  ) 

pouvait  lui  paraître  de  rinsensibilité  et  presque  de 
l'ingratitude  (1)  :  au  mois  d*août  1558,  surtout,  alors 
que  la  campagne  aux  Pays-Bas  venait  de  s'ouvrir  avec 
des  alternatives  de  succès  et  de  revers  pour  les  armes 
de  TEspagne ,  il  ne  pouvait  assez  s'émerveiller  que  le 
roi  et  ses  ministres  le  laissassent  sans  nouvelles  (2). 
Philippe  n'ignorait  point  pourtant  le  désir  de  son 
père;  il  en  avait  été  instruit  par  plusieurs  voies  diffé- 
rentes, et,  le  5  octobre  1557,  Tévèque  de  Palencia, 
don  Pedro  Gasca ,  lui  écrivait  encore  :  c  Un  des  plus 

>  grands  contentements  que  V.  M.  puisse  donner  à 

>  l'Empereur,  est  de  l'informer  très-exactement  de  sa 

>  santé  et  des  choses  qui  arrivent  (5).  » 

C'est  ici  le  lieu  de  faire  remarquer  que  le  chanoine 
Gonzalez  exagère,  lorsqu'il  avance  que  t  le  roi  sup- 
»  plia  son  père,  à  différentes  reprises ^  par  lettres  et 
»  par  des  personnes  envoyées  expressément  des  Pays- 

>  Bas,  de  sortir  du  couvent  de  Yuste,  de  s'établir  là 

>  où  il  se  trouverait  le  mieux,  et  de  se  charger  des 

>  affaires  dont  l'état  de  sa  santé  lui  permettrait  de 

>  s'occuper  (4)...,  >  Nous  ne  connaissons  d'autre  sup- 
plication faite  à  la  fin  énoncée  par  le  chanoine ,  que 
celle  dont  Ruy  Gomez  fut  l'organe;  et,  dans  cette  occa- 
sion, Philippe  II  semble  avoir  plus  consulté  les  inté- 


(i)  Tome  I«s  pp.  185,  184,  186, 19S,  329$  t.  II,  pp.  124,  566, 
384,  47â. 
(2)  Tome  II,  p.  471. 
(5)  Tome  I,  p.  185. 
(4)  Tome  I,  préface,  p.  v. 


(  wx  ) 
rets  (le  sa  politique,  que  les  convenances  personnelles 
de  son  père.  N'en  avail-il  pas  agi  de  même  à  Bruxelles, 
au  mois  de  mai  1556  (1)? 

Si  Ton  considère  impartialement  la  conduite  que 
Philippe  tint  envers  Tauleur  de  ses  jours,  depuis  qu'il 
eut  reçu  de  ses  mains  Finvestiture  de  ta  souveraine 
puissance,  on  ne  peut  certes  pas  dire  qu'elle  ait  été  celle 
d'un  fils  irrespectueux  :  Charles-Quint  régla  à  son  gré 
tout  ce  qui  concernait  sa  traversée  des  Pays  *  Bas  en 
Espagne,  et  son  établissement  à  Yuste;  les  pensions 
dont  il  voulut  gratifier  ceux  de  ses  serviteurs  qui  entrè- 
rent avec  lui  dans  le  monastère,  furent  toutes  accor- 
dées par  le  roi  (2);  de  même,  les  sommes  dont  il  eut 
besoin  pour  licencier  et  payer  ceux  qu'il  renvoyait  dans 
leur  pays,  lui  furent  fournies  avec  empressement,  mal- 
gré la  pénurie  du  trésor;  il  fixa,  comme  il  l'entendit, 
la  dépense  annuelle  de  sa  maison,  et,  à  Valladolid,  on 
eut  soin  toujours  de  lui  faire  parvenir  les  fonds  néces- 
saires, par  anticipation  :  en  un  mot,  les  ministres  espa- 
gnols déférèrent  avec  soumission  à  ses  moindres  désirs, 
certains  qu'en  cela  ils  se  conformaient  aux  intentions 
du  roi  (3). 


(1)  fniroduclioHy  p.  123  et  suiy. 

(2)  Tome  I,  p.  465. 

(3)  Aux  détails  que  contient  là -dessus  notre  Recueil,  nous  croyons 
devoir  ajouter  ici  des  extraits  de  trois  lettres  du  secrétaire  Vazqucz  : 
PuDc  adressée  au  secrétaire  Erasso,  les  deux  autres  au  roi. 

Vazqoez  écrit  à  Erasso  en  février  1557  : 

•  £1  Emperador  esta  y  a  para  entrarse  en  su  monastcrio....  Y  dcmas 
de  los  treinta  mil  ducados  que  se  le  haii  dado,  pidio  otros  cuatro  mil 


(LX) 

Mais  c*est  en  vain  »  aussi  »  qu*on  cherche  »  dans  les 
procédés  de  Philippe  pour  son  père,  des  marques  de 
ces  attentions  délicates,  de  ces  prévenances  qui  partent 
du  cœur.  Nous  avons,  au  contraire,  la  preuve  qu'il  écri- 
vit très-rarement  à  TEmpereur,  et  que  même  il  laissa 
la  plupart  de  ses  lettres  sans  réponse.  Les  sentiments 
tendres  et  affectueux  occupaient  peu  de  place  dans 
Fâme  de  Philippe. 

11  envoya  à  son  père,  en  1557,  Ruy  Gomez,  et 
en  1558  rarchevëque  de  Tolède  :  il  avait  besoin  de 
lui,  la  première  fois,  pour  Texpédilion  qu'il  s'agissait 
de  faire  en  France  par  les  Pyrénées,  et,  la  seconde 
fois,  pour  déterminer  la  reine  de  Hongrie  à  reprendre 


que  dicc  le  faltaban  para  acabar  de  pagar  la  casa,  y  se  le  entiaron 
coN  HARTO  TRADAJO  :  quc  si  cl  fator  no  los  tonidra  d  uiios  mercadcrcs 
de  Scvilla  que  los  acababan  de  tracr,  no  se  conio  se  hubîcran....  « 

Au  roi  il  mande  le  6  mars  de  la  même  année  : 

«  Su  Magestad  se  halla  muy  bien  en  su  monestcrio,  y  queda  oon 
treinta  y  cuatro  pcrsonas  para  scrvirle,  y  ha  cchado  la  cuenta  de  lo 
que  habrâ  mcncster  cada  ailo  para  su  entretcnimicnto.  Dice  que  bas- 
taran  hasta  diez  y  seis  mil  ducados,  los  cuales  quiere  que  se  le 
paguen  de  très  meses  en  très  meses,  al  principio  de  eada  tercio  cuatro 
mil  ducados^  t  asi  se  ua  pbovbido  que  se  le  den  de  las  minas,  t  si 

HA  ORDENADO  QUE  SE  LOS  LLBVEN  POR  LA  ORDBN  QUE  MANDA  ;  y  tamblCD 

pidio  mil  ducados  por  una  vcz  para  cîertas  obras  que  ha  mandado 
haccr  y  un  jardin  ;  y  asi  se  le  han  enviado.....  » 

Et  le  SO  mars  : 

«  £1  Emperador  esta  en  buena  dispusicion.  Y  en  lo  que  habia  Su 
Magestad  ordcnado  que  se  le  consignascn  dies  y  seis  mil  ducados 
para  su  gasto  cada  ailo,  como  yo  lo  cscribi  a  Vuestra  Magestad,  ha 
mandado  de  nuevo  que  scan  veinte  mil,  porquc  le  parcsce  que  los 
habra  menestcr;  t  asi  se  hacb....  * 


(LXI) 

le  gouvernement  des  Pays-Bas.  Mais  on  ne  voit  pas 
qu  il  se  soit  soucié  de  connaître  l'avis  de  son  père  sur 
les  actes  principaux  de  sa  politique,  notamment  sur  la 
paix  qu'il  conclut,  d'abord  avec  le  pape,  et  ensuite 
avec  le  roi  de  France. 

Dans  l'administration  de  ses  Ëtats,  il  sembla  s'ap- 
pliquer  à  prendre  en  tout  le  contre-pied  de  l'Empereur. 
Aussi  un  ambassadeur  vénitien  qui  résidait  à  sa  cour, 
Michel  Suriano,  disait,  en  1559,  à  propos  d'une  offre 
de  8,000,000  d'or  que  firent  les  gouverneurs  des 
Indes,  pour  avoir  leurs  gouvernements  en  fief,  et  que 
Philippe  refusa  :  c  C'est  là  peut-être  la  seule  affaire  qui 
9  ait  été  résolue  selon  la  volonté  de  l'Empereur,  depuis 
»  que  ce  roi  est  monté  sur  le  trône  (1).  » 

VIIL 

Pendant  trois  siècles,  on  a  cru,  sur  la  foi  des  bis- 
loriens,  que  Charles-Quiut ,  au  monastère  de  Yuste, 
vécut  en  cénobite,  livré  tout  entier  aux  pratiques 
religieuses.  On  sait  le  contraire  aujourd'hui.  Mais  don 
Tomâs  Gonzalez  ne  s'exprime-t-il  pas  d'une  manière 
trop  absolue,  en  disant  que  c  Charles,  dans  sa  retraite, 
>  voulut  connaître  et  mania  toutes  les  affaires  aux- 
9  quelles  il  jugea  à  propos  de  prendre  part  pour  le  bon 


(I)  «  .••..  Et  qucsta  è  una  dclle  cose,  et  forsi  solo,  che  sia  slata 
regplata  secondo  il  volcr  dcir  Impcratorc,  da  poi  cbc  qiicsto  re  è  al 
goTerno (Bibliothèque  impériale,  à  Paris,  MS.  9937,  fol.  59  y*.) 


(  LXII  ) 

»  gouvernement  de  la  monarchie,  et  dans  Tintérèt  de 
»  son  fils  et  de  sa  famille  (i)?  » 

Il  nous  paraît  important  de  bien  préciser  les  faits , 
afin  qu'on  ne  se  méprenne  pas  sur  leur  véritable 
caractère. 

Charles,  lorsqu'il  débarqua  en  Espagne,  était  cer- 
tainement décidé  à  ne  plus  se  mêler  des  affaires  publi- 
ques. Il  avait  quitté  avec  trop  d'éclat  la  scène  du 
monde,  pour  y  vouloir  jouer  encore  quelque  rôle.  Une 
vie  tranquille,  partagée  entre  le  soin  de  sa  santé  et  des 
exercices  pieux ,  voilà  ce  qu'il  venait  chercher  au  fond 
de  l'Estrémadure.  Tout  ce  qui  rappelait  sa  grandeur 
passée  lui  était  importun  :  c'est  pourquoi  il  ne  voulut 
de  réception  d'apparat,  ni  à  Burgos,  ni  à  Vallado- 
lid  (2),  et  il  se  trouva  heureux,  en  quittant  Médina  del 
Gampo,  de  n'avoir  plus  même  à  accueillir  les  homma- 
ges des  autorités  locales  (5). 

Nous  avons  des  témoignages  irrécusables  des  dispo- 
sitions d'esprit  dans  lesquelles  il  était  alors  :  <  S.  M.  — 

>  écrit  Quijada  le  6  octobre  1556  —  S.  M.  vient  avec 
*  une  telle  crainte  d'avoir  à  s'occuper  ou  d'être  entre- 

>  tenue  d'affaires,  qu'elle  ne  veut  pas  qu'il  lui  en  soit 
»  touché  mot  (4).  »  A  la  cour  de  Valladolid ,  on  s'était 
figuré  autre  chose;  Gaztelû,  pour  désabuser  le  secré- 
taire Vazquez,  lui  écrit  à  son  tour  :  <  J'ai  su  de  ceux 


(1)  Tome  I,  préface,  p.  vi. 

(Ô)  Tome  I,  pp.  U,  31;  t.  II,  pp.  97,  100. 

(3)  Tome  1,  p.  33. 

(i)  Tome  I,  p.  7. 


(  LXIII  ) 

>  qui  arrivent  de  là-bas,  qu'on  y  croit  que  S.  M.  8*oc- 

>  cupera  d'affaires.  Pour  beaucoup  de  raisons,  sans 

>  doute,  cela  conviendrait;  mais  TEmpereur  en  est  si 

>  dégoûté,  qu'il  n*abhorre  rien  plus  au  monde,  que 

>  d'en  entendre  seulement  prononcer  le  nom  (1).  » 
Dans  l'entourage  de  Charles,  on  n'avait  pas  le  moindre 
doute  sur  ses  sentiments  à  cet  égard  :  aussi  Gaztelû , 
annonçant  à  Vazquez  son  arrivée  à  Laredo,  à  la  suite 
de  l'Empereur,  lui  disait-il  que  la  charge  qu'il  remplis- 
sait  serait  de  peu  de  durée  (2).  Il  supposait  vraisem- 
blablement qu'elle  ne  se  prolongerait  pas  au  delà  de 
l'entrée  de  l'Empereur  dans  son  monastère. 

Le  duc  d'Alburquerque,  que  Charles,  avant  son  ab- 
dication, avait  chargé  de  négocier  avec  le  roi  de  Na- 
varre, vint  le  trouver  à  Burgos,  pour  lui  exprimer  le 
désir  de  ce  prince  que  la  négociation  se  continuât  sous 
ses  auspices  :  il  renvoya  le  duc  aux  ordres  que  le  roi 
lui  donnerait  (3).  À  Valladolid ,  où  il  passa  treize  jours, 
il  ne  s'occupa  que  d'arrangements  relatifs  à  son  éta- 
blissement à  Yuste.  Après  son  arrivée  à  Jarandilla,  il 
fît  tout  ce  qu'il  put  pour  se  dispenser  de  recevoir  don 
Duarte  de  Almeida,  qui  avait  une  communication  à  lui 
faire»  de  la  part  du  roi  de  Portugal  Jean  III  (4). 

Cependant  il  sortit  de  la  réserve  qu'il  s'était  impo- 


(4)  Tome  I,p.  48. 

(â)  IbicL,  p.  3. 

(3)  Tome  II,  p.  105. 

(i)  Tome  I,  pp.  50,  56;  t.  II,  p.  42ô. 


(  LXIV  ) 

sée,  en  envoyant  un  ambassadeur  à  Lisbonne,  pour  y 
seconder  les  démarches  de  la  reine  Ëléonore  (i).  Mais 
il  s'agissait  là  d'une  négociation  de  famille  à  laquelle 
la  politique  était  étrangère  :  il  crut  d'autant  plus  de- 
voir  condescendre  aux  instances  de  sa  sœur,  que  c'é- 
tait lui  qui  avait  conclu  le  mariage  d'Ëléonore  avec  le 
feu  roi  don  Emmanuel,  et  qu'il  s'était  en  quelque  sorte 
porté  garant  des  stipulations  dont  elle  réclamait  l'ac- 
complissement. 

Jusqu'au  mois  de  mars  4557,  où  Ruy  Gomez  arriva 
à  Yuste  pour  y  remplir  la  mission  que  Philippe  II  lui 
avait  donnée,  nous  ne  voyons  pas  que  l'Empereur  se 
soit  mêlé  d'aucune  autre  affaire,  au  moins  directement: 
car,  dans  ses  lettres  du  31  janvier  et  du  2  février  à 
la  princesse  ^o66niac/ora  (2),  il  se  borne  à  lui  donner 
son  avis,  ainsi  qu'elle  en  avait  exprimé  le  désir,  sur 
les  mesures  qu'elle  avait  prises  ou  qu'elle  se  proposait 
de  prendre,  et  même  il  s'excuse  de  le  faire  en  ce  qui 
concerne  certains  points,  engageant  la  gouvernante  à 
demander  les  ordres  du  roi ,  pour  s'y  conformer  (5). 

A  partir  de  la  visite  de  Ruy  Gomez ,  les  choses  chan- 
gent :  le  dégoût  des  affaires ,  le  besoin  de  repos  ont 
fait  place,  chez  l'hôte  impérial  du  couvent  de  Yuste, 
à  une  sollicitude  pour  les  intérêts  de  son  fils,  à  une 
activité  qui  se  manifestent  par  des  actes  nombreux. 


(i)  Tomcn,pp.  ii5-ii0. 
(2)  ibid,,  pp.  I«0cli57. 
(ù)  Page  VÔL 


.rr^v^TTv^ 


•;■  -  _ 


(  Lxv  ) 
Charles  provoque  dee  poursuites  à  outrance  contre  les 
officiers  de  la  casa  de  contralacion  de  Séville ,  coupa- 
bles d'avoir  délivré  à  des  particuliers  des  deniers  sur 
lesquels  le  roi  comptait;  il  dirige  les  négociations  peu* 
dantes  avec  le  duc  de  Vendôme  ;  il  écrit  à  rarchevèque 
de  Séville  et  à  Tévéque  de  Cordoue  »  pour  les  exciter  à 
donner  au  roi  les  sommes  qui  leur  ont  été  demandées; 
il  agit  incessamment  auprès  de  la  princesse  gouver-* 
nante  et  des  ministres»  afin  qu  ils  accélèrent  les  envois 
d'hommes  et  d'argent  aux  Pays-Bas  et  en  Italie;  il 
prescrit  que  l'or  attendu  d'Amérique  soit  entièrement 
appliqué  aux  besoins  du  service  royal;  il  retient  à  Yuste 
Tarabassadeur  qui  allait  en  Portugal,  de  la  part  de 
Philippe  II,  et  lui  donne  de  nouvelles  instructions;  il 
change  celles  d'un  autre  ambassadeur  que  la  princesse 
dona  Juana  envoyait  à  la  même  cojir;  il  ouvre  une 
négociation  confidentielle  à  Lisbonne ,  relativement  à 
la  succession  éventuelle  de  Portugal  et  au  mariage  du 
jeune  roi  don  Sébastien;  il  ordonne  que  le  corps  de 
la  reine  sa  mère  soit  transporté  à  Grenade;  il  se  fait 
rendre  compte  des  dispositions  qui  ont  été  arrêtées 
pour  la  garde  des  côtes  d'Espagne  et  des  îles,  lors 
de  rapproche  de  la  flotte  turque;  il  insiste»  de. la  ma* 
nière  la  plus  énergique,  sur  le  châtiment  des  luthé- 
riens qui  ont  été  découverts  à  Zamora  et  k  Yallado- 
lid ,  etc. 

Dans  tous  ces  actes,  ou  du  moins  dans  la  plupart 
d'entre  eux,  l'intervention  de  Charles-Quint  est  évi- 
demment la  conséquence  de  la  mission  dont  ftuy  Co- 
rnez fut  chargé  auprès  de  lui.  On  a  vu  quelles  étaient 
TovB  H.  e. 


M 


r 


V*-  '■ 

i-l-' 


(  LXVI  ) 

l6s  inâlractions'  d«  ee  minisife  :  ie  roi  faisait  supplier 
son  père,  non-seiiiem^nl  de  l'uider  de  ses  conseils,  mais 
encofede  lui  prêter  un  oon<)ouFs  plus  efficace.  Charles- 
Quipt  répend  à  cet  appei. 

Màis^  quant  aux  àfSaires  qui  regardent  le  gouverne- 
ment intérieïir  des  royaumes  d'Espagne,  il  s'abstient 
d*y  prendre  la  moindre  part,  et  veut  que  chacun  sache 
qu'il  y  reste  étranger. 

Parmi-  les  solliciteurs  qui  viennent  à  Yuste,  il  en 
est  deux  qui  ont  des  titres  k  sa  bienveillan€e  :  l'un  est 
Juan  de  Narvaez,  qqi  l'a  servi  en  Italie,  en  Afrique,  en 
Flandre,  en  Allemagne,  et  dont  le  corps  est  couvert  de 
blessures;  l'autre  est  Ginesa  Nunez,  femme  du  capi- 
taine Gerda,  mort  dans  les  guerres  d'Italie }  tous  deux 
sont  renvoyés  è  Valladolid ,  «  attendu  -^  écrit  Gaztelù 
»  à  Vdzquez  -r-  que  S.  M.  ne  s'occupe  pas  d'affaires,  et 
»  les  remet  toutes  au  roi  et  à  la  princesse  (1).  »  Le 
comte  d'Alcaudete,  qui  avait  défendu  Oran  avec  gloire 
contra  les  Maures,  écrit  à  TEmpereur,  pour  lui  deman> 
der  la  permission  de  l'aller  voir,  et  de  lui  rendre  compte 
de  certaines  choses. dont  11  a  été  chargé  (3)  :  Charles 
lui  répond  qu'il  le  rQoe^vra  avec  plaisir,  dans  un  autre 
mom««)t  où  sa  présence  sera  mdins  nécessaire  à  Valla- 
dolid ;  tîà\^  il  ajoute  :  <  Quant  lux  choses  dont  vous 
B  diiesVqite  vous  V4»]driez  nous  rendre  compte,  lorsque 


'  (\)  «  »..^  Y  cdmo  Su  B(.  esta  tan  fpera  de  pe^peios,  y  los  remite 
todos  al  rey  y  à  )a  seflora  princesa,  etc.  »  (Lettres  de  Gaztelù  à  Vaz- 
quez,  des  \*^  mai  et  7  juillet  1557.) 
(2)  Lettre  dn  J«'  septembre  4857. 


s 


•«X£ï 


(  LXVII  ) 

»  nous  fîmes  la  renonciation  de  nos  royaumes,  nous 
9  renonçâmes  égàlemept  à  ces  choses^là,  et^  puisque 
>  ¥oujB  en  avez  fait  rapport  au  roi  et  à  la  lurincesse, 
»  voua  recevrez  d'eux  des  ordres  sur  la  conduite  que 
t  vous  avez  à  tenir  (1).  &  Le  duc  de  Tlnfantado  désirait 
pouvoir  nommer  dans  ses  terres  un  corrégidor;  un 
genUlboDume  arrive  à  Yusie,  chargé  de  sa  part  de  soU 
liciler  cette  grâce  :  FEmpereur  lui  fait  savoir  qu*il  ne 
a*occup0  pas  d'affaires  «  et  ie  renvoie,  comme  les  autres, 
k  Valladolid  (2).  L'amirante  d'Aragon  se  présente  au 
oionastère;  il  désire  entretenir  l'Empereur  de  ses  pro<- 
ces  :  il  n'est  pas  reçu (3).  I^e  prieur  de  Yuste  étant  mort, 
le  vicaire  supplie  l'Empereur  d'écrire  au  général  de 
l'ordre*  afin. que  le  couvent  soit  autorisé  à  élire  un 
autre  prieur  :  Charles  s'y  refuse  formellement,  disant 
qu  il  ne  veut  se  mêler  de  pareilles  choses ,  ni  de  rien 
qui  concerne  l'ordre  (4).  L'ayuntamiento  d'Arevalo  lui 
députe  un  de  ses  membres,  afin  que  celte  ville  et  son 
territoire  ne  soient  aliénés  ni  vendus;  les  habitants 
d*Arevalo  s* étaient  montrés  en  tout  temps  dévoués  a  la 
couronne,  et  apéciaiement  lors  de  l'insurrection  des 
eommiines  de  Castille  :  l'ayuntamiento  n'en  est  pas 


(t)  « ..,.  En  \o  ât  los  negoeios  que  decis  qnisiérede»  darnos  euenta , 
etundo  heennoa  dcjmon  de  niiestros  reynos,  la  hfce  iainbien  doUos  | 
y  pi^es  la  biiveîf  d^do  al  rey  y  a  la  princesa ,  ellos  09  darân  ôrden 
de  lo  que  deveis  hacer....  •  (Lettre  du  6  septembre  1557.) 

(S)  Tome  I,  p.  175. 

(3)  Ihid.,  p.  SU. 

(i)  Tome  II,  p.  il 5. 


(   LXVIIl   ) 

moins  renvoyé  à  la  princesse  gouvernante  (1).  Luis 
(l*Avilâ,  lui-même,  ne  parvient  pas  à  faire  agir  Charles- 
Quint  en  sa  faveur.  Le  grand  commandeur,  qui  avait 
acheté  la  lieutenance  de  la  ville  de  Plasencia ,  avait  à 
se  plaindre  de  certains  obstacles  qu'on  lui  suscitait  ;  il 
en  écrivit  à  TEmpereur  :  c  Quoique  S.  M.  —  mande 
Gazteiù  à  Vazquez  —  désire  favoriser  le  grand  tx>m- 
mandeur,  qui  est  un  de  ses  plus  anciens  serviteurs, 
et  qu'elle  ait  eu  et  ait  pour  lui  tant  d'affection ,  en 
retour  du  dévouement  qu'il  lui  a  montré,  cependant, 
comme  elle  est  si  éloignée  des  affaires,  die  ne  vou- 
drait se  mêler  d'aucune,  ni  que  perêonne  sût  qu^elte 
s  en  mêlait  et  moins  encore  dans  des  cas  tels  que 
celui-ci.  Elle  ne  doute  aucunement  de  la  vérité  de  ce 
que  le  grand  commandeur  dit  :  toutefois,  elle  m'a  or- 
donné de  vous  écrire,  afin  que  vous  envoyiez  incon^ 
tinent  une  relation  de  ce  qui  s'est  passé  dans  cette 
affaire,  et  de  Tétat  où  elle  est,  ainsi  que  de  la  solu- 
tion qu'on  se  propose  d'y  donner,  parce  qu'elle  désire 
en  être  instruite.  Je  ne  sais  si  elle  se  décidera  à  écrire 
dans  l'intérêt  du  grand  commandeur  :  mats  sa  vo- 
lonié  est  que  ceci  demeure  secret,  et  que  personne 
n'en  sache  rien  (2).  » 
La  même  réserve,  les  mêmes  scrupules,  Charles- 
Quint  les  apporte  dans  les  recommandations  qu'on  lui 
demande  auprès  du  roi ,  son  fils.  Il  fait  à  la  règle  qu'il 
s'est  prescrite  à  cet  égard  de  si  rares  exceptions,  que 


(1)  Tomell.p.  i83. 

(2)  Ibid.,  p.  440. 


»•  :•  V. 


(   LXIX  ) 

DOits  pouvons  seulement  en  citer  trois  :  elles  s*appli« 
quent  à  don  Martin  de  Âvendano,  qui  avait  commandé 
la  flotte  da  Pérou  arrivée  m  Espagne  en  1557  (1);  à 
don  Luis  de  Casteivi,  qui  était  venu  d'Italie  t'entrete* 
nîr  d'une  affiiire  dont  il  lui  parut  important  que  la  con- 
naissance fût  donnée  au  roi  lui-même  (2)  ;  à  don  Pedro 
Manrique>  député  des  certes  de  Castille  (5). 

Ces  derniers  faits  nous  semblent  expliquer  l'erreur 
où  sont  tombés  les  écrivains  hiéronymites ,  car  il  nous 
répugne  de  suspecter  leur  bonne  foi.  On  savait,  au 
couvent  dé  Yuste,  que  l'Empereur  avait  constamment 
refusé  de  s'entremettre  d'affaires  particulières;  on  put 
y  croire  qu'il  était  resté  tout  aussi  étranger  aux  affaires 
publiques.  Les  récits  des  hiéronymites  ne  sont  pas ,  du 
reste,  —  il  faut  le  remarquer  pour  être  juste  —  aussi 
éloignés  de  ia  vérité  qu'on  Ta  prétendu;  ils  pèchent 
plutôt  par  omission  que  par  inexactitude.  Que  dit  en 
effet  le  chroniqueur  anonyme  :  c  Afin  de  pouvoir 

>  mieux  s'employer  au  service  de  Dieu,  S.  M.  ne 

>  s'occupait  d'aucune  affaire  de  séculiers  :  car  ceux 
»  qui  accouraient  chaque  jour  à  Yuste  étaient  en  si 
9  grand  nombre,  et  quelques-uns  si  importuns  et  si 

ennuyeux,  que,  si  elle  avait  voulu  les  écouter,  Yuste 
aurait  été  une  autre  cour.  Elle  les  renvoyait  aussi- 
tôt à  la  princesse  dona  Juana ,  sa  fille ,  gouvernante 
des  royaumes  d'Espagne,  qui  résidait  à  Valladolid, 


(1)  Tome  I,  p.  484. 

(2)  Tome  II ,  p.  588. 
(5)  Ibid.,  p.  48». 


^ÊÊÊ 


(LXI) 

»  OU  au  roi  don  Philippe,  son  iils,  qui  était  en  Flan^ 

»  (Ire(l).  >  Tout  cela  nest^il  pas  exact? 
Sigûenza  ne  fait  guère  que  répéter  le  récil'de  Fado* 

nyme,  en  Tamplifiant  :  «  Dès  son  entriàe  du  mouas^ 
tère,-^  ainsi  s'exprime  Thistorien  de  Tordre  de 
Saint-^Jérôme  —  S.  M.  ne  voulut  jamais  s'occuper 
d'aucune  chose  terrestre,  car  ç avait  été  là  son  prin- 
cipal objet,  en  laissant  te  gouvernement  de  ses  Ëtats. 
Une  infinité  de  personnes ,  avant  de  se  désabuser  à 
cet  égard,  accouraient  à  Yiiste  :  les  unes  sollicitant 
des  restitutions,  d'autres  réclamant  la  récoiîipense 
de  services  rendus  par  leurs  parents  et  leurs  aïeux,' 
d'autres  ayant  à  communiquer,  à  ce  qu'elles  disaient, 
des  avis  importants.  Le  démon  se  donnait  tant  de 
peine  pour  faire  agir  beaucoup  de  (ses  personnes, 
afin  d'inquiéter  l'esprit  de  l'Empereur,  que,  si  la 
résolution  de  S.  M.  n'eût  été  aussi  ferme,  il  aiurait 
pu  arriver  qu'elle  cédât  à  l'importunité  de  quelques- 
unes,  et  leur  fit  ouvrir  sa  porte.  Ëliê  rejeta  les  de* 
mandes  de  toutes  sans  distinction»:ordonnant  que  les 
solliciteurs  fussent  renvoyés  à  ses  enfants ,  la  prin« 
cesse  doiïa  Juana ,  qui  était  à  Yalladolid  à  la  tête  du 
gouvernement  del'Kspagne,  ou  le  roi  don  Philippe» 
qui  était  en  Flandre.  VA  ce  ne  fut  pas  peu,  qu'elle 
eût  entièrement  écarté  d'elle  ces  occupations,  et  fait 
voir  par  là  à  tout  le  monde  comme  elle  avait  réelle- 
ment renoncé  aux  choses  de  la  terre  (2).  » 


(1)  Page  21. 

(i)  «•....  No  quiso  dcsdc  csto  puuto  admitir  jamas  ningtin  ncgocio 


(  ^^^  ) 


IX. 


Entre  les  affaires  dont  Charles-Quint  s*occupa  dans 
sa  retraite,  il  en  est  deux  qui  méritent  plus  particu- 
lièrement Tattention  des  historiens,  et  sur  lesquelles  « 
par  ce  motif,  nous  croyons  devoir  nous  étendre  un 
peu  :  nous  voulons  parler  de  la  négociation  relative  à 
l'infante  Marie  de  Portugal,  et  de  celle  qui  eut  pour 
objet  d'obtenir  d'Antoine  de  Bourbon,  duc  de  Ven- 
dôme, sa  renonciation  au  royaume  de  Navarre,  en 
faisant  de  lui  un  allié  intime  de  Ti^^spagne. 

Ëléonore  d'Autriche,  sœur  de  Charles-Quint,  avait 
épousé,  en  1519,  Emmanuel  le  Fortuné <  roi  de  Por- 
tugal,  qu'elle  perdit  deux  années  après.  tJne  princesse, 
qui  avait  reçu  le  nom  de  Marie,  était  le  fruit  de  cette 
courte  union. 


terreno,  porque  aqui  consistia  lo  principal  de  sus  iiiiénlôs  en  dcxar  cl 
govicrno  de  tantos  Estado».  Aoudian  infinitos,  Aittes  de  deseiigaitafse 
desto  :  iuhm  pedian  resiltûciones,  otroa  scrvicio$  de  padres  y  abttelos  ^ 
otros  trahiaa  grandes  avisos.  Y  ei  demoaio  se  dava  tanta  priesa  â 
menear  mueha  de  esta  gente,  para  inquietar  el  dnimo  del  Gésor^  que 
91  no  estuviera  tan.rcsuelto,  pudiera  ser  la  imporlunidad  de  alguoiOB. 
le  venciera»  y  le  hiziera  abrir  la  piierta«  Deseohôlos  à  lodos,  sin  dar 
oydosa  ninguno;  manda valos  remîlir  4  sus  hijos,  à- la  prinoesa  doHa 
Joana,  que  estava  en  Valladolid  govcrnando  â  Espaûa,  o  al  rey  don 
Felipe,  que  estava  en  Flandes..  Y  no  fué  poeo  desviar  dcl  tode  esta 
ocapaeion ,  y  que  todos  entendiessen  quan  de  veras  avia  renunciado 

lo  del  suelo (Hùtoria  de  laôrtkn  de  San  GerônimOf  part.  lUi' 

Uv.  1,  chap.  XXXVU, p.  I9i«) 


(  LXXII  ) 

Lorsque,  après  le  traité  de  Madrid,  Ëléonore  con- 
tracta une  nouvelle  alliance  avec  François  I"  (1),  la 
princesse  Marie  resta  en  Portugal.  Elle  y  était  encore  à 
Tépoque  où  sa  mère,  devenue  veuve  une  seconde  fois, 
quitta  la  France ,  pour  aller  rejoindre  l'Empereur  à 
Bruxelles  (2).  Elle  comptait  alors  vingt-sept  ans.  Un 
des  vœux  les  plus  ardents  d*Êléonore  était  de  voir  sa 
fille  mariée;  elle  en  parlait  souvent  à  TEmpereur  et 
à  MM.  de  Granvelle  (5).  A  l'arrivée  du  prince  Philippe 
aux  Pays-Bas,  elle  se  berça  de  Tespoir  que  son  neveu 
pourrait  devenir  son  gendre;  mais  Philippe  était  épris 
en  ce  moment  de  la  belle  duchesse  de  Lorraine  :  sa 
cousine,  d'ailleurs,  lui  paraissait  trop  âgée  pour  lui, 
qui  accomplissait  à  peine  sa  vingt-deuxième  année,  et 
trop  peu  agréable  de  sa  personne  (4). 

[i)  La  lettre  de  Gharics-Quint  à  Quijada,  du  49  mars  4558,  nous 
apprend  que  ce  fut  Éléonorc  qui  voulut  épouser  François  I^',  de  pré- 
férence au  connétable  de  nourbon ,  avec  qui  TEmpcrcur  avait  traité 
son  mariage.  (Voy.  p.  554.) 

(â)  Au  mois  de  novembre  4  548. 

(3)  Voy.,  dans  les  Papiers  d'État  du  cardinal  de  Granvetlej  U  II! , 
p.  693,  rinstmetion  donnée  par  la  reine  Éléonore,  le  â3  mai  1552, 
à  Felipe  do  Salaasar,  son  écuyer ,  qu'elle  envoyait  en  Portugal. 

(4)  L'archevêque  de  Vienne,  Marillae,  ambassadeur  de  Henri  II 
auprès  de  TEmpereur,  lui  écrivait  le  43  mai  4549  :  «  La  reine  Éléo- 
»  nore  est  toujours  en  pratique  de  traiter  le  mariage  du  prince  son 

•  neveu  avec  sa  fille  de  Portugal;  mais  elle  y  a  peu  de  succès  :  ce 

•  qui  ne  la  contente  guère.  La  duchesse  de  Lorraine  est  partie  le  6. 

•  Elle  cxcîtoit  beaucoup  de  jalousie,  à  cause  des  grandes  caresses  et 
»  de  la  trop  bonne  chère  que  le  prince  lui  faisoit....  •  (MS.  8625  de 
la  Bibliothèque  impériale,  à  Paris,  p.  S54.) 

Marillae  mandait  encore  au  rui,  le  9  juin,  que  le  prince  Philippe, 


(  LXXllI  ) 

En  1551,  Êléonore  envoya  en  Porlugai  son  pre- 
mier secrétaire >  Gerônimo  Ferez  Garcia,  pour  rendre 
compte  au  roi  Jean  III  et  à  la  reine  Catherine  d* Au- 
triche de  tout  ce  qu*elle  avait  fait,  infructueusement, 
dans  rintérèt  de  sa  fille  (1).  Elle  chargea  d'une  autre 
mission,  au  mois  de  mai  de  Tannée  suivante»  Felipe 
de  Salazar,  son  éeuyer.  Désespérant  de  trouver  un 
mari  pour  la  princesse,  elle  s*en  serait  quelque  peu 
consolée,  si  elle  avait  pu  Tavoir  auprès  d'elle  :  pour 
réaliser  ses  désirs  à  cet  égard ,  elle  eût  été  toute  dis- 
posée à  aller  se  fixer  en  Portugal  ;  mais  trois  raisons 
Clément  graves  y  mettaient  obstacle  :  ses  infirmités 
d'abord;  ensuite  la  difficulté  pour  elle  de  voyager  par 
mer  (le  diemin  de  terre  lui  était  fermé ,  à  cause  de  la 
guerre  qui  s'était  rallumée  entre  l'Empereur  et  le  roi 
très-chrétien);  enfin  les  soins  qu'elle  devait  donner  au 
règlement  de  son  douaire  en  France,  et  qui  ne  lui 
permettaient  pas  de  tant  s'éloigner  de  ce  pays.  Salazar 
avait  ordre  de  solliciter ,  en  s'appuyant  de  ces  motifs , 
renvoi  de  la  princesse  aux  Pays-Bas,  sur  la  flotte  por- 
tugaise qui  y  était  attendue  dans  le  courant  de  l'été. 
Êléonore  promettait ,  du  reste,  que,  quoi  qu'il  arrivât , 
elle  ne  marierait  jamais  sa  fille  sans  le  consentement 
du  roi  et  de  la  reine  de  Portugal  (2).  Les  démarches  que 


qnand  il  était  utcc  ses  familiers,  leur  disait  qu'il  n'était  pas  si  mal 
avisé  que  de  se  marier  pour  de  Pargent,  faisant  allusion  par  là  à  rin> 
fantc  de  Portngal,  laquelle  ne  lui  paraissait  guère  agréable,  étant 
trop  âgée  et  peu  belle.  (MS.  86S6.) 

(1)  Papiers  d'État  du  cardinal  de  Granvelle,  1.  c. 

(2)  Instruction  de  Salazar,  du  S3  mai  1553,  ci-dessus  citée.  -— 


(  LXXIV  ) 

Salazar  fit  à  Lisbonne  furent  fortement  appuyées  par 
Tambassadeur  de  TEmpereur^  don  Luis  Sarmiento:  il 
édioua  néanmoins  dons  sa  négociation.  Sébastien  de 
Morales  vint  à  Bruxelles,  de  la  part  de  Jean  III,  excu« 
ser,  auprès  de  TEmpereur  et  de  la  reine  douairière  de 
Portugal  et  de  France,  un  refus  qui  était  fondé  sur 
la  longueur  du  voyage  qu'aurait  dû  faire  Tinfante,  pour 
rejoindre  sa  mère  (i). 

Le  prince  d*Ëspagne  était  yenf  depuis  1545.  Bien 
que,  de  son  union  avec  une  autre  princesse  Marie  de 
Portugal,  il  eût  un  rejeton  dans  la  personne  du  prince 
don  Carlos,  l'Empereur  ne  trouvait  pas  suffisamment 
assuré  l'avenir  de  sa  dynastie,  et  plus  d'une  fois  il  avait 
engagé  son  fils  à  former  de  nouveaux  liens;  Cédant 
enfin  à  ces  sages  avis,  ainsi  qu'à  Topinion  publique, 
qui  s'était  manifestée  sur  ce  point  d'une  manière  non 
équivoque  dans  les  diverses  parties  de  la  monarchie 
espagnole,  Philippe^  en  1553,  résolut  de  6e  remarier. 
11  écrivit  à  son  père  qu'il  s'en  remettait  à  lui  du  choix 
d'une  épouse,  tout  en  ne  tui  laissant  pas  ignorer  que 
ses  préférences  étaient  pour  sa  cousina,  qu'il  avait 
dédaignée  cinq  années,  auparavant.  L'Empereur  sd 
montra  très  ^satisfait  de  cetle  détermination  :  il  ne 
voulut  pas,  toutefois,  qye  les  démarches  à  la  cour  de 
Portugal  se  fissent  directement  de  sa  part  ni  de  celle 


Instructioii  secrète  du  même ,  du  2i  mai ,  dans  les  Papiers  d'État,  etc^ 
p.  62i. 

(1)  Voy.  notre  Introduction,  p.  I6i ,  ci  la  note  3  de  la  page  115 
de  ce  volume. 


(  LXXV  ) 

de  80D  fils  :  ce  fut  la  reine  Ëléonore  qui  entama  la 
négociation  9  en  renvoyant  à  Lisbonne  Gerônimo  Perea 
Garcia  ;  mais  ce  secrétaire  ne  devait  agir  que  d'acoord 
avec  Tarobassadeur  impérial  Sarmienio,  ûl  îl  lui  étail 
enjoint  de  suivre  ponctuellement  les  instructions  que  le 
prince  lui  transmettrait.  L'Empereur  tenait  beaucoup  k 
ce  que  cette  importante  affaire  se  conclût  dans  le  plus 
bref  délai  possible  (1). 

Un  point  que  Charles*Quint ,  dont  les  nécessités 

d*argent  étaient  extrêmes  en  iâ53,  considérait  surtouit 

dans  le  mariage  du  prince  avec  sa  nièce  de  Portugal , 

étail  la  dot  de  400,000  écus  qui  revenait  à  Tinfante  de 

la  succession  de  son  père  et  de  ses  frères,  dot  que» 

selon  la  reine  Ëléonore,  le  roi  de  Portugal  semblait 

disposé  à  augmenter  de  200,000  ducats,  pour  témoin 

gner  la  tendresse  qu'il  portait  à  sa  sœur  (2).  A  Lis-< 

bonne  cependant,  loin  d'être  dans  des  dispositious 

aussi  favorables,  on  chicana  sur  les  conditions  du 

traité  de  mariage  :  Philippe  y  envoya  Ruy  Gomez,  qui 

ne  parvint  pas  à  aplanir  toutes  les  difficultés  (5).  Sur 

ces  entrefaites,  Tavéïiement  au  trône  d'Angleterre  de 

Marie,  fille  de  Henri  VIII  et  de  Catherine  d'Aragon, 

était  venu  ouvrir  un  nouvel  horizon  à  fambition  de 

Charles-Quint  :  ce  monarque,  après  s'être  assuré  de 

l'assentiment  de  son  fils,  le  proposa  pour  époux  à  la 

reine,  et  le  fit  accepter  par  elle.  On  peut  juger  de  l'effet 


(i)  Voy.  notre  frUrodueiian,  pp.  3ft,  160-162. 

{%)  ibid. 

(3)  JbitL,  p.  162,  note  L 


(   LXXVI  ) 

que  produisit  à  la  cour  de  Lisbonne  la  nouvelle  du 
mariage  du  prince.  L'infante  en  conserva  un  vif  res- 
sentiment, auquel  s'associèrent  Jean  III  et  Catherine 
d'Autriche.  La  rein«  Ëléonore^  habituée  à  se  soumettre 
docilement  aux  volontés  de  son  frère,  fut  celle  qui 
prit  avec  le  plus  de  résignation  le  sacrifice  que  lui 
imposait  la  politique  de  TËmpereur.  Ell«  envoya  don 
Juan  Hurtado  de  Mendoza  à  Lisbonne ,  pour  apaiser 
les  mécontentements  de  la  famille  royale,  et  obtenir 
qiie  rinfante  vint  demeurer  auprès  d'elle  (1).  Lorsque, 
après  son  abdication,  l'Empereur  partit  pour  l'Espagne, 
elle  l'y  accompagna  avec  joie,  persuadée  que  là  rien  ne 
s'opposerait  plus  à  sa  réunion  avec  sa  fille  (2). 

Jean  III  attendit,  pour  répondre,  que  l'Empereur 
et  les  deux  reines  fussent  arrivés  en  Castille  (5).  Son 
message  fut  délivré  à  la  reine  Éléonore ,  au  mois  do 
novembre  1556,  par  don  Duarte  de  Almeida,  son 
ambassadeur  auprès  de  la  gouvernante  des  royaumes 
d'Espagne  :  «  Le  roi  —  y  était -il  dit  —  ne  pouvait 
»  consentir  à  ce  que  l'infante,  sa  sœur,  sortit  de  Por- 

>  tugal,  à  moins  que  ce  ne  fût  pour  se  marier  :  il 
»  n'en  avait  jamais  été  autrement  des  princesses  de  la 

>  maison  royale.  Si  la  reine  Ëléonore  voulait  voir  sa 


(1)  TomcII,  pp.117,  151. 

(â)  Ibid.,  p.  ils. 

(5)  «  ....  Esperando  sa  vciiida  â  csos  rcynos,  dilate  la  rcspiicsta 
*  de  esta  niatcria  para  esc  ticmpo,  »  dit  Jean  III,  dans  sa  lettre 
du  7  novembre  1 51)0  à  don  Duarte  de  Âlnieida. 


(  LXXTII  ) 

fille,  pourquoi  ne  venait -elle  pas  à  Lisbonne,  où 
elle  serait  honorée  et  respectée  ainsi  qu'elle  devait 
Tètre?  Llnfante  ayant  été  élevée  par  le  roi,  et  k  sa 
cour,  avec  tant  de  sollicitude  et  d*affeclion,  leur 
honneur  à  tous  deux  souffrirait  de  son  changement 
de  résidence.  A  la  cour  de  Portugal ,  elle  était  chez 
elle;  en  Castille,  elle  devrait  mener  une  vie  toute 
différente  de  celle  à  laquelle  elle  avait  été  habituée; 
Elle  était,  à  la  vérité,  alliée  de  très^près  à  la  famille 
royale  d*Espagne,  mais  ses  liens  avec  la  maison  de 
Portugal  étaient  plus  intimes  encore,  etc.  (1).  >  Le 
même  langage  avait  été  tenu,  à  Lisbonne,  à  don  Juan 
de  Mendoza,  et  on  lui  avait  dit,  de  plus,  que  la  di- 
gnité de  Tinfante  ne  lui  permettait  pas  d*aller  de- 
meurer dans  les  Ëtats  d'un  prince  qui ,  après  avoir 
traité  son  mariage  avec  elle,  avait  épousé  une  autre 
femme;  qu'en  Castille,  d'ailleurs,  les  princes  n'étaient 
pas  environnés  d'autant  de  respect  et  d'égards  qu'en 
Portugal  (2). 

La  reine  Ëléonore,  dans  une  instruction  très-détail- 
lée  qu'elle  en^ioya  à  don  Juan  de  Mendoza  (5) ,  réfuta 
toutes  ces  objections  :  en  même  temps,  elle  sollicita 
rintervenlion  de  l'Empereur,  comme  <  de  celuy  qu'elle* 
»  tenoit  &  seigneur  et  en  lieu  de  père,  et  sans  lequel 


(4)  Telle  est  la  substance  de  la  lettre  da  7  novembre,  qui  est  trop 
étendue  pour  que  nous  en  donnions  le  texte. 

(8)  Tome  11,  p.  4 i2. 

(5)  Nous  avons  une  copie  de  cette  instruction. 


^ 


(  LXXVIII  ) 

%  elle  n'avoit  jsimais  voulu  prendre  de  résolqtion  en 
»  tout  oe  qui  la  concernoit  (1).  » 

Don  Duarte  de  Ain^eida  était  chargé  par  son  maître 
d'aller  trouver  FEmpereur,  pour  lui  faire  la.  même 
oommuniciàtion  qu'il  avait  faite  aux  reines  Êléonore  et 
Marie  (2).  Charles^  comme  nous  l'avons  dit  plus  haut, 
se  fiit  volontiers  dispensé  de  recevoir  sa  visite  :  il  y 
consentit  néanmoins,  sur  les  instances  de  ses  sœurs  (5), 
et  il  accueillit'  même  l'ambassadeur  avec  beaucoup  de 
grâce  et  de  bienveillance  (4). 

C'était  le  8  décembre  (5).  Quelques  jours  auparar 
vaut,  Charles  avait  donné  Tordre  à  don  Sancbo  de 
Cordova,  veedor  des  gardes  espagnoles,  de  se  rendre 
à  Lisbonne,  pour  insister,  en  son  nom,  sur  la  de- 
mande qife  formait  la  reine  Êléonore,  Don  Sancho 
était  porteur  de  lettres  pour  le  roi  et  la  reine  de  Por- 
tugal, où  l'Empereur  leur  exprimait  son  étonnement 
de  la  réponse  qu'ils  avaient  envoyée  à  sa  sœur  :  il  eût 
été  bien,  —  leur  disait-il  —  s'ils  voulaient  répondre 
ainsi ,  de  le  faire  avant  que  la  reine  quittât  les  Pays- 
Bas,  puisqu'elle  avait  été  principalement  déterminée 
à  venir  en  Espagne  par  le  plaisir,  qu'elle  se  promet- 
tait ,  d'y  vivre  avee  sa  fille.  Il  leur  faisait  observer  que 
la  prétention  -de  la  reine  ne  pouvait  être  cont^eatée; 


(1)  Tome  II,  pp.  111-414. 

(ii)  /frû;.|p.  112,  note  1. 

(5)  Tome  I,  pp.  50,  56;  I.  II,  p.  IS3. 

(i)  Tome  I,p.  71. 

(5)  Tome  II,  p.  136,  note 3. 


(  tXXVL  ) 

qu^elle  reposait  8|ir  une  clause  exprease  de  son  traité 
de  mariage  avec  le  feu  roi  doo  Emmanuel,  el  que, 
quant  à  lui  «  il  se  regardait  comme  obligé  d^en  réclami^r 
TexécutioD,  attendu  qu*il  avait  été  Tune  des  parties 

«  _ 

contractantes  (1).  Don  Sanoho  partit  pour  Lisbonne  le 
î"  décembre  :  son  instruction  écrite  lui  recommandait 
de  se  conduire  en  tout  selon  les  directions  que  lui  dour 
nerait  Tinfante  dona  Maria  eUe<>mème  (% 

L'ambassadeur  de  CharlesrQuint  eut  sa  première 
audience  du  roi  et  de  la  reine  de  Portugal  le  9  dé- 
cembre. Deux  jours  après^  il  fut  reçu  par  Tinfante, 
avec  laquelle  il  sentretint  pendant  unebeurejet  demîec 
cette  princesse  lui  dit  qu'elle  était  décidée  à  aller  de- 
meurer avec  sa  mère»  et  que  rien  ne  serait  capable  de 
Ten  empêcher;  qu  il  pouvait  Técrire  à  FEmpereur  et  à 
la  reine;  que,  si  jusqu'alors  elle  ne  s'était  pas. pronon- 
cée de  la  sorte,  c'était  à  cause  que  sa  mère  et  TEm- 
pereur  étaient  en  Flandre,  et  qu'elle  ne  pensait  pas 
qu'ils  vinssent  jamais  en  Espagne;  que  sa  détermina- 
tion était  maintenant  bien  arrêtée  ;  que  le  roi ,  son 
frère,  l'ignorait  d'autapt  moins  qu'il  n'avait  rien  né- 
gligé, non  plus  que  la  reine,  pour  la  dissuader.  Elle 
ajouta  que  ce  n'avait  pas  été  peu  pour  elle  de  prendre 
ce  parti,  car,  ayant  reçu  le  jour  en  Portugal,  y  ayant 
été  élevée,  et  étant  fille  d'un  roi  de  ce  pays  où  elle 
était  connue  et  honorée  de  tout  le  monde ,  elle  eût  été 


(1)  Tome  I,  p.  6i;  t.  II,  pp.  44S-I46. 

(2)  Tome  II,  pp.  417-119. 


(  hXXX  ) 

heureuse  d*y  achever  sa  vie;  que  cependant  elle  avait 
préféré  obéir  à  FËmpereur  et  à  sa  mère,  convaincue 
que,  en  le  faisant,  non^seulement  elle  remplirait  son 
devoir,  mais  encore  elle  serait  plus  agréable  à  Dieu  (1). 
Le  même  jour,  don  Sancho  de  Gordova  fut  reçu  par 
le  roL  Dans  le  discours  qu'il  lui  adressa  »  il  ne  manqua 
pas  de  se  prévaloir  du  consentement  de  Tinfante.  Le 
roi  lui  répondit  :  c  J'ai  bien  entendu  ce  que  vous  m*avez 

>  dit  de  la  part  de  TËmpereur,  mon  frère  :  ceci  est  une 
»  affaire  grave  et  qu*il  importe  de  bien  considérer;  je 
»  le  ferai,  et  vous  répondrai  ensuite.  >  Don  Sancho 
répliqua  :  «  J'ai  dit  à  Votre  Altesse  ce  que  S.  M.  m*a 
B  commandé.  Je  la  supplie,  pour  ma  part,  de  daigner 
»  ordonner  que  la  réponse  me  soit  délivrée  prompte- 
»  ment,  afin  que  je  la  transmette  à  TEmpereur,  qui 

>  n'attend  que  la  fin  de  cette  négociation  pour  entrer 

>  dans  son  monastère.  Comme ,  une  fois  qu'il  y  sera  « 
»  son  intention  est  de  ne  plus  s'occuper  d'aucune  af- 

>  faire,  il  n'a  pas  voulu  y  entrer  avant  que  celle-ci  soit 
»  terminée.  Je  supplie  donc  de  nouveau  V.  A.  de  lui 
»  donner  cette  satisfaction ,  la  plus  grande  qu'il  puisse 
»  recevoir  aujourd'hui,  en  prenant  les  mesures  néces- 
»  saires  pour  que  le  départ  de  l'infante  ait  lieu  sans 

>  délai.  >  Le  roi  repartit  :  c  Je  me  réjouirai  beaucoup 

>  de  donner  toute  espèce  de  satisfaction  à  l'Empereur, 
»  mon  frère.  Je  ferai  ce  que  je  vous  ai  dit ,  et  vous  ré- 
»  pondrai  bientôt  (2).  » 


(1)  Tome  H,  pp.  127-130. 

(2)  Ibid.,  pp.  130-153. 


V    7     VT« 


(  LXXXI  ) 

En  sortant  de  chez  le  roi,  Tambassadeur  se  rendit 
auprès  de  la  reine  dona  Catalina  :  au  nom  de  TEmpe- 
rear,  son  frère»  et  de  la  reine  douairière  de  Portugal 
et  de  France,  sa  sœur,  il  la  conjura  d*appuyer  de  son 
autorité  une  demande  qui  était  fondée  à  la  fois  sur  les 
droits  sacrés  de  la  nature,  sur  des  conventions  for- 
melles  et  sur  les  intérêts  mêmes  de  Tinfante.  La  reine 
lui  fit  une  réponse  où  elle  ne  s'engageait  à  rien;  puis 
elle  lui  adressa  une  foule  de  questions  sur  l'Empe- 
reur, sur  les  deux  reines,  sur  la  princesse  dona  Juana, 
sur  le  prince  don  Carlos  (1). 

Selon  l'étiquette  observée  à  la  cour  de  Portugal, 
don  Sancho  de  Cordova  était  resté  à  genoux  pendant 
tout  le  temps  de  l'audience  qu'il  avait  eue  du  roi;  la 
reine  le  tint  dans  cette  position  encore  une  heure.: 
aussi  le  pauvre  ambassadeur  était  horriblement  fati- 
gué, en  quittant  le  palais,  et  il  en  eut  une  attaque  de 
goutte  au  pied  (2). 

Le  lendemain,  don  Juan  de  Mendoza  remit  au  roi  et 
à  la  reine  les  lettres  qu'il  avait  reçues  pour  eux  des 
reines  douairières  de  France  et  de  Hongrie  :  il  n'eut 
diantre  réponse  que  celle  qui  avait  été  faite  à  don 
Sancho.  Cependant,  il  put  s'apercevoir  que  le  message 
dont  il  était  porteur  ne  laissait  pas  que  de  produire 
de  Teffet  :  la  reine  dona  Catalina  avait  les  yeux  tout 
remplis  de  larmes  (5). 


(f)  Tome  11,  pp.  433-454. 
(9)  ihid.,  p.  134. 
(3)  Ibid,,  p.  135. 

Tome  II.  /. 


*t 


(  LXXXII  ) 

Charles-Quint  avait  reeompandé  à  son  ambassa- 
(leur  de  presser  la  solution  pour  laquelle  il  était  envoyé 
à  Lisbonne.  Don  Sancho,  averti  que  le  roi  et  la  reine 
venaient  de  faire  de  nouvelles  instances  à  l'infante^  afin 
qu'elle  restrî  en  Portugal,  et  qu'elle  s'était  montrée 
inébranlable  (1),  retourna  au  palais  le  16  décembre. 
Le  roi  et  la  reine  l'accueillirent  parfaitement  :  mais  il 
n'obtint  d'eux ,  cette  fois  encore,  que  des  protestations 
de  bon  vouloir,  avec  la  promesse  d'examiner  et  de 
résoudre  dans  un  bref  délai  (2).  Le  même  langage  fbt 
tenu  par  ces  princes  à  don  Juan  de  Mendoza,  que  don 
Sancho  engagea  à  aller  les  voir ,  de  la  part  des  deux 
reines  (3). 

Dans  le  Mi,  Jean  III  se  trouvait  fort  embarrassé  : 
d'un  côté,  il  éprouvait  la  plus  vive  répugnance  à  lais- 
ser sortir  de  Portugal  Tinfante,  sa  sœur  consan- 
guine (4);  de  l'autre,  il  ne  savait  plus  que  répondre 
aux  sollicitations  réitérées  de  la  reine  Ëléonore,  que 
l'Empereur  appuyait  si  fortement,  et  qui  avaient  l'aveu 
de  l'infante  elle-^même  (5).  Pour  gagner  du  temps,  il 


(I)  Tome  II,  p.  i38. 
(3)  Jbid.,  pp.  139-140. 

(3)  Ilnd,,  p.  140. 

(4)  Il  éprouvait  cette  répugnance,  scion  M.  Mionbt,  parce  quil 
aurait  dû  se  dessaisir  de  la  somme  qui  revenait  à  sa  sœur.  (Voy. 
CharleS'Qttint ,  etc.,  2*  édition,  p.  182.) 

Le  motif  que  donne  M.  Mionbt  n^est  énoncé  dans  aucun  de  nos 
documents  :  mais  il  serait  difficile  de  s'expliquer  d*une  autre  manière 
la  conduite  de  Jean  III. 

(5)  Don  Sancho  de  Cordova  écrivait  encore  à  TEmpereur  le  3  mai 


n  >?a 


(  Lxxxnt  ) 

imagina  d'envoyer  à  Jarandilla  et  à  Valladolid  nn  di- 
plomate  auquel  FEmpereur,  en  d'autres  occasions, 
avait  témoigné  quelque  bienveillance  (1).  Lourenço 
Pires  de  Tavora  (c'est  le  nom  de  ce  diplomate)  arriva 
k  Jarandilla  le  14  janvier  1557  :  reçu  le  16  par  TËm- 
pereur»  il  lui  représenta  le  préjudice  que  souffriraient 
rhonneur  etJa  réputation  du  roi  son  maître,  si  l'infante 
quittait  le  Portugal,  sans  être  mariée;  il  lui  proposa, 
en  conséquence,  selon  ses  instructions,  de  traiter  préa- 
lablement du  mariage  de  la  princesse  soit  avec  le  roi 
des  Romains,  veuf  depuis  Tannée  1547  et  alors  âgé  de 
eÎDqnante^uatre  ans,  soit  avec  son  fils  l'archiduc 
Ferdinand ,  dont  déjà  antérieurement  il  s'était  agi  pour 
elle.  Charles-Quint  ne  pouvait  prendre  au  sérieux  ces 
propositions  :  il  se  donna  la  peine,  cependant,  de  les 
dtscoter  avec  l'ambassadeur  portugais;  il  lui  paria 
même  du  due  Emmanuel-Philibert  de  Savoie,  quoi- 
qu'il n'ignorât  point  que  ce  prince  s'était  engagé,  par 
une  promesse  écrite,  à  épouser  une  des  filles  du  roi 
des  Romains  (2) ; -mais ,  en  résumé,  il  insista  sur  la 
venue  de  l'infante  (5).  A  Valladolid,  Lourenço  Pires 
n'eut  pas  plus  de  succès  auprès  des  deux  reines,  qui 


1557  :  •  La  sellora  infante.....  respondiome  que  esta  muy  contenta  en 
»  ir  a  servir  à  su  madré,  y  lo  estarâ  mas  agora  que  sabe  que  V.  M.  es 
•   servido  de  eUo.....  •  . 

(I)  CharUê'Qmnt  y  etc.,  par  M.  Mionbt,  p.  484. 

(S)  Belazûrni  degU  ambaseiaiori  veneti  al  ienato,  série  II,  t  I, 
p.  461,  et  t.  II,  p.  39. 

(3)  Tome  I,  pp.  85, 94-92. 


(  LXXXIV  ) 

se  concertèrent  avec  i'Empereursur  la  réponse  qu  elles 
lui  firent  (1). 

L'envoyé  de  Jean  HI  repassa  par  Yuste,  en  retour- 
nant en  Portugal.  Charles-Quint  lui  donna  audience 
le  7  mars  (2).  Dans  rintervalle,  Finfante  avait  déclaré 
catégoriquement  qu'elle  renonçait  à  se  marier  (3).  Par 
là  tombaient  les  prétextes  que  le  roi  son  frère  avait 
mis  en  avant.  L'Empereur  n'en  délivra  pas  moins  à 
Lourenço  Pires  des  lettres  autographes  pour  ses  maî- 
tres, où  il  s'attacha  à  lever  les  derniers  scrupules  qu'ils 
auraient  eus  encore  (4). 

Jean  III  se  vit  forcé  de  déder.  Un  gentilhomme  dé- 
pêché par  lui  arriva  à  Yuste  dans  les  premiers  jours 
d'avril ,  et  annonça  à  l'Empereur  qu'il  consentait  à  ce 
que  l'infante  aHât  demeurer  en  Castille  avec  sa  mère. 
Exprimer  la  joie  que  Charles-Quint  ressentit  à  cette 
nouvelle»  serait  difficile  :  les  plus  éclatants  succès  de  sa 
politique ,  aux  temps  de  sa  puissance ,  ne  l'avaient  pas 
peut-être  rendu  aussi  heureux.  Il  expédia  un  courrier 
à  Lisbonne ,  avec  des  lettres  de  sa  main ,  pleines  d'ex- 
pressions de  gratitude  pour  le  roi  et  la  reine;  il  fit  don-* 
ner,  de  sa  cassette,  cent  ducats  au  gentilhomme  que 
ces  princes  lui  avaient  envoyé  ;  il  écrivit  aux  reines  ses 
sœurs  et  à  la  princesse  dona  Juana ,  afin  qu'on  s'occu- 


(4)  Tome  I,  pp.  401-104, 106;  t.  II,  pp.  15S-IM. 

(5)  Tome  I,  pp.  129,  431-133,  140. 

(3)  Tome  II,  p.  153.  —  Charles  -  Quint ,  etc.,  par  M.  Mionet, 
p.  145. 

(4)  Tome  il,  p.  153. 


(  LXXXV  ) 

pàt,  sans  délai,  des  mesures  qu'exigeaient  le  voyage  et 
la  réception  de  Tinfante;  il  voulut  que  les  personnes  qui 
auraient  à  raccompagner  a  la  traitassent  très-bien  »  » 
sans  se  prononcer  toutefois  sur  ce  point  d*une  manière 
plus  explicite  (i  )• 

L'infante  devait  partir  de>Lisbonpé  le  15  juin;  la 
reine  Êléonore ,  avec  Tapprobs^tion  de  l'Empereur, 
avait  envoyé  dans  cette  capitale  Gerônimo  Ruiz,  l'un 
de  ses  serviteurs ,  pour  régler  tout  ce  qui  concernait 
Farrangement  de  la  maison  de  sa  fille  (2).  Le  7  juin , 
Jean  III  mourut  des  suites  d'une  attaque  d'apoplexie. 
Cet  événement  inattendu  eut  pour  conséquence  de  dé- 
ranger tous  les  plans  qu'on  s'était  faits  à  Yuste  et  à 
Valladolid.  L'infante,  qui  avait  manifesté  avec  tant 
d'énergie  le  désir  d'aller  rejoindre  ^a  mère,  déclara 
dès  lors  qu  elle  voulait  rester  en  Portugal  :  une  lettre 
sévère  que  la  reine  Êléonore  lui  écrivit,  contre  l'avis 
de  l'Empereur,  ne  produisit  d'autre  effet  sur  elle ,  que 


(1)  Toinc  I,  pp.  145,  144,  145, 147;  t.  Il,  pp.  168-lCO. 

Le  traitement  qui  lui  serait  fait  en  €astillc  était  un  des  points  qui 
tenaient  le  plus  à  cosur  à  l'infente;  elle  prétendait  y  être  considérée 
et  traitée  comme  les  filles  de  rEmpereiu*.  Don  Sancho  de  Gordova 
GcrÎTait  à  Cbarles-Qnint  le  3  mai  1 557  :  «  Ya  se  acordarà  V.  M.  que 
»  una  de  las  causas  mas  principales  que  impedian  à  la  seflora  infante 
»  el  ir  &  estar  en  ese  reyno,  era  cl  tratamiento  y  cortesia  que  la  gente 

•  dél  le  habia  de  hazer,  y  que  la  tnbiéron  vuelta  con  dccir  que  séria 

•  mucho  menos  que  à  las  hijas  de  V«  M.,  y  que  esto  propuso  allû 

•  Lorenzo  Ferez,  y  se  le  respondio  en  sustancia  que  no  séria,  mas 

•  no  tan  claro  conio  S.  A.  lo  dcsca  saber,  etc.  >» 
(3)  Tome  I,  pp.  150-151. 


/ 
/ 


^f:'^  : 


(   LIXXVI  ) 

de  raffermir  de  plus  en  plus  dans  cette  résolution  (1). 

Quelles  circonstiinees  avaient  causé  un  changement 
aussi  soudain?  Tout  ce  que  nos  documents  nous  ap- 
prennent là-dessus,  c'est  que  le  conseil  de  Portugal 
offrait  à  Tinfante,  pour  la  retenir  à  Lisbonne,  une  dota- 
tion plus  élevée  et  la  main  de  Tinfant  don  Duarte,  fils 
d'Emmanuel  le  Fortuné  et  de  Marie  de  Castille ,  avec 
la  perspective  de  succéder  à  la  couronne*  au  cas  que  le 
roi  don  Sébastien  mourût  (2).  Nous  voyons  aussi ,  dans 
une  lettre  de  don  Sancbo  de  Cordova,  que  Tinfante 
craignait  de  ne  pas  trouver,  dans  ce  que  possédaient  sa 
mère  et  sa  tante,  les  moyens  d'entretenir  convenable* 
ment  sa  maison  et  de  payei*  ses  dettes  (3).  Enfin,  sui*- 
vant  une  lettre  de  la  reine  Ëléonore  à  Philippe  II,  elle 
disait  que,  par  la  mort  du  roi  Jean,  elle  avait  perdu 
lappui  sur  lequel  elle  comptait,  pour  pouvoir  retourner 
en  Portugal,  lorsqu'elle  l'aurait  jugé  convenable  (4). 

Le  !28  septembre ,  les  reines  douairières  de  France 
et  de  Hongrie  arrivèrent  à  Yuste,  et,  le  même  jour, 
elles  s'établirent  au  château  de  Jarandilla ,  où  l'Empe- 
reur avait  fait  préparer  leur  logement  (5).  D'après  les 
derniers  avis  de  Lisbonne,  Tinfante  ne  refusait  plus, 
d'une  manière  absolue,  de  venir  en  Castille  :  des  lettres 
écrites  par  TEmpereur  à  cette  princesse,  &  la  reine 


(1)  Tome  n,  pp.  223,  228,  250-232,  248,  249. 
(3)  Ibid.,  p.  235,  à  la  note. 
(3)  Ibid.,  p.  UH. 
(i)  fbid.,  p.  269. 
(5)  Tome  I,  p.  182. 


(  LXXXVII  ) 

douairière»  au  cardinal  Henri»  avaient  produit  une  cer** 
taine  impression  (1),  et  les  démarches  faites  auprès  de 
la  reine  Catherine  par  le  P.  Francisco  de  Borja  n'a* 
vaient  pas  été  sans  efficacité  (2).  L'infante  en  était 
venue  à  dire  que,  si  sa  mère  et  FEmpereur  le  lui  ordon- 
naient ,  elle  ferait  le  voyage  »  quoique  ce  fût  contre  son 
grét  mais  quelle  suppliait  l'Empereur  de  bien  peser 
sa  résolution  :  car,  si  la  chose  tournait  mal  pour  elle» 
elle  ne  s'en  prendrait  qu'à  lui  seul  (5), 

L'Empereur  et  les  deux  reines  délibérèrent»  avec 
Quijada»  Gaztelù»  le  licencié  Ârceo  et  don  Sancho  de 
Cordova»  revenu  expressément  de  Portugal»  sur  le 
parti  auquel  ils  s'arrèleraieut.  Charles-Quint  n'osa  pas 
écrire  d'autorité  à  sa  nièce;  il  se  contenta  de  lui  adres- 
ser des  conseils.  La  reine  Ëléonore,  de  son  côté»  s'ap*» 
pliqoa  à  effacer»  par  des  paroles  affectueuses»  l'effet 
fâcheux  que  sa  lettre  précédente  avait  produit  :  elle 
engagea  sa  fille  à  venir  sans  délai  à  Jarandilia;  elle  lui 
promit  qu'elle  serait  libre  de  retourner,  si  elle  le  vou- 
lait; elle  mit  à  sa  disposition  10,000  ducats  pour  les 
frais  du  voyage.  Don  Sancho  de  Cordova  fut  renvoyé 
à  Lisbonne»  porteur  de  ces  nouvelles  communications» 
ainsi  que  de  lettres  destinées  à  les  faire  agréer  du 
cardinal  Henri  et  de  la  reine  douairière  (4). 

L'infante  dona  Maria  montra»  en  cette  occasion»  une 


(1)  Tome  I,  pp.  177,  179-480. 

(3)  Tome  II,  p.  257. 

(3)  Tome  I,  p.  191  ;  t.  II,  pp.  248,  249,  257. 

(i)  Tome  I,  pp.  190-191}  t.  U,  p.  268. 


(  LXXXVIll  ) 

roideur  de  caractère  et  une  sécheresse  de  cœur  sans 
égale.  Il  faut  lire,  dans  les  deux  dépêches  de  don  San- 
cho  de  Cordova  à  FEmpereur,  du  5  et  du  6  novembre, 
le  curieux  récit  de  tous  les  détours  dont  elle  usa,  pour 
s'excuser  de  se  rendre  aux  vœux  de  sa  mère  :>  c'était 
son  état  de  santé,  d'abord,  qui  ne  lui  permettait  pas 
de  se  mettre  en  route;  c'était  ensuite  la  saison  qui 
était  trop  avancée  pour  qu'elle  pût  entreprendre  un 
pareil  voyage ,  elle  qui  n'en  avait  jamais  fait  :  qu'on 
attendu  quelques  mois,  alors  elle  se  soumettrait  à  ce 
qu'on  exigeait  d'elle.  Comme  don  Sancho  insistait,  il 
lui  était  échappé  de  dire  qu'on  ne  gagnerait  rien  en 
prétendant  la  violenter,  car  on  pourrait  la  contraindre 
ainsi  à  adopter  un  parti  qui  la  séparerait  à  jamais  de  sa 
Tamille  d'Espagne  (i). 

Douloureusement  affectée  d'une  si  cruelle  indiffé- 
rence,  la  reine  Ëléonore  n'en  voulut  pas  moins  rem- 
plir jusqu'au  bout  ses  devoirs  de  mère  :  elle  chargea 
don  Sancho  de  Cordova  et  don  Juan  de  Hurtado  de 
Mendoza  de  déclarer  à  l'infante  que  ^  pour  lui  épargner 
les  fatigues  du  voyage,  elle  irait  elle-même  jusqu'à  Ba- 
dajoz;  mais  elle  entendait  que  l'infante  répondit  sur-le- 
champ  et  catégoriquement,  et,  en  outre,  qu'elle  se 
mit  en  chemin  le  1*'  décembre  au  plus  tard.  En  cas  de 
tergiversations  nouvelles  de  sa  part,  les  deux  ambassa- 
deurs et  les  autres  personnes  de  la  maison  de  la  reine 
envoyées  à  Lisbonne  devaient  quitter  cette  capitale. 


(1)  Tome  I,  pp.  199-202,  305,  206. 


(  LXXXIX  ) 

Quant  à  elle,  elle  irait  8*étab1ir  à  Guadalajara,  où  clla 
attendrait  qu'il  plût  à  sa  fille  de  la  venir  visiter  (i). 
Charles-Quint  approuva  la  détermination  de  la  reine  : 
il  écrivit  à  Tinfante,  à  la  reine  Catherine  et  au  cardinal 
Henri,  afin  qu'elle  eôi  le  résultat  que  sa  sœur  désirait  (2). 

Il  n'était  plus  possible  à  l'infante,  à  moins  de  se 
brouiller  tout  à  fait  avec  sa  mère  et  avec  l'Empereur, 
de  persister  dans  ses  refus ,  ou  de  recourir  à  de  nou* 
veaux  moyens  dilatoires.  Ce  ne  fut  pourtant  pas  sans 
une  opiniâtre  résistance  qu'elle  se  rendit*  I^  reine 
Êléonore  en  avait  même  perdu  l'espoir,  lorsque,  le 
26  novembre,  le  maître  général  des  postes  de  Portugal 
arriva  à  Jarandilla ,  avec  des  lettres  de  l'infante ,  de  la 
reine  Catherine  et  du  cardinal  Henri  :  quelques  heures 
auparavant,  un  courrier  y  avait  apporté  des  dépèches 
de  don  Sancho  de  Cordova  et  de  don  Juan  Hurtado  de 
Mendoza.  Les  unes  et  les  dutres  contenaient  que  l'in- 
fante, acceptant  l'entrevue  proposée  à  Badajoz,  se  met- 
trait en  route  du  10  au  15  décembre  (3). 

Les  deux  reines  quittèrent  Jarandilla  le  15,  après 
avoir  pris  congé  de  l'Empereur  (4).  Charles  avait  jugé 
convenable  que  leur  voyage  se  fit  avec  un  certain  ap- 
parat ;  la  princesse  gouvernante  écrivit ,  sous  le  nom 
du  roi,  à  quelques  personnages  principaux  del'Estré- 
madure ,  afin  qu'ils  les  accompagnassent ,  et  demeu* 


(1)  Tome  I ,  pp.  307-209. 

(2)  Tome  II,  pp.  371-275. 
(?)  Ibid.,  p.  383. 

(i)  Tome  I,  p.  330;  t.  II,  p.  306. 


(xc) 

Fassent  avec  elles  pendant  tout  le  temps  que  Tinfante  y 
passerait  (1).  Mais  la  plupart  d'entre  eux  ne  répon* 
dirent  pas  à  cet  appel,  oubliant  ainsi,  comme  récrivait 
le  licencié  Arceo ,  Tobéissance  et  la  fidélité  que  les 
Espagnols  se  glorifiaient  d'avoir  toujours  montrées  à 
leurs  princes  (2):  Févèque  de  Salamanque,  Juan  de 
Cbaves,  Juan  Velazquez  d^Âvila ,  Francisco  de  Solis  et 
le  grand  commandeur  d'Âlcantara  furent  les  seuls  qui 
fissent  partie  du  cortège  royal ,  à  son  entrée  à  Bada- 
joz ,  le  25  décembre.  Ce  manque  de  déférence  fut  vive- 
ment ressenti  par  les  deux  princesses ,  mais  surtout 
par  la  reine  douairière  de  Hongrie,  dont  le  caractère 
impérieux  contrastait  avec  celui  de  sa  sœur  (5)  :  elles 
trouvèrent  fort  mauvais  aussi  que  deux  alguazils  et  un 
fourrier  qu  elles  avaient  demandés  à  la  gouvernante  ne 
se  fussent  présentés  à  elles  que  quand  elles  n'avaient, 
pour  ainsi  dire ,  plus  besoin*d'eux  (4). 

La  reine  Éléonore  attendit  sa  fille  à  Badajôz  pen- 
dant près  d'un  mois  ;  son  anxiété  était  telle ,  dans  les 
derniers  moments,  qu'elle  en  devint  malade  :  l'infante 
ne  se  trouvait  plus  qu'à  trois  lieues,  à  Yelvès,  et  elle 
appréhendait  encore  qu'on  ne  la  persuadât  de  retour- 
ner sur  ses  pas  (5).  Dona  Maria  mit  seize  jours  à  faire 


(1)  Tome  II,  pp.  382-283. 

(2)  Jbid.,  p.  298. 

(3)  C'est  ce  qui  faisait  dire  au  licencie  Arceo  :  o  La  Magcstad  de  la 
»  rcyna  de  Ungria  con  todo  tîenc  buena  euenta.  »  (Tome  II ,  p.  298.  ) 

(4)  Tome  II,  pp.  283,  284-285,  296,  298,  359. 

(5)  Ibid.,  p.  299. 


(  xci  ) 
trente-trois  iieuos  :  partie  le  2  janvier  de  Lisbonne, 
aile  n'arriva  que  le  48  à  Badajoz.  A  la  vérité,  la  route 
était  bien  fatigante ,  surtout  pour  des  personnes  peu 
habituées  à  de  pareils  voyages  :  après  avoir  chevauché 
dorant  une  joitrnée»  la  princesse  et  les  femmes  de  sa 
suite  étaient  obligées  d'en  consacrer  deux  ou  trois  au 
repos  (i). 

L'infante  était  à  peine  arrivée ,  qu'elle  chargea  d'al- 
ler eoniplimenter  l'Empereur  lun  des  principaux  per- 
sonnages de  sa  suite,  Manuel  de  Melo>  grand  veneur 
du  roi  don  Sébastien  (2);  l'Empereur,  de  son  côté,  lui 
envoya  don  Antonio  Puertocarrero,  en  son  nom  et  en 
celui  de  la  princesse  gouvernante  (5). 

Doua  Maria  manifesta  la  joie  la  plus  vive  en  re- 
voyant sa  mère.  Cependant  tout  ce  que  la  relue  put 
lui  dire,  toutes  les  supplications  quelle  lui  fit,  pour 
l'engager  à  vivre  avec  elle,  la  trouvèrent  inébranlable  : 
die  s'excusa  sur  l'engagement  qu'elle  avait  pris  de  re*- 
tourner  à  Lisbonne;  elle  prétexta  aussi  le  besoin  qu'elle 
avait  de  régler  ses  affaires.  Elle  partit  donc  le  7  fé- 
vrier, comblée,  par  sa  mère  et  sa  tante,  de  présents 
qui  furent  évalués  à  200,000  ducats  (4). 

La  reine  Êléonore  se  mit  en  route  le  10  pour  Gua- 
dalajara,  où  elle  devait  établir  sa  résidence.  Depuis 


(1)  Tome  II,  pp.  399-300. 

(51)  Tome  I,  p.  3B0j  t.  H,  p.  305. 

(3)  Tome  I ,  p.  !2»5. 

(4)  Tome  I,  pp.  ^50,  254,  â(K)-!265,  264-265;  U  II,  pp.  305, 
360. 


(  XCII  ) 

longtemps,  sa  santé  était  altérée;  elle  avait,  comme 
TEmpereur,  son  frère ,  un  asthme  qui  la  tourmentait 
beaucoup,  et  son  état  s*était  aggravé  par  les  souffrances 
morales  que  cette  longue  et  pénible  négociation  de 
Portugal  lui  avait  causées*  Le  chagrin  de  n*avoir  pu 
retenir  sa  fille  auprès  d'elle  porta  le  dernier  coup  à 
cette  organisation  déjà  si  affaiblie.  Dans  le  trajet  de 
Badajoz  à  Talavefuela,  la  reine  eut  un  accès  de  fièvre, 
accompagné  d'une  toux  violente,  et  le  mal  prit  tout 
d'un  coup  un  caractère  tel  qu'elle  ne  put,  en  arrivant  à 
Talaveruela ,  ni  se  mettre  au  lit,  ni  même  se  dépouiller 
de  ses  vêtements.  Elle  fut  ainsi  pendant  huit  jours,  au 
bout  desquels  elle  rendit  le  dernier  soupir. 

La  fin  de  cette  princesse,  qui,  selon  l'expression  du 
grand  commandeur  d'Alcantara,  don  Luis  d'Âvila  y 
Zuniga,  t  était  véritablement  une  sainte  innocente,  et 
»  n'avait  pas  plus  de  malice  qu'une  colombe  (1),  »  fut 
touchante  et  exemplaire.  Jusqu'au  dernier  moment, 
elle  conserva  toute  sa  connaisance.  Elle  se  confessa ,  et 
reçut  les  sacrements  avec  la  plus  grande  dévotion.  Elle 
montra  une  résignation  parfaite  à  la  volonté  de  Dieu. 
Elle  fit  des  libéralités  à  tous  ses  serviteurs.  Elle  avait, 
antérieurement,  exprimé  la  volonté  qu'on  I enterrât 
sans  la  moindre  pompe,  et  dans  le  lieu  même  où  elle 
mourrait  :  on  eut  beaucoup  de  peine  à  la  persuader  de 
laisser  ce  dernier  point  à  la  disposition  de  l'Empe- 
reur (2). 


(1)  Tome  11,  p.  515. 

(2)  Tome  1,  pp.  266,  275;  t.  Il,  pp.  560-561. 


(  XCHI  ) 

Cbarles-Quint,  avant  de  savoir  ce  qui  se  passait  à 
Talaveraela»  avait  envoyé  le  secrétaire  Gaztelù  à  la 
reine  de  Hongrie  »  à  l'occasion  de  quelques  nouvelles 
venues  des  Pays-Bas  :  dès  qu'il  fut  informé  des  dangers 
que  couraient  les  jours  de  sa  sœur  ainée»  il  fit  monter 
Qnijada  à  cheval ,  afin  d'aller  s'assurer  sur  les  lieux  de 
l'état  des  choses.  Le  fidèle  majordome  n'arriva  à  Tala- 
veruela  que  pour  voir  se  fermer  les  yeux  d'Êléonore  (1). 
Gaztelù,  la  veille,  avait  été  admis  deux  fois  en  sa  pré* 
sence ,  et  avait  recueilli  de  sa  bouche  l'expression  de  la 
confiance  qu'elle  plaçait  dans  les  bontés  de  l'Empereur, 
è  qui  elle  recommandait  sa  fille  (2). 

Dona  Maria  n  apprit  qu'elle  avait  perdu  sa  mère, 
que  lorsqu'elle  était  déjà  de  retour  à  Lisbonne  (5). 


X. 


Le  royaume  de  Navarre,  après  avoir  passé  des 
comtes  de  Champagne  aux  rois  de  France,  des  rois 
de  France  aux  comtes  d'Ëvreux,  des  comtes  d'Ëvreux 
aux  rois  d'Aragon  et  aux  comtes  de  Foix,  apparte- 
nait, en  1512,  à  Catherine,  héritière  de  cette  dernière 
maison ,  et  à  Jean  d'Âlbret,  son  époux.  Depuis  bien  des 
années,  Ferdinand  le  Catholique  convoitait  la  posses- 
sion d'un  pays  qui  formait  le  prolongement  naturel  de 


(1)  Tome  1,  pp.  275270. 

(2)  /M.,  pp.S70-S7t. 

(3)  /6w/.,p.  S8I. 


(  XCIV  ) 

la  Casiille.  Prenant  prétexte  de  oe  que  Jean  d^Albret 
et  la  reine  y  sa  femme,  favorisaient  la  France  avec  qui 
il  était  en  guerre,  et  de  ce  que  le  pape  Jules  II  les 
avait  excommuniés,  il  fit  entrer  en  Navarre  une  armée 
nombreuse,  qui  s'en  empara.  Ce  fut  en  vain  que  Jean 
d*Albret,  aidé  de  Louis  XII,  tenta  de  la  reconquérir: 
les  troupes  françaises  furent  battues  et  forcées  de 
repasser  la  frontière.  Ferdinand,  Voulant  ôter  aux 
princes  qu'il  avait  dépossédés  tout  espoir  d'être  réta* 
blis  dans  leurs  domaines  «  fit  déclarer  aux  cortès  as- 
semblées  à  Burgos,  dans  le  mois  de  juin  1515,  qu'il 
incorporait  à  perpétuité  la  Navarre  aux  couronnes  de 
Castille ,  de  Grenade  et  de  Léon.  Il  ratifia  cette  décla- 
ration en  personne,  devant  les  députés  des  cortès»  le  7 
du  mois  suivant  (1). 

Charles- Quint,  dans  les  commencements  de  son 
règne,  sembla  disposé  à  reconnaître  les  droits  de  la 
maison  d'Âlbret,  ou  du  moins  à  transiger  sur  ces 
droits  avec  elle.  Par  le  traité  qu'il  conclut  à  Noyon  avec 
François  V^  (13  août  1516),  il  convint  «  qu'aussitôt 
»  qu'il  serait  en  ses  pays  d'Espagne,  où  il  espérait  aller 
»  de  brief ,  s'il  plaisait  à  la  reine  de  Navarre  et  ses 

>  enfants  (2)  envoyer  leurs  ambassadeurs  devers  lui, 
»  pour  lui  faire  remontrer  le  droit  qu'ils  prétendaient 

>  audit  royaume,  il  les  contenterait  selon  la  raison,  en 

>  manière  qu'ils  se  devraient  raisonnablement  con- 


(i)  Sandoval,  I/istoria  de  Carlos  V,  liv.  I,  pp.  24-36.  — Galland, 
àlém,  pour  VhUt,  de  Navarre  et  de  Flandre,  pp.  4-7,  et  Preuvei,  p.  66. 
(2)  Jean  d'Albret  était  mort  le  47  juin  4516. 


(  xcv  ) 
t  tenter  (t).  >  Il  répondit  à  des  ambassadeurs  que  Ca- 
therine de  Poix  lui  envoya  à  Bruxelles  dans  le  même 
temps  :  c  qu*il  n'était  pas  encore  bien  informé  du  droit 

>  qui  lui  pouvait  compéter  et  appartenir  au  royaume 
»  de  Navarre;  qu'il  ne  Tavait  pas  pris,  mais  l'avait 
»  trouvé  en  l'héritage  et  succession  qui  lui  était  avenu 
»  du  feu  roi  catholique;  qu'il  s'informerait  de  son  droit 
t  et  de  celui  que  ladite  dame  prétendait  lui  compéter 
»  et  appartenir,  et  qu^il  ferait  ensuite  accomplir  les 

>  stipulations  du  traité  de  Noyon;  qu'il  ne  voulait  ni 
i       >  n'était  délibéré  tenir  ni  occuper  chose  qui  ne  lui 

»  compétât  et  appartint  par  bon  titre  (2).  » 

Mais  ces  dispositions ,  en  admettant  qu'elles  fussent 
sincères,  ne  furent  pas  de  longue  durée.  Charles  fit  une 
réponse  évasive  à  de  nouveaux  députés  que  la  reine 
Catherine  lui  envoya,  en  4517,  à  Arras  (5).  A  peine 
arrivé  en  Castille,  il  répondit  aux  certes,  qui  le  sup- 
pliaient de  conserver  la  Navarre  comme  appartenante 
à  la  couronne,  que  sa  volonté  était  db  la  tenir  a  tou^ 
JOURS  (4).  Aussi  ne  consentit-il  évidemment  que  pour 
la  forme,  à  laisser  mettre  son  droit  en  question  dans 
les  conférences  de  Montpellier  (5)  et  de  Calais  (6);  et, 


{\)  DmoivT,  Corps  diplam,,  t.  IV,  part  !,  p.  428. —  Gailand,  p. 70. 
(S)  Galland,  Preuvet,  p.  125. 

(3)  /Wa.,  lîv.  I,  p.  7t. 

(4)  Sandoval,  lîv.  III,  p.  95. 

(5)  Ibid.,  p.  toi. 

(6)  Galland,  Mémoires,  prcliminaîrcs  du  livre  L  —  Papiert  d'Étal 
du  cardinal  de  Granvelle,  U  I,  p.  125  et  suiv. 


(  XCVI  ) 

lorsqu'il  conclut  avec  François  T' les  traités  de  Madrid , 
de  Cambrai  et  de  Crépy,  il  eut  grand  soin  de  profitei' 
des  conjonctures,  pour  détacher  ce  monarque  de  ses 
engagements  envers  la  maison  d*Albret  (i). 

Catherine  de  Foix  était  morte  le  12  février  1517, 
laissant  pour  successeur  son  fils  Henri  d^Albret.  Ce 
prince,  que  soutenait  une  puissante  armée  française, 
essaya,  en  1521,  de  rentrer  par  la  force  dans  les  États 
dont  il  se  voyait  injustement  dépouillé  ;  il  n'y  réussit 
point  (2). 

Charles-Quint,  cependant,  n'était  pas  sans  quelques 
scrupules  relativement  à  la  possession  de  la  Navarre. 
Dans  l'instruction  qu'il  rédigea  pour  son  fils  à  Âugs- 
bourg,  en  1548,  après  l'avoir  engagé  à  se  remarier 
avec  une  princesse  de  France,  il  lui  donnait  le  conseil, 
si  la  chose  ne  pouvait  avoir  lieu,  de  prendre  pour 
femme  la  fille  de  Henri  d'Âlbret  et  de  Marguerite 
d'Angoulème,  à  condition  que  par  cette  alliance  les  pré- 
tentions de  la  maison  d'Albret  sur  la  Navarre  demeu- 
reraient éteintes  (5).  Au  testament  qu'il  fit  à  Bruxelles, 
en  1554,  il  joignit  un  écrit  cacheté  ainsi  conçu  :  c  En 
»  ce  qui  touche  le  royaume  de  Navarre,  bien  que  le 
»  roi  catholique  don  Ferdinand ,  mon  seigneur  et  aïeul, 
»  l'ait  gagné  et  conquis,  et  qu'il  soit  très-vraisembia- 
»  ble,  comme  aussi  nous  le  croyons,  que  ce  fut, pour 


(1)  Gallakd,  etc.,  pp.  76  et  77. 

(2)  Sa^doval,  iîv.  X,  p.  57i  et  suiv. 

(5)  Sakdoval,  t.  Il,  p.  586.  —  Papiers  d'État  du  cardinal  de  Grnn- 
rîh,  t.  ni,  p.  3i2. 


(  XCYII  ) 

de  justes  motifs,  vu  la  droiture  de  Son  Altesse,  la 
délicatesse  de  sa  conscience,  et  la  coutume  quelle 
eut  constamment  de  faire  toutes  choses  avec  justice; 
bien  quaprès  avoir  conquis  ledit  royaume,  Son  AU 
lesse  Tait  conservé  et  possédé  plusieurs  années,  le 
laissant,  en  mourant»  à  la  reine  ma  dame  et  à  moi 
comme  rois  de  Castille;  bien  que,  depuis  lors  jus- 
qu'à présent,  nous  l'ayons  tenu  comme  nôtre  et  pos- 
sédé de  bonne  foi,  néanmoins,  pour  plus  grande 
sûreté  de  noire  conscience ,  m)us  donnons  charge  et 
commandons  au  sérénissime  prince  don  Philippe, 
notre  fils  et  successeur  dans  tous  nos  royaumes  et 
seigneuries,  de  faire  examiner  et  vérifier,  diligem- 
ment et  sincèrement,  si  en  justice  et  raison  il  est 
obligé  de  restituer  ledit  royaume,  ou  de  fournir, 
d'une  autre  manière,  un  dédommagement  ou  une 
compensation  à  quelqu'un,  et  de  faire  accomplir  effec- 
tivement ce  qui  aura  été  ainsi  trouvé,  reconnu  et  dé- 
claré juste,  en  telle  sorte  que  mon  âme  et  ma  con- 
science en  soient  déchargées  (i).  » 
Henri  d'Aibret  mourut  le  25  mai  i555.  Quelque 
temps  avant  sa  mort,  voyant  qu'il  n'obtiendrait  rien  par 
la  France,  il  avait  oQ'ert  à  l'Kmpereur  d'abandonner 
falliance  de  Henri  II ,  et  de  joindre  ses  troupes  à  celles 
de  l'Espagne,  si  un  dédommagement  lui  était  accordé 
pour  la  Navarre.  Une  négociation  secrète  en  était  ré- 
sultée entre  eux  :  comme  Charles-Quint  se  trouvait 


(i)  PapÙTM  d'État  du  cardinal  de  Grnnretle,  t.  IV,  p.  ?$00.  ^  Gal- 
ixso,  Mémoires,  etc^p.  iOO. 

Tome  II.  y. 


(  XCVIIÎ  ) 

alors  aux  Pays-Bas,  c était  don  Beltran  de  la  Cueva, 
duc  d*Âll)uquerque ,  vice-roi  et  capitaine  général  de 
Navarre,  qui  la  suivait  en  son  nom,  et  lui  en  rendait 
compte,  au  moyen  d*un  chiffre  particulier;  un  gen- 
tilhomme nommé  Juan  Martinez  de  Ezcurra,  né  en 
Béarn,  mais  attaché  à  la  maison  d*Âlbuquerque  (1), 
servait  d'intermédiaire  aux  deux  parties.  Cette  négo- 
ciation fut  contitiuée  par  Antoine  de  Bourbon ,  duc  de 
Vendôme,  qui  avait  épousé  Jeanne,  fille  unique  de 
Henri  d*Âlbret  et  de  Marguerite  d'Angouléme,ia  même 
à  laquelle  TEmpereur  avait  songé  pour  son  fils. 

Elle  n'avait  encore  abouti  à  rien ,  lorsque  Charles- 
Quiiit  abdiqua  les  couronnes  des  Espagnes  (2)  :  toute- 
fois les  deux  parties  semblaient  peu  éloignées  de  s'en- 
tendre. L'Empereur  aurait  donné  à  Vendôme  le  duché 
de  Milan,  qu'il  aurait  érigé  en  royaume  de  Lombardie; 
une  ligue  et  confédération  perpétuelle  ou  temporaire 
aurait  été  faite  entre  eux,  et  cimentée  par  des  alliances 
de  famille.  Vendôme  aurait  remis  à  l'Empereur  Na- 
varreins  et  les  autres  places  fortes  qu'il  possédait  tant 
sur  les  frontières  d'Espagne,  qu'en  Flandre,  en  Artois 
et  en  Hainaut;  il  l'aurait  aidé  à  conquérir  Bayonne, 
Bordeaux  et  d'autres  terres  de  la  domination  du  roi  de 
France,  en  joignant  aux  troupes  impériales  un  corps 


(i)  C'est  De  Thou  qui  désigne  ainsi  Ezcurra,  en  parlant  du  voyage 
que  le  rui  de  Navarre  fil  en  Espagne  en  1559  :  «  Quendam  Lescu* 
»  rium  nomine  —  dit-il  —  qui,  lîcot  Benearni  pago,  in  famtlia  Albu- 
*  quercii  crat.  »  Historiartim  lib.  XXIII,  édiU  de  Londres,  in-fol., 
1733,  1. 1.  p.  796. 

(2)  Voy.  notre  Introduction,  pp.  Mi  et  H 2. 


E 


(  Ï<^IX  ) 
d'armée  pourvu  d*artilierie ,  de  munitions,  de  vivrez  et 
des  autres  choses  néciBssaires  (1 1. 

La  trêve  de  Vauceiles,  qui  suivit  de  près  les  abdica- 
tions de  Charles-Quint,  eut  pour  conséquence  de  faire 
suspendre  la  conclusion  d^  ces  arrangements.  Phi'» 
iippe  II  n'avait  plus  autant  besoin  du  duc  de  Vendôme, 
et  il  n'était  guère  disposé  à  se  dessaisir  du  Milanais, 


(I)  Lettre  da  duc  d'Âlbuqucrque  à  Philippe  II,  du  45  mars  155H, 
citée  jHir  M.  Mionet,  Charleg-QHinl ,  etc.,  %»•  édit,  p.  Ittd. 

Le  conlCBU  de  cette  lettre  est  ooniiriné  par  le  préambule  des  lettres 
de  plein  pouvoir  de  Philippe  II,  du  16  février  i557,  dontnouf  par* 
Ions  plus  loin.  Voici  ce  qu'on  y  lit  : 

«  Por  quanto  entre  nos  y  et  rey  y  principe  Mos.  de  Vandoma,  nuesin» 
iiNiy  diaro  y  muy  amado  primo,  se  ha  tratado  y  platicado,  y  se  trata 
y  ptatîca,  por  el  amor  y  deudo  que  entre  nosotros  hay,  de  haoer  uda 
11^  y  eonfederacion  perpétua  6  temporal,  y  de  coufirmarlà  y  edta- 
blecerla  mas,  por  medio  de  ciertos  matrimonios,  dandonos  y  entregân- 
donos  à  Navarrens  y  otras  plaças  y  sitîos  fucrtes  que  ahi  tîene  en  sus 
Eslados,  asi  à  la  froutera  de  Espafla,  eomo  estas  de  Plandes,  Artué:^ 
y  UeiMO,  y  ayudândonos  a  ganar  y  conquistar  à  Bayona  y  Bordées  y 
otras  tierras  subjectas  al  rey  de  Francia,  dando  para  elto  |ente, 
artillerîa,  municiones,  victuallas  y  otras  cosas  que  sarân  necesarias 
(pagado  à  su  cosia),  y  nos  por  el  consiguicnte  le  habemos  de  dar, 
eetregaf  y  Apoderar  del  Estado  de  Milan  eon  las  fuerzas,  plaçtfs  y 
fronteraa  que  Uene,  y  eon  las  rentas  ordinarias  y  éstraordliiâriAs  y 
jurisdietion  civil  y  criminal,  y  todos  los  olros  drcobos  y  actiones  que 
tenemos  y  podcmos  tener,  assi  por  via  de  poscsion  como  en  otra  eual- 
quier  manera,  y  que  juntarénios  y  formarénios  egército  para  entrar 
eo  Francia  y  hacer  la  guerra  é  sus  aliados  y  confoderados^  siendu 
amîgos  de  amigos  y  eneinigos  de  encmigos,  eon  ciertas  condiciones, 
apuoctamicntos  y  declaraciones  que  se  harén  y  pornân  en  la  capitu- 
laeioo  que  entre  nos  y  el  dicho  rt^y  y  principe  se  harân  y  concluirân 
segun  se  trata  PC  y  acurdare,  etc.  »  (Archives  de  Slmancas,  Esiado, 
nasse  Kl  4.) 


"-\ 


(O 

pour  l6  seul  motif  de  dédommager  ce  prince  de  la  perte 
de  la  Navarre. 

La  politique  conseillait  pourtant  de  ne  pas  ôter  à 
Antoine  de  Bourbon  tout  espoir  d*une  entente  pro- 
chaine. Aussi  TËmpereur,  quand  le  duc  d*Albuquerque 
vint  le  trouver  à  Burgos,  Tengâgea-t-il  à  entretenir  la 
néigociaiion  jusqu'au  retour^u  roi  en  Espagne,  l'assu- 
rant que  son  fils  ferait  ce  qu'il  avait  voulu  faire  lui- 
même,  et  promettant  d*y  contribuer  selon  son  pou- 
voir (1).  Le  duc  était  accompagné  d'Ezcurra.. Celui-ci, 
ayant  sollicité  de  TEmpereur  une  audience  particulière, 
lui  dit  que,  si  l'invasion  qu'on  avait  projetée  en  France 
se  réalisait,  M.  de  Vendôme  ne  marcherait  pas  sous  les 
ordres  d'Albuquerque,  ni  même  avec  lui;  quils  n'é- 
taient pas  bien  ensemble.  Charles,  avant  de  quitter  Yal- 
ladolid,  donna  avis  de  ces  particularités  à  son  fils  (2). 

Antoine  de  Bourbon  avait  senti  que  la  trêve  pouvait 
modifier  les  dispositions  du  roi  d'Espagne,  et  c'était 
sur  ses  instances  qu'Albuquerque  et  Ezcurra  s'élaienl 
rendus  à  Burgos.  La  réponse  de  l'Empereur  ne  le  satis- 
fit aucunement;  il  fit  signifier  à  Ezcurra,  par  un  de 
ses  secrétaires,  qu'il  nentetidait  pas  être  tenu  ainsi  le 
bec  dans  Ceau,  et  qu'on  devait  se  décider  dans  un  sens 
ou  dans  un  autre,  afin  qu'il  agit  en  allié  ou  en  ennemi. 
€  J'admire — écrivait-il  —  qu'on  se  moque  ainsi  de  moi, 
»  et  qu'on  me  croie  assez  simple  d'esprit  pour  ne  pas 


(1)  TomeJI,  p,  405, 

(2)  JLid. 


(Cl) 

>  m*apercevoir  que  tous  ces  délais  sont  des  leurres  (l).  » 
Ëzcurra,  après  avoir  fait  part  de  cette  comnounica* 
tîon  au  duc  d*Âlbuquerque ,  qui  expédia  aussitôt  un 
courrier  aux  Pays-Bas,  afin  d*en  informer  le  roi,  alla 
en  rendracompteàrEmpereur,  à  Jarandilia  (2). Charles 
lui  manifesta  les  meilleures  intentions  pour  le  roi  de 
Navarre,  mais  il  éluda  toute  espèce  d'engagennepl:  étant 
éloigné  des  affaires,  et  à  la  veille  d'entrer  dans  son 
monastère,  il  ne  pouvait,  lui  dit-il,  rien  décider;  il 
fallait  attendre  les  ordres  du  roi,  et  jusque-là  continuer 
la  négociation  (5). 

La  réponse  de  Philippe  li  parvint  au  duc  d'Âibu- 
querque  le  il  janvier  1557;  elle  était  de  nature  à  ra- 
nimer les  espérances  d*Ânloine  de  Bourbon.  Le  duc 
s'empressa  d'en  instruire,  par  Tentremise  d'Ë2Curra, 
le  secrétaire  de  ce  prince,  lequel  attendait  sur  la  fron- 
tière de  Navarre,  et  celur-ci  ne  perdit  pas  un  instant 
pour  le  faire  savoir  à  son  maître.  Antoine  de  Bourbon 
montra  une  grande  satisfaction  à  cette  nouvelle  :  il 
demanda  qu  Ezcurra  vint,  en  compagnie  d*un  antre  de 
ses  secrétaires,  qu'il  envoya  expressément,  lui  com- 
muniquer cette  réponse  du  roi  dans  sa  ville  de  Ven- 
dôme, où  il  se  rendrait,  sous  prétexte  de  visiter  ses 
vassaux  (4). 

Ce  fut  sur  ces  entrefaites  que,  au  mépris  de  la  trêve, 


(t)  Charten-Quint ,  etc.,  par  M.  Mig.nkt,  p.  187. 
(2)  Tome  I ,  p.  67;  L  II ,  p.  I3i, 
^3)  Cfiarïes-Quint ,  etc.,  par  M.  MiGiMT,  p.  tSS. 
(4)  Tome  II,  pp.  t5i-495. 


1^ 


(en) 

les  hostilités  recommencèrent  de  la  part  de  la  France. 
Philippe  II,  cherchant  des  appuis  partout,  comprit 
rîmportance  de  terminer  dans  un  bref  délai  la  négocia- 
tion entamée  avec  le  roi  de  Navarre,  et,  pour  Taccé- 
iérer,  il  fit  prier  son  père ,  par  Rny  Gomez ,  de  s'en 
charger  lui*»méme.  Il  écrivit,  le  5  février,  au  duc  d*AI- 
huquerque  : 

<  Le  retard  que  souffre  la  réponse  sur  cette  affaire 
que  vous  savez ,  et  les  difficultés  qu  il  y  aura  à  la  traiter 
ici,  à  cause  du  renouvellement  des  hostilités,  qui  em- 
pêcheront que  les  informations  y  parviennent  avec  la 
promptitude  nécessaire,  m*ont  déterminé  à  faire. sup- 
plier S.  Mm  par  Buy  Gomez,  de  vouloir  prendre  la 
peine  de  désigner  là  bas  telle  personne  qu'elle  jugera  à 
propos  pour  suivre  la  négociation,  attendu  que  vous 
devez  venir  ici,  et  qu  il  ne  convient  en  aucune  manière 
de  perdre  une  minute  de  temps,  dans  la  situation  où 
sont  les  choses.  J*ai  cru  devoir  vous  faire  part  de  celai 
afin  que,  pendant  que  vous  serez  encore  en  Navarre, 
vous  informiez  S,  M.  de  ce  qu'aura  répondu  cette  per- 
sonne (1),  et  de  ce  qui  se  sera  encore  passé  dans  cette 
affaire  :  S.  M.  y  okdomnbra,  déterhinera  bt  pourvoira 

AINSI  au'fitLB   LB   TROUVERA  CONVENABLE ,   SRUS   qu'il   SOÎl 

besoin  de  recourir  à  moi.  Seulement,  vous  m'aver^^ 
lirez  de  ce  qui  se  sera  fait ,  mais  sans  attendre  ma  ré- 
ponse. Vous  écrirez  aussi  à  Ruy  Gomez,  le  priant  de 
vous  mander  si  S.  M.  accepte,  car  je  ne  voudrais  pas 


(i)  Antoine  de  Bourbon. 


(  cm  ) 
quon  rimportunât,  avant  de  connaître  sa  volonté  (1).  » 

Sous  la  date  du  16  février,  Philippe  fit  expédier  des 
letfres  de  plein  pouvoir  en  blanc»  pour  le  négociateur 
qui  recevrait  de  son  père  la  charge  de  conclure  avec  le 
roi  de  Navarre. 

Charles-Quint  acquiesça  aux  désirs  du  roi. 

Cependant  Ezcurra  revint  à  Valladolid,  dans  le  mois 
d'avril,  du  voysige  qu'il  avait  fait  à  Vendôme.  Il  avait 
donné  connaissance  à  Antoine  de  Bourbon,  en  pré- 
sence de  son  médecin  et  d'un  de  ses  secrétaires  (2),  des 
conditions  auxquelles  le  roi  était  prêt  à  traiter  avec  lui; 
mais  ils  n'avaient  pu  tomber  d'accord  :  ce  prince  vou- 
lait être  mis  en  possession  de  l'État  de  Milan,  avant 


(1)  «  Vi5to  lo  que  tarda  la  respucsta  de  aquel  negocio  quesabeis, 
y  las  dificultades  que  habrân  eu  tratar  por  acâ  dello ,  por  haberse 
roto  la  guerra  y  no  poder  venir  los  avisos  con  la  brevedad  que  es 
menester,  me  ha  parescido  enviar  à  suplicar  a  S.  M.,  con  Ruy  Gomez, 
sea  servido  de  tomar  trabajo  de  mandar  entcnder  alla  en  ello  à  la 
persona  que  le  paresciere,  por  haber  vos  de  venir  acà,  y  no  convenir 
CD  ningona  manera  que  se  pierda  hora  ni  puneto  de  lienipo,  estaudo 
las  Gosas  eu  el  estado  en  que  cstàn.  Hsr  nos  parescido  avisaros  dcllo, 
para  que  lo  sepais,  y  que  entre  tanto  que  ahi  estuviércdes ,  dels  aviso 
â  S.  M.  de  lo  que  ha  respondido  aquel  la  persona',  y  de  lo  que  mas 
pasare  en  este  negocio,  para  que  S.  M.  ordene,  détermine  y  provea 
conio  le  paresciere,  sin  que  haya  uecesidad  de  ocurrir  a  mi;  sola- 
mente  me  haréis  saber  lo  que  pasare,  porque  esté  prevenido,  sin 
esperar  respuesta  de  aca,  y  à  Ruy  Gomez  escribiréis  para  que  os  ad- 
vierta  si  S.  M.  lo  aceptô,  porque  no  se  le  de  pesadu^nbre,  sin  primero 
saber  su  voluntad.  De  Bruselas,  â  très  de  hebrero  1557.  «  (Archives 
deSimancas,  E»tado,  liasse  5 14.) 

(%)  Tome  II,  p.  17». 


(  civ  ) 
de  délivrer  ses  places  fortes  et  ses  fils  (I),  tandis  que 
Philippe  prétendait  que  la  délivrance  eût  lieu,  de  part 
et  d'autre,  dans  le  même  temps.  Bourbon  assurait  d'ail- 
leurs qu'il  avait  un  moyen  de  donner  au  roi  d'Espagne 
toutes  les  garanties  qui  pouvaient  être  désirées  par  lui  ; 
mais  ce  moyen,  il  ne  le  faisait  pas  connaître.  Ezcurra 
était  porteur  de  la  réponse  écrite  du  roi  de  Navarre, 
en  date  du  4  février  (2). 


(i)  Il  devait  avoir  alors  deux  fils  :  Faine  était  le  prince  Henri, 
qui  fui  depuis  Henri  IVj  nous  ne  trouvons,  ni  dans  YArl  de  vérifier  ics 
daies,  ni  dansMoRÉRi,  des  indications  certaines  sur  Tautre. 

(!2)  CVst  ce  qui  résulte  des  passages  suivants  de  rinstniclion 
donnée  par  Philippe  II  à  Ruy  Goniez,  \c  iTt  avril  1557  :  v  Lo  pri- 
»   niero,  que  proeurando  de  dcjar  â  Valladolid,  en  la  niejor  ordcn 

»   (|ue  fuere  posîblc,  lo  que  llevastes  â  cargo yréis  luego  â  dar 

w  cuenta  al  Eniperador  mi  senor  de  lo  que  ahora  se  escribe,  asi  sobre 
»»   lo  de  Mos""  de  Vandonia  conio  sobre  lo  del  dincro  y  todo  lo  dénias 

•  que  ocurre  en  todas  partes;  y  hccho  esto,  y  vinîendo  S.  M.  en  que 
»  se  ponga  on  ejecucion  lo  del  dicho  Mos'  de  Vandoina  conforme  à  lo 
»  que  abajo  se  dira,  os  parliréis  é  îréis  à  Navarra,  al  tiempo  que 
i>  vicrcdcs  nias  convenir  al  bien  del  ncgocio,  asi  para  apretarle  y 
»   concluirle  ànles  que  se  picrda  la  ocasîon,  conio  para  descmbara- 

*  raros  vos  del  lo  mas  presto  que  scr  pueda,  por  la  neccsidad  qu«  de 
»  vuestra  presencia  habrâ  en  los  otros  négocies  j  y  el  tilulo  y  voz  que 
»   habeis  de  dar  à  vuestra  ida  a  Navarra,  y  lo  que  se  ha  de  publicar, 

•  sera  que  es  A  asentar  con  el  duque  de  Alvurquerque  lo  de  su  venida 

*  aca,  entre  tanto  que  la  gente  se  hace  y  camina  y  el  armada  se 
i>  aprcsta;  y  llegado,  le  pediréis  que  os  muestre  la  respucsla  que  el 
»  dicho  Mos»"  de  Vandonia  dio  sobre  el  negocîo  principal  A  los  cuairo 
«  de  febrero,  y  la  carta  que  cl  duque  nos  escrîl>îô  à  los  vcînte  y  uno 
»  del  niismo,  por  donde  veréis  particularmentc  lo  que  ha  pasado,  y 
1»  los  niedios  que  el  de  Ezcurra  le  propuso  sobre  la  manera  de  la 
»  entrega,  y  la  ûltima  rcsolucion  que  tonio,  pcrsiSt4endo  en  que  pri- 


(  cv  ) 

Selon  les  ordres  de  la  princesse  donî\  Juana,  il  fil 
rapport  de  sa  mission  dans  une  conférence  à  laquelle 
assistaient,  avec  Ruy  Gonoez,  deux  des  principaux  con- 
seillers de  la  gouvernante,  don  Garcia  de  Tolède  et 
Gutierre  Lopez  de  Padilla.  Ces  ministres  furent  d*avis 
de  continuer  la  négociation,  en  faisant  savoif  à  Bour- 
bon que  le  roi  avait  envoyé  ses  pouvoirs  pour  traiter, 
et  qu  on  ne  tarderait  pas  à  nommer  un  plénipoten- 
tiaire: mais  il  leur  parut  convenable  que  préalablement 
Ezcurra  allât  rendre  compte  de  fout  à  l'Empereur  (1), 

Ezcurra  fut  reçu  par  Charles-Quint,  à  Yuste,  le  28 
avril.  L'Empereur,  l'ayant  écouté  avec  attention,  lui 
dit  que,  si,  dans  celte  affaire,  le  duc  de  Vendôme  avait 
des  intentions  aussi  droites  qu  il  l'avait  toujours  assuré 
et  qu'on  devait  l'attendre  d'un  personnage  tel  que  lui, 
il  s'abusait  beaucoup,  en  demandant  qu'on  lui  remit  le 
Milanais,  avant  que  lui-même  il  Ht  la  remise  de  Navar- 
reins  et  de  ses  autres  places  fortes  :  car  il  était  mani- 
feste que,  de  quelque  manière  qu'eût  lieu  la  délivrance, 
le  roi  de  France,  aussitôt  qu'il  aurait  vent  de  la  chose , 
s'emparerait  de  tous  ses  Ëtats ,  et  alors  la  plupart  de 
ses  amis  et  des  autres  personnes  sur  lesquelles  il  comp- 
tait viendraient  à  lui  manquer.  Charles  ajouta  qu'il  avait 


•  nicro  ha  de  scr  puGSto  on  la  poscsion  de  Milan,  y  que  dcspucA 

•  cntrfgarâ  sus  plaças  c  hijos  en  rehencs  :  que  e.s  cl  punto  suslaiirial , 

•  ^M>bre  que  lanto  se  ha  dcbatido,  etc.  »  (Archives  de  Siniancus,  Eëtculo, 
liasse  514.) 

(1)  Tome  II,  pp.  175-174. 


(  CVI   ) 

la  meilleure  opinion  du  duc  .de  Vendôme;  qu  ainsi  il 
se  fierait  à  lui  pour  TËlat  de  Milan ,  et  bien  plus»  pour 
la  Navarre  et  la  Caslille ,  mais  que  les  choses  deman- 
dées par  ce  prince  étaient  contraires  à  ses  intérêts  pro- 
pres, surtout  si,  comme  il  le  disait,  il  était  mal  avec  le 
roi  de  France,  et  qu  elles  le  conduiraient  à  sa  perte; 
qu'il  ne  pourrait  d'ailleurs  défendre  TËtat  de  Milan  sans 
la  faveur  et  le  secours  du  roi  Philippe,  de  qui  dépen- 
daient son  bien  et  Taccroissement  de  sa  grandeur;  qu'il 
était  donc  juste  qu'il  eût  confiance  dans  le  roi;  que  plus 
il  donnerait  au  roi  de  gages  d'amitié,  et  s'exposerait 
pour  lui,  et  plus  étroite  serait  robiigalion  du  roi  d'ac- 
complir ses  promesses;  que  si,  pour  sa  plus  grande 
satisfaction,  le  duc  voulait  qu'il. s'obligeât  lui-même,  il 
le  ferait,  aûn  de  montrer  combien  lui  et  son  fils  dési- 
raient la  conclusion  de  cette  affaire,  mais  qu'il  fallait 
en  finir  promplement  et  convenablement  (1). 

Charles  donna  connaissance  à  la  princesse  gouver- 
nante du  langage  qu'il  avait  tenu  à  Ezcurra,en  l'accom- 
pagnant de  quelques  observations  :  <  Je  me  souviens  — 

>  lui  écrivit-il — que,  quand  cette  négociation  fut  mise 
»  sur  le  tapis,  ce  fut  dans  l'hypothèse  que  la  guerre 
»  serait  commencée  par  moi  ou  par  le  roi  mon  fils  ;  et 
»  comme,  dans  ce  cas,  le  duc  de  Vendôme  offrait  ce 
»  dont  il  est  question,  on  lui  demanda,  pour  sûreté 

>  de  l'accomplissement  de  ses  offres,  les  conditions 
»  déjà  connues.  Or,  aujourd'hui,  les  hostilités  sont 


(1)  Tome  II,  pp.  176-177. 


(  CVIl  ) 

commencées  par  le  fait  du  roi  de  France,  le  roi  mon 
fils  rassemble  une  armée  de  terre  et  une  floUe,  et 
Ton  espère  le  secours  des  Anglais.  Ce  que  le  duc 
attendait,  avant  de  se  déclarer  pour  nous,  est  ainsi 
réalisé.  Il  semble  donc,  si!  a  les  intentions  quil  a 
témoignées,  quil  devrait  se  déclarer  à  présent,  et 
s  il  le  faisait,  qu'il  ne  serait  peut-être  pas  tant  néces- 
saire d*exiger  les  sûretés  et  les  forteresses  qu  on  vou- 
lait avoir  auparavant  :  car,  en  réunissant  des  troupes 
sous  prétexte  d'envahir  la  Navarre,  tandis  que  ces 
royaumes  eu  réuniraient  aussi  comme  pour  lui  ré- 
sister, il  se  trouverait,  parait-il,  si  obligé  et  si  engagé 
daus  Taflaire,  que,  au  cas  quon  eût  à  lui  céder  Mi- 
lan, on  pourrait  le  lui  délivrer  avec  moins  de  doute 
et  de  difficulté;  et  uon-seulement  alors  il  remettrait 
les  forteresses  qu  il  a  sur  celte  frontière,  mais  encore 
il  tâcherait  de  remettre  celles  qu'il  a  en  Picardie,  et 
à  enlever  au  roi  de  France  toutes  les  places  qu  il 
pourrait  (1).  » 
L'Empereur  invitait  la  gouvernante  à  faire  examiner 
ces  observations  par  son  conseil  :  «  Néanmoins  — 
>  poursuivait-il  —  si  le  duc  de  Vendôme  persistait  dans 
»  ce  qu'il  a  dit  à  £zcurra ,  je  croirais  qu'il  n'a  pas 
»  autant  de  désir  de  se  concerter  avec  nous  qu'il  l'as- 
»  sure,  puisqu'il  est  si  clair  que  ce  qu  il  demande  doit 
»  lui  tourner  à  mal ,  et  plutôt  on  pourrait  soupçonner 
»  le  contraire.  En  tout  cas,  il  y  aurait  avantage  à  en- 


(1)  Tome  II,  p.  177. 


(   CVIIl  ) 

»  (retenir  la  négociation,  spécialement  pour  le  cas  que 
»  Vendôme  eût  le  dessein  d'entreprendre  cette  année 
»  quelque  chose  contre  la  Navarre,  le  roi  mon  fils  étant 
»  dans  les  embarras  que  vous  savez.  Vous  me  donnerez 
»  avis  de  la  résolution  définitive  qui  se  prendra,  afin 
>  que,  après  l'avoir  vue,  je  puisse  vous  dire  ce  que  j'en 
»  pense.  Veillez  à  ce  que  le  secret  soit  gardé  dans  cette 
»  affaire,  et  qu'on  prenne  en  Navarre  toutes  les  mesures 
»  de  précaution  quil  convient  (I).  > 

La  princesse  doiîa  Juana,  ayant  d'abord,  selon  les 
intentions  de  l'Empereur,  communiqué  sa  lettre,  à  la 
reine  de  Hongrie,  réunit  ensuite  en  conseil  RuyGomez, 
don  Garcia  de  Tolède  et  Gutierre  Lopez  de  Padilla;  elle 
était  présente,  ainsi  que  la  reine.  Ëzcurra  rapporta  la 
dernière  réponse  que  le  roi  de  Navarre  lui  avait  faite, 
et  ce  que  lui  avait  dit  TKmpereur  :  il  se  retira  après  ce 
rapport.  La  délibération  qui  suivit  fut  longue.  Toutes 
les  considérations  exprimées  par  l'Empereur  furent 
trouvées  d'une  justesse  frappante.  Knfin  l'on  résolut 
quEzcurra  retournerait  auprès  du  roi  de  Navarre  (2). 
Sans  s'occuper  de  sa  dernière  déclaration ,  il  lui  dirait  : 
que  l'Empereur  avait  reçu  du  roi  les  pouvoirs  néces- 
saires pour  traiter  et  conclure  avec  lui;  que  les  deux 
Majestés  avaient  grande  volonté  de  te  faire  dans  un 
bref  délai;  que  les  circonstances  paraissaient  propices , 
puisque  la  guerre  était  déclarée,  que  les  Français 
étaient  embarrassés  en. Italie,  et  le  roi  prêt  à  envahir 


ft)  Tome  H,  p.  178. 
(2)  Ibid.,  pp.  181-182. 


(  cix  ) 

la  Picardie;  que  S.  M.  I.  8*étail  réjouie  d'apprendre 
qu*il  avait  un  moyen  de  garantir  ce  qui  serait  con- 
venu; qu*elie  désirait  beaucoup  connaître  ce  moyeu, 
pour  en  venir  plus  tôt  à  l'exécution;  qu'elle  le  priait 
donc  de  le  lui  faire  savoir;  qu'aussitôt  qu'elle  en  serait 
informée,  elle  enverrait  une  personne,  de  telle  qua- 
lité, en  tel  lieu  et  de  telle  manière  qu'il  le  jugerait 
convenable,  laquelle  aurait  commission  de  conclure  le 
traité;  que  S.  M.  attendait  avec  désir  sa  réponse  (I). 
Dans  un  mémoire  à  part,  l'instruction  suivante  fut 
donnée  à  Kzcurra  :  <  Si  le  duc  de  Vendôme  persiste  à 
9  ne  pa&  se  fier  au  roi ,  notre  seigneur,  et  à  demander 

>  qu'on  lui  délivre  TÉtat  de  Milan,  contre  la  remise  de 

>  ses  fils,  et  avant  quil  remette  lui-même  ses  places, 
»  vous  lui  proposerez,  comme  de  vous-même,  la  ga- 


(I)  «  Li)  qu'cl  scfior  d'Ezcurra  ha  de  decir  a  M.  de  Vandoma  on 
fl  ncgocio  de  que  se  tracta,  es  :  que  los  podcres  dcl  rcy  nuestro  sefior 
para  qu'elEmperador  nuestro  scDor  pucda  traclarlo  y  concluîrlo,  son 
veiiidas,  y  coino  convicnc  y  son  oicncstcr,  y  que  Sus  Magcsladcs 
Ikncn  gran  voluiitad  de  efceUiarlo  cou  brcvcdad  ;  y  ap;ora  que  eslû 
rota  la  guerni,  jiaresce  qu'es  la  saxon  y  licmpo  convenible  para  ellu, 
mayormente  estando  los  Frauceses  cmbaraszados  en  las  oosas  de 
Italia,  y  el  rcy  tan  arniado  para  entrar  y  hacerle  dano  por  Picardia; 
y  que  ba  holgado  inucho  Su  Mages tad  Cosarea  de  cntender  lo  que  le 
dijo  que  ténia  mcdio  para  poder  niejor  asegurar  la  conclusion ,  >  que 
tcmâ  gran  eonlentamiento  de  saberlo,  por  venir  mas  presto  à  efee- 
Inarlo;  y  asi  le  ruega  que  lo  déclare  y  gelo  haga  saber;  y  que  luego 
en  enteudiendo  su  vohuitad  enviarâ  persona  de  la  cuatidad  que  le 
paresciere,  y  à  su  contento,  y  adônde  y  coino  viera  que  convicne,  para 
traetar  y  concluir  el  negocio;  y  esperara  con  dcsro  su  re<ipuesta.  • 
(Archives  de  Siniancas^  Exlado^  liasse  îiiO.) 


£?r- 


'TT^T" 


m* 


(ex) 

)i  raïUie  personnelle  de  TEmpereur,  notre  seigneur.  S*il 
»  n est  pas  encore  salisfail  de  cela,  bien  que  en  bonne 

>  justice  il  doive  Tètre,  vous  lui  direz  que,  si  même 
»  le  roi  faisait  ce  qu*il  demande,  cela  serait  contre  ses 
»  intérêts  :  car,  dès  qu*on  verrait  ses  enfants  remis 
»  au  roi,  ou  Milan  passer  dans  ses  mains,  ou  même 

>  en  celles  du  duc  de  Mantoue  ou  des  Vénitiens,  la 

>  négociation  serait  découverte,  etiui  perdu.  Au  même 
»  moment,  le  roi  de  France  se  saisirait  de  ses  Etats, 

>  qu  il  n'aurait  pas  le  pouvoir  de  défendre  (1).  » 
L'Empereur  approuva  tout  cela  (â),  et  Ezcurra  se 

mit  en  route.  A  Yuste,  comme  à  Valladolid,  on  était 
persuadé  que  le  roi  de  Navarre  accepterait  les  propo- 
sitions qui  allaient  lui  être  faites,  à  moins  qui!  ne  pro- 
cédât pas  de  bonne  foi  (5). 

Le  duc  d'Albuquerque  avait  informé  le  roi  de  la 
réponse  donnée  à  Ezcurra  par  Antoine  de  Bourbon. 


(i)  0  Si  todabîa  persisticre  (el  daqtie  de  Vendoina>  en  no  oon- 

fïarse  del  rey  nuestro  seflor,  y  en  que  se  le  entregue  cl  Estado  dft 
Milan,  entregando  sus  hijos,  y  primero  que  entregue  las  tierras,  te 
proponga ,  como  de  suyo,  qu'el  Emperador  nuestro  seflor  se  obligarA 
y  saldrà  por  iîador  de  todo  lo  que  con  él  se  oapitulare.  Y,  no  saUsDa-* 
ciéiidose  con  esto,  qu'es  tan  justo,  le  diga  que,  aunqu'el  rey  vinîese 
en  ello,  no  le  conviene,  porque,  Inego  que  se  viese  qu'él  entrega  sua 
hijos,  6  que  à  él  se  le  entrega  à  Milan,  y  aunque  se  entregase  al  dn- 
quc  di;  Mantua  ô  Venccianos,  séria  descubiei*t.o  el  tracto,  y  él  per- 
dîdo,  porqu'el  rey  de  Fraiicia  le  tomaria  su  Estado,  y  no  séria  parle 
para  pûderlo  dcfonder «  (Areli.  de  Siiiiancas ,  Estado,  liasse  <il9.) 

(2)  Tome  l,p,  449. 

(3)  Tome  I,  p.  150}  Ull,  p.  48S. 


(  CXI  )' 

Philippe,  en  ce  nioment,  mettait  un  grand  prix  à  Tal- 
lianee  du  roi  de  Navarre  :  il  crut  donc  ne  devoir  pas 
insister  sur  la  délivrance  simultanée  du  duché  de  Milan 
et  des  places  appartenantes  à  ce  roi  en  Guienne  et  en 
Picardie.  II  adressa  à  Ruy  Gomez  l'instruction  que 
nous  allons  faire  connaître. 

f  Quoique  —  lui  dit-il  —  nous  ayons  toujours  en- 
tendu que  la  délivrance  réciproque  se  fît  avec  égalité , 
de  manière  qu*il  y  eût  une  entière  sûreté  des  deux 
pArts,  et  qu'on  n'eut  pas  à  craindre  les  inconvénients 
dont  il  a  été  parlé  plusieurs  fois  en  votre  présence , 
comme  cette  affaire  ne  souffre  plus  de  délai,  et  qu'il 
vaut  mieux  savoir  promptement  à  quoi  s'en  tenir,  nous 
avons,  après  un  mûr  examen  et  qu'on  a  bien  consi- 
déré le  pour  et  le  contre,  pris  la  résolution  suivante  : 

>  Vous  et  le  duc  d'Âlbuquerque,  ou  l'un  des  deux, 
vous  enverrez  déclarer  h  M.  de  Vendôme  que  je  veux  et 
suis  content  que  l'État  de  Milan  lui  soit  remis  en  pre- 
mier. Vous  lui  ferez  demander  qu'il  dise  le  moyen,  qu'il 
croit  avoir,  selon  les  discours  tenus  par  lui  à  Ezcurra, 
d'empêcher  que  ledit  Ëtat  ne  tombe  au  pouvoir  du  roi 
de  France  ou  d'un  autre,  en  sorte  que  nous  en  serions 
frustrés  tous  les  deux:  car,  quant  à  sa  personne,  j'en 
suis  très-assuré  et  satisfait;  et  je  me  confie  qu'un  gen- 
tilhomme si  principal  ne  manquera,  pour  quoi  que  ce 
soit,  h  sa  parole,  mais  qu'il  mettra  en  nos  mains  ses 
deux  fils,  comme  il  l'a  dit  en  dernier  lieu,  nous  déli- 
vrera  les  places  qu'il  a  offertes^  et  fera  le  surplus  pour  le 
succès  de  l'entreprise  projetée  contre  le  roi  de  France, 
dès  qu'on  lui  aura  remis  l'État  de  Milan. 


(  ^^11  ) 

»  Outre  ce  qui  vient  A'èlve  dit,  son  propre  inlérël  le 
lui  conseille.  En  effet,  pour  se  pouvoir  maintenir  dans 
le  Milanais,  rien  ne  lui  convient  autant  que  de  nous 
délivrer  Navarreins  et  ses  autres  places,  puisque,  péné- 
trant par  là  en  France  et  dans  la  partie  de  ce  royaume 
où  les  coups  les  plus  sensibles  pourront  être  portés  au 
roi  français,  nous  mettrons  celui-ci  dans  Timpossibililé 
de  rinquiéter  à  Milan. 

»  Ayant  beaucoup  pensé  à  cela  comme  à  une  chose 
de  si  grand  poids,  nous  trouvons  que,  stion  toute  rai- 
son, Vendôme  doit  se  fier  aux  forces  que  nous  tenons 
dans  ledit  Ëlat  et  dans  le  Piémont,  pourvu  que  les 
châtelains  des  places  lui  prêtent  serment,  et  que  les 
chefs  de  Tarmée  ainsi  que  le  gouverneur  lui  promet- 
tent de  lui  délivrer  le  tout,  lorsqu  il  aura  les  troupes 
nécessaires  pour  le  conserver  :  car  il  lui  serait  impos- 
sible d*y  faire  arriver  par  mer  le  nombre  de  ses  gens 
qu*il  faudrait,  pour  se  mettre  en  possession  d*une  ma- 
nière sûre,  et  plus  encore  d*en  lever  en  aucune  partie 
de  ritalie,  sans  que  le  roi  de  France  le  sût,  et  sans 
qu  il  ne  saisit  celte  occasion,  surtout  aujourd'hui  qu*il 
a  une  armée  en  Piémont  et  dans  les  États  du  pape,  au 
moyen  de  laquelle  il  pourrait  s*opposer  à  notre  <lessein 
et  à  celui  dudit  Vendôme.  Peut-être  se  flalte-t-il  que 
quelques-uns  des  capitaines  et  des  soldats  gascons,  qui 
sont  dans  les  rangs  de  Tarmée  française,  passeraient  à 
son  service  :  mais  cela  ne  suffirait  pas  encore  à  conju- 
rer le  péril  manifeste  oii  il  se  mettrait ,  et  ce  péril  se- 
rait bien  plus  grand,  s'il  voulait  que  notre  armée  se 
séparât,  et  que  Tintât  de  Milan  lui  fût  délivré  dégarni 


(  CXIII   ) 

de  troupes,  alors  qu*il  serait  lui-même  destitué  des 
moyens  de  le  défendre  d*une  invasion  imminente. 

>  Il  faut  lui  bien  remontrer  tout  cela ,  et  qu*il  y  ré- 
fléchisse et  se  détermine  de  manière  à  prévenir  les 
inconvénients  signalés.  En  n'agissant  pas  ainsi ,  au  lieu 
de  faire  du  mal  au  roi  de  France,  ledit  Vendôme  et 
moi  nous  nous  en  ferions  à  nous-mêmes,  et  nous  tra- 
vaillerions pour  lui. 

»  La  réponse  que  donnera  ledit  Vendôme,  tant  au 
sujet  de  l'assurance  de  TËtat  de  Milan  que  sur  ce  qu'il 
compte  effectuer  pour  nous  satisfaire,  vous  mettra  à 
même  de  pénétrer  ses  desseins,  et  de  voir  s'il  est  de 
bonne  foi ,  ou  bien  s'il  négocie  du  su  du  roi  de  France , 
comme  cela  pourrait  être,  quoique,  selon  la  manière 
dont  il  a  procédé  et  répondu,  et  d'autres  raisons  encore, 
il  paraisse  y  aller  rondement  et  avec  l'intention  d'exé- 
cuter ce  qui  sera  convenu.  Par  ce  motif,  et  considérant 
que  nous  ne  pouvons  ainsi  ni  recevoir  de  dommage 
ni  nous  mettre  en  danger,  —  car  s'il  entendait  faire 
part  au  roi  de  France  de  nos  arrangements,  ou  s'aider 
de  ses  troupes,  il  serait  clair  qu'il  nous  trompe  — 
nous  avons  voulu  que  vous  lui  fassiez  ladite  offre  :  il 
saura  par  là  notre  volonté,  et  nous  saurons  ses  inten- 
tions, lesquelles,  comme  nous  l'avons  dit,  nous  croyons 
bonnes....  (i).  » 


(i)  «  .....  Aunque,  como  sabcis,  sicmpre  liemos  estado  en  que  la 
rntrega  se  hiciese  con  igualdad,  y  de  maiicra  que  de  la  una  y  de  la 
otra  parte  hubiese  entera  seguridad,  y  ccsasen  los  inc4>nvcnîcnt('s  que 
diversas  vcçcs  se  han  platicado  en  vneslra  presencia,  y  por  no  siifrir 

Tome  II.  h. 


(  CXIV  ) 

Tout  ce  qui  précède  était  subordonné  à  la  décision 
de  VEmpereur,  vers  lequel  le  roi  commandait  à  Ruy 
Gomez  de  se  transporter  incontinent.  Si  l'Empereur 
Fapprouvait,  Ruy  Gomez  passerait  en  Navarre,  sous 
prétexte  d'arranger  avec  le  duc  d'Âlbuquerque  ce  qui 


este  negooîo  mas  dilacion,  y  ser  mejor  saber  con  brevedad  en  lo  que  ba 
de  parar,  habiéndose  tratado  y  platicado  cumplidamente,  y  mirado  el 
pro  y  el  contra  que  podria  tener,  nos  habemos  resuelto  y  dcliberado 
que  vod  y  el  dicho  duque,  ô  cualquier  de  vos,  envieis  â  ofrecer  al 
dicho  VeDdoma,  que  yo  quiero  y  soy  contento  que  se  le  entregue  pri- 
mero  el  Estado  de  Milan ,  pidiéndole  que  diga  y  déclare  el  medio  y 
forma  que  piensa  tener,  segun  lo  apuntô  al  de  Ezcurra,  para  que  se 
baga  de  manera  que  no  corra  peligro ,  ni  yenga  en  manos  del  rey  de 
Francia  6  de  otro,  y  quedemos  ambos  sin  él  ;  que  de  su  persona  estoy 
muy  cierto  y  satisfecbo,  y  con6o  que  un  tan  principal  caballero  no 
dejarâ  por  cosa  alguna  de  cumplir  su  palabra  y  lo  que  prometiere,  y 
que  pornâ  en  nuestro  poder  sus  dos  hijos,  como  ultimamente  lo  ba 
dicho,  y  que  entregarâ  las  plazas  que  ha  ofrescido,  y  hara  lo  dcmas 
para  esecucion  de  la  gucrra  y  bien  de  la  cmpresa ,  luego  que  se  le  baya 
entregado  el  dicho  Estado  de  Milan ,  pues,  demâs  de  lo  dicho,  para  se 
poder  él  mantencr  alli,  la  cosa  que  mas  le  conviene  es  entregarnos  las 
fuerzas  de  Nayarrens  y  otras  plazas,  para  que,  metiendo  nos  al  dicho 
rey  de  Francia  la  gucrra  por  ellas  dentro  en  su  reyno  y  en  la  parte 
donde  él  mas  lo  sentiria ,  no  1c  pucda  estrechar  en  el  dicho  Estado  de 
Milan. 

•  Y  habiendo  mucho  mirado  en  ello,  como  en  cosa  de  tan  grande  im- 
portancia,  hallamos  que  por  razon  el  dicho  Vandoma  necesariamente 
se  ba  de  venir  é  confiar  de  la  gente  que  tencmos  en  cl  dicho  Estado  y 
castillos  dél  y  en  el  Piamonte,  hacieudo  los  castellanos  pleito  home- 
nage,  y  prometiéndolc  las  cabczas  del  ejército  y  el  gobernador  de  de- 
jirselo  todo  libre,  cuando  él  tenga  gente  con  que  se  amparar,  porque, 
para  entrar  con  scguridad  en  la  posesion,  no  podria  traer  por  mar  el 
numéro  de  gente  suya  que  fuere  menester,  ni  menos  hacerla  en  Italia 
en  parte  alguna,  sin  que  fuese  sabido  y  entendido  por  el  rey  de 


(  cxv  ) 
concernait  le  départ  du  vice-roi  pour  les  Pays-Bas  (I). 
L'instruction  de  Ruy  Gomez  se  terminait  ainsi  : 
<  Si  S.  M.  est  d*avis  que  le  traité  se  conclue ,  vous 
teilleres!  à  ce  que  les  stipulations  en  soient  bien  pré- 
cises, tant  en  ce  qui  concerne  les  places  que  M.  de  Yen- 


^ia»  para  aproyecbarse  de  la  ocasioot  mayormente  eo  esta  saton 
que  lient  ejército  en  el  Piamonte  y  en  las  tîerras  del  papa ,  con  que 
podria  acadir  é  impedir  nuestro  intento  y  et  del  dicho  Vandoma.  Y, 
en  caso  que  tubiese  eonfiansa  que  se  le  pasarian  algunos  capitanes  y 
ioldados  gaseones  de  los  que  estàn  en  el  ejéroito  francés,  taïupooo 
séria  cosa  bastante,  ya  que  ad  suoediese,  para  no  inourrir  en  notorîo 
peligro,  y  mayor  lo  séria  cuando  quislese  que  nuestro  ejército  se  des» 
hicîese,  y  que  se  le  entregase  el  Estado  libre  y  desembarazado ,  sin 
lener  él  gente  bastante  para  lo  defender,  asi  que  séria  luego  invadido 
sin  tesîstencia. 

»  Y  todo  esto  sera  menester  que  se  le  dé  bien  à  entender,  y  que 
él  lo  sanee  y  ordene  de  mancra  que  cescn  los  dichos  inconvenientes^ 
que,  no  se  haciendo  asi,  en  lugar  de  querer  ofender  al  dicho  rcy  de 
Francia,  vernlamos  el  dicho  Vandoma  y  yo  a  ser  ofendidos  y  haccr  su 
negocio. 

*  Y  delà  forma  que  diere  asi  en  la  seguridad  del  dicho  Estado  coma 
en  lo  que  ha  de  hacer  con  nos  para  satisfacernos,  podréis  colcgir  el 
fin  que  ticne,  y  si  ha  andado  llano,  6  si  trata  con  sabiduria  del  rey  de 
Francia,  oomo  podria  ser,  aunque»  segun  como  ha  procedldo  y  res- 
pondido,  y  las  raxones  que  hay,  paresce  que  lo  ha  tratado  Ilanamêftte, 
7  oon  intencion  de  lo  poner  en  efecto.  Y  por  este  respceto,  y  pares* 
ciéndonos  que  por  el  dicho  camino  no  podemos  recibir  dafio  ni  correr 
peligro,  porque,  hacicndose  de  manera  que  el  rey  de  Francia  lo  en- 
tienda,  6  ayudàndose  de  su  gente,  séria  claro  è1  engailo,  habemos 
qiuerido  que  le  hagals  el  dicho  ofrescimiénto ,  y  con  efecto,  porque  en 
esto  él  conoscerà  nuestra  yoluntad ,  y  nos  su  fin ,  el  cual ,  como  esta 

dicho,  ereemos  que  es  bueno •  (Instruction  du  13  avril  1557,  citée 

à  la  note  S  de  la  p.  civ.) 

(i)  Voy.  la  note  2  à  la  p.  civ. 


(  cxvi  } 

dôme  doit  me  délivrer,  les  otages  qu*il  me  donnera  et 
le  secours  que  j'attends  de  lui ,  qu'en  tout  le  reste,  de 
façon  qu'il  ne  puisse  ensuite  y  avoir  de  contestations 
ni  d'interprétations  nouvelles,  et  que,  si  l'État  de 
Milan  doit  être  délivré  en  premier ,  on  ne  fasse  naître 
aucune  occasion  de  différer  l'accomplissement  de  ce 
qui  me  sera  promis.  Il  faudra  aussi ,  autant  que  pos- 
sible, convenir  de  l'argent  et  des  troupes  que  M.  de 
Vendôme  fournira,  fixer  de  quelle  manière,  en  quel 
temps  et  par  quels  endroits  se  fera  l'invasion  en 
France  :  si  ce  pouvait  être  cette  année ,  ce  serait  fort 
à  propos,  puisque  je  dois  moi-même  y  pénétrer  par 

ici. 

€  Enfin,  vous  suivrez  en  tout  ce  que  S.  M.  décidera. 
Vous  ne  devez  pas  perdre  de  vue  que,  puisque  nous 
cédons  rÊtat  de  Milan ,  qui  est  si  grand  et  de  tant 
d'importance,  ledit  Vendôme  et  sa  femme  auront  à 
renoncer  aux  droits  qu'ils  prétendent  avoir  sur  le 
royaume  de  Navarre  que  nous  possédons,  et  que  cela 
se  devra  faire  en  la  meilleure  forme,  avec  les  promesses 
et  assurances  requises.  Que  si ,  par  hasard,  ledit  Ven- 
dôme demandait  que  l'Empereur  lui  donnât  l'investi- 
ture de  FËtat  de  Milan,  vous  lui  certifieriez  que  je 
tiens  de  S.  M.  des  pouvoirs  suffisants  pour  faire  dudit 
État  tout  ce  que  je  veux  (1).  Vous  pourrez  promettre 
enfin,  au  cas  qu'on  le  demande,  que,  après  que  la  dé- 
livrance aura  été  effectuée  des  deux  parts,  on  donnera 


(  4  )  Voy.  V hUroduction ,  p.  1 4 1 . 


(  CXVll  } 

à  M.  de  Vendôme,  dans  les  articles  du  traité,  tous  les 
titres  qu'il  désirera  pour  sa  satisfaction  (1).  » 

Avec  cette  instruction,  Philippe  II  fit  parvenir  à 
Ruy  Gomez  de  nouveaux  pleins  pouvoirs  :  les  uns  au- 
torisaient le  comte  de  Melito  et  le  duc  d'Albuquerque , 
conjointement  ou  séparément ,  à  conclure  et  signer  le 
traité  qui  se  négociait  ;  les  autres  étaient  en  blanc ,  afin 
que  FEmpereur  les  fit  remplir  selon  qu'il  le  jugerait 
convenable  (2). 

Ruy  Gomez ,  comme  on  Ta  vu  (5) ,  s*empressa  de  se 
rendre  à  Yuste.  Mais  les  nouvelles  dépèches  du  roi  ne 
firent  en  rien  modifier  ce  qui  avait  été  arrêté  touchant 
le  voyage  d*Ezcurra. 

Ce  gentilhomme  revint  du  Béarn  au  mois  de  juillet, 
accompagné  d*un  secrétaire  du  duc  de  Vendôme, 
nommé  Burdeo  ou  Bourdeau  :  ils  se  rendirent  directe- 
ment à  Yuste,  où  Ruy  Gomez  les  avait  précédés  (4). 


(1)  «  Ea  fin  seguiréis  en  todo  lo  que  s.  M.  acordarc  y  deterniitiare, 
y  habeis  de  estar  avisado  que,  pues  nos  damos  el  Estado  de  Milan , 
cosa  tan  grande  y  principal,  que  el  dicho  Vandonia  y  su  muger  renun- 
cien  el  derccho  que  cl  la  prétende  tener  al  reyno  de  Navarra  que  nos 
poscemos,  siéndolc  entregado  el  dicho  Estado,  y  que  esto  se  haga 
muy  en  forma,  y  asi  lo  prometan  y  asegarcn;  y  si  por  caso  liablase 
el  dicho  Vandoma  en  que  S.  M.  hiciesc  invcstidura  de  lo  de  Milan ,  le 
aseguraréis  que  yo  tengo  bastantc  podcr  de  S.  M.  para  haccr  del 
Estado  lo  que  quisiere;  y  en  los  capitulos,  cuando  se  pidîesc,  podeis 
prometer  que,  heclia  la  entrega  de  ambas  partes,  se  le  daran  todot 
los  titolos  que  seran  uienestcr  por  su  satisfaccion....  •> 

(i)  Ils  étaient  dates,  comme  Tinstruction ,  du  15  avril  lb57. 

(5)  Page  Lv. 

(i)  Tome  I,  p.  161;  U  II,  p.  207. 


(  GXVUl  ) 

Bourdeau  donna  connaissance  à  TEmpereur  de  son 
instruction,  et,  conformément  à  celle-ci,  il  demanda 
que  les  points  suivants  servissent  de  bases  au  traité  à 
conclure,  sous  la  garantie  de  Sa  Majesté  Impériale, 
laquelle  s'obligerait  à  leur  accomplissement,  tant  en 
son  nom  qu'en  celui  de  son  fils  : 

V  Dans  les  trois  mois  à  partir  du  jour  où  l'armée 
espagnole  aiira  passé  les  Pyrénées,  pour  exécuter  ce 
dont  on  sera  convenu ,  Leurs  Majestés  remettront  réel- 
lement et  de  fait  FËtat  de  Milan,  avec  les  forteresses 
qui  en  dépendent,  au  roi  (de  Navarre),  ou  aux  per« 
sonnes  par  lui  à  cet  effet  nommées ,  et  les  solennités 
accoutumées  en  pareil  cas  seront  ponctuellement  ob- 
servées par  les  deux  parties. 

^  Ledil  roi  et  ses  successeurs  ou  ayants  cause  au* 
ront  tout  droit  de  supériorité ,  avec  le  pouvoir  de  faire 
rendre  la  justice  en  leur  nom ,  sur  tous  les  lieux  appar* 
tenants  à  la  maison  d*Âlbret,  le  comté  d'Armagnac,  les 
vicomtes  de  Marsan ,  Turesan,  Gavardan,  INébousan  et 
Bigorre,  les  comtés  de  Foix,  Périgord,  Limousin,  et 
toutes  les  autres  terres ,  lieux  et  châteaux  que  ledit  roi 
possède,  par  lui  et  par  la  reine,  son  épouse,  et  qui  lui 
appartiennent  ou  peuvent  appartenir  :  de  façon  que  ni 
lesdites  terres ,  ni  leurs  vassaux,  ne  soient  en  aucune 
manière  sujettes  à  Leurs  Majestés,  ni  à  leurs  succes- 
seurs, ni  aux  rois  d'Angleterre,  et  que,  comme  roi  et 
seigneur  indépendant ,  ne  reconnaissant  pas  de  supé- 
rieur, il  nomme,  absolument  et  sans  contradiction  au- 
cune, à  tous  les  archevêchés,  évêchés  et  autres  dignités 
et  bénéfices  quelconques  qui  y  viendront  à  vaquer. 


(  CXIX  ) 

5°  Ledîl  roi  et  ses  successeurs  auront  de  même,  à 
perpéluité,  et  avec  la  même  supériorité  et  seigneurie, 
le  comté  de  Comminge  et  Gaure,  le  Condomois  et  1q 
Bazadois,  qui  lui  appartiennent  et  que  ie  roi  de  France 
a  usurpés* 

if"  Les  particuliers,  sujets  de  LU  MM.»  qui  pos* 
sèdent»  dans  leurs  royaumes,  des  biens  appartenant9 
auxdits  roi  et  reine,  pourront  être  traduits,  pour  se 
voir  condamnés  à  les  restituer,  devant  les  juges  de 
Leursdites  Majestés ,  et  il  sera  ordonné  à  ceux-ci  d*ad^ 
ministrer  en  tel  cas  bonne  et  briève  justice. 

^^  Le  roi  pourra  échanger,  vendre  et  aliéner ,  de 
quelque  manière  qu'il  le  juge  à  propos,  les  terres  et 
autres  choses  qu'il  possède  en  Flandre ,  sans  que  pour 
cela  il  soit  obligé  de  payer ,  actuellement  ou  dans  la 
suite,  aucun  de^  droits  établis  et  accoutumés,  sauf 
que,  le  roi  d*Espagne  désirant  avoir  quelques-unes  de 
ces  terres,  elles  lui  seront  données  au  prix  que  d'autres 
en  offriraient,  et  que,  ne  les  voulant  pas,  les  per- 
sonnes à  qui  elles  seront  vendues  devront  être  par  lui 
agréées. 

&*  Il  ne  sera  fait  aucun  dommage,  en  leurs  per- 
sonnes ni  en  leurs  biens,  aux  gentilshommes  et  autres, 
de  quelque  état  et  condition  qu  ils  soient,  qui,  n étant 
pas  vassaux  du  roi  (de  Navarre) ,  le  serviront  dans  cette 
affaire,  et  desquels  ledit  roi  remettra  une  liste,  signée 
de  sa  main. 

1^  S.  M,  L  SE  TROUVERA  EN  LADITE  EXPÉDmON,  SI  SA 
SAHTÉ  LE  LUI  PBEMET,  BT  ELLE  EN  FERA  LA  PROMESSE  :  dlorS 

ledit  roi  se  contentera  d'être  son  lieutenant.  Si  elle  ne 


(  cxx  ) 

s  y  trouve  pas,  ou  le  roi  d'Espagne,  à  qui  le  roi  défé- 
rerait comme  à  FEmpereur  même,  il  sera  le  chef  de 
Tenlreprise,  auquel  tous  seront  subordonnés. 

8^  LL.  MM.  le  favoriseront  et  Taideront  à  conserver 
TËtat  de  Milan,  en  continuant  la  guerre,  cette  année, 
du  côté  du  Piémont.  Pendant  les  trois  années  qui  sui- 
vront le  jour  où  il  sera  investi  dudit  Ëtat,  elles  lui  don- 
neront, chaque  année,  10,000  hommes  de  pied,  de 
toutes  nations,  pour  la  défense  du  même  Ëtat  et  le 
recouvrement  du  Piémont  (au  cas  qu'elles  veuillent  le 
reconquérir  en  faveur  du  duc  de  Savoie),  ainsi  que 
pour  la  conservation  du  royaume  de  Naples. 

O*"  Les  mariages,  confédérations,  ligues  et  autres 
choses  se  feront  conformément  à  ce  qui  a  été  convenu , 
à  savoir  :  que,  si  Dieu  donne  une  fille  au  roi  don  Phi- 
lippe et  à  la  reine  d'Angleterre,  et  qu'elle  soit  l'ainée, 
elle  épousera  le  prince  don  Henri ,  fils  aine  desdits  roi 
et  reine  de  Navarre,  et ,  si  c'est  un  fils  qu'ils  ont,  il  se 
mariera  avec  la  première  fille  qui  naîtra  auxdits  rois  ; 
qu'à  défaut  de  l'une  et  de  l'autre,  ledit  prince  don  Henri 
épousera,  à  son  choix,  une  des  filles  du  roi  des  Ro- 
mains, ou  du  roi  de  Bohème,  ou  la  fille  de  la  duchesse 
de  Lorraine.  De  même ,  il  se  conclura  une  ligue  et  con- 
fédération perpétuelle  entre  LL.  MM.  et  leurs  succes- 
seurs en  Espagne,  Angleterre,  Naples  et  Sicile  et  les- 
dits  roi  et  reine  et  leurs  successeurs,  par  laquelle  i! 
sera  stipulé  que  LL.  MM.  ne  feront  paix  ou  trêve  avec 
le  roi  de  France  ni  avec  d'autres  rois,  princes  et  poten- 
tats chrétiens,  sans  que  lesdits  roi  et  reine  et  leurs  suc- 
cesseurs y  soient  compris.  Leursdites  Majestés  s'em* 


(   CXXI  )     ' 

ploieront  aussi  pour  qu'une  pareille  ligue  perpétuelle 
soit  conclue  avec  le  pape ,  le  roi  des  Romains ,  le  roi  de 
Bohème,  les  Vénitiens  et  les  autres  potentats  dltalie. 

10*  II  sera  ordonné  au  vice-roi  de  Navarre  et  au 
capitaine  de  Fontarabie  d'interdire  aux  troupes  des 
frontières ,  durant  la  négociation  du  traité ,  toutes 
courses  et  actes  d'hostilité,  et  ce  afin  de  mieux  trom- 
per les  ennemis.  Ledit  roi  donnera  des  ordres  sem- 
blables de  son  côté. 

il®  LL.  MM.  promettront  de  faire  ratifier  et  ap- 
prouver, par  la  reine  d'Angleterre,  dans  les  trois  mois 
qui  suivront  le  jour  de  la  signature  du  traité,  tout  ce 
qui  est  dit  ci-dessus,  et  les  autres  conditions  honnêtes 
et  raisonnables  qui  s'y  rapporteront. 

i^  Moyennant  ce  qui  précède,  ledit  roi  donnera 
passage  aux  troupes  espagnoles  par  son  pays  et  par 
les  forteresses  qu'il  possède  en  Guienne;  il  réunira  à 
ces  troupes  les  forces  qu'il  a  promises,  savoir  :  5,000 
hommes  d'infanterie  et  500  chevaux,  avec  1,200  pion- 
niers, 5,000  paires  de  bœufs  attelés  à  des  chariots, 
10  canons,  5  couleuvrines  longues  et  5  bâtardes, 
100,000  livres  de  poudre  et  des  balles  à  proportion  : 
les  gens  de  guerre,  les  pionniers,  les  attelages  de  bœufs 
seront  payés  pour  trois  mois. 

i5<»  Lesdits  roi  et  reine  renonceront,  en  faveur  de 
LL.HM.  et  de  leurs  successeurs,  ou  de  qui  ils  jugeront 
convenable,  à  toutes  actions  et  droits  qu'ils  ont  et  pré- 
tendent sur  les  royaumes  d'Aragon  et  de  Navarre,  ainsi 
que  sur  le  comté  de  Biscaye  que  Leursdites  Majestés 
possèdent  à  présent ,  en  réservant  seulement  pour  eux 


(  CXXll  ) 

et  leurs  successeurs  la  Basse-Navarre,  dite  Terre  des 
BasqueSf  dont  ils  sont  en  possession. 

14"*  Le  secrétaire  Bourdeau  étant  revenu  à  Pau,  et 
ayant  rendu  compte  au  roi  et  à  la  reine  de  sa  négocia- 
tion ,  il  en  sera  donné  avis  à  l'Empereur,  et  Ton  enverra 
un  sauf-conduit  pour  le  comte  de  Melito,  qui  sera  por- 
teur des  pouvoirs  de  S.  M.  I.  et  du  roi ,  son  fils ,  ainsi 
que  pour  un  lettré  qui  aura  charge  de  rédiger  les  actes, 
et  pour  un  secrétaire  de  Sadite  Majesté  Impériale ,  le- 
quel devra  être  celui  qui  aura  contre-signe  ses  pou- 
voirs. La  même  chose  se  fera  de  la  part  desdits  roi  et 
reine  (1). 


(I)  u  Habiéndose  platicado  largamente  en  cl  negocio  que  se  tracta 
entre  Sus  Magestades  y  cl  rey  (Vandoma),  no  se  halla  otro  mcdio  mas 
sufîciente  para  efectuarse,  syno  que  él  sea  contento  de  hacer  confianza 
de  Sus  Magestades  y  ponerse  en  sus  raanos,  en  que  el  Emperador  aya 
de  ofresccr  y  prometer  desde  luego,  por  su  palabra  impérial,  ansy 
en  su  nombre  como  dcl  rey,  su  bijo,  lo  siguiente  : 

»  i<*  Que  dentro  de  très  meses,  que  se  cuenten  dcsdc  el  dîa  que  el 
exército  huvierc  pasado  los  Pirineos  en  adelante,  para  ejecutar  lo 
concertado,  Sus  Magestades  hayan  de  entregar  realmente  y  con  efeeto 
el  Estado  de  Milan  al  dicho  rey,  ô  a  las  personas  que  él  nombrarc,  y 
las  fucrzas  y  pcrtînencias  à  cl  anexas  y  concernientes ,  y  guardândose 
y  obscrvàndose  en  todo  por  ambas  partes  las  soleninidades  acostum- 
bradas  en  semejantes  casos  ; 

»  2^  Que  el  dicho  rey  y  sus  sucesores  y  huvicntes  causa  y  derecho  dél 
y  dellos,  en  qualquicr  manera  que  sea,  hayan  de  tener  y  tengan  todo  el 
derecho  de  superioridad,  con  mcro  mixto  impcrio,  de  lodos  los  lugares 
de  la  casa  de  Labrit,  condado  de  Armananch,  vizcondados  de  Marsan, 
Turosan,  Gabardan,  Nebusan,  Vigorra,  condados  de  Fox,  Pedigort 
y  Limosin,  y  otras  qualesquier  tierras,  lugares  y  castillos  que  ticne 
por  sy  y  por  U  reyna  su  muger,  y  les  pertenescen  y  pueden  perte- 


(  GXXIII  ) 

Toutes  ces  conditions  obtinrent  Tassentirnent  de 
Charles-Quint,  qui  chargea  Ruy  Gomez  de  les  sou- 
mettre à  Texamen  du  conseil  d'Ëtat,  à  Yalladolid.  Elles 


Descer,  de  manera  que  ni  las  dichas  tierras  ny  vasallos  en  ninguna 
maoera  bayan  de  ser  subjectos  a  Sus  Magestades  ny  sus  successores  ny 
ilos  reyes  de  Inglaterra,  syno  que  como  rey  y  scHorabsoIuto,  no 
reconoscîendo  superior,  aya  de  proveer  y  provoa  todos  los  arzobis- 
pados,  obispados  y  otras  qualesquier  dignidades  y  benelicios  que  va- 
ctreo  y  se  ynsUtuyeren,  absolutaïuente  y  sin  ninguna  contradiccion  î 

•  3«  Que  el  condado  de  Cominge  y  Gaura  y  Condomués  y  Bassa- 
doés,  que  le  pertenescen  y  tiene  usurpados  ei  rey  de  Fraiicia,  sean 
para  él  y  sus  successores  perpetuaniente,  con  la  misma  superioridad  y 
dominio  que  esta  dicho  en  el  capitule  àntes  deste; 

•  A"  Que  a  las  personas  particulares,  sùbditos  de  Sus  Magestades, 
que  tienen  y  poseen  en  sus  reinos  hazicnda  y  bienes  que  pertenescen 
a  1m  dicbos  rey  y  reyna,  se  lo  pucdan  pedir  y  demaudar  por  justicia 
aate  los  juezes  de  Sus  Magestades,  mandando  que  aquella  se  les  guarde 
y  administre  en  toda  breycdad,  de  manera  que  no  reciban  agravio; 

•  S*  Que  el  rey  pueda  trpcar,  vendcr  y  cnagenar,  de  qualquicr  ma- 
nera que  sea  y  quisiere ,  las  tierras  y  lo  demâs  que  tiene  en  Flaudes  » 
sin  que  por  ello  sea  obligado  â  pagar  ningun  género  de  dcrecbos  de 
los  que  estân  impuestos  y  se  acostumbran  pagar,  agora  ny  adelante, 
ton  que,  queriendo  el  rey  de  Espana  alganas  de  estas  tierras,  se  las 
aya  de  dar  y  dé  por  el  precio  que  otro  diere,  y  que,  no  las  qucrieudo, 
las  personas  à  quicn  se  huvieren  de  veuder,  ayan  de  scr  â  satisfaction 
de  Su  Magestad; 

•  6*  Que  qualesquier  cavalleros,  gcntiles  hombres  y  otras  personas, 
de  qaalqaier  estado  y  condicion  que  sean ,  que  no  fueren  sus  vasallos, 
y  siguieren  y  sirvieren  al  dicbo  rey  en  exccucion  dcstc  ucgocio,  los 
qoales  él  nombrare  por  una  relacion  firmada  de  su  nombre,  no  se  les 
ayan  de  tomar  ny  occupar,  ny  hazer  ningun  daHo  en  sus  personas  ny 
bienes  por  ello; 

•  1«  Que  Su  Magestad  Impérial  se  aya  de  hallar  en  la  dicha  em- 
presa,  y  que  assy  lo  baya  de  prometer,  ieniendo  salud  para  podeilo 


(  CXXIV  ) 

(levaient  élre  ensuite  délivrées  au  secrétaire  du  roi  de 
Navarre ,  pour  qu'il  les  portât  à  son  maître ,  avec  les 


hazcr,  y  que  en  tal  caso  se  contentarà  cl  dicho  rey  de  ser  sni  lugar- 
tcnientc,  y  que,  no  hallândose  con  ella,  sea  él  el  gênerai  de  la  eoi- 
presa,  yendo  todos  los  que  fueren  dcbaxo  de  su  goTicrno,  syno  fuese 
el  rey  de  Espafia ,  à  quien  tcrnd  en  cl  mîsmo  grado  que  al  Emperador; 

n  S^  Que  asimismo  le  hayan  Sus  Magestadcs  de  favorcsccr  y  ayudar 
para  conservacion  dcl  Estado  de  Milan,  continuando  por  este  aîio  la 
guerra  por  aquella  parte  de  Piamonte,  y  que,  en  los  très  primcros 
vcnidcros,  que  se  cucnten  dcsdc  cl  dia  que  toniain:  la  învestîdura  dcl 
dicho  Estado,  en  adelante,  se  le  ayan  de  dar  y  dcn  cada  aîlo  diez  mil 
infantes  de  todas  nacioncs,  pagados  por  el  dicho  ticmpo  para  la  dc- 
fcnsa  dél  y  rccupcracion  dcl  Piamonte,  qucriendo  Sus  Magcstades 
conquistalle  para  el  duque  de  Saboya,  y  conservacion  dcl  reino  de 
Nâpoles. 

»  9»  Los  casamientos,  confcdcracioncs,  ligas  y  otras  cosas  se  haran 
conforme  a  lo  que  se  ha  platicado  :  es  a  saber  que ,  dando  Dîos  al  rey 
don  Phclippc  en  la  reyna  de  Inglaterra  alguna  hîja,  se  haya  de  casar 
ella,  siendo  la  raayor,  con  el  principe  don  Enrrique,  hijo  mayor  dcl 
dicho  rey  y  reyna  de  Navarra  ;  y  si  fuere  hijo,  que  se  casarâ  con  la 
primera  hija  que  los  dichos  rey  y  reyna  tuviercn  ;  y  que,  en  falta 
de  ambas  cosas,  el  dicho  principe  don  Enrrique  casarâ  con  una  de 
las  hijas  dcl  rey  de  Romanos  ô  dcl  rey  de  Bohemia ,  su  hijo ,  6  con  la 
hija  de  la  duquosa  de  Loreiia ,  6  con  que  mas  de  las  sobredichas  qui- 
sicrc  y  por  bien  tuvicre.  Âsymisnio  se  harâ  una  liga  y  confederacîon 
perpétua  entre  Sus  Bfagestadcs  y  sus  succcssores  en  Espafia,  Ingla- 
terra, Nâpoles  y  Sicilia,  y  el  dicho  rey  y  reyna  y  los  suyos,  de  no 
haccr  paz  ny  trcgua  con  cl  rey  de  Francia  ni  otros  rcycs,  principes 
ny  potentados  christianos,  sin  que  se  comprendan  en  ella  los  dichos 
rey  y  reyna  y  sus  succcssores;  y  que  Sus  Magestadcs  ayan  de  pro« 
curar  que  se  haga  assimismo  liga  perpétua  con  el  papa,  rey  de  Ro- 
manos ,  rey  de  Bohemia ,  Vcnccianos  y  los  otros  potentados  de  Italîa. 

»>  40"  Que  se  mande  al  visorrcy  de  Navarra  y  al  alcaydc  de  Fucw- 
tcrrabia  que,  durante  la  conclusion  de  lo  sobredicho,  no  pcrmifan 
que  la  grnte  de  la  frontera  hagan  correrias  ny  otra  cosa ,  por  asegu- 


(  cxxv  ) 

observations  auxquelles  elles  auraient  donné  matière 
dans  le  sein  du  conseil  (1). 


nr  mas  à  los  encmigos  ;  que  lo  inismo  mandarâ  al  dicho  rey  para  lo 
que  toca  a  lo  de  alla. 

•  4i*  Todo  lo  que  dicho  es ,  y  otras  honestas  y  razonables  condU 
cion«  que  se  ofreseieren  y  depcndîercn  de  las  sobredichas,  concluyén- 
doselo  que  se  tracta ,  promcteràn  Sus  Magestadcs  de  bazerlas  raliflcar 
y  aproTar  a  la  reyua  de  Inglaterra,  en  lo  que  se  toca,  dentro  de  très 
meses,  contando  dcsde  el  dia  que  se  concertareo. 

•  Que  prometîendo  Sus  Magestades  hazer  y  cumplir  lo  que  dicho 
es,  haran  el  rey  y  la  reyna  de  Navarra  lo  siguiente  : 

•  13*  Que  el  dicho  rey  les  dard  pasagc  por  las  tierras  y  lugares  de 
SQ  Estado,  fortalezas  que  tienc  en  Guiana,  y  j  un  tara  las  fucrzas  que 
ka  prometido  :  es  a  saber  cinoo  rail  infantes,  quinientos  caballos,  mil 
y  dozientos  gastadores,  très  mil  pares  de  bucyes  con  sus  carros  y 
todos  sus  aparejos,  diez  caîiones,  cinco  culebrinas  largas,  cinco  bas- 
Urdas,  cieot  mil  libras  de  pôlvora  y  las  pelotas  que  conforme  a  esta 
qnantidad  son  menester,  pagado  todo  por  tiempo  de  très  mcses; 

"  iS*  Que  cl  dicho  rey  y  reyna  renunciarân  toda  la  action  y  dp- 
reebo  que  tienen  y  pretendcn  tcncr  â  los  rcynos  de  Aragon  y  Navarra 
ycondado  de  Vizcaya,  que  Sus  Magestades  al  présente  posscen,  en 
SD  favor  y  de  sus  successores,  6  de  quien  visto  les  fuere,  reser\'ando 
empero  en  sy  y  para  sy  y  sus  hcrcdcros  la  baxa  NavaiTa ,  llamada 
tierra  de  Vascos,  que  al  présente  poseen  ; 

»  i4«  Que  llcgado  a  Pao,  y  dado  que  aya  razon  al  rey  y  a  la  reyna 
delo  sobredicbo,  se  avîsaré  à  Su  Magestad  con  brevedad,  y  enviara 
silro  eondueto,  para  quando  buviere  de  ir  cl  conde  de  Melito,  con  su 
poder  y  el  del  rey  su  bijo,  à  la  conclusion  de  lo  sobredicho,  y  para 
que  Ueye  eonsigo  un  letrado  para  lo  que  toca  â  lo  de  las  scripturas 
que  se  an  de  ordenar,  y  un  sccretario  de  Su  Magestad ,  y  que  este 
sea  el  que  ha  de  recibir  el  poder  que  para  ello  ha  de  dar,  porque  lo 
mismo  se  harâ  por  parte  del  dicho  rey  y  reyna.  »  (Pièce  intitulée  : 
Soht  el  négocia  principal  que  se  envié  de  Valladolid,  a  17  de  Julio  1 557, 
aux  Archives  de  Simancas,  Estado,  liasse  420.) 

(M  •  Los  capitules  arriba  esorîptos  se  sacâron  en  Yiiste  de  la  in< 


(  CÏXVI  ) 

Il  y  eut  en  conséquence  une  réunion  du  marquis 
de  Mondejar  (don  Luis  Hurtado  de  Mendoza),  de  don 
Garcia  de  Tolède,  de  Gutierre  Lopez  de  Padilla  et  du 
secrétaire  Yazquez ,  à  laquelle  Ruy  Gomez  assista.  Il 
n'y  fut  fait  qu'un  petit  nombre  d'observations  sur  le 
projet  d'arrangement,  et  la  seule  un  peu  importante 
concernait  l'art.  4  :  ces  ministres  trouvèrent  que,  s'il 
s'appliquait  à  la  Navarre ,  le  roi  et  la  reine  son  épouse, 
renonçant  à  ce  royaume,  devaient  renoncer  aussi  à  tous 
les  droits  passés  et  présents  qu'ils  pouvaient  avoir  sur 
des  biens  y  situés ,  et  qu'ils  devaient  même  délivrer 
au  roi  toutes  les  écritures  et  titres  qu'ils  en  avaient  (1). 
Le  conseil  y  ajouta ,  mais  par  manière  de  remarque 
seulement,  que,  le  jour  où  le  roi  de  Navarre  en  vien- 
drait à  rompre  avec  le  roi  de  France ,  il  semblerait 
à  propos  qu'il  mit  la  reine  sa  femme  et  ses  fils  en  un 
lieu  sûr^  et  que,  durant  cette  guerre,  ils  ne  pour- 
raient être  mieux  qu'en  la  compagnie  de  la  princesse 
dona  Juana ,  laquelle  à  cet  effet  s'approcherait  de  la 
frontière  (2). 

Les  articles  rédigés  à  Yuste,  ainsi  que  les  observa- 


«truccion  que  el  sccretario  de  M.  de  Bandoma  que  ally  embio  truxo  ; 
y  haviéndolos  Icido  é  Su  Magestad ,  mando  que  el  conde  de  MeliU> 
los  traxese  y  mostrase  à  los  del  consejo  de  Eslado  que  aqui  estai), 
para  que  dixesscn  lo  que  les  parescia  y  convenia  accrca  de  cada  uno 
dellos ,  y  con  ello  se  diessen  al  dicho  secretario ,  para  que  los  llevase 

â  su  amo »  (Pièce  mentionnée  à  la  note  précédente.) 

(4)  Pièce  mentionnée  dans  les  deux  notes  précédentes, 
(2)  a  Dizese  por  recuerdo  al  rey  que,  Tîniendo  las  cosas  con  el 
rey  de  Francia  en  la  rotura  que  se  tracta,  séria  bien  que  pusiese  h  la 


(  CXXVII  ) 

tions  du  conseil  d'Ëtat,  furent  délivrés  au  secrétaire 
Bonrdeâu,  qui  reprit  incontinent  le  chemin  du  Béarn , 
avec  Ëzcurra  (1).  H  fut  réglé,  entre  Buy  Gomez  et 
Bourdeau ,  que  le  roi  de  Navarre,  s*il  acceptait  les  uns 
et  les  autres ,  écrirait  en  français,  au  Jbas  du  papier  où 
ils  étaient  copiés  en  chiffres,  qu'il  en  était  content,  et 
y  apposerait,  pour  servir  de  signature,  une  marque 
convenue;  que  si,  dans  les  articles  en  question,  il  y  en 
avait  qu'il  n'agréât  point,  il  les  signalerait  de  la  même 
manière;  enfin  que,  s'il  désirait  quelque  condition  nou- 
velle, il  en  donnerait  avis  au  roi  Philippe  et  à  l'Empe- 
reur (2).  Bourdeau  se  chargea,  au  nom  de  son  maître. 


rejna  bu  mnger  y  a  sus  hijos  en  parte  segura,  donde  ny  por  el  rey  de 
Francia,  ny  por  criados  ni  vasallos  suyos,  le  pudiessen  ser  robados, 
porque  parescc  séria  de  gran  dafio  quedar  el  rey  de  Francia  con  los 
berederos  de  sus  Estados,  aunqu'éi  los  poscyese,  y  que  lo  mas  seguro, 
siendo  él  contento ,  paresce  que  séria  tenerlos  durante  esta  guerra  en 
compania  de  la  serenissima  princessa ,  para  lo  quai  Su  Alteza  se  acer- 
caria  a  la  frontera.....  »  (Pièce  mentionnée  dans  les  trois  noies  précé- 
dentes.) 

(1)  La  lettre  de  la  princesse  doHa  Juana  k  TEmpereur,  du  10  juillet 
1557,  insérée  dans  le  t.  I,  p.  162,  ne  parle  que  du  secrétaire;  mais 
une  lettre  de  la  même  date,  de  Vazquez  à  TEmpereur,  dit  positivement 
qa'Ezcurra  était  parti  avec  lui  :  y  ellos  son  y  a  partidos, 

(2)  « Con  el  dicho  sccretario  se  concerto  el  conde  de  Melito 

qne,  vîniendo  su  amo  en  concluir  y  efectuar  esta  pratica,  conforme 
â  lo  contenido  en  los  dichos  capitulos  y  parcscer  dcl  consejo  al  pié 
destos  que  van  en  cifra,  pusiese  en  francés  que  era  contento  dello, 
y  hiziese  ally  una  scHal  que  con  él  se  concerto,  y  si  no  vinicre  en 
ttnos  de  los  dichos  capitulos  que  se  hiziéron  en  Yuste,  tambicn  scriya 
y  seHale  con  la  dicba  sellai,  y  si  inno?are  algo  dellos,  lo  haga  saver  a 


(   CXXVllI   ) 

de  faire  parvenir  au  roi  Philippe  une  copie  des  arran- 
gements proposés ,  qu  on  lui  délivra  aussi ,  et  pour  la- 
quelle on  employa  un  chiffre  dont  le  secrétaire  Yaz- 
quez  usait  dans  sa  correspondance  avec  le  secrétaire 
Hoyo(l). 

Le  projet  de  traité  avait  été  rédigé  sur  les  instruc- 
tions expresses  du  roi  de  Navarre  :  on  pouvait  donc 
croire ,  à  Valladolid  »  qu'Antoine  de  Bourbon  s'empres- 
serait d*y  donner  son  assentiment.  Dans  cette  con- 
fiance, la  princesse  doua  Juana  écrivit  au  roi  Phi- 
lippe, afin  qu  il  fit  de  suite  équiper  la  flotte  destinée  à 
transporter  les  troupes  qui,  selon  le  plan  concerté, 
opéreraient  un  débarquement  sur  les  côtes  de  France, 
vers  la  Rochelle  :  ces  troupes  devaient  se  composer  de 
4^000  Allemands,  4,000  Anglais  et  5,000  Espagnols 
tirés  des  vieilles  bandes.  La  gouvernante  s'occupa  en 
même  temps  des  préparatifs  de  l'expédition  à  faire 
contre  la  France  par  les  Pyrénées  :  elle  adressa  des 
lettres  circulaires  aux  grands  et  aux  villes  du  royaume, 
les  invitant  à  tenir  prêts,  pour  celte  entreprise,  les 
gens  de  cheval  et  de  pied  qu'ils  avaient  coutume  de 
fournir  à  leurs  souverains  (2). 

Quoique  Charles-Quint  eût  particulièrement  recom- 
mandé le  secret  sur  la  négociation  avec  le  duc  de  Yen- 


Viiestra  Magestad  (le  roi  Philippe),  para  que  mande  lo  que  fiiorc  ser> 

vido  que  se  haga,  y  que  el  misino  aviso  dé  acû »  (Pièce  tnenlionnée 

dans  la  note  de  la  p.  cxxii.) 

(i)  /frtd.,  ett.I,p.  4 US. 

(4)  IbùL 


(  CXXIX   ) 

dôme,  il  en  transpira  quelque  chose,  et  bientôt  il  ne  fut 
liniil.à  Valladolid  et  dans  le  reste  de  la  Castille,  que  de 
la  prochaine  sortie  de  TEropereur  de  son  monastère, 
pour  aller  se  mettre  à  la  tète  de  Farmée  de  Navarre. 
Charles  fut  très-mécontent  de  ces  indiscrétions  (1). 
Il  avait,  à  la  vérité,  promis  à  Ruy  Gomez  de  comman- 
der Tarmée  qui  entrerait  en  France  (2);  il  s'y  était 
engagé  aussi  par  les  articles  que  le  secrétaire  d'Antoine 
de  Bourbon  avait  emportés  :  mais  il  avait  subordonné 
cet  engagement  à  la  condition  que  sa  santé  lui  permit 
de  le  remplir;  et  il  semble,  d'après  les  lettres  de  Qui- 
jada,  qu'il  n'aurait  pas  été  disposé  à  y  faire  honneur. 
Le  majordome,  qui  était  revenu  à  Yusle  après  une 
absence  de  quatre  mois,  écrit,  le  26  août  1557,  au 
secrétaire  Yazquez  :  «  Touchant  ce  qui  se  publie  dans 

>  les  rues  de  Valladolid  sur  la  sortie  d'ici  de  l'Empe- 

>  reur,  je  ne  trouve  rien  de  nouveau;  au  contraire,  je 
»  vois  un  très-grand  repos  et  une  assiette  fixe  en  tout. 
»  Peut-être,  s'il  s'est  dit  quelque  chose  à  cet  égard, 

>  sera-ce  par  façon  de  parler,  sans  plus,  ou  parce  qu'il 
»  aura  été  impossible  de  l'éviter  (5).  >  Le  30  août,  Qui- 
jada  revient  sur  ce  chapitre  :  «  L'Empereur — mande- 
»  t-il  à  Yazquez  —  se  porte  très-bien  ;  son  appétit  et 

>  son  sommeil  sont  excellents.  Il  est  l'homme  le  plus 

>  content  du  monde,  et  il  a  moins  d'envie  que  jamais 


(t)  LeUrcs  de  Gazlelù  à  Vazqucz,  dc5  10  et  13  août  1557,  t.  Il 
pp.  223 ,  225. 

(2)  Tome!!,  p.  172,  note  2. 

(3)  Tome  I,  p.  167. 

Tome  11.  i. 


(  cxxx  ) 

»  de  quitter  ce  monastère:  du  moins  il  le  dit  ainsi (1).  i 
Le  langage  du  grand  commandeur  don  Luisd'Avila,  qui 
était  allé  à  Yuste  une  quinzaine  de  jours  auparavaDt, 
est  moins  explicite  sur  les  intentions  de  l'Empereur: 
J'ai  laissé  —  dit-il  —  frère  Chartes  fort  paisible: 
bien  qu'il  ne  se  défiât  pas  trop  de  ses  forces,  elles  ne 
lui  paraissaient  pas  toutefois  suffisantes,  pour  qu'il 
sortit  du  monastère.  Depuis  mon  départ  »  les  choses 
peuvent  avoir  changé.  Je  crois  tout  de  l'amour  qu'il 
porte  à  son  fils,  de  son  grand  courage  et  de  ses 
anciennes  habitudes,  car  il  a  été  nourri  dans  la 
guerre,  comme  on  dit  de  la  salamandre  qu'elle  l'est 
dans  les  fours  de  verrerie.  Mais ,  de  l'infanterie  nou- 
velle ,  de  la  cavalerie  des  seigneurs ,  en  un  mot  une 
armée  tout  entière  de  troupes  fraîchement  rassem- 
blées, je  ne  sais  comment  cela  ira  avec  celui  qui  tou- 
jours eut  sous  ses  ordres  les  soldats  les  plus  aguer- 
ris. >  Le  grand  commandeur  ajoute  :  <  Cette  lettre 
que  le  magistrat  de  Plasencia  a  reçue,  et  où  il  est  dit 
que  S.  M.  veut  pour  le  moment  quitter  Yuste,  et 
entrer  en  France  par  la  Navarre ,  a  mis  tout  le  monde 
en  émoi.  En  vérité,  je  pense  qu'il  n'y  aura  pas  un 
homme  qui  n'aille  avec  lui  (2).  > 
Les  dispositions  de  Charles-Quint  ne  ibrent  pas,  du 
reste,  mises  à  l'épreuve.  Le  roi  de  Navarre,  après  avoir 
assez  longtemps  fait  attendre  sa  détermination  sur  le 


(4)  Tome  I,  p.  168. 
(2)  Jbid,,  II,  p.  226, 


(  CXXXI  ) 

projet  cl*ârrângement  qu'on  loi  avait  porté,  ne  fit 
qu'une  réponse  évasive  :  il  prétendit  que  les  dépèches 
envoyées  au  roi  Philippe  avaient  été  interceptées  en 
France;  que  les  articles  conçus  à  Yuste,  ainsi  que  les 
lettres  du  comte  de  Melito ,  avaient  été  déchiffrés  et  lus 
dans  le  conseil  intime  du  roi  Henri  II  (I);  il  se  plaignit 
des  observations  que  le  conseil  d'Etat  avait  ajoutées 
aux  points  adoptés  par  l'Empereur  (2).  Â  Valladolid« 
en  recevant  cette  réponse,  on  cessa  de  croire  à  la  bonne 
foi  d*Antoine  de  Bourbon  ;  on  fut  persuadé  qu'il  avait 
toujours  négocié  du  su  et  de  l'aveu  du  roi  de  France. 
On  ne  comprenait  pas,  autrement,  qu'on  lui  eût  laissé 
la  liberté  de  ses  actions ,  et  remis  les  dépèches  inter« 
ceptées  :  on  se  disait,  de  plus,  que  les  Français  n*au- 
raient  su  déchiffrer  ces  pièces ,  s'il  n'avait  pas  livré 
récrit  dont  son  secrétaire  était  porteur.  La  gouver- 
nante manda  néanmoins  au  duc  d'Âlbuquerque  de  ne 
pas  rompre  la  négociation  :  car ,  dans  la  campagne  sui- 
vante» on  tenterait  peut*ètre  quelque  chose  du  côté 
des  Pyrénées,  et  alors  il  serait  encore  avantageux  de 
s'arranger  avec  Vendôme  (3). 


(4)  Tome  1,  p.  475. 

Au  mois  d'octobre  de  Tannée  suivante,  un  agent  d'Antoine  de 
Bourbon  disait,  h  Cercamp,  au  baron  de  Pollweiler,  que,  lorsque  les 
dépêches  forent  interceptées  en  France,  le  secrétaire  TAubcspine, 
I  pour  Tamitié  qu'il  portait  au  cardinal,  frère  du  roi  de  Navarre,  ne 
I  voulut  pas  les  déchiffrer  toutes.  (Voy.  les  Papiers  d'État  du  eardinai 

de  GramselU,  t  V,  p.  535.) 
(i)  Tome  I,  p.  180. 
(3)/M.,  II,p.  250. 


(  CXXXIi  ) 

Charles-Quint  jugea ,  de  la  même  manière  que  les 
ministres  de  la  princesse ,  la  conduite  du  roi  de  Na- 
varre. Déjà»  le  22  septembre  1557,  voyant  le  silence 
d'Antoine  de  Bourbon  et  les  succès  de  Farmée  espa- 
gnole dans  les  Pays-Bas,  il  avait  écrit  à  son  fils,  lui 
proposant  de  se  considérer  tous  deux  comme  dégagés 
des  obligations  éventuelles  qu'ils  avaient  contractées , 
et  d*en  donner  avis  au  duc  de  Vendôme  (1)  :  le  24  octo- 
bre, il  transmit  au  duc  d*Âlbuquerque  des  instructions 
conçues  dans  ce  sens  (2).  La  reine  de  Hongrie,  qui  se 
trouvait  alors  à  Yuste ,  avait  entièrement  partagé  sa 
manière  de  voir  à  cet  égard  (3). 

Antoine  de  Bourbon  fit,  en  ce  temps,  de  nouvelles 
ouvertures,  qui  parurent  assez  importantes  au  duc 
d*Albuquerque ,  pour  quil  chargeât  son  fils,  don  Ga- 
briel de  la  Cueva,  d'en  aller  rendre  compte  à  Yalla- 
dolîd  et  à  Yuste,  et  qu'il  suspendit,  en  attendant, 
l'exécution  des  ordres  de  l'Empereur  (4).  Ce  prince 
offrait  de  livrer  la  Guienne,  et  de  donner  tout  ce  qu'il 
possédait  en  deçà  des  Pyrénées ,  si  on  l'investissait  de 
l'Ëtat  de  Milan,  avec  le  titre  de  roi  de  Lombardie; 
mais  il  voulait  des  sûretés  :  il  tenait  principalement  à 
ce  qu'on  le  laissât  entrer  dans  le  royaume  de  Navarre 
comme  s'il  s'en  emparait  par  force.  11  s'engageait  à 


(1)  Tome  II,  pp.  244-246. 

(2)  Ibid.,  p.  260. 

(o)  Lettre  de  rEmpcroiir  au  sccrétaîre  V^azqucz,  du  31  octobre 
4S57. 

(4)  Tome  I ,  p.  238. 


(  GWXIII  ) 

restituer  ce  royaume ,  dès  que  le  duché  de  Milan  lui 
serait  remis.  Son  fils  lui  aurait  servi  d'otage  (1). 

La  délibération  que  prit  le  conseil  de  Yalladolid, 
après  avoir  entendu  don  Gabriel  de  la  Cueva,  nous  est 
connue  par  une  lettre  que  la  princesse  doïia  Juana  écri- 
vit à  son  père,  le  5  janvier  1558  (2).  L'Empereur  fit, 
le  25  du  même  mois,  à  doiîa  Juana,  la  réponse  sui- 
vante : 

c  Sérénissime  princesse,  ma  très -chère  et  très- 
aimée  fille,  j'ai  reçu,  par  don  Gabriel  de  la  Cueva, 
votre  lettre  du  5.  Les  détails  qu'elle  contient,  le  rap- 
port que  don  Gabriel  m'a  fait,  de  la  part  de  son  père, 
les  copies  de  la  lettre  que  ce  secrétaire-  de  Vendôme  a 
écrite  à  Ezcurra ,  et  de  la  réponse  de  celui-ci,  enfin  les 
nouvelles  propositions  dudit  Vendôme ,  m'ont  mis  au 
courant  de  l'état  des  choses.  Comme  je  vous  l'ai  écrit 
déjà,  je  tiens  pour  certain  que  cette  affaire  s'est  traitée 
et  se  traite  du  su  du  roi  de  France,  et  que  Vendôme 
tâche  d'entretenir  la  négociation  dans  la  crainte  de  ce 
qui  pourrait  lui  arriver.  Chaque  jour  confirme  de  plus 
en  plus  en  moi  cette  opinion  :  car  il  est  bien  à  croire 
que,  si  la  volonté  de  Vendôme  était  telle  qu'il  l'a  donné 
à  entendre,  il  l'aurait  montré  l'an  passé.  En  admettant 
qu'il  n'eût  pu  le  faire,  parce  que,  comme  il  le  dit,  la 
chose  a  été  découverte  par  le  roi  de  France,  il  ne  serait 
pas  aussi  libre  qu'il  l'est ,  et  on  ne  lui  permettrait  pas 


(I)  Papiers  d'État  du  cardinal  de  GroiweUc,  t.  V,  p.  333. 
{%)  Tome  I,  p.  238. 


(  ex XXIV  ) 

rentrée  de  Bayonne,  qui,  auparavant,  lui  était  défen* 
due.  D'ailleurs ,  s'il  avait  réellement  Tintention  d'exé- 
cuter, au  printemps  prochain,  l'entreprise  concertée, 
il  ne  mettrait  pas  en  avant  de  nouvelles  conditions, 
alors  que  celles  dont  son  secrétaire  Bourdeau  fut  por- 
teur lui  étaient  si  favorables.  Demander  aujourd'hui 
qu'on  lui  remette  la  Navarre ,  est  chose  hors  de  toute 
espèce  de  raison  :  il  en  a  été  question  du  temps  de 
don  Henri  (d'Albret),  son  beau*père,  et  depuis,  et  tou- 
jours nous  nous  y  sommes  refusés.  Je  ne  suis  pas 
d'avis  qu'on  lui  fasse  en  cela  la  moindre  concession , 
quand  bien  même  il  donnerait  en  otage  sa  femme,  ses 
fils  et  tout  ce  qu'il  aurait  encore.  Pour  le  moment,  vu 
les  raisons  que  vous  alléguez  et  l'avis  du  conseil  d'Etat , 
il  n'y  a  autre  chose  à  dire,  sinon  qu'il  faut  entretenir  la 
négociation.  ' 

»  J*ai  trouvé  bien  qu'on  ait  informé  et  qu'on  in- 
forme le  roi  de  tout  :  lorsqu'il  l'aura  considéré*  avec  ce 
qui  résulte  de  la  paix  qu'on  dit  que  le  cardinal  Caraffa 
est  allé  lui  proposer  de  la  part  du  pape,  il  jugera  de  ce 
qu'il  lui  convient  de  faire.  Moi,  quand  je  verrai  que 
Tentreprise  concertée  est  à  la  veille  de  recevoir  son 
exécution,  et  que  les  avis  des  autres  m'auront  été  com- 
muniqués ,  je  donnerai  le  mien  :  je  dirai  alors  si  l'expé- 
dition doit  avoir  lieu  par  mer  ou  par  terre,  avec  ou 
sans  l'aide  de  Vendôme,  quoique  je  connaisse  très- 
peu  les  choses  de  cette  frontière. 

>  En  attendant,  vous  avez  bien  fait  de  demander 
celui  dudit  duc  (d'AIhuquerque).  11  convient  aussi  de 
lui  ordonner,  nonobstant  ce  qui  est  dit  ci-dessus,  qu'il 


(  cxxxv  ) 

notifie  à  Vendôme ,  dans  la  forme  et  les  termes  que 
ceux  du  conseil  d*Ëtat  jugeront  convenable,  ce  que  je 
lui  écrivis  dernièrement,  à  savoir  :  que  mon  fils  et 
moi  nous  demeurons  dégagés  de  nos  offres,  puisqu'il 
ne  les  a  pas  acceptées,  et  qu'il  demande  aujourd'hui 
des  choses  nouvelles.  Mais  je  ne  serais  pas  d  opinion 
que  ledit  duc,  soit  en  son  nom,  soit  autrement,  con- 
sultàt  Vendôme  sur  la  manière  d'exécuter  l'entreprise 
susmentionnée,  car  cela  ne  convient  en  aucun  cas  (1).  > 

Les  documents  que  nous  avons  reçus  de  Simancas 
s*arrétent  ici.  On  peut  inférer,  d'une  lettre  publiée  dans 
les  Papiers  d'Etat  de  Granvelle,  que  la  négociation 
en  resta  au  point  où  nous  venons  de  la  laisser.  Cette 
lettre,  écrite  de  l'abbaye  de  Cercamp,  le  29  octobre 
1558,  par  l'évéque  d'Arras  à  Philippe  II,  nous  ap« 
prend  qu'un  agent  secret  d'Antoine  de  Bourbon  était 
venu  près  de  ce  lieu  s'aboucher  avec  le  baron  de  Poil- 
weiler,  et  qu'il  lui  avait  exprimé  letonnement  et  les 
doléances  de  son  maître  sur  le  silence  qu'on  gardait 
envers  lui  depuis  six  mois  (2).  Il  aurait  pu  se  l'ex- 
pliquer cependant  ;  le  roi  Philippe  avait  conclu  la  paix 
avec  le  pape;  il  se  voyait  à  la  veille  de  s'arranger  avec 
Henri  II;  l'alliance  du  roi  de  Navarre  lui  était  désor- 
mais inutile. 

Antoine  de  Bourbon  eut-il  réellement  la  volonté  de 
se  liguer  avec  l'Espagne  contre  la  France ,  afin  d'avoir 


(I)  Tome  1,  pp.  247-248. 

(ï)  Papiers  d'Étal  du  cardinal  de  GranrcUc,  t.  V,  p.  552. 


(  CIXXVl  ) 

le  Milanais?  ou  ses  démarches  fureDl-elles  concertées 
avec  les  ministres  de  Henri  H,  et  eurent -elles  pour 
but  de  tromper  TEmpereur  et  son  fils?  Cest  un  pro- 
blème qui  reste  à  résoudre.  Il  est  digne  de  remarque 
que  les  historiens  français  ni  espagnols  ne  parient  de 
la  négociation  dont  nous  venons  de  retracer  les  dif- 
férentes phases  :  Galland  lui-même,  à  qui  les  archives 
de  la  maison  de  Bourbon  furent  ouvertes,  parait  les 
avoir  ignorées. 

Quoi  qu*il  en  soit ,  Antoine  de  Bourbon  n*eut  pas  à 
se  féliciter  des  résultats  de  sa  politique.  Au  congrès  de 
Gâteau -Cambrésis,  il  se  vit  également  abandonné  et 
par  TEspagne  et  par  la  France.  Le  ii  novembre  1558, 
ses  députés,  le  sieur  de  Roissy  et  Tévèque  de  Mende, 
firent  une  belle  remontrance,  pour  établir  ses  droits 
an  royaume  de  Navarre;  les  ambassadeurs  de  France 
eurent  lair  de  les  appuyer  chaudement  (1)  :  mais  le 
cardinal  de  Lorraine  avait  eu  soin  de  prévenir  le  duc 
d*Albe  qu'il  ne  fallait  pas  s*en  émouvoir,  et  que  ce  ne 
serait  que  pour  la  forme  (2).  Les  ambassadeurs  d'Espa- 
gne se  bornèrent  à  répondre  <  qu'ils  tenaient  cette 
»  affaire  pour  dès  longtemps  résolue;  que,  leur  maître 
»  ne  pensant  pas  qu'on  vint  à  la  remettre  en  avant  à 
»  cette  heure,  ils  n'en  étaient  autrement  venus  in- 
»  struits,  ni  pourvus  de  lettres  qui  serviraient  à  la  dé- 
>  fensc  de  leur  cause,  et  qu'elles  étaient  aux  archives 


(1)  Galland,  Preuves,  pp.  72-79. 

(2)  Papiers  d'Étal  du  cardinal  de  Granvelle,  t.  V,  p.  261. 


(   GXXXVll  ) 

»  d*Espdgne;  que  de  tout  ils  avertiraient  S.  M.,  de  la 
»  conscience  et  équité  de  laquelle  ils  étaient  assurés 
»  quelle  ne  voudrait  rien  posséder  ni  tenir  injuste- 
»  ment,  et  que  lesdits  députés  seraient  toujours  reçus 
»  par  lui  à  les  ouïr  en  justice  (1).  >  Tout  fut  dit  par  là, 
et  il  n'y  eut  pas  un  mot  d'inséré  dans  le  traité,  tou- 
chant les  prétentions  du  roi  de  Navarre.  Antoine  de 
Bourbon,  pour  se  concilier  les  bonnes  grâces  de  Phi- 
lippe II,  accepta,  l'année  suivante,  la  mission  de  coli- 
duire  à  la  frontière  d'Espagne  Elisabeth  de  France, 
qui  allait  devenir  sa  femme;  il  fit  plus  tard,  dans  le 
même  but,  une  visite  à  ce  monarque.  On  le  berça ,  pen- 
dant quelque  temps,  de  l'espoir  de  lui  donner  la  Sar- 
daigne  en  compensation  de  la  Navarre.  Ses  illusions  à 
cet  égard  n'étaient  pas  encore  dissipées ,  lorsqu'il  mou- 
rut, le  17  novembre  1562,  des  suites  d'une  blessure 
reçue  au  siège  de  Rouen. 


XI. 


Ou  a  vu,  dans  le  preniier  volume  de  ce  Recueil  (2), 
les  tentatives  qui  furent  faites  auprès  de  la  reine  douai- 
rière de  Hongrie,  Marie  d'Autriche,  pour  l'engager  à 
accepter  de  nouveau  le  gouvernement  des  Pays-Bas ,  et 
comment,  après  des  refus  réitérés ,  elle  avait  fini  par 


(1)  Galu?(d,  Preuves,  p.  70. 
(3)  Préface,  p.  xltih. 


(  cxxxvui  ) 

céder,  sous  certaines  réserves,  aux  instauces  du  roi  et 
de  l'Empereur. 

Quelques-uns  des  documents  dont  est  formé  le 
tome  II  contiennent  encore  des  éclaircissements  sur  ce 
sujet.  Telles  sont  :  Finstruction  remise  par  Charles- 
Quint  à  Quijada,  lorsqu'il  Tenvoya  à  Yaliadolid,  au 
mois  de  mars  1558  (1);  l'instruction  que  Philippe  II 
signa  pour  Tarchevèque  de  Tolède,  le  5  juin  de  la  même 
année  (2)  ;  la  lettre  de  Garcilaso  de  la  Yega  au  roi»  du 
7  septembre  suivant  (5). 

Il  est  question,  de  plus,  dans  ce  second  volume, 
des  projets  d  établissement  de  la  reine  en  Espagne;  et, 
comme  les  communications  auxquelles  ils  donnèrent 
lieu  entre  Marie,  Charles-Quint,  Philippe  II  et  dona 
Juana  fournissent  des  indications  intéressantes  sur  le 
caractère  et  les  sentiments  de  ces  divers  personnages, 
nous  croyons  devoir  nous  en  occuper  ici. 

Marie  et  sa  sœur  Ëléonore  songèrent  à  choisir  les 
endroits  où  elles  fixeraient  leur  résidence  en  Espagne, 
dès  que  l'Empereur  se  fut  séparé  d'elles  à  Yalladolid. 

Ëléonore  jeta  les  yeux  sur  la  terre  de  Guadalajara, 
qui  lui  fut  accordée  par  le  roi  (4).  Marie  écrivit  à  son 
neveu ,  afin  d'avoir  celle  d'Ocana,  avec  la  juridiction, 
les  provisions  d'offices  et  les  revenus  qui  en  dépen- 
daient (5). 


(i)  Page  3i2. 

(2)  Pages  i28 ,  453454. 

(5)  Pages  496498. 

(4)  Tomell,  pp.  435,215. 

(5)  Lettre  du  9  décembre  1556,  t.  II,  p.  124-126. 


(  CXXXIX  ) 

Philippe  trouva  raliénation  d*Ocana  sujette  à  de 
grandes  difficultés  (1)  :  il  proposa  à  sa  tante  Huete,  ou 
Aranda  (2).  Elle  donna  la  préférence  à  Huete  (5).  Elle 
ne  s'y  établit  pourtant  point ,  mais  elle  résolut  d'aller 
vivre  avec  la  reine  douairière  de  France  à  Guadala- 
jara  (4). 

Ëléonore  mourut,  avant  d'avoir  pris  possession  de 
ce  dernier  domaine.  Marie  vint  trouver  TEmpereur  à 
Yuste,  et  l'un  des  objets  qu'elle  traita  aVec  lui,  durant 
les  cinq  jours  qu'elle  passa  au  monastère  (5),  fut  le 
règlement  de  sa  vie  future.  Elle  lui  dit  qu'elle  se  sou- 
mettait d  avance  à  ce  qu'il  déciderait  à  cet  égard,  pourvu 
qu  il  ne  lui  parlât  point  de  reprendre  le  gouvernement 
des  Pays-Bas,  <  car  elle  aimerait  mieux  aller  aux 
>  Indes.  »  Elle  ajouta  qu'il  y  avait  pour  elle  trois  ma- 
nières de  vivre  :  l'une  large,  la  seconde  médiocre,  et  la 
troisième  étroite;  qu'elle  adopterait  celle  pour  laquelle 
il  se  prononcerait  lui-même,  et  qu'elle  fixerait  sa  rési- 
dence dans  le  lieu  qu'il  lui  désignerait  ^  elle  donna  à 
entendre,  toutefois,  que  Guadalajara  lui  plairait  plus 
que  toute  autre  localité. 

L'Empereur  ne  voulut  rien  décider;  mais  il  conseilla 
a  sa  sœur  de  choisir  un  genre  de  vie  qui  tint  le  milieu 
eotre  un  grand  état  et  une  existence  trop  au-dessous  de 


(l)Toraell,p.  iSe,  DOteL 

(S)/6îd.,p.  315, 

(S)  /6id.,  p.  45i. 

(4)  /ftMi.,pp.36«,  540. 

(K)  Tome  l«r,  pp.  ^0,  SSi  ;  L  11,  pp.  Zi^'À,  oOsL 


(  CXL  ) 

sa  condition  ;  par  le  même  motif»  il  ne  fut  pas  d*avis 
qu'elle  se  fixât  à  Guadalajara,  où  il  aurait  fallu  un  train 
de  maison  plus  considérable  que  celui  qu'elle  se  pro- 
posait d'avoir.  Il  l'engagea,  en  attendant  que  le  roi  eût 
statué  sur  ce  qu'elle  lui  demanderait,  à  retourner  à 
Yalladolid,  ou  bien  à  demeurer  provisoirement  dans 
quelque  lieu  des  environs,  tel  que  Tordesillas,  Toro, 
Zamora ,  Palencia ,  Âranda ,  Arevalo,  Olmedo ,  Siman- 
cas ,  ou  Cigales. 

D'abord  elle  écarta  tous  ces  endroits ,  et  dit  qu'elle 
irait  attendre  la  réponse  du  roi  à  Aranjuez,  ou  au 
Pardo,  près  de  Madrid.  L'Empereur  lui  fit  observer  que 
ces  deux  résidences  étaient  malsaines  en  certains  temps 
de  l'année  :  alors  elle  parla  du  monastère  de  Guada- 
lupe,  contre  lequel  Charles  éleva  aussi  des  objections. 
Enfin  elle  se  détermina  pour  Cigales,  qui  est  à  deux 
lieues  de  Valladolid. 

S'étant  ainsi  résolue,  elle  offrit  à  l'Empereur,  s'il 
voulait  présider  aux  cortès  de  Casiille,  qui  venaient 
d'être  convoquées ,  de  lui  prêter  son  concours  ;  elle  lui 
offrit  également  d'aider  de  ses  avis  la  princesse  gouver- 
nante ,  dans  tous  les  cas  où  l'on  jugerait  à  propos  de  la 
consulter. 

Elle  prit  congé  de  son  frère,  sans  s'être  expliquée  sur 
le  lieu  où  elle  s'établirait  d'une  manière  définitive,  mais 
avec  le  dessein  d'acquérir,  près  de  Tolède,  différentes 
terres  appartenantes  aux  ordres,  moyennant  certaines 
faveurs  qu'elle  espérait  obtenir  du  roi.  Elle  sollicita 
l'appui  de  l'Empereur  à  cet  effet,  et  le  pria  en  outre,  vu 
l'insuffisance  de  ses  revenus ,  ainsi  qu'elle  l'assurait , 


(   CXLI   ) 

(rintercéiler  auprès  de  son  fils,  afin  qifil  lui  accordât, 
annuen6nf)ent,  une  somme  qui  la  mit  en  état  de  sul)« 
venir  à  sa  dépense  (I). 

Charles-Quint  devait  beaucoup  à  sa  sœur  Marie  :  il 
avait 'trouvé  en  elle  une  exécutrice  constante,  éner- 
gique ,  dévouée  de  sa  politique;  elle  avait  secondé  ses 
vues  avec  une  habileté  incomparable;  plus  d*une  fois 
elle  lui  avait  sauvé  des  embarras  cruels  et  de  graves 
périls  (2).  Il  oublia  pourtant,  en  cette  occasion,  toutes 
les  obligations  qu'il  lui  avait,  pour  ne  songer  qu*aux 
intérêts  de  son  fils.  Il  venait  de  donner  à  Quijada  la 
permission  de  retourner  chez  lui  :  il  le  chargea  de  pas- 
ser par  Valladolid,  et  d*y  voir  la  princesse  gouver- 
nante et  les  ministres.  Il  avait  déclaré  à  la  reine  elle- 
même  que,  dans  la  situation  où  étaient  les  affaires 
publiques,  il  n'oserait  rien  demander  au  roi  pour 
elle  («^)  :  il  fit  dire  à  la  gouvernante,  par  Quijada, 
quant  aux  terres  dont  la  reine  désirait  faire  l'acquisi- 
tion, quelle  devait  en  agir  avec  sa  tante  comme  avec 


(1)  Tous  CCS  dclaîLs  sont  tirés  de  rinstrurlion  donnée  par  Charlcs- 
Quînt  à  Quijada,  au  mois  de  mars  1558,  p.  539  et  suiv.  de  ce  volume. 

(3)  Il  faut  lire,  à  ce  sujet,  Tintércssantc  monographie  que  M.  Tiiko- 
BOEB  Juste  a  tout  récemment  publiée  sous  ce  titre  :  Vin  de  Marie  de 
Bongrie,  tirée  de»  papier*  d'État  .*  Introduction  à  l'histoire  des  Pays- 
Bat  tous  Philippe  IL 

M.  Juste  a  depuis  fait  paraître  le  premier  yolumc  de  Thistoire  de  la 
réTolutîon  des  Pays-Bas.  Ces  nouvelles  publications,  ajoutées  aux  ou- 
vrages dont  le  public  lui  ctaitdcjà  redevable,  placent  M.  Jiste  au  rnni; 
des  écrivains  h  qui  notre  histoire  nationale  a  le  plus  dobligation<f. 

(5)  Page  :>42. 


(  CXLII   ) 

tout  le  monde,  selon  ses  instructions  et  les  règles  éta- 
blies (1). 

Après  que  tja  reine  eut  quitté  Yuste,  son  conseil- 
ler Nicolas  Micault  et  son  trésorier  Roger  Pathie  vin- 
rent, par  ses  ordres,  communiquer  à  TEmpereur  une 
lettre  qu'elle  avait  préparée,  pour  être  adressée  au 
roi.  Grand  fut  Tétonnement  de  Charles,  en  y  voyant 
des  choses  toutes  différentes  de  celles  dont  sa  sœur 
Tavait  entretenu  :  ainsi  elle  demandait  de  payer,  quand 
elle  pourrait  et  comme  elle  voudrait,  les  endroits 
qu'elle  désirait  acquérir;  elle  exprimait  le  vœu  d'être 
autorisée  à  y  établir  un  alcade,  avec  les  mêmes  attri- 
butions que  les  alcades  de  cour;  elle  sollicitait  du  roi 
une  rente  annuelle  de  4,000  ducats,  à  prélever  sur  les 
biens  du  clergé  d'Espagne,  pour  l'entretien  d'une  église 
et  d*un  collège  qu'elle  avait  l'intention  d'ériger,  etc. 
L'Empereur  n approuva  point  ces  prétentions,  et  Qui- 
jada  en  instruisit,  de  sa  part,  la  princesse  gouver- 
nante (2).  Quelques  jours  après,  il  donna  connaissance 
au  roi  de  tout  ce  qui  s*était  passé.  Il  le  pria  de  lui 
garder  le  secret,  car  déjà  la  reine  se  défiait  de  lui,  et 
elle  s'imaginerait,  si  ses  demandes  n'étaient  pas  ac- 
cueillies, qu'il  en  avait  été  cause.  Il  s'en  remettait,  du 
reste,  à  la  décision  que  son  fils  trouverait  bon  de  pren- 
dre, en  l'engageant  à  faire,  pour  la  reine,  ce  qui  serait 
juste  et  praticable  (3). 


(i)  Page  543. 

(2)  Tome  II ,  p.  352  et  suiv. 

(5)  Ihid.,  pp.  567  et  368. 


(  GTLIII   ) 

Nous  avons  rapporté  l'offre  de  la  reine,  d'intervenir 
aux  cortès  et  de  seconder  la  princesse  gouvernante 
daDs  ladministration  de  TEspagne  :  Marie  assurait 
pourtant,  comme  le  secrétaire  Gaztelù  le  disait  au  se- 
crétaire Yazquez ,  qu  elle  n'aimait  plus  à  se  mêler  des 
affaires  publiques  (1),  et,  selon  le  témoignage  de  Tévé- 
que  de  Palencia  écrivant  à  Philippe  II,  qu'elle  était 
dégoûtée  de  tout  (2).  Mais  Gaztelù  n'en  croyait  rien. 
Sans  se  dissimuler  ce  que  la  chose  avait  de  délicat, 
Charles  fit  proposer,  par  Quijada,  à  la  gouvernante  de 
consulter  la  reine  sur  les  objets  qui  seraient  particu- 
lièrement à  sa  connaissance  (5).  Dona  Juana  prit  fort 
mal  cette  ouverture  :  toute  jeune  qu'elle  était,  et  quoi- 
qu'elle se  plaignit  que  les  soins  du  gouvernement  lui 
donnassent  les  plus  grandes  peines  du  monde  (4),  cette 
princesse  n'entendait  en  partager  l'exercice  avec  per- 
sonne :  Frédéric  Badoaro,  qui  venait  de  remplir  la 
charge  d'ambassadeur  de  Venise  auprès  de  Philippe  II, 
disait  d'elle  «  que,  par  la  volonté,  elle  tenait  plus  de 
»  l'homme  que  de  la  femme  (5).  »  Elle  répondit  à  Qui- 
jada que  son  autorité  souffrirait  de  la  communication 
qu'on  lui  proposait  de  donner  à  la  reine;  que,  d'ail- 


(I)  ToineII,pp.  525,  34i. 

(3)  Ibid.,  p.  36â. 

(3)  IM.,  p.  Ul. 

(A)  « ....  Sepa  Vuestra  Magcst^d  ques  el  mayor  trabajo  dcl  mundo 
tenelle...»  (T.  II,  p.  478.) 

(5)  Voy.  nos  Relations  des  ambassadeurs  vénitiens  sur  Chnrles-Quifit 
et  PkiKppe  II,  p.  62. 


(  cxuv  ) 

leurs ,  le  caractère  de  sa  tante  ne  lui  permettrait  pas 
(le  se  contenter  de  si  peu  (1).  Quijada  avait  Tordre  de 
faire  la  même  ouverture  aux  conseils  d*Ë(at  et  des 
finances  (2);  elle  le  lui  défendit  5).  Elle  écrivit  à  rEm- 
pereur  qu'elle  ne  croyait  pas  qu'il  voulût  porter  atteinte 
aux  prérogatives  dont  elle  était  investie  (4).  La  cbose 
en  resta  là. 

Cependant  Marie  avait  choisi,  pour  sa  résidence  dé- 
finitive, les  terres  de  Zorita,  d*Almonacid,  d*Albalale 
et  dlllana,  situées  dans  le  royaume  de  Tolède,  et  elle 
écrivit  au  roi  le  10  mai  1558,  afin  qu'il  voulût  les  lui 
donner  :  elle  ne  prétendait  plus,  comme  précédem- 
ment, les  avoir  en  propriété;  elle  se  contentait  d'en 
pouvoir  jouir  sa  vie  durant,  mais  elle  souhaitait  de  n'y 
pas  dépendre  des  juges  royaux,  et  elle  désirait  en  consé- 
quence y  avoir  toute  juridiction.  Elle  rappelait  au  roi, 
dans  la  même  lettre,  sa  demande  d'une  rente  de  3,000 
à  4,000  ducats  pour  l'entretien  de  la  chapelle  et  du 
collège  qu'elle  avait  à  cœur  de  fonder  (5). 

Réduites  à  ces  termes,  les  prétentions  de  la  reine 
étaient  certes  modérées  :  tel  fut  le  jugement  qu'en 
porta  le  président  du  conseil  royal  de  Castille,  don 
Juan  de  Vega,  ancien  vice-roi  de  Sicile  (6),  et  l'Empe- 


(1)  Tome  II,  p.  550. 

(2)  /6tc^,p.  541. 
(5)  /Wd.,  p.  550. 
(i)  Ihid.,  p.  548. 

(5)  IMd.,  pp.  590-595. 
{(i)  M/J.,  pp.  405-404. 


(  CXLV  ) 

reur  les  apprécia  de  même.  Croira-t-on  pourtant  qu'il 
n  08a  pas  les  appuyer  auprès  du  roi ,  tant  était  grande 
la  crainte  qu'il  avait  de  déplaire  à  son  fils?  Il  se  borna 
à  lui  écrire  :  «  Selon  moi ,  s  il  y  a  quelque  chose  à  faire 
»  pour  la  reine,  il  vaut  mieux  le  faire  de  la  manière 
»  qu  elle  le  demande  maintenant,  que  lorsqu'il  s'agis» 
»  sait  d'une  aliénation  perpétuelle,  d'autant  plus  que 

>  les  endroits  à  céder  n'ont  pas  Timportance  et  ne 

>  produisent  pas  les  sommes  qu'on  supposait  (1).  » 
Philippe  II,  lorsqu'il  reçut  ces  lettres,  songeait  aux 

moyens  de  faire  revenir  la  reine  aux  Pays-Bas  :  il  sus- 
pendit sa  décision,  jusqu'à  ce  qn*il  connût  le  résultat 
des  démarches  de  Farchevèque  de  Tolède  et  de  Garci- 
laso  de  la  Vega  (2).  Si  la  reine  condescendait  à  ce  qu'il 
désirait  d'elle,  il  était  disposé  à  lui  donner  toute  espèce 
de  satisfaction  (5);  dans  le  cas  contraire,  elle  n'aurait 
probablement  pas  obtenu  grand'chose  de  lui.  Rien 
n  était  fait,  au  moment  où  la  reine  mourut. 

On  remarquera  l'apostille  écrite  de  la  main  de  Phi- 
lippe II  sur  la  lettre  du  10  mai  1558  (4);  elle  met  en 
évidence  la  nature  des  sentiments  qu'il  avait  pour  sa 
tante.  Philippe  ne  pardonnait  point  à  la  reine  d'avoir 
résigné  sa  régence  lors  de  l'abdication  de  l'Empereur; 
il  ne  lui  tenait  aucun  compte  des  fatigues  qu'elle  avait 
endurées,  des  peines  quelle  avait  souffertes,  pour  la 


(1)  Tome  II,  pp.  385-384. 

(9)  Tome  I*',  p.  351 ,  note  i  ;  t.  II,  p.  395  et  suit. 

(3)  TonieII,p.434. 

(i)  Ibid.,  p.  395. 

Tome  11. 


\ 


(  CXLVI  ) 

grandeur  de  la  monarchie  espagnole;  il  ne  se  reasou- 
venait  plus  de  tout  ce  qu'elle  avait  fait  à  Augabourg, 
en  1550  et  1551  (1),  afin  de  lui  procurer  la  succes- 
sion de  la  dignité  impériale.  II  est  vrai  que,  de  son 
côté ,  quelles  que  fussent  ses  protestations  de  tendresse 
et  de  dévouement ,  la  reine  n'aimait  guère  son  neveu. 
C'est  ce  qui  nous  est  attesté  par  l'ambassadeur  vénitien 
Badoaro  :  ce  diplomate  va  même  plus  loin,  puisque, 
selon  son  témoignage,  entre  Philippe  et  Marie  il  régnait 
une  haine  mutuelle  (2). 


XII. 


Quoique  cette  préface  soit  déjà  bien  longue,  je  de- 
mande la  permission  de  dire  quelques  mots  de  plus.  Je 
désire  revenir  sur  deux  points  de  l'histoire  de  Charles- 
Quint  qui  ne  sont  pas  entièrement  éclaircis. 

Il  est  constant  que  Charles-Quint,  comme  César, 
écrivit  des  commentaires  :  nous  avons  sur  ce  fait  des 
témoignages  qui  le  mettent  hors  de  toute  contesta- 
tion (5).  Mais  ces  fameux  commentaires,  dont  Bran- 
tôme dit  que,  s'ils  eussent  vu  le  jour,  <  tout  le  monde 
>  fust  accouru  pour  en  achepter,  comme  du  pain  en 


(4)  Voy.  la  Vie  de  Marie  de  Hotigrie,  par  M.  Juste,  p.  95  et  suit. 

(2)  •  ....  Il  re  odia  lei ,  et  Ici  lui....  »  (Voy.  nos  BeUitiotu  dit  ambas- 
sadeurs vénitiens  sur  Charles-Quint  et  Philippe  II ,  pp.  4  6  et  47.) 

(3)  Ceux  de  Brantôme,  Valère  André,  Guillaume  Van  Mile,  Btyle, 
Ambrosio  de  Morales,  Sandoval,  Ruscelll,  etc. 


(  CXLVIl  ) 

»  un  marché  en  un  temps  de  famine  (1),  t  que  ionU 
ili  devenus?  Jusqu'ici  on  n*a  pu  parvenir  à  le  savoir. 
Dans  une  notice  que  je  lus  à  TAcadémie,  il  y  a  une 
dizaine  d'années  (2),  je  communiquai  à  la  compagnie 
deui  lettres  de  la  collection  Granvelle  qui  n'avaient  pas 
encore  été  publiées  à  cette  époque  (5) ,  et  desquelles 
on  pouvait  tirer  quelques  conjectures  relativement  au 
précieux  manuscrit  que  je  venais  de  rechercher,  sans 
succès,  dans  les  bibliothèques  de  Madrid  et  de  TEscU'^ 
fiai: Tune,  datée  du  17  février  1561, était  adressée  par 
Philippe  II  à  Tévéque  d'Ârras;  l'autre  était  la  réponse 
de  Granvelle  en  date  du  7  mars. 

Philippe  venait  d'apprendre  la  mort  de  Guillaume 
Van  Maie  (4)  ;  n'ignorant  ni  la  privante  que  son  père 
avait  eue  avec  lui ,  ni  ses  talents  comme  écrivain  ^  il 
pensait  qu'il  pouvait  avoir  composé  quelque  histoire 
de  l'Empereur,  et  craignait  qu'il  n'y  eût  rapporté  des 
choses  qui  devaient  rester  ignorées,  ou  qui  étaient 
inexactes,  ou  peu  dignes  d'un  si  grand  prince:  c'est 
pourquoi  il  mandait  à  Granvelle  de  faire  secrètement 
visiter  ses  papiers,  et,  si  l'on  y  trouvait  une  pareille 
histoire,  de  la  lui  envoyer  pour  qu'il  la  livrât  aux 
flammes.  Granvelle  lui  répondait  que,,  aussitôt  après  la 


(  I  )   Viu  de§  grande  capitoinea  étrangère, 

{%)  DàDS  la  séance  du  mois  de  janvier  i84tt.  Voy.  les  BuihHnê  da 
rAcsdémie,  U  XII,  «r*  part,  pp.  â9-38. 

(3)  Elles  ront  été  dans  le  tome  VI  des  Papiers  d'État  du  cardinat 
dt  GramtftUe,  pablié  en  4846,  pp.  273  et  290. 

(4)  Van  Maie  mournt  à  Bruxelles  le  4*'  janvier  4564, 


(   CXLVIll   ) 

mort  de  Van  Maie,  il  avait,  de  lui-même  et  par  des 
motifs  analogues  à  ceux  qui  avaient  dicté  la  lettre  du 
roi,  pris  le  soin  de  s'assurer  si  l'ancien  aide  de  cham- 
bre n'avait  pas  laissé  des  papiers,  et  spécialement  une 
histoire  de  l'Empereur,  mais  qu'on  n'avait  trouvé  chez 
lui  aucun  document  de  ce  genre.  Il  ajoutait  :  c  J'ai  su 

>  que,  longtemps  avant  sa  mort,  il  déchira  et  brûla 

>  beaucoup  de  papiers,  et  qu'il  s  était  plaint  souvent  à 

>  ses  amis,  les  larmes  aux  yeux,  de  ce  que,  lors  du 
»  décès  de  l'Empereur,  Quijada  lui  avait  enlevé,  pres- 
»  que  par  force,  les  mémoires  qu'il  avait  faits  avec 

>  S.  M.,  disant  que  c'était  son  travail  à  lui ,  mais  enfin 

>  qu'il  se  souvenait  d'une  bonne  partie  des  choses  qui 

>  y  étaient  contenues,  et  qu'il  espérait  quelque  jour 

>  élever  un  monument  à  la  mémoire  de  son  maître; 

>  que,  s'il  ne  l'avait  pas  commencé  encore,  ses  infir* 
»  mités  continuelles  en  avaient  été  la  seule  cause.  » 

J^élevai  des  doutes  sur  les  propos  attribués  à  Van 
Maie  (1);  je  les  fondai  sur  ce  que  l'autorité  de  Quijada 


(i)  Ces  doutes  s'étaient  surtout  présentes  à  mon  esprit,  parce  que 
j'avais  mal  lu  ou  mal  noté  un  mot  de  la  lettre  de  Granvelle,  dans  les 
manuscrits  qui  me  furent  confiés,  en  1843,  au  ministère  de  Tiu^ 
structîon  publique,  à  Paris.  D'après  mes  notes,  il  s'agissait  de  mé- 
moires écrits  par  Van  Maie  sur  l'Empereur,  tandis  que  le  texte  parle 
de  mémoires  qu'il  avait  faits  avec  l'Empereur  :  ce  qui  est  bien  diffé- 
rent. Dans  le  premier  cas ,  j'étais  autorisé  à  dire  que  Quijada  n'avait 
pas  eu  le  droit  de  s'emparer  de  ces  papiers.  Dans  l'autre,  le  chef  de 
la  maison  de  Charles-Quint  pouvait,  avec  quelque  raison ,  prétendre 
que  Van  Maie  n'en  était  que  le  dépositaire,  et  qu'ils  devaient  être 
transmis  au  roi. 


(  GXLIX  ) 

n'allait  pas  jusqu'à  dépouiller  les  autres  officiers  de  la 
maison  de  FEmpereur  des  papiers  qui  leur  apparte- 
naient, et  sur  ce  qu'il  n'existait  nulle  irace  de  ce  fait 
dans  les  lettres  de  Quijada  à  Philippe  11  et  à  la  prin- 
cesse doua  Juana.  J'en  inférai  qu'il  n'était  pas  impro- 
bable que  les  papiers  lacérés  et  jetés  au  feu  par  l'ancien 
aide  de  chambre  eussent  compris  les  commentaires 
de  Charles-Quint  et  le  travail  de  Van  Maie  lui-même 
sur  ces  commentaires;  que  celui-ci,  en  détruisant  des 
écrits  d'une  si  grande  importance  r  se  fût  conformé 
à  la  volonté  de  l'Empereur,  volonté  exprimée  par  lui, 
suivant  un  historien,  au  P.  Francisco  de  Borja,  et  qu'il 
eût  répandu  le  bruit  qu'ils  lui  avaient  été  enlevés,  pour 
se  débarrasser  des  imporlunités  auxquelles  il  aurait 
craint  d'être  en  butte. 

L'opinion  que  j'énonçais  alors  a  dû  nécessairement 
se  modifier  à  la  vue  des  pièces  que  j'ai  reçues»  dans  ces 
derniers  temps,  des  archives  de  Simancas.  En  effet, 
l'inventaire  des  biens  meubles  de  l'Empereur,  que  ré- 
digea le  notaire  Juan  Rodriguez,  à  la  réquisition  de 
Luis  Quijada,  fray  Juan  Régla  et  Martin  de  Gaztelû, 
ses  exécuteurs  testamentaires,  et  eu  présence  de  Jean 
Stercke,  garde-joyaux,  de  M*  Giovanni  Torriano  l'hor- 
loger, et  du  barbier  de  la  chambre  Nicolas  Bénigne, 
comme  témoins  (1),  contient  l'article  suivant  : 

Vna  boisa  de  terciopelo  negro  de  papeles ,  la  cual 


(1)  11  n*est  pas  sans  intérêt  de  eonnaitre  le  préambule  de  cet 
iiiTeiitairc;  nous  le  transcrivons  ici  : 

«  Ed  el  monasterio  de  Yuslc,  que  es  orden  de  Sant  Jhcroniino,  é 


(CI-) 

Uepo  el  senor  Luis  Quijada  cou  algunos  papeles  de  tm- 
poriancia,  sellados,  para  entregallo  tado  a  S.  M.  K; 
h  cual  estaba  â  cargo  de  Guillermo  Malimo,  segun 
dijo  el  dicho  Joannes. 

£n  français  : 

<  Un  sac  de  velours  noir  renfermant  des  papiers, 
lequel  fut  emporté  par  le  seigneur  Luis  Quijada,  avec 
quelques  papiers  d'importance  (1)  :  le  tout  mis  sous 
scellé»  pour  être  délivré  à  S.  M.  R.  Ce  sac  et  ces  pa- 
piers étaient  à  la  charge  de  Guillaume  Van  Maie,  seloa 
le  dire  de  Jean  Stercke.  » 

Le  même  article  est  reproduit  mot  à  mot  dans  une 
%  lM[e  des  objets,  que  Philippe  11  fit  mettre  à  part, 


l'cinte  y  ocho  dias  del  mes  de  septicmbre,  affo  del  Sefior  de  mil  y 
quinientos  y  cincuenU  y  ocho  aflos,  ei  muy  ylhistre  sefior  Luis  Qui- 
jada y  el  padre  fray  Joan  Régla,  confesor  de  S.  M.,  y  el  miiy  maguH 
ficQ  scQQr  Marlin  de  Gaztelû,  sccretario  de  S.  M.  que  esté  en  gloria, 
dijéron  que ,  por  cuaiito  la  Sacra  Magestad  del  emperador  don  Carlos 
nucstro  scïlor  es  fallescido  dcsla  présente  vida,  y  fallescio  en  el  dIcho 
nionasterio  à  les  veiiite  y  un  dias  dcsle  dicho  mes  de  septiembrc,  y 
porque  ellos,  conio  teslamenlarios  uombrados  por  Su  Saera  Magestad, 
han  de  dar  cucuta  de  los  bicnes ,  joyas  y  preseiis  y  otras  cosas  que 
quedaron  de  Su  Blagestad  en  la  dicha  casa  y  monasterio,  y  para  que 
conste  la  vcrdad  dello,  y  se  sepa  que  bicnes,  joyas  y  preseas  son  las  que 
quedaron  quertan  hacer  invcntario  dello;  por  tanto,  que  pcdian  à  mi, 
Joan  Rudriguez,  oscribano  de  la  Magestad  Real,  asiente  por  invcn- 
tario  todos  los  bienes,  joyas  c  preseas  que  quedaron  despucs  de  la  fin 
y  muerle  de  Su  Magestad,  etc.  » 

(i)  Peut-étre  ces  papiers  comprenaient-ils  les  lettres  da  Philippe  II 
à  PEmpercnr,  dont  nous  avons  signalé  (p.  un  e(  suiv.)  Tabsenoe  dans 
les  Archives, 


(  CLI  ) 

t  de  la  garde-robe  de  son  père,  après  quelle  eut 
t  été  déposée  à  Valladoiid,  sous  la  garde  de  Jean 

>  Stercke  (i).  > 

Il  est  à  remarquer  que  Guillaume  Van  Maie,  de 
même  que  les  autres  aides  de  chambre  (Charles  Pré* 
vost,  Ogier  Bodart  et  Matbias  Routart),  eut  à  décla* 
rer  sous  serment  et  à  remettre  tous  les  bijoux ,  joyaux 
«  et  autres  choses  >  de  l'Empereur  qui  étaient  entre 
ses  mains  (2). 

D'autre  part,  on  lit,  dans  la  lettre  de  Quijada  à  Vaz- 
quez,  du  4  octobre  1558,  ce  passage  significatif:  c  J'ai 
»  ici  de  la  peine,  et  beaucoup»  parce  que  ceux  à  la 

>  charge  desquels  sont  les  objets  de  leurs  offices  voient 

« 

avec  déplaisir  qu'on  leur  demande  des  comptes,  et 


» 


(I)  Relaeion  de  h  que  S,  M.  manda  que  se  le  aparté,  de  la  recdmara 
que  «I  Emperador  ténia  en  Ynste,  que  esté  en  VaUadoUd^  à  cargo  de 
Jamn  Sierck,  para  entregallo  à  quien  mandare, 
(3)  Voici  ce  que  rinventaire  contient  à  cet  égard  : 
«  É  luego  el  dicho  dia,  mes  y  aîlo  dicho,  los  dichos  seliores  Luis 
Qaijada  y  firay  Joan  Régla  y  Martin  de  Gaztelù  pidiéron  y  demandà- 
ron  aote  mi,  el  dicho  escribano,  a  Guillcrmo  de  ftfale  é  Charles 
Pmbost  y  Obger  Bodart  y  ftlatia  Routarte,  ayudas  de  càmara  de  S.  M., 
que  présentes  estaban,  dén  y  entreguen  todas  las  prescas,  joyas  y 
otras  cosas  que  estan  a  su  cargo,  y  son  de  S.  M.,  y  dejo  al  tieropo  que 
iiUescié,  para  que  lo  reciba  Joan  Estique,  à  cuyo  cargo  esta  el  giiar- 
dajoyfts,  el  caal  estaba  présente;  de  los  euales  y  cada  uno  dellos  reci-* 
biéron  juramento  en  forma  debida  y  de  derecho ,  y  so  cargo  de!  que 
tieoen  hecho  à  S.  M.,  que  declaren  todo  lo  que  é  su  cargo  esta  que  sea 
de  S.  M.  ;  y  habiéndole  hecho ,  declararon  lo  siguienle  :  testigos  que  lo 
viéron,  roaestre  Joanelo  reloxero  y  el  dicho  Jnan  Estiqae  é  Nicolas 
Benine,  estantes  al  présente  en  la  dicha  casa  real...  >* 


(   CLll   ) 

»  qu'on  leur  ordonne  de  délivrer  ce  qu'ils  ont.  Ils  en 
»  sont  très-mécontents,  prétendant  que  ce  que  chacun 
»  d'eux  a  dans  son  office  est  à  lui  (1).  » 

Si  Ton  rapproche  ces  diverses  circonstances  des  pro- 
pos tenus  par  Guillaume  Van  Maie  à  Bruxelles,  quel- 
que temps  avant  sa  mort,  on  ne  peut  presque  pas  dou- 
ter que  les  commentaires  de  Charles-Quint  n'aient  fait 
partie  des  papiers  d'importance  sur  lesquels  Quijada 
apposa  les  scellés,  et  qui  furent  remis  à  Philippe  11,  à 
son  retour  en  Espagne. 

il  resterait  à  savoir  ce  que  Philippe  fit  des  manu- 
scrits de  son  père.  Sur  ce  point,  les  renseignements 
nous  manquent  absolument.  A  en  juger  par  le  carac- 
tère et  les  actes  connus  du  fils  de  Charles-Quint,  il  n'y 
aurait  rien  de  surprenant  à  ce  qu'il  eût  jeté  ces  manu- 
scrits au  feu.  C'était,  on  l'a  vu,  le  sort  qu'il  réservait  à 
l'histoire  que  Van  Maie  aurait  écrite.  Ce  monarque 
était  indubitablement  un  grand  amateur  de  papiers, 
comme  le  remarque  son  historien  Cabrera,  qui  pré- 
tend que. par  eux  il  remuait  le  monde  de  son  siège 
royal  (2),  et  l'on  sait  qu'il  s'occupa,  avec  une  sollici- 
tude particulière,  de  faire  recueillir  les  archives  de 
l'Ëtat  dans  la  forteresse  de  Simancas  (3).  Mais  cela 
n'empêche  pas  qu'il  n'ait  détruit  ou  fait  détruire 
quantité  d'écrits  qui  pouvaient  le  compromettre,  ou 
dévoiler  les  secrets  de  sa  politique,  ou  qui  contenaient 


(1)  Tome  II,  p.  »04. 

(3)  Cabreka,  Felipe  II,  Xvr.  VII,  ch.  9. 

(3)  Ibid. 


(  GLlll   ) 

des  choses  dont  il  ne  voulait  pas  que  la  connaissance 
parvint  à  la  postérité.  Nous  avons  rapporté  ailleurs 
comment  furent  brûlées,  par  ses  ordres,  en  1576,  sa 
correspondance  avec  le  grand  commandeur  de  Cas- 
tiile,  don  Luis  de  Requesens,  gouverneur  général  des 
Pays-Bas,  qui  était  gardée  au  château  d'Anvers  (i),  et, 
en  1595,  les  dépèches  qu'il  avait  adressées  au  duc  de 
Sesa,  au  comte  de  Fuentès  et  au  marquis  de  Cerralvo , 
concernant  la  destitution  du  duc  de  Parme  résolue  par 
lui  et  prévenue  par  la  mort  de  ce  prince  (2).  Com- 
bien d'autres  documents  non  moins  précieux  durent 
être  anéantis  de  même!  Sans  parler  des  mémoires  de 
Charles-Quint,  que  sont  devenus  les  papiers  de  la  reine 
Marie  de  Hongrie  (3),  et  de  don  Carlos,  et  de  don  Junn 
d'Autriche,  dont  on  cherche  en  vain  quelque  trace  dans 
le  grand  dépôt  de  Simancas? 
Depuis  Fimpression  du  1""^  volume  de  ce  Recueil,  le 


(I)  Correspondance  de  Philippe  II  sur  les  affaires  des  Pays-Bas, 

t  I ,  p.  XVIII. 

{%  Ifrid,,  t.  Il,  p.  Lxxxix. 

(5)  Nous  avons  l'inventaire  de  ces  papiers,  qui  nous  a  élé  envoyé 
de  Simancas.  Nous  y  voyons  figurer,  entre  autres,  plusieurs  liasses  de 
correspondances  de  la  reine  avec  PEmpereur,  le  roi  Philippe,  le  roi 
des  Romains  Ferdinand,  la  reine  et  Tinfante  de  Portugal,  Tévéque 
d'Arras,  le  président  Viglius,  Guillaume  Van  Malc,  etc. 

Tons  ces  papiers  furent,  par  les  soins  des  exécuteurs  testamentaires 
de  la  reine,  renfermés  dans  deux  bufifets  (escriiorios) ,  dont  Philippe  11 
ordonna  que  les  clefs  lui  fussent  envoyées  aux  Pays-Bas.  (Lettre  de 
révéque  de  Palencia  à  Philippe  II,  du  4  juillet  itt59,  aux  Archives  de 
Simaneas,  Eslado,  liasse  i37.) 


(  CUV  ) 

livre  de  M.  Mignet  sur  la  retraite  de  Gbarles^Quinl  a 
paru.  Comme  je  l'avais  supposé  (1),  cet  éminent  histo- 
rien  rejette  tout  ce  qui  a  été  raconté  par  les  éerivaios 
hiéronymites  sur  les  obsèques  que  Charles  aurait  fait 
célébrer  pour  lui,  de  son  vivant»  ainsi  que  sur  les  cir- 
constances qui  les  auraient  précédées  et  suivies  :  «  La 

>  nature  de  la  cérémonie,— dit-*il  —  la  santé  de  TEnh 
»  pereur ,  les  occupations  qui  remplissaient  son  temps, 

>  les  pensées  qui  absorbaient  son  esprit,  le  témoignage 
»  de  ses  serviteurs,  qui  contredisent  les  récits  des 
»  moines,  les  faits  authentiques  qui  sont  en  désaccord 

>  avec  la  date  assignée  à  cet  acte  bizarre,  ne  permettent 

>  guère  d  y  ajouter  foi  (2).  »  Et  ces  raisons ,  sur  les- 
quelles Tillustre  auteur  des  Négociations  de  la  succes- 
sion d* Espagne»  d'Antonio  Perez^  de  f  Histoire  de  Marie 
Stuart,  etc.,  appuie  son  opinion,  sont  successivement 
développées  par  lui  avec  une  force  d'argumentation  qui 
en  augmente  encore  la  valeur. 

Elles  n'ont  pourtant  pas  convaincu  tout  le  monde. 
M.  Théodore  Juste,  qui  a  fait  insérer,  dans  un  de  nos 
principaux  journaux  politiques  (5),  un  résumé  très-clair 
et  très-substantiel  des  ouvrages  et  des  documents  pu- 
bliés sur  la  retraite  de  Charles-Quint,  déclare,  après 
un  examen  scrupuleux  du  pour  et  du  contre,  se  ranger 
du  côté  de  MM.  Stirling  et  Pichot.  Voici  comment  il 
s'exprime  :  t  Tout  en  n'usant  qu'avec  une  certaine 


(1)  Tome  I,  Préfqce,  p.  LXViii. 

(3)  Charies-Quint ,  ctc,  î"»  édit.,  p.  4^3. 

(3)  L  Indépendance  beïge,  n<»>  des  90  février,  7  ei  18  ayril  i8K)l. 


(  €I,V  ) 

>  réserve  des  narrations  des  moines  hiéronynoites , 
»  M.  Mignet  leur  a  cependant  fait  des  emprunts  assez 
»  nombreux.  Or»  le  récit  des  obsèques,  celui  qui  est  dû 
»  au  religieux  anonyme  particulièrement,  est  empreint 

>  d*un  caractère  si  grand  de  vérité  (car  le  narrateur 
»  parle  en  témoin),  il  est  écrit  avec  tant  de  candeur, 
»  qu'il  noua  parait  logique  de  Tadmettre,  à  moins  de 

>  révoquer  également  en  doute  tous  les  autres  faits 

>  conaigqéa  dans  les  documents  laissés  par  les  moines 
•  de  S^-Jérôme.  Du  reste,  nous  ne  savons  quel  intérêt 
»  aurait  poussé  ces  religieux  à  inventer  un  épisode 
»  aussi  remarquable ,  à  forger  un  mensonge  aussi 
»  grave.  Quant  aux  raisons  ihéologiques  invoquées  par 
»  M,  Mignet,  nous  sommes  loin  d*en  contester  rimpor^- 
»  tance  :  mais  suffisent-elles  pour  infirmer  Faulbenii- 
f^  cité  d'un  récit  fait  de  bonne  foi  par  un  témoin  ocu* 

>  laire?  En  ce  cas  encore,  n'aurait-on  pas  pu  excepter 
»  Charles-Quint  de  la  règle  commune  (i)?  » 

Pour  moi,  qui,  Tannée  dernière,  trouvais  <  des  mo- 
»  tifs  a  peu  près  égaux  de  douter  et  de  croire  (%),  » 
j'avoue  quaujourd'huiy incline  plus  à  croire  qu'à  douter. 

Ce  n'est  pas  que ,  sur  le  fait  même  des  obsèques , 
j'aie  acquis  des  lumières  nouvelles.  Mais  une  étude 
attentive  des  documents,  de  ceux  surtout  que  j'ai  reçus 
en  dernier  lieu  de  Simancas,  a  éveillé  mon  attention 
sur  certaines  circonstances  qui  ajoutent  à  ce  fait  un 


(\)  V Indépendance  du  48  avril. 

(3)   TOBIQ  1,  PtiftMy  p.  LXVlll. 


(   CLVI   ) 

degré  de  probabilité,  en  témoignant  de  la  véracité  des 
écrivains  hiéronymites. 

On  connaît  le  récit,  que  fait  le  prieur  fray  Martin 
de  Angulo ,  de  la  conversation  de  Charles-Quint  avec 
son  barbier  :  <  Sept  ou  huit  jours  avant  la  maladie 
»  dont  l'Empereur  mourut,  —  dit-il  —  il  arriva  que, 

>  étant  au  lit,  quoique  bien  portant,  il  dit  à  son  bar- 

>  hier,  garçon  d'humeur  joviale,  et  Tun  de  ses  anciens 

>  serviteurs,  pendant  que  celui-ci  le  rasait  :  Nicolas, 

>  sais'tu  à  quoi  je  pense?  —  A  quoi,  sire? — Je 
»  pense  que  j'ai  là  deux  mille  couronnes  (ou  écus) 

>  (féconoMie,  et  je  calcule  comment,  avec  cette  somme, 
»  je  ferai  mes  obsèques.  Le  barbier  répliqua  :  Que 
I»  V.  M.  ne  prenne  pas  ce  souci.  Si  elle  meurt,  et  que 
»  nous  lui  survivions,  nous  ferons  nous-mêmes  ici  ses 

>  funérailles.  —  Tu  Centends  mal,  dit  l'Empereur.  // 
•  y  a  une  grande  différence,  pour  cheminer,  entre 
»  avoir  la  lumière  derrière  soi,  ou  l'avoir  devant {{).  > 

Si  Ton  admet  cette  conversation  de  Charles-Quint,, 
je  ne  vois  pas  pourquoi  l'on  contesterait  celle  que, 
selon  rhiéronymite  anonyme  et  le  père  Siguenza,  il 
eut  avec  fray  Juan  Régla ,  son  confesseur,  et  l'acte  qui 
en  fut  la  conséquence. 

Or,  indépendamment  de  l'autorité  qui  s'attache  au 
témoignage  du  prieur  de  Yuste,  lequel  écrivit  sa  rela- 
tion pour  et  à  la  demande  de  la  princesse  doua  Juana, 
il  y  a  un  fait,  un  fait  constant,  qui  donne  à  cette  con- 


(1)  Sandotal,  Historia  de  Carlo»  V,  t.  II,  Ht.  \XXII,  g  III. 


(  CLVII   ) 

versation  la  plus  grande  vraisemblance  :  c  est  que,  dès 
son  arrivée  à  Jarandilla,  Charles-Quint  voulut  avoir, 
pour  une  destination  particulière,  deux  mille  écus  d  or, 
qtt*ii  fit  garder  dans  sa  chambre,  et  auxquels  il  ne  per- 
mit point  depuis  qu'on  touchât,  quelles  que  fussent  les 
nécessités  de  sa  maison. 

En  veut-on  la  preuve? 

Le  6  décembre  1556,  Quijada  mande  à  Yazquez  : 
i  Gaztelù  vous  écrira  sur  Targent  dont  nous  avons  be- 
»  soin,  et  S.  M.  aussi,  à  ce  que  je  crois.  Vous  verrez 
»  ce  qu'ils  vous  diront.  Nous  n  osons  pas  toucher  a  ces 

»  DEUX  MILLE  ECUS ,  PARCE  QUE   Sa  MaJESTÉ   NE   LE   VEUT 

»  PAS (4).  »  Le  lendemain,  il  lui  écrit  encore  :  <  S.  M. 
»  se  porte  très-bien,  et  ne  veut  pas  que,  pour  quoi  que 

>  CE  SOIT,  on  touche  AUX  DEUX  MILLE  ÉCUS  EN  OR  QUE 

>iious  AVONS;  le  service  de  Técurie  et  des  mulets  est 
»  dans  un  grand  besoin,  et  Targent  nous  manque  aussi 
»  pour  le  reste  (2).  >  Le  même  jour,  Gaztelù  priait  Yaz- 
quez d'envoyer  en  toute  hâte  2,000  ducats,  en  quel- 
que monnaie  et  par  quelque  voie  que  ce  fût  :  c  car  — 
»  disait-il  —  les  mules,  les  chevaux  et  les  officiers 
»  préposés  au  service  de  Fécurie  meurent  de  faim,  et 
>  hier  on  chercha  2.000  réaux  dans  tout  Jarandiila 


(1)  Tome  II,  p.  122. 

(2)  «  s.  H.  ticne  rauclia  saliid,  y  no  quierc  que,  por  cosa  de  las 
que  se  ofreciere,  se  toque  a  los  dos  mil  escudos  en  oro  que  tenemos; 
y  pasan  neccsidad  la  caballeriza  y  acemileria ,  y  para  lo  dcmas  nos 
falU....  • 

Cette  lettre  du  7  déeembre  n'est  pas  insérée  dans  notre  Recueil. 


(  GLVlll  ) 

»  pour  manger,  Sa  Majesté  atamt  DÉrtimc  qu'oh  toocbi 

»  AUX  ÉGOS  QUI  FURENT  APPORTÉS,  SON  INTENTION  ÉTAUT 
»  SANS  DOUTE    DE   LES  DONNER    (i).    »    MoÎDS    d'OD  HlOis 

après,  Quijada  fut  obligé  de  prêter  100  réaux  (vingl- 
cinq  francs)  pour  la  dépense  du  jour,  tandis  que  les 
DEUX  MILLE  ECUS  étaient  gardés  soigneusement  dans  h 
bourse  de  l'Empereur  (2). 

Ils  y  étaient  encore,  comme  on  va  le  voir,  au  mois 
de  janvier  1558.  Nous  avons  dit  que  la  princesse 
Marie  de  Portugal ,  après  son  arrivée  à  Badajoz ,  avait 
envoyé  à  Yuste  don  Manuel  de  Melo;  Gaztelù,  ren* 
dant  compte  au  secrétaire  Vazquez  de  la  visite  de  ce 
cavalier,  lui  écrit  :  «  Don  Manuel  arriva  avant-hier; 

>  hier  il  baisa  les  mains  à  TEmpereur;  aujourd'hui  il 

>  prendra  congé.  Si  S.  M.  est  encore  dans  les  mêmes 
»  dispositions  qu*avant-hier,  elle  ne  lui  donnera  rien; 
»  elle  dit  qu'elle  veut  en  finir  avec  ces  choses-là.  On 
»  lui  a  représenté  qu'il  serait  juste  de  faire  quelque 
»  cadeau  à  l'envoyé  de  l'infante;  que  la  princesse  et 
»  les  deux  reines  en  seraient  très-flattées;  et,  quand 

>  je  vins,  je  dis  à  Luis  Quijada  ,  que,  si  l'on  donnait, 
»  ce  ne  devrait  pas  être  moins  de  mille  écus ,  qui  pour^ 
»  raient  être  pris  sur  les  deux  mille  que  Sa  Majesté 
»  A  dans  sa  chambre,  sauf  à  les  remplacer  par  d'autres 
»  qui  seraient  apportés  avec  l'argent  du  premier  quar- 
»  tier,  puisque  nous  n'avions  à  notre  disposition  ni 
»  chaîne  ni  autre  joyau  (5).  » 


(1)  Tome  ï,  p.  67. 

(2)  /6tVi.,p.  77. 

(3)  Tome  II,  p.  305. 


(  CLiX  ) 

De  ces  deux  millb  Éctis,  il  n'en  restait  plus  que  gim- 
QOANTiHltAtAX  au  jour  du  décès  de  Charles-Quint  (1). 
Nous  savons  que  six  CEnts  éccs  en  avaient  été  distraits, 
la  veille,  pour  la  mère  de  don  Juan  d'Autriche  (2)  : 
remploi  des  treize  €ent  quarante-six  autres  égus  (5) 
est  inconnu.  Ne  peut-on  pas  croire  que  cette  dernière 
somme  avait  été  appliquée,  en  tout  ou  en  partie,  au 
payement  des  frais  des  obsèques  de  TEmpereur  et  de 
ses  parents,  ainsi  qu*au)L  aumônes  qu'il  était  d'usage  de 
distribuer  en  de  pareilles  occasions  ? 

On  a  fait  la  remarque  que  Sandoval,  après  avoir 
emprunté  à  la  relation  de  fray  Martin  de  Angulo  la 
conversation  de  Charles-Quint  avec  Nicolas  Bénigne , 
n'y  ajoutait  pas ,  comme  le  prieur  de  Yuste ,  que  l'Em- 
pereur ordonna  incontinent  la  célébration  des  obsèques 
de  ses  parents  et  des  siennes  propres  (4),  mais  que,  au 
contraire,  selon  lui,  les  deux  mille  éccs  furent  employés, 
•près  la  mort  de  l'Empereur,  à  acheter  la  cire  et  les 
tentures  de  deuil  pour  ses  véritables  funérailles  (5). 


(1)  C'est  ce  que  constate  rinventaire  du  notaire  Rodrigucz,  dans 
an  article  ainsi  conçu  :  a  Dinero.  Gincuenta  y  cuatro  escudos  de  oro 
•  de!  sol  dentro  en-una  boJsilla  de  aguja  negra  de  seda.  * 

(2)  Voy.  p.  XL. 

(3)  L'écu  d*or  ou  couronne  d'Espagne,  nommé  aussi  demi-pistolet, 
de  7i  au  marc,  et  au  titre  de  21  karats  10  grains,  valait  39  sois  ca- 
rolns  (fr.  7  HA  centimes),  selon  le  placard  du  23  mars  1552  (v.  st.), 
inséré  aux  Plaçât^  de  Flandre,  liv.  I,  p.  521. 

(At  «  ....  Y  assi  niandô  hacer  luego  las  obsequias  de  sus  padres  y 
suyas.  *  (Voy.  les  Bulletins  de  TAcadéroie  royale  de  Belgique,  t.  Xïl, 
Impart,  p.  269.) 

(5)   « ....  Y  con  las  mismas  coronas  se  compfo  la  eera  y  lutos  con 


(  C4-X  ) 

Il  serait  difficile  de  dire  pourquoi  Thistorien  de 
Charles-Quint  a  dénaturé,  dans  ce  passage,  une  rda- 
tion  en  quelque  sorte  officielle,  et  qu'il  reproduit  tex- 
tuellement partout  ailleurs.  Mais,  en  tout  cas,  l'asser- 
tion qu  il  substitue  à  celle  du  P.  Angulo  est  d'une 
inexactitude  manifeste  :  on  a  vu  tout  à  i'Iieure  que,  à 
la  mort  de  Charles,  les  deux  mille  écus  étaient  réduits 
à  ciNQUANTB-QUATBE  ;  ct  nous  lisous,  dans  une  lettre  de 
Quijada  à  Vazquez,  du  16  octobre  1558,  que  les  frais 
des  VÉRITABLES  FUNÉRAILLES  furcut  payés  au  moyen  de 
500  ducats  apportés  de  Valladolid  (1). 

Un  argument  sur  lequel  M.  Mignet  insiste,  dans  ce 
magnifique  langage  dont  il  a  le  secret,  argument  qui 
serait  de  grand  poids,  s'il  était  irréfutable,  est  celui 
qu'il  tire  de  la  cérémonie  en  elle-même  :  c  L'Ëglise 
catholique  —  dit-il  —  la  réserve  aux  morts,  et  ne 
rapplique  pas  aux  vivants.  Accomplie  hors  de  pro- 
pos, elle  perdrait  son  efficacité  avec  sa  raison,  et 
deviendrait  une  sorte  de  profanation.  L'Église  prie 
pour  ceux  qui  ne  peuvent  plus  prier  eux-mêmes.  Elle 
offre  à  leur  intention  le  sacrifice  chrétien,  auquel  ils 
sont  désormais  hors  d'état  de  prendre  part.  Cet  ac- 
compagnement pieux  et  solennel  de  Tâme  dans  son 
passage  de  la  vie  périssable  à  la  vie  éternelle,  n'a  son 
mérite  et  sa  grandeur  qu'en  ayant  sa  réalité.  H  ne 
doit  faire  défaut  à  personne,  pas  plus  que  la  mort 
elle-même.  L'Église  eût  été  digne  de  blâme,  en  ac- 


qiie  flic  sepultado,  y  se  le  liîciéron  las  honrn.s....  »  (Saxdoval,  1.  c) 
({)  Tome  I,p.  450. 


(  CLXI   ) 

>  cordant  à  la  fantaisie  déréglée  d*un  vivant  ce  qui  est 

>  consacré  à  l'utilité  spirituelle  des  morts.  Charles- 
»  Qnint  savait  bien ,  d'ailleurs ,  qu'il  y  a  plus  d'avan- 
»  tage  à  prier  soi-même  qu'à  être  Tobjet  des  prières 
»  d'autrui ,  à  s'approprier  le  sacrifice  du  Rédempteur 

>  par  la  communion  eucharistique,  qu'à  y  être  indi- 
»  reetement  associé  par  une  pieuse  sollicitude  de 

>  l'Église  (1) > 

Sur  ce  point  délicat  de  théologie ,  j'ai  invoqué  les 
lumières  d'hommes  dont  personne  ne  contestera  la 
compétence ,  lorsque  j'aurai  dit  que  l'université  catho- 
lique de  Louvain  les  compte  parmi  ses  professeurs  les 
plus  distingués  (2),  et  c'est  sur  leur  autorité  que  je  me 
permets  de  présenter  les  considérations  suivantes. 

Que  la  célâ>ration  des  obsèques  d'un  vivant  consti* 
tue,  en  -principe,  une  irrégularité,  et  se  trouve  ainsi 
défiindue  per  se,  on  ne  saurait  le  méconnaitre,  puis- 
qu'elle ne  peut  avoir  lieu  sans  que  le  célébrant  change, 
modifie  ou  supprime  certaines  parties  des  oraisons  de 
la  messe  (3)  :  ce  qui  est  en  opposition  formelle  avec  les 
rubriques  générales.  Mais  il  n'existe  pas  là-dessus  de 
défense  expresse  qui  soit  émanée ,  dans  les  formes  ca- 
noniques, du  pouvoir  disciplinaire  suprême  auquel 


(I)  CAoriM^QuMU,  etc.,  p.  415. 

(9)  Je  fns  ici  tons  mes  remereiiiients  à  mon  lionoriJ»l6  eonfrère  à 
rAowiéiDÎe,  M.  le  professeur  Areodft,  qoi  a  faîen  Touiu  être  mon  inter- 
médiaire auprès  de  ses  savants  eollègnes  de  la  feeiilté  de  théologie. 

<3)  Comme,  par  exemple,  les  paroles  :  ^mae  hodie  de  hoc  saeeulo 
mégravii,  etc. 

Tome  If.  A. 


(  CLXIl  ) 

TÊglise  obéit.  Le  canon  du  dix-septième  concile  de  To- 
lède, tenu  en  Tan  694 ,  qui  interdit  de  célébrer  les  ob- 
sèques d'un  vivant,  ne  s'applique,  d'après  son  texte 
même ,  qu'au  cas  tout  particulier  où  les  obsèques  se- 
raient célébrées  dans  une  intention  méchante  {qui  ma- 
Uvote  faciuru)^  afin  d'accélérer,  d'après  une  superstition 
qui  parait  avoir  régné  à  cette  époque,  la  mort  de  la 
personne  pour  laquelle  la  cérémonie  aurait  lieu. 

Aussi  les  auteurs  citent-ils  plusieurs  exemples  de 
funérailles  de  personnes  vivantes,  telles  que  ceux  d'Al- 
bert le  Grand,  de  Henri  II,  comte  de  Rateneck,  évèque 
de  Ratisbonne ,  de  Pedro  Vellejo,  riche  marchand  espa- 
gnol (i),  etc.  Il  y  a  plus  :  au  temps  même  de  Charles- 
Quint,  des  théologiens  de  renom,  parmi  lesquels  il 
suffit  de  citer  le  fameux  Navarro,  soutenaient  qu'il  était 
licite  de  célébrer  les  obsèques  d'un  vivant  qui  en.  témoi- 
gnait le  désir  :  il  n'y  avait,  pour  cela,  selon  eux,  qn'à 
faire  à  l'office  des  morts  les  changements  et  les  retran- 
chements indiqués  par  la  circonstance  (2). 


(1  )  Voir  la  note  suivante. 

(2)  Voici  un  texte  de  Clbricati  {De  sacrificio  missœ  Decù.  56)  qui 
est  d'un  grand  intérêt  dans  cette  discussion  : 

«  N<»  35.  Undecimum  tandem  et  ultimum  dubium,  quod  non  abs- 
que  calore  tractant  doctores,  est  :  Jn  liciltitii  nt,  tniisas  defunctorum 
seu  de  requiem  celebrare  pro  vwi$  et  adhue  degentibuê  in  hac  vUa  ?  Com- 
munier et  magis  accepta  opinio  est  negatiya.  Ratio  inter  caeteras  est, 
quia  sic  non  servatur  ritus  missalis,  dum  missa ,  quae  a  rubricis  as- 
signatur  defunctis ,  recitatur  pro  Tivis.... 

«  N»  36.  Contrarium  tamen  docent  non  spernendi  auctores  :  Na> 
varrus  in  ConsiL  de  cekhrcU,  missar,,  cons,  6;  Zerola,  part.  2,  rerb. 


(  GLSIlt  ) 

Dès  lors,  qu'y  aurait-il  eu  de  si  étrange  dans  le  vœu 
exprimé  par  Charles-Quint,  et  dans  racquieseement 
donné  à  ses  pieuses  intentions  par  son  confesseur,  ainsi 
que  par  les  religieux  de  Yuste? 


Missa,  n*  10;  Barbosa  in  Collect,  DD.  ad  conc.  Trid.,  sess.  22,  c.  3, 
D*  il;  PineUus,  lib.  3.  de  Missa,  cap.  7;  et  ex  moralistis  Lezana, 
tom.  Ay  yerb.  MUsa,  n«  54;  Pcyrinus,  tom.  3,  in  AddiL,  c,  1,  n«  21^ 
et  Gobatus  in  Theolog,  exper,  iraet,  5,  a  n«  629,  ubi  si  sic  vivens 
postuleiy  eî  morexn  gerendum  esse  affirmant  :  ita  tamen  ut  in  missa 
non  dieatur  iUa  oratîo,  quae  ait,  defunctum  hodie  de  hoc  taeculo  mi- 
grasse, ut  evitetur  mendacium;  nam  licct  haec  celebratio  de  requiem 
pro  vivente  non  sit  praecise  juxta  înstitatum  Ecclesiae,  habet  tamen 
soapte  natura ,  atque  ex  promissione  divina  energiam  respectu  om- 
nium capaeiom,  et  qui  ita  praevenlunt  diem  mortis  suae,  sont  illius 
magis  memores,  et  sese  magis  praeparant  ad  supremam  luctam 

«  N*  37.  Confirmant  banc  affirmativam  opinionem  exemplis  B.  Al- 
berti  Magni ,  quem  plures  missas  de  reqniem  ac  officia  mortualia  sibi 
adhnc  Tlyenti  celebrare  fecisse,  scribit  Ferdînandos  de  Castro  in 
Histor,  gêner.  S.  Dominicif  part  2,  lib.  3 ,  cap.  46.  Idem  opéra tum 
esse  Henricnm  II,  comitem  de  Rateneck,  episcopum  Ratisponen- 
sem  XXXIII,  anno  Christi  1196,  testatur  Viguleus  Hundus  in  Histor,, 
ni  referont  Lezana,  Layman  et  Diana...  » 

c  N<>  38.  Horatins  Torselinus,  in  Vita  5.  Franeisci  XaverH,  lib.  5, 
cap.  3,  disserens  de  Petro  Vellejo  mercatore  perquam  opulento ,  qui. 
eom,  occupatuf  ludo  latninculorum ,  S.  Francisco  petenti  pro  inope 
pnella  stipera,  dedisset  clarem  ad  arcam,  facta  potestate  inde  acd- 
piendi  quantum  YeUet,  bic  autem  nonnisi  trecentos  aureos  depromp- 
sisset;  Petrus  vero  boc  intellecto,  serio  subdidisset  :  Errasti ,  pater, 
namque  arcae  cUmem  tradens,  dimidiam  auri  partem  tradebam  (  ine- 
rant  îbi  aureorum  nummorum  triginta  millia)  :  admirans  tantam 
Uberalitatem  S.  Franciscus,  îpsi  mox  vaticinatus  fuit,  eum  Deo  prae- 
nuntîante  oogniturum  ultimum  Titaie  finem  ;  quem  ubi  post  aliquot 
annos  divinitus  cognovisset  adesse,  compositis  rébus  domesUcis,  ad- 


fc]Bp?^'i?ïï 


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(  GLXIY  ) 

Dans  ma  première  préface,  je  n'ai  pas  dissimulé 
les  objections  que  soulèvent  les  dates  assignées  par 
Sigûenza  aux  obsèques  de  l'Empereur  et  à  celles  qui 
les  avaient  précédées  :  ces  objections  subsistent.  Hais , 
quant  au  récit  de  Thiéronymite  anonyme  (récit  bien 
plus  digne  de  foi,  surtout  dans  les  détails,  puisque  Fau- 
teur était  présent),  si,  comme  j*en  ai  fait  Tobservation , 
on  substitue  la  date  du  30  août  à  celle  du  31,  qui  peut 
avoir  été  écrite  ou  copiée  par  inadvertance  (1),  on  n*y 
aperçoit  plus  aucune  contradiction  avec  les  dires  de 
Quijada,  Matbyset  Gaztelû.  Le  lecteur  trouvera,  dans 
ce  volume  (2),  une  lettre  du  docteur  Mathys,  du  24  août 
1558,  laquelle  fait  foi  que,  dès  le  21,  TËmpereur  était 
libre  de  la  goutte.  À  la  vérité,  la  démangeaison  aux 
jambes  lui  était  revenue,  et,  le  soir,  il  ressentait  un 
peu  de  douleur  de  tète;  mais  il  avait  bon  appétit  et  bon 
sommeil.  Supposons  que,  ce  même  jour  24,  il  eût  fait 
célébrer  les  obsèques  de  son  père,  et  successivement 


hue  TÎvens  vigensque  aedem  saeram  adiit,  impolit  parochom,  ut  oon- 
fesUm  faciat  pro  se  sacrum  fanebre,  cui  cum  iaterfoisset,  coDvenit 
amicos,  aperit  vaticiDium  Xaverii,  extremum  Vale  eis  dizit,  rogans 
ut  Pétri  YeUeji  mox  obituri  funus  eodem  die  prosequantur,  atque  ita 
prorsus  eveniU  Âfiecta  jam  aeCate  hominem  mors  repeutina  abstulit, 
eodemque  die  fùnere  elatum  amioi  ad  templum  prosecali  sunt  Ita 
Gobatus,  d.  tracL  9,  n«  633 » 

Le  livre  de  Clbricati  a  été  publié  à  Padôue  en  1706,  et  plusieurs 
fois  depuis. 

(1)  J*ai  eu  k  signaler  une  pareille  inadvertance  dans  un  autre  pa&> 
sage  du  manuscrit  de  Thiéronymite»  (Voy.  p.  4  de  ee  volume.) 

(S)  Page  483. 


(  GLXT  ) 

celles  de  sa  mère  et  les  siennes,  tout  serait  en  règle  (1). 

Je  termine  ici  une  discussion  où  je  ne  me  serais  pas 
engagé  assurément ,  si  je  n*y  avais  été  poussé  par  le 
zèle  de  la  vérité. 

En  dernière  analyse,  cette  question  historique,  si 
controversée,  ne  recevra  probablement  une  solution 
définitive  que  le  jour  où  1  on  découvrira ,  ou  bien  le 
compte  des  dépenses  de  Charles-Quint  à  Yuste,  que 
tenait  le  secrétaire  Gaztelù,  et  que  TEmpereur,  par 
son  codicille  (2),  chargea  Quijada  d'arrêter,  ou  bien 
les  comptes  du  couvent  même. 

J'ai  déjà  fait  connaître  que  don  Manuel  Garcia  avait 
vainement  recherché ,  dans  les  archives  de  Simancas , 
le  compte  de  Gaztelù  (3).  Ce  laborieux  archiviste  a  eu 
la  patience  de  renouveler  ses  investigations ,  sans  être 
plus  heureux  que  la  première  fois. 

Quant  aux  comptes  du  couvent  de  Yuste ,  on  ignore 
s*ils  se  sont  conservés  jusqu'ici.  Espérons  que  F  Acadé- 
mie royale  d'histoire  de  Madrid  prendra  le  soin  de  s'en 
assurer.  Cette  compagnie  savante  en  a  le  moyen ,  puis- 
que le  gouvernement  a  mis  à  sa  disposition  tous  les 


(4)  Voici  alors  comment  les  choses  se  seraient  passées  :  le  mercredi 
%iy  après  midi ,  vigiles  pour  le  roi  PhUippe  le  Beau ,  et  le  jeudi  matin 
25  messe  pour  le  même  ;  les  25-26,  vigiles  et  messe  pour  la  reine  Jeanne 
la  Folle;  les  25-27,  vigiles  et  messe  pour  Timpératrice  Isabelle.  Le 
28  était  un  dimanche.  Les  vigiles  pour  l'Empereur  auraient  eu  lieu  le 
lundi  20,  et  la  messe  le  mardi  30. 

(2)  Sàndoval,  t  II,  p.  664. 

(3)  Tome  I,  Préface,  p.  lxxiv. 


j 

4 


i^"-' 


\  . 


(  GLXVI  ) 

documents  historiques  contenus  dans  les  archives  des 
anciennes  maisons  religieuses  de  la  Péninsule  (1). 


Août  1855. 


(1)  Memorias  de  la  real  Àcademia  de  la  historia,  U  VIII ,  Madrid, 
ISBâ,  p.  XLViir. 


RETRAITE  ET  MORT 


DE 


CHARLES-QUINT 


AU 


MONASTERE  DE  YUSTE. 


I. 


9 


RELATION  D  UN  RELIGIEUX  DE  YUStE  (1). 


CAttffoij»  L  —  De  eomo  el  principe  don  Phelipc  se  caso  en  Yngalatierra, 

ano  de  1554. 

Lo^o  que  la  princesa  dona  Maria»  hija  del  rey  Henrique 
oetato  de  Yogalatierra  y  de  la  reyna  dona  Gathelina,  su  muger, 
sopo  la  muerte  del  rey  Eduardo  su  hermano,  se  mandé  pregonar 
y  poblicar,  à  son  de  trompetas,  por  reyna  de  Yngalatierra  (contra 
la  volantad  de  algonos  que  no  lo  quisîeran,  por  ser  herejes),  y 


(I)  Voir,  sur  celte  relation,  la  préface  du  t.  W,  p.  xvii.  Le  titre  littéral 

qu'elle  porte  est  :  ffistoria  brève  y  tumaria  de  eomo  el  emperador  don 

Carlo»  F  y  nuestro  seHor,  traie  de  venir $e  à  recojer  al  monasterio  de  Sant 

Sierônimo  de  VusU,  que  es  en  la  ver  a  de  Plasencia,  y  renunciar  sus 

Tome  IL  1 


(2) 

entré  en  la  ciudad  y  castiilo  de  Londres  con  gran  trîurofo  y 
magestad,  y,  sin  otro  consejo  ni  consulta,  sino  moyida  de  au 
christiandad ,  renuncié  y  desechô  el  tUulo  profane  del  primado 
ecclesiâstico  que  su  padre  havia  adqiiirido  para  si ,  y  mandé  que 
se  borrasse  de  las  cartas  y  provisiones  reaies ,  y  ordené  y  hizo 
otras  muchas  santas  cosas  que,  por  estar  por  otros  escritas,  no 
se  dicen  aqui.  Y,  pareciéndola  à  esta  santa  reyna  que  convenîa 
tener  un  fuerte  braço  que  la  ayudasse  à  tener  las  eosas  de  la 
religion  en  el  punto  y  estado  que  en  aquel  reyno  convenia,  con 
maduro  consejo  que  sobre  ello  tuvo  (aunque  era  ya  de  38  anos, 
y,  por  lo  que  à  ella  tocava,  quisiera  vivir  y  conservarse  en  su 
virginal  pureza),  déterminé  de  casârse,  pareciéndola  que  por  esie 
camino  podria  assentar  mejor  las  cosas  delà  religion  chrisliana, 
de  que  tanta  necessidad  ténia  su  reyno,  y  tan  falto  estava  dello. 
Volviendo  pues  los  ojos  por  todas  parles,  para  escojer  marido 
que  para  este  su  intente  mas  la  pudiesse  ayudar,  aunque  se 
hablé  y  traté  de  muchos,  dentre  de  su  reyno  y  fuera,  finalmente 
se  resolvié  en  casarse  con  el  principe  de  Ëspana,  don  Phelipe 
nuestro  senor,  hijo  del  emperador  don  Carlos,  y  beredero  de 
tantos  reynos  y  Ëstados.  Tratése  este  negocîo  con  el  Empe- 
rador, que  à  la  saçon  esta  va  en  Flandes,  y  él,  mirando  el  bien 
que  se  podria  seguir  à  toda  la  christiandad  en  reducir  k  la  obe- 
diencia  de  la  Yglesia  aquel  reyno  tan  grande  y  poderoso,  tûvolo 
por  acertado ,  y  anzi  lo  concluyé»  con  ciertas  condiciones  que» 
para  la  paz  y  tranquillidad  y  sossiego  de  los  Yogi eses,  de  su  parte 
se  pidiéron;  y,  hecha  la  capitulacion,  se  firme  de  arabas  partes. 
En  este  tiempo,  tratava  este  gran  principe  y  monarca  dd 
Emperador  de  dexar  todos  sus  Estados,  y  retirarseal  mmiasterio 
de  Sant  Hierénimo  de  Ytiste  :  para  lo  quai  embié  an  modehi  y 
traça,  para  que  se  le  labrassen  unes  aposeotos  y  quacto  en  él, 


Estados  en  el  principe  don  Phelipe  $u  hijo;  y  del  modo  y  manera  qui 
vivià  un  ano  y  ocho  meses  tnefios  niieve  dia$  que  estuvo  en  e$ie  monastê^ 
rio,  hoêta  que  muriô;  y  délai  cosa$  que  acaeciérofi  en  su  vida  ymuerte. 


(5) 
laquai  embié  à  nueetro  ptdre  genenl  fray  Juan  de  Ortega,  qne 

al  présente  lo  era  (i),  y  mandaodo  jantamente  al  principe  su 

hijo  que,  ântes  que  saliesse  de  Espana  à  casarse  à  Yngalaiierra, 

▼imease  al  nionasterio  de  Sant  Hierénimo  de  Yuste,  à  ver  el  sitîo 

adéade  se  haTÎan  de  labrar  y  haeer  los  apoeentos  y  quarto.  Y, 

ayiiando  el  prfndpe  à  nuestro  padre  gênerai  del  mandado  que 

ténia  de  su  padre,  le  mandé  que,  para  ei  dia  de  Corpus  Chrisii 

que  venia,  se  haltasse  en  el  monaaterio  de  Yoate,  qne  para  el 

niaoïo  dia  eataria  él  en  él.  Y  nneatro  padre  gênerai  vino  al  dicho 

menasterio  algunos  diae  ànies  de  la  dieha  fieata,  y  mandé  y  pro- 

earé  que  la  caaa  estuviesse  qval  contenia  para  recevir  tal  baésped. 

Y  Sa  Âl  teia  llegé  à  ella  el  miemo  dia  del  Corpus  por  la  manana , 

haviendo  dormido  la  noche  àntes  en  la  villa  de  Jarandilla ,  una 

legna  de  Yuste.  Ànduvo  en  la  procession,  y  estuvo  en  la  missa 

en  el  choro,  y,  después  que  comié,  basé  à  la  huerta,  adénde  se 

havian  de  edificar  los  aposentos.  Baiâron  con  Su  Alteza  nuestro 

padre  gênerai»  y  el  padre  prior,  y  etroa  religiosos,  y  Luys  de 

Vega,  maestro  de  las  ebraa  de  Bolaun;  y,  visio  el  aitie,  mandé 

se  biziesse  todo  comô  So  M agestad  lo  embtava  à  mandar.  De  alii 

snbié  al  cboro,  y  estuyo  en  vtaperaa  y  complétas.  Y  otro  dia, 

▼iemes»  i  35  de  mayo  de) aio  de  4554,  oyda  misaa,  fué  à eomer 

â  on  paeblo  que  llaman  Malparlida,  sey»  léguas  de  Yuste  y  una 

dePlasenda,  y  de  alli,  eamine  derecbo,  foé  à  la  Coruâa,  donde 

se  embarcé,  cou  mucba  noblesi  espanola  que  le  aeompanava, 

y  basté  à  encbir  una  fiola  de  ciento  y  veynte  y  trea  navios 

grucasos,  y  sin  otras  muebas  cabras  y  yergantinea,  y  anti  con 

préepcro  TÎento  llegé  à  Yngalalierra  à  le»  i  9  de  jnËo  del  dieko 

aào,  adésde  fué  recÎTido  eon  muebo  apparato  y  selemnidad, 

qnal  convenia  À  tan  gran  principe,  Y  con  hr  miema  pompa  y 

roageslad  se  célébré  el  casamiento,  baviéndole  becbo  àntes  el 

Emperador  su  padre  renuneiaeion  del  reyno  de  Nâpoles  y  de 

Milan ,  para  que,  siendo  ya  beredero  de  lantos  reynos  y  Ëstados, 


(I)  Voy.  notre  Introduction,  pp.  48  et  siiùr. 


(*) 

fuesse  tambien  verdadero  proprietario ,  rey  y  senor,  y  se  casasse 
coD  la  reyna  con  mayor  titulo  y  dîgnidad.  El  casamiento  foé  dia 
del  apdstol  Sant  Jago,  patron  de  Espana,  y  luego  adelante,  en 
el  mes  de  noviembre»  se  efectué  la  reconciliacion  de  aquel  reyno 
<:on  la  sede  apostélica ,  que  era  lo  que  los  reyes  tanto  desseavan; 
y  con  Un  buenos  y  catlélicos  reyes  yva  la  religion  christiana  j 
la  paz  y  quietud  de  aqael  reyno  augmenténdose  grandemente. 
Pero,  con  la  muerte  sùbita  de  la  reyna»  cessé  todo  y  se  acavé, 
la  quai  murié  à  los  47  de  noviembre  4558,  de  edad  de  45  anos  y 
quatre  meses,  haviendo  reynado  cinco  anos  y  quatro  meses,  sin 
tener  hijos.  Succedié  en  aquel  reyno  aquella  mala  hembra  su 
hermana  Isabella,  hija  de  aquella  ynfame  Anna  Bolena. 


Capitulo  h.  —  Como  se  empeçâron  à  labrar  los  quartos  del  Emperador  en  Yoste, 

y  lo  que  duro  la  obra. 

El  mismo  dia  que  el  principe  don  Phelipe  nuestro  senor  se 
partiô  de  Yuste,  que,  como  queda  dicho,  fué  biernes  ^6  (1  )  de  mayo 
de  4554,  se  començàron  à  traer  y  aparejar  materiales  para  la 
obra  del  quarto  que  Su  Magestad  mandé  hacer  en  Yuste.  Y 
nuestro  padre  gênerai,  à  quien  Su  Magestad  le  havia  encomen- 
dado,  puso  un  religioso  por  sobre-estante ,  para  que  tuviesse 
cuydado  de  toda  la  obra,  que  fué  el  padre  fray  Antonio  de  Villa- 
cassin  (2) ,  professe  de  la  Sisia  de  Toledo ,  que  después  lo  fué  de 
Sant  Lorenzo  el  Real,  y  el  que  assistié  à  toda  aquella  machina  y 
obra.  Y,  juntando  capitulo,  nuestro  padre  gênerai  dié  qnenta  al 
prier  y  religiosos  de  la  dicha  casa  de  Yuste  de  las  cartas  que  Su 
Magestad  del  Emperador  le  bavia  escrito,  para  que  entendiessen 
todos  la  merced  que  nos  hacia,  y  el  amor  que  â  toda  la  érden 


(1)  Lisez  25,  comme  à  la  page  précédente. 

(3)  C'est  rUlacasHn  qu'il  faut  lire. 

Le  religieux  anonyme  ne  parle  pas  de  fray  Melcbor  de  Pié  de  Concba ,  que 
le  P.  général  chargea  de  diriger  les  travaux.  Peut-être  était-il  du  nombre  de 
reux  auxquels  celte  commission  avait  déplu.  (Voy.  notre  Introductionf  p.  49.) 


(S) 

ténia.  Y  con  eslo  se  bolviô  â  Sant  Barlolomé.  Proveya  de  lo  ne- 
cessario  para  el  gasto  el  secretario  Juan  Basquez  de  Molioa^  y 
durù  la  obra  en  acavarse  dos  aôos  y  nueve  meses. 

Camtolo  III.  —  De  como  el  Emperador  renancio  los  Estados  de  Flandes  al  rey 

doo  Pbellpe  sa  hijo. 

Era  tan  grande  el  deseeo  que  el  Emperador  ténia  de  venirse  à 
recojer  à  su  quarto  y  dexar  sus  Estados,  que  mandé  juntar  los 
proenradores  de  todos  los  Estados  de  Brabante  y  Flandes  y  demàs 
proTÎncias  de  aquella  corona,  y  puesto  en  una  silla  alta  en  la 
sala  grande  del  palacio  de  Brusselas,  teniendo  à  un  lado  à  la 
reyna  Maria,  y  al  otro  al  rey  su  hijo,  y  al  duque  de  Savoya  su 
sobrino ,  el  présidente  de  Flandes  hizo  à  todos  los  estados  un 
solemoe  razonamiento,  en  el  quai  en  suma  dîjo  que,  haviendo 
Su  Magestad  visto  y  considerado  muy  bien  las  muchas  faltas  que 
sus  yndisposiciones  le  hacian  hacer  cada  dia ,  y  ios  danos  que  se 
esperavan  seguir  à  sus  sùbditos  y  vassallos,  él  havia  determinado, 
dias  haTÎa,  de  descargarse  de  todos  aquellos  Estados,  no  para 
holgarse  ni  descansar,  sino  para  darles  otro  mas  sano  y  mas 
robuste  senor,  que  los  pudiesse  con  mas  commodidad  defender 
de  sus  enemigos ,  y  mantenerlos  en  paz  y  justicia  ;  que  no  pen- 
sasse nadie  que  aquella  determinacion  suya  era  sùbita  y  accele- 
rada,  porque  cierto  venia  de  muchos  dias  atràs,  y  que,  si  hasta 
entônees  la  havia  differido,  no  havia  sido  por  otra  causa  mas 
de  porque  havia  querido  ver  y  provar  por  experiencia  si  su  hijo 
era  ta]  que  sin  escrûpulo  se  le  pudiesse  encomendar  el  govierno 
de  sus  Estados;  pero  que,  ya  que,  con  el  favor  de  Dios,  se  ténia 
entendido  dél  que  sabria  y  queria  mantenerlos  en  justicia,  y  que 
para  ello  no  le  faltavan  fuerças,  consejo  y  sana  voluntad,  no 
queria  dilatar  mas  esta  su  deliberacion,  pues  veya  que,  en  lugar 
de  un  principe  viejo,  enferme  y  tan  ympedido  quai  él  lo  era» 
les  da\a  â  su  hijo  sano ,  moço ,  virtuose  y  cat6lico  christiano  : 
pedia  le  tuviessen  y  reciviessen  de  buena  gana  por  su  senor,  y 
que  anzi  queria  renunciarle  alli  luego  aquellos  Estados,  y  que  les 


(6) 
Assegtirava  que  les  séria  muy  bnen  principe,  y  <|0é  les  rogan 
muy  encarecidamente  le  fiiessen  muy  baenos  y  obedientes  sùb- 
ditos,  como  lo  havian  sido  à  él  hasta  allf.  Y,  sobre  todo,  les  en- 
cargava  fuessen  obedientes  à  la  yglesia  romana ,  y  se  abraçassen 
con  la  religioD  que  sus  pasados  havian  guardado ,  sin  dar  oydos 
à  nuevas  opiniones,  pues  veyan  los  ynconvenientes  y  maies  que 
las  provincias  comarcanas  havian  padecido,  por  solo  haverse  que- 
rido  apartar  de  la  yglesia  cat^lica.  Y,  acavado  que  uto  el  présidente 
su  plàtica,  comienço  el  César  otra  mas  brève  y  compendiosa. 

Gapitdlo  IV.  -  De  U  plàtîca  amorosa  que  el  Emperador  hixo  k  1m  estadof  d« 

Flandeâ ,  quando  se  despidiô  dellos. 

«  Yo  quisiera,  hijos  mios,  dejaros  en  mas  quietud  y  sossiegd 
del  que  yo  veo  que  os  dejo ,  y  anzf  !o  he  procurado  con  todas 
mis  fuerzas;  mas  no  ha  dado  lugar  à  ello  la  ynquietud  y  ambieion 
de  los  Franceses,  nuestros  vezinos.  Véome  ynhavil  para  govemar, 
y  manco  de  mi  persona  para  assistir  â  vuestra  defensa.  Quando 
tuve  salud  y  fuerzas,  hize  lo  que  pude,  como  sabejs:  agora,  que 
con  los  travajos  pasados  me  he  hecho  ympotente  para  sufrirlos 
por  venir,  pareciôme  daros  à  mi  ùnico  hijo,  tal  quai  le  cônosceys. 
Confie  en  Dios  que  él  os  sera  bnen  principe,  y  que  con  su  buena 
Ventura  os  defenderâ  de  vuestros  enemigos,  y  os  harâ  senores 
de  quien  pensure  subjeciaros.  Quarenta  anos  enteros  ha  que  os 
govierno,  lo  mejor  que  yo  he  sabido  y  podido;  destos  travajos, 
y  de  aver  passade  tantas  vezes  la  mar,  y  de  tantos  caminos  y 
jornadas,  como  he  hecho  por  Francia,  Ytalia,  Africa  y  Âlemania, 
tengo  tan  poca  salud ,  como  veis.  Si  yo  porfio  à  quereros  gover- 
nar,  aprovechàrsehan  nuestros  enemigos  de  mis  enfermedades. 
Pidoos  muy  de  veras,  por  amor  de  Dios,  seays  constantes  en  la 
religion  y  ob'ediencia  de  la  sauta  yglesia  romana,  y  à  vuestro  prin» 
cipe;  guardaos  de  los  malos  vezinos  que  teneys.  Dios  me  es  tesligo 
que  jamàs  movi  guerra  ninguna,  sino  provocado  y  con  grandi- 
sima  causât  â  mi  Dios  pido  juzgue  entre  mi  y  mis  enemigos ,  si 
he  sido  en  estorvar  la  paz  pûblica.  No  piense  nadie  que  dejo  estoa 


r" 


(7) 

BitiilM,  pof  bosear  Sâlnd  ni  larga  rida  (sea  Urga  6  corta  la  que 
nequeda,  como  Dioa  lo  ordenare),  sino  déjolos  por  no  hacer 
nu  faltas  de  las  hechaa  en  todo.  Perdonadme,  hijos  inios,  por 
amor  de  Dios,  los  descuydos  y  faltas  que  la  flaqueza  humana  y 
mis  yndisposiciones  me  havrén  hecho  cometer  en  el  govierno 
deitoa  Tiiestros  Estados.  » 

Fnéron  tantas  en  este  panto  las  lâgrimas  del  piîsaîmo  César 
y  de  todos  los  présentes,  que  cierto  fué  una  cosa  maravillosa  de 
teer.  T,  despn^  de  haver  por  on  gran  rato  todos  llorado,  tornô 
80  Magestad  â  su  plàtica,  y  dixo  : 

«  Sabe  Dios,  hermanos  mios,  que  dissimulo  harto  de  lo  que 
limto  el  dexaros ,  porque  me  aveys  sido  niny  biienos  vassallos  y 
iiBîgoa  en  mis  neeessidades;  siempre  me  soccorristes  con  vues^ 
tfu  haeîendas  y  personas.  Dios  quede  con  vosotros,  que  yo  no 
poedo  deiar  de  passar  à  Espafia,  por  la  moerte  de  mi  sefiora,  que 
(eomo  sabeys)  es  fallescida  poeos  nieses  ha.  » 

CAtmao  V. — De  lo  que  reipondio  el  procurador  de  los  estados,  y  como  se  diô 
la  ynTeetidura  dellos  al  rey  don  Phelipc ,  nuesiro  senor. 

Luego  que  Su  Magestad  acabô  su  plàtica,  con  que  enterneciô 
no  solo  à  SOS  yassallos,  sino  A  su  mismo  coraçon ,  el  procurador 
de  los  estados  se  llevantô ,  y  hablô  en  nombre  dellos,  diciendo 
el  sentlmieoto  tan  grande  que  todos  ellos  tenian  de  su  renun- 
eiaeion  y  partida,  encareaciendo  esto  con  unas  palabras  muy 
sentidae.  Y,  acabado  de  hablar  el  procurador  de  los  estados,  se 
Hevantô  el  rey  don  Phelipe,  y  dixo  à  su  padre  que  él  por  ningnna 
manera  acetara  esta  roerced  que  Su  Magestad  le  haxia,  sino  fuera 
entendiendo  que  ancl  eonTenia  A  sn  salod  y  contentamiento,  y 
qae,  pues  anzf  Su  Magestad  lo  mandava,  siempre  tendria  el  cuy- 
dado  neeeasario  de  dar  de  si  lodo  contentamiento  à  los  suyos. 
Tambien  la  reyna  Maria,  que  avia  tenido  el  govierno  de  aqnellos 
Estados,  se  despidié  dellos,  pidiéndoles  pardon  en  lo  que  les 
IniYiease  offendido,  porque  ella  se  queria  tambien  venir  con  Sn 
Magestad  à  Espafta  à  servirle.  Hecho  esto,  luego  se  hiziéron  las 


^. 


n  »  -^ 


(8) 

cerimonias  de  la  renunciacion ,  y  el  rey  nuesiro  senor  recibM  h 
yn^esUdura  y  titaio  de  les  Eatados,  y  puso  de  su  mano  e&  el 
govierno ,  por  su  lugarteniente,  al  duque  de  Savoya,  su  primo 
hermano. 

Gamtolo  VI.  —  Como  el  Emperador,  an  &do  ânUs  que  dexute  bqs  EiUid«, 
eomunîeô  tat  negoeios  con  einoo  letndos  Ibeôlogos  y  jorislas. 

Por  espaeio  de  un  ano  ântes  que  el  Emperador  deiaise  loi 
Estados  de  Flandes,  y  se  viniesse  à  Espaûa ,  mandé  juntar  cinco 
letrados  theôlogos  y  juristas,  coq  quien  comunîc6  todos  sus 
negocios,  dudas  y  escrùpulos  que  teuia ,  y  hizo  su  testamento, 
para  el  cumplimiento  del  quai  dexô  seùalados  ciertos  millares 
de  ducados  en  Espana,  de  los  quales  sus  testamentarios  pagàroo 
lo  que  era  menester,  hasta  que  al  fin  se  cumpliô.  Y,  hecho  esto, 
y  dispuestas  las  demàs  cosas  que  para  su  partida  conveoian, 
acabé  de  desnudarse  de  todos  sus  reynos  y  ymperîo ,  para  con 
mas  sossiego  venir  à  Espana  al  monasterio  de  Sant  Hierùnimo  de 
Yuste,  como  en  el  capitule  siguiente  se  verà. 


Gafitvlo  VII.  —  De  como  el  Emperador  se  aeavô  de  desnudar  de  todo  quanio 
ténia  y  posaeya  en  Flandes ,  antes  de  Tenirse  à  Espana. 

Poco  después  que  el  Emperador  rennnciô  los  Estados  de  Flan- 
des en  el  rey  don  Phelipe  nuestro  senor,  considerando  que  estava 
cansado,  y  del  todo  yropotente  para  poder  régir  las  provincias 
y  reynos  que  le  quedavan,  déterminé  de  despojarse  de  todos 
dlos,  y  anzi,  en  diez  y  siete  dias  del  mes  de  henero  de  1556, 
hiço  en  el  mismo  rey  su  hijo  solemne  renunciacion  de  todos  los 
reynos  y  senorios  que  le  havian  quedado,  sin  dexar  para  si  un 
paimo  de  tierra,  como  mas  claro  parecerà  adelante,  qnando, 
querîendo  hacer  su  codicille  en  el  monasterio  de  Sant  Hierénimo 
de  Yuste,  no  tuvo  autoridad  ni  poder  de  criar  un  escrivano  que 
le  biziesse,  sino  que  fué  nienester  que  la  princesa  dona  Juana  su 
bija ,  que  era  governadora  destos  reynos  por  el  rey  don  Phelipe 


(9) 
sa  hermano,  eon  mucbas  làgrimas  y  gran  teniura  de  su  coraçon, 
le  auiUô  autoridad  para  cllo.  ÀDsimismo  renonciô  en  el  rey  de 
Romaaos  su  hermano  el  Ymperio,  y  escriviô  a  los  electores  y 
eslados  dél,  rogândoles  le  recibiesseu  desde  luego  por  empe* 
rador,  de  la  manera  que  le  recibieran,  si  por  su  niuerte  vacara. 
Lo  qoal  se  hiço  luego ,  ansi  como  Su  Magestad  lo  mandé.  Detù- 
¥ose  en  Flandes  Su  Magestad  por  lodo  aquel  verano»  hasta  el 
agosto  siguiente  que  se  embarcô  él  y  sus  dos  herœanas,  la  reyna 
de  Franeia  madama  Leonor,  y  Maria  reyna  de  Hongaria.  Tomâ* 
roD  puerto  en  la  villa  de  Laredo  en  Espana,  en  principio  del 
mes  de  setiembre  (i).  Y  de  alli  vino  à  Valladolid,  donde  se  detuvo 
y  descansô  con  su  hija  y  nieto»  dona  Juana  y  don  Carlos,  hasta 
qœ  se  vino  y  retiré  à  la  villa  de  Jarandilla,  una  légua  de  Yuste, 
por  el  mes  de  setiembre,  ano  de  1556.  Y  de  alli  se  vino  al  dicho 
mooaaterio ,  por  hebrero  de  4557,  como  adelante  se  dira. 


CamtÔlo  VIII.  —  Como  el  ptdre  goncral  de  U  ôrden  de  Duestro  padre  sent 
HîerÔDimo  tîbo  a  VaUidolîd  â  besar  las  manos  à  Su  Magestad ,  luego  que  alli 
lUfô  de  Flandes. 

Luego  que  se  supo  que  Su  Magestad  Impérial  avia  llegado  à 
Valladolid,  se  partie  nuestro  padre  gênerai,  fray  Francisco 
Tofino,  de  Sant  Bartolomé,  à  besarle  las  manos  à  Valladolid, 
acompanado  del  padre  gênerai  pasado,  fray  Juan  de  Ortega,  à 
quien  Su  Magestad  avia  mandado  hacer  el  quarto,  y  de  los 
padres  prières  de  Guadalupe  y  Yuste,  y  à  darle  el  parabien  de 
so  venida  à  estos  rey  nos,  y  agradecerle  la  merced  y  favor  que 
hacia  à  toda  nuestra  érden  en  querer  servirse  délia ,  y  à  ynfor- 
marse  de  quienes  y  como  queria  ser  servido  en  Sant  Hierénimo 


(1)  Le  religieux  de  Yujle  s*est  trompé  ici,  et  il  se  trompe  encore  trois  lignes 
plus  bas.  Ce  fut  à  la  fin  de  septembre  (le  28)  que  PEmpereur  débarqua  à 
Laredo,  et  il  n^arriva  à  Jarandilla  que  le  13  noyembrc.  Peut-être  sont-ce  là 
des  fautes  de  copiste,  car  on  verra,  à  la  page  8tti?ante,  que  Tanteur  fait  arrirer 
rEmperenr  à  Jarandilla  au  mois  de  novembre. 


(10) 

de  Yoftte.  Sa  Magestad  reeiviô  grau  contentd  en  verle,  y  talé 
con  él  el  como  y  de  quienes  qneria  aer  serrîdo,  eapecificàndole  j 
declaréndole  en  particular  que  qaeria  por  sa  confesaor  al  padre 
fray  Juan  Régla,  profesao  de  Santa  Engracia  de  Sarago^. 
Y,  hecho  esto ,  besàndole  las  manos  y  con  sn  licencia ,  se  yino  i 
Yuste,  y,  conforme  lo  que  entendiô  de  la  Yolnntad  del  Empe» 
rador ,  proveyô  luego  de  machos  religiosos  ,  confessores  j 
predicadores ,  roùsicos  y  personas  graves  (i),  demfts  de  las  qae 
avia  eo  Yuste,  para  que,  quando  Su  Magestad  à  él  Ttniesse, 
estuvîesse  todo  à  panio,  como  lo  estuvo. 

Gantulo  IX  —  Como  Su  Mtgestad  salio  de  ValUdolid  para  venir  a  Yuste ,  j  se 

detnvo  algunos  dias  en  Jarandilla. 

Despdës  que  Su  Magestad  huvo  descansado  aigonos  dias  coo 
la  princesa  dona  Juana  su  hija ,  y  holgàdose  de  veer  su  nieto  d 
principe  don  Carlos,  partiô  de  Yalladolid,  dexândose  alli  las 
reynas  sus  hermanas,  y  llegô  à  Jarandilla,  una  légua  de  Yuste, 
à  n  de  noviembre  (2)  de  io56,  dia  de  Sant  Martin,  donde  estuYO 
muchos  dias,  despidîendo  algunas  de  sus  gentes  que  con  él 
Tiniéron  de  Flandes,  ya  que  no  los  avia  menester  para  su  ser- 
vido,  mandàndoles  pagar  todo  lo  que  se  les  dévia,  yquedàndose 
con  solos  los  que  avia  menester  un  hidalgo  pobre.  Quienes 
fttéron  estos,  y  como  se  llamavan,  y  que  officîos  tenian,  dirémos 
adelante ,  porque  los  abrémos  menester  nombrar  algunas  veies. 


CAriTULO  X.  — Como  Su  Magettad  vino  desde  Jarandilla  a  Yust*  à  Ter 

fu  quarto. 

Mientras  Su  Magestad  estuvo  en  Jarandilla ,  despidiendo  sus 
criados,  y  dando  ôrdcn  de  los  que  se  avian  de  quedar  para  su 


(1)  \oj.  \û  1. 1'%  p.  424  et  lair. 

(â)  C*est  le  13  quHl  faut  lire.  Voy.  le  1. 1'',  p.  S8. 


m  ) 

serrieio,  nanca  hacia  sino  dar  priessa  à  que  sus  aposentos  se 
leabassen,  j  pusiesseù  como  haviau  de  estar;  y  con  el  gran 
desseo  que  ténia  ya  de  acavar  con  el  mundo,  y  verse  en 
elles,  déterminé  un  dia  de  venir  à  veer  en  que  estado  estavan, 
y  lo  que  faltava  para  acavarlos.  Y  este  fué  el  dia  de  Santa  Cata- 
lina  del  mismo  afin  de  4556  que  llegô  é  Jarandilla,  y  holgôse 
grandemente  de  veer  que  en  todo  se  avia  guardado  su  traza  y 
modèle  que  él  avia  embiado,  sin  faltar  un  punto  :  solo  mandô 
aôadir  uoa  puerta  à  la  ventana  que  sale  al  altar  roayor,  por 
donde  avia  de  oyr  missa ,  porque  el  ruydo  de  las  vozes  de  las 
matinas  no  le  quitasen  el  sueno.  Entré  en  el  monasterio  por  la 
puerta  de  la  puente  que  sube  â  sus  aposentos,  y  en  medio  de  la 
plaça  que  alli  esta  se  apeé.  Y  alli  fué  del  padre  prior  y  de  otros 
religiosos  recivido,  y  hiego  quiso  yr  à  la  yglesia,  y  de  alli  baxé 
i  sas  aposentos,  en  los  quales  estavan  todas  las  chemineas  con 
gran  fuego ,  y  en  todos ,  que  son  quatre ,  se  assentô  à  calientarse , 
y  desde  alli  ver  bien  el  aposento.  Acavado  esto,  se  bolviô  luego 
à  Jarandilla ,  adénde  estuvo  hasta  el  dia  de  Sant  Blas  del  ano 
iigniente  de  1557 ,  que  es  â  très  de  febrero,  en  el  quai  dia  bolvié 
à  Yuste  de  propésito,  para  nunca  mas  salir  dél,  como  lo  hiço. 

CAnmo  XI.  -    Del  litio  del  monasterio  de  Sant  Hicrônimo  de  Vuste,  y  quando 

toTO  principio ,  y  por  quien. 

Yuste  es  un  silio,  lugar  y  tierra  llamado  anzi  de  un  arroyo  que 
esta  junto  à  este  monasterio,  que  baxa  de  nna  sierra  y  se  llama 
Tnste,  el  quai  esta  en  termine  de  la  villa  de  Coacos,  jurisdiction 
de  Plasencia,  y  siete  léguas  délia.  El  principio  que  tuvo  este 
monasterio  fué  que,  viviendo  por  esta  tierra  de  la  vera  de 
Plasencia  dos  bcrmitanos  de  la  herniila  del  arrabal  de  Sant 
Christoval  de  Plasencia ,  llamados  Domingo  Castelianos  el  uno, 
y  el  otro  Pedro  Bralles ,  pareciéndoles  bien  este  sitio ,  se  le  pi- 
diéron  por  amor  de  Dios  à  un  vecino  de  Coacos,  cuyo  era,  para 
fondar  en  él  una  hermita  :  y,  como  el  dueno  era  persona  devota, 
se  le  dié,  y,  para  mas  validacion  de  la  dicha  data,  les  hiço 


(12) 

escritura.  El  daeno  se  Uamava  Sancho  Martin.  En  el  quai  sitio 
se  fundé  y  hiço  la  dicha  hermita;  y,  andando  el  tiempo,  vino 
à  ser  monasterio  de  la  érden  de  nueslro  padre  saut  Hierénimo. 
Esta  al  pié  de  una  sierra  Uamada  de  Sant  Salvador ,  en  cuya 
cumbre  esta  una  devota  y  antîga  hermita  que  se  llama  Sant 
Salvador,  la  quai  esta  annexa  al  dicho  monasterio  ,  y  en  ella  es 
fama  que ,  quando  se  perdiô  Espana  el  ano  719,  se  recojiéroD 
en  ella  muchos  christianos,  y  algunos  obispos  y  clérîgos,  por 
ser  enl6nces  una  sierra  muy  espessa  de  monte  y  de  grandes 
arboledas.  Desta  sierra  baxan  algunos  arroyos,  y  uno  dellos,  y 
el  mayor,  es  el  dicho  Uamado  Yuste,  del  quai  todo  este  sitio  se 
llama  Yuste.  Otro  arroyo  baza  desta  sierra,  no  tan  grande,  A 
quai  entra  por  la  huerta  de  la  casa,  y  es  de  gran  provecho  para 
el  riego  de  las  arboledas ,  que  son  muchas  y  de  diversos  frutos. 
Ây  tambien  dentro  de  la  cerca  y  casa  muchas  fuentes,  y  entre  ellas 
una  muy  saludable  para  mal  de  piedra.  Esta  puesta  esta  casa  al 
Mediodia,  y  en  saliendo  el  sol  la  alegra  grandemente,  y  la  esta 
mirando  todo  el  dia  hasta  que  se  va  quasi  à  poner.  El  ayre 
desta  tierra  es  muy  saludable:  no  ay  mas  (hablando  con  rigor) 
de  un  mes  de  ynvierno,  y  otro  de  verano,  poco  mas,  que  dé 
pena.  Gôzase  en  esta  casa  de  mucha  quietud  para  el  aima, 
porque  en  muchos  dias  no  se  vee  en  ella  hombre  de  capa  negra, 
ni  de  fuera  de  la  tierra.  Finalmente  es  tal  que  parece  paraiso 
acà  en  la  tierra ,  y  tal ,  toruo  à  decir,  que  para  su  abono  basta 
averla  escogido  Su  Magestad  para  su  quietud,  salud  y  regalo. 


CiMTVLo  XII.  —  Delà  forma  y  modelo  de  los  aposeotos  que  Su  MagesUd 

maudô  labrar. 


Porque  (I)  los  que  no  pudieren  renir  à  Yuste  à  veer  los 
aposentos  que  Su  Magestad  mandé  labrar  en  él  para  su  habita* 


(1)  Il  faut  lire  por,  au  lieu  de  porque,  ou  bien  la  phrase  serait  in- 
complète. 


(13) 

don  y  roorada,  pongo  aqui  la  traça  dellos  io  mejor  que  yo  se. 
Es  pnes  la  forma  y  traça  dellos  tal  que ,  aunque  no  son  mas 
que  de  madera ,  suplen  la  falta  de  la  materia,  por  preciosa  otra 
que  fuere,  porque  en  muy  poco  espacio  tienen  todo  Io  neces- 
sarîo  para  lairivienda  humana,  y  ninguna  otra  traça  pudieran 
teoer  mejor  ni  mas  graciosa  que  la  que  tienen.  Y  anzi  los  que 
los  veen  y  miran  por  de  fuera,  quando  entran  dentro,  dieen  que 
nnnca  tal  pensaran ,  ni  creyeran  que  en  tan  poco  espacio  nbiera 
tanta  anchura,  y  tambien  acommodado  todo,  porque,  como 
Sa  Magestad  era  tan  savio,  y  avia  Tisto  tantas  cosas,  tracé  en 
poco  espacio  mucha  obra.  Toda  la  obra  son  ocho  pieças,  todas 
de  un  taroano  y  quadro,  quatro  altas  para  el  ynvierno,  y  quatro 
bans  para  de  verano,  con  dos  transi tos  por  en  roedîo  que  las 
dividen,  los  quales  tienen  sus  entradas  y  salidas  al  Norte,  digo 
Oriente  y  Occidente,  para  mas  luz  y  servicio  de  los  aposentos. 
Cada  pieça  de  las  ocho  tiene  20  pies  de  ancho  y  25  de  lai^o; 
en  las  quatro  altas  ay  en  cada  una  su  cheminea,  y  en  las  baxas 
ona  lan  solamente.  Al  roediodia  de  los  aposentos  estàn  dos 
cubos  muy  bien  puestos,  entre  los  quales,  y  al  pié  dellos,  sale 
ona  fuente  que  cae  en  un  estanque  de  açulejos,  donde  para 
Su  Magestad  avia  tenchos(l).  Esta  todo  el  edificio  rodeado  de 
Tentanas,  que  es  una  de  las  cosas  que  mas  le  adoman  y  hermo- 
sean,  y  por  todas  ellas  entran  limones,  cidras  6  naranjas,  con 
qne  se  recrean  los  ànimos  de  los  que  las  veen.  AI  Oriente  deste 
quarto  esta  un  gran  patio ,  con  una  fuente  en  medio  dél ,  y  todo 
él  es  un  jardin  de  limones,  cidras  y  naranjas,  y  de  muchas 
hiervas  y  flores,  que  Su  Magestad  mandé  en  él  plantar.  AI 
Occidente  esta  una  plaça  del  tamano  câsi  de  todo  el  edificio, 
donde  esta  otra  fuente,  mas  preciada  por  ser  toda  de  una  pieça; 
que,  para  averla  de  poner  alli,  y  traer  de  la  cantera  donde  se 
Gorté,  cinco  léguas  de  Yuste,  se  juntàron  los  pueblos  comar- 
canos  de  la  vera,  con  muchos  pares  de  bueyes  que  la  trayan. 


(I)  C*est  évidemment  teneas,  taucbes ,  qu*il  faut  lire. 


(14) 

por  raçon  del  mal  camino  que  ay  de  cuestas,  barranoos,  Talles 
y  rios.  Adorna  tambieo  esta  plaça  y  fueote  y  todo  el  edificio  an 
quadraDte  grande  que  hiço  aquel  famoso  Janelo.  Ay  tambien, 
para  subir  à  esla  plaça,  jardin  y  fuenle,  una  escalera  grande 
sobre  una  puente ,  por  donde  Su  Magestad  entré  la  primera  vez 
que  vino  à  ver  sus  aposentos,  y  por  donde  se  subie  la  dicha 
fuente  de  una  pieça.  Al  pié  desta  escalera,  y  câsl  en  medio 
délia,  esta  un  grande  estanque,  donde  cae  otra  fuenle,  sin  las 
dichas,  para  el  riego  de  los  vergeles  y  buertos.  A  la  parte  del 
cierço  esta  la  yglesia  del  convento,  mas  alta,  que  todo  el  edificio 
del  quarto,  20  pies.  Kn  lo  ûltimo  deste  quarto,  hàcia  el  Pc- 
niente,  esta  una  escalera  arrimada  à  la  yglesia,  para  subir  al 
choro,  y  baxar  à  los  jardines.  Todo  lo  quai  se  alcança  à  ver  del 
dicho  quarto  y  aposentos,  son  vinas,  buertos,  castanares  j 
otras  arboledas  muy  agradables  à  la  vista.  Las  cuestas  y  montes 
que  ay  al  rededor,  y  se  parecen  desde  el  dicho  quarto,  estàn 
llorando  y  derramando  aguas  cbristalinas,  de  doode  baxao 
mucbos  arroyuclos,  que  alla  en  lo  baxo  son  gargantas  de  muy 
buenas  truchas,  y  mas  abaxo  hacen  un  rio  muy  caudaloso  que 
llama  (4)  Tietar.  El  que  viere  este  sitio  despacio,  echarà  de 
veer  que  no  me  be  alargado,  aunque  soy  parte,  sino  que  àntes 
he  quedado  corlo. 


CumtM  XIII.  —  De  U  mcreed  y  nftlo  que  Su  MafesUd  faacia  i  los  relif ioMi 
deste  coDTento,  eslando  en  Jarandilla ,  entes  que  viniesse  a  él. 

El  ano  de  1556,  cayé  la  Pascua  de  Navidad  en  viornes,  y 
Su  Magestad  avia  roandado  à  Luys  Quijada  nos  embiasse  de 
corner  desde  Jarandilla  para  aquel  dia.  Y  no  faite  quien  avisé 
à  Su  Magestad  que  séria  possible  no  comiessemos  carne  aquel 
dia,  y  Su  Magestad  quiso  saverlo,  y  embio  luego  â  preguntarlo 
à  este  monasterio.  Y  el  prior  embié  à  besar  à  Su  Magestad  las 


(1)  Sic,  Il  faut  lire  :  $e  llama,  ou  llatnan. 


(  «5) 
manos  por  la  inerced  y  regalo  que  oos  hacia ,  y  à  decir  como  los 
rdigioMM  no  comian  en  aquel  dia  carne.  No  obstante  esto, 
mtodé  que  el  sabado  se  nos  embiasse  de  comer  para  el  domingo, 
;  fué  lai  y  tan  cumplida  la  comida,  que  uvo  para  rouchos  dias 
adelante,  porqae  enibié  aves»  cabritos,  perniles  y  otras  cosas. 
TùYose  en  mucho  esta  merced,  por  la  inemoria  que  Su  Magestad 
toTo  desde  Jarandilla  de  nosotros.  Lo  mismo  hacia  otras  niu- 
cbas  vezeSy  quando  estava  en  Yuste,  y  no  solamente  bacia 
esto,  pero  de  quantas  cosas  de  caça  le  embiayan,  nos  mandava 
dar  su  parte,  y  otras  vezes  nos  mandava  dar  en  algunas  Restas 
priacipales  SOO  reales,  para  ayuda  del  gasto  del  convento, 

Cftmwio  XIV.  —  De  <«D0  «1  Baperaddr  entré  en  Yuste  die  de  Saat  Blas,  para 

DO  salir  dél  jamas. 

Uegado  el  dia  de  Sant  Blas  de  1557  anos,  tan  desseado  de 
Su  Magestid  y  de  los  religîosos  de  Yuste,  eu  que  Su  Magestad 
le  avia  de  partir  de  Jarandilla  para  Ynste,  salie  de  Jarandilla, 
aeompanado  de  todos  sus  criados,  anzi  los  que  avia  despedido , 
como  de  los  que  se  avian  de  quedar  oon  él  para  su  servicio« 
Y  llegô  à  Yuste  à  las  cinco  de  la  tarde,  y  fué  recevido  con  pro- 
cession de  todo  el  convento,  y  con  grande  alegria ,  cantando 
Te  Daun  laudamus  en  canto  de  érgano.  Yino  desde  Jarandilla 
en  ona  lîtera,  y  délia  se  apeô  à  la  puerta  de  la  yglesia,  entre  los 
naranjos  que  alli  ay;  y  puesto  en  una  silla,  le  Ilevàron  dos 
gentilesbombres  en  ella  basta  las  gradas  del  altar  n^ayor,  yendo 
de  un  lado  de  Su  Hagestad  don  Fernando  Alvarez  de  Toledo, 
conde  de  Oropeza,  y  del  otro  Luys  Quixada,  su  mayordomo; 
adéode  el  padra  prior,  que  yva  vestido  de  capa,  dixo  las  ora- 
dones  compétentes,  y  acavadas,  el  padre  prior  y  todos  los  reli- 
giosos  le  fuéron  à  besar  la  mano  por  su  érden.  Y  acaecié  que, 
como  apartava  las  manos,  que  no  las  queria  dar  para  que  se  las 
besassen,  un  religioso,  con  el  grande  amor  y  aficion  que  le 
ténia,  le  asié  de  una  mano  para  besarsela;  y  como  le  dévié  de 
lastimar  y  ledolié,  dixo  el  Emperador,  medio  riéndose  :  «  Paz, 


(16) 

»  6  padre,  que  me  heris.  i»  Y,  acavado  de  besarle  la  mano,  se 
retiré  â  su  aposento.  La  yglesia  estava  adornada  con  lo  mejor 
que  avia  en  casa,  y  tao  clara,  con  las  mnchas  luzes  que  avia, 
que,  aunque  era  ya  de  noche,  parecia  de  dia.  Las  campanas 
se  hundian,  y  parece  que  sonavan  mas  que  otras  vezes,  y 
ympedian  el  goçar  de  la  iiesta.  Muchas  cosas  acaeciéron  en  esta 
entrada,  que  se  diràn  adelante  :  la  quai  acavada,  todos  los  criados 
que  estavan  despedidos  se  fuéron ,  sin  qnedar  uno,  aunque  en 
de  noche. 

No  es  raçon  passar  en  silencio  lo  que  adverti  y  vi,  quando 
Su  Magestad  se  parliô  de  Jarandilla  para  yr  à  Yuste,  del  lloro 
y  senlimiento  que  sus  criados  tuviéron.  Quando  biéron  que  se 
partia,  y  no  le  avian  de  ver  mas  reynar  ni  mandar  el  mundo, 
fuéron  tantas  las  vozes,  lâgrimas  y  gemidos  que  diéron,  qae 
qoebrantavan  los  coraçones  de  los  que  los  oyan.  Echavan  las 
alabardas  por  tierra ,  y  decian  palabras  de  tanto  dolor  y  senli- 
miento ,  que  no  avia  qnien  los  pudiesse  consolar.  Y  lo  mismo 
sncedié  à  la  despedida  de  Yuste  :  que ,  estando  todos  nosotros 
muy  alegres  y  contentos  con  tal  huésped,  oymos  nnos  grandes 
Uoros,  que  sonavan  â  la  entrada  de  la  yglesia,  que  cierto  pen- 
sàmos  todos  baver  succedido  alguna  grande  disgracia;  y,  sabido 
lo  que  era ,  era  una  Flamenca  muy  penada  y  triste ,  que  entre 
los  demàs  sentia  grandemente  el  apartarse  de  Su  Magestad. 
Otros  criados  decian  otras  cosas,  y  conferian  este  recibimiento 
con  otros  que  à  Su  Magestad  le  avian  becbo  i  Qnien  duda  sino 
que  tambien  Su  Magestad  sintiria  la  pena  de  sus  criados? 
Ëmpero ,  como  dexava  à  otros  que  él  mas  amava ,  cerrando  las 
orejas  piadosas,  passava  por  medio  dellos,  con  coraçon  bien 
lastîmado,  ayudàndose  de  la  ternura  de  los  ojos,  que  suelen 
pagar  eslos  encuentros. 


I 


CAmoLO  XV.  —  De  ios  criados  que  quedàron  en  Yuàle  para  senricio 

de  Su  Magestad. 

Si  miramos  a  la  grandeza  deste  principe ,  Ios  criados  que  le 
quedàron  en  Yuste  para  su  servicio  son  Ios  que  pudiera  tener 
on  hidalgo  pobre,  porque  de  todos  se  quiso  descargar,  y  anzi 
solos  dexé  Ios  precisamente  necessarios.  Y ,  porque  algunas  vezes 
sera  necessario  nombrarlos  en  esta  historia,  Ios  quise  aqui  poner  : 

El  padre  fray  Jaan  Régla,  religioso  de  nuestra  ôrden,  su 
confesser. 

El  padre  prior  de  Yuste,  fray  Martin  de  Angulo,  su  limosnero. 

El  padre  fray  Lorenço  del  l^ossar,  professo  desta  casa,  que 
lenia  todo  el  gasto. 

El  padre  fray  Miguel  de  Torralva,  tambien  professo  desta 
casa,  obrero. 

Lnya  Quixada ,  mayordomo. 

Martin  de  Gastelbû  (1),  su  secretario. 

Juan  Gaétan,  natural  de  Tordesillas,  beedor. 

El  doctor  Comelio  Mathisio,  médico. 

Moron,  eayallero  borgonon,  camarero. 

Janelo,  maestro  del  relox  impérial. 

Charles  Oxier,  Guillelmo  Molineo  (2) ,  Mathia  y  Pietro  eran 
gentileshombres. 

IMric  y  otro  Gnilleimo  eran  sus  barberos. 

Gabriel  y  Nicolas  eran  cirujanos. 

Joanes  era  guardayoyas  (3). 

Andrés  era  panetero  y  mantequero. 

Un  Bizcaino  era  panadero. 


(I)  Le  reGgieax  de  Ynste,  ou  celui  qui  Ta  copié,  écrit  toujours  GasteWii, 

(3)  On  lit  de  même,  partout,  Molineo,  pour  Malineo  (Van  Haie)  :  ce  qui 
eit  indubitablement  une  erreur  de  copiste. 
ÇS)  Sic.  Lisez  :  guardajoyat, 

TOHB  II.  2 


r 


■  Y»    -.i-         ■■      •  '*  '• 


(18) 

Bonon  ténia  la  cava. 

Maestro  Henriqiie  y  Adrian  eran  cozineros. 

Otro  Henrique  ténia  cargo  del  guardamangel. 

Nicolas  era  salserero  y  giiarda  de  la  plata. 

Françoys  ayuda  de  caméra. 

Andres  Munoz ,  portero. 

Hierénimo  y  Rufo,  ayudas  de  cozina. 

GU  y  Martin  ponian  las  mesas  del  estado. 

Juan  Rodriguez ,  espanol ,  y  otro  flamenco  eran  lacayos. 

Diego ,  Miguel  y  otro  nioço  eran  pastores. 

Hans  servia  de  carnicero. 

Jorge  Nepotis  era  capellan ,  y  ânles  era  limosnero. 

Sin  los  susodichos  servian  à  Su  Magestad  cinquenta  religiosos 
de  predicadores,  confessores,  mùsicos,  capellanos  y  para  el 
officie  divine,  escogidos  en  toda  nuestra  ôrden,  los  mejores  qae 
para  lo  en  que  se  ocupavan  convenian ,  entre  los  quales  avia 
algunas  personas  graves  dados  (I)  à  la  oracion.  Y  coo  esto  Sa 
Magestad  estava  alegre  y  contente  y  consoladisimo ,  mas  que  en 
toda  su  vida  avia  estado ,  sin  otro  cuydado  mas  que  darse  à 
Dios,  sin  ruydo  de  seglares. 


CiPiTULo  XVL  —  De  lo  que  passé  con  Su  Magestad  el  padre  fray  Juan  Régla , 

su  confiassor. 

Uno  de  los  religiosos  que  el  Emperador  sefiaU)  en  YalUulolid 
al  padre  gênerai ,  quando  le  fué  à  besar  las  raaoos  (cooio  dixi- 
mos  arriba) ,  para  su  servicio ,  fué  el  padre  Cray  Juan  Régla,  pro- 
fesse de  Santa  Engracia  de  Saragoça,  al  quai  Su  Magestad  avia 
mandado  yr  al  concilie  Tridentino,  en  npjpnbre  del  reyno  de 
Aragon.  Y  puesto  caso  que  se  le  mandé  viniesse  luego  â  Yuste, 
como  los  demâs  padres,  él  hiço  piernasy  no  vino,  teniéndose 
por  yndigno.  de  taJ  officie.  Savido  pu^es  por  oaestro  padre  geBe- 


(1)  Sic. 


^ 


(19) 

rai  lo  qoe  passaya,  le  embiô  â  mandar,  en  virtud  de  sauta  obe- 
dieDcia,  que  sin  réplica  viniesse  luego,  porqiie  Su  Magestad  le 
esperava  por  momentos.  En  fin  vino;  y  Uegando  à  Jarandilla, 
adénde  aun  estava  Su  Magestad,  como  Su  Magestad  le  pregun- 
tasse  la  raçoo  de  su  tardanza,  quando  le  fué  à  besar  las  oianos, 
le  respondié  el  buen  religioso  concomiéndose  (1)  :  «  Senor»  no 
»  me  siento  sufficiente ,  ni  tengo  las  partes  que  convienen  para 
•  servir  à  Vuestra  Magestad,  y  por  eso  noe  he  detenido,  y  me 
B  escnsava  de  venir,  por  veer  si  me  valiera.  d  En  tances  le  dixo 
Sd  Magestad  :  «  Mirad ,  fray  Juan ,  no  ay  que  temer,  porque,  con 

>  cinco  letrados  que  tuve  en  Flandes  un  ano  entero,  quedé  libre 

>  y  sin  escriîpulo  :  agora  no  abrà  mas  de  lo  que  se  ofreciere  cada 
»  dia.  »  Con  esto  al  padre  fray  Juan  Régla  se  le  quitàron  los 
escrûpulos,  y  el  Emperador  le  cobré  mas  aficion.  Era  el  padre 
fray  Juan  Régla  un  bombre  muy  docto  y  gran  religioso,  y  sobre 
manera  bumilde;  y,  por  coooscerlo  portai,  el  Emperador  le 
eseojiô  por  su  confessor,  y  pienao  que  con  di(ficultad  se  hallara 
otro  como  él  para  el  gusto  de  Su  Magestad  y  consuelo  de  sua 
criados,  y  anzi  les  fué  araparo  y  abrigo  à  todos  elles.  Y  quatro- 
eientofl  dueados  que  Su  Magestad  le  mandava  dar  eada  ano ,  los 
repartia  entre  los  religiosos  que  avian  venido  para  servicio  de 
Su  Magestad,  y  entre  los  criados  del  Emperador,  porque  le  sir* 
viessen  con  contente.  Y  con  esto  le  cobré  Su  Magestad  tan  ta 
aGcion  y  voluntad ,  que  no  se  hallava  un  punto  sin  él.  Y  anzi  le 
aeaeciô  que,  yendo  un  dia  à  Plasencia  à  veer  al  maestro  Munon  » 
que  fué  discipulo  suyo  en  Salamanca,  y  à  pedirle  unes  libros  que 
avîa  raenester,  aun  no  avia  Ilegado  all4  quando  Su  Magestad  le 
httvo  menester,  y,  embiândole  à  llamar,  le  dixéron  que  no  estava 
en  casa,  que  era  ydo  à  Plasencia;  y  mandé  luego  le  fuessen  k 
Ibunar,  y  le  dixessen  que  visia  la  présente  se  bolviesse.  LIegé  el 
correo  càsi  tan  presto  â  Plasencia  como  él;  y  sin  escojer  los 
libres  se  vino,  sin  detenerse  siquiera  un  dia.  Y  quando  le  fué  à 


(1)  Ste.  Peut-être  fant-il  lire  :  conmoviéndoie. 


(20) 

besar  las  manos ,  y  à  veer  lo  que  inaDdava ,  y  à  dar  la  discnlpa 
de  su  ausencia,  le  dixo  :  «  Mirad ,  fray  Juan ,  que  es  mi  volnnlad, 
»  y  en  ello  recibiré  mucho  contento,  que  no  salgais  de  casa, 
»  sin  que  yo  lo  sepa,  porque  quiero  (fue  no  me  dexeis  un  solo 
»  punto.  jf  Fué  de  tanto  peso  esta  palabra  de  Su  Magestad  para 
el  buen  fray  Juan  Régla ,  que  no  uvo  donzella  mas  sujeta  à  su 
madré,  desde  alli  adelante,  que  él  lo  fué  à  Su  Magestad. 

Capitulo  WII.  —  De  las  liinosnas  que  Su  Magestad  roandô  bacer,  luego  que 

llegô  â  Yuste. 

Luego  que  Su  Magestad  entré  en  Yuste,  mandé  hacer  niuy 
gruesas  liraosnas  en  todos  los  pueblos  realegos  de  la  vera ,  y  à 
Plasencia  le  cupo  muy  buena  parte,  con  que  saliéron  mnchas 
personas  de  la  càrcel ,  que  estavan  por  deudas  y  no  tenian  con 
que  pagar.  Fué  una  de  las  cosas  que  se  pudieran  hacer,  en  aquel 
tiempo,  de  mas  socorro  para  los  pobres,  porque  el  ano  era  muy 
necessitado  de  pan,  y  valia  una  hanega  de  trigo  30  reaies,  y 
eran  muchas  las  deudàs  y  los  pobres.  Sin  estas  limosnas  pùbli- 
cas,  mandé  dar  Su  Magestad  otras  sécrétas,  y  cada  mes  cien 
ducados,  los  quales  repartian  el  padre  confessor  y  ei  padre  fray 
Martin  de  Angulo,  prior  de  Yuste  (i).  Y  aunque  Su  Magestad  de 
suyo  era  muy  pio  y  liroosnero,  alentâvale  mucho,  para  hacer 
estas  y  otras  limosnas,  como  adelante  se  verân  (2) ,  el  padre  fray 
Juan  Régla,  su  confessor,  por  serlo  tanto,  como  tambien  lo  era 
el  susodicho  padre  prior  fray  Martin  de  Angulo,  el  quai ,  sieodo 
confessor  de  la  princesa  dona  Juana ,  la  alenté  mucho  para  que 
hiciesse  aquella  obra  tan  insigne  del  monasterio  de  las  Descalzas 
de  Madrid  para  su  enlierro,  y  la  dié  el  érden  y  traça  como 
Su  Alteza  se  acavasse  de  resolver  en  lo  que  hiço.  Talies  eran  eslos 
dos  barones. 


(1)  Fray  Martin  de  Augulo  ne  devint  prieur  de  Yuste  que  quelques  mois 
avant  la  mort  de  TEmpereur.  Voy.  le  t.  I",  p.  424. 
(3}  Sic  dans  le  manuscrit.  Il  faut  lire  :  se  verâ. 


(21  ) 

Capitiilo  XVIII.  —  De  como,  después  que  se  recojiô,  no  adniitia  Su  Majeslad 

negocio  ninguno  scglar. 

Para  poder  emplearse  mejor  en  el  servicio  de  Nuestro  Senor, 
Su  Mageslad  no  adrailia  negocio  alguno  de  seglares,  porqiie  eran 
tantos  lo8  que  cada  dia  acudîan,  y  algunos  tan  pesados  y  moles- 
tos,  que,  si  les  ubiera  de  dar  oydos,  fuera  Yuste  otra  corte;  y 
anzi  los  remitia  luego  a  la  princesa  dona  Juana  su  hija,  gover- 
nadora  deslos  reynos,  que  residia  en  Yalladolid,  6  al  rey  don 
PbcHpe  su  hijo,  que  estava  en  Flandes,  à  quien  los  avia  enco- 
mcDdado  todos.  Acaeci6  una  vez  una  cosa  muy  de  veer  con  un 
hombre,  labrador  ai  parecer,  que  dixo  ser  del  Ândalucia ,  el  quai 
pidiô  cncarecidamente  que  queria  coiuunicar  un  negocio  grave 
que  traya  con  Su  Magestad,  y  que  en  ninguna  manera  le  diria 
à  otra  persona  alguna  sino  a  él ,  y  que,  si  no  se  hiciesse  lo  que 
él  queria  y  decia,  que  correria  peligro  el  mundo.  Su  Magestad, 
como  tan  savio  y  de  tanta  experiencia,  que  dévia  de  aver  visto 
y  oydo  cosas  semejantes,  no  le  quiso  oyr,  y  mandé  el  (1)  padre 
fray  Juan  Régla  le  oyesse  él.  Fué  el  dicho  padre  al  hombre ,  y 
dixole  le  dixesse  à  él  lo  que  queria  decir  à  Su  Magestad  ;  que  él 
venia  à  oyrle  en  su  nombre ,  porque  Su  Magestad  estava  con  la 
gota  y  no  podia  darle  audiencia,  y  que  él  le  prometia  el  rcmedio 
de  lo  que  le  dixesse,  si  era  de  tanta  ymportancia  como  él  decia. 
Y  es  anzi,  porque  me  halle  yo  présente  y  lo  vi,  que,  como  el 
hombre  oyé  al  padre  confessor,  se  arrimo  à  una  pared  del  claus- 
tro,  y  se  empeçù  à  dar  de  calabaçadasy  à  llorar,  y  â  dar  gritos, 
y  â  alçar  los  ojos  al  cielo,  y  dar  palmadas  con  las  manos, 
y  grandes  sospiros,  y  à  decir  cosas  que  nos  atemoriçavan  â  los 
présentes ,  y  nos  forçava  de  créer  que  era  verdad  lo  que  decia ,  y 
dîgna  de  que  se  remédiasse  luego,  porque  significava  grandes 
vofortunios  que  avian  de  venir,  y  que  para  esto  era  menester 
hablar  à  Su  Magestad  cara  à  cara,  y  que  à  otra  pci^sona  alguna 
, \ 

(1)  Sic:  lisez  :  al. 


(22) 

no  avia  de  decir  nada.  Y  anzi  se  fué  sîo  decir  cosa(1),  y  el  mundo 
se  quedô  en  el  ser  que  agora  tiene.  Pasan  y  acaecen  cosas  que 
solo  Dîos  que  las  entiende  las  remédie  (^2).  Verdad  es  que,  aunque 
Su  Ma^estad  no  admitia  negocios  que  le  estorvassen  su  quietudi, 
y  semejantes  al  pasado,  no  dexava  empero  de  dexarse  visitar  y 
veer,  como  tan  cortesano,  de  algunos  senores  principales  que 
y  van  (3)  à  visilar  y  à  besar  las  manos ,  como  e!  duque  de  Arcos, 
y  Juan  de  Vega,  présidente  del  consejo  real,  y  su  tio  don  Leo- 
poldo  de  Âustria,  hermano  del  rey  don  Phelipe  su  padre,  obispo 
que  cnténces  era  de  Cordova,  y  dona  Madalena  de  Ulloa,  muger 
de  Luys  Quixada  ,  que  vino  con  el  ynfante  don  Juan  de  Âuslrla, 
la  quai  entrô  con  su  ynfante  por  la  piierta  del  oratorio  donde 
oya  missa,  y  muy  en  brève  se  tornô  à*  salir.  Y  si  algun  negodo 
brève  trayan  estas  taies  personas  graves,  le  encomendava  h  Luys 
Quixada,  6  à  su  secietario Gastelbù,  y  no  avia  mas  que  tornarle  à 
ver  ni  hablar.  Solos  dos  senores  se  detenian  mas  dias  con  él, 
quando  le  venian  à  ver,  por  averse  criado  desde  ninos  en  su  casa  : 
y  estos  eran  don  Fernando  de  la  Orda ,  hermano  del  duque  de 
Mediua-Celi,  y  el  comendador  mayor  de  Alcàntara,  marqués  de 
Miravel,  don  Luys  de  Avili  y  Çûniga,  hermano  del  marquée  de 
las  Navas,  que,  como  residia  en  Plasencia,  venia  mas  à  menndo 
à  besar  à  Su  Magestad  las  manos. 


CunvLo  XIX.  -    De  como  Su  Mageslad  ténia  repartido  el  dia,  y  en  qné 

exercicios. 

Aviendo  ya  dado  Su  Mageslad  à  entenderal  mundo  que  no  se 
avia  retirado  à  Yuste  para  entender  en  negocios  de  govierno  del 
rey,  sino  para  solos  los  que  tocavan  à  su  aima  y  quietud ,  y  para 


(1)  Cette  anecdote  a  quelque  ressemblance  avec  celle  du  portugais  Fran- 
cisco Gil,  qui  vint  à  Cuacos  au  mois  de  juin  1557.  (Voy.  ci-après  la  lettre  de 
l'Empereur  à  Philippe  II,  du  8  aoilt  1557.) 

(2)  Sic. 

(3)  Sic.  Il  faudrait  :  le  yvan  â  visitar,  etc. 


(25) 

danesolo  à  Dios,  ordené  su  vida  y  tiempo  en  esta  manera:  Cada 
dia,  por  la  manana,  luego  que  se  abria  su  aposento,  entrava 
Inego  Janelo  à  ver  y  concertar  el  relox  que  ténia  de  assiento  en 
cima  de  un  bufete,  donde  quiera  que  estava;  y  en  saliendo,  en- 
trava el  padre  fray  Juan  Régla,  su  confessor,  à  reçar  cen  él;  y 
acavado  de  reçar,  entravan  los  barberosy  cirujanos,  y  hacian  lo 
qae  era  menester,  conforme  à  las  yudisposiciones  que  ténia  Su 
Magestad,  juntos  con  el  médico  Mathiso.  Entretanto  los  olBciales 
davan  bueltas  por  sus  olBcios,  para  que  à  las  diez  estuviesse  todo 
à  punto,  y  comiessen  todos  los  que  avian  de  assistir  à  la  roesa  de 
Su  Magestad,  presidiéndoles  el  gentilhonibre  que  aquel  dia  era 
de  goardia.  Entretanto  se  vestia  Su  Magestad,  y  en  acavàndose 
de  vestir,  acavavan  de  corner  los  officiales,  y  salian  con  Su  Ma- 
gestad à  oyr  missa,  y  los  que  le  avian  vestido  se  yvan  à  corner. 
Entretanto qne  Su  Magestad  oya  missa,  ponian  la  mesa,  y  apa- 
rejava  cada  oflBcial  lo  que  era  de  su  officio,  para  que  en  acavando 
de  oyr  missa  comiesse  :  el  gentilhombre  que  presidiô  en  la  mesa 
de  los  oflScialeSi  assistia  con  Su  Magestad,  quando  oya  missa,  y 
en  todo  el  dia  no  se  apartava  de  su  vista.  Mientras  dura  va  la  co- 
mida,  disputavan  el  médico  Mathiso  y  Guillelmo  Molineo,  que 
anibos  eran  sabios  y  leydos,  unas  veces  de  historias,  otras  de 
cosas  de  la  guerra;  y  acaeciéles  una  vez,  sobre  cierta  autoridad 
de  Plinio,  tener  cada  ono  dellos  el  parecer  contrario,  afirmando 
QBO  ana  cosa,  y  otro  otra  sobre  el  entendimiento  délia  :  para  lo 
quai  mandé  Su  Magestad  llamar  al  padre  fray  Juan  Régla,  y  que 
truxesse  de  camino  à  Plinio,  para  que  déclarasse  quien  ténia  mas 
▼erdadera  opinion  ;  y  venido  el  padre  fray  Juan  Régla,  sin  saver 
que  opinion  ténia  uno,  ni  que  otro,  fué  del  parecer  y  sentencia 
del  philôsofo  Guillelmo  :  con  que  Su  Magestad  quedô  muy  con- 
tento,  y  le  parecié  que  Guillelmo  Molineo  ténia  mas  raçon  que 
Mathiso.  Otras  veces  mandava  al  padre  fray  Juan  Régla ,  quando 
comia,  que  truxesse  un  sant  Bernardo,  6  otro  libro  bueno,  y 
sobre  mesa  le  leyesse  un  poco,  hasta  que  llegasse  el  sueno,  si  era 
tiempo  de  dormir,  ô  la  hora  del  sermon  6  lection ,  que  cada  dia 
oya  »  como  se  dira  en  el  capftulo  que  se  signe. 


-ç^l'f .; 


i 


(24) 


4^. 

f       ,  Câpitolo  XX.  —  De  eoiuo  y  ttii  que  reparti*  los  dtas  de  U  semana, 


Para  occupar  bien  el  tiempo,  y  que  no  se  perdiesse  ninguno, 
ordenô  S.  M"*^  que  los  siete  dias  de  la  semana  se  repariiessen  desta 
maoera  :  el  domingo,  niiércoles  y  viernes,  que  u^iesse  sermon, 
y  los  otros  qnatro  dias  lection  de  Sagrada  Ëscritura.  Los  sermo- 
nes  predicava  aquel  famoso  predicador  fray  Juan  de  Arcolenis, 
professo  de  Nuestra  Senora  de  Prado  de  Yalladolid ,  que  después 
fué  obispo  de  Ganaria  (i),  de  quien  don  Luys  de  Avila,  comen- 
dador  mayor  de  Alcântara  y  marqués  de  Miravel ,  escrivié  à  don 
Fadrique  de  Çùniga,  su  lio  y  suegro,  que  avia  parecido  en  Ma- 
drid un  profeta  nuevo,  segun  ]o  bien  que  predicaya;  ayudàTâU 
el  padre  fray  Francisco  de  Villalva,  professo  de  La  Mora  (3), 
que  se  hall6  en  el  consilio  (5)  Tridendno,  en  compania  del  arço- 
bispo  de  Granada  Guerrero,  y  después  de  la  muerte  del  Erope- 
dor  fué  predicador  de  su  hijo  el  rey  don  Pbelipe;  tambien 
ayudàvale  (4)  en  este  ministerio  otros  padres  predicadores  taa 
doctos  como  santos.  La  lection  de  Ëscritura  leya  cl  padre  fraj 
Bernardino  de  Salinas,  professo  deSant  Bariolomé,  bermano  del 
doclor  Belasco ,  y  doctor  graduado  por  Paris.  Lo  que  leya  era 
declarar  la  epistola  de  san  Paulo  ad  Roinanos,  Los  sermones  y  la 
lection  eran  à  las  très  de  la  tarde,  y  acudian  los  religiosos  à  ello 
con  sus  mantos,  y  con  muy  grande  compostura  y  morti6cacioD , 
y  Su  Mageslad  assistia  siemprc  à  los  sermones  y  à  la  lection  con 
grande  puntualidad,  salvo  quando  le  venia  algun  pliego  de  su 
bijo  el  rey  don  Pbelipe,  6  de  su  hija  la  princesa  dona  Juana,  de 
mucba  ymportancia,  y  entônces  mandava  que  no  le  aguardassen, 
porque  estava  occupado  ;  y  después  el  padre  fray  Juan  Régla  le 


(1)  Sic  dans  le  manuscrit,  pour  Caîiarias. 

(2)  Sic.  C'est  Zâmora  qu'il  faut  lire.  Voy.  le  1. 1",  p.  425. 

(3)  Sic,  pour  concilio. 

(4)  Sic,  Lisez  :  ayuddvanle» 


(25) 

deda  en  suma  lo  que  se  avia  predicado  é  leydo.  Coo  estes  santos 
exercicios  ténia  Su  Magestad  occupados  los  sentidos  y  pensamien* 
tos  de  su  aima ,  y  no  qneria  oyr  ni  saver  otros  negocios  que  le 
aporussen  de  las  cosas  que  convenian  â  su  salvacion ,  y  los  de 
ras  bijos  DO  le  ynquietavan  ni  apartavan  de  su  santo  propôsito , 
porque  no  eran  sino  ynstruirlos  en  lo  que  les  convenia  y  pedian 
eoDscjo,  cooio  à  padre  tan  prudente  y  esperimentado. 


CinniLO  XXI.  —  De  las  missas  que  Su  Magestad  mandava  decir  cada  dia 

en  Yuste. 


Cada  dia  se  decian  en  este  monasterio  quatre  missas,  por 
mandado  de  Su  Magestad  :  las  dos  por  su  padre  y  madré,  el  rey 
don  Phelipe  y  la  reyna  dona  Juana,  à  la  hora  que  los  sacerdotes 
que  las  tenian  encomendadas  quisiessen  ;  la  tercera  missa  era 
siempre  à  las  oeho  por  la  Emperatriz,  con  unos  psalmos  peni- 
tenciales  que  decia  el  sacerdote  que  la  ténia  à  su  cargo,  los 
qoales  decia  priroero  que  la  missa  ;  y  esta  de  ordinario  oyan  sus 
criados,  por  ser  hora  senalada.  La  quarta  missa  era  por  él,  y  con 
las  mismas  oraciones  que  se  avian  dicbo  en  la  missa,  y  esta  oya 
Sa  Magestad  cada  dia,  aunque  algunas  i^eces  era  algo  tarde, 
qoando  Su  Magestad  no  avia  dormido  bien.  Deciase  tambien  el 
jneres  de  cada  semana  una  missa  cantada  del  santisimo  sacra- 
mento,  con  poco  menos  solemnidad  que  la  que  se  dice  el  dia  del 
Corpus  Christi,  con  mâcha  mùsica.  Y  à  esta  assistia,  en  nombre 
de  Su  Magestad,  un  gentilhombre  llamado  Oxier,  por  no  poder 
Sa  Magestad  llevantarse  tan  de  manana.  Esta  missa  manda 
deeir  oy  en  dia  el  rey  don  Phelipe  nuestro  senor,  con  gran 
solemnidad,  porque  esta  devocion  es  propria  de  la  casa  de  Aus- 
tria,  y  séria  possible  no  aver  en  su  tfempo  del  Emperador  per- 
sona  que  en  la  devocion  deste  santisimo  sacramento  le  hiciesse 
veotaja.  Sin  estas  cinco  missas  perpétuas,  mandava  decir  cada 
dia  otras  muchas  :  unas,  porque  Dios  diesse  al  rey  su  hijo  salud 
y  Victoria;  otras,  porque  se  la  avia  dado;  otras  por  reyes  y  papas, 
y  por  otros  cavalleros  del  Tuson  que  faUf^^jéron  en  el  tiempo  que 


(26) 

Su  Magestad  estavo  eti  Ydste.  Finalmente,  con  ser  Untoi  los 
sacerdotes,  estàvamos  todos  occupados  en  cstos  saerilicios,  de 
manera  que  no  sabria  yo  decir  si  era  mayor  el  cuydado  y  exe^ 
cicio  que  tuvo  Su  Mageslad,  quando  reynava,  en  el  uso  de  lu 
armas  y  en  la  defensa  y  amparo  de  la  fee  y  de  la  yglesia,  andaildo 
por  diversas  lierras  y  con  varies  successos ,  que  el  que  estando 
en  Yuste  ténia,  andando  postrado  por  los  altares,  haciendo 
sacriGcios  y  diciendo  missas  por  lo  mismo  :  y  aunque  es  maj 
différente  lo  uno  de  lo  otro,  pero  todo  era  por  la  gloria  y  bonn 
de  Dios,  acudiendo  à  lo  segundo,  ya  que  no  podia  à  lo  primero 
con  sus  yndisposiciones. 


Cafitulo  XXII.—  Como  Su  Magestad  y  todos  sus  criados  comulgaTan 

a  menudo. 


Todas  las  tiestas  principales  del  Senor  y  de  Noestra  Seâora  j 
Apéstolos,  se  confessava  y  coiliulgava  Sa  Magestad,  sin  otras 
particulares  que  (i)  lenia  devocion;  y  lo  niismo  hacian  sus  cria- 
dos.  Para  si  ténia  por  confessor  el  padre  fray  Juan  Régla,  eomo 
queda  dicho,  y  para  sus  criados  mandé  boscar  un  religioso 
franciscano ,  de  nacion  flamenco,  que  los  entendiesse;  y  à  él  y  à 
un  coropanero  logo  que  ténia  davan  seys  reaies  cada  dia;y 
esta  van  en  Sant  Francisco  de  Jarandilla,  y  acudian  à  su  tienipo 
à  Yuste,  adônde  el  convento  les  repalava,  quando  venian.  Y 
porque  Su  Magestad  no  fuesse  privado  de  lo  que  tanto  desseava, 
por  causa  de  sus  enfermedades  y  yndisposiciones  y  Oaqueça, 
alcançô  un  bullelo  del  papa  Julio  tercero,  para  poder  comnl- 
gar,  aunque  ubiesse  tomado  alguna  cosa  de  Comida;  el  qoal 
bulleto  no  le  pongo  aqui,  por  no  ser  neeessario.  Pero,  quando 
Su  Magestad  no  tuviera  otra  loa  y  aprovaciôn ,  sino  la  que  Sa 
Santidad  le  da  en  él  de  defensor  de  la  fee,  y  obediente  à  los 
decretos  y  canones  de  la  Yglesia,  y  caudillo  y  capitan  délia,  bas- 


(1)  Sic  dans  le  MS.  L*anteur  avait  probablement  écrit  :  en  qw. 


'7  ■ 


(27) 

tm(4)paiii  eterna  memorin  mjB,  Raégale  tambieD  en  él,  y 
ifDonësUle,  como  padre,  que  mire  por  sii  saiud,  pues  es  tan 
necessaria  en  la  repùblica  christiana. 


Cinruio  XXII 1.  —  De  la  fiesta  del  apôstol  sant  Mathias ,  y  del  jubileo  que  se 

ganava  este  dia. 

Aanque  la  flesta  del  santfsimo  sacramento  ilevaTa  la  gala  k 
lodas  las  demâs ,  la  del  apôstol  sant  Mathia  eelebrava  Su  Mages- 
lideon  gran  festividad,  y  lo  mismo  bacian  todos  sus  criados, 
por  baverle  becbo  Nuestro  Seùor  en  este  dia  mucbas  y  senaladas 
iDercedes.  Naeiô  en  este  dia  ;  en  este  dia  se  coron6  de  emperador 
dos  veces;  en  este  dia  venciô  à  Francisco  rey  de  Francia  sobre 
lo8  muros  de  Pavia  con  todo  su  c.ampo,  y  anzi,  por  considéra- 
don  de  aver  nacido  en  este  dia ,  se  ilamô  Su  Magestad  Carlos 
Mathia;  y,  por  la  honra  y  ensaiçamiento  y  victorias  que  Dios  le 
ïïm  dado  en  este  dia ,  célébra  va  esta  fiesta  con  tanta  devocion 
y  alegria.  Confessava  y  comulgava  en  este  dia  Su  Magestad,  y 
satia  à  ofrecer  lantos  escudos  y  uno  mas  como  anos  ténia.  Sus 
criados  tambien  confessavan  y  comulgavan  este  dia ,  y  salian  tan 
gaianes  y  tan  adereçados,  que  era  muy  de  veer.  Las  Flamencas 
tambien  confessayan  y  comulgavan  este  dia,  y  venian  à  Yuste 
desde  Coacos  muy  adereçadas  y  compuestas.  Avia  este  dia  jubileo 
plenisinio,  y  era  tanta  la  gonte  que  acudia  à  ganarle,  que  no 
era  possible  celebrarse  la  fiesta,  ni  andar  la  procession,  stn 
grande  aprieto  de  vozes  y  ruydo;  y  anzi  se  di6  érden  que  fuera 
de  la  yglesia  se  biciesse  un  altar,  en  que  se  dixesse  missa ,  y  se 
posiesse  un  pùlpito  para  predicar,  de  manera  que  avia  dos  ser- 
DDones,  uno  dentro  de  la  yglesia,  y  otru  fuera.  Âveriguése  que 
desde  dentro  de  Cordova  uvo  gente  que  vino  à  ganar  ol  jubileo, 
queay  47  léguas  :  tan  grande  era  el  concurso  de  gente  que  venia 
â  esta  fiesta ,  la  quai  se  celebrô  dos  anos  en  esta  casa.  Y  acaeciô 


(1)  raatear  n^avait-il  pas  écrit  baitara? 


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(28) 

UD  quento  muy  gracioso  entre  unas  labradoras  que  avian  yenidi) 
à  la  fiesla,  las  quales,  como  oyéron  decir  que  avia  de  salir  el 
Ëmperador  &  ofrecer  tantos  escudos,  estuviéron  aguardandoasta 
la  ofrenda,  con  harlo  travajo  y  aprelura  de  la  gente.  Y,  quando 
le  viéron  salir,  y  que  y  va  entre  Luys  Quixada,  su  mayordomo,  y 
entre  Martin  de  Gastelbù,  su  secretario,  que  le  llevavan  câsi  de 
la  niano,  por  sus  pocas  fuerças  y  yndisposiciones  de  gota,  y  al 
cuello  llevava  la  cadena  y  ynsîgnias  del  Tuson,  de  que  era  e! 
maestre,  sin  otra  gala  alguna,  (1)  llegé  al  altar,  y  puestode 
rodillas ,  como  principe  cattôlico  que  siempre  fué,  offreciô  8u^ 
anos,  que  eran  los  escudos  que  ariba  dejimos,  dando  gracias  à 
Nuestro  Senor,  porque  le  avia  dado  vida  hasta  alll,  y  suplicàndole 
le  biciesse  merced  de  darle  vida  y  salud  adelante,  para  mas  ser- 
virle,  6  como  mas  fuesse  su  voluntad,  y  esto  significava  en  el 
escudo  que  ofrecia  demâs  de  los  afios  que  ténia;  y  hecho  esto,  se 
bolviô  à  su  aposento  por  la  puerta  donde  oya  missa,  que  esta  al 
ygual  de  la  peana  del  altar  mayor;  y  bolviendo  à  mi  quento, 
como  las  labradoras  le  viéron ,  dijo  una  companera  k  otra  en  alui 
voz,  que  todos  lo  oyéron  y  entendiéron  :  «  Hao,  Maria,  ^  no  vces 
«  y  hombre  es  el  Ëmperador  aquel  es  que  va  entre  los  otros 
»  dos,  con  la  cadena  de  oro  al  cuello?  m  Fué  tanta  la  risa  que 
uvo  de  los  que  oyéron  el  dicbo,  que  duré  buen  rato  el  tornarse  à 
sossegar  la  gente.  Pudiérase  decir  destas  labradoras  lo  que  dijo 
un  discreto  à  otro  corto  de  entendimiento,  que  lo  que  faltava  al 
elefante  para  ser  hombre,  le  faltava  à  él  para  ser  bestia.  Este 
santo  jubileo  en  esta  fiesta  cessé  en  esta  casa ,  desde  que  Sa  Ma- 
geslad  del  rey  don  Phelipe  pasô  el  cuerpo  del  Ëmperador  à  Sant 
Lorenço  el  Real ,  y  alli  se  gana  agora ,  porque  Su  Santidad  le 
concedié  para  donde  estuviesse  el  cuerpo  del  Ëmperador,  maerto 
6  bivo. 


(1)  La  conjoncUoQ  y  paraît  planquer  ici. 


l: 


(29) 


Gartvm  XXIV.  —  De  \o  que  passé  entre  el  Emperador  y  tos  padres  visttadores 
de  Buestra  érden  que  viniéron  â  Tisitar  este  monaslerio  do  Sant  Hierônimo 
de  Tusic. 

Después  que  nuestro  padre  gênerai  beso  las  manos  à  Su  iMa- 
geslad  en  Yalladolid ,  y  proveyô  en  Yuste  lo  que  para  su  servicio 
era  menester,  segun  dél  lo  avia  entendido,  bolvidse  à  Sant  Bar- 
tolomé  el  Real  de  Lupiana,  adénde  esta  de  asiento  el  gênerai.  Y» 
laoque  estava  cierto  que  en  Yuste  avia  todo  lo  que  para  el  servi- 
60  de  Su  Magestad  era  menester,  con  todo  esto  le  pareciô  era 
bien  embiar  alla  à  los  padres  visitadores  générales  à  besar  las 
manos  en  su  nombre  à  Su  Magestad,  y  viessen  si  faltava  algo 
pan  su  servido,  y  si  se  guardava  la  érden  que  él  avia  dexado  y 
mandado  en  lodo  lo  tocante  à  él.  Los  quales,  en  llegando  al 
mooasterio,  y  ântes  que  se  presentasson,  fuéron  à  besar  las  manos 
â  Su  Magestad ,  y  à  darle  quenta  de  lo  à  que  venian ,  que  era 
para  proveer  en  todo  lo  que  uviesse  falta  en  su  servicio,  y  que 
Sa  Slagestad  les  mandasse  avisar  de  lo  que  era  menester,  que 
loego  proveerian  en  elio  de  remedio.  Su  Magestad  los  recibiô  con 
macho  amor,  y  les  agradeciô  la  venida,  y  les  dixo  como  él  estava 
may  con  lento  y  bien  servido  de  aquellos  padres,  sin  que  ubiesse 
ialta  alguna;  mayormente,  que  estava  enterado  del  anior  y  volun- 
tad  con  que  todos  le  servian ,  y  que,  quanto  à  esto,  no  avia  que 
proreer;  pero  que  una  cosa  les  pedia  de  que  reciberia  mucho 
gosto,  y  era  que  la  limosna  que  el  convento  dava  à  la  puerta  del 
monasterio,  se  diesse  en  los  lugares  comarcanos,  donde  eran  los 
pobres  que  venian  à  recevirla ,  por  quitar  la  ocasion  que  podria 
aver  de  que  los  moços  de  sus  criados,  viendo  tan  tas  moças  y 
mogeres  como  alli  acudian  à  la  limosna,  se  distragesen  (i).  Los 
padres  visitadores,  besàndole  las  manos,  se  despidiéron  dél,  y 


(1)  Dans  le  tome  I*',  p.  nx,  note  1 ,  nous  avons  cité  ce  mot  conune  mat 
oriliograpbié  ;  mais  c'est  dittrajuen  qu*it  faut  lire,  et  non  distrayesen. 


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(30) 

se  fuéroD  é  presentar  y  à  hacer  su  oiBcio  en  el  convento;  y  lo 
primero  que  proveyérou  fué  lo  que  Su  Magestad  les  mandé.  Y, 
después  que  ubiéron  acabado  su  visita»  tornàron  à  pedir  licencia 
â  Su  Magestad,  para  darle  raçon  de  lo  que  avian  hecho  y  dejavan 
ordenado  en  su  servicio,  y  para  yrse.  Y,  aviéndosela  dado  Su  Ma- 
gestad ,  enlràroB  adônde  estava ,  y  avîéndole  dado  quenta  de  lo 
que  avian  hecho,  quanda  se  querian  despedir,  le  dixéroo  : 
«  Senor,  nosotros  hemos  hecho  à  lo  que  venimos,  y  traUndo 
9  dello  h^mos  hallado  dos  cargos  contra  Vuestra  Magestad  :  si 
»  Vuesira  Magestad  nos da  licencia,  decirloshemos.  >  Respondié 
Su  Magestad  quo  se  los  dixesse  en  hora  buena,  porque  él  hoIfi[aT8 
de  los  oyr.  Dixo  enlônces  uno  dellos  :  a  Senor,  el  primera  es, 
»  segun  se  dice,  que  Vuesira  Magestad  ha  oydo  decir  mal  de 
»  nuestra  ôrden,  sin  bolver  por  ella,  siendo  propria  de  Vnestra 
»  Magestad  y  de  los  reyes  de  Espana,  y  nacida  y  criada  en  estos 
n  SUS  reynos,  y  fnndada  por  los  criados  mas  principales  de  su 
»  casa  real,  los  quales  fuéron  los  primeros  religiosos  délia; 
»  aunque  este  cargo  no  esta  tan  bien  proyado  como  el  segundo: 
»  y  es  que  Vuestra  Magestad  manda  dar  dineros  à  algunos  de 
»  nuestros  religiosos,  los  quales  (si  Vuestra  Magestad  no  manda 
»  otra  cosa)  seràn  bien  êastigados  por  la  érden,  por  averlos 
»  recevido ,  porque  ella  y  lodos  nosotros  no  servLmos  à  Vuestra 
»  Magestad  por  ynterés  y  paga,  por  estar  tambien  pagados  coq 
»  la  merced  tan  grande  que  de  Vuestra  Magestad  recebinios  es 
9  quererse  servir  de  nosotros.  »  Oydos  los  cargos.  Su  Magestad 
se  sonrié,  y  à\%o  :  «  Al  primero  cargo  no  ay  que  responder, 
»  porque  no  es  anzi  :  lo  que  me  decian  algunos  era  qoe  esta 
»  casa  de  Yuste  no  era  tan  sana  como  yo  avia  menester  y  pre- 
»  tendia  para  mis  yndisposiciones;  pero  he  hallado  io  contrario, 
»  porque,  después  que  à  ella  vine,  me  hallo  con  mas  saliid  y 
»  rauy  contento.  Al  segundo  cargo  no  tengo  tan  poco  que  re- 
»  sponder,  porque  es  verdad  que  he  mandado  dar  algun  dinero; 
D  pero  no  ha  sido  à  frayje  en  particular,  ni  para  si,  sino  part 
»  acavar  de  satisfazer  à  algunos  que  hallo  devérseles  algun  dinero 
»  de  la  obra  destos  aposentos  que  maodé  labrar  aqui  :  y  anzi 


(31) 

I  ningun  re)igio$o  tiene  calpa,  ni  es  justo  la  érdeo  se  la  im- 
I  poDga.  »  Con  este  buen  término,  y  con  esta  buena  gracia,  se 
despidiéron  aquellos  padres  de  Su  Magestad,  diciéndole  que  que* 
ijaTaQ  muy  satisfechos  de  los  descargos.  Y  Su  Magestad  quedé 
mu;  coDtento  y  agradecido  à  nuestro  padre  gênera)  del  cuydado 
que  ténia  de  su  senricio,  salud  y  regalo. 

C&nTvvo  XXV.  —  De  como  Su  Magestad  comiô  un  dia  en  el  refectorio  de  Yuste 

con  el  eonvento. 

Por  hacemos  favor  y  merced ,  Su  Magestad  quiso  comer  un 
dia  con  nosotros  en  el  refitorio,  aunque  no  ténia  manos,  ni 
dieot«s,  ni  buenos  pies,  por  eslar  ympedido  de  la  gota;  y  esto 
fuéel  primero  de  la  pascua  del  Santo  Spirito.  Y  quiso  corner  de 
lo  que  de  nuestra  cozina  se  le  diesse,  guizado  à  nuestro  modo, 
y  que  ningun  criado  le  sirviesse  sino  los  religiosos,  como  à  los 
demàs.  Y,  porque  no  podia  entrar  por  las  mesas,  le  pusiéron 
nna  mesilla  junto  à  la  traviessa;  y  echada  la  bendicion,  se 
assentà  en  una  silla.  De  quando  en  quando,  llevantava  los 
ojos  al  lector,  y  deviéle  de  agradar,  que  mandô  se  le  guardasse 
on  plato  de  los  que  à  él  le  pusiéron.  Solo  Guillelmo  Molineo 
estuTo  alli  trinchàndole,  y  avisando  à  los  religiosos  que  servian , 
como  y  quando  avian  de  traer  los  servicios.  A  la  puerta  del 
refectorio  estava  puesto  el  aparador  para  lo  que  era  menester. 
Acabada  la  comida  y  dada  la  bendicion ,  Su  Magestad  se  fué  à 
sus  aposentos,  acompanado  del  padre  prior  y  confesser  y  de 
otros  religiosos,  alabando  lo  mucbo  y  bien  adereçado  que  le 
avisn  dado  à  corner.  Entônces  dixo  el  padre  prior  :  a  Pues  otros 
>  dos  senricios  se  quedâron ,  por  la  priesa  que  Vuestra  Magestad 
»  se  diô  à  acavar  de  comer.  »  Respondiô  el  Ëmperador  y  dixo  : 
I  Pues  no  os  lo  perdono  :  guârdenseme,  aunque  cierto  que  me 
■  aveys  dado  bien  de  comer ,  y  mucbo.  »  Agradecia  y  estimava 
mocho  Su  Magestad  qualquier  cosa  que  de  casa  le  dàvamos  : 
hasta  nnas  gindas,  ô  fresas,  ô  otra  qualquier  fruta  que  le  em- 
biàTamos,  las  ténia  en  tanto  como  si  fueran  perlas,  y  mandava 


(S2) 

86  las  guardassen,  y  que  sola  una  deltas  no  le  fal tasse;  y  anzi  se 
hacia.  Coq  estas  cosas  que  en  Su  Magestad  veiamos  de  estima 
y  gratitud,  nos  era  causa  bastante,  aunque  no  fuera  Duestro 
rey  y  senor,  para  servirle,  amarle  y  quererle,  como  en  realidad 
de  verdad  le  araàvanios  y  queriamos  grandemente,  y  oy  en  dia 
lloranios  el  averle  perdido  tan  presto. 

CiPiTVLo  XXVI. — Del  selo  qae  lenia  en  que  se  guardasson  las  cerimonias  de  ia 

Yglesia. 

Era  Su  Magestad  tan  zeloso  de  las  cerimonias  y  mandados  de 
la  Yglesia,  que  por  ninguna  ocasion  queria  que  tan  sola  una  se 
mudasse  ni  altérasse.  Y  esto  se  echô  de  veer  en  que,  qnando  le 
yvan  à  dar  la  paz ,  con  miedo  de  no  le  offender ,  no  se  la  daTan 
para  besarla  como  él  queria  ;  y  acaecié  una  vez  à  cierto  religioso 
que  le  yva  à  dar  la  paz ,  que  se  la  tomô  de  las  manos ,  y  cou  la 
boca  y  con  la  frente  y  con  los  ojos  la  besô,  que  parccia  que  se 
la  queria  meter  en  el  peclio  y  coraçon.  Y  olro  religioso  fué  un 
domingo  à  echarle  agua  bendita ,  y,  con  miedo  de  no  le  offender, 
échoie  tan  poca  que  càsi  no  la  sintiô,  y  ya  que  se  yva,  le  llamô 
Su  Magestad  y  le  dixo  :  «  Dad  acà,  padre,  el  ysopo  ;  b  y  tomàn- 
dosele  de  la  mano,  echôse  él  de  la  agua  bendita  y  harta;  y 
quando  le  bolvié  el  ysopo,  le  dixo  :  a  Anzi  aveys  de  hacer, 
»  padre,  otra  vez,  sin  miedo.  »  Quisose  tambien  haliar  pré- 
sente à  todos  los  ofBcios  divinos,  y  al  dar  de  la  ceniza  el  miér- 
coles  de  Ceniza;  y,  para  recevirla  y  verla  dar,  quiso  que  se 
diesse  en  el  altar  mayor  à  todos,  anzi  frayles  como  seglares, 
y  à  todos  sus  criados;  hasta  el  fregonzillo  de  su  cozina,  subie 
alla  à  recevir  la  ceniza,  que,  aunque  se  compuso  lo  mejor  que 
pudo ,  se  echô  bien  de  veer  el  officio  que  ténia  :  para  que  veaa 
el  cuydado  que  ténia  con  sus  criados. 


r 


(35) 

Cavitvlo  XXVII.  —  De  la  asistencta  que  haria  al  ofGcio  divino. 

Todo  el  tiempo  que  Su  Magestad  cstuvo  en  este  monasterio , 
procarô  esforçarce,  quanto  pudo  y  sus  yndisposiciones  le  davan 
lugar,  para  hallarse  à  los  officios  divines,  bisperas,  complétas, 
missas,  sermones y  lectiones  de  la  Escritura,  y  en  los  matines  (I) 
de  la  semana  santa  y  à  las  disciplinas  de  los  religiosos  :  para  lo 
quai  estava  compuesta  una  tribunilla  en  el  clioro,  donde  se 
entrava  à  reçar,  y  alli  se  estava  asta  que  se  acavava  el  officie 
divino,  y  luego  le  acompanavan  el  padre  prier  y  el  confessor 
y  otros  padres  ancianos  hasta  su  aposento. 

CirtTVLo  XXVIII.  —  Del  mandado  que  mandava  hacer  el  juevcs  santo ,  y  de  la 

adoracion  de  la  cruz  cl  biernes. 

Por  no  tener  Su  Magestad  fuerças  para  hacer  el  mandado  y 
lavar  los  pies  à  los  pobres .  como  lo  solia  hacer  quando  las  ténia , 
lo  encomendnva  al  padre  fray  Juan  Régla,  su  confessor,  el  quai 
los  lava^a  à  trece  pobres ,  asisliendo  à  este  acto  todo  el  conyento. 
Dâvanles  de  corner,  y  su  pano  para  vestirse,  y  dineros  en  li- 
mosna,  y  con  esto  se  y  van  con  Dios.  Exemple  es  este  que 
nnestro  maestre  Jesu  Christo  dexô  à  los  reyes  y  prelados,  para 
que  ellos  hagan  otro  tanto,  y  anzi  lo  hacen  los  reyes  de  Espana 
con  grande  humildad  y  largeza.  El  biernes  santo  baxava  Su 
Magestad  del  Ëmperador  à  la  capilla  mayor,  à  la  adoracion  de  la 
cruz,  y  esperava  à  que  los  religiosos  la  adorassen  todos,  asta  el 
ultime  nevicio,  y  luego  yva  él  medio(2),  arrastrando  por  los 
mismes  passes  que  los  religiosos.  Yerdad  es  que  dos  gentiles- 
borobres  suyes  le  ayudavan  à  postrarse  y  à  llevantarse,  porque 
de  otra  manera  ne  era  possible  menearse.  Y  desta  manera  ado- 


(1)  Sic,  au  lieu  de  maitines, 
(3)  Medio,  pour  en  medio, 

TOMB  II. 


(34) 

raya  la  cniz  con  boca,  ojos,  frente  y  cabeça,  besando  lo6  pies 
del  cruciflxo ,  que  parecia  que  no  se  queria  apartar  de  alli ,  tanta 
era  su  devocion  :  con  que  todos  quedavan  muy  edificados;  y 
luego  Iras  él  yran  todos  los  demàs  criados  de  su  casa ,  estaado 
à  la  vista  Su  Magestad  de  como  lo  hacian. 

Cavitum  XXIX.  —  Del  gran  respeto  y  â«voeioii  que  Su  MagesUd  taaia  al 

santisioio  sacramento. 

Fixé  el  emperador  don  Carlos,  nuestro  senor,  una  de  las 
personas  mas  devotas  del  santisimo  sacramento  de  sa  tiempo, 
y  aun  por  ventura  ninguno  mas  que  él  :  lo  quai  se  yiô  eu  los 
actes  que  hiço  en  su  servicio.  Todos  los  jueves  del  ano,  como 
queda  dicho,  celebrava  la  fiesta  del  Corpus  ChrisH;  éralede 
grandisinio  regalo  y  gusto  el  recevir  à  este  Senor ,  quando  co- 
mulgava  :  y  anzi,  con  aver  comulgado  un  dia  àntes  que  reci- 
biesse  la  extremaunction ,  quiso  comulgar  otra  yez,  después  de 
averla  recevido,  àntes  que  espirasse.  Por  defensa  de  la  fee  j 
desle  misterio,  tuvo  guerra  y  guerras  contra  los  luteranos  y 
herejes,  y  con  su  favor  los  venciô  y  prendiô  los  principales 
dellos.  Por  eso  no  quiso  corner ,  un  dia ,  basta  veer  colgado  y 
muerto  un  hereje  luterano  que  avia  hurtado  una  caxa  con  d 
santisimo  sacramento  ;  al  quai,  con  ser  la  persona  de  masympor- 
tancia  que  traya  en  la  guerra ,  porque  era  muy  gran  artillero, 
no  le  quiso  perdonar ,  porque  no  tomasen  otros  alrevimiento  de 
hacer  cosa  semejante.  Dicese  que,  yendo  Su  Magestad  una  yez 
por  la  plaça  de  Valladolid,  topé  con  el  santisimo  sacramento,  y 
apeàndose,  bincôse  de  rodillas,  en  mltad  del  lodo,  sobre  la 
gorra  que  llevaya  :  por  la  graude  devocion  y  respeto  que  tuvo, 
no  le  diô  lugar  â  buscar  lugar  mas  limpio.  No  se  que  mas  se 
pueda  decir  deste  cattôlico  y  christianisimo  Emperador,  cerca 
de  la  veneracion  del  cuerpo  del  Senor,  sino  que  todo  su  des- 
seo  era  de  estar  con  él  y  cerca  dél.  Y  anzi  mandé  Su  Magestad 
que  en  su  muerte  fuesse  enlerrado  su  cuerpo  debaxo  del  altar 
mayor  deste  monasterio,  de  suerte  que  el  sacerdote,  quando 


(35) 

dixesse  mUsa ,  pusiesse  sus  pies  en  cima  de  su  pecho  y  caveça, 
coiDO  se  verà  en  su  testa  mento,  y  se  dira  adelaote  en  su  en- 
tierro.  Y,  quando  fué  llevado  y  trasladado  à  Sant  Lorenzo,  le 
depositàron  debaxo  del  santisimo  sacramento;  y  agora  tambien 
loestà,  y  estarâ  asta  el  dia  del  yuizio,  debaxo  dd  santisioio 
sacram^to,  en  la  capilla  mayor  de  Saot  Lorenzo  el  Real,  j  0 
bien  aventurado  Eniperadoi;,  que,  aun  en  este  mundo,  te  quiso 
Oios  pagar  la  honra  y  respeto  que  le  tUYÎsle,  pues  te  tiene 
junto  &  si  ! 

Capituio  XXX.  —  Del  regocijo  que  se  hiço  en  Yuste  el  dia  que  se  eumpliô  un  ano 

que  el  Bmperador  entré  en  él. 

Cnmplido  on  ano  que  Se  Magestad  entrara  en  Yuste,  pare- 
ci6le  al  maestro  de  noYÎeios,  por  YÎa  de  gracia  y  entretenimiento, 
decir  al  cavallero  Moron,  criado  de  Su  Magestad  :  «  Senor  Moron , 
n  diga  Vuestra  Mereed  à  Su  Ma^estad  que  adyierta  que  se  vaya  {i  ) 
•  cumpliendo  el  ano  de  su  provaeion  y  noviciado,  y  que  mire  en 
»  ello  no  se  cumpla  y  se  quedo  (2)  por  professo ,  porque,  aunque 
»  se  quîera  yr  después,  no  le  dexarâ  el  convento,  porque  des- 
p  pues  no  se  quexe;  que  yo  con  esto  eumplo  eon  mi  officio  de 
»  maestro  de  noyicios.  »  El  buen  Moron  ni  quité  ni  pus»,  sino 
tase  loego  al  Emperador,  como  si  en  ello  le  fuere  la  vida,  y 
dicele  :  «  Monsieur,  esto  y  esto  me  ha  diebo  el  maestro  de  novi- 
»  eios,  y  no  se  lo  que  es,  ni  yo  lo  entiendo  :  Vuestra  Magestad 
»  mire  eoâllo.  »  £1  Emperador,  oydo  esto,  aunque  estaya  bien 
apretailo  de  la  gota,  recibîé  mucho  gusto,  y  se  ri6  del  cuydado 
del  maestro,  y  de  la  priesa  que  Moron  traya  y  tuYo  en  decirlo, 
que  càsî  no  aeertava  à  pronunciar,  como  bombre  esirangero,  y 


(1)  Il  faut  lire  :  va  yfi.  Nous  reIe?ons  cette  minutie  et  plusieurs  autres, 
fMNir  servir  de  preures  à  Tappui  de  ce  que  nous  ayons  afancé  dans  la  préface 
dn  tome  l*',  touchant  Fécriture  du  manuscrit 

(S)  SiCf  ao  lieu  de  qu€d€. 


(36) 

que  savia  poco  de  hacer  profession ,  ni  quando  ni  como  se  hace. 
Mandôle  Su  Magestad  que  bolviesse  al  maestro  de  novicios ,  y  le 
dixesse  lo  que  sentia  dél  el  convento,  y  de  su  noviclado,  y  si  le 
parecia  le  admitirian  y  recibirian  à  la  profession ,  porque,  quanto 
era  de  su  parte,  él  estava  contento  y  se  dava  por  professo,  y  por 
pasado  el  ano  del  noviciado ,  aunque  no  estava  cumplido.  Todo 
esto  dixo  Moron  al  padre  maestro  de  novicios,  y  respondiô  el  maes- 
tro, y  dixo  :  «  Senor  Moron,  i  con  tat  novicio  quien  no  se  conten- 
D  tara?  Yo  y  todos  lo  estâmes  muy  mucho  de  su  honeslidad  y 
»  religion,  y  de  todas  las  demàs  partes,  que  para  esto  nos  con- 
»  vienen.  »  Luego  fué  el  buen  Moron  à  Su  Magestad  con  la 
respuesta ,  y  mandé  Su  Magestad  Uamar  al  padre  confessor,  y 
preguntôle  :  «  Decidme,  ^que  se  suele  bacer  entre  los  frayles, 
»  quando  alguno  novicio  hace  profession  en  vuestra  érden?  > 
Respondiôle  el  padre  fray  Juan  Régla,  sin  saver  porque  lo  pre- 
guntava,  y  dixole  :  «  Senor,  becba  la  provanza  del  linaje  del 
j>  novicio,  y  examinado  muy  bien  si  tiene  alguna  falta  de  Moro 
»  6  yudio,  con  otras  diligencias  que  cerca  desto  se  hacen  en 
>  nuestra  érden,  y  hallàndose  tal,  conciértase  el  dia  de  la  pro- 
»  fession,  y,  hecha  aquel  dia,  el  prier  da  ôrden  que  aya  mucho 
j»  contento  entre  los  religiosos,  mandàndoles  dar  algo  mas  à 
m  corner  que  los  otras  dias ,  y  vanse  al  campo  ô  à  la  huerta ,  y 
»  llevan  al  recien  professe  consigo,  y  alguna  colacion.  Sin  esto, 
»  que  es  lo  menosde  la  fiesta,  ay  procession  y  sermon,  donde 
»  suele  el  prelado  declararle  que  es  lo  que  hace  y  ha  becho  en 
»  bacer  la  profession.  »  Oydo  esto,  dixo  Su  Magestad  :  a  Pues 
»  quiero  que  el  dia  de  Sant  Blas,  que  viene  presto,  en  que  cum- 
»  plo  un  ano  que  entré  en  este  monasterio ,  se  diga  una  mîssa 
»  de  graiiarum  actionct  y  aya  procession,  con  Te  Deum  lauda- 
»  mus  y  estas  y  estas  oraciones,  y  aya  sermon,  y  se  dé  de  corner 
»  al  convento ,  y  después  à  la  larde  salgan  todos  al  campo,  pues, 
p  desde  que  yo  estoy  con  elles,  no  ban  salido,  y  Uévenles  alla 
»  colacion  :  y  declldes  de  mi  parte  que  se  huelguen  mucho.  »  Y 
anzi  se  hiço  y  cumpliô  lodo  como  Su  Magestad  mandô.  Los  Fla- 
mencos se  vistiéron  aquel  dia  muy  galanes,  y  las  Flamencas  que 


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(37) 

estaTan  en  Coacos  TÎniéron  aquel  dia  â  Yuste  miiy  de  fiesta, 
diciendo  que  venian  à  la  profession  de  Su  Magestad;  y  los  luga- 
res  de  la  vera  sirviéron  à  Su  Magestad  con  un  buen  présente  de 
perdîzes,  gallinas  y  cabritos  para  la  dicha  fiesta  y  profession, 
eomo  elles  decîan  :  porque ,  como  se  supo  lo  que  Su  Magestad 
roandava  hacer,  y  que  se  curoplia  el  ano  que  entrara  en  Yuste, 
creyéron  lo  que  queda  dicho  de  la  profession.  Pero  no  fué  anzi 
que,  en  realidad  de  verdad,  Su  Magestad  la  hiciesse,  sino  que, 
como  gran  cortesano  que  era ,  quiso  hacer  aquella  demonstracion 
del  contento  que  ténia,  y  festejar  el  dia  que  avia  entradÀ  en 
Yuste,  y  regalar  à  los  religiosos  :  pero  con  todo  eso  no  ay  duda , 
sino  que  en  esta  fiestâ  haria  actos  de  mucha  consideracion ,  pues 
te  celebrava  por  él ,  y  debaxo  del  titulo  de  su  profession  y  fray- 
lia,  y  que  tendria  harlo  dolor  de  no  se  poder  hallar  personal- 
mente  en  ella  y  en  la  procession  y  sermon,  por  estar  en  la  cama 
agravado  de  su  gota.  Pasada  esta  fiesta,  se  hiço  un  Hbro  nuevo, 
para  poner  en  él  las  professiones  de  los  religiosos ,  como  se  usa 
en  la  ôrden ,  y  en  el  principio  dél  se  puso  esta  fiesta  de  la  pro- 
fession de  Su  Magestad,  para  eterna  rnemoria  deste  esclarescido 
monarca  y  poderoso  rey,  para  que  los  demàs  religiosos  que  de 
aqoi  adelante  vinieren ,  se  precien  de  que  sus  nombres  y  pro- 
fessiones esten  con  la  deste  principe,  como  él  se  preciéy  tuvo 
por  bien  de  estar  con  nosotros  y  en  nueslra  compania,  con  cuyo 
exemplo  bamos  aproveehando  de  bien  en  mejor ,  de  suerte  que 
alcancemos  la  gloria  de  la  quai  creo  que  est  goçando,  por  el 
exemplo  que  nos  diô ,  y  por  el  acto  tan  herôico  como  hiço. 


Ckrmu>  XXXI.  —  De  los  senores  y  personas  que  sirviéron  y  regalâron  k  Su 

Magestad!  en  Yuste. 

Alganos  senores  deste  reyno  y  personas  principales  tuviéron 
mncho  cuydado  de  servir  y  regalar  à  Su  Magestad  al  tiempo 
que  estuTo  en  este  monasterio.  Y  uno  dellos,  y  el  primero,  fué 
don  Juan  Siiiceo,  arçobispo  de  Toledo,  que  le  enbi6,  luego  que 
llegô  à  Jarandilla,  un  gran  présente  de  cosas  de  caça,  conejos. 


(38) 

cabritos,  perniles.  Siryiôle  tambien,  y  mas  veces,  don  fray  Fran- 
cisco de  Benayides,  obispo  de  Mondonedo,  y  despoés  faé  de 
Segoyia,  y  se  dice  muri6  electo  de  Jaen,  prior  que  avia  sido  de 
Guadalupe,  y  hijo  professo  de  aquella  casa.  Sirvîôle  tambien,  y 
mas  de  ordinario,  don  Gaspar  de  Çùniga  y  Avellaneda,  obispo 
de  Segovia ,  y  que  muriô  arçobispo  de  Seviila.  Sirvîôle  don  Gon- 
zalo  Mexia ,  obispo  de  Salamanca.  Regalôle  tatnbieo  el  conde  de 
Oropeza,  don  Fernando  de  Tolcdo,  y  sobre  todos,  y  eàsi  cada 
dia,  el  convento  y  prior  de  Guadalupe,  el  quai  cada  semana  le 
emblava  un  carnero  criado  â  pan,  y  cada  quinze  dias  una  ter- 
nera,  y  asta  las  gindas  y  otras  frutas,  quando  faltavan  en  la 
vera  :  fué  muy  grande  el  contenfo  que  Su  Magestad  tuvo  del 
regalo  que  se  le  hiço  de  aquetia  santa  casa.  Tambien  le  embiô  el 
prior  un  officiai ,  para  que  le  côrtasse  un  çamarro  y  unos  guan- 
tes,  con  espreso  mandado  que  noYemasse  ninguna  cosa  que  Su 
Magestad  le  diesse,  so  pena  de  su  yndignacion,  y  que  le  despi- 
diria  de  su  casa  :  y  anzi  lo  biço ,  que,  atinque  Su  Magestad  le 
mandé  dar  cien  ducados,  no  los  tomô.  Por  lo  quai  estava  Sa 
Magestad  tan  agradecido  al  prior  y  aquella  casa,  que  no  podia 
ser  mas ,  estimando  en  mas  el  cuydado  y  volUDtad  con  que  le 
servian  que  lo  que  le  embiavan;  y  anzi,  dos  veces  que  vîno  à 
Yuste  el  padre  prior  à  visitar  à  Su  Magestad  ,  le  mandô  dar  de 
corner  mas  de  doce  dias,  aunque  comia  en  el  refetorio  cod  noso- 
tros,  y  los  negocios  que  quiso  Su  Magestad  embiar  al  capilulo 
gênerai  de  nuestra  érden ,  los  embiô  con  él.  Tambiien  sirviô  y 
regalô  à  Su  Magestad  la  reyna  dona  Gathalina,  su\hermana> 
desde  Portugal,  embiàndole  cada  quinze  dias  un  ho(mbre  con 
una  azémila  cargada  de  regalos.  Sirvîôle  Yuste,  y  nues^ra  ôrden 
toda,  con  grande  voluntad  y  puntualidad,  porque,  dexad^ aparté 
la  obligacion  natural  que  como  à  nuestro  rey  le  teniamios,  \e 
amàvamos  entrailablemente  como  si  fuera  nuestro  padre 
prio,  por  su  santidad  y  por  cl  grnn  agradecimiento  que  mosli^va 
en  qualquier  nineria  que  del  convento  se  le  enbiava,  aunqu^DO 
fuei^e  sino  una  cestilla  de  gindas  garrafales  ;  y  aunque  Su  Ma- 
gestad no  tuvo  con  que  gratifiear  à  los  que  le  servian  y  regafli- 


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(39) 

nn,  fo  hijo ,  qoando  tino  de  Flandes,  se  lo  gratificé  à  nnos, 
mejeràndolos  en  obispados,  y  en  otros  en  négocies  j  cosas  que 
se  les  offreeiéron. 

Citmu)  XKXII.  —  De  como  hiciéron  sarer  k  Su  M&gestad  que  ya  no  era 

emperador. 

Qoando  llegô  el  tiempo  en  que  se  jnntàron  los  electores  del 
Tfflperio ,  y  le  proveyéron  en  el  rey  de  Ronjanos  don  Fernando, 
hermano  de  Su  Magestad,  fué  à  Su  Magestad  avisado  de  como 
][i  estaya  cumplida  su  voluntad,  y  que  su  hermano  estava  coro- 
nado  por  emperador.  Y  luego  que  lo  supo,  Su  Magestad  mandé 
llamar  à  su  confesser  fray  Juan  Régla,  y  hiço  dos  cosas  dignas 
de  grande  memoria  :  la  ona  fué  que  mandù  quitar  de  las  plega- 
lias  que  se  dicen  en  la  oracion  de  la  missa,  su  nombre  de  empe- 
rador, y  que  pusiessen  el  de  su  hermano  don  Fernando,  diciendo  : 
c  A  mi  bien  me  basta  y  me  sobra  que  me  nombren  mi  nombre 
•  de  Carlos ,  pues  ya  no  soy  nada  ;  »  y  la  otra  fué  mandar  sus 
criados  à  juntarse ,  y  haceries  leer  la  caria  que  desto  avia  venido, 
y  leyda ,  decirles  :  «  A  ya,  no  soy  nada.  »  Y  fué  tanto  el  pasmo 
jpeoa  que  recibiéron  de  oyrio,  que  quedàron  como  mudos,  sin 
poder  responderle  ni  hablar  palabra;  y  muchos  dellos,  no  pu- 
diendo  suffrir  la  congoja  y  pena  que  ayian  recevido,  se  saliéron 
del  aposento ,  Uorando.  Y  lo  mismo  acaeclé  à  nosotros  los  reli- 
gioios,  estando  en  la  missa  mayor,  el  dia  que  se  quité  su  nom-  | 

bre  en  la  oracion  de  la  missa.  En  lo  quai  se  echô  de  veer  quien 
era  Carlos  Màximo,  noestro  senor,  porqne  aqui  descubrié  su 
pecbo  con  un  ian  fuerte  acte  de  humildad,  y  confirmé  y  aprové 
todo  lo  hecho,  y  el  averlo  dexado  todo  por  Dios  :  que  fué  un 
becho  y  acto  heréyco ,  para  elerna  memoria  de  los  que  después 
de  DOS  Tivieren.  Y,  en  confirmacion  deste  aclo  de  humildad, 
qoiero  referir  otro  que  succedié  ;  y  fué  que  en  el  lugar  de  Coacos 
se  crié  un  tiesto  de  diverses  clayeles  y  de  diverses  colores  por 
estremo  Hndo,  el  quai  le  truxéron  à  Su  Magestad,  por  darle 
gnsto  y  contente;  y,  por  mas  hermosearle,  le  hiço  su  jardinero 


(40) 

un  muy  polido  encanado,  con  las  ynsignias  del  sacro  ymperio; 
y  pucsto  desta  manera ,  pusiéronsele  en  su  aposento.  Y,  conno  le 
VÎ6  tan  lindo  y  tan  compuesto,  con  tantas  coronas,  mandéle 
luego  sacar  de  su  aposento,  para  que  se  las  quitassen ,  diciendo 
à  sus  criados  :  «  Mirad ,  que  otras  dexamos  mas  ricas  que  esas , 
»  y  no  nos  ha  pesado  dello.  »  Sacàronle  fuera  y  quilàron  las 
eoronas,  y  tornâron  à  meter  el  tiesto  en  su  aposento;  y,  como  le 
vidé  tan  lindo  y  tan  hermoso,  comiençô  à  alavar  à  Dios  que  tan 
hermosa  cosa  avia  criado.  Tanpoeo  consintiô  que,  en  la  obra  dd 
quarto  y  aposento  que  mandé  hacer  en  Yuste,  se  pusiesen  sas 
armas  ni  escudos,  ni  oy  en  dia  los  ay  :  que  fué  otro exemple  de 
humildad. 


CiriTVLo  XXXIII.  —  De  como  Sa  Magestad  mandô  hacer  las  honras  de  sus  padres, 
y  las  suyas,  y  las  de  la  Emperalrix,  su  inuy  cara  muger,  en  Yusle  (l). 


CiviTULo  XXXIV.  —  De  como  Su  Magestad  confessô  y  comulgô  otro  dia  que  rayô 
malo ,  y  hiço  un  codicillo  en  que  mando  repartir  muchat  limosnas. 

Luego  que  à  Su  Magestad  llevàron  à  la  cama,  se  confessé,  y  otro 
dia  comuigé,  pidiendo  para  quando  fuese  menester  la  extrema- 
uncion,  como  cattélieo  principe;  y  juntamente  començé  à  tratar 
de  hacer  un  codicillo,  para  anadirle  al  lestamento  que  havia 
hecbo  àntes  que  viniesse  à  Yuste.  Y,  porque  no  convenia  llamar 
escrivano  de  los  lugares  de  al  rededor  de  Yuste  que  le  hiciesse« 
fué  necessario  embiar  à  la  princesa  dona  Joana ,  para  que  criasse 
y  nombrasse  por  escrito  à  Martin  de  GastelbA ,  con  aprovacion 
de  lo  que  ténia  escrito  en  el  dicho  codicillo.  Y  fué  tanta  la  pena 
que  la  princesa  recibié,  quando  supo  de  la  enfermedad  de  su 
padre,  que  no  pudo  despachar  el  mensajero  como  qnisiera  :  en 


(1)  Ce  chapitre  a  été  inséré  tout  entier  dans  le  tome  P',  p.  Lxxxrni. 


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(41  ) 

fin  nombrû  al  cUcho  Martin  de  Gastelbû ,  y,  venido  el  poder  y 
nombHimienIo ,  se  acabô  de  hacer  todo  lo  que  faltava.  Y  nombrô 
Sa  Hagestad  por  teslamentarios,  eon  les  demàs  que  ténia  nom- 
brades  en  el  testamento,  al  padre  fray  Juan  Régla,  y  à  Luys 
Qohada,  y  a  Marlin  de  Gastelbù.  Lo  que  en  él  mandé ,  y  todos 
lo  suplmos,  sin  otras  cosas  que  no  se  entendiéron,  fué  mandar 
mncbas  limosnas  en  los  pueblos  comarcanos,  como  se  avian 
dado  quando  TÎno  à  Yuste,  y  de  todos  elles  el  mas  mejorado  fué 
Coaoos,  que  le  cupiéron  del  repartimiento  440  mil  maravedis, 
7  los  70  rail  se  empleàron  en  trigo  para  depésito  de  los  pobres, 
de  que  oy  en  dia  le  goçan. 

Cantitlo  XXXY.  —  Del  cnydado  y  diligencia  que  el  padre  fray  Juan  Régla  y  Luys 
Quixada  puBÎéroii  en  la  enfermedad  de  Su  Magestad. 

Siempre  Luys  Qnixada  sinrié  â  Su  Magestad  eon  gran  cny- 
dado; pero  partîcularmente  lemostré  en  la  enfermedad  de  Su 
Magestad.  Y  anzf ,  aunque  Su  Magestad  ténia  por  médico  al  doc- 
lor  Mathiso,  al  quai  avia  traydo  de  Flandes,  eon  todo  eso  no  se 
tatisfiço  Luys  Quixada ,  sino  que  embié  à  la  princesa  dona  Juana 
à  que  le  embiasse  al  doctor  Cornelio,  médico  de  la  reyna  Maria, 
que  residia  en  Cigales ,  y  que  ântes  avia  servido  à  Su  Magestad. 
Lu^o  que  la  princesa  supo  que  la  enfermedad  de  su  padre  yva 
tan  adelante,  le  pidié  &  la  reyna  Maria,  y  anibas  le  embiàron. 
Llegado  à  Yuste,  el  doctor  Cornelio  se  ynformé  de  Mathiso  de 
la  enfermedad  de  Su  Magestad  ,  y  de  los  remédies  que  le  havia 
hecho  y  apHcado,  y  bien  informado,  entré  â  veer  à  Su  Magestad  : 
eon  quien  Su  Magestad  recibié  contente,  por  saber  de  su  hermana 
y  de  su  hija,  y  enténces  dixole  el  doctor  Cornelio  :  «  Senor, 
•  yo  he  savido  del  doctor  Mathiso  de  la  enfermedad  de  Yuestra 
»  Magestad,  y  lo  que  él  haordenado  cerca  délia,  y  hallamos  que 
»  no  es  nada,  y  que  (placiendo  â  Dios)  Yuestra  Magestad  ten- 
»  drà  salud  muy  presto,  como  todos  la  desseamos.  Lo  que  fuere 
>  en  nosotrosy  de  nuestra  profession,  lo  harémos  eon  mucha 
»  pontualidad.  »  Con  este  se  allègre  Su  Magestad  un  poco,  aun- 


^. 


(42) 

que  la  calientura  yva  tomando  fiierças  cada  bon  mas.  Y  eon  esto 
el  padre  fray  Juan  Régla  andava  de  frayle  en  frayle,  aoliicitàn- 
dolos  à  todos  para  que  hieieasen  oraciones  particolares ,  oon 
gran  cuydado,  fuera  de  las  que  eonventualmente  se  hacian, 
porque  Nuestro  Senor  nn  nos  privasse  de  tanio  bien  eomo  tenia- 
mos  en  Su  Magestad.  El  buen  confesser  hacîa  su  dever,  y  les 
frayies  el  suyo,  porque  para  eslo  no  era  menester  sollicitarlos 
tanto.  Viendo  pues  Su  Mageslad  que  los  remedios  de  los  médicos 
aproyechavan  poco ,  acudié  à  Dios ,  y  tom6se  à  confessar  y  co- 
mulgar,  y  à  pedir  el  sacramento  de  la  extremauncion ,  para 
qoando  fuesse  menester,  eomo  principe  cattôlico.  El  padre  fray 
Juan  Régla  no  asosegava,  que  no  hacia  sino  acudir  à  los  frayies 
y  al  prior,  para  que  encomendassen  à  Dios  à  Su  Magestad,  y  à 
los  médicos ,  para  saver  lo  que  sentian  de  la  enfermedad  :  y ,  coa 
lo  uno  y  con  lo  olro,  entrava  à  conforlar  Su  Magestad,  y  era 
grande  el  cuydado  que  en  esto  traya.  Y,  quando  entendiô  que 
era  tiempo  de  darle  la  extremauncion,  junte  de  presto  al  padre 
prior  y  à  los  padres  predicadores,  que  cran  très,  y  oon  otros 
religiosos  llevô  el  sacramento  de  la  extremauncion.  Y  entraodo 
Lfiiys  Quixada  delante,  dixo  al  César  :  «  Vuestra  Magestad  ha 
»  pedido  el  sacramento  de  la  extremauncion  por  veces;  si  es 
»  servido,  traérseha,  pues  Vuestra  Magestad  tiene  salud  y 
»  buen  juicio,  para  recevirle  agora  y  goçar  dél.  »  Respondi6  el 
César  :  «  Si,  y  sea  luego.  j>  Entônces,  cortida  (1)  la  cortina  de  la 
cama,  llegàron  aquellos  padres ,  y  se  la  diéron  :  con  que  Su  Ma- 
gestad quedé  muy  consolado  y  contento,  por  aver  recevido  todos 
los  sacramentos.  Y,  no  obstante  esto,  otro  dia  se  confessé  y 
comulgé  de  nuevo,  porque  el  uso  y  exercicio  destos  santos 
sacramentos  le  fuéron  siempre  de  gran  consuelo.  La  extrema- 
uncion se  le  diô  lunes  19  de  setiembre;  el  tornar  à  confessar  y 
comulgar  fué  martes  20  de  setiembre,  y  el  miércoles  21  expiré. 


(!)  Sic.  Il  faut  lire  :  corrida. 


(43) 


CiTtiELD  XXXTI.  -  Ds  toaa  cl  arçobif  po  de  TaUdo  Can-ancu  se  hallo  en  la 
tnun'la  da  Sa  Hijealtd  son  olrot  canikrei. 

El  arçobispo  de  Toledo,  don  fray  Barlolomé  de  CarranM, 
fhyle  domlnico,  vino  de  Flandes,  donde  el  rey  don  Pbelîpe 
nnertro  seAor  quedava .  y  aœrtd  à  venir  à  lieropo  que  Sn  Hages- 
ud  cflava  yndispuesto ,  un  dis  àntes  que  rouriesse.  Lue|ço  como 
llegd,  y  Su  Magettad  lo  supo.  le  di A  licencia  para  queeotraue, 
y,  despuée  de  aver  aebido  algunaa  cosan,  ami  en  conmo  y  de  la 
salod  de  su  hijo ,  le  diio  que  no  estava  para  nefocioa.  Y  anii  se 
taé  k  corner  à  ( JMCos,  aunque  en  Ynste  el  padre  prior  le  ofrecîA 
la  caia;  pero  no  la  aret6,  por  iraer  mucha  gente  alli.  A  Us 
qnalro  delà  larde,  t>olvi6 à  Yuste el  arçobispo,  y.aDoquelle^ 
â  la  antecémera  de  Su  Hafealad,  no  enlr6  donde  esiava  Su 
MafEestad,  porqae  no  le  dià  lieencia  para  ello  Su  MaKestad.  El 
arçobispo  deaeaTa  entrar,  y,  como  le  eiupediao  la  entrait»,  pienaé 
que  su  Gonfessor  era  lacausa.  Ent^ncesentrôdon  Liiys de  Avila, 
comendador  niayor  de  Alcàntara ,  que  vino  con  el  arçobispo,  par 
si.  y  LuysQuitada  por  ai,  y  el  condedeOropesa,  don  Fernando 
de  Toledo,  por  M,  à  pedir  licencia  para  que  entrasse  el  arço- 
bispo :&  lus  qualet  no  respondi6  palabra  Su  Ha(;esUd,  dando 
de  caveça  que  no  queria.  Y  como  sospechavan ,  como  diie,  que 
la  cauM  de  no  entrar  el  arçobispo  era  cl  padre  confesaor.  diiole 
LaysQuixada  al  padre  conl'pssor:  a  IMt^aselo  V.  P.,  porquepîen> 
jt  aan  qae  V.  V.  lo  eslorva.  >  El  padre  Tray  Juan  Régla  le  re- 
spondiô  :  ■  Plogiiiera  i  Jlios,  seâor  Luya  Quixada,  que  todos  lot 

■  prelados  de  Espana  se  hallaran  aqui  presenLes,  que  fuera  para 

■  ml  rnuygranconlenloiperoenliendoquenoguslaSuMageslad 
>  dello,  y  anales  raçondarlecontento.niayormenteen  el  punto 

■  que  agora  esU.  ■  Y,  como  creciô  el  murmurio  de  que  el  padre 
confessor  lo  estervava,  él  mismo  se  ofreciô ,  débute  (tel  comen- 
dador mayor  y  de  Luys  Quixada,  de  suplicar  à  Su  Magestad 
diesse  licencia  para  entrar  el  arçobispo,  como  se  lo  suplicâ.  Y 
Sa  Magestad  no  respondiô  palabra ,  sino  mira  de  hîto  en  hito  al 


(  44) 

padre  confessor,  con  el  rosiro  algo  turbado,  que  faé  como  si 
dixera  :  cr  ;  Y  vos  tambien  !  i»  De  lo  quai  quedàron  todos  salis- 
fechos  que  no  era  la  causa  el  padre  confessor  de  no  dar  audien- 
cia  Su  Magestad  al  arçobispo ,  sino  no  quercr  Su  Magestad  en 
aquel  punto  iratar  de  otras  cosas  mas  que  de  las  que  tocavan  à 
su  aima.  Después  de  algun  espacio,  como  se  entendiô  que  Su 
Magestad  se  yva  por  la  posta  acercando  à  la  muerte ,  sin  pedir 
licencia  se  entré  el  arçobispo,  con  todos  los  senores  que  con  él 
avian  venido,  al  aposento  donde  estava  Su  Magestad.  Yel  arço- 
bispo, entre  otras  cosas  que  alli  hablô,  dixo  à  Su  Magestad  : 
ff  Senor,  ya  es  hecbo,  »  y  comiençô  à  declarar  el  psalmo  de  Pro- 
fundis:  y  acavado,  se  saliéron  todos  fuera,  quedândose  solo  el 
padre  confessor  con  Su  Magestad ,  al  quai  dixo  Su  Magestad  : 
«  ^  No  Tistes  como  dixo  el  arçobispo  :  Ya  es  heeho?  b  Quando  el 
arçobispo  se  salie,  encoroendô  à  un  religioso  nuestro,  que  estava 
alli,  que  le  llamasse  quando  entendiesse  que  fuesse  hora,  porque 
se  queria  hallar  présente  al  espirar  de  Su  Magestad.  Y  con  esto 
fué  adentro  del  convento;  y  Uegada  la  hora  que  al  religioso  le 
pareciô  conveniente,  segun  lo  que  entendiô  de  los  médicos,  que 
séria  como  las  doce  de  la  noche,  fué  el  religioso  à  avisar  al  arço- 
bispo, y  â  los  demàs  senores  que  con  él  estavan ,  los  quales  acn- 
diéron  luego  todos.  Y  ya  Su  Magestad  estava  en  agonia  ;  y  el 
arçobispo  encomençé  à  confortar  à  Su  Magestad;  y,  como  ténia 
la  voz  algo  pesada ,  â  poco  espacio  le  dixo  Luys  Quixada  que 
bablasse  passo ,  que  se  angustiava  Su  Magestad  :  por  lo  quai  se 
apartiô  de  alli  el  arçobispo  â  un  rincon  del  aposento  con  aquellos 
senores,  quedàndose  con  Su  Magestad  el  amoroso  predicadorde 
Su  Magestad,  el  padre  fray  Francisco  de  Villalva,  con  otros  relî- 
giosos  de  la  érden.  Y  con  su  vocecita  tan  suave  que  ténia,  le 
comiençô  «^hablar  desta  manera  :  a  ;  Alégrase  (1)  Yuestra  Mages- 
»  tad  muy  mucho,  que  dia  es  oy  del  apostol  sant  Matheo  !  Mathia 


(f)  Sic.  Il  faut  lire  ;  yiïégrese^ 


(45) 

>  apéslol  era  qaando  Vuestra  Magestad  entré  en  el  mnndo; 

>  Matheo  es  oy  quando  sale  dél  :  ambos  apéstblos,  y  ambos  her- 
I  manos,  y  ambos  câsi  de  un  nombre,  y  ambos  discipulos  de 

>  Jesu  Christo;  con  laies  avogados  no  ay  que  temer;  esfuércese 

>  Vuestra  Magestad,  y  Ilevante  su  coraçon  al  cielo;  espère  en 
s  el  Senor  muy  Alto ,  que  él  le  darà  su  glorîa ,  por  quien  es!  b 
con  olras  palabras  blandas  y  amorosas  y  muy  tiernas ,  como  él 
las  sabîa  decir,  las  quales  hacian  gran  effêto  en  Su  Magestad , 
segun  se  veya  en  su  semblante.  Entretanto  estava  el  médico 
Mathiso  à  los  pies  de  la  cama,  considerando  los  pnntos  de  la 
pnfermedad  con  gran  cuydado,  y  el  aima  de]  César  alborotada 
andava  buscando  por  donde  salir,  y  con  la  gran  congoja  que 
Sa  Magestad  ténia ,  diô  un  gemido ,  y  dixo  :  a  Ay.  »  Enténces  el 
sabio  médico  alzé  la  voz  y  dixô  :  Jam  nioritur,  à  la  quai  voz 
acudiéron  todos,  y  puesta  una  vela  en  una  mano,  y  en  la  otra 
ana  cruz,  estuvo  Su  Magestad  agonizando  con  todo  su  juizio , 
asta  que  quiso  dar  la  ûllima  boqueada,  y  dixo  :  Jésus!  que  todos 
lo  oyéron  ;  y  luego  espiré,  siendo  las  dos  y  média  de  la  noche 
pantualmente,  y  se  acabavan  en  el  choro  los  matines  del  apôstol. 
Hallàronse  présentes  en  esta  hora ,  sin  el  arçobispo  y  los  cava* 
Héros  que  con  él  estavan ,  el  padre  prior  de  Yuste,  y  el  padre  con- 
fessor,  y  los  très  predicadores ,  y  otros  religiosos  que  estavan 
re^ndo ,  y  encomendàndole  à  Dios. 

CArtTOi.0  XXXVII.  — De  una  brève  consîderacion  sobre  la  oiaerle  de 

Su  Magestad. 

Si  Carlos,  famoso  y  dicboso  emperador,  rey  y  nuestro  senor, 
qtie  oy  saliô  de  entre  nosotros,  pudiera  venir  à  relaiarnos  el 
bien  y  descanso  que  le  vino  de  aver  dexado  el  sigio  y  quanto 
en  él  ténia,  para  morir,  comomuriô,  con  tanlo sossiego  y  quie- 
tad,  ayudado  de  nosotros  en  trance  tan  peligroso  y  de  temer, 
no  foera  menester  filosofar  agora  sobre  ello.  Pero ,  pues  al  César 
DO  es  possible  respondernos,  pregunto  yo  al  mas  discrète  y  sabio 
del  mando,  que  son  las  cosas  que  à  Su  Magestad  le  fueran  alla 


(46) 

en  el  mundo  mas  favorables  para  esta  hora  y  agonia  de  la  muerle: 
los  hijos,  los  reyoos,  el  ymperio,  las  riquezas,  la  descendeocia 
de  reyes  y  emperadores ,  la  antigua  nobleça  y  prosapia,  y  sus 
hechos  heréycos.  No  creo  yo,  sio  duda,  que  abrà  hombre  de  juizio 
sano  y  de  valor,  que  no  eche  de  veer  y  afirme  que  todo  lo  ya 
dicho  le  fuera  de  ympedimeoto,  au  tes  quç  de  provecho,  para  esta 
hora  y  punto  tan  peligroso  como  es  la  muerte,  porque  ^que  pro- 
vecho  le  pudieran  traer  los  hijusen  aquella  hora,  aunque  fueran 
reyes  poderosos,  sino  Uorarle,  como  lo  hacen  todos?  con  que 
el  César  afloiiara ,  por  amor  de  Dios ,  por  ventura  con  la  ternura 
que  sintiera  en  veerlos  affligidos;  pues  los  reynos  y  el  imperio  eon 
todo  lo  demâs,  ^que  faute  (I)  le  iruxeran  para  aquella  partida, 
adônde  no  se  conoscen  los  reyes  ni  emperadores,.  sino  los  vir- 
tuoses y  que  obrâron  bien?  Valiéle  pues  mucbo,  y  mas  que  dîa- 
guno  piensa,  el  aver  dexado  con  tiempo  quanto  posseya  y  amava, 
y  el  averse  retirado  y  dado  con  todo  al  iraste,  para  darse  solo  à 
Dios,  y  aparejarse  para  morir  como  murîô,  biviendo  como  bivié: 
y  anzi  se  puede  muy  bien  conjecturar  que  goza  de  Dios  en  su 
gloria,  como  se  podrâ  veer  por  las  cosas  que  succediéron  la 
noche  queespîrô,  y  algiinas  ântes. 

/ 

CinTin.0  XXXVlll.  —  D«  algunat  senales  que  uto  y  apareciéron  en  la  eofermedad 

y  muerle  del  Emperador. 

Las  verdaderas  senales  del  christiano  son  las  obras  que  venios 
y  sabemos  que  hace,  y  estas  son  las  que  dél  ante  de  Dios  valen 
algo,  mediante  su  favor  y  gracia;  tambien  consuelan  à  los  que 
acà  quedamos;  otras  que  acuden  en  su  abooo,  como  son  el  buen 
nombre  que  uno  dexa  de  persona  virtuosa,  honesta,  charitativa« 
amigo  de  lo  bueno  y  de  los  buenos  :  con  que  el  Senor  da  mues- 
tras  de  lo  que  Su  Âlta  Magestad  hace  alla  en  el  cielo  con  el 


(I)  S  te  y  probablement  pour /aufto. 


r 


(«) 

difnDto;  las  quales,  aunque  do  sean  cosas  tan  cîerias  ni  de  fee 
que  Bos  coQveDçan  à  creerlas,  perp  son  cosas  que  nos  confortan, 
j  animao  à  sentir  bien  del  tal  difunto  de  quien  se  dicen. 

Y  anzi,  para  decir  algo  de  lo  que  uvo  en  ia  muerle  del  Einpe- 
rador,  quiero  començar  de  la  cometa  que  apareciô  en  el  cielo , 
àoles  de  su  muerte,  por  espacio  de  un  mes,  la  quai  apareciô 
sobre  esta,  casa  y  sitio,  y  amenaçava  à  ella.  Venia  del  Poniente, 
y  se  Uegava  algo  al  Septentrion,  y,  diez  dias  àntes  que  muriesse 
Su  Magestad,  no  se  meneô  de  en  cima  de  Yuste.  Y  en  toda  esta 
provincia  do  se  tratava  otra  cosa ,  sino  que  significaria  aquella 
cometa.  Y  muerto  el  Emperador,  se  enlendié  mas  daro,  pues 
Ine^o  desapareciô,  sin  verse  mas.  Tambien  apareciô  otro  éclipse 
grande,  quando  muriô  la  Emperatriz  en  TQiedo,  el  ano  de  i  539, 
que  causé  mucha  turbacion.  Otra  cometa  apareciô  de  mayor 
espanto,  quando  el  rey  don  Sébastian  de  Portugal  muriô  en 
Âfrica,  con  la  nobleça  de  su  reyno,  ano  de  1578.  Anzi  que  estas 
senales  son  de  muertes  de  sonores  y  grandes  principes,  ô  de 
cosas  notables  que  Dios  INuestro  Senor  quiere  queacaezcan,  para 
que  se  enlienda  que  el  reynar,  y  el  dexar  los  reynos ,  todo  viene 
de  su  mano,  y  él  los  da  y  los  quita,  quando  à  él  le  place,  por  ser 
soyos ,  de  maoera  que  podemos  decir  que  eslo  quiso  significar 
la  senal  de  la  cometa  que  apareciô  en  el  cielo  en  la  muerte  del 
Emperador. 

Otra  senal  uvo  en  la  tierra,  esta  misma  noche  que  muriô 
Su  Magestad,  y  fué  muy  extraordinaria  y  de  mucha  considéra- 
cion.  Âcaeciô  pues  que,  en  lo  alto  del  aposento  de  Su  Magestad, 
estavan,  y  aun  estân«  unos  horteçuelos  de  escogidas  flores,  y 
entre  ellas  una  rayz  de  açucenas,  de  la  quai  rayz  naciéron  y 
saliéroD  dos  ramos,  los  quales  fuéron  creciendo  ygualmente, 
basta  Uegar  a  lo  alto  que  su  naturuleza  les  promete  :  y  el  uno 
delloSy  como  obediente  à  clla,  rebentô  y  pariô  una  flor  blanca 
y  olorosa  por  Corpus  Chrisli ,  que  es  el  tiempo  y  saçon  en  que, 
en  esta  tierra  de  la  vera,  coumnmente  dan  sus  flores  las  açuce- 
nas; y  el  otro  mastitilio  ô  ponipoUo  se  quedô  y  no  reventô,  ni 
diô  su  flor,  como  bavia  becho  su  companero,  el  quai,  acavado 


(48) 

SU  officio  y  de  dar  su  flor,  se  seco ,  quedândose  el  companero  con 
sus  botones  verdes.  ;  Cada  uno  mire  las  obras  del  muy  Âlto ,  y 
sus  grandes  maravillas,  que  querrà  ser  que,  de  dos  ramos  de 
nna  planta,  el  uno  haga  su  officio ,  y  dé  su  flor  à  su  tiempo,  y 
que  el  otro  no  la  dé,  sino  que  la  guarde  quatro  meses  después, 
para  dar  en  la  noche  que  este  gran  principe  muriesse  !  No  se 
que  me  diga,  ni  que  me  piense,  sino  que  fué  cosa  milngrosa, 
ordenada  por  Dios,  Nuestro  Senor,  para  gloria  de  Su  AltaMages- 
tad  y  honra  de  su  siervo  Carlos  V.  Anzi  passé,  y  lo  vimos  todos, 
y,  para  confirmacion  desta  maravilla,  la  mandé  el  senor  arço- 
bispo  de  Toledo  poner  en  el  tcIo  negro  que  esta  junto  al  santi- 
simo  sacramento  del  altar,  para  que  quedasse  en  memoria  para 
siempre.  La  rayz  donde  esta  flor  salie  persévéré  en  el  jardin 
muchos  anos,  y  la  venian  à  veer  muchas  gentes  :  la  quai  estava 
en  la  esquina  del  Pano,  donde  esta  oy  en  dia  el  relox  que  hiço 
Janelo,  pegada  a  la  ventana  derecha  del  antecàmera  de  Su  Mages- 
tad.  Tùvose  por  buena  seilal  esta  de  la  salvacion  de  Su  Magestad. 
La  tercera  cosa  que  en  la  rauerte  del  César  se  vie,  fué  que,  otro 
dia  después  que  Su  Magestad  murié ,  y  aun  se  estava  en  el  tùmulo 
en  la  capilla  mayor  del  nionasterio,  donde  se  le  celebravan  les 
officios  de  las  obsequias ,  entretanto  que  se  aparejava  el  entierro 
en  el  altar  mayor  adénde  le  depositâron,  aparecié  y  se  vie  sobre  la 
cruz  del  tejado  de  la  dicha  capilla  mayor  una  pàxara,  del  tamaùo 
y  grandor  de  una  gran  pava ,  la  quai  dos  noches  arreo  dié  gritos 
y  graznidos  :  y  de  la  una  yo  son  testigo  de  vista,  y  otros  muchos 
religiosos ,  que  me  Ilamàron  para  que  la  viesse  ;  y  un  religioso 
fidedigno  me  dixo  que,  cl  dia  de  Sant  Lucas  adelante,  después 
que  el  Emperador  murié,  por  dos  veces  oyé  los  mîsmos  gritos  y 
graznidos  de  la  misma  pàxara,  sobre  la  misma  capilla  mayor 
donde  el  Cé^ar  estava  enterrado,  y  fué  la  misma  noche  que  la 
reyna  Maria  su  hermana  murié  en  Cigales,  junto  à  Valladolid. 
Este  he  dicho,  por  hacer  fee  de  lo  que  enténces  passé  y  vi  :  que 
fué  cosa  muy  notable.  Y,  echando  el  prudente  lector  estas  cosas 
à  la  mejor  parte,  podrâ  créer  piadosamente  que  el  cielo,  con 
enbiar  la  cometa,  y  el  ayre  la  pàxara,  y  la  tierra  la  flor,  hîciéron 


Ji 


(49) 

sentimiento,  ordenândolo  Dios  en  la  inuerte  de  un  principe  tan 
cathélico,  christinno  y  religîoso  como  Su  Magestad  fué,  tan 
aroparador  y  defensor  de  la  fee  y  de  la  yglesia  cathélica,  porque 
«tas  cosas  no  succeden  ni  vienen  à  caso,  mayorineote  tantas 
joDtas,  sino  que  Dios  las  embia,  permlle  y  quiere  para  gloria 
saya  y  honra  de  sus  fieles  siervos  y  santos. 

CimvLo  XXXIX.  —  De  como  y  luego  que  espirû  Sn  Magestnd ,  fuôron  senalados 
quatre  religîosos  que  belassen  su  caerpo ,  y  le  guardnBscn. 

En  acavando  deespirar  el  César,  se  fuéron  à  sus  aposenlos 
el  arçobispo  de  Toledo ,  y  los  demâs  cavalleros  y  senores  que 
alli  se  ballâron  à  su  inuerte,  à  escrevir  al  rey  nuestro  senor,  à 
Flandes,  y  à  la  princesa  dona  Juana ,  à  Valladolid,  lo  que  avia 
pasado  en  la  enfermcdad  y  muerte  de  Su  Magestad;  y  quedàron 
en  guardia  del  cuerpo  quatro  religiosos,  y  yo  fui  uno  dellos, 
y  estnyimos  guardândole  hnsia  las  doce  horas  del  dia,  que  los 
barberos  y  cirujanos  de  Su  Magestad  cntrâron,  y  nos  dixéron 
qoe  nos  fuesseinos ,  porque  le  querian  componer ,  para  sacarle 
al  tùmulo  que  en  la  yglesia  se  avia  hecho  aquella  manana.  En 
lodo  este  tiempo,  entrâron  muchas  veces  los  dichos  barberos  y 
cimjanos  à  veer  si  estava  muerto  ô  bivo,  poniendo  el  oydo  sobre 
sn  rostre,  y  un  espejo  sobre  su  boca,  para  entender  si  ténia 
aliento ,  6  si  se  oya  en  él  algun  respirar ,  y  lloravan  grande- 
mente.  Loys  Quixada  tanibien  entrava  muchas  veces,  para  veer 
lo  que  avia  y  se  hacia  en  el  dicho  aposento ,  y  era  tan  contino 
en  entrar  y  salir,  que  estàvamos  cansados  de  ahrir  y  serrar(4) 
la  pnerta.  Y  acaecié  que  uno  de  los  padres  predicadores  que 
estavan  en  Yuste  quiso  veer  al  César,  y  rogonos  mucho  se  le 
dexassemos  veer,  y  no  osàvanios,  porque  Luys  Quixada  no  nos 
topasse  con  el  hurto  en  las  manos;  pero,  por  darle  gusto,  y 
veerle  tambien  nosotros,  abrimos  de  presto  la  cortina  de  la 


(1)  S4c,  au  lieu  de  eerrar. 

Tous  n. 


^.ï 


!3 


(80) 

<âma,  y  hallàmos  al  César  desta  rnanera  :  esta  va  ctibierto  coa 
la  ropa  de  la  cama  hasta  la  barba;  tetiia  el  rostro  alegre  j 
como  rosado,  porque  avia  uua  hora,  no  mas,  que  avia  espi- 
rado;  ténia  en  la  cabeça  una  gorra,  de  las  qne  se  usa  van  eo- 
tônces,  de  aguja;  ténia  un  tafetan  negro,  que  le  cubria  désdela 
cabeça  à  la  eintura ,  sobre  el  quai  y  sobre  su  pecho  estava  un 
crucifiso  con  que  la  Emperatriz  su  muger  avia  muerto;  y,  sobre 
las  almobadas,  y  juoto  à  su  caveça,  una  ymàgen  niuy  lînda  de 
la  Virgen  »  colgada.  Y  apenas  avlamos  visto  y  considerado  esto, 
quaudo  oymos  llamar  à  la  puerta  à  Luys  Quixada,  y,  como  no 
pudimos  acudîr  à  la  puerta  tan  presto,  nos  entré  rifiendOî  sin 
saver  lo  qne  aviamos  hecho.  De  lo  quai  se  puede  collegir  el 
cuydado  y  diligéncia  que  este  cavallero  ponia  en  lo  que  tocava  à 
Su  Magestad,  y  el  que  deviô  de  tener  en  su  servicio  en  el  tiempo 
que  vivia  Su  Magestad. 

GànTVLO  XL.  —  Del  tûmulo  que  se  hiço  en  la  capilla  niayor,  para  poner  û 

cuerpo ,  mientras  se  hacian  las  obsequiaSé 

Luego  que  amanecié  el  miércoles,  dia  de  Sant  Matheo,  vi- 
niéron  muchos  officiales  y  hiciéron  un  tûmulo  no  grande  en 
tnedio  de  la  capilla  mayor  de  la  yglesia ,  para  poner  en  él  él 
cuerpo  de  Su  Magestad,  y  entretanto  otros  officiales  desbara- 
târon  el  altar  mayor,  para  hacerle  mas  capat  y  grande,  donde 
estuviesse  el  cuerpo  de  Su  Magestad  en  su  atahud,  jnnto  y 
pegndo  à  la  pared  de  la  dicha  capilla ,  y  junto  à  la  caxa  del  san- 
tisimo  sacramento ,  qne  para  tôdo  esto  fué  menester  baen  es- 
pacio  y  anchura.  Y  que  (I)  es  verdad  que  Su  Magestad  mandé 
enterrar  su  cuerpo  en  la  peana  del  dicho  altar  mayor,  de  suerte 
que  el  èacerdote  tuviesse  los  pies  en  cima  de  su  pecho  y  caveça, 
corné  parece  en  su  codicillo.  Con  todo  esso  movié  Dios  los  cora- 
çonës  de  los  que  tratàron  de  su  entierro ,  à  que  lé  enteiTassen 


(1)  Sic,  Le  mot  que  paraît  devoir  être  retranche  ici. 


'->■ 


rv.»: 


(M  ) 

junto  al  santisimo  sacramento,  y  à  la  caxa  adénJe  eslà  encer- 
rado,  por  su  grande  humildad,  fee  y  devocion  que  sieinpra 
tuvo  à  los  cosas  de  la  religion  y  culto  divino ,  y  espeeialmente 
al  saotisimo  sacramento  de!  cuerpo  de  Nueatro  Senor. 


C&mvLO  XLl.  —  Del  sentimiento  que  el  marqués  de  M iravel  «  y  Luys  Quixada  y  y 
Gutelbù  hiciéron,  viendo  muerto  al  Bmperador. 

No  paedo  enteramente  escrevir  lo  que  passé  en  la  moerte  del 
Emperador,  por  las  làgrimas  que  corren  de  mis  ojos  aun  agora. 
Aeaeciô  que,  salido  el  ârçôbispo  con  los  dénias  senores,  como 
arriba  dixe,  à  escrevir  al  rey  nuestro  senor  la  muerte  de  su  padre, 
se  quedâron  en  el  aposento,  donde  estava  el  cuerpo  del  Empe- 
rador mnerto,  los  très  queridos  de  Su  Magesiad  :  el  marqués  de 
Miravel /Xuys  Quixada  y  Martin  de  Gastelbû,  los  quales  fai- 
ciéron  y  dixéron  cosas,  en  sentimiento  de  la  muerte  de  Su 
Magesiad,  que,  à  no  los  conoscer,  fuera  possible  juzgar  y 
sentir  mny  diiFerentemenle  dellos  y  de  su  gravedad.  Davan  yoces, 
davan  gritos,  y  dàvanse  palmadas  en  el  rostro  y  calabaçadas  en 
las  paredes,  que  parecia  estavan  fuera  de  si,  como  lo  estavan 
con  la  pena  que  sentian  de  veer  muerto  à  su  senor  que  en  tanta 
bonra  les  pusiera ,  y  â  quien  tan  tiernamente  amayan  y  querian  ; 
dedan  muchas  alabanzas  del  César,  referian  sus  virtudes.  Y, 
jantamente  con  esto,  eran  tantas  las  voces  y  gri(os  que  davan , 
que  despertàron   toda  la  casa  de  Su  Magestad,  à  que  todos 
bidessen  otro  tanto ,  asta  que  les  saoèron  del  aposento ,  adénde 
quedàmos  los  quatro  religiosos  que  belâmos  su  cuerpo ,  como 
arriba  dixe. 


CiftTOKO  XLII.  —  De  las  honras  y  obsequias  que  se  hiciéron  por  Su  MagrsUd 

en  Yuste. 


Venida  la  tarde ,  dichas  bisperas  y  complétas  en  el  cboro ,  y 
poesto  ja  d  cuerpo  de  Su  Magestad  en  el  lûmulo  ya  dicho,  en 
medio  de  la  capilla  mayor,  rodeado  de  achaa  y  de  los  eavaileros 


(  52  ) 

y  senores  que  viniéron  con  el  arçobispo,  y  olros  que  se  liallâron 
présentes,  como  el  conde  de  Oropesa  y  el  marqués  de  Miravel, 
don  Luys  de  Avila,  comendador  roayor,  todos  vestidos  de  lulo 
ellos  y  sus  criados,  se  comiençàroo  las  bonras  y  obsequias,  con 
tan  grande  magestad  y  auctoridad  coroo  se  pudieran  hacer  en  la 
yglesia  de  Toledo.  Hiço  el  officio  el  arçobispo,  y  yistiôse  con  él 
de  evangelio  el  padre  prier  desta  casa,  una  vez,  y  otra  el  padre 
confesser,  y  de  epistola  un  dia  une  de  los  padres  predîcadores, 
y  otro  otro.  Duràron  estas  obsequias  très  dias,  y  hallàronse  pré- 
sentes â  ellas  el  convento  de  Santa  Catalina,  que  es  de  dominicos, 
y  el  de  Sant  Francisco  de  Jarandilla,  con  el  nuestro  :  los  domini- 
cos hiciérop  el  officio  todos  très  dias,  por  la  manana  y  la  tarde, 
y,  acabado  ellos,  encomiençavan  los  franciscanos,  y  nosotrosle 
haciamos  con  el  arçobispo,  después  dellos.  Avia  mucha  y  roay 
buena  mûsica  de  nuestra  orden ,  que  avia  traydo  aquf  Su  Mages* 
tad,  y  predicàron  todos  très  dias  los  très  predicadores  queaqni 
ténia  Su  Magestad  de  nuestra  érden.  Primero  predicô  el  padre 
fray  Francisco  de  Villalva,  professo  de  Çàmora,  que  fuéal  con- 
cilie (I)  Tridentino  con  el  arçobispo  de  Granada,  Guerrero ,  el 
quai  predicô  con  tanta  gravedad  que  el  arçobispo  y  los  religio- 
sos  que  avian  yenido  con  él ,  de  su  érden ,  que  eran  el  padre 
maestro  fray  P^  de  Solomayor,  cathedràtico  de  prima  en  Sala- 
manca,  y  el  padre Ximenez,  rector  del  collegio  de  Alcala,  y  todos 
los  cavalieros  que  se  hallàron  présentes,  se  espantàron  de  lo  que 
dixo,  y  de  la  buena  traça  y  modo  de  decir,  y  se  miravan  unos  à 
otros.  Y  yo  se  que  hiço  harto  effecto  su  sermon  en  uno  de  aque- 
llos  cavalières,  y  quedô  como  asumbrado.  Fundé  su  sermon  sobre 
una  sentencia  de  Seneca,  que  habla  de  la  virtud ,  la  quai  vestié 
muy  bien  con  lugares  de  la  Sacra  Escritura.  Y  al  tiempo  que 
llegé  â  hacer  la  cortesla  que  suelen  hacer  los  predicadores  à  la 
persona  mas  principal  del  auditorio,  creyendo  y  pensando  todos 


(I)  On  remarquera  qu*ici  le  copiste  a  écrit  correctement  les  mou  de 
Çàmora  et  concUio,  qu*il  a  estropiés  plus  haut. 


(53) 

qnebablara  con  el  arçobispo,  6  con  el  senor  don  Juan  de  Ans- 
Iria,  que  esta  va  alli  présente,  no  curé  de  ninguno  detlos,  sino 
que,  boelto  el  rostro  al  Emperador,  le  hablô  de  la  misnia  roanera 
que  si  estuviera  bivo ,  aplicândole  las  palabras  del  tbenia,  que 
era  que  la  virtud,  muerto  el  subjecto,  permanece,  y  diciéndole 
pues  :  c  Si  es  verdad ,  como  lo  es,  que  la  yirtud  siempre  perma- 
B  nece,  aun  muerto  el  que  la  luvo,  Sacra  Real  Magestad,  etc.  » 
Fué  tanto  el  agrado,  como  digo,  del  sermon ,  y  lo  bien  que  pare- 
ciô  à  todos  la  cortesia  que  usô  con  el  cuerpo  del  César,  que  todos 
le  pedian  el  sermon,  para  embiar  al  rey,  y  à  la  princesa,  y  à 
otras  part^.  Fué  este  padre  muy  ingenioso,  y  anz(  le  qneria 
macho  Sa  Magestad ,  y  el  rey  don  Phelîpe  nuestro  senor  le  biço 
después  su  predicador,  y  le  encomendô  otros  négocies  de  su  ser- 
vicio.  El  segundo  padre  que  predicô  fué  el  padre  fra;^  Luys  de 
Sant  Géorgie  (i),  prier  de  Sant  Hierénimo  de  Granada,  el  quai 
dexô  el  priorato,  por  venir  à  servir  à  Su  Magestad  :  cl  quai  predieô 
tambien  muy  bien.  El  tercero  fué  el  padre  fray  Francisco  Ângulo, 
professo  de  San  la  Engracia  de  Saragoça ,  que  tambien  dexô  el 
priorato,  por  venir  à  servir  à  Su  Magestad.  Y  estos  dos  padres 
viniéron  en  lugar  del  padre  fray  Juan  de  Arcoleras,  professo  de 
Naestra  Senora  de  Prado,  y  famoso  predicador,  que  le  avian 
llevado  por  prier  de  Salamanca ,  y  después  le  biço  el  rey  don 
Pfaelipe  nuestro  senor  arçobispo  de  las  Canarias ,  y  en  lugar  del 
santo  varon  fray  Juan  de  Sant  Andres ,  que  tambien  le  biciéron 
prier  de  Santa  Catalina ,  el  quai  murié  como  bivié,  saviendo  càsi 
la  hora  de  su  muerte.  Gustava  Su  Magestad  que  à  sus  criados  los 
honrasen  en  la  ôrden  ;  y  anzl ,  aunque  dexavan  prioratos  por 
venirle  à  servir,  les  dava  tambien  licencia,  quando  les  honravan, 
y  gustava  dello. 


(1)  Sani  GregoTio,  dans  le  1. 1*',  p.  426. 


(54) 


Ckwnvho  XLIII.  —  De  lo  que  passé  a  Luys  Quixada  con  un  cavallero  de  les 
que  asistian  â  las  bonras  el  dia  que  predicô  el  padre  fray  Francisco  de  Yi> 
Ilalya. 


Sueedié  que^  el  primero  dia  de  las  honras,  al  tiempo  que  entra- 
van  en  la  missa ,  à  uno  de  aquellos  senores  que  alli  estavaD  pre* 
fientes  le  metia  un  paje  una  silla  para  sentarse  en  e1la(l),  lo  quai 
como  lo  vi6  Luys  Quixada,  diio  al  paje  que  la  llevava,  que  la 
saeasse  luego  fuera,  y  dixole  el  paje  :  «  Es  para  fulano,  »  y  elle 
tornô  â  replicar  que  la  saeasse,  fuesse  para  quien  se  fuesse.  Al 
tiempo  que  el  paje  bolvia  con  la  silla,  encontre  con  el  pajeel 
niarqués'de  Miravel ,  que  dévia  ser  para  él  la  silla,  y  dixole  el  paje 
lo  que  Luys  Quixada  le  mandava  :  los  quales  encomençàron  à 
tratar  sobre  ello.  Luys  Quixada  allegava  que  no  se  usava,  ni 
alli  seavia  de  consentir  tener  ninguno  silla  delante  dd  César,  y 
que  se  acordasse  lo  que  avia  pasado  en  Bruselas  sobre  cosa  seme- 
jante;  el  marqués  decia  que  el  personaje  para  quien  era  la  silla 
estava  enfermo  y  la  avia  menester;  Luys  Quixada  replicô  que,  si 
no  podia  estar  alli,  se  fuesse  fuera,  como  al  fin  se  fué.  Y,  aunqoe 
el  padre  Yillalva  no  supo  ni  entendiô  cosa  de  lo  que  avia  pasado, 
ni  lo  pudo  saver,  no  pareciésino  que  como  si  ubiera  oydo  lodo 
lo  que  avia  pasado ,  anzi  predicé  tan  altamente  del  respeto  que 
se  deve  tener  à  los  reyes,  aun  después  de  muertos,  que  fué  de 
mucho  gusto  à  todos  los  que  savian  lo  que  avia  pasado.  Y,  para 
eonfirmacion  desto,  sucediô  que,  viniendo  aqui  el  duque  de 
Aiva ,  don  Fernando  de  Toledo,  y  el  cardenal  Pacheco,  arçobispo 
que  murié  de  Bnrgos,  una  semana  santa,  después  que  murié  Sa 
Magestad,  en  la  quai  estuviéron  très  dias,  nunca  quisiéron  silla 


(1)  Pour  riDtelligence  de  ceci,  il  faut  savoir  que,  en  Espagne,  il  D*y  a  pas 
de  chaises  dans  les  églises. 


(55) 
eq  la  yglesia,  ni.coDsintiéron  se  les  pusiesse,  sino  que  en  unes 
poyos  se  assentàron  todos  très  dias;  y,  entrando  e1  duque  en 
el  aposento  de  Su  Magestad,  se  quilô  el  sombrero,  y  jamàs  se 
cubriô  hasta  salir  de  todos  elles.  Pero  i  quien  tan  corlés  y  cor- 
tesano  como  el  duque?  de  quien  dixo  el  duque  Brancuy  en 
Tuste,  que  tambien  vino  à  veer  el  sepulchro  de  Su  Magestad , 
que  el  duque  de  AI  va  era  el  verdadero  cortesano,  con  otras 
niuchag  cosas  en  su  honor.  Estuvo  Luys  Quixada ,  los  très  dias 
primeros  de  las  bonras  que  el  arçobispo  célébré,  en  pié,  anzi  à 
las  bisperas,  y  lectiones  de  los  noctqrnos,  como  â  las  missas  y 
sermones,  muy  enlutado,  y  cubierta  la  cabeça:  que,  si  no  era 
un  poco  del  rostro,  no  ténia  otra  cosa  descuvierta,  arrimado  y 
pegado  à  si  el  nino  y  ynfante  don  Juan  de  Austria,  que  cierto 
nos  Qiaravillàmos  como  tuYO  fuerças  para  sufrir  estar  tanto 
tîempo  en  pié.  Y  él  solo  parece  que  representava  y  suplia  en  lo 
que  \q^  demâs  por  yentura  faltavan  :  en  lo  quai  se  entendiô  y 
conoâ^  su  gran  fidelidad,  cuydado  y  diligencia  que  siempre  tuvo 
en  el  servicio  de  Su  Magestad. 


Cavitou»  XLrV.  —  De  eomo  fué  depositjido  el  cuerpo  del  Emperador  en  el  altar 

mayor  de  Sant  Hierônimo  de  Teste. 


Su  Magestad  murié  roiércoles,  y  estuvo  su  cuerpo  asta  el 
biernesen  la  tarde  en  el  tùmulo,  para  bacerle  alll  sus  bonras, 
como  qu^  dichOf  Pareciendo  pues  que  convenia,  d^termjnàron 
el  arçobispo  y  el  padre  copfessor  y  Luys  Quixada  y  el  secr^tario 
Martin  de  Gastelbù,  como  testamentarios  de  Su  Magestad,  qne 
aerit  bien  se  dépositaire  iuego  aquella  tarde  el  cuerpo  del  Em- 
perador en  el  altar  ipayor,  sin  aguardar  mas,  porque  olia  mal; 
y,  Tenida  la  tarde,  se  junlâron  con  los  arriba  dicbos  el  padre 
prior  de  Yuste,  y  otros  religiosos  del  mismo  conyento,  y  el 
padre  maestro  fray  P**  de  Soiomayor,  que  avia  venido  con  el 
arçobispo.  Y,  puestas  guardias  en  el  cboro  y  en  otras  partes  de 
donde  se  podia  yeer,  se  lleyô  el  cuerpo  de  Su  Magestad,  y  se 


(56) 

pu80  en  su  hataud  junto  al  aUar  mayor,  para  bacer  el  acto  de. 
depôsito,  el  quai  fué  y  passé  en  esta  inanora  : 

(1). 

CimOLO  XLY.  —  De  como  el  arçubispo  de  Toledo  y  los  dot  eonTentos  de  Saut 

Domingo  y  Sant  FraocUeo  »e  dispidiêron. 

Hecho  el  dicho  depésito  biernes  en  la  noche,  couio  queda 
dicho,  ^3  de  setiembre,  liiego  el  sàbado  U  de]  dicbo  mes,  aca- 
bados  los  très  dias  de  las  bonras  que  se  hiciéron ,  después  de  aver 
comido,  hiço  el  arçobispo  una  plàtica  en  el  refetorio  Â  todoa 
sobre  las  cosas  del  Ëmperador  y  en  su  loa,  y  agradeciô  al  padre 
prier  y  convento  desta  casa  lo  bien  que  avian  servido  à  Su 
Magestad,  y  cumplido  tan  bien  con  los  dos  conventos  y  con  su 
persona ,  ofreciéndose  que  en  lo  que  se  le  pidiesse  lo  agradecerÎA 
y  servi ria  à  esta  casa.  Y  con  esto  se  despidiô,  y  fué  camino  de 
la  Puenle.  Y  los  religiosos  tambien  se  fuéron  à  sus  conventos. 
Y  el  nuestro  continuô  las  obsequias  asta  el  novenario,  con  la 
niisma  solemnidad  que  àntes,  y  al  fin  del  novenario  tornô  à  pre- 
dicar  el  buen  Villalva,  con  la  acetacion  que  el  primer  dia,  aun- 
que  no  con  tan  ta  gente  ni  calificado  auditorio. 

G&nTVLo  XLYl .  —  De  las  obsequias  y  honras  que  se  hiciéron  en  toda 

nuestra  orden. 

Luego  que  nuestro  padre  gênerai  supo  de  la  muerte  de  Sn 
Magestad,  ordenô  y  mandô  que  en  toda  nuestra  ôrden  se  hicies- 
sen  los  sufragios,  y  se  dixessen  las  niissas  por  él,  que  se  acos- 
tumbran  a  bacery  decir  en  toda  nuestra  ôrden  por  los  religiosos 
délia,  quando  mueren  :  que  son  ocho  missas  cada  sacerdote,  y 
los  que  no  lo  son  su  equivalencia,  con  el  trcintanario  y  cabo  de 
ano  ;  senalando  tambien  que  tuviesse  parte  en  todas  las  buenas 


(1)  Suit  Tacle  de  dépôt ,  que  nous  avons  donné  d'après  Tori^nal ,  dans  te 
1. 1",  pp.  598-401. 


(87) 

obras  que  los  religiosos  y  religiosas  de  toda  nuestra  érden  hicies- 
seo,  como  tan  principal  bienhechor,  honrador  y  amparador  de 
toda  ella.  Quando  el  rey  nuestro  senor  supo  esto,  lo  tuvo  en  lo 
que  era  yusto  (1),  y  lo  agradeciô  mucho  :  y  lo  mismo  hiço  su  hija 
la  princesa  doua  Juana,  escriviendo  una  carU  al  gênerai,  agra- 
deciéndole  el  cuydado  que  avia  tenido  en  lo  que  convenia  al  ser- 
TÎcio  de  Su  Hageslad  (2).  Y  ordenô  y  mandô  la  dicha  princesa  doiia 
Jaana  que  de  alli  adelante  se  dixesseneada  dia  por  Su  Magestad 
ISniissas  reçadas,  sin  la  del  santisimo sacramento,  cada  jueves, 
asta  que  otra  ôrden  se  diesse  en  contrario  ,  y  que  ella  mandaria 
proveer  lo  que  tocava  à  la  limosna.  Lo  quai  dur6  asta  que  Su  Ma- 
gestad vino  de  Flandes,  el  quai  aprovô  y  diô  por  bueno  el  man- 
dado  de  su  beriuana,  y  mandé  pagar  lo  que  se  dévia ,  y  luego  dié 
olra  ôrden  en  que  mandé  se  dixessesolas  Â  missas  reçadas,  cada 
semana,  y  la  cantada  del  santisimo  sacramcnto  el  jucTcs.  Lo  quai 
duré  desde  el  ano  de  6 1 ,  que  Su  Magestad  vino  de  Flandes,  basta 
el  de  74,  que  se  llevé  el  cuerpo  à  Sant  Lorcnzo.  Dàvase  en  li- 
mosna, por  cada  missa  reçada,  un  real,  y  por  la  cantada  un  du- 
cado ,  y  por  la  céra  por  cada  libra  un  tanto.  Hiçose  un  tûmulo 
junto  à  las  gradas  de  la  capilla  mayor,  y  en  las  quatre  esquinas 
dél  se  ponian  cada  dia  quatre  achas,  à  missa  y  bisperas,  y  los 
sacerdotes, en  acabando  de decir  missa,  yvan  alli  à  decir  su  res- 
ponso.  Y  esto  duré  basta  que  se  trasladé  el  cuerpo  de  Su  Mages- 
tad à  Sant  Lorenzo  el  Real. 


CànrvLO  XLVII.  —  De  como  el  rey  don  Phelipe  noestro  senor  embio  a  pedir  à 
Tutte  los  cuerpos  del  Emperador  tu  padre  y  cl  de  la  reyna  de  Francia  lu  lia. 

Cada  nno>  de  los  senores  à  cuyo  cargo  eslava  el  llevar  é  traer 
algun  cuerpo  real ,  de  los  ya  dichos,  traya  cédula  de  Su  Mages- 
tad para  que  les  diessen  el  cuerpo  que  pedian,  y  tarobien  dexavan 
cëdala  adénde  y  à  quien  se  le  dava  y  entregava,  para  que  cada 


(1)  Vusto,  pour  jtMto. 
(î)  Y©y.  le  1 1*',  p.  429. 


(  S8  ) 

uno  diesse  raçon  de  s(,  quando  fiiesse  necessario.  Y  and  el  obispo 
de  Jaen  y  el  duque  de  Alcala  trujéroii  cédula ,  y  la  diéron  al 
padre  prier  de  Yuste,  para  que  se  les  entregasse  el  cuerpo  del 
Emperador,  la  quai  decia  anzi  : 

«  El  Ret. 

»  Vénérables  y  devolos  padres,  prier  y  convento  del  mouas- 
lerio  de  Sant  Hierénimo  de  Yuste,  de  la  érden  de  Sant  Hie- 
réninio,  ya  sabeys  coido,  à  23  de  setiembre  del  ano  pasado  de 
d558,  se  depositô  eo  esse  monasterio  el  cuerpo  del  Ëmperador 
mi  senor,  que  santa  glorîa  aya,  para  que  estuviesse  en  él  en 
depôsito  asta  que  se  lievasse  y  trasiadasse  a  la  parte  y  lugar 
adénde  avia  de  ser  su  enterramiento,  y  que  anzi  lu  recebisles.  Y, 
porque  agora  avemos  acordado  que  el  de  la  serenisima  reyna  de 
Francia,  nii  muy  carisima  (1)  y  amada  tia,  que  esta  depositada 
en  la  ciudad  de  Merida,  se  lleve  ansiniismo  à  esse  nionasterio,  y 
que  ambos  se  traygan  al  de  Sant  Lorenço  el  Heal,  donde  han  de 
quedar  enterrados,  os  encarganios  y  mandâmes  que,  Inego  que 
con  esta  cédula  fuéredes  requeridos,  deis  y  entregueys  les  dichos 
cuerpos  al  révérende  in  (^hristo  padre  obispo  de  Jaen  y  al  duque 
de  Alcala,  à  quienes  avemos  nombrado  para  que  los  recivan  ay» 
y  vengan  en  su  acompananiienlo,  juntaniente  con  otras  personas, 
asta  el  dicho  nionasterio  de  Sant  Lorenço  el  Real  :  que  con  esta 
nuestra  cédula  y  testimonio,  signado  de  escrivano,  de  la  entrega 
que  les  hiciércdes  de  los  dichos  cuerpos,  os  damos  por  libres  y 
quitus  dellos  y  de  los  dichos  depésilos. 

»  Fecha  en  Sant  Lorenço  el  Real,  à  3  de  henero  de  157i. 


>  Yo  EL  Rey. 


j>  Por  mandado  de  Su  Magestad  : 
»  Martin  de  Gastelbû.  j» 


(1)  Sic.  Lisez  :  cara. 


(59) 

Todo  lo  quai  se  hiço  como  Su  Magestad  mandé. 

Llegâron  à  Yuste  el  obispo  de  Jaen  y  el  dnque  de  Alcala,  cou 
lo8  cuerpos  de  la  Emperatriz  y  de  la  princessa  dona  Juana,  muger 
del  rey  don  Phelipe  nuestro  senor,  y  de  los  ynfantes  don  Ferdi- 
nando  y  don  Juan ,  sus  hermanos,  los  quales  trayan  de  Granada, 
à  los  2S  de  henero  1574.  Y,  el  dia  ântes,  avia  llegado  el  obispo 
de  Corîa  con  el  de  la  reyna  de  Francia,  que  le  traya  de  Merida. 
Y,  hecho  el  recibimiento,  hizo  otro  dia  el  obispo  de  Ck)ria  el 
oflBcio  delashonras,  por  venir  cansado  el  de  Jaen.  Y  otro  dia  se 
partiéron  el  obispo  de  Jaen,  y  los  que  venian  con  él,  con  todos 
los  cuerpos  que  alli  se  avian  juntado  con  el  del  Emperador,  para 
Sant  Lorenço.  Juntâronse  muchos  senores  y  cavalleros  para  acom- 
panar  los  cuerpos ,  como  fuéron  el  marqués  del  Garpio ,  el  mar- 
qués de  Yillanueva,  don  Fernando  Cortés,  el  conde  de  Monterey 
y  su  hermano,  don  Juan  de  Yelasco,  hermano  del  condestable,  el 
conde  de  Castellar  y  su  hijo  don  Fernando,  don  Diego  de  Car- 
cabo  y  don  Alonso  su  hermano ,  don  Juan  de  Ynostrosa ,  don 
P^  de  lasRoelas,  don  Pedro  Maldonado,  don  Pedro  de  Duenas, 
don  P®  Puertocarrero,  don  Gabriel  Çapata,  don  Garcia  de  Gar- 
denas,  don  P^  de  Rivera ,  y  olros  muchos  cavalleros  y  gentiles- 
hombres  de  la  boca  del  rey  nuestro  senor,  y  sus  capellanos,  con 
su  pendon  y  estandarte  real,  y  24  religiosos  de  las  ôrdenes 
mendicantes ,  y  de  Yuste  ocho.  Y  llegâron  à  Sant  Lorenço  à  4  de 
hebrero  -1574,  tardando  en  el  camino  diez  dins,  y  fuéron  rece- 
bidos  con  gran  pompa  y  magestad,  como  adelante  se  dira. 


CA§mtù  XLYIII.  -^  De  la  ôrden  que  se  guardo  en  el  «coropanamieiito  de  lot 

caerpos  por  el  camino. 

Porque  sera  possible  que  en  muchos  anos  no  se  vea  otra  cosa 
Uin  rara  y  peregrina  como  esta,  que  se  trasladen  tantos  cuerpos 
juntos  reaies,  quise  poner  aqui  el  érden  y  concierto  que  por  los 
caminos  llevavan,  dado  de  Su  Magestad  del  rey  don  Phelipe,  para 
que  en  nada  se  errasse,  sino  que  en  todo  se  hiciesse  lo  que  à 
tanta  grandeça  y  magestad  convenia.  Yvan  todos  los  senores  y 


(60) 

cavalleros,  que  acompaftavan  estos  cuerpos  reales,  delante  dellos, 
orJenadosen  dos  hileras;  luego  yvan  24  religiososmendîcantes; 
luego  8  religiosos  de  Sant  Hierùnimo  de  Yusle,  juntos  à  los 
capellanes  reaies,  y  los  capellanes  junto  à  las  literasdondeyTan 
los  cuerpos;  y  detràs  de  las  literas  yvan  el  obispo  de  Jaen  y  el 
duque  de  Âlcala;  y  detràs  dellos  los  archeros  de  à  cavallo  de  Su 
Magestad,  armados  con  lanças,  en  las  quales  llevavan  sus  ban- 
derelas  de  tafetan  negro,  como  por  luto;  y  detràs  destos  yyao 
millarcs  de  gentes  que  de  todas  partes  salian  à  veer  un  espectâ- 
culo  tan  grande  como  este.  Al  rededor  de  las  literas,  por  ambas 
partes,  y  va  la  guardia  de  à  pié  de  Su  Magestad,  y  S4  pajes  à  ca- 
vallo, con  achas  de  cera  en  las  manos,  y  los  unes  y  los  oiros 
vestidos  de  luto,  asta  las  azéinilas  de  las  literas,  las  quales  eran 
no  mas  que  ciuco,  aunque  los  cuerpos  eran  seys,  porque  en  la 
una  délias  yvan  los  dos  cuerpos  de  los  dos  hermanos  ynfantes 
don  Juan  y  don  Fernando,  por  ser  pequenos.  Cuando  llegàvamos 
à  algun  lugar  donde  no  se  avia  de  hacer  jornada ,  salian  los  clé- 
rigos  con  la  cruz ,  y  decian  sus  responsos  y  oraciones  por  las 
animas  de  los  reyes  que  alii  yvan;  pero,  quando  llegàvamos 
adônde  se  bncia  jornada  y  noche,  aquella  noche  yvamos  todos 
asta  la  yglesia  del  lugar,  y,  sacados  los  atahudes  por  los  scôores 
y  cavalleros  senalados  para  esto,  se  ponian  en  el  tùmulo  que  ya 
estava  adereçado  en  la  yglesia,  y  luego  se  decian  sus  responsos  y 
oraciones  por  el  obispo ,  con  gran  mùsica  que  llevava  de  Jaen  y 
de  Coria,  que  oyrla  quitava  el  cansancio  del  camino;  y  luego, 
quedàndose  en  la  yglesia  los  alabarderos,  los  demàs  se  yvan  à  la 
posada ,  y  alli  se  les  proveya ,  de  casa  del  duque  y  del  obispo , 
lo  que  era  menester,  con  gran  largeça  y  abundancia,  y  à  los 
alabarderos  se  les  emblava  de  corner,  y  mucha  lena  :  que  todo 
era  menester,  segun  el  frio  que  hacia.  Y  otro  dia,  por  la  maôana, 
se  decian  muchas  missas,  y,  acavada  la  mayor,  y  sus  responsos, 
à  los  quales  siempre  nos  davan  vêlas,  sacàvanse  los  cuerpos,  y 
ponianse  en  sus  literas  por  los  sonores  à  cuyo  cargo  estava  esto, 
y  comiençavan  luego  à  marchar,  porque  todos  avian  ya  comido. 
Y  todas  estas  cosas  yvan  ordenadas  por  la  ynstruction  de  Su 


(61  ) 

MâgesUd ,  la  quai  avia  dado  à  don  Luys  Manrique  y  al  secretario 
Gastelbù,  qae  yvan  alli.  Desta  manera  se  procediô  en  toda  esta 
jomada,  yendo  todos  muy  en  ôrden  y  compuestos,mayorniente 
desde  Talavera  alla,  porqne  y  van  con  sospecha  que  en  cada  parte 
estava  el  rey  nuestro  senor  que  los  mirara  :  y  dâvanos  à  la  verdad 
senal  desto  veer,  de  quando  en  qaando,  algunos  criadossuyos  por 
loscaminos,  que  de  ordinario  andavan  con  Su  Mageslad.Con  este 
érden  se  llegé  à  Sant  Lorenzo  â  los  4  de  febrero  de  1 574.  Por  ser 
pnbKca  à  todos  los  cavalleros  y  senores  que  yran  en  este  acom- 
panamiento,  una  cosa  que  succedié,  la  quiero  poner  aqiii,  que 
sino  la  callara  :  y  fué  que ,  estando  un  dia  todos  puestos  â  cavallo, 
para  salir  de  un  lugar  donde  aviamos  hecho  noche,  pusimonos 
los  religiosos  de  nuestro  padre  Sant  Hierônimo  en  el  puesto  y 
lugar  que  nos  avian  puesto  al  principio,  y  que  aviamos  traydo 
asia  alli,  que  era  junto  à  los  capellanes  de  Su  Majestad  ;  y  uno  de 
los  religiosos  niendicantes,  mas  hâbil  para  esto  que  los  otros» 
sobresalié,  en  medio  de  tanta  mnltitud  y  magestad  como  ailf  yva, 
T  dixonos  à  los  hierénimos  que  passasseroos  adelante,  que  no 
ATiamos  de  yr  en  aquel  puesto  y  lugar  :  y  esto  lo  dixo  con  tanin 
cèlera  y  yugar  de  manos  que  uvo  harto  que  notar.  Nosotros  no  le 
respondimos  ni  hablâmos  palabra,  por  la  gravedad  y  autoridad  de 
nuestro  bàbito.Viéesto  don  Luys  Manrique,  y,  con  la  prudencia  de 
que  Dios  le  doté,  le  respondié  :  «  Padre,  bàyase  adelante  à  su  lugar 
9  y  puesto,  que  estes  padres  de  Sant  Hierônimo  ban  de  yr  adônde 
9  Tan ,  y  este  es  su  lugar;  y,  si  no  esluvieran  aqui  los  capellanes 
9  de  Su  Magestad,  elles  fueran  juntes  y  pegados  à  las  literas  donde 
B  van  los  cuerpos  reaies.  »  Con  esto  empeçâmos  à  marchar.  Y  lo 
mismo  acaeciô  otra  vez  en  las  Descalzas  de  Madrid,  en  las  bonras 
de  la  reyna  dona  Ysavel,  que,  estando  el  padre  fray  Juan  llegla, 
confessor  de  Su  Majestad,  y  que  entônces  era  prier  de  Sant  Uieré- 
DÎmo  de  Madrid ,  con  su  convento  en  la  sacristia  de  la  dicha  ygle- 
sia,  esperando  para  vestirse  y  bacer  con  su  convento  el  officie, 
eniràron  otros  religiosos  y,  sin  mas  ni  mas,  se  empeçÂron  à  bes- 
tir;  y,  como  losTtdé  don  Luys  Manrique,  que  tambien  andava 
alli ,  les  hiço  desnudar ,  y  les  dtxo  no  se  que  palabras  de  senti- 


<62) 

miento,  y,  entre  ellas,  que  mirassen  que  estâvamos  alli  nosotros, 
y  particularmente  el  confessor  de  Su  Magestad ,  fray  Juan  Régla, 
y  que  bastaTa  Ter  nuestra  modestia ,  para  no  usar  ellos  de  aquel 
término  tan  descorlés.  Âl  fin  se  desnudàron ,  y  se  quedàron  cor- 
ridos  y  confusos,  y  à  nosotros  nos  mandàron  vestir.  Ile  querido 
decir  esto,  porque  en  semejantes  actos  es  bien  que  cada  uno  tome 
lo  que  le  dieren,  y  no  mas:  que  no  esta  en  esto  la  religion  ni  la 
bienaventuranza,  sino  en  la  hurnildad  y  cortesfa. 


GinTVLo  XLIX.  —  Del  recibimiento  que  en  Sant  Loreaso  el  Real  se  hiç»  i 
loB  cueqx)!,  el  dia  qae  liegaron  al  monasterio,  y  de  las  honras  y  sermoaes 
que  UTO. 

En  el  espacio  y  patio  grande  que  esta  àntes  de  la  entrada  del 
monasterio  de  Sant  Lorenço  el  Real,  estava  un  tumulo  muy  rica- 
mente  adereçado  entre  quatro  pinos  altos ,  en  el  quai  se  pusiéron 
los  seys  cuerpos  reaies ,  y  fuéron  recebidos  con  gran  pompa  y 
magestad  de  procession ,  y  acompanamiento  de  los  criados  deSo 
Magestad.  Saliéron  vestidos  quatro  cantores  de  capas,  y  el  pre- 
lado  y  sus  roinistros,  todos  de  brocado,  con  gran  numéro  de 
religiosos  que  residen  en  aquel  convento,  cantando  el  responso 
Subvenite,  etc.,  tan  despacio  que  nos  pareciô  que  nunca  se  a>îa 
de  acabar  aquel  responso.  Y  anzi ,  con  esta  pausa ,  fui mos  en  pro- 
cesion  hasta  el  primero  claustro,  donde  hallàmos  dos  tûmulos 
pequenos,  y  en  medio  dellos  à  Hernando  de  Birviosca,  giiar- 
dayoyasdcSu  Magestad,  en  los  quales  se  pusiéron  losdichos  cuer- 
pos ,  y  se  acabô  el  primero  responso ,  y  se  dixéron  las  oraciones 
convenientes.  Y  luego  passé  adelante  la  procesion  al  segundo 
claustro,  donde  estava  Hernando  de  Birviesca  entre  otros  dos 
tûmulos  tan  semejantes  à  los  pasados,  que  anzi  de  presto  crey  que 
eran  los  primeros,  en  los  quales  pusiéron  los  cuerpos,  très  en 
cada  uno;  y  alli  se  acavô  el  segundo  responso,  y  se  dixéron  las 
oraciones.  Y  acabadas,  seprocediô  adelante,  asta  llegar  à  la  ca- 
pilla,  donde  se  hâcian  éntônces  los  ofRcios  divinos,  donde  se 
pusiéron  los  cuerpos  reaies  en  otros  dos  tûmulos,  y  alli  se  acaré 


r^ 


(63) 
el  tercero  respoDSo  eon  sns  oracioaes.  Posîëron  los  cnerpos  en 
«ta  roanera  :  el  del  César  en  inedia  d«l  de  Id  Emperatriz  y  del 
de  la  reyna  de  Francia,  luadama  l^eonor,  estando  el  de  esta 
■eiiora  à  h  mano  derecha  de]  del  Emperador,  su  hermano;  el  de 
bsereoisinia  princessa  dofia  Mari»  pusiéron  en  medio  de  los  dos 
jnfintes,  don  Fernando  y  don  Juan,  estando  à  la  mano  derecha 
de  la  pHiicessa  el  cuerpo  de  don  Fernando.  Acabado  el  responso, 
como  dUe,  «e  comiençàron  las  obsequias  del  Emperador,  con 
tanta  solemnidad  quanta  Tué  possible.  Y  otrodia.viernes,  se  cé- 
lébra la  missa;  y  â  la  tarde  le  depositâron  debaxo  del  altar  mayor 
de  la  dicha  yglesia  6  capïlla.  Y  esta  misma  larde  se  comiençâron 
las  obsequias  de  la  Emperalriz.  Y  otro  dia,  sàbado,  se  dho  la 
missa ,  y  &  la  tarde  se  enterrô  junto  k  sa  marido.  Y  luego  se  hîcîé- 
ron  los  officiog  de  los  ynfantes ,  y  otro  dia  se  les  diso  la  missa, 
y  i  ta  tarde  los  enterràron.  El  oflicio  de  los  Césares  hifo  el  obispo 
ie  SegoTÏa,  don  Francisco  de  Salazar,  comisario  de  la  santa 
cmiada,  por  venir  cangado  el  de  Jaen  ;  el  de  los  ynfantes  hïço 
elpadre  Fray  \lonso  deSevilla,  vicarîodeSant  Lorençoel  Real, 
por  eslar  yndi^nesto  el  padre  prior,  con  un  ornamento  blanco, 
hecho  por  6rden  de  Su  Hagestad  para  solas  las  obseqaias  de  los 
ynrantes,  sus  hermanos.  Era  lama  la  gente  que  â  estas  Geslas  y 
entierros  aeudi6,  que  don  Rodrigo  Manuel,  capitan  de  la  guar- 
dn ,  DO  se  podia  valer  con  loda  ella. 

El  modo  de  depositar  los  cuerpos  reaies  era  este.  Al  tiempo 
que  se  aviande  entregary  dcpositarcadanno  de  los  il ichos  cuer- 
pos, llegava  el  secretario  Gastelbù  ,  estando  présentes  cl  obispo 
de  Jaen ,  y  el  duque  de  Alcala ,  y  el  vicario  del  dicho  monasterîo. 
y  los  padrcs  deputados  dël,  con  los  lestigos.  teniendo  alli  pré- 
sente el  cuerpo  que  en  tregavan,  y  decia  :  «  Estando  en  losdivi- 

■  nosofficios  tal  dia  y  tat  bora,  etc.,  los  seôores  don  Francisco 
<   Delgado,  obispo  de  Jaen,  del  consejo  de  Sn  Hagestad,  y  don 

■  Fernando  Henriquez  de  Kivera,  duqne  de  Alcala,  que  ban 

■  traydo  el  cuerpo  del  Emperador  nuestro  seiior,  que  sea  en 
B  glorîa,  1  este  monasterio,  le  dan,  deposiian  y  enlregan  al 
»  padre  fray  Alonto  de  Sevilla,  vicario  desle  dicho  monasterio 


(64) 

»  (le  Sanl  Lorenço  el  Real,  y  à  los  padres  deputados  dél,  en 
i>  nombre  de  los  demàs  religiosos  del  convento,  para  que  le 
}}  guarden  y  tcngan  en  custodia,  asta  que  el  rev  nuestro  senor 
»  le  pida,  para  enterrarle  en  el  lugar  que  ha  de  ser  su  entierro 
»  en  este  dicho  monasterio,  por  no  estar  acavado  agora  depre- 
»  sente  de  labrar  :  tesligos,  etc.,  los  quales  todos  le  yiéroD  y 
»  couociéron  ser  el  mismo  cuerpo  de  Su  Magestad  del  Ernpe- 
»  rador.  De  lo  quai  yo  tambien  doy  fee,  que  lo  vi  con  los  de- 
»  mas  tesligos.  »  Âcavado  esto,  llevavan  el  cuerpo  los  que  asta 
alli  le  avian  traydo  à  su  cargo,  juntamente  con  don  Luys  Man- 
rique,  queera  el  que  lo  governaya  todo,  como  queda  dicho,  y  le 
ponian  debaxo  del  altar  mayor  de  la  diclia  yglesia  y  del  santi- 
simo  sacramento,  que  estava  en  cima  en  Trente  del  cuerpo  deSo 
Magestad.  Debaxo  deste  dicho  altar  y  de  los  colaterales  eslavaD 
unos  poyos,  donde  estavan  los  cuerpos  del  principe  don  Carlos 
y  de  la  reyna  dona  Ysavel,  por  el  ôrden  en  que  muriéron,  en 
sus  atnhudes,  con  una  letra  en  eada  uno  dellos,  que  declarava 
quien  era  cada  uno.  Y  este  mismb  ôrden  se  tuvo  en  los  demàs 
cuerpos  que  alli  se  depositàron,  estando  en  el  depésito  de  los  dos 
ynfantes. 

Domingo  7  de  febrcro  del  dicho  ano ,  llegô  la  nueva  que  don 
Pedro  Gonçalez  de  Mendoça,  obispo  deSalamanca,  y  el  marqués 
del  Aguilar  veninn  con  los  cuerpos  de  la  reyna  dona  Juana  y 
dona  Maria  su  hija  :  la  reyna  dona  Juana  trayan  de  Tordesillas, 
y  à  dona  Maria  de  San  Benitode  Valladolid,  donde  estavan  deposi- 
tadas.  Fuéron  rccibidas  con  la  solemnidad  que  los  demàs  cuerpos, 
como  madré  y  abuela  de  los  demas  reyes  que  estavan  en  Sanl 
Lorenço.  Pusiéron  h  la  reyna  madré  donde  avia  estado  el  Empe- 
rador  su  hijo,  teniendo  h  las  dos  reynas  hijas  à  sus  lados,  la  de 
Francia  à  su  mano  derecha ,  y  la  de  Hungaria  à  la  yzquierda«  Y 
luegoaquella  tarde  se  hiciéron  lashonrasde  la  reyna  dona  Juana,  y 
otro  dia  la  missa  del  pontifical  por  el  obispo  de  Segovia,  Salaçar. 
Y,  queriéndose  partir  el  dnque  con  el  cuerpo  desta  santa  reyna, 
para  llevarle  à  Grenada,  como  le  llevo,  con  el  obispo  de  Jaen,  no  se 
hallô  cédula  para  que  el  marqués  del  Aguilar  le  entregasse.  Despa- 


'''-A 


vj 


(65) 

chôlaeoQ  gran  breredad  e1  secretario  Gastelbû,  y  embiôla  à  firmar 
à  Sa  Magestad  que  eatava  en  Aranuez,  y  biçolo  tan  bien  el  correo 
que  vino  à  tiempo,  sin  que  se  perdiesse  jornada;  y  anzi  se  par- 
liéroD  luego,  lunes  à  8  de  febrero,  de  Sant  Lorenço,  con  el  cuerpo 
de  la  reyna  madré ,  camino  de  Aranjuez,  donde  el  rey  los  espe- 
raTa ,  el  quai  hiço  merced  al  duque  de  perdonar  al  marques  del 
Valie,  su  cunado,  de  una  senlencia  que  contra  él  se  avia  dado, 
de  que  foesse  con  ciertas  lanzas  à  Oran  ;  y  (ambicn  hiço  marqués 
de  Alcala  4  don  Pedro  Lopez  Puertocarrero,  su  primo  bermano. 
Hiço  este  Sa  Magestad  en  recompensa  del  servicio  que  le  hiço  el 
duque  en  traer  y  llevar  à  Grenada  estes  cuerpos.  Dixose  que  gas- 
tava  el  dnque  cada  dia  mill  ducados,  y  yo  oy  à  una  persona  fide- 
digna,  à  quîen  dixo  el  duque  que  avia  gastado  en  esta  jornada  54 
qoentos  :  y,  en  verdad,  él  lo  hiço  como  principe  muy  rico,  ansi  en 
lo  qae  gastô  en  el  corner  como  en  lo  que  di6  en  dones  à  los  que 
leacompaiiàron  en  esleviaje. 

Ydo  el  duque  y  el  obispo  de  laen  con  el  cuerpo  de  la  reyna 
madré  para  Grenada,  se  prosiguiéron  en  Sant  Lorenço  las  obse- 
qoias  de  las  dos  reynas  y  de  la  princesa  dona  Maria  ,  y  se  acabâ- 
ron  el  jueves  adelantc ,  y  se  deposîtàron  como  y  de  la  mauera 
que  se  hiço  con  el  cuerpo  del  Emperador,  poniendo  à  estas  seno- 
ras  con  los  demâs  por  su  6rden  en  los  poyos.  Este  dia  nos  salimos 
fodos  de  Sant  Lorenço,  y  el  obispo  de  Salamanca  dié  de  comer 
al  conventoy  à  otros  muchos  cavalières,  con  tan  grande  abun- 
dancia,  que  un  cortesano  muy  antiguo,  que  se  halle  alli,  dixo 
que  cosa  semejante  de  comida  él  no  la  avia  visto.  Ubo  sermones 
todos  los  dias  que  se  hiciéron  las  honras,  que  fuéron  ocho  :  los 
dos  predicé  el  padre  fray  Francisco  de  Villalva,  predicador  de 
Sa  Magestad,  y  otros  dos  predicé  el  padre  fray  Juan  de  Sant 
Hierénîmo,  que  después  fué  prier  de  Sant  Lorenço  ;  y  otro  pre- 
dicé el  padre  fray  Francisco  de  Segovia,  gênerai  que  después  fué 
de  naesira  ôrden;  y  otros  olros  padres.  Y  todos  predicâron  muy 
docU  y  cnriosamente,  porque  todos  eran  muy  buenos  officiales 
a  gloria  y  honra  de  Nuestro  Senor. 

ToHB  IL  5 


(66) 


Camtolo  L  t  ÔLTiao  DBftA  UuTomu.  —  Del  sentimienlo  qut  el  lugtr  de  Gomm 
j  toda  b  Teva  turiéroa  en  que  les  IlemsM*  de  Yutte  el  euerpe  dd  Bp- 
pendor. 

Quiso  el  lugar  de  Coacos  dar  muestras  del  pesar  que  tuvo  en 
veer  llevar  de  Vus  te  el  cuerpo  de  Su  Magestad  ;  y ,  para  declarar 
el  sentimieoto  que  eu  esto  teoia,  en  el  tùmulo  en  que  estan 
puesto  el  cuerpo  de  Su  Magestad ,  quando  le  desenterraron  para 
llevarle,  puso  uoa  doncella  pintada  que  represeotava  la  Soledad, 
con  las  manos  eocrucijadas  y  con  semblante  triste,  la  qnil 
hablando  con  su  pueblo  decia  desta  manera  : 

Sol9dad  .*  i  Adàiide  nenes ,  di ,  pueblo  a Aigido  f 

Pueblo:  Venimos  â  tener  tu  compafiia, 

Llorando  en  este  hiermo,  noche  y  dia , 
La  pérdida  del  ser  que  hemos  (enido. 
Si  i  Uanto  y  â  dolor  fué  comiiiovido 
Aquel  pueblo  troyano  y  otrot  taks, 
Coq  elios  preteodemos  ser  yguales, 
Pues  este  mas  que  otrps  ha  perdido. 

SoMad  .*  Nadie  gima  y  liore  sobre  aquesta  muerte , 

Ni  diga  perder  ni  desvfntura, 
Porque  ântes  es  ganancia  y  bueoa  luerCf 
Elema  y  que  para  siempre  dura. 
Aqueslo  nos  ensefia  la  Escritura, 
T  aquesto  oy  tenemos  entre  manos , 
Que  aqueste,  que  venci6  (antos  paganos, 
No  rouere,  »no  vive  vida  pura, 
Peiaado  la  caduca  y  no  segura. 

Otra  letra  deeia  .*  Aqui  yace  durmiendo  el  sin  segundo 

1km  Carlos  quînto,  emperador  romano, 
El  quai  mora  en  el  delo  soberaiio, 
Dexaado  su  retrato  acft  en  el  SHiiido. 


Otra  deeia  : 


Aunque  muerto,  siempre  vive 
El  ânimo  y  gran  balor 
Deste  buen  Emperador. 


(67) 

Otn  :  £1  pectio  lieno  de  fee, 

Dexando  toda  rique^a, 
Escogiô  aquesta  pobreza. 

RupondeelSn^^ador:7u  que  oyste  mis  blazooes, 

Mirame  en  polvo  tornado  : 
Yo  wy  e\  César  llamado. 

(Hra  [tfmt  deeid.*  Quando  uno  mas  esta  sobre  la  rueda 

De  la  fortuna  ynstàbil  y  fementida , 
Procure  de  tenerla  entônces  queda, 
Que  enténoes  ha  de  dar  mayor  cayda. 

Aanqae  taé  grande  el  gentimiento  del  l»gar  de  Coacos  y  de 
toda  k  Tera,  por  Ilevartea  de  aqui  al  Eraperador,  foé  toda  etfra 
en  compapaeion  de  lo  que  en  Yuste  se  sentie,  y  aAzi  uno  de  los 
leligiosos  étà,  con  el  gran  dolor  que  desto  tuYO,  prorumpié  en 
este  raçonamieato  ; 

«  AuBqne  agora  esté  tu  cuerpo,  gran  seâor,  sin  espiritus 
fitales  ni  sentido  alguno,  por  aver  tantos  anos  que  le  dexaste 
eo  el  sepulcro,  y  tu  aima,  por  la  miserieordia  de  Dios,  en  la 
gtoria^eomolo  creemos,  agradeeemos  à  Tu  Magestad  Cesarea  la 
meroed  tan  grande  qne  A  este  tu  Yuste  nos  hecistes,  y  en  él  à 
nnestra  drden  toda.  Creo  que  ganaste  mas  renoinbre,  en  un  aâo 
y.ocho  meses  câsi  que  veniste  en  él ,  que  en  los  muchos  que  ym- 
peraste,  aunqne  grande  es  el  merecimiento  de  régir  y  conservar 
el  bnen  cornu  n,  si  es  ygual  y  camo  deve  yr  :  à  lo  menos  esto  se 
y  lo  oygo  à  todos  alabar  que,  aunque  no  se  oWidaran ,  senor,  tus 
obras ,  por  ser  tan  heréycas  y  grandes  como  lo  fuéron ,  en  esto 
dicen  y  es  anzi,  te  aventajaste  mas  que  al  fin  heciste,  porque  los 
bombres,  como  son  amigos  de  ser  mas,  tienen  en  mucho  al  que 
se  hace  menos  de  lo  que  es,  como  tu ,  senor,  heciste.  No  se  que 
mediga,  senor,  pues  que  te  llevan  deste  monasterio  tuyo  y  nues- 
tro,  mas  de  que  tuviera  Dios  por  bien  que  no  lo  viera  yo,  ni 
ninguno  de  los  que  aqui  te  conocimos,  servîmes  y  tratàmos, 
porqae  no  vierainoa  a^ra  un  espectâculo  U^  triste  para  todo 
este  ta  convento,  porque^  c(Hnp  se  podr&aoifif  veer  salir  muerto 


W 


m 


(68) 

al  que,  quando  vivia,  nos  quiso  y  escogiô  por  suyos?  Con  esto, 
ya  que  otra  cosa  no  nos  valga  ni  consuele  enteramente,  (empla- 
rémos  algo  la  pena  que  sentimos  y  nos  queda,  que  en  On,  donde 
quiera  que  te  lleven,  ères  nuestro,  y  sabràn  todos  que,  quando 
tu  hablavas,  esto  escogistes.  Gonfessamos ,  y  con  todas  veras 
afirmamos,  que  fuimos,  somos  y  serémos  tus  amorosos  eapella- 
nos,  y,  mientras  nos  durare  el  tiempo,  te  ayudarémos  con  nues- 
tras  oraciones,  en  reconocimiento  y  gratitud  de  tan  la  merced  j 
fayor  como  nos  daste  aqui  con  tu  presencia.  Esto  nos  congoxa 
todo  lo  del  mundo ,  y  no  nos  es  possible  desechar  la  pena  que 
sentimos  qne,  andando  el  tiempo,  se  olvide  tu  memoria  en  esta 
tierra,  como  si  en  ella  nunca  entraras.  Yéte  en  paz  y  en  hora- 
buena  con  los  tuyos,  pues  no  nos  es  possible  el  detenerte  quête 
llevan,  afirmàndote  de  cierto  que,  si  sintieras  tu,  senor,lo  que 
nosotros  sentimos,  sin  duda  te  quedaras  aqui  donde  tanto  te 
quesimos.  Plega  aquel  senor  padre  de  companas  te  acompane, 
y  te  dé,  buen  Carlos  Màximo,  su  gloria,  y  dé  guarda  à  tu  hijo 
Phelipo  y  rey  nuestro,  que  tanto  procura  engrandecerte,  y,  des- 
pués  del  curso  desta  vida ,  Uevarnos  contigo  à  aquel  reyno  celes- 
tial ,  adônde  ese  mismo  Dios  y  senor  nuestro ,  que  es  rey  de  los 
reyes  y  senor  de  los  senores,  es  bienaventurança  de  los  suyos.  Y, 
en  confirmacion  pues  de  lo  mucho  que  nos  amaste,  y  te  quisîmos, 
puse  aqui  este  sello  y  firma  que  se  signe  : 

Fin  al  cielo,  terra  y  mar 
Puso  Dios  k  cada  uno , 
Mas  k  amor  quiso  dexar 
Sin  tener  tërmino  alguno. 

Finge  el  poeta  que  respondié  el  Emperador,  consolando  â  sus 
devotos  y  amorosos  capellanos,  y  les  dice  anzi,  à  la  despedida: 

Quédaos  ya  con  Dios,  los  mis  queridos , 
Que  el  tiempo  es  ya  llegado  de  partirme  : 
Ruéc^oos  que  no  sintais  el  despedirme, 
No  os  vea  yo  tristes  y  afligidos. 


(69) 

Mishijos  y  miiger  son  ya  venidos: 
jO,  si  fuera  excusado  el  de  aqui  jrme! 
Espero  eo  Dios  de  veros  en  lo  firme, 
Ado  se  goza  el  aima  y  los  sentidos , 
Contemplando  k  Dios  en  su  çrandeça  : 
Que  todo  lo  de  acà  es  gran  pobreça. 

Vint», 


II. 


CHARLES-QUINT  A  JUAN   VAZQUEZ. 

Il  espère  partir  pour  TEspagne  au  mois  de  novembre ,  la  flotte  devant  être  prét« 
pour  le  15  de  ce  mois  :  il  compte  débarquer  à  Laredo ,  Santander ,  ou  Bilbao ,  et 
recommande  qu'on  pourvoie  à  temps  à  ce  qu'il  trouve ,  en  arrivant ,  les  vivres, 
les  bêtea  de  transport  et  les  autres  choses  nécessaires  à  sa  maison  et  à  celle  des 
rein»  ses  sœurs.  —  Il  réclame  aussi  de  l'argent.  —  Envoi  d'instructions  rela« 
tives  i  la  fabrication  de  deux  espèces  de  vin  de  séné  qu'il  désire  qu'on  prépare 
pour  lui. 

Bruxelles,  11  octobre  1555. 


Juan  Vazquez  de  Molina ,  nuestro  secretario  y  del  nuestro 
eoosejo,  y\  la  caria  que  me  escribisteis  a  once  de  agosto;  y  por 
fler  en  respuesta  de  otra  mia ,  hay  poco  que  decir  mas  de  que , 
por  la  de  la  princesa  mi  hija ,  y  la  que  después  escribisteis  â 
Eraso  à  los  veinte  y  très  del  mismo ,  he  entendido  la  provision 
de  eada  doscientos  mil  escudos  que  se  ba  heciio  acà  y  para  Ytalia , 
y  ereo  que  se  babrà  puesto  en  ejecucion  ;  y  si  n6,  solicitad  que  se 
dé  priesa  à  D.  Aharo  Bazan ,  que  querria  que  llegase  à  tiempo 
qoe  pudiese  ir  conroigo.  Y  espero,  con  ayuda  de  Dios,  embar- 
carme  en  todo  noviembre,  que  para  los  quince  dél  estarâ  â 
pnnto  la  armada,  y  procurad  que  en  todo  cnso  se  cumpla  lo  que 


(  70  ) 

ha  de  Tenir  aqui  à  treseientofi  mil  ducadog,  demâs  de  los  dii- 
cnenta  mil  que  escribia  que  cou  estetros  han  de  venir  pan  el 
rey,  porque  para  despa^harme  es  todo  menester;  y  diréisàla 
princesa  que  he  determinado ,  sirriendo  d  tiempo ,  y  no  sieodo 
lan  forzoso  que  me  eche  à  otra  parte,  de  ir  â  desembarcarme i 
Laredo,  Santander  6  Bîlbao,  en  aquclla  costa,  y  que  mande 
prévenir  y  proveer  à  tiempo  lo  de  las  vitnallas  y  acémilas,  y  las 
otras  cosas  necesarias  para  mi  casa  y  corte  y  de  las  reynas  mis 
hermanas,  que  llevarân  hasta  quinientas  personas  :  de  manera 
que  baya  todo  buen  recaudo 

Yo  acostumbro  tomar  algunas  veces  vino  de  sen,  que  me  hallo 
bien;  y  como  se  ba  de  hacer  en  estas  vendimias,  y  asi  os  eoTio 
esas  memorias  bêchas  por  mi  médico.  Proveeréis  que  la  uoa  de 
ellas  se  envie  luego  à  fray  Juan  de  Ortega,  y  escrivillehéis  de  mi 
parte  que  lo  haga  hacer  conforme  à  ella.  Y  en  aquello  se  ha  de 
echar  el  agua  que  se  dice,  porque  se  temple;  que  pieiso  de 
otra  manera  séria  fuerte  demasiadamente  por  el  calor  de  la 
tierra,  y  la  otra  remîtiréis  a  alguna  persona  de  confianza  â 
Yepes ,  para,  que  haga  lo  mismo,  sin  ecbarle  agua  ninguaa, 
porque  los  vinos  de  alH  son  mas  livianos,  y  no  lo  habrà  me- 
nester; y  querria  probar  cual  de  elles  sera  mejor,  adviriiendo 
que  un  médico  6  boticario  escojan  y  miren  que  la  hoja  de  sen 
seamuy  buena(i). 

De  Bruselas,  à  li  de  octubre  1555. 


(f  )  Le  secréuire  Vazquec  écrivit,  te  !!9  novembre,  à  fray  Jttu  dt  Ofte^t) 
pour  hii  faire  connaître  les  iotentions  de  PEmperenr.  Il  lui  disait  4|ue,  li 
i*oii  ne  trouvait  pas ,  chez  les  pharmaciens  de  Plaseocia,  de  bonnes  feoilks 
de  séné,  il  faudrait  en  envoyer  chercher  à  Tolède. 

Voici  la  recette  pour  le  vin  de  séné,  telle  que  Charles-Quint  la  transmit  à 
Tazquez ,  et  que  celui-ci  l'adressa  à  fray  Juan  de  Orteça  : 


«  Hecepta  para  hacer  vino  de  la  hqja  dé  sem. 

n  Hise  dé  tomar  cuantidad  de  setenta  aznmbres  de  vino,  laientras  fcierve 
y  caece  hecho  mosto,  y  hechar  dentro  diez  y  siete  libras  de  hoja  de 


de 


(71) 


IIL 


ÉTAT  DE  LÀ  MAISON  DE  CHARLES -QUINT,   LORSQU'IL  LA 
UGENCIA,   AU  MOIS  DE  JUIN    15K6  (1). 


RdadOB  <i«  l<M  eriados  que  ^  Ettt^ador  nuettre  lenor ,  que  etti  kli  glbrii  -,  tèiilk 
tA  ticmpb  qu«  deshiso  mi  fcasâ  ^  por  el  mes  de  jirnio  de  tS59  aioe. 


CapeUana» 


CapUhi  Nicolas  PayeD»  maeati^o  de  es- 

pilla. 

Odart  de  Bersaques,  limosnero 
mtyeri 

Valeran  Haogoort,  segundo  li- 
mosnero. Jaques  Parnier. 

François  de  Rosimbos»  SRmiller  Pierre  Lorier. 

de  oratorio.  Odart  Ayze. 

MaximiliandeBergheSiSumiller  Noël  Ron. 

de  oratorio.'  Jaques  Abardi. 


Akjaodria,  habiendob  prilbero  bieti  alimpiada  del  polto,  pàjneUii  f  pèdfé- 
xaelaf  y  otra  enalqnîer  tninédad,  de  manera  qm  iio  qnedè  mat  que  séla  la 
dicba  ho{à|  la  caal,  despuda  de  baberla  echado  en  el  soivediche  mosto  eb 
nna  linaja  mtqr  lÛDJpUi  la  dejar&n  dentro  cocer  très  6  cuatro  meses,  7  pasado 
este  tiempo  la  sacaràn  fuera  del  vino,  j  el  vino  echàrlohan  en  otra  tioija 
bien  limpia,  jr  lo  dejaràn  todo  el  atio,  sin  poner  denlro  mas  bojas  de  sem 
ningnna. 

«  Si  ^el  TÎno  fuere  muy  ftiérté  y  recio,  podrâ  echar  dentro  la  cnarta  parte 
de  agna,  Inege  al  pmcipio  coando  cuece  y  faienre  el  mosto.  » 

(1)  Quoique  cette  pièce  ait  été  copiée  avec  beaucoup  de  soin  aux  arefaiyel 
de  Simancasy  il  s'y  trouve  sans  doute  bien  des  noms  qui  n*ont  pas  été  rendus 
d*une  manière  tout  à  fait  exacte.  Ce  sont  des  erreurs  inévitables  dans  la 
reproduction  de  pareils  documents. 


*V 


mosna. 


(72) 

Gérard  Toi.  Françoys  Loremberg,  moçode 
Geoi^e  Nepotis.  oratorio. 

Jaques  Hocmans,  confesor  del  George  Pesqueur,  moço  de  li- 
comuD. 

Cantores. 

Jen  Blecker. 

Pierre  ClaviD. 

Robert  de  la  Porte. 

Hans  Ulhoven. 

AdriaD  Valmacker. 

Mathias  Van  Loo. 

Charles  Boursse. 

Pierre  de  Hot. 

Noël  Tounecken. 

Jean  Gérard. 

Martin  de  Matines. 

Guillen  (^utzen. 

Bauldoyn  Pernoys. 

Pierre  Brabant. 

Jean  Bertol. 

Robert  de  Sant-Martin. 

Âdrian  Covenhoven. 

Diez  mochachos  de  capilla. 

Adrian  Lef ,  maestro  destos  mo- 
chachos. 

Miguel  Boch,  organista. 

Ludolf  Volemont,  templador. 

CornilIeZnaen,  furiel  de  capilla. 

Henry  Martin ,  moço  de  capilla. 

Françoys  Simon ,  moço  de  ca- 
pilla. 

Mathias  Mnnort.  moço  de  ora- 
torio. 


Mons'  de  Rye ,   somelier  de 

corps. 
El  duque  de  Alba,  mâyordomo 

mayor. 
El    baron    de    Montfalconet, 

mâyordomo. 
1).  JuanManriqae,  mâyordomo. 
Luys  Quixada,  mâyordomo. 

Geniileshombres  de  la  boea. 

D.  Fernando  de  Lannov. 
D.  Joan  Pimentel. 
Charles  de  Trazegnies. 
D.  Joan  de  Lona. 
D.  Francisco  de  Toledo. 
D.  Hernando  de  Rojas. 
Pierre  de  Vauldrez. 
George  de  Brimeu. 
Baudoyn  de  Lannoy. 
Hugues  de  Villeleme  (?). 
Joan  Tomàs  Garaffa. 
Ascanio  Caraciolo. 
Phelipe,  conte  de  Berstain. 
Jean  Dachev. 
llierônimo  de  Sangro. 
Ferrante  Garaffa. 
D.  Joan  de  Leyva. 
D.  Francisco  de  Benavides. 
D.  Sancho  de  Leyva. 


D.  Josepe  de  Guevara. 

D.  Gntierre  de  Cardeoas. 

D.  AloDso  Manrrique. 

D.  Antonio  de  Toledo. 

D.  Joan  de  la  Cerda. 

El  S"*  de  Chantonay. 

Cristobal,  c**  de  Nelemboarg  (?). 

D.  Fadrique  Enrriquez. 

D.  Rodrigo  de  Mendoça. 

D.  Joan  de  Mendoça  de  Ryvera. 

D.  Enrique  de  Mendoça. 

D.  Hernando  de  Gamboa. 

Françoya  de  Noyelle. 

El  S«  d*0ygnie8. 

El  Sf*  d*Escleves. 

Maximilian  de  Gambie. 

D.  Diego  de  Guzman. 

D.  Alonso  de  Aguila». 

D.  Alonso  Puerlocarrero. 

D.  Joan  de  Figueroa. 

D.  Joan  de  Acuna. 

El  S^  de  Balleve. 

Ascano  Gaffarelo. 

El  S^  de  Morbeque. 

D.  Antonio  Bêla. 

D.  Joan  de  Cardona. 

D.  Joan  de  Aguilon. 

Rodrigo  de  Guzman. 

D.  Hernando  de  Cardona. 

El  conde  Joan  de  Nassau. 

D.  Pedro  de  Toledo. 

Andrés  Truxes. 

D.  Antonio  de  Çûniga. 

El  S<^  de  Beaufort. 

Richard  de  Merodes. 


(75) 

El  marqués  de  Renty. 

Ernst,  conde  de  Solm. 

Joan,  conde  de  Salme. 

El  S^  de  Boussu,  caballerizo 
mayor. 

Joan  d*Andelot,  primer  caballe- 
rizo. 

Marco  Antonio  Centurion ,  ca- 
ballerizo. 

Polidor  de  Thiao»  caballerizo. 


GerUilcshombres  de  la  cofa. 

Francisco  de  Guzman. 
Gomez  Suares  de  Figueroa. 
Christoforin  Doria. 
Martin  de  Cilly. 
Francisco  Chaves  de  Solis. 
D.  Claudio  Manrrique. 
Pedro  de  Monrroy. 
Joan  Francisco  Delphiuo. 
Philibert  de  Bullens. 
Martin  Alonso  de  los  Rios. 
Gnillen  de  Flory. 
Rodrigo  de  Vargas. 
Joan  Çapata  de  Cardenas. 
Claudio  de  Ray. 
J).  Pedro  de  Guzman. 
D.  Diego  de  Çdniga. 
Claudio  de  Marsona. 
Joan  dlTmerselle. 
El  conde  de  Arignan. 
D.  Gomez  de  Alarcon. 
D.  Beltran  de  Guevara. 
Joj^n  Baptista  de  Sangrq, 


( 

Antonio  de  Barrientos. 

D.  Prudencio  d^Avendafia. 

Nicolas  de  Gilley. 

D.  Hierônimo  de  Cabanillas. 

Joan  d'Yves. 

Claudio  de  Playne. 

Federico  de  Martigny. 

El  S<^'  de  Moucron. 

Joan  Jaques  de  Stadion. 

Charles  de  Hannart 

Etenich  van  Volstain. 

Joan  Baptista  Abenante. 

Robert  Royer  Daste. 

Honora  to  Joan. 

David  des  Guerres. 

D.  Hernando  de  Àcuna. 

D.  Hernando  de  Robles. 

D.  Joan  d*Ayala. 

Gonzalo   Rodriguez    de  &ila 

manca. 
Antonio  de  Guzman. 
D.  Diego  de  la  Cerda. 
D.  Hierônimo  Manrique. 
Gaspar  Osorio. 
Tomàs  Declermont. 
Don  Felipe  Manrique. 
D.  Antonio  Puertocarrero. 
Martini  Maguer. 
Joan  Velasquez. 
D.  Joan  Pacheco. 
D.  Bernardine  de  Granada. 
D.  César  de  Siiva. 
D.  Sancho  de  Padilla. 
Gaspar  Mariades. 
D.  Miguel  de  Cenoghera. 


U) 

Joan  Carondelet. 
D.  Diego  de  Guevara, 
D.  Hierônimo  de  Hendoça. 
D.  Joan  Donce. 
D.  Pedro  Sarmiento. 
Hierônimo  Cerdan. 
D.  Gabriel  de  Rojas. 
Charles  de  Salenove. 
D.  Alvaro  de  Atarcon. 
Alonso  Osorio. 
D.  Martin  de  Àvendaiîa. 
Maximilian  de  Harsillé. 
D.  Alonso  Pimentel. 
Alonso  de  UUoa. 
Tello  de  Guzman. 
El  S"»"  de  Poiurni. 
Jaques  de  Gatinaire. 
Hierônimo  Âlbanet. 
-    D.  Pedro  Manrique. 
Felipe  de  Chassey. 
D.  Miguel  de  Moncada. 
El  capitan  Millort. 
Charles  de  Cavel. 
D.  Pedro  de  Beamonte. 
D.  Diego  Manrique. 
D.  Francisco  Manrique. 
D.  Joan  Yazquez  de  Acunà. 
D.  Francisco  de  Mendoça. 
François  de  Chaucin. 
Pierre  de  Morbeque. 
Andrés  de  Sucre. 
D.  Enrique  Manrique. 
D.  Enrique  de  Palafoi. 
D.  Bernardino  d'Avila. 
D.  Enrrique  d^Avila. 


( 

Hierônimo  de  Mettenej. 
Charles  de  Armstorff. 
Joan  de  Mol. 
Joan  de  CruningheD. 
Henry  de  Yzemdore. 
Felipe  de  Codenhoven. 
Pierre  de  Quaderebe. 
Andrés,  S^  de  Vassenaire. 
Luis  Bravo. 
D.  Joan  Puertocarrero. 
Pierre  de  Brandembourg. 
D.  Pedro  de  Lascano. 
D.  Cristobal  Fenolete. 
Gérard  de  Vateville. 
Federico  de  Romezvale. 
Philibert  de  Charnoy. 
Prospère  de  Lulin. 
Lambert  de  Varluzey. 
Lazarus  Zoendî. 
D.  Albaro  de  Lona. 
Charles  de  Galieres. 
D.  Miguel  de  Herrera. 
D.  Antiocho  Belite. 
Joan ,  S^  de  Lannoy. 
Hanibal,  visconde  Boromeo. 
Prospère ,  conde  de  Arcos. 
Joan  de  Tian. 
Henry  de  Brederodes. 
Gaspar  de  Robles. 
Adrian  de  Villeryal. 
D.  Lais  Vich. 
Jaques  de  Castre. 
Joan  de  le  Douve. 
Joan  de  Abloys. 
Cbarled  de  Sucre. 


75  ) 

Amoul  de  Cruninghen. 
George  d*Andelot. 
Hendric  de  Goer. 
Gueraldo  de  Medicis. 
Diernt  van  Dalberch. 
El  baron  de  Bolviller. 
D.  Pedro  de  Ulloa. 
Flory  de  Aspre. 

• 

Variés  servant. 

Adolf  de  Douvrin. 
Françoys  de  Vaultravers. 

Costilliers, 

Évrart  de  Cotterau. 
Pierre  de  la  Planque. 
Rodrigo  de  Alarcon. 
Guydo  de  Monfort. 
D.  George  Manrique. 
D.  Felipe  de  Cervillon. 
D.  Joan  de  Lordat. 
Cornille  Vauderel. 
El  conde  Atilio  de  Athenas. 
D.  Hernando  de  Valencia. 
D.  Alonso  de  Rîl. 
D.  Bernardine  de  Velasco. 
D.  Garcia  d*Ayala. 
Adan  Syncendorsf. 
D.  Francisco  Darino. 
D.  Carlos  Millort. 
Joan  de  Brancion. 
Jaques  Quarrey. 
Cristobal  Batury. 


b.  Lopez  Moxicâ. 

D.  Lorenço  de  Figaeroa. 

D.  Juan  de  la  Cueva. 

D.  Gabriel  de  Peraha. 

D.  Rodrigo  d*Avalos. 

Françoys  de  Vergy. 

Felipe  VaDdimeere. 

Joan  de  Bouxtel. 

El  conde  de  Poddevaulx. 

Nicolas  de  Gavia. 

Joan  de  Merodes. 

Felipe  de  Liqoes. 

Antonio  de  Cilly. 

Antonio  de  Vasompierre. 

Josepe  van  Tournoiilt. 

Jean  de  Mon  fort. 

N.  de  Domy. 

N.  de  Eznique. 

l^oys  de  Merode. 

£1  vizconde  de  Ligni. 

Hector  Spinola. 

Joan-Bap**  d*Andelot. 

Claudio  de  Tallant. 

Mucher  Taller. 

Volf  van  Papenam. 

Bornonville. 

Mar.  de  Ganos. 

Felipe  de  Montmartin. 

Charles  de  Longasta. 

Arnoul  de  Bimelsberghe. 

Marco  Antonio  de  Noguerol. 

Jaques  de  Morselet. 

Pages. 
Joan  de  Noirc^rmes. 


(76), 

Lots  Faulcué. 

Théodore  de  Batenibourg. 

Charles  de  Azce. 

Marcos  de  Ganos,  ayo  de  los 

pages. 
Pierre  Havys,  su  ayuda. 
Eustace  de  la  Sale,  capellan de 

los  pages. 
Un  cocinero  de  los  pages. 

Panateria. 

Felipe  Baudequin ,  sumillier. 
Pierre  Brusset,  su  avuda. 
Guillame  de  Ham ,  frutier. 
Gery  Ayze,  oblier. 
Giles  van  Voerspoel,  nooço. 
Joan  Renau,  panadero. 
Margarita  de  Brusis,  lavandera 

de  boca. 
Andréa  Pletinz,  mantequero. 


E$ch<mçaneria, 

Cornelio  de  Bugnon,  ayuda  de 

sumiller  de  la  caba. 
Nicolas  Crispeel,  sota-ayuda. 
Aulbert  Grispel ,  moço. 
Nicolas  OEneus,  cervezero. 
Hendrych  van  Vynchel ,  cefve- 

zero. 

Cocina. 

Ludovico  Visser,  cocinero. 
Antonio  Parmentier,  cocioçro. 


i 


,  porUdor.  Venant  Dnboyi,*coiTeo. 

rlador.  Joan  Lorre,  fîamfarero. 

ocina.  Hans  Somegunn,  fiambrero. 

otagier.  BastiandeNouve]les,6Bmbrera. 

),  paatolero.  Hennandela  Varde,  sastre. 

uer.  Hïguel  île  Hun,  macero. 

,  portero  d«  Eslîenne  de  la  Joncbïere,  ma- 
cero. 

;aad«r.  Estienne  Horel,  ray  d'armas. 
iroreedor. 
roveedor.  Trompetai. 

nger.  Higuel  de  la  Unretle. 

Joan  lie  Palermo. 
lUdl.  Nicolas  Duboys. 

inger.  Pedro  Nacionx. 

Joan  Nacionit. 
s.  Françoys  de  Palermo. 

Vincent  Ekiloneie. 
ibier,  Mateo  de  Palermo. 

r ,  8P  ayuda.    Gery  Ordin. 

Higuel  Valentin. 
1.  Enrique ,  atavalero. 

ro.  TaiUdoreB  de  vilmelat  de  arcoM. 

uda. 

da.  TomAs  Herman.  • 

Joan  Herman. 
ixa.  Gaspar  Payen. 

Françoys  Cornette. 
nrriel  de  la 

Laeayoï. 
m  aynda. 

y  uda.  Hateo  Rotarl. 

I,  correo.        Luis  Letret, 


(78) 


Diego  Aparido. 
Francisco  Ahtarete. 
Gaspar  Mateo. 
Santiago  Bhnco. 

Moçoê  de  Niera. 

Pierre  Gilles. 
Antoaio. 
Joan  Rodrigo. 
Alonso. 

Un  aguador  de  la  cavalieriza. 
Hoços  de  caballos. 
Luis  de  Acevedo ,  siilero. 
Henry  Colin,  frenero. 
M.  Domingo,  herrador. 
M.  Federico ,  herrador. 
Willen  van  Voermes,  armero. 
Benedicto  Scaler,  armero. 
Joan  Fix,  armero. 
Francisco  Noguerolo,  dorador. 
Fabian  Davila,  cerragero. 
Sanson    Openberghe,    plama- 
gero. 

Furriera,  -—  GentUe$hombre$ 
•     delà  cémara. 

El  S^  de  la  Chauk. 

D.  Luis  de  Çûâiga. 

El  S*'  de  Bevres. 

El  S^"'  de  Herbays. 

El  conde  d*Agamont. 

Don  Hemando  de  h  Cerda. 

El  S*  de  Noircarmes. 


El  S*  de  Hubermont. 

El  principe  d'Oranges. 

El  conde  de  Reox. 

El  doclor  GorneKo,  médieo  de 

oàmara. 
El  doctor  Vesalio,  médieo  de 

familia. 
Guyon  de  Monrron,  gaarda- 

ropa. 

Ayudaê  de  eàmara. 

Adrian  Diiboys. 

Claudio  le  Beuf. 

Antonio  de  Canos. 

Hugues  de  DouTrin. 

Philibert  de  Yaultravers. 

Guillame  de  Maie. 

Nicolas  Bonart,    barbero   de 
corps. 

Nicolaa  Bénigne,  ayoda  de  bar- 
bero. 

Guiilermo,  ayvdade  barbero. 

Un  barbero  del  comnn. 

Estienne  Sale,  cimjano. 

Maestro  Frans,  cirajano. 

Alonso  de  Palacios,  axer  de 
càmara. 

Ogîer  Bodart,  axer. 

Antonio  Brun ,  uxer. 

Sébastian  Reymbouli,  betiei- 
rio. 

Joan  de  Corbehen,  boticario. 

Joan  Nicoby ,  tapieero. 

Noiet  Palebroo,  sa  ayada> 


(79) 


Joan  LaDgele,  su  ajfiida. 
Baadiehon,  sota-ayuda. 
Joes,  retopador. 
LieTÎn  de   Billee,   ayoda   de 

gnardajoyas. 
François  de  Valières,  ayuda  de 

guardajoyas. 
LoisSigoney,  greffier. 
François  Hannart,  aposentador 

de  palaeio. 
Pierre  de  Croninguen,  aposen- 

lador  de  la  casa. 
Francisco  de  Tolosa,  aposenta- 
dor. 
Rogier  Lestamer,  aposentactor. 
Gantier  de  Moucron,  aposen- 

tador. 
Hognçs  Consin,  aposentador. 
Ana  Vesalius,   lavaiidera  de 

eorjM. 
Amomo  Danxon,  platero. 
Fions  Tutenare,  sastre. 
Rogier  Herraert,  calcetero. 
Narcos  Amador,  çapatero. 
Nicolas  Dorley ,  pell^ero. 
Jai|ues  vaa  Vindelberbre,  bor* 

dador. 
Gilles  TMi  Gmnebeghe»  entaUa- 

dor. 
Joan  Valin,  relogero. 
Hans  Daniel,  cerragero. 
Margarita  Daboys ,  costurera. 


Q  eo&de  de  Heghe»,  capiUn 
de  les  archeros. 


Guillame  de    Flory,  su    te- 

niente. 
Claudio  Guy,  capellan  de  los 

archeros. 
Antonio  Savron ,  furriel  de  los 

archeros. 
Bonaventura,  trompeta  de  los 

archeros. 
Ochenta  y  cinco  archeros. 
Rodrigo  de  Baçan,  teniente  de 

la  guarda  espanola. 
Un  alferez,  un  capetlan  y  un 

furriel  de  la  dicha  guarda. 
Cient  alaharderos  de  la  dicha 

guarda. 
Cristobal  Sterseen ,  teniente  de 

la  guarda  alemana. 
Un  escribano  y  un  capellan  de 

la  dicha  guarda. 
Cient  alabarderos  de  la  dicha 

gnarda. 
Francisco  de  Yera,  que  ténia 

cargo  del  azemileria. 
Un  oficial  que  le  ayudaba. 
Un  herrador  del  azemileria. 
Un  bastero  dd  azemileria. 

Pensianarios, 

El  duque  de  Saboya. 

El  duque  de  Alba. 

El  conde  de  Boussu. 

£1  duque  Adolf  de  Holstain. 

El  obispo  d'Arras. 

El  &*  de  Rye. 


El  conde  de  Heghen. 
El  S*  dWndelot. 
Polidor  de  Thian. 
Marco  Antonio  Centurion. 


(80) 

El  secrelario  Bave. 
Très  monteras. 
Joanelo. 


IV. 


INVENTAIRE  DE  hk  TAISSELLB  D  ARGENT,  DES  LIVRES,  DBS  TA- 
BLEAUX ET  DBS  AUTRES  MEUBLES  QUE  l'eMPBRBUR  EMPOKTA 
EN  ESPAGNE  (1). 

Bruxelles,  18  août  1556. 


S'ensuj'll  la  vaceile  d^ar^peDl,  dorée  et  blanche,  et  auftres  meubles  que,  |Mr 
ordonnance  de  TEmpereitr,  Franchois  de  Vallière8,a^dedeg^arde-jo/atth 
de  Sa  Majesté,  a  délivré  et  mys  es  mains  de  Jehan  Stercke,  compaingnoo 
en  ladicte  office  au  garde-jojaulx  de  Sadicte  Magesté,  pour  les  garder  et 
conduire,  en  su/vant  Sa  Magesté. 


Petitte  chappelle. 

Premièrement,  une  calice  et  la  patine  y  servant,  pesant  trois 
marcqs  cincq  onces. 

Item,  une  boicte  à  mectre  des  hosties,  pesant  ung  marcq  six 
onces  hayct  estrelins. 


(1)  Cet  inventaire  n*est  pas,  comme  les  autres  pièces  de  ce  recueil,  tiré 
des  archives  de  Simancas  :  il  existe  en  original  aux  archives  du  royaume,  à 
Bruxelles  (n°  96  des  registres  de  la  chambre  des  comptes).  Il  porte  sur  la 
couverture  le  titre  suivant  :  Inventaire  dee  meubkê  que  V Empereur  print 
pour  ton  portement  d'Espaigne,  etc. 


* 

—m 

(81) 

Item,  deut  ampoulles,  pesant  deux  luarcqs  trois  onces  sept 
estreiins. 

Item,  ung  bassin  armoyé  au  mitant  avecque  des  armes  de  Sa 
Magesté ,  pesant  quatre  marcqs  cincq  onces  sept  estreiins. 

Item,  ung  benoitier  avecque  son  asperges,  pesant  huyct 
marcqs  trois  onces  noef  estreiins. 

Item,  deux  chandelliers  d^afgent  dorée,  pesant  dix-sept 
marcqs  six  onces  quinze  estrslins. 

Item,  une  clochette  d*argcnl  dorée,  pesant  trois  marcqs  cincq 
onces. 

Item,  une  croix  d*argent  dorée  ayant  ung  cnixifix  au  milieu, 
Nostre-Dame  et  sainct  Jehan  es  costés,  ayant  au  milieu  du  piedt 
dn  cnixifix  ung  escusson  des  armes  de  Sa  Magesté,  pesant  dix- 
nœf  marcqs  quatre  onces  quinze  estreiins. 

Item ,  ung  aomement  de  velour  cramosy,  assavoir  :  une  casu- 
ble,  une  estolle,  ung  maniple  doublé  de  sattin  noir,  lesdicts  es- 
tolle  et  maniple  ayans  frainges  de  fil  d'or  et  de  soye  rouge;  une 
serviette  de  soye  rouge,  trachée  de  fil  d*or  et  de  soye  rouge, 
comme  dessus;  deux  frontaulx  servans  à  Taultel,  Fung  pour  le 
hanli  et  laultre  pour  le  bas,  de  mesmes  velours,  brodées  à  Ten- 
tour  de  toyile  d*or.  Audit  frontal,  en  hault,  y  a  une  croix  brodée 
de  la  mesme  toille  d*or. 

Item,  deux  missels,  Tung  couvert  de  velour  rouge. 

Item,  ung  corporal  du  mesme  velour. 

Item,  une  pierre  de  proffile  enchâssé  en  boys. 

Item,  une  croix  d'argent  dorée  avecque  le  piedt  y  servant, 
sur  laquelle  croix  est  attachée  la  resamblanche  de  Nostre-Sei- 
gD«ir,  d'argent,  pesant  quatre  marcqs  deux  onces. 

Item,  ung  calice  avecque  sa  patène  y  servant,  pesant  deux 
marcqs  six  onces  douze  estreiins. 

Item,  une  boicte  d'argent,  dorée  par  dehors,  servant  à 
mectre  des  hosties,  pesant  ung  marcq  une  once  deux  estre- 
iins. 

Item,  deux  ampoullettes  d'argent  dorée,  pesant  ung  marcq 
ODxe  estreiins. 

ToxE  H.  6 


1 


Item,  deux  chandelliers  d^argent  dorées  en  auleuoes  lieux, 
pesant  ensamble  trois  marcqs  une  once  quinze  eslrelins. 

Item ,  ung  petit  bassin  d  argent ,  tout  le  bort  et  le  milieu  do- 
rée en  aulcunes  lieux,  pesant  sept  onces  trois  estrelÎQs. 

Item,  une  platine  servant  de  chandellier,  avecque  sa  mouchette 
pendant  à  une  chaynette,  pesant  sept  onces  deux  estrelins. 

Item,  ung  aornement,  assçavoir:  une  casublede  linge  dont  le 
croix  et  le  bort  tout  à  Tentour  est  ouvrée  des  esloilies  de  soye 
jaulne  et  violet;  une  cstolle  et  maniple  de  mesme  ouyrage.;  deux 
frontaulx  samblables  à  ladicte  casuble;  ung  petit  fronta/ob 
avecque  des  longues  frainges  ;  d^yn^  pièces  pour  pendre  studict 
frontaul ,  appellées  mainges  :  le  tout  de  la  oiesme  ouvraige  del9 
casuble,  et  doublée  de  taffetas  jaulne;  une  aulbe  et  ung  amîct 
garny  de  leurs  pièses  de  la  mesme  ouvraige. 

Item,  ung  livvret  en  parchemin,  eseript  à  la. main,  élujuiné 
et  historié,  comenchant  :  Tabla  de  lo$  offidos  que  en  eêlo  Ubro 
se  contienen  :  primeramente ,  el  officio  de  la  Nativitad,  et  finis- 
sant :  Requicscant  in  pace,  amen;  ledict  livvre  couvert  de  cayr 
tanné,  ayants  deux  fermans  d'argents  dorée,  èsquelz  à  tous  costés 
sont  les  armes  de  Léon  et  de  Castille. 

Item,  ung  aultre  livvre,  aussy  eseript  à  la  main,  illamiDé  el 
historié,  commenchant  :  In  nomine Dondni  Nostri  Jhesti  CrisU, 
et  finissant  :  Ad  compUlorium  dicunlur  sictit  in  prima  die  Pa^œ; 
ledict  livvre  couvert  de  cuvr  tanné,  aians  deux  fermans  d'or,  le 
dedens  esmaillé  de  noir,  et  au-dessus  une  rosette  eslevée  sans 
esmail. 

Chambre. 

Premièrement,  une  boutaille  pour  y  mectre  eaue  de  senteur» 
pesant  trois  marcqs  trois  onces  cincq^  estrelins. 

Item,  ung  bassin  d  argent  dorée,  pesant  six  marcqs  six  onces 
dix-noef  estrelins. 

Item,  ung  esguierre  d  argent  doréç,  pesant  cincq  niaroqs 
sept  onces  unze  estrelins. 


(83) 

Item,  ung  petit  bassin  d*argent  dorée,  pesant  trois  marcqs 
six  onces  unze  estrelins. 

Item,  une  grande  couppe  avecque  sa  couvercle  d*argent  dorée, 
pesanl  ciacq  marcqs  trois  onees. 

Item,  une  tasse  à  piedt  d'argent  dorée,  pesavl  trot»  maroqs 
deux  OBces  quinze  estrtlÎBs. 

Item,  trois  tasses  d  argent  blancq  à  piedt,  pesant  neef  mareqs 
deux  onces  quatorze  esirdîns. 

Item,  ung  petit  flaccon  d'argent,  pesant  trois  marcqs  cîncq 
onces  dix-sept  estrelin». 

Item,  six  cbandelliers  d'argent,  pesant  ¥ingt-six  marcqs 
cineq  onces. 

Item,  deux  chandelliers  d'argent,  pesant  eineq  nvareq»  sept 
onces  unze  estrelins. 

Item,  une  platine  d  argent,  pesant  ung  marcq  nnze  estrelins. 

Item,  ung  eaatre  d'argent,  pesant  vingt  raareqs  wx  onees 
QDze  estrelins. 

Item,  ung  grandt  bachin  d'argent  parfond,  et  ung  petit,  pe- 
sans  ensamble  unze  marcqs  quatre  onces  deux  estrelins. 

Item,  ung  bacbin  noir  d'argent,  pesant  treize  marcqs  trois 
onces. 

Item,  deux  petits  pottequins  d'argent,  qui  sert  à  la  cbanifare 
de  Sa  Magesté  pour  y  roectre  bouoqnetz,  pesants  ensemble  deux 
marcqs  sept  onces  dix-sept  estrelins. 

Item,  ung  pispot  d'argent,  pesant  deux  marcqs  quatre  onces 
unze  estrelins. 

Item,  ung  grand  bassin  d'argent  blancq,  pesant  six  marcqs 
cincq  estrelins. 

Item,  ung  petit  bachin  d'argent  blancq,  pesant  trois  marcqs 
trois  onees  douze  estrelins. 

Item,  une  esguière  d'argent  blancq,  pesant  dncq  marcqs 
qjnatre  oaces  deux  estrelins. 


^ 


(8») 

Barbie, 

Premièrement,  ODg  bachin  à  barbier,  d'argent,  pesant cineq 
marcqs  trois  onces  unse  estrelins. 

Item,  deux  potz  d'argent,  pesant  ensamble  unze  maroqs  sept 
onces  sept  estrelins. 

Item,  ung  petit  bachin  d'argent  dorée,  pesant  ung  marcq 
sept  onces  treize  estrelins. 

Item,  ung  recuroir  des  oreilles,  d'or,  pesant  seize  estrelins. 

Item,  une  petitte  boicte  placte,  d'argent  dorée,  avecque  une 
aultre  moindre  dedens,  ouvrée  à  la  morisque,  pesant  ensamble 
sept  onces  noef  estrelins. 

Item,  ung  petit  pot  d'argent,  sans  couvercle,  servant  de 
pissepot,  pesant  ung  marcq  deux  onces. 

Item,  une  petite  fiole  d'argent,  pesant  une  once  douze  estre- 
lins. 

Pann^rie. 

Premièrement,  une  sallière  d'or,  pesant  ung  marcq  trois 
onces  huyct  estrelins. 

Item,  une  cuUière  d'or,  avecque  une  pièce  de  licorne  au  mi- 
lieu ,  pesant  une  once  dix-huyct  estrelins. 

Item,  une  sallière  d'argent  dorée,  bien  ouvrée,  pesant  ung 
marcq  seize  estrelins  d'argent. 

Item ,  deux  petittes  sallières  dorées  rondes,  chascune  de  deux 
pièces,  servant  l'une  sur  l'aultre,  pesant  ensamble  deux  onces 
dix-noef  estrelins. 

Item ,  six  trenchoirs  d'argent  dorées  quarées,  pesant  ensamble 
unze  marcqs  deux  estrelins. 

Item,  douze  cuillères  d'argent,  pesant  «ensamble  trois  marcqs 
quatre  estrelins. 

Item,  une  cullière  d'argent  dorée,  pesant  deux  onces  cincq 
estrelins. 


(85) 

Item,  deux  ouviers  d*argent  dorées,  pesant  ensamble  ung 
marcq  trois  onces  dix-sept  estrelins. 

Item,  coffins  d*argent  dorées  servant  à  mcctre  cnredens, 
pesant  trois  onces  douze  estrelins. 

Item,  huyct  escuelles  d'argent,  avecque  les  armes  de  Sa 
Magesté,  pesants  ensamble  vingt  marcqs  deux  onces. 

Item,  ung  bachin  d'argent  tout  trouué,  pesant  deux  marcqs 
une  once. 

Item,  deux  tasses  d'argent,  pesant  ensamble  six  marcqs  cincq 
onces  dix  estrelins. 

Item,  deux  reschauffoirs  d'argent,  pesant  ensamble  quinze 
marcqs  une  once  unze  estrelins. 

Item,  une  petitte  boicte  d'argent,  à  mectre  passes,  pesant 
quatre  onces  ung  estrelin. 

Item,  ung  pot  d'argent,  à  mectre  moustarde,  pesant  trois 
marcqs  trois  onces  dix-sept  estrelins. 

Item,  deux  boictellettes  d'argent  souldées  ensamble,  servant 
à  mectre  pesches,  pesant  sept  onces  douze  estrelins. 

Item,  deux  sallières  d'argent,  pesant  ensamble  deux  marcqs 
sept  onces  quinze  estrelins. 

Item,  une  collière  d'argent  dorée  ayant  la  manche  quarré, 
pesant  deux  onces  cincq  estrelins. 

Item ,  trois  grands  cousteaulx  et  une  fourquetle  garnie  d'ar- 
gent dorée,  avec  les  armes  de  Sa  Magesté;  la  gayne  est  couverte 
de  velour  noir,  gamye  les  deux  boutz  d'argent  dorées. 

Item,  deuxaultres  payres  de  cousteaulx  avecque  leurs  deux 
gaines,  garnies  les  deux  bouitz  d'argent,  dorées  au  mitant. 


Cave. 


Premièrement,  ung  lingot  d'or,  pesant  cincq  onces  dix  estre» 
lins  et  demy. 

Item,  deux  couppes  d'argent  dorées,  à  couvercles,  pesant  en- 
semble douze  marcqs  six  onces  dix  estrelins. 


■•■Ai 


(86  ) 

Item  y  six  grandes  tasses  d'argent  dorées,  pesant  ensarable 
trente-quatre  niarcqs  trois  onces  dix  estrdins. 

Item,  une  esguierre  d'argent  dorée,  pesant  six  marcqs  deax 
onces  dix-neuf  èstrelins. 

Item,  deux  bassins  d argent  dorée,  pesant  ensamble  douze 
marcqs  six  onces  cincq  esireiins. 

Item,  deux  aultres  bassins  d*argent  dorée,  pesants  eoisamble 
douze  marcqs  sept  onces  dix-noef  estrelins. 

Item,  une  tasse  d  aident  dorée,  pesant  trois  marcqs  dnq 
estrelins. 

Item,  une  aultre  tasse  d'argent  dorée,  pesant  trois  marcqs 
trois  onces  sept  estrelins. 

Item,  trois  potz  d'argent  blancq,  pesant  ensamble  vingt-noef 
marcqs  trois  onces  quinze  estrelins. 

Item,  deux  aultres  potz  d'argent,  pesant  ensamble  vingt  et 
ung  marcqs  six  onces  douze  estrelins. 

Item,  deux  aultres  potz  d'argent,  pesant  ensamble  vingt 
niarcqs  sept  onces. 

Item,  ung  petit  pot  d'argent,  pesant  noef  marcqs  six  onces. 

Item,  quatre  flaccons  d'argent,  avecqne  leurs  couvercles  et 
chaynnes ,  pesans  ensamble  quarante-noef  marcqs  six  onces. 

Item,  deux  aultres  flaccons  d'argent  avecque  leurs  couvercles 
et  chaynnes,  pesant  ensamble  vingt-sept  marcqs  trois  onces  dix 
estrelins. 

Item,  quatre  petitz  flaccons,  avecque  leurs  couveroies  et 
chaynnes,  pesant  ensamble  vingt  et  ung  marcqs  trois  onces  dix 
estrelins. 

Item,  ung  grand  pot  d'argent  à  porter  eaue,  pesant  dix-huyct 
marcqs  six  onces  dix-huyct  estrelins. 

Item,  six  tasses  d'argent,  pesant  ensamble  dix-noef  marcqs 
quatre  onces. 

Item,  deux  esgqierres,  avecque  les  armes  de  Sa  Magesté,  pe- 
sant ensamble  douze  marcqs  quatre  onces  douze  estrelins. 

Item,  trois  ampoulles  ou  flaccons  servans  pour  rafreschier  vin, 
pesant  ensamble  dix-sept  marc((s  sept  onces  dix-huyct  estrelins. 


T»»-r     •  \«Ç'*  •■■*.;' 


(87) 

Item»  QD  petit  cimuldëron  d'argent,  t)esant  trois  knarcqâ  une 
ooce  ung  estrelin. 

Item,  deux  embouchures  d'argent,  servans  h  deux  bouraches, 
pesant  ensamble  deux  marciqs  deux  estrelins. 

Item»  ung  pot  d'argent,  pesant  cinq  marcqs  cincq  oiîces 
unie  estrelins. 

Item,  six  gobeletz  d'argent,  pesant  ensamble  quatoirze  marcqs 
cincq  onces  noef  estrelins. 

Item,  ung  petit  gobelet  avecque  sa  couvercle,  pesant  sept  onces 
quatorze  estrelins. 

Item,  ung  petit  bâton  d'argent,  sen'ant  pour  nettoie^  la  bouche 
de  Sa  Majesté,  pesant  seize  estrelins. 

Item,  ung  goubelet  d'argent,  dorée  en  anicuns  lieux,  pesant 
oDg  marcq  sept  onces  treize  estrelins. 

Item,  deux  esguierres  d'argent  avecqne  leurs  couvercles,  Fung 
plus  grant  que  l'aultre,  pesant  ensamble  cincq  marcqs  cincq 
onces  cincq  estrelins. 

Item,  ungbacbin  d'argent  blancq,  pesant  six  marcqs. 

Item;  trois  petittes  fiaccons  d'argent,  pesant  ensamble  huyct 
mireqs  trois  onces  dix  estrelins,  sans  leurs  couvercles,  qui  sont 
de  cuir. 

Item,  une  tasse  d'argent  à  piedt,  pesant  trois  marcqs  quinze 
estrelins. 

Item,  deux  tasses  d'argent  à  piedt,  pesant  ensamble  six  marcqs 
deux  onces  quinze  estrelins. 


Saulcerie. 

Premièrement,  ung  bien  grandt  plat,  pesant  unze  marcqs 
sept  onces. 

Item,  dix  moindres  platz  d'argent,  pesant  ensamble  quatre- 
vîngts-quatre  marcqs  sept  onces  cincq  estrelins. 

Item,  trente-six  moiens  platz  d'argent,  pesant  ensamble  deux 
centz  seize  marcqs  deux  onces  douze  estrelins. 


(88) 

Item,  trente-six  petits  platz  d*argent,  pesant  ensamble  eeot 
quarante- cincq  marcqs  deux  onces. 

Item,  quarante-huyct  escuelles  d*argent,  pesant  ensamble  cent 
quarante-quatre  marcqs  dix-sept  estrelins. 

Item,  deux  platz  d^argent  plus  longs  que  larges,  pesant  en- 
samble vingt  et  cincq  marcqs  trois  onces  dix-noef  estrelins. 

Item,  deux  parfonds  plats  et  deux  escuelles  à  oreilles^  servants 
à  prendre  bouillon ,  pesant  ensamble  huyct  marcqs  six  onces 
treize  estrelins. 

Item,  deux  tasses  d*argent,  pesant  ensamble  six  marcqs  ttm 
onces  sept  estrelins. 

item,  deux  pottequins  d'argent,  pesant  ensemble  sept  maroqs 
cincq  onces  seize  estrelins. 

Item,  trente-six  trencboirs  d*argent,  pesant  ensamble  cinc- 
quante-deux  marcqs  cincq  onces  dix  estrelins. 


Apotèquerie. 

Premièrement,  une  loucbe  pesant  trois  onces  unze  estrelins. 

Item,  une  tasse  d'argent,  à  piedt  et  à  couvercle,  pesant  quatre 
marcqs  sept  onces  six  estrelins. 

Item,  deux  d'argent,  dont  Tune  est  dorée,  pesant  ensamUe 
trois  marcqs  six  onces  douze  estrelins. 

Item,  ung  goubelet  d'argent  dorée:  pèse  ung  marcq  treize 
estrelins. 

Item,  ung  aultre  goubelet  d'argent  à  piedt,  pesant  ung  marcq 
quatre  onces  deux  estrelins. 

Item,  ung  aultre  goubelet  samblable,  pesant  ung  marcq  trois 
onces  cincq  estrelins. 

Item,  une  fourchette  d'argent,  pesant  une  once  deux  estre- 
lins. 

Item,  une  palette  d'argent  dorée,  pesant  une  once  quinze 
estrelins. 

Item,  une  boicte  double  avecque  sa  palette,  pesant  trois 
marcqs  sept  onces  ung  estrelin. 


(89) 

Item,  UDe  petitte  boiete  placle  d'argent,  pesant  sept  onces 
deux  eslrelins  et  demy. 

Item,  ung  long  flaceon  d'argent,  pesant  deux  marcqs  quinze 
estrdins. 

Item,  ung  auhre  flaceon  d'argent,  pesant  cinq  marcqs  deux 
onces  quatre  estrelins. 

Item,  ung  pot  d'argent,  pesant  cincq  marcqs  une  once  six 
estrelins. 

Item,  ung  aultre  pot  d'argent,  pesant  quatre  marcqs  sept 
onees  trois  estrelins. 

Item,  deux  boictes  d'argent,  pesant  ensamble  cincq  marcqs 
deux  estrelins. 

Item,  deux  longs  flaccons  d'argent,  pesant  ensamble  deux 
marcqs  six  onces  dix  estrelins. 

Item ,  deux  ampoullettes  d'argent,  pesant  ensamble  ung  marcq 
une  once  cincq  estrelins. 

Item,  ung  petit  pot  d'argent,  pesant  ungne  once  quinze 
estrelins. 

Item,  ung  flaceon  d'argent,  pesant  sept  marcqs  sept  onces 
qoinze  estrelins. 

Item,  ung  escumette  d'argent,  pesant  ung  marcq  trois  onces 
QDg  estrelin. 

Item ,  une  balanche  avecque  sa  chainneKe  et  bassins ,  pesant 
six  marcqs  cincq  onces  quatre  estrelins. 

Item,  une  aultre  balanche  plus  petitte,  avecque  sa  chnin- 
nette  et  bassins,  pesant  ung  marcq  trois  onces  quatorze  estre- 
lins. 

Item,  une  louche  d'argent,  pesant  deux  onces  unze  estrelins. 

Item,  deux  sarenges  d'argent,  pesant  ensamble  cincq  onces 
seize  estrelins. 

Cérerie. 

Item,  six  chandelliers  d'argent,  pesant  ensamble  vingt  et  six 
marcqs  sept  onces. 


(90) 


Croix  et  tableaux  de  dév9iùm. 


Premièrement,  tine  moîenne  croix  d'or  et  custode 
dorée  en  aulcunes  lieux,  aianl  plusieurs  reliqnères  éedens,  et  de 
la  vraye  croix  que  le  cardinal  de  Trente  a  donné  à  Sa  Magpsté, 
pesant  Tor  trois  onces  ung  estrelîn  ;  et  l'argent  poise  deux  maroqs 
quatre  onces  dix-huyct  estrelins. 

Item,  une  petitCe  croix  d'or,  où  y  a  une  petitte  piècbe  de  la 
vraye  croix ,  que  ceulx  du  cloistre  de  Sainct-Paule  ont  donné 
à  Sa  Magesté  :  pèse  dix  estrelins  huyct  grains. 


PainehàreB  de  diwiivn. 

Premièrement,  de  la  Trinité,  faiet  par  Tisiane  (0«  en  grande 
forme,  sur  toille. 

Item,  une  éfigie  de  Nostre-Seignetir  imprimé  en  cuivre i  aiant 
à  Taultre  costé  plusieurs  lettres  hébraïques,  ladicte  éiigie  mise 
en  une  petitte  boicte  d  or  faicte  de  la  mesme  largeur,  avecque 
son  couvercle  de  mesmes  :  icelle  boicte  pèse  ung  once  dix-buiet 
estrelins  et  demy. 

Item,  ung  tablian  de  bois  bien  ouvré,  en  forme  de  portai, 
ayant  deux  feuletz  dessus  le  premier,  et  painct  renonciation;  et 
au  plus  hault  est  une  ronde  bottelette ,  où  est  une  médaille  de 
camabieu  garnie  d'or,  où  est-contrefaict  l'Empereur  et  le  roy 
d'Espaigne,  et  par  dedans  ledict  tableau  sont  noef  médailles 
d  or,  les  unes  plus  grandes  que  les  autres.  La  première,  comeii- 
chant  en  bas ,  est  la  resamblancbe  de  Sa  Magesté;  la  seconde  de 
la  resamblancbe  de  l'Enipératrixe,  et  la  troisiesme  du  roy  d'Es- 
paigne, et  plus  haut  est  la  resamblancbe  de  Sa  Magesié  contre- 
faict  en  l'an  1541 ,  et  la  cinquiesme  est  la  resamblancbe  du  roy 
d'Espaigne  ;  la  sixiesme  est  la  resamblancbe  de  la  royne  d'An- 


(1)  Le  Titien. 


(91) 

gleterre,  et  en  la  septienne  est  contrefaict  la  resamblanche  de 
Sa  Magesté;  et  auprès  aa  mitant  est  contrefaictte  la  roynne  de 
Bohème ,  fille  de  TËmpereur;  et  en  Taotre  est  contrefaictte  la 
princesse  de  Portugal ,  seconde  fille  de  Sa  Magesté;  et  à  Tautre 
costé  dudict  tabliau  est  painct  dessu  le  feuillet  Nostre-Dame  de 
Pitié  tenant  Jésus  en  son  giron,  et  par  dessoubz  ledict  feuillet 
Ton  voit  Tenvers  desdictes  noef  médailles  d*or,  et  tout  au  plus 
hault  dudict  costé,  par  dehors,  gravé  ung  camahieu  garny  d'or 
de  la  resamblanche  de  Tlmpératrixe,  que  Dieu  aye  en  gloire. 
Pèsent  ces  noef  médailles  sept  màrcqs  quatre  onces  quinze 
estrelins. 

Item,  ung  grandt  tabliau  de  bois,  où  est  contrefaict  Jésus- 
Crist  portant  la  croix,  mené  de  deux  juifs,  Nostre-Dame  et  sainct 
Jehan  et  la  Véronique  et  Simon  le  suivant;  faict  par  maistre 
Michaél(i). 

Item,  ung  aultre  tabliau  de  bois,  où  est  contrefaict  Jésus- 
Crist  en  croix ,  que  sert  pour  mectre  dessus  ledict  grandt  tabliau 
faict  par  maistre  Michaél. 

Item,  la  resamblanche  de  Jésus-Crist  sur  pierre,  comme  il  fust 
flagellé,  avecque  ,ung  Nostre-Dame  de  Pitié  desur  bois,  atachée 
ensanAle;.faicte  par  Tisiane. 

Item ,  une  aultre  resamblanche  de  Nostre-Sçigneur  sur  bois,  et 
une  Nostre-Dame  de  Pitié  desus  pierre,  atachié  ensamble;  faicte 
par  Tisiane. 

Item ,  une  Nostre-Dame  de  Pitié ,  faict  desus  bois  par  Tisiane.- 

Item ,  une  aultre  Nostre-Dame,  faict  desur  toille,  tenant  Jhésus 
entre  ses  bras;  faict  par  Tisiane. 

Item ,  deux  petitz  tableaux  de  bois  garnis  de  bois  d^ébenne  , 
rang  plus  grand  que  Taultre,  qui  se  ferme  comme  miroirs  :  le 
plus  grand  se  pendt  avecque  ung  anneau  d'argent  doré^;  par 
dedens  est  painct  Nostre-Dame  tenant  Jhésus;  tout  droict  est 
joindant  ung  homme  dormant,  qui  samble  estre  Jesse  ou  Josep , 


(1)  Voj.  CharUt'Quini,  tic,  par  M.  Mimet,  â*  édition,  p.  214. 


(92) 

reposant  sa  main  dessu  une  table  là  où  est  une  rose,  et  Taultre 
costé  samble  estre  saincte  Elisabeth  tenant  sainct  Jeban-Baptîste 
par  la  tnain  tout  nud;  et  en  Taultre  tableau  est  palnete  Nostre- 
Dame  tenant  Jhésus,  qui  se  joue  avecques  sainct  Jehan  Tévan- 
gëliste,  et  de  ung  costé  et  d*aultre  de  Nostre-Dame  sont,  qne 
hommes  que  femmes,  sept  personnaiges. 

Item,  la  resamblanche  de  TEmpereur  et  de  Flmpératrixe,  sur 
toille,  faicte  par  Tisiane. 

Item,  la  resamblanche  de  FEmpereur  armé,  sur  toille,  faite 
pas  Tisiane. 

Item,  la  resamblanche  de  Tlmpératrise,  faict  sur  toille,  que 
Dieu  ayt  en  gloire;  faict  par  Tisiane. 

Item,  ung  tabliau  de  la  resamblanche  de  la  roynne  d*AngIe- 
terre,  faict  par  Tomas  More. 

Item,  une  petite  pièse  de  tapiserie  de  la  Adoration  des  trois 
roys. 

Item,  ung  anltre  petit  tabliau  de  bois,  là  où  sont  contre- 
faictes  les  quattre  enffans  du  roy  de  Bohême,  deux  filz  et  deux 
filles. 

Item ,  une  pièce  de  licorne,  percée  au  milieu  :  est  soyée  de  la 
grande  et  première  licorne;  pesant  quatre  onces  noef  estrelins 
dix  grains. 


UEmi^ereur  ,  ayant  ven  cestuy  inventoire,  et  tous  les  articles 
cy-dessus  escripls,  spéciffiés  et  déclairés,  a  ordonné  et  ordonne 
par  cestes  à  François  de  Yallières,  son  ayde  de  garde-joyaulx , 
suivant  sa  personne,  qu*il  mette,  baille  et  délivvre  tôt  ce  que 
cy-dessos  est  escript,  es  mains  de  Jehan  Stercke,  compaingnon 
audict  office,  auquel  il  ordonne  les  recepvoir  et  luy  en  faire 
garde;  et  d*icelles  parties  il  a  deschargé  et  descharge  ledict 
François  de  Yallières,  en  rapportant  le  récipissé  dudict  Jehan. 

Faict  à  Bruxelles,  lexvai^  jour  du  mois  d'aoust,  Tan  quinze 
cens  cinquante  et  six. 

CHiKLES. 


(93) 

Je,  Jehan  Stercke,  compaignon  à  Toffice  de  garde-joiaulx  de 
TËmpereur,  nostre  sire,  certiffie  et  connois  en  vérité  que  jay 
recen  de  Franehois  de  Vallières,  ayde  audit  office  de  garde» 
joiaulx  de  Sadicte  Magesté,  tous  les  articles  icy-dessus  contenus 
en  douze  feoiiletz  icy-devant  escripts.  Dont  j*en  prometz  faire 
iHHine  et  soenre  garde,  et  y  rendre  bon  compte  à  Sadicte  Magesté, 
00  auitre  à  qui  il  plaira  à  Sadicte  Magesté  ordonner.  Tesmoing 
mon  singne  manuel  cy-mis.  Faict  à  Bruxelles,  le  xviii®  jour  du 
mois  daoost.  Tan  quinze  cens  et  cinquante-six. 

J.  Stergke. 


V. 


PHILIPPE  II   A  LA   PRINCESSE  DONA  JUANA. 

Départ  do  l'Emperear  pour  la  Zélande,  où  il  s*einbarqaera  au  premier  vent  pro- 
pice. —  11  a  résolu ,  afin  de  ne  pas  occasionner  de  déplacemool  à  la  princesse , 
de  loger,  à  Yalladolid ,  en  la  maison  de  Gomei  Perez  de  las  Marinas ,  où  Riiy 
Gomez  loge  ordinairement.  —  Dispositions  à  faire  en  conséquence.  —  L'Em- 
pereur, en  débarquant ,  enverra  à  Yalladolid  son  maréchal  des  logis ,  afin  que 
tout  soit  arrangé  à  son  goût.  —  Les  reines  de  France  et  de  Hongrie  descendront 
au  palais ,  qu'il  faut  faire  évacuer  en  conséquence  par  les  conseils  qui  y  siègent, 
et  qui  pourront  s'établir  provisoirement  en  la  maison  de  D.  Francisco  do  Tobar. 
—  Quoique  l'Empereur  ne  l'ait  pas  voulu ,  il  conviendrait  que  quelques  per- 
wanes  principales  et  quelques  gentilshommes  allassent  au-devant  de  lui  au  port 
où  il  débarquera,  outre  les  six  prêtres  pour  lesquels  il  a  été  déjà  écrit. 

Gand,  8  septembre  1556. 


El  Emperador  mi  senor  partie  de  aqui  para  Gelanda  à  los 
veinte  y  ocho  del  passade,  y  Su  Magestad  esta  en  aquella  isla 
en  buena  dispnsicion,  à  Dios  gracias,  y  se  embarcarà  con  el 


-1-7^ 


(94) 

primer  tiempo;  y  segua  se  va  peaiendo,  parasce  c(ae  no  se  dila- 
tarà;  y  Su  Magestad,  porque  no  liagais  madanza,  ha  detenni- 
oadp  de  posar  en  la  casa  de  Gomes  Ferez  de  las  Marinas»  donde 
posaba  Ruy  Gomez.  Mandaréis  que  se  eoiaieoze  à  limptar  y 
adereszar  en  las  cosaa  m^oudaa  que  fueren  mentsler,  y  que  se 
tengan  compradas  alguaas  lablaa  y  siadera  y  materiales,  pan 
que,  si  Su  Magestad  ordenare  que  se  ie  kagaa  y  acemoden 
algunas  pizzas,  se  pueda  bacer  eon  brevedad  :  que  en  éesembar- 
caudo,  enviarâ  por  la  posta  adebnte^à  Rogier^  su  aposentador 
de  palacio,  para  que  le  tenga  hecbo  el  aposento  à  su  yoluDtad. 

Y  porque  es  razon  que  las  serenisimas  reinas  de  Francia  y 
Ungria  mis  lias  posen  en  palacio,  y,  si  no  se  desembarazasen  las 
piezas  que  tienen  ocupadas  algunos  de  los  consejos  y  otros 
oficiales  que  se  juntan  en  palacio,  no  habria  recaudo  suficiente 
para  sus  personas  y  mugeres,  y  para  vos  y  el  principe  mi  bijo, 
mandaréis  que  se  desembarazen ,  y  que  se  ponga  en  ôrden  lo 
que  fuere  menester ,  y  que  se  dé  recaudo  à  sus  aposeutadores 
que  eoviarân ,  asi  en  palacio  como  fuera  dél ,  para  sus  oficiales 
ordinarios  y  estados  que  no  cupieren  dentro,  y  ban  de  estar  à  la 
mano,  y  para  los  otros  criados  que  llevan  en  su  servieio.  Y  para 
que  se  junten  à  consejo  los  que  habieren  de  salir  de  palacio,  se 
les  podrà  senalar  la  casa  de  D.  Francisco  de  Tobar,  6  otra,  si  la 
hubiere  cerca. 

Y  aunque  Su  Magestad  no  ha  querido  tratar  dello ,  séria  jnslo 
que  viniesen  al  puerto  algunas  personas  principales  y  caballeros 
y  un  perlado  que  le  acompanasen,  demàs  de  los  seis  capellanes 
que  se  ban  escriLo  :  que ,  con  que  entiendan  que  vos  holgaîs  dello , 
y  que  paresce  asi  à  los  dei  consejo,  es  de  créer  que,  sin  mao- 
dargelo  espresamente ,  lo  haràn,  guiàndolo  y  endereszàndolo 
como  viéredes  que  sera  mejor ,  de  maneni  que  se  haga. 

De  Gante,  à  8  de  setiembre  1556. 


r 


(9S) 


VI. 


L4  PaUiCBSSE  DOlU  JUAHA  A  LUI»  QUUAOA. 

Ayant  appris  le  débarquement  de  I.' Empereur  et  des  reinea  à  Laredo ,  elle  le  prie 
de  s*y  rendre  à  la  réception  de  cette  lettre,  et  par  la  poste  ;  de  faire  connaître  à 
TEropereur  les  deux  logements  dont  il  peut  disposer,  et  de  lui  demander  s*il 
veut  (pt'im  place  des  poêles  on  <]fu'oa  £ssse  autre  chose  n  celui  qu'il  choisira  ;  s'il 
di^aijDB  être  eocoiçlé  àfi  la  garde  à  cheval  «t  à  pied ,  et  accompagné  de  quelques 
grands  ou  gentilshommes;  si  une  réception  devra  lui  être  faite,  ou  aux  reqies, 
à  Burgos  et  à  Valladolid  ;  si  le  prince,  et  elle,  et  les  conseils  iront  au-devant  de 
lui.  —  Elle  charge  Quijada  de  veiller  à  ce  que  rien  ne  manque  à  l'Empereur  et 
au  letaes  p^adani  le  voyage. 

y^Ua^i^Ua,  1<' octobre  1556, 

Là  Pbwcbsa. 

Luis  Mendez  Quijada ,  mayordomo  del  Eraperador  mi  senor , 
esta  manana  be  tenido  aviso  que  el  Emperador ,  mi  senor,  y  las 
terenisiinas  reynas  mis  tias  llegàron  à  Laredo  el  lunes  pasado, 
Tispera  de  Sant  Miguel ,  y  Su  Magestad  se  desembarcô  aquella 
larde ,  y  ellas  el  dia  siguiente ,  y  que  vienen  buenos  :  de  qu'e 
dado  mue  bas  gracias  à  Nueslro  Senor  y  recihido  el  placer  y  con- 
li^ntamienlo  que  es  razon.  Y  porque  ternâ  necesidad  de  vos  para 
el  caroino ,  y  tambien  conviene  saber  con  tiempo  donde  querrà 
posar  en  esta  viUa,  os  ruego  que,  luego  que  esta  recibais,  os 
partais  y  vais  por  la  posta  à  S.  M'** ,  y  llegado  le  deis  cuenta  de 
las  dos  maneras  de  aposento  que  de  aqiii  llevastes  entendido(l). 


(1)  Le  33  septembre,  la  princesse,  sachant  que  Quijada  se  proposait  de 
partir  pour  Laredo,  où  Ton  s^attendait  que  débarquerait  rEmpereor,  lui 
avait  mandé  de  Tenir  en  diligence  A  Valladolid  f  el  elle  lui  avait  montré,  pour 
quMl  en  rendît  compte  à  son  ancien  maître,  deux  maisons  qui  semblaient 
propres  à  son  logement. 


(96) 

y  me  aviseis  coq  toda  diligencia  cual  dellos  qniere  Sa  Magestad, 
y  si  manda  que  se  haga  en  ellas  alguoas  estufas  6  otras  cosas, 
para  que  se  haga  y  esté  à  punto  para  su  llegada. 

Asimismo  os  ruego  entendais  de  Su  Magestad  si  quiere  que 
se  envie  guarda  de  pîé  y  de  cavallo  para  su  acompanamiento  6  de 
las  sereoisîmas  reynas  mis  tias  ; 

Si  sera  servido  que  vayan  algunos  grandes  6  caballeros,  para 
que  vengan  en  su  acompanamiento; 

Asimismo  si  querrà  que  en  Burgos  y  aqui  se  haga  recibi- 
miento  à  Su  Magestad,  ô  â  las  reynas  mis  tias,  y  de  que  manera; 

Si  manda  que  el  principe,  mi  sobrino ,  le  saïga  à  rescibir  al 
camino,y  adônde; 

Si  sera  servido  que  yo  haga  lo  mismo,  6  los  consejos  que  aqai 
estàn; 

Y  que  me  aviseis  con  toda  diligencia  particularmente  de  lo 
que  fuere  su  voluntad  en  todo. 

Asimismo  os  encargo  tengais  el  cuidado,  que  de  vos  confie, 
que  por  el  camino  sea  Su  Magestad  muy  bien  proveido  de  todo 
lo  que  fuere  menester,  y  lo  mismo  las  serenisimas  reynas  mis 
tias ,  y  de  entender  si  hay  en  ello  buen  recaudo  :  avisando  al 
alcalde  Durango  de  lo  que  os  pareciere  que  sera  necesario  que 
él  provea ,  para  que  no  baya  falta ,  y  à  mi  siempre  de  lo  que  de 
aca  conviene  que  se  provea  para  ello  :  que  en  ello  me  haréis 
mucho  placer. 

De  Valladoiid,  â  primero  de  octubre  1556  (i). 

La  Pringesa. 


(1)  Quijada  reçut  cette  lettre  le  3,  à  trois  heures  du  matia.  Quoiqu*mdis- 
posé,  il  se  mit  en  route  deux  heui^s  après,  et  il  arriva  à  Burços  le  o,  à  neuf 
heures  avant  midi.  A  Burgos,  il  ne  trouva  ni  chevaux  de  poste,  ni  chevaux  de 
louage,  pour  continuer  son  chemin.  (Lettres  de  Quijada  à  la  princesse  et  à 
Vazquez,  des  2  et  S  octobre.) 

Nous  avons  dit,  dans  le  t.  I^**,  p.  7,  note  3,  diaprés  les  extraits  de  M.  le 
brigadier  Aparici,  que  Quijada  était  arrivé  à  Laredo  le  9  octobre.  C^est  une 
erreur  :  il  ne  put  y  être  avant  le  5  ou  le  6. 


(97) 


VI  r. 


LUIS  QUIJADA   A  JUAN   TAZQUEZ  (1^ 

Averti&seioent  c«iifid«ntiel  des  propos  qni  se  tiennent  sur  ce  que  la  prin<iesse 
n'envoie  pas  plus  souvent  risiter  son  père.  —  Entrée  des  reines  à  Burgos.  — 
L'Empereur  ne  yent  pas  que  le  connétable  de  Gastille  lui  fasse  de  réception. 

Burgos  1 14  octobre  1550. 


liastre  isenor, uua  cosa  suplico  à  Viiestra  Merced,  y  esta 

DO  la  en'tienda  nadie,  y  lampoco  la  eiitendiera,  sino  que  veo  la 
entienden  aignnos  de  los  que  vienen  aqui,  y  miran  en  qoe  S.  V 
no  aya  enbiado  à  bisitar  nias  vezee  à  an  padre  de  lo  que  locho  (2)  ; 
y  puédese  azer  con  lion  correo  que  traya  très  renglones.  Y  no 
lo  diria  à  otro  que  à  Vuestra  Merced ,  à  quîen  suplico  rompa 
6sU  (3) 

Las  reynas  entran  al  punto ,  y  alla  es  ydo  el  condestable  bien 
aconpanado.  Su  Magestad  no  quiso  que  le  saliese  à  recebir,  sino 
que  le  esperase  en  su  posada  (4) 

De  Burgos,  à  los  i 4  de  octubre. 

Luis  Quuada. 


(1)  Qnijada  avait  écrit,  le  matin  du  même  jour,  à  Vazqaez,  pour  lui 
annoDcer  Farrivée  de  TEmpereur  à  Burgos.  Voy.  le  1. 1'^,  p.  31 . 

(3)  Sic ,  pour  lo  ha  hecho, 

(S)  Gaztelû  écrivait  le  même  jour  à  Vazquez ,  dans  le  même  sens. 

(4)  Alonso  Castillo  écrirait,  le  même  jour,  de  Burgos,  à  Vazquez  :  «  El 

•  eoodestable,  con  todos  sus  parientes,  esta  aqui.  Pùsoles  la  casa  muy  bien 

•  en  6rden,  y  tiene  mucho  cuidado  de  regalar  â  iodos.  • 


Tome  11. 


(98) 


VIII. 


LA  PRINCESSE  DOMA  JUANA  A  PHILIPPE  11. 

Débarquement  de  l'Empereur  et  des  reines  à  Laredo.  —  Dispositions  prises  par  h 
princesse  :  envoi  de  4,000  ducats ,  de  six  prêtres,  du  connétable  de  Gastillei  de 
révoque  de  Salamanque  et  de  Luis  Mendez  Quijada.  —  L'Empereur  ordonne  à 
révéque  de  Salamanque  d'accompagner  les  reiues.  Il  choisit,  pour  son  logement 
à  Valladolid ,  la  maison  qu'habitait  Ruy  Gomez ,  et  ordonne  d'y  faire  des  che- 
minées, le  palais  devant  être  rêsenré  pour  les  deux  reines.  —  11  veut  que  la 
garde  à  cheval ,  seule ,  soit  chargée  de  l'escorter;  qu'on  ne  lui  fasse  pas  de  ré- 
ception ;  que  les  grands  ne  l'accompagnent  pas ,  ceux  qui  désireront  le  visiter 
pouvant  se  rendre  à  Burgos  ;  que  le  prince  aille  au-devant  de  lui,  à  Gabesôo. 
A  Valladolid,  il  ne  veut  de  réception  que  pour  les  reines  :  quant  à  lai ,  H  suffira 
que  le  corrégidor  et  quelques  conseillers  aillent  h  sa  rencontre,  pour  le  guider, 
et  la  princesse  l'attendra  dans  la  chambre  qui  lui  est  destinée*.  —  Envoi  deD.  En- 
rique  Enrîquez  de  Guznian  et  de  D.  Pedro  de  Pimenlel  pour  le  visiter,  ainsi 
que  les  reines,  de  la  part  de  la  princesse  et  du  prince.  —  Ordre,  donné  nn  courte 
de  Benavente  et  à  l'amiral  de  Castille ,  de  l'accompagner.  —  Nouvelles  de  son 
voyage;  son  arrivée  à  Burgos  ;  fêtes  que  lui  préparent  en  cette  ville  le  duc  et  b 
duchesse  de  Prias.  —  Le  général  des  hiéronymites  et  fray  Juan  de  Ortega 
mandés  à  Valladolid,  selon  ses  intentions. 

Valladolid ,  15  octobre  1556. 


A  primero  del  présente,  escribi  à  V.  A**  con  un  corrco  que 
mandé  despachar,  y  aquel  dia  me  lle^ô  aviso  delà desembarcacion 
del  Emperador  mi  senor,  y  de  las  serenisimas  reynas  mis  lias, 
que  fué  en  Laredo  à  los  28  del  pasado,  bispera  de  Sanct  Mi|cuel, 
con  salud  :  de  que  doy  muchas  gracias  à  Nuestro  Senor.  Y«  condo  ya 
escribi  à  Y.  A*',  se  babia  proveido  an  tes  que  Hernando  Ochoa  (1) 
enviase  luego  al  puerto  los  cuatro  mil  ducados,  los  très  mil  para 
el  gasto  de  S.  M'*** ,  y  los  mil  para  el  acarreto  del  armeria  de 


(1)  Hernando  de  Ochoa  était  trésorier  du  roi. 


(99) 

V.  A"*,  y  que  fueseD  los  seis  capellanes;  y  tambien  avisé  al  con* 
destable  (i)  para  que  saliese  alcamino,  para  venir  acompanaodo 
ÂSb  M^  y  à  las  sereDisimas  reynas  mis  tias,  y  me  respoodié 
que,  annqoe  ténia  poea  salud,  lo  haria  (2),  y  el  obispo  de  Sala* 
manca  Ilegô  à  buen  tiempo(3),  y  S.M^'^  le  mandé  que  no  tuviese 
eoenta  con  él ,  sino  que  se  viaiese  con  las  reynas;  y  tambien  llegé 
Luis  Mendez  Quixada  à  servir  à  S.  M^"""*,  el  quai  viô  los  aposen* 
tos  de  aquf ,  para  dar  razon  dellos  à  S.  M^'*^,  y  yo  le  encargué  que 
supiese  si  era  servido  que  se  le  hiciese  recibimiento  en  Burgos 
y  aqui,  y  donde  mandaba  que  fuese  la  guarda  de  caballo  y  de 
pié,  y  saliese  el  principe  à  besarle  las  manos,  y  que  tambien 
haria  yo  lo  mismo,  y  los  consejos.  El  quai  después  de  haberlo 
comunicado  oon  S.  M^ ,  me  escribié  el  dieho  Luis  Quijada  que 
habia  elegido  para  sy  la  casa  en  que  posaba  Ruy  Gomez,  y  que  en 
ella  se  biciesen  très  cbimineas,  las  cuales  estàn  haciendo,  y  en- 
tablando  algunas  piczas,  y  que  las  reynas  estaban  contentas  del 
«posente  que  se  les  da  en  palacio,  porque  yo  dejo  el  mio  à  la 
reyna  de  Francia ,  y  el  principe  el  suyo  à  la  de  Ungria ,  y  yo  me 
paso  al  aposento  que  ténia  el  dnque  d*Alba ,  y  el  principe  à  los 
eDiresuelos,  y  témanse  à  los  del  consejo  real  los  que  ténia, 
porque  el  principe  tenga  sol,  y  pàsase  el  consejo  adônde  estaba 


(1)  Par  lettre  du  18  septembre. 

(S)  La  princesse  lui  répondit,  le  27  septembre,  que  ce  serait  pour  elfe  un 
grand  contentement,  sMI  pouvait  aller  au-devant  de  l'Empereur  et  des  reines, 
et  les  accompagner  jusqu'à  Valladolid,  «  porque,  ajoutait-elle ,  en  tal  liempo 
9  DO  séria  razon  que  faltâsedes,  pues  vos  y  vuestros  pasados  siempre  os  habeis 
9  «efialado  en  todo  lo  que  se  ba  ofrescido  de  su  servicio,  y  esto  no  podrà 

•  dejar  de  ser  may  acepto  à  S.  M^^  y  al  serenisimo  rey  mi  hermano,  y  â 

•  mi  me  haréis  mocbo  cargo  en  que  asi  lo  hagais.  • 

(8)  La  princesse  avait  écrit,  dès  le  18  septembre,  à  Pévéque  de  Salaman- 
que,  pour  lloviter  à  aller  au-devant  de  l'Empereur ,  à  Laredo. 

Le  4  octobre,  D.  Lois  de  Carvajal  faisait  savoir  à  la  gouvernante  que 
Véwéqué  était  arrivé  fort  à  propos,  et  que  l'Empereur  avait  été  très-satisfait 
fmits  qae  ce  prélat  lui  avait  apportés. 

fîous  possédons  ces  deux  lettres. 


(100) 

el  de  las  ôrdenès ,  y  este  y  la  contaduria  se  pasan  en  casa  dd 
comendador  mayor  de  Léon ,  doiide  se  les  da  boen  recaado  :  de 
manera  que  solo  el  consejo  real  y  el  de  Aragon  quedarân  en 
palacio.  £n  lo  de  la  guarda ,  manda  que  solo  vaya  la  de  caballo, 
la  cnal  es  ya  partida.  No  quiere  que  se  le  haga  recibimiento,  ni 
que  vayan  grandes  à  acompaoarle,  siao  que  los  que  quisieren 
vayan  à  Bnrgos,  y  de  alli  se  vuelvan ,  y  alli  mandé  al  duque  de 
Âlburquerque  que  salîese,  y  al  principe  manda  saïga  à  Cabezôn, 
y  porquc  vaya  bien  acompanado ,  he  mandado  liamar  ai  conde 
de  Benabente  (I)  y  al  almirante,  para  que,  demàs  de  los  otros 
grandes  que  aqui  estân ,  vayan  con  él.  No  quiere  que  aqui  se  le 
haga  recibimiento ,  sino  que  solo  saïga  el  corregidor  y  algaoM 
regidores,  para  que  le  guien,  y  que  el  recibimiento  quede  para 
las  serenisimas  reynas  mis  lias,  y  que  yo  le  espère  en  su  câmara, 
para  cuando  llegue  :  y  asi  se  cumplirà  à  la  letra. 

Don  Eorique  Enriquez  de  Guzman  y  D.  Pedro  Pimentel  (S) 
fuéron  à  visitar  à  S.  M*"^  y  à  mis  lias  de  mi  parte  y  de  la  del 
principe  :  los  cuales  son  vueltos,  y  dicen  que  le  dejàron  en 
Médina  de  Pumar  en  buena  dispusicion ,  y  que  partiria  de  alli 
el  domingo  pasado ,  y  vernia  en  très  jornadas  à  Burgos;  y  segan 
esto,  entré  alli  el  martes  pasado,  donde  esperaria  &  las  sereni- 
simas reynas,  que  ban  venido  una  jomada  detràs,  y  que  estaràn 
alli  dos  é  très  dias,  y  luego  partirian  para  venir  aqui,  donde 
se  espéra  que  seràn  para  los  22  del  présente;  y  el  dicho  condes- 


(1)  Nous  avons  la  lettre  de  la  princesse  au  comte  de  Benavenie  :  elle  est 
datée  du  1"^  octobre.  La  princesse  dit  au  comte  que,  comme  il  y  a  tant 
d^années  que  FEmpereur  a  quitté  PEspa^^ne,  et  qu'il  y  revient  maintenant,  U 
est  juste  que  quelques-uns  des  g^rands  aillent  au-devant  de  lui  et  raccom- 
pagnent jusqu'à  Valladolid;  qu^elle  Ta,  entre  autres,  choisi  avec  le  connétable 
de  Gastille  à  cet  effet;  qu'elle  est  persuadée  qu'il  s'en  réjouira,  etc. 

(3)  D.  Enrique  Enriquez  de  Guzman  avait  été  désigné  par  la  princesse, 
dès  le  18  septembre,  pour  aller  visiter,  en  son  nom,  l'Empereur  et  les  reines. 
D.  Pedro  Pimentel,  son  gendre,  devait  remplir  la  même  mission,  au  nom 
du  prince  D.  Carlos. 


(  101  ) 

table  j  la  duquesa  de  Prias  su  muger  me  dicen  que  les  tienen 
aderesçada  mncha  fiesta  en  Burgos,  bien  acompaâados. 

La  casa  donde  ha  de  posar  S.  M^*^  se  aderesça,  y  tambieu  los 
aposentos  para  las  serenisimas  reynas  en  palacio,  como  con- 
viene;  y  enTÎô  à  mandar  S.  M'*'  que,  para  cuando  llegase  aqui, 
se  ballasen  en  esta  villa  el  gênerai  de  los  gerônimos  y  fray  Juan 
de  Ortega,  y  que  se  le  hicîese  de  nuevo  vino  de  sen ,  y  asi  he 
mandado  que  se  proyea. 

I)e  Yalladolid ,  â  i  5  de  octubre  \  556. 


IX. 


FRANCISCO  OSORIO  (1)  A  PHILIPPE  II. 

EatrM  de  rEmperair  à  Yalladolid  le  91  octobre ,  après  midi  ;  réception  qui  lui 
est  faite  par  le  eoDoétable  et  l'amiral  de  CnstîUe ,  le  comte  de  Benavente ,  le 
marquis  d'Astorga ,  les  ducs  de  Nagera  et  de  Sesa  ,  les  prélats ,  le  corrégidor  et 
toot  le  corps  de  la  ville.  —  Entrée  plus  solennelle  des  deux  reines  le  lendemain; 
elles  sovpent  ayee  la  princesse;  paroles  de  satisfaction  de  la  reine  Marie. — 
Kzcellente  santé  de  l'Empereur,  des  reines ,  de  la  princesse  el  du  prince.  — 
État  sanitaire  de  Vnlladotid  ;  rétablissement  de  la  comtesse  de  Miranda  ;  mort 
du  comte  d'Albe.  —  Température  favorable.  —  Contentement  que  l'Empereur 
■lODtre  de  don  Carlos  :  remarque  faite  à  propos  du  prince ,  le  jour  où  il  alla 
aa-de>aot  de  son  grand  père.  —  Paroles  de  l'Empereur  à  Osorio.  —  Longue  et 
bienveillante  audience  qu'il  donne  aux  membres  du  conseil  d'État  ;  remerei- 
ments  qu'il  leur  adresse  de  leurs  services  et  de  leur  cèle;  compte  qu'il  leur 
rend  de  ses  actions;  éloge  qu'il  lait  du  Koi. 

Yalladolid,  26  octobre  1556. 


S.  C.  R.  M**',  bendito  sea  Dios  Nuestro  Senor,  que  Vuestra  Ma- 
geatad  tiene  la  salud  entera  que  tan  uniYersalmente  se  desea  :  à 
ao  diYÎna  piedad  plega  de  la  conserbar  como  la  cristiandad  lo 


^1)  Dào»  des  actM  de  1545  et  1545,  que  notis  avons  loas  les  yeux,  Fran- 


(  102  ) 

ha  menester  ;  y  de  suplicar  por  ella  en  los  monesterios  donda  se 
hace  la  contina  uracion ,  se  suplica  cod  la  dibucion  y  aficion  qoe 
contino  escribo  à  Vuestra  Magestad ,  y  dello  tengo  el  cuidado 
que  Vuestra  Magestad  es  servido  quç  se  tenga.  Y  esta  lia  tenido 
fuerza  por  que  Su  Magestad  haya  llegado  à  estes  reinos,  y  las 
serenisimas  reinas,  con  entera  salud,  y  cod  ella  entré  Su  Ma- 
gestad en  esta  villa  miércoles  en  la  tarde,  que  fuéron  veintey 
UDO  deste  mes ,  y  saliéron  los  grandes  que  aqui  esperaban  à  Su 
Magestad,  al  caminb,  à  besar  los  pies  à  Su  Magestad  :  que  son 
el  condestable,  y  conde  de  Benavente,  y  marqués  de  Astorga.y 
almirante,  y  duque  de  Nagera ,  y  duque  de  Sesa ,  y  otros ,  y  los 
perlados  qoe  aqui  se  hallàron ,  y  el  corregidor  con  toda  la  TÎUa; 
y  fué  su  Magestad  recebido  con  moy  grande  alegria.  Y  otro  dîa,  à 
la  mesma  ora,  entràron  las  serenisimas  reinas,  y  fuéron  rece- 
bidas  con  el  mismo  amor  y  solenidad,  y  con  tronpetas y  atabales 
y  menistriles,  y  saliéron  los  consejos,  y  iglesia,  y  estudio,  y  los 
dotores,  con  sus  insinias,  y  el  colegio  con  sus  vecas  coloradas; 
y  llegàron  Sus  Magestades  à  palacio  con  hachas ,  y  la  princesa 
roi  senora  bajô  al  patio  con  el  principe  nuestro  senor,  y  con 
todas  las  senoras  principales  que  aqui  estàn ,  y  alli  besàron  las 
roanos  à  Sus  Magestndes  con  niuy  grande  amor,  y  ceniron 
aquellu  noche  con  Su  Âlteza,  y  obo  una  muy  solene  cena  y  con 
mucha  alegria  :  de  que  Su  Magestad  y  las  serenisimas  reinas 
tubiéron  muy  grande  alegria  y  contentan)iento,y  la  serenisima 
reina  dona  Maria  tan  grande,  que  dicen  que  en  gran  manera 
dice  Su  Magestad  le  a  parecido  bien  todo  lo  que  ha  visto ,  y 
cada  dia  ternà  mas  conlentamiento  de  se  ver  en  estos  reînos, 


cisco  Osorîo  est  qualifié  de  chapelain  de  l^Emperear  et  aumdnier  du  priuce 
Philippe. 

Charles-Quint  avait,  dèa  cette  époque,  chargé  Osorio  de  faire  dire  pour  lui 
des  prières  dans  certains  monastères  d^Espagne,  et  ces  prières  se  continuèrent 
jusqu^à  sa  mort.  Une  somme  était,  à  cet  effet,  mise  chaque  année  à  la  dispo> 
sition  du  chapelain. 


(  i05  ) 

como  de  iodo  mas  particuiarmente  se  harà  relacion  à  Vuestra 
Ifagestad. 

Los  dias  en  que  Sus  Magestades  entràron,  hizo  sol  y  muy 
bncoos  y  claros ,  y  las  Galles  por  donde  entrâron  las  serenisimas 
reinas  estaban  muy  bien  entapizadas;  y  al  punto  que  esta  es- 
cribo.  Sa  Magestad  queda  con  entera  salud ,  y  las  serenisimas 
reinas;  y  la  mesma  tienen  la  princesa  mi  senora  y  el  principe 
nuestro  senor,  y  generaimente  decian  todos  :  «  Si  el  rey  nuestro 
»  senor  aquf  YÎniera,  fuera  el  alegria  doblada,  »  y  con  este 
deaeo  todos  suplicaban  à  Dios  Nuestro  Seftor  por  la  bienaventu* 
rada  yenida  de  Vuestra  Magestad  ;  y  este  rnego,  que  con  tanto 
amor  se  suplica  à  Su  Divina  Magestad,  a  de  tener  iuerza  para 
traer  à  Vuestra  Magestad  à  estos  sus  reinos,  con  la  prosperidad 
y  brevedad  y  salud  que  lan  universalmente  se  desea. 

En  esta  corte  ay  salud,  y  la  tienen  todos  los  vecinos  délia  con 
q»ien  se  tiene  cuenta,  porque  la  condesa  de  Miranda  que  estaba 
muy  al  cabo,  cuando  el  ùltimo  correo  partie,  esta  ya  sin  calen- 
tara;  y  no  a  yenido  aviso  que  del  reino  faite  persona  senalada, 
eelesîàstica  ni  seglar,  despuës  que  falleciô  el  conde  de  Alva, 
qae  ann  no  era  fallecido,  cuando  escribi  à  Vuestra  Magestad  la 
àltima  carta.  El  tieropo  hace  muy  bueno  y  llovido  razonable- 
mente,  y  agora  yela  razonablemente  de  noche,  y  solo  ha  hecho 
nieUa  un  dia  cerrada,  después  que  Su  Magestad  entré  aqui,  y 
no  dorô  mas  de  hasta  mediodia,  y  el  otro  niedio  hizo  muy  elaro 
soi  y  sin  aire,  y  asi  placera  à  Dios  Nuestro  Senor  que  los  harà 
boenos  el  tiempo  que  Su  Magestad  aqui  oviere  d*estar.  En  gran 
manera  se  huelga  con  el  principe  nuestro  senor,  y  medicen  que 
tiene  muy  grande  con  tenta  mien  to  de  Su  Aheza,  y  muestra  que  es 
tanto  que,  cuando  seofreciere  algo  que  importe,  le  a  Su  Mages- 
tad de  tenerle  en  consejo  d*Estado.  El  dia  que  saliô  à  recebir 
à  Su  Magestad ,  hacia  un  poco  fresco,  y  Ilevô  una  ropa  aforrada 
qae  le  parecia  muy  bien,  y  parecia  Su  Alteza  estrangero,  y 
fuéron  hartas  las  vendiciones  que  echàroo  à  Vuestra  Magestad  y 
à  este  bienaventurado  fruto  que  Dios  Nuestro  Senor  diô  à  Vuestra 
Magestad 


(m) 

Cuando  besé  los  pies  à  Su  Magestad,  pensé  que  no  me  cono- 
^era,  y  me  dijo  :  u  Francisco  Osorio,  i  como  estais,  que  coa- 
»  renta  anos  a  que  os  conozco?  »  Y  besé  los  pies  à  Su  MagesUd, 
por  la  memoria  que  de  mi  ténia;  y  esta  tubo  fuena  seryocmdo 
de  Vuestra  Magestad 

Très  dias  después  que  entré  Su  Magestad  aqui,  besàron  los  del 
consejo  todos  juntos  las  manos  à  Su  Mageslad,  y  Su  Magestad 
los  recebié  con  grande  amor ,  significàndoles  por  cuan  servido  se 
ténia  dellos,  y  dàndoles  gracias  por  sus  servicios  y  por  el  cni- 
dado  que  tenian  de  cumplîr  con  su  obligac'ion  ;  y  Su  MagesUd 
les  diô  cuenta  de  todo  lo  que  habia  hecho,  y  las  causas  que  le 
moviéron  à  lo  hacer,  y  la  principal  diciéndoles  la  TÎrtud  y  boa- 
dad  y  prudencia  de  que  Dios  Nuestro  Senor  habia  dotado  à 
Vuestra  MagesUd  para  servirle,  y  p:|ra  gobernar  y  régir  estes 
reinos,  y  de  lo  mucho  que  Vuestra  Majestad  habia  irabajado  en 
la  gobernacion  durante  su  ausencia;  y  en  razon  deslo  y  de  otns 
cosas  hablé  Su  Magestad  taies  y  tan  sautas  cosas,  que  no  se  yo 
encarescerlas.  Y  habiéndoles  Su  Magestad  hablado  y  dado  cuenta 
particular  de  todo ,  se  saliéron ,  daudo  gracias  à  Dios  Nuestro 
Senor,  y  tan  favorecidos  y  coutentos  que  no  cesaban  de  dar 
gracias  à  Dios  por  ello ,  como  de  todo  se  darà  mas  particular 
cuenta  à  Vuestra  Magestad ,  que  lo  sepan  decir  mejor  que  yo. 
Y  humilmenle  suplico  à  Vuestra  Magestad,  las  rodilias  en  el 
suelo,  que  me  perdone  haberme  alargado  tanto  :  que,  con  la 
licencia  que  Vuestra  Magestad  ha  sido  serrido  de  me  mandar, 
tengo  este  atrevimiento;  y  usando  dé! ,  daré  aviso  à  Vuestra  Ma- 
gestad de  todo  lo  que  se  ofreciere. 

Nuestro  Senor ,  etc. 

De  ValladoKd ,  26  de  otubre. 

Francisco  Osorio. 


(  105') 


X. 

L*EMP£RKUR   A  PHILIPPE   11. 

Ca«mitiiic«tioii  qua  le  duc  d'Àlborquerque  et  Ezcurra  lui  ont  donnée,  àBargos, 
de  rélat  des  néfocialions  avec  M.  de  Vendôiue  :  réponse  qu'il  leur  a  faite  sur 
la  déttr,  eapriiaé  par  ce  dernier,  qu'elles  continuent  d'avoir  lieu  sous  ses  aus- 
pices.  —  Ce  que  Ezcurra  lui  a  dit  en  particulier  du  peu  d'intelligence  qu'il  y  a 
entre  M.  de  Vendôme  et  le  duc  d'Alburquerque.  —  Il  presse  le  roi  pour  que  le 
prince  d'Orange  et  le  chancelier  Seld  aillent  effectuer  sa  renonciation  à  l'Empire. 

Sans  date  (  Valladolid, ..  novembre  1556.) 

El  duqne  de  Albun|tterque  ssAiù  à  mi  à  Burgos ,  y  trnjo  con 
él  al  d^Ezcurra,  y  me  diéron  cuenta  cusd  adelaote  tenian  aquel 
oegocio  coD  Mos'  de  Yandoma ,  pero  que ,  con  la  tiHfgua  y  mi 
Tenida ,  le  parescia  que  se  alargaba ,  y  que  no  quisiera  que  yo 
me  saliera  deste  negocio  en  ninguna  manera.  Yo  les  respondi 
que  Tos  hariades  en  éi  lo  mismo  que  yo,  y  que  asi  debian  entre- 
teoer  laplàliea  hasta  vnestra  venida  en  estos  reinos,  pues  séria 
tan  brève,  y  que  entônces,  segun  el  slado  de  las  cosas,  se 
podria  pasar  adelanle  en  el  negocio  :  que  en  lo  que  en  mi  fuesse , 
le  endereszaria. 

Después  de  parlido  yo  de  Burgos ,  saliô  â  mi  el  d*Ezcurra , 
y  me  dijo  que,  en  caso  que  se  baya  de  hacer  la  empresa,  me 
avisaba  que  Mos''  de  Yandoma  no  iria  debajo  del  duque  de  Albur- 
querque,  ni  con  ël,  ni  qu*estaba  bien  con  él;  que  se  mirase  la 
forma  que  en  esto  se  debia  tener.  Y  no  se  si  estas  cosas  son  para 
aalirse  de  la  plàtica  ;  y  por  esto  me  ba  parescido  avisaros  de  todo 
dlo ,  para  que  esteis  prevenido  para  su  tiempo 

ATÎsarmehéis  si  el  principe  d'Orange  y  el  canciller(l)  son  idos 


(1)  lie  cbaneetier  de  PEmpire,  6eorg«-Sif^ismond  Seljl, 


(106) 

al  serenisîmo  rey  de  Romanos,  roi  hermano,  sobre  lo  dd 
Imperio;  y  si  do  fueren  partidos,  dadles  prissa  en  que  Yajan; 
y  veoida  la  respuesta,  ineavisaréis  con  diligencia  délia,  porqoe 
deseo,  si  fuese  posible,  entrar  en  el  monesterio  libre  desto,  como 
de  lo  demâs. 


XI, 


MARGUERITE  D AUTRICHE,    DUCHESSE  DE  PARME, 

A  l'empereur  (1). 

Elle  a  appris  à  Milan  que  TEmpereur  est  arrÎTé  en  Espagoe ,  à  bon  port  :  ce  qui  lai 
a  causé  un  grand  contentement,  -r  Elle  part  le  lendemain  de  cette  rille,  peur 
les  Pays-Bas,  afin  d'aller  baiser  les  mains  au  roi,  et  de  lui  présenter  son  fib 
Alexandre. —  Elle  eût  été  heureuse  d'y  trouver  l'Empereur,  car  elle  n'a  pas  de 
plus  grand  désir  que  de  se  mettre  à  ses  pieds,  avant  de  mourir. 

Hilao,  5  nofenibra  1556. 


Sacra,  Cesarea  et  Catholica  Maestà ,  da  che  io  sono  in  Milano, 
bo  inteso  coine  Yostra  Maestà  è  arrivata  in  Spagna  a  salva- 
roento,  che  ne  ho  preso  tanta  contenteza  quanto  dire  si  puà. 
Prego  Nostro  Signer  Dio  la  conservi  sana  et  felicissima,  coroeio 
sua  huroilissima  et  devotissima  serva  desidero.  Il  re  mio  sîgnore 
è  restato  servito  que  io  vndi  a  basargli  le  oiani,  et  gli  presenti 
Âlessandro  mio  figliuolo  et  sno  bumiliasimo  el  perpétue  serve  : 
que  è  slato  per  nie  di  iniinita  gratia  et  consolatione;  et  piacendo 
a  Dio,  domane  mi  înviaro  alla  volta  di  Fiandra.  Et  se  Nostrç 
Signer  Dio  mi  havesse  concesso  che  io  havesse  trovato  la  Maestà 


(1  )  Nous  avons  une  autre  lettre  de  Mar^^uerite  à  Charles-Quim  :  elle  est 
écrite  de  Bruxelles,  le  3  février  1557;  ce  fut  Ruy  Gomez  qui  en  fut  porteur. 
Nous  ne  la  donnons  pas,  parce  quelle  ne  contient  que  des  comptimeiits. 


(  107  ) 

Yostra  in  quelle  bande ,  non  havevo  che  più  desiderare  al  mondo , 
che  pure  è  grande,  anzi  grandissimo,  il  desiderio  che  io  tengo 
di  vederla,  et  basargli  li  pîedi  et  mani  innanzi  che  io  mora,  per- 
che allrimenti  non  posso  vivere  contenta.  Et  per  non  faslidire 
la  Maestà  Vostra ,  reslo  basando  bumilmeute  le  sue  sacratîs- 
sime  njani ,  che  Dio  benedetto  mi  facci  gratia  conservarla  lunga- 
mente  sana  et  felicissima.  Di  Milano,  il  di  v  di  novembre  1556. 

Di  Vostra  Maestà  bumilissiroa  serva, 

Màrgarita  d*Austria. 


XII. 


FRANCISCO   OSORIO   A   PHILIPPE   11. 


Satisfactiott  que  montrent  les  deux  reinee  de»  honneurs  qui  leur  sont  rendus. 


Yallâdolid,  15  novembre  1556. 


S.  C.  R.  M**^, de  Su  Magestad  se  sabe  que  va  con  salud,  y 

que  ha  hecho  à  Su  Magestad  niuy  bien  lieropo La  princesa  nii 

senora  tiene  entera  salud ,  y  la  misma  el  principe  nueslro  senor, 
y  ans!  la  tienen  mny  entera  las  serenisimas  reynas,  y  muy 
grande  conlentamiento  del  servicio  y  aroor  con  que  Sus  Mages- 
tades  son  servidas  y  visitadas  de  los  grandes  y  senoras  que  aqui 
estàn ,  porque  Io  hacen  muy  contino,  y  con  mucho  aroor;  y  la 
princesa  mi  senora  haie  à  Sus  Magestades  mny  gran  companla  ; 
y  sieropre  coroen  juntas  en  el  aposenio  de  la  serenisima  reina  de 
Fraocia ,  donde  Vuestra  Magestad  comia. 

De  Valladolid ,  i5  de  noviembre. 

Francisco  Osorio. 


(108) 


XIII. 

LE  S'  DE  LA   CHàULX(I)  A  PHILIPPE   IL 

ExMllenle  Mnt«  do  l'Enpereur.  —  Son  arrivée  à  JarandîHa.  —  Son  projet  «TalkT 
visitor  Tuste.  —  Attente  où  il  est  d'une  réponse  du  roi. 

Jarandilla,  14  norembre  1556. 


Sire ,  j*ay  reeeuz  la  lettre  qu  il  a  pleuz  à  Voatre  Magesté  m'es- 
crire ,  en  responce  de  deulx  que  j'ayoia  eserit  à  Yostre  Nagesté  : 
don  je  suis  ester  bien  ayze  qui  les  aye  receues.  Quant  h  la  santé 
de  TEmpereur,  don  Vostre  Magesté  désire  savoir,  elle  a  ester 
tousjours  bonne.  Dieu  mercy,  et  ne  Fay  veuz  de  longtemps  sj 
bien  porter  corne  y  Fa  faicl  tout  le  long  du  cbeniyn ,  deppuis 
Larède  jiisqnes  en  ce  lieu  de  Jarandille,  où  il  ariva  le  xii*  de  ce 
moys,  environ  onne  heure  et  demye  de  nuyt,  ayant  faict  unae 
bien  grande  journée,  et  au  plus  mauvais  chemyn  qui  cVst  pos- 
sible de  voir,  sans  estre  que  bien  peu  lasser;  et  continue  h 
sancté  de  Sa  Magesté  de  bien  en  myeuh.  11  doisbt  aller  viziter 


(1)  Voy.  le  1 1"",  pp.  8, 14 ,  55,  64. 

Jean  de  Poupet,  S'  de  la  Cbaulx,  resta  avec  Charles-Quint  jusqu*i  ren- 
trée de  ce  monarque  au  monastère  de  Yuste.  Le  lendemain,  4  férrier  1557, 
il  prit  congé  de  TEmpereur,  partit  pour  Notre-Dame  de  Guadalupe,  d*0H 
il  se  rendit  i  une  commanderie  qu'il  avait  en  CasliUe,  et  retourna  aox 
Pays-Bas  i  la  fin  du  mois  de  mai  1557.  Dans  le  registre  n""  521  des  Cédulas 
de  la  Câmara,  il  y  a  un  acte  de  la  princesse  dofla  Juana,  du  16  mai 
1557,  par  laquelle  elle  ordonne  à  D.  Diego  Hurtado  de  Mendoza ,  provédi- 
teur  général  des  flottes  de  Laredo,  de  donner  passage  pour  la  Flandre,  sur  un 
des  meilleurs  navires  qui  devaient  s*y  rendre,  i  M.  de  la  Chaulx,  genlil- 
bomme  de  la  chambre  de  PEmpereur,  et  k  quarante  serviteurs  siens  et  de 
S.  M.  T.,  qui  n*avaient  pu  sVmbarquer  sur  la  flotte  de  D-  Luis  de  Carvajal. 


{  109) 
Joste  déans  deulx  ou  troys  jours ,  et  revenir  coucher  yssy ,  affin 
que,  s  yl  luy  a  quelque  chose  à  racoutrer,  qui  se  fasse  pendant  le 
sesjour  qui  fera  en  ce  lieu ,  que  je  pense  bien  sera  pour  tout  la 
fin  de  ce  moys  :  car  il  attant  la  responce  du  courier  qui  despécha 
i  Voslre  Magesté  dois  Yalladolid,  avant  son  partement,  pour 
après  se  résoidre  sellon  icelle. 

Sire,  en  baiiant  pieds  et  mains  de  Voslre  Magesté,  et  me 
recommandant  très -humblement  à  sa  bonne  grAce,  prieray 
le  Créateur  luy  donner,  en  très-bonne  sancté,  longue  et  heu- 
reuze  vie. 

De  Jarandille»  le  uni*  de  novembre  1556. 

De  Vostre  Magesté  très-humble  et  très-obéissant  subject  et 
serviteur,  qui  pieds  et  mains  de  Vostre  Magesté  baize , 

La  Chaulx. 


XIV. 


PHILIPPE   II  À  JUAN  VAZQUBZ. 

Ayant,  »eloa  le  désir  de  rSapereur,  fait  patser  des  ordres  à  Milan  ,  pour  que 
Gioraoni  Andréa  de  MoUo  se  rende  à  Yuste,  afin  de  donner  ses  soins  à  la  gué- 
risoQ  des  hémorroïdes  de  S.  M.  I.,  et  qu'il  soit  accompagné  de  Juan  de  Gurrea , 
senritear  de  Francisco  de  Ibarra ,  il  charge  Vaiques  de  les  faire  guider ,  à  leur 
arrivée  en  Espagne ,  et  ponr^-oir  des  choses  nécessaires. 

Bruxelles,  18  novembre  1556. 


El  Ret. 

Juan  Vazqnez  de  Holina,  nuestro  secretario  y  del  nuestro  con- 
sejoy  por  la  carta  que  el  Emperador  mi  senor  me  escribiô  de 
vuestra  mano,  habréis  visto  como  quiere  y  manda  que  Juan  An- 


1 


(  <io  ) 

drea  del  Mole  {{)  vaya  à  Yaste,  para  entender  en  la  eara 
aquella  au  enfermedad  familiar.  T  porqae  yo  be  enviado  ya  h 
érden  à  Milan,  para  que  dealli  Taya  derecbo  à  eaa  oorte  por  It 
poala  6  jornadas,  eomo  raejor  pqdîere,  atento  que  ha  estado  muj 
enfermo,  y  que  en  su  oompania  faese  tambien  luan  de  Garret, 
criado  de  Francisco  de  Ibarra,  con  érden  que  acudan  k  vos,  pan 
que  les  hagais  guiar  haata  Yuste,  ternéia  cuidado  que,  luegaqoe 
liegaren  abi,  seau  guiados  y  provehidos  de  lo  que  hubieren  me- 
nester  hasla  alla  (2). 

De  Brnselas,  à  16  de  novembre  1556. 

Yo  EL  Rey. 


(1  )  Oo  lit  Mola  et  Molo  dans  les  documents  que  nous  avons  insérés  an 
1. 1*',  pp.  08, 100, 120, 191 ,  129.  Dans  une  lettre  que  nous  avons  de  lai,  il 
signe  :  Gio.  Jndrea  de  Mollo. 

(2)  Mollo  et  Gurrea  arrivèrent  à  Jarandilla  le  29  janvier.  Le  lendemain,  à 
deux  heures,  TEmpereur  leur  donna  audience,  et  il  entretint  longuement 
Mollo  de  ses  hémorroïdes.  (Lettre  de  Gurrea  à  Vazquei,  du  50  janvier  1557.] 

On  a  vu ,  1. 1"',  pp.  121 ,  122, 1 24 ,  que  Mollo  quitta  Yuste,  sans  avoir  rien 
fait  de  ce  que  TEmpereur  s^était  promis  de  lui ,  et  même  sans  avoir  pu  trouver 
la  racine  galyoptU  dont  il  avait  besoin  pour  la  guérison  des  hémorroïdes  : 
à  la  veille  de  s^embarquer  pour  les  Pays-Bas,  où  il  voulait  aller  rendre 
compte  au  roi  de  son  voyage,  il  la  rencontra  le  7  avril,  à  une  lieue  et  demie 
de  Laredo  ;  lui  et  Gurrea  en  remplirent  une  caisse  qu^ib  expédièrent  i  ToMe. 
(Lettres  de  Mollo  et  Gurrea  à  TEmpereur,  du  8  avril  1557.) 

Cette  caisse  arriva  i  Yutte  le  22  avril;  PEmpereur  voulut  quVIe  fût  ouverte 
aussitôt,  et  il  fit  de  suite  mettre  en  terre  les  plants  qu^elIe  contenait  (T.  I", 
p.  144.) 


(  111  ) 


XV. 


LA   RGlIfR  ÉLÉORORE  (1)   A   GHARLES-QUIIH'. 


Elle  lai  envoie  U  réponse  du  roi  et  de  U  reine  de  Portugal  sur  la  venue  en  Gastille 
de  Tintante,  aa  fille ,  el  le  prie  de  leur  écrire  danit  le  sens  qu'elle  indique. 


Sans  date  (YaUadolid, ..  novembre  1556). 


Monseigneur,  le  Toj[i)  et  la  royne  de  Portugal  m^ont  fait  fa 
responce  sor  la  venue  de  ma  fille,  telle  qu  H  plaira  h  Yostre 
Magesté  faire  venir  par  les  coppies  cy-joioctes  (3).  Et,  combien 


(1)  Étéonore  d^Autricbe ,  sœur  aînée  de  Charles-Quint,  avait  épousé,  en 
1510,  Emmanuel  le  Fortuné,  roi  de  Portugal,  veuf  en  secondes  noces  de 
Xarie  de  Castîlle,  et  qui  mourut  le  10  décembre  15t!1.  Elle  épousa  depuis 
Prançob  I",  roi  de  France. 

f2)  Jean  III,  fils  d^Emmanuel  et  de  Marie  de  Castille,  qui  était  monté  sur 
le  trdne  en  15i1 ,  et  qni  avait  épousé  Catherine  d^Autriche,  sœur  de  Charles- 
Quint. 

(^  Cette  réponse  lui  avait  été  donnée  par  D.  Duarte  de  Almeida,  ambassa- 
deur du  roi  Jean  III.  Elle  portait,  en  substance,  que  le  roi  ne  pouvait  consentir 
â  oe  que  Finfante,  sa  sœur,  sortît  de  Portugal ,  à  moins  que  ce  ne  fût  pour 
se  marier;  qu*îl  n*en  avait  jamais  été  autrement  des  princesses  de  la  maison 
rojrale;  que,  si  la  reine  Ëléonore  voulait  voir  sa  fille,  elle  pouvait  venir  â 
Lisbonne,  où  elle  serait  honorée  et  respectée  comme  elle  devait  Pétre;  que, 
rialatite  ayant  été  élevée  par  lui  et  à  sa  cour  avec  tant  de  sollicitude  et 
d*aiRMton ,  leur  honneur  à  tous  deux  souffrirait  de  son  changement  de  rési- 
dence; que,  A  la  cour  de  Portugal,  elle  était  chez  elle  ;  qu*en  C^stille,  elle 
devrait  mener  mie  vie  toute  différente  de  celle  &  laqueUe  elle  avait  été  habi- 
tuée; qoe,quoiqu*alliée  de  très- près  k  la  maison  royale  d^Espagne,  cepen- 
dant lei  liens  qu'elle  avait  avec  la  maison  de  Portugal  étaient  encore  plus 


(  H2) 

que  je  ferav  mon  mieulx  de  retenir  icy  Tambassadeur  de  Po^ 
tagal ,  lequel  prétend  d^aller  vers  Vostre  Mageslé  [i  ),  jusques  à  ce 
que  D.  Sancho  de  C6rdoba  paisse  estre  despèché  vers  voos, 
aflSn  que  d\ivant  FarriTée  dudict  ambassadeur,  tous  pnisdo 
estre  informé  de  ce  que,  soubz  vostre  bon  plésir,  j  avons  icj 
advisé  ce  que  Ton  luy  pourra  respondre;  mais,  pour  aoltant 
qu  il  presse  fort  de  vouloir  partir,  pour  vous  déchirer  sa  charge, 
je  suis  en  double  si  le  pourray  tant  détenir  :  pour  quoy  fay 
bien  voulu  la  prévenir  par  cestes,  accompaignée  desdictes  cop- 
pies,  pour  sommairement  préadviser  Yostre  Magesté  de  tout  Et, 
quant  à  moy,  je  suis  délibéré  de  luy  seulement  dire  que,  par  les 


étroits,  etc.  (Lettre  de  Jean  III  à  D.  Duarte  de  Almeida,  du  7  novembre  15S6.) 
En  réponse  à  cette  communication ,  la  reine  Éléonore  adressa ,  le  3S  no- 
vembre, une  instruction  très-détaillée  à  son  amlmssadeur  à  Lisbonne, D.  Joan 
Hurtado  de  Mendoza;  en  même  temps  elle  écrivit  au  roi  et  à  la  reine  de 
Portugal.  La  reine  de  Hongrie  leur  écrivit  aussi  :  Tambassadeur  Almeida 
avait  élé  chargé  par  son  maître  de  la  visiter,  et  de  rengager  à  appuyer  an- 
près  de  sa  sœur  la  manière  de  voir  de  la  cour  de  Lbbonne. 

Dans  son  instruction  à  D.  Juan  de  Mendoza,  Éléonore,  après  avoir  ré- 
pondu aux  objections  du  roi ,  s^occupait  de  deux  autres  raisons  qui  avaient 
été  alléguées  à  son  ambassadeur ,  comme  étant  des  obstacles  à  ce  que  Tm- 
faute  dolia  Maria  vînt  en  Castîlle.  La  première  était  que  sa  dignité  ne  loi 
permettait  pas  d*aller  demeurer  dans  les  États  d*un  prince  qui,  après  avoir 
traité  de  son  mariage  avec  elle,  en  avait  épousé  une  autre;  la  seconde  était 
que,  en  Castille,  les  princes  n*étaient  pas  environnés  d^autant  de  respect  et 
d^égards  qu'en  Portugal.  Sur  le  premier  point,  la  reine  disait  que,  si  Phi- 
lippe II  avait  épousé  la  reine  Marie  d'Angleterre ,  c'avait  été  Touvrage  de 
Dieu,  qui  avait  voulu  se  servir  de  ce  moyen,  pour  ramener  la  nation  angbtse 
à  la  foi  catholique;  que  d'ailleurs,  si  la  princesse  avait  à  s'en  prendre  k 
quelqu'un,  c'était  au  roi  son  frère,  lequel  avait  fait  attendre  trop  longtemps 
sa  résolution,  lorsque  le  mariage  avec  Philippe  II  se  négociaiL  Elle  expri- 
mait son  étonnement  quant  à  l'autre  point,  qui  était  contraire  à  toute  vérité, 
et  assurait  son  ambassadeur  que  l'infante  recevrait,  en  Castille,  de  la  paît 
des  grands  et  des  gentilshommes ,  l'honneur  auquel  elle  avait  droit  de  pré- 
tendre. 

(1)  Le  roi  Jean  III  l'avait  expi-essément  chargé  d'aller  trouver  l'Empe- 
reur, pour  lui  donner  les  mêmes  explications  qu'à  la  reine  Éléonore. 


(  H3  ) 

responces  du  roy  et  royne  de. Portugal,  je  vois  bien  la  bonne 
aniour  et  affection  qii*ilz  ont  à  ma  filio  :  de  qnoy  je  leur  inercie, 
et  que  je  ne  double  que  les  dificultez  qu'ilz  meuvent  de  sa  venue 
vers  moy  procèdent  plus  de  ceste  amour,  que  pour  raison 
fondée  qu'il  y  ayt  qu'il  y  doive  tomber  aulcune  difficulté,  espé- 
rant leur  donner  de  si  bonnes  raisons  au  contraire,  que  ce  les 
mouvra  de  satisfaire  à  mon  intention.  Mais,  pour  aultant  que 
en  tout  ce  qu il  me  concerne,  n ay  jamais  voulu  prendre  résolu- 
tion, sans  savoir  le  bon  plésir  de  Vostre  Magcsté,  comme  de 
celuy  que  je  tiens  à  seigneur  cl  en  lieu  do  père,  j'ay  envoyé  à 
Vostre  Magesté  leur  responce  et  mon  advis  de  ce  que  je  pensoie 
respondre;  et  ayant  entendu  le  bon  plésir  de  Vostre  Magesté, 
leur  feray  faire  la  responce  par  D.  Juan  de  Mendoça ,  à  laquelle 
je  me  remeitray.  Vostre  Magesté  me  feroit  grant  bien  et  bon* 
neur,  et  je  luy  en  supplie  très-humblement,  au  cas  susdict, 
qa  il  prévint  ledict  D.  Sancho  de  dire  audict  ambassadeur  que 
Vostre  Magesté,  non  seulement  en  mon  instance,  avoit  or- 
donné au  feu  D.  Loys  Sarmycnto,  vostre  ambassadeur,  de 
me  assister  de  vostre  part  à  la  poursuite  vers  les  roys  de  la 
venue  de  ma  fille,  mais  aussi  pour  se  sentir  obligé  de  ce  faire, 
comme  principal  contractant  de  mon  mariage  avec  le  feu  roy  de 
Portugal,  à  qui  compéloit  par  raison  de  tenir  la  main  que 
icellny  fût  observé:  y  joinct  que  c'est  ouvre  pie  de  favoriser  une 
chose  tant  juste,  mesmes  pour  personne  à  qui  Vostre  Magesté 
porte  tant  d'amour  et  affection  que  à  moy ,  et  que  pour  ce  vous 
avyez  esté  délibéré,  devant  vostre  parlement  d'icy ,  d'envoyer  vers 
lesdicts  roys,  pour  continuer  la  sollicitation  de  ceste  négotia- 
tion  jnsquesau  parachèvement,  mais  que,  ayant  entendu  de  moy 
que  D.  Juan  m'avoit  escript  que  bientost  lesdicts  roys  doune- 
roîentla  responce,  Vostre  Magesté  avoit  supercédé  ledict  envoy, 
lequel  vous  feriez  à  ceste  heure,  puisque  la  responce  est  pour 
excuser  ladicte  venue,  avec  telles  raisons  que  Vostre  Magesté 
espérât  lesdicts  roys  salisforoient  ma  bonne  volunté  :  dont  celle 
de  Vostre  Magesté  se  entendroit  estre  telle  envers  ma  fille  que, 
venant  en  ces  royaulmes,  îcelluy  luy  seroit  en  lieu  de  père»  et 
Tome  H.  8 


i 


(  «*4  ) 

que,  estant  le  roy  \ostre  filz  vostre  successeur  et  héritier  de  voz 
royaulmes  et  pays,  il  seroit  aussi  de  luesmes  bonne  ToluDté 
envers  moy  et  ma  fille,  et  de  nous  retenir  en  la  mesme  protec- 
tion que  Vostre  Magesté  nous  a  tenu  et  tient  :  qui  est  assez 
conforme  comme  la  dépesche  que  d'icy  se  dresse  soubz  le  bon 
plésir  de  Vostre  Magesté,  à  laquelle  je  supplie  me  pardonner,  si 
je  use  de  trop  de  présumption  de  demander  si  ample  déclara- 
tion, vers  lesdicts  rojs,  de  Taffeclion ,  faveur  et  amour  que  Vostre 
Magesté  me  porte.  La  nécessité  que  cet  afi%re  a  d'eslre  fort 
favorisé  le  me  faict  faire.  Aussi  il  a  pieu  à  Vostre  Magesté  de 
tout  temps  me  démonstrer  tant  d'honneur,  faveur  et  amour, 
que  ce  me  faict  estre  si  présiimptueuse ,  que  de  penser  estre  en 
ce  degré  envers  Vostre  Magesté  :  de  quoy  très-humblement  je 
luy  en  supplie,  et  de  me  tenir  tousjours  en  vostre  bonne  grâce, 
à  laquelle,  monseigneur,  après  avoir  prié  le  Créateur  vous  donner 
santé  et  bonne  vie,  se  recomande  très-humblement,  etc. 


r 


{m) 


XVI. 


CHARLBS*Qniirr  a  IBAM  m,  roi  DB  PORTUaAL(l). 

Il  loi  eovoifl  D.  Saoebo  d«  jCofdofa,  pour  sollieiter  son  agrément  k  la  venue  en 
Gastille  de  l'infante  doiia  Maria ,  en  lui  rappelant  que  depuis  longtemps  il  lui  a 
fait  faire  cette  demande  par  l'ambassadeur  Luis  Sarmiento,  et  la  reine  de 
Frsnce  par  D.  Juan  de  Mendoza.  —  Il  s'étonne  de  la  réponse  qui  a  été  donnée 
à  la  reine  :  le  roi  aurait  d&  la  lui  envoyer,  quand  elle  était  aux  Pays-Bas  ;  il  loi 
aurait  par  là  épargné  la  peine  de  faire  le  voyage  d' Espagne,  dont  le  but 
principal  a  été  d'avoir  sa  fille  avec  elle.  —  Il  espère  que*le  roi  prendra  une 
autre  dédsion,  plus  conforme  à  la  volonté  du  fpu  roi  Emmanuel,  père  de  la 
princeaM,  et  à  ce  qui  fut  oonveon  avec  ce  dernier,  lors  de  son  mariage  avec  It 
reine  Éléonorq» 

Sans  date  (Jaraadîlla, ..  norembre  1556). 


Senor,  yo  envio  à  D.  Sancho  de  Gôrdova  (2),  para  que ,  demâs 
de  yisitar  à  V.  A**  de  mi  parte,  le  hable  y  solicite  sobre  esto  de 
la  venida  de  la  ilustrisima  infante  dona  Maria  mi  sobrina  à  estar 
COD  la  reyna  su  madré  :  lo  cual  ha  machos  dias  que  gelo  envié  à 
pedir  por  Lois  Sarmiento  mi  embajador,  y  la  reyna  enviô  À 
D.  Juan  de  Mendoza  k  solicitallo  de  su  parte  (3) ,  la  cual  me  ha 
avisado  agora  de  la  respuesta  que  Y.  A"*  le  ha  enviado  por  su 
embajador,  à  cabo  de  tanto  tiempo  :  de  que  estoy  maravillado, 
porque»  ya  que  se  enviaba  de  esta  manera,  fuera  bien  que  se  le 


(1)  L^mpereur  écririt  dans  le  même  sens  à  la  reine  do&a  Catarina,  sa 
Mcnr. 

(9)  D.  Sancho  de  Cordova  arriva  à  Jarandilla  le  29  novembre,  et  il  en 
partit  le  lendemaio ,  pour  aller  remplir  sa  mission.  (Tom.  P',  p.  64,  note  1.) 

(3)  On  voit,  par  la  lettre  de  la  reine  Éléonore  à  Jean  III ,  du  32  novembre 
1556  y  queftant  que  la  reine  avait  été  aux  Pays-Bas,  ce  prince  s'était  excusé 
de  laisser  partir  Tinfante,  sous  le  prétexte  qu'elle  aurait  eu  à  faire  un  trop 
Umg  royage. 


(116) 

llevara  à  Flandes,  àntes  que  clki  viniera  à  cstos  reynos,  qne 
principalniente  fiié  por  gozar  de  su  hija  y  tenclla  consî^o  en 
elios.  Y  aunque  à  V.  A**  le  parezcan  causas  bastaules  las  que 
propone  para  que  la  infante  no  saliese  de  Portugal ,  mayoros  las 
hay  y  mas  joslas  para  que  ella  venga  à  estar  con  su  madre, 
como  lo  dejô  ordenado  el  serenisirao  rey  1).  Manuel  su  padre(l), 
que  baya  gloria ,  como  de  parle  de  la  reyna  se  diràn  à  Y.  A". 

Y  porque  yo  deseo  mucbo  dar  â  madré  y  à  hija  este  contenla- 
miento,  y  que  Y.  A",  con  su  buena  gracia  y  bendicion,  roandase 
lucgo  entender  en  su  partida,  sera  para  mi  muy  grande  que  asi 
lo  provea ,  pne^  no  séria  razon  que  esto  se  difiriese  mas  lieiiipo  : 
que  demàs  de  ciimplir  en  ello  la  voluntad  del  rey  su  padre,  no 
podré  yo  dejar  de  asistir ,  y  asi  el  rey  mi  hijo ,  à  que  se  guardc 
y  observe  lo  que  entre  mi  y  él  se  capitulé ,  al  tîempo  que  se  casé 
con  la  reyna  mi  hermana,  como  mas  parlicularmenle  lo  dira  de 
mi  parte  el  dicho  D.  Sancho,  à  quien  darà  entera  fe  y  creencia. 

Y  Nuestro  Senor  guarde  y  acresciente  su  muy  real  persoua  y 
estado  como  desea ,  etc. 


(1)  H  élail  stipulé,  daos  le  traité  de  mariage  d'Eléonorc  avec  Emmanuel, 
que,  s*ils  avaient  des  filles,  elles  demeureraient  avec  leur  mère.  (Letti-e 
d'Éléonore  à  D.  Juan  de  Mendoza,  du  32  novembre  1556.) 


J 


(H7) 


XVII. 


INSTRUCTION  DR  L*EMPEREUR  A  D.  SANCHO  DE  CORDOVA. 


11  deaeenclra ,  à  Lisbonne ,  chez  D.  Juan  de  Mendosa ,  lui  communiquera  celte 
ineiruction,  lui  demandera  des  renseignements  sur  tout  ce  qui  s'est  passé, 
donnera,  avis  de  son  arrivée  à  Tinfante  doua  Maria,  et  prendra  ses  ordres.  — 
Raisons  qu'il  doit  alléguer  au  roi  et  à  la  reine  de  Portugal,  lorsqu'il  aura 
audience  d'eux ,  pour  les  engager  à  laisser  l'infante  venir  demeurer  avec  sa 
mère.  —  S'ils  s'y  refusaient ,  l'Empereur,  quoique  retiré  dans  son  monastère,  et 
ne  se  mêlant  plus  des  affaires  publiques,  se  verrait  obligé  d'intervenir. 


Jarandilla , ..  novembre  1556. 


El  Emperador. 

Lo  que  vos,  D.  Sancho  de  Côrdova,  veedor  gênerai  de  la 
génie  de  nuestras  guardas ,  habeis  de  hacer  en  Portugal ,  donde 
vais  por  mi  mandado,  es  lo  sîguiente  : 

Primeraniente,  tomaréis  vueslro  despacho  y  iroshéis  por  la 
posta  â  Portugal;  y  liegado  à  Lisboa,  donde  esta  el  serenfsimo 
rey  ini  hermano,  apearoshéis  en  la  posada  de  D.  Juan  Hurtado 
de  Mendoza,  que  ha  muchos  dias  que  esta  alla  por  mi  mandado 
y  de  la  cristianisima  reyna  de  Francia  mi  hermana ,  tratando  y 
solicitando  la  venida  de  la  ilustrisîma  infante  dona  Maria  mi 
sobrina  à  estos  reynos  de  Castilla ,  para  estar  en  compania  de  la 
reyna  su  madré;  al  ciial,  después  de  habelle  dado  la  carta  que 
para  él  llevais  de  la  dicha  cristianisima  reyna  (i),  le  mostraréis 
esta  înstruccion ,  y  sabrais  dél  las  otras  particularidades  que 
habràn  pasado  sobre  este  negocio,  porque  mejor  podais  estar 


(1)  Voy.  ci-dessus,  p.  1 1 1,  note  5. 


(118) 

inforinailo  para  lo  que  debeis  de  tratar  juntameDle  con  él,  ô  por 
vos  solo,  como  alla  paresciere  que  sera  mejor,  segun  el  estado 
en  que  hallàredes  las  cosas  ;  y  hecho  esto ,  a\isaréis  à  la  dicha 
iluslrisima  infante  mi  sobrina,  con  el  dicho  D.Juan,  de  vuesira 
llegada  y  para  el  efeclo  que  os  envio,  para  que  ella  ordene  lo 
que  debeis  hacer,  y  cuando  le  parescerâ  que  vais  à  hablar  à  los 
serenisinios  rey  y  reyna  mis  hermanos  y  à  ella;  y  asi  lo  haréis. 

Hecho  esto,  cuando  la  ihulrisima  infante  os  ordenare  que 
vais  à  hablar  à  los  dichos  serenisimos  rey  y  reyna  mis  bermanos, 
darlehéis  rois  carias  y  de  la  dicha  cristianisinia  reyna  nii  her- 
mana,  y,  despn^s  de  habehlos  visitado  de  nuestra  parle,  les 
pediréis  que  olro  dîa  os  den  audiencia ,  para  que  les  hableis  y 
dirais,  de  mi  parle  y  de  la  dicha  cristianisima  reyna,  la  comî- 
sion  que  Devais  cerca  de  este  négocie;  y  en  este  medio,  podréis 
ver  à  la  dicha  iluslrisima  infante,  para  que,  demâs  de  los 
puntos  que  la  reyna  satisface,  por  lo  que  escribe  â  D.  Juan  de 
Mendoza  [i),  â  la  rcspuesta  que  ha  enviado  el  rey  por  su  emba- 
jador  à  la  cristianisima  reyna  su  madré,  ella  vea  lo  que  mas  le 
parescerâ  que  debeis  tratar  y  procurar  cerca  de  este  négocie  » 
por  que  lodo  se  ha$2:a  à  voluutad  de  la  dicha  cristianisima  reyna 
y  si]ya,  y  para  mas  brevedad  de  su  venida,  pues  no  vais  k  otra 
cosa. 

Por  las  cartas  que  el  dicho  D.  Juan  de  Mendoza  ha  escripto  â 
la  dicha  cristianisima  reyna,  y  por  la  respuesta  que  el  serenisimo 
rey  le  ha  enviàdo  por  su  embajador  (2) ,  he  entendido  los  încon- 
venientes  que  alla  ban  puesto  delante  de  la  dicha  iluslrisima 
infante,  y  acà  se  escriben,  para  impedir  su  salida  de  Portugal  : 
de  que  estoy  maravillado»  porque,  ya  que  enviaba  la  respuesta 
de  esta  manera  el  dicho  serenisimo  rey,  fuera  bien  que  fuera  à 
Flandes ,  ànles  que  la  dicha  cristianisima  reyna  viniera  â  estos 
reynos ,  que  principalmente  ha  sido  por  gozar  de  su  hija  y  tenella 


(1)  Yoy.  ci-dessus,  p.  112. 

(2)  Voy.  p.  111,  note  3. 


(H9) 

consigo  en  ellos.  Y  aunque  le  parezca  que  son  causas  bastantes 
las  que  propone  para  que  la  infante  no  salîese  de  Portugal, 
mayores  li^s  hay  y  mas  juslas  para  que  ella  venga  à  estar  con  su 
madré,  como  la  dicha  crislianisima  revna  las  escribe  cou  vos  al 
dicho  D.  Juan,  para  qUe,  segun  el  eslado en  que  alla  estubieren 
los  uegocios,  asi  las  pueda  declarar.  Y  no  déjà  de  ayudar  à  esto 
lo  que  dejô  ordenado  el  serenisimo  rey  de  Portugal  D.  Manuel 
su  padre ,  que  baya  gloria ,  y  cuanta  razon  es  que  la  dicha 
cristianisima  reyna  y  su  hija  esten  junlas,  pues  estàn  tan  con- 
formes, y  la  infante  notiene  menos  que  heredar  de  su  madré  que 
de  su  padre,  y  que  aun  esto  de  su  padre  no  fuera  tanto,  sino 
por  razon  del  matrimonio  de  la  dicha  cristianisima  reyna  y  de 
lo  que  cerca  de  ello  se  capitulé.  Y  asi  pediréis  de  mi  parte  al 
dicbo  serenfîimo  rey  que  tenga  por  bien  de  darles  este  conten- 
tamienio  à  madré  y  à  hija,  pues  con  la  respuesia  que  ha  hecho, 
ha  y  a  cumplido  con  la  obligaciou  y  amor  que  tiene  à  su  her- 
mano,  el  cual  le  debe  mostrar,  en  mandar  luego  adereszar  su 
partida  y  ayudarla,  como  es  razon,  para  que  con  su  buena 
gracia  y  bendicion  se  vengan  à  juntar  con  toda  brevedad,  y  Â  la 
aerenisima  reyna  mi  bemiana  que  sea  buena  intercesora  para 
qne  eu  esto  no  baya  dilacion;  que,  demàs  de  cumplirse  en  ello 
con  la  Yoluntad  del  serenfsimo  rey  D.  Manuel  su  padre,  à  mi 
me  darà  mucho  contentamiento,  porque  de  otra  manera  no 
podria  dejar  de  asistir  yo,  ni  el  rey  mi  hijo,  à  que  se  guarde  y 
observe  lo  que  entre  mi  y  el  dicho  serenisimo  rey  D.  Manuel 
se  capitulô',  al  tiempo  que  se  casé  con  la  dicha  cristianisima 
reyna  roi  bermana,  porque,  aunque  esté  en  mi  monasterio, 
retraido  de  negocios,  no  podré  dejar  de  tratar  de  esto,  tocando 
tanto  à  la  cristianisima  reyna  mi  bermana  y  à  la  ilustrisima 
infante  mi  sobrina ,  à  quien  deseo  dar  todo  el  contentamiento 
que  es  razon.  Y  de  lo  que  sehiciere,  y  determinacion  que  tomare 
el  dicho  serenisimo  rey,  me  avisaréis  con  correo  à  diligencia. 
Fecha  en  Jarandilla,  à.,  de  noviembre  1556. 


(  130) 


xvin. 


LUIS  QUUADA  A   JUAN   VAZQUBZ. 

Cause  pour  laquelle  il  ne  lui  a  pas  répondu  plus  tôt.  —  Caractère  différent  de 
D.  Sancbo  de  Cordova  et  de  D.  Juau  de  Mendoza.  —  Réception  des  anchois, 
dont  l'Empereur  mange  avec  grand  appétit.  —  Dialogue  entre  lui  et  Qnijada 
Li-deasus  et  au  sujet  de  la  goutte.  —  Excellent  état  de  sa  santé.  —  Satisfactioa 
qu'il  montre  de  la  jaquette  qui  lui  a  été  envoyée  par  la  princesse,  et  qu'il  fait 
essayer  a  Quijada  ;  conseil  que  lui  donne  ce  dernier.  —  Besoin  d'argent  :  l'En- 
pereur  ne  veut  pas  qu'on  louche  aux  9,000  écus.  —  Accélération  des  travaux  à 
Tuste  :  Quijada  croit  que,  le  15,  les  bâtiments  seront  en  état  de  recevoir  TEn- 
pereur;  désir  extrême  des  moines  de  l'y  voir  entrer.  —  Arrivée  d'un  servitair 
de  la  duchesse  de  Prias ,  avec  un  présent  de  gants ,  d'essences  et  d'une  cassolette 
en  nrgpnl;  satisfaction  de  l'Empereur,  qui  dit,  en  regardant  les  gants,  quels 
duchesse  aurait  dû  lui  envoyer  aussi  des  mains  pour  s'en  servir.  —  Audience 
donnée  à  D.  Fadriqne  de  Zûniga,  beau-père  de  D.  Luis  de  Avila.  —  Ledne 
d'Escalona  et  le  comte  d'Oropes:i  attendus.  —  Recommandation  à  Vazqnez 
touchant  les  perdrix  de  Gama  et  Ips  saucisses.  —  Ambassadeur  de  Portugal.  — 
—  Ordre  donné  par  l'Empereur  à  Quijada  de  faire  le  compte  des  gages  des  gens 
de  sa  maison.  —  Lettre  à  la  princesse.  —  Réponse  que  l'Empereur  se  propose 
de  faire  à  la  reine  de  Hongrie,  qui  a  voulu  le  détourner  d'entrer  dans  le  monas- 
tère ;  contrariété  que  lui  causent  les  obser>'a(ions  qui  lui  sont  faites  à  ee  sujet.  — 
Quijada  demande  le  secret  pour  ce  qu'il  écrit  là-dessus.  -  Inquiétude  que 
donne  à  l'Empereur  le  silence  gardé  par  le  roi. 


Jarandilla,  G  décembre  1550. 


Iliistre  scnor,  hàllonie  con  très  carias  de  Vuestra  Merced,  de 
veinte  y  niieve  de  noviembre  y  priniero  y  très  deste,  à  las  cuales 
no  he  respondido,  porque  Su  Magcstad  ha  detenido  los  correos 
por  escribir ,  y  no  lo  ha  hecho  hasla  agora ,  puesto  que  lo  tiene 
cscomenzado;  y  porque  alla  no  se  eslé  con  pena,  y  Sus  Mages- 
tndes  y  .\lteza  sepan  de  la  salud  de  Su  Magestad ,  se  despacha 
este;  y  qnedn  otro  para  llevar  las  carias  qu'escribicre,  las  cuales 
dice  que  ncabnrà  hoy. 


(  121  ) 

Gaztelii  escribe  lo  que  toca  û  D.  Sancho  de  Cérdova»  y  ansi 
no  dire  yo  aqni  mns,  sino  que  D.  Juan  de  Mendoza  y  él  son  de 
diferentes  condiciones  :  quiera  Dios  se  confornien  ambos  en 
este  negocio. 

Las  ancboYas  llegàron  ayer  sàbado  de  mafiana,  y  fuéron  muy 
bien  recebidas  y  mejor  comidas.  Diùso  Su  Magestad  un  pasto 
délias  por  ecelencia,  y  no  comiô  otro  pescado  nyer  :  lo  demàs  fué 
todo  morcillas  y  cosas  de  sàbado;  y  después  de  acabado  de 
comer,  me  dijo  que  de  muchos  dias  atrâs  no  habia  salidole  el 
eoioer  como  aquel  dia,  y  que  no  se  sentia  nada  cargado,  conio 
lo  suele  acer,  cuando  acaba  de  comer.  Yo  le  respondi  que  se  le 
parecia  bien  en  su  disposicion ,  y  que  no  podia  negar  que  Ëspana 
no  era  muy  à  propôsito  para  su  disposicion ,  y  que  se  via  bien 
en  la  sahid  que  ténia,  y  que  fuese  por  muchos  anos.  Respon- 
diôme  :  i  «  Sabeis,  como  me  siento,  que  me  pesarà  si  no  me  da 

>  la  gota,  porque,  si  este  humor  no  corre  alli,  ha  de  hacello 

>  forzado  â  otra  parte,  y  podria  ser  que  mevcniese  asma  ôotra 
B  enfermedad  que  me  dièse  mas  trabajo?  y  por  esto  no  me 
•  pesaria  que  me  dièse  la  gota.  »  Yo  le  respondi  :  «  Tenga 
»  Vuestra  Magestad  siempre  la  salud  que  agora,  y  cuando  vi- 
»  niere  el  mal,  paciencia.  »  Él  dice  que  ansi  lo  harà.  Vuestra 
Merced  créa  qu'esta  muy  bueno  de  todas  sus  indisposiciones ,  y 
que  se  le  parece  muy  bien.  Dios  le  guarde,  y  dé  salud  y  larga 
TÎda. 

£1  primero  dia  que  se  bestié  la  xaquela  de  pluma  (i),  en  en- 
traodo,  me  dijo  :  a  Mi  hija  me  ha  dado  mas  de  lo  que  piensa, 

>  por  que  me  hallo  muy  bien  con  esla  jatjueta;  »  y  me  la  hizo 
tenlar ,  para  que  viese  su  blandura  y  libianeza.  Todabia  le  acon- 


(1)  Voy.  le  t.  I«,p.  38. 

Dans  nne  lettre  du  1 8  novembre  à  la  princesse  dona  Juana ,  Quijada  lui 
disait  :  «  La  alrailla  de  la  colcha  de  plumas  no  es  acabada  basta  agora  : 
1»  pienso  qne  sera  à  propôsito,  porque  â  su  saiud  conviene  cosa  liviana  y  que 
■  le  caliente  y  no  pesé  :  esta  hace  forrar  en  dos  iafetanes  senciilos,  y  la 
*  pluma  en  medio.  • 


(  132  ) 

sejo  que  haga  unà  ropft  larga  como  la  laqtteta,  y  qbe  sera 
libiana  y  caliente. 

Sobre  les  dineros  qne  hemos  menester  Gaztelû  escribiHi  à 
Vuestra  Merced,  y,  creo,  Su  Magestad  sobrello.  Alli  terà  Vuestra 
Merced  lo  que  dice;  y  à  estes  dos  mil  escudos  no  osaoïos  tocar, 
porque  Su  Magestad  no  quiere  (I).  Audamos  buscando  à  très- 
cientos  y  cuatrocientos  reaies,  y  hâllanse  con  trabajo,  y  si 
hubiésemos  puesto  la  mano  en  ellos,  ya  no  habria  un  real,  y  las 
frailes  lomarian  nna  parte,  y  no  pequena  :  mas  Su  Magestad 
manda  que  no  se  toquen,  y  es  bien  que  sepan  que  hay  dioero, 
por  no  perder  el  crédito  de  que  nos  presten. 

  las  obras  se  da  toda  la  priesa  del  mundo,  y  segun  entiendo, 
pienso  que  estarà  todo  acabado  à  los  quince,  no  como  had'estar, 
sino  que  para  entônces  Su  Magestad  podiia  ir;  y  los  frailes 
tienen  tanta  ganu  de  ver  â  Su  Magestad  en  repose,  que  près- 
tarân  camas  las  que  faltaren ,  y  lo  deroàs  que  fuere  menester. 
To  creo  que,  6  lo  mas  largo ,  Su  Magestad  no  pasarâ  de  los  veinte 
deste. 

Aqui  llegô  anteyer  un  criado  de  la  duquesa  de  Prias  con  un 
gran  présente  de  guanies,  y  aguas  de  olores,  y  un  perfumador, 
digo  una  cazoleia  de  plata  hecba  al  talle  del  condestable;  y 
Su  Magestad  mostré  contentamiento  al  criado  del  présente  que 
la  duquesa  enviaba,  y  niîrando  los  guantes,  dijo  que  tanibîen 
fuera  bien  enviai  le  manos  en  que  los  trujera  (2)  Tambien  vino 
aqui  D.  Fadrique  de  Zùniga,  suegro  de  D.  Luis  de  Avila,  y 
Su  Magestad  le  iïà  grata  aodieneia.  Hoy  se  vuelve  à  Plaseocid. 

Creo  que  manana  viene  el  duque  d'Escaiona  y  conde  de  Oro- 
pesa,  para  volverse  luego  que  bubieren  besado  las  manos  k  Su 
Magestad. 

Al  criado  que  aqui  vino  de  la  duquesa  de  Prias  le  dije  que 
digese  al  conde  de  Osorno  lo  de  las  perdizes,  y  Gama  es  oerca 


(1)  Voy.  le  L  I*',  p.  67. 

(2)  Voy.  le  1. 1«%  p.  64. 


{m) 

de  Aguilar  de  Campo.  Vueetra  Merced  no  se  descuide  deslo  y  de 
\èè  sausisas  que  difço  en  la  carta  que  va  oon  esta  (1)»  quealaba 
eseriia,  cuando  Su  Mageatad  mand6  que  ae  detubiese  el  correo, 
porqne  queria  escribir. 

Aqui  tendrémos  aposento  al  embajador  de  Portugal,  y  Su 
Magestad  ae  habia  holgado,  cuando  de  alla  Vuestra  Merced 
escribiô  que  ae  quedaba ,  y  ansf  me  lo  dijo  luego  ;  mas  puea 
quiere  venir,  harémosie  todo  servicio  (2). 

Ayer  me  mandé  Su  Magestad  que  contaae  Ins  gajas  de  los  aeis 
meses  poatreroa  deate  ano,  y  ordinario  y  trasordinnrio,  y  ansi 
lo  he  esfomenzado  hacer;  y  para  csto  creo  sera  menester  dinero, 
y  no  es  menester  mucho.  Su  Magestad  escribirà  à  Vuestra  Merced 
la  cantîdad  que  sera,  y  sea  presto  alguna  cosa,  porque  se  nos 
acabarà  nuestro  crédite. 

De  aqnS  no  hay  mas  que  decîr  :  yo  escribo  à  la  princesa  (3)  por 
lo  que  Vuestra  Merced  dice,  mas  remitome  à  esta.  Su  Magestad , 
ereo ,  escribe  à  la  reina  de  Ungria  «  la  quai  le  debe  haber  escrito, 
persuadietidole  à  que  mire  lo  que  hace  en  meterse  en  aquel 
monesterio,  por  la  relacion  que  dél  tiene,  y  liànos  dicho  que  la 
reyna  Tescribe  sobre  ello ,  y  que  le  ha  de  responder  que  no  es  el 
leon  tan  bravo  como  le  pintan.  Snpiico  à  Vuestra  Merced  que 
de  lo  que  yo  escribo  no  diga  Vuestra  Merced  sino  lo  que  le  pare- 
ciere,  porque  creo  le  pesa  à  Su  Magestad  que  le  pongan  inconve- 
nientes  fn  esta  casa  ;  y  yo  escribo  à  Vuestra  Merced  todo  lo  que 
hay  de  lo  alto  ft  lo  bajo,  para  que  lo  sepa,  mas  no  para  que  me 
dé  por  autor  ;  supifcolo  6  Vuestra  Merced..*.. 

De  Xarandilla ,  à  los  aeia  de  didembre  i  586. 


(1)  Celte  du  î  Aéeeânhte^  ïùBétée  dam  le  1. 1*')  p.  6Î. 

(9)  n  parait  que  cet  ambassadeur  n^était  pas  Loreiuo  Ferez  de  TaTora, 
comme  nous  l^aTons  dit  an  1. 1'',  p.  71 ,  note  3,  mais  Duarte  de  Almeida. 
(  Voy.  ci-dessns ,  p.  1 1 1 .  ) 

(S)  Nous  avons  cette  lettre  de  Quijada  à  la  princesse,  qui  est  aussi  datée 
du  6  décembre;  mais  nous  ne  Tinsérons  pas,  parce  qu*e]le  ne  contient  rien 
<Iiii  ne  soit  dans  celle-ci. 


(  124  ) 

Su  Magestad  me  dijo  anoche  que,  pues  tardaba  los  papclcsque 
envié  à  pedir  h  Su  Mageslad  Real,  que  debia  ser  por  falu  de 
salud ,  y  dijolo  con  cuidado.  En  snbiendose  délia  Vnestra  Merced, 
avise;  que  parece  lo  desea  saber. 

Luis  Quuada. 


XIX. 


LA  REINE  DE  HONGRIE  A  PHILIPPE  II  (1). 

Motif  pour  lequel  elle  ne  lui  écrit  pas  sur  ce  qui  concerne  rEmpcrcur.  —  Objee- 
tions  qu'elle  fait  contre  le  séjour  de  Ynste ,  quoiqu'elle  soit  persuadée  que  son 
frère  ne  changera  pat  de  détermination.  —  La  reine  de  France  ayant  choisi  pour 
sa  ré^idence  Guadalajara,  elle  a  ,  de  son  côté,  jeté  les  yeux  sur  Ocana,  et  etie 
prie  le  roi  de  lui  donner  cet  endroit,  avec  la  juridiction ,  les  provisions  d'oflircs 
et  les  revenus  qui  on  dépendent. 

Valladolld ,  9  décembre  1556. 


Senor,  sabiendo  que  la  princesa,  y  por  su  mandado,  dan  ciienta 
à  Vucslta  Alleza  complidamente  de  lo  que  toca  à  Su  Magesud,  yo 
lo  dejo  de  baser,  por  no  dar  à  Yuesira  Àlteza  pesadumbre  cod 
largas  cartas,  pues  que  no  séria  sinon  repelir  el  niismo.  Pero 
dire  que  me  pesa  muebo  que  el  lugar  y  aire  de  Yusle  no  es  tan 
bueno  por  la  salud  de  Su  Mageslad  como  lo  debenios desear  (â), 


(1)  Lettre  autot^raphe. 

(2)  Voy.  lo  t.  I'•^  p.  05  et  05. 


r 


•  ■'î     w  : 


(  125  ) 

aooque  esto  no  harà  mudar  su  determinacioii ,  pnes  que  ha  ha- 
lladola  casa  y  aposiento  muv  à  su  gusto.  ;  Dios  sea  scrvido  que 
Su  Mageslad  puede  hallar  el  resto  de  misino,  y  à  su  conteuta- 
mientoî  Y  porque  la  reina  y  yo  deseamos  mucho  de  nos  poner 
Umbien  en  el  lugar  adônde  pensamos  quedar,  como  nos  compte, 
jo  he  importunado  tanto  la  dicba  reina  que  no  difiera  mas  à  ele- 
gir  el  lugar  mas  à  su  gusto,  por  cosa  que  me  toca  (puesque 
tengo  la  confianza  muy  entera  que,  como  que  sea ,  Vueslra  Alteza 
DO  (iejarâ  de  me  prober  de  lugar  como  conviene) ,  que  al  fin  Su 
Alteza  ha  desclarado  à  la  princcsa  qu  ella  elije  à  Guadalajar,  por 
mandado  de  la  cual  se  cnliende  à  adresar  los  despachos  nesesa- 
ries,  por  los  enviar  à  Yuestra  Alteza.  Puesque  ansi  es ,  y  que  no 
hay  lugar  mas  scrca  de  Guadalajar,  que  conviene  para  mi ,  que 
Ocanno,  que  es  de  doce  léguas,  y  es  la  misnia  distancia  que  a  de 
Tordecilla  à  Palencia,  y  Tuno  ni  Fotro  no  llegan  à  un  qucnto  de 
renta,  yo  suplîco  à  Yuestra  Alteza  que  sea  servida  de  me  dar  por 
mi  vida  el  dicho  lugardeOcanno,  con  toda  la  jurisdiclion,  provi- 
siones de  ofBcios y  réditos  délia,  de  cualquiera  manera  que sean, 
con  el  misroodrechoque  Yuestra  Alteza  lo  tiene,  salvo  su  suprema 
saperioridad,  y  que,  si  ay  alguna  renta  della  empennada,  que 
Yuestra  Alteza  mande  à  los  de  su  hacienda  de  desempennarLn, 
puesque  es  tan  poca  renta  que  pienso  que  Yuestra  Alteza  no  me 
queria  dar  el  lugar  sin  ellas.  Y  si  Yuestra  Alteza  es  scrvido  de  me 
haser  esta  merced ,  Yuestra  Alteza  lo  sea  tambien  de  escribir  â  la 
priacesa  que  se  hagan  los  despachos  en  esta  conformidad,  y  esto 
con  la  brevedad  que  los  negocios  de  Yuestra  Alteza  lo  pucdan 
sofrir,  para  que  los  despachos  se  puedan  haser  an  tes  de  nuestra 
partida  de acà,  la  quai  sera,  placiendo  à  Dios,  luego  que  Yues- 
tra Alteza  enviera  los  despachos  6  la  reina,  para  que  pueda  tomar 
la  pocesion  del  dicho  Guadalajar,  poco  àntes  ô  llegando  alla.  Y 
si  mis  servicios  no  ban  merecido  esta  merced,  suplico  â  Yuestra 
Alteza  tome  en  cuenta  la  entera  voluntad  y  amor  con  la  quai  lo 
he  hecho,  en  la  quai  espero  guastar  toda  mi  vida  de  manera 
qu  ella  sera  meresedora  desta  y  do  todas  las  mersedes  que  Yues- 
tra Alteza  me  querà  haser.  Cuya  real  persona  Nuestro  Senor 


(126) 

guarde  como  yo  deseo.  De  Valladolid,  à  9  de  deeiembre  f5S6. 
Besa  las  maiioe  de  Vuestra  Altesa  su  humilde  tia , 

La  Rbuva  (1). 


(1  )  On  lit ,  (le  la  main  de  Philippe  II ,  à  la  marge  de  cette  leCjtre  :  «  He  res- 

•  pondido  â  la  reioa,  à  38  del  mismo,  qu*e$peraré,  para  respoodelle  cou 
»  resolucion  â  esto,  à  ver  lo  que  me  responde  â  una  caria  que  rescribi,  eo 

•  que  la  deria  las  dificuliades  y  imposibilidades  que  habia  en  darie  â  Ocana, 
»  por  ser  de  la  6rden,  etc.  (J*ai  répondu  à  la  reine,  le  98  du  même  mois,  qoe 
j^aiiendrai,  pour  prendre  une  résolution  sur  ceci,  sa  réponse  à  une  lettre oà 
je  lui  ai  dit  les  difficultés  et  impossibilités  qu^il  j  avait  à  lui  donner  Ocani, 
attendu  que  cet  endroit  appartient  à  Tordre,  etc.). 


J 


(127) 


XX. 


». 


D.  SANCHO  DE  GOROOVA  A  L  EMPEREUR. 

Son  arriTM  è  MsboniM.  —  pPimière  audieoee  du  roi  et  de  U  reine.  —  Première 
entrevue  avec  l'infante.  —  Conférence  qu'elle  lui  fixe  pour  le  lendemain,  et 
qu'elle  contremande  par  un  billet  adressé  à  D.  Juan  de  Mendoxa  :  explication 
que  D.  Saneho  a  à  ce  sujet  avec  D.  Juan.  —  Billet  qu'il  écrit  à  l'infante. — 
Réponsequ'elle  lui  fait  faire  par  Francisco  de  Guzman.  —  Audience  qu'elle  lui 
doone  ensuite ,  et  diins  laquelle  elle  lui  déclare  sa  détermination  d'aller  demeurer 
Bvpc  sa  mère ,  malgré  l'opposition  du  roi  et  de  la  reine.  —  Deuxième  audience 
du  roi;  D.  Saneho  s'y  rend,  accompagné  de  D.  Juan  de  Mendoza.  —  Discours 
qo'il  adresse  au  roi.  —  Réponse  brè?e  et  dilatoire  du  roi.  —  Réplique  de 
D.  Saneho.  —  Deuxième  audience  de  la  reine ,  qui  le  laisse  à  genoux  pendant 
près  d'une  heure,  et  lui  occasionne  par  là  une  attaque  de  goutte;  ce  qu'il  lui 
dit;  dispositions  favorables  qu'elle  témoigne.  —  Trouble  qu'a  causé  à  la  cour  de 
Lisbonne  la  mission  deD.  Saneho.  —  Communication  qu'il  donne  à  l'infante  de 
son  instruction  et  de  tes  lettres ,  et  à  D.  Juan  de  Mendoxa  de  ses  lettres  seulo- 
ment.  —  Réponses  faites  par  le  roi  et  la  reine  à  D.  Juan ,  lorsque  celui-ci  leur 
renût  les  lettre»  des  reines  de  France  et  de  Hongrie.  —  D.  Saneho  conseille  à 
TEmpereur  de  ne  pas  entrer  dans  son  monastère,  ayant  que  l'affaire  de  l'infante 
soit  terminée.  —  Conduite  qu'il  a  observée  envers  le  loi  et  la  reine.  —  Rapports 
journaliers  avec  l'infante;  elle  lui  demande  s'il  a  une  lettre  pour  le  cardinal 
Henri,  et  l'invite  à  l'aller  visiter  chez  lui.  —  Nouvelle  tentative  du  roi  et  de  la 
reine ,  poor  détourner  l'infante  de  se  rendre  au  vœu  de  sa  mère. 

Lisbomie,  14  décembre  1656. 

S.  C.  C.  H**',  al  secretario  Gaztelù  cscribo  coido  y  cuando 
II<^ué  à  esta  corte,  y  de  la  manera  que  fué  à  palacio  k  besar  las 
maoos  à  los  reyes ,  y  è  darles  las.  cartas  que  trahia  de  Vuestra 
Magestad,  y  lo  que  con  Sus  Âltezas  pasé  en  esta  primera  vista, 
que  fué  à  nueve  deste  mes,  à  las  cuatro  de  la  tarde;  y  por  esto  no 
lo  reBero  aqui.  Este  roismo  dia ,  después  de  haber  besado  las 
manos  à  la  senora  infante,  le  dije  que, Vuestra  Magestad  me 
enviaba  aqui  à  servilla,  y  me  mandé  que  todo  lo  que  en  este 
negocio  de  Su  Âlteza  se  hicîese  y  tratase,  fiiese  consullàndolo 
primero  con  ella  ^  y  que  no  se  escediese  en  nada  de  lo  que  man- 


1 


(12«) 
dase;  que  viese  Sii  Allcza  cuando  cia  servi ja  qne  yo  volviese i 
inrormalla  i)e  lo  que  trahin ,  para  que  lo  lubîcse  visto  y  detenni- 
nado  lo  que  le  parecia  que  yo  digese  à  )os  reycs,  iinles  que  uc 
diesen  et  uudiencia  que  )es  babia  pedido.  Respondi^me  que  )'o 
veniacon  mudia  génie  eutônces;  queotro  dia,  cuando qnU'iese, 
fuese;  que  Su  AUeu  nie  oîrîa  y  diria  su  parecer.  Esta  hé  miér- 
coles. 

Juevcs  Gcguienle,  n  la  tarde,  quîse  îr  à  hablalla  como  me  manda, 
y  dijouie  U.  Juan  de  Mendoza  que  no  queria  Su  Alleza  que  fuse 
alla,  ni  la  liablase,  hasta  que  hablasc  primero  â  los  reycs,  ;  qae 
Su  Alteza  le  babia  enviado  un  recaudo  la  noche  àates,  en  qu«  l« 
(lecia  esto  que  he  dicho.  Yo  me  escaadalicé  un  poco  en  pensjr 
que  Su  Alteza,  por  alguoa  ne^ociacion,  me  envïaba  i  mandir 
aquello,  en  contrario  de  lo  que  me  babia  dîcho,  v  digde  que 
cuando  te  viniesen  semcjaniea  reeaudos,  que  me  los  remiliese, 
porqne  csic  negocio  à  que  Vuestra  MagestatI  me  cuviaba,  no 
Eufria  agora  que  anduhiesen  tanlas  demandas  ni  respuesUs 
COiiio  liasta  aqiii  babia  habido  en  é1  ;  que  lo  que  al  présente  mas 
convcniaeroque  cesasen  lodasias  manerasdenegociar  pasadu, 
y  se  empezasc  olra  nueva,  conforme  â  la  àrden  que  trahia  de 
Vuestra  Magestad  por  palabra  y  escrito,  la  cual  teuia  par  cierlo 
que  séria  mejor  y  mas  bieve  para  concliiir  esto  que  se  iralaba  : 
V  as)  se  lia  liecbo  después  acà,  y  creo  que  no  se  lia  penlido  nada 
en  cllo.  Y,  porque  esto  se  acabé  de  acordnr  larde  para  ir  à 
bablar  A  Su  Mieza ,  le  escribi  una  cédula ,  deciendo  que,  cuando 
le  bcsé  las  manos,  mu  'habia  mandado  que  fuese  otro  din  à  con- 
siillalle  el  dcspacho  que  trabta,  y  que  Su  Alteza  me  diria  lo  que 
le  pareoiaque  yo  dcbîa  haccr ;  que  queriéndolo  cumplir,  D.  Juaa 
me  babia  dtcho  que  Su  Alleza  mandaba  que  no  la  bablase  hasla 
que  cl  rey  me  buhiese  dado  audiencia;  que  suplicaba  h  Su 
Alleza  inemandasedccirsi  era  a^i,  porque  locumpliria,  aunque 
Vuostra  Mageslad  me  babia  dado  otra  i5rden  en  contrario  de 
aquello.  Itespondiôme,  por  Francisco  deGuzman,  que  Su  Alieia 
le  hal)ia  mandado  que  otro  dia  seguienle ,  que  era  viernes ,  )>or  ta 
manana,  me  viniesu  à  liablar.  Asi  lo  liizo,  y  dijo  que  Su  Allai 


(  129  ) 

decia  que  era  verdad  lo  que  D.  Juan  me  habîa  dicho,  mas  que, 
pues  meparecia  otra  cosa,  que  fuese  à  palacio  luego,  que  me  oiria 
de  buena  gana  :  y  asi  se  hizo.  Estubc  con  Su  Alteza  mas  de  hora 
y  média,  siu  haber  delante  mas  que  doua  Juana  BLisfel  y  una  hîja 
soya,  que  eslaban  apartadas  en  este  tiempo.  Pienso  que  enlendi 
bien  lo  que  Vuestra  Magestad  me  mandé  que  supiese;  y  lo  que 
dello  puedo  certiticar  es  que  Su  Alleza  esta  delerminada  de  ir 
ù  estar  con  su  madré, como  se  lo  ticne  escrito,  y  proroetiéme 
quepor  ninguna  cosa  dejarà  de  hacello,  y  que  asi  lo  podia  escribir 
à  Vaeslra  Magestad  y  a  la  Suya,  y  que,  si  no  se  habia  declarado 
tanto  como  agora,  era  porque  Vuestra  Magestad  y  la  reina  cris- 
tianisima  estaban  en  Flandes,  y  nunca  se  pensô  que  vioieran  à 
esos  reinos,  como  lo  ban  hecho,  mas  que  agora  que  eslàn  en 
ellos,  no  fallarâ  su  palabra,  y  qu*el  rey  su  hermano  sabe  qu*es asi, 
porque,  después  que  Vuestra  Magestad  vino,  la  hablo  en  ello  muy 
de  veras,  y  le  puso  tantos  inconvenientes  como  escribiô  h  la 
cristianisima  reina  y  le  puso  su  embajador,  y  que  no  aprove- 
châron  nada  para  que  Su  Allcza  no  le  declarase  la  volunlad  que 
ténia  de  ir  con  su  maJre,  qu'es  la  dicha,  y  qu*el  rey  se  babia 
sentido  dello  de  manera  que  Su  Âlteza  se  levante  y  le  dejô  con 
la  reina  y  se  vino  à  su  casa ,  y  que  otro  dia,  6  dende  à  pocos, 
de  qne  no  me  acuerdo  los  que  me  dijo,  la  reina  vino  à  su  posada 
à  deshacer  el  enojo  del  rey,  y  à  persuadirle  que  concediese  en 
su  voluntad,  y  no  quisiese  salir  deste  reino;  y  Su  Alteza  estubo 
en  la  misma  determinacion,  y  aun  mas  recia  con  ella  que  con 
el  rey.  T  contàndome  esto,  me  dijo  que  no  habia  hecho  poco  en 
determinarse  à  ello,  porque,  como  habia  nacido  y  criàdose  en 
este  reino,  y  era  hija  del  rey  dél,  y  conocia  toda  la  gente,  y  ellos 
la  deseaban  ser>'ir,  que  estaba  consolada  en  acabar  su  vida  aqui, 
serviendo  à  Dios,  mas  que,  pues  su  madré  queria  y  le  mandaba 
que  hiciese  otra  cosa,  y  Vuestra  Magestad  asimismo,  à  quien 
f enia  por  senor  y  padrc ,  que  no  podia  dejar  de  obedecerlos  y 
eumpiir  su  voluntad,  porque,  allende  de  hacer  lo  que  era  obli- 
gada,  ténia  por  cierto  que  servia  mas  en  esto  à  Dios,  quelo  po- 
dria  hacer  en  otra  cosa. 


TOHB  U. 


9 


(130) 

Yo  le  besé  las  manos,  por  la  merced  que  me  habia  hecho  en 
decirme  tao  claraisente  su  yoluntad ,  porque  ya  sabia  Su  Aiteza 
que  sin  ella  no  se  podia  hacer  uada  en  este  négocie  ;  que  lo  que 
yo  le  podia  certiflcar,  era  que  lo  debia  todo  k  la  de  Vuestra  Ma- 
gestad,  porque  no  la  ténia  por  sobrina,  sino  en  lugar  de  verda- 
dera  hija,  y  que  bien  lo  entenderia  Su  Aiteza  que  era  asi,  poea 
via  que  Vuestra  Magestad  se  habia  descargado  de  todos  sus 
négocies,  y  deste  no  lo  habia  querido  hacer  hasta  tenerla  en 
compania  de  la  crislianisima  reioa  su  madré  y  de  la  serenisima 
reina  de  Hungria ,  que  no  la  queria  menos  que  ella,  porque  teroia 
mayor  descanso  y  contentamiento  del  que  por  acâ  podria  teoer. 
Respondiôme  que  besaba  las  manos  a  Vuestra  Magestad ,  y  que 
toda  la  merced  que  le  hiciese  se  la  debia  por  si  y  por  su  madré, 
pues  la  habia  casado  de  manera  que  no  tubiesen  sus  hijos  donde 
poder  estar;  y  como  yo  ténia  yo  enlendîdo  lo  principal ,  que  es  lo 
que  tengo  dicho,  no  quise  replic^lle  mas  en  nada,  porque  se  le 
sallÀron  las  lâgrimas  hablando  en  esto;  y  asi  me  aparté.  He  dado 
tan  larga  cuenta  a  Vuestra  Magestad  desto,  porque  vea  que, 
aunque  no  se  puso  por  escrito  en  la  instruccion,  no  olvidé  lo  que 
me  manda  acerca  dello. 

Estedia,  à  las  très  de  la  tarde,  me  envié  el  rey  â  mandar  que 
le  fuese  a  habia r  :  asi  lo  hice.  Estaban  en  el  antecàmara  mucbos 
caballeros,  que,  segun  me  dijo  don  Juan  que  iba  comigo,  debiao 
de  ser  llamados.  Eutrâmos  los  dos.  Estaba  el  rey  sentado,  una 
mesa  delante  con  una  campanilla,  como  la  de  Vuestra  Magestad, 
cubierla  de  un  pano  berde.  Yo  llegué  solo,  y  hinquéme  de  rodi- 
llas,  y  él  mandé  que  se  saliesen  todos  :  solo  quedé  don  Juan  apar- 
tado  al  cabo  de  la  pieza.  Digele  :  «  El  Emperador  me  envié ,  para 
»  que  de  su  parte  visilase  à  Vuestras  Âltezas,  como  lo  hice  el 
»  dia  que  les  besé  las  manos;  y  después  desto,  qu  es  lo  principal 
D  â  que  vine,  me  mandé  que  digiese  â  Vuestra  Aiteza  qne,  por 
s  Luis  Sarmiento ,  su  embajador,  ha  mucbos  dias  que  le  envié 
»  à  pedir  dièse  licencia  a  la  seôora  infante  dona  Maria,  para  que 
»  pudiese  ir  à  estar  en  compania  de  la  cristianisima  reina  su 
D  madré,  porque  entramas  lo  deseaban  mucho,  y  Su  Magestad 


(  131  ) 
aftimismo,  por  darles  este  contentamiento,  y  que,  alliende 
desto,  la  cristiani$îina  reîna  lo  envié  después  à  pedir  à  Su 
Alteza  por  don  Juan  de  Mendoza ,  el  cual  ha  mas  de  dos  anos 
que  esta  aqui  solicitândolo;  y  en  todo  lo  mas  deste  tiempo, 
Vuestra  AUeza  difirié  de  darles  In  respuesta,  basta  que  Su 
Magestad  y  la  cristianisima  reina  su  hermana  viniéron  à  los 
reinos  de  Castilla;  y  cuaodo  pens^ron  que  la  çenora  infante 
estaba  para  partir  donde  Sus  Magestades  estaban ,  como  à 
Vuestra  AUeza  lo  habian  pedido ,  llegô  su  embajador  con  la 
respuesta  de  lo  qu'el  dicho  Luis  Sarmî^to  y  don  Juan  habian 
trahido  :  por  lo  cual  parece  que  Vuestra  Alteza  pone  alguna 
dilacion  en  su  ida;  y  por  las  cartas  de  Vuestra  AUeza,  y  la 
creencia  qu*el  dicho  embajador  diô  à  la  cristianisima  reina  de 
Francia  y  serenisima  reina  de  Hungria,  entiende  Su  Mages* 
tad  que  se  ponen  algunos  inconvenientes  para  que  la  senora 
infante  no  saïga  deste  reino ,  y  bien  conocen  Su  Mageslad  y 
la  cristianisima  reina  su  hermana  y  madré  de  Vuestra  Àlteza 
qa  es  razon  que,  siendo  la  senora  infante  tal  persona  y  habién- 
dola  Vuestra  Alteza  criado,  que  tenga  el  sentimiento  que  ha 
mostrado  y  escribe  de  apartarla  de  si;  y  pues,  con  lo  que  basta 
aqui  se  ha  hecho,  Vuestra  Alteza  ha  muy  bien  cumplido  con 
el  amor  que  le  debe.  Su  Magestad  pide  à  Vuesira  Alteza,  cuan 
encarecidamente  puede,  que  quiera  dar  su  bendicion  à  la 
senora  infante,  y  la  licencia  que  le  esta  pedîda  para  que  ^aya 
à  «star  con  su  madré,  pues  Vuestra  AUeza  vee  y  entiende, 
mejor  que  nadie,  se  lo  puede  decir,  que  las  causas  que  se  dan 
para  no  hacerse,  y  las  que  mas  sobre  esto  se  diereo,  no  son 
bastanles  para  impedirse  por  ellas  el  camino ,  porque  siendo 
la  cristianisima  reina  tan  real  y  escelente  persona ,  como  todo 
el  mundo  vee  y  sabe  que  es,  y  estando  viuda,  y  no  teniendo 
otro  hijo  ni  hija  sino  à  la  senora  infante,  y  viniendo  tanto 
camino  por  mar  y  tierra,  en  la  edad  que  Su  Magestad  tiene, 
por  solo  tenerla  en  su  compaùia,  ya  vee  Vuestra  Alteza  que 
no  hay  ley  divina  ni  humana  que  se  lo  pueda  impedir  que  no 
lo  haga,  en  especial  estando  la  s^enora  infante  tan  cx>nibrme 


(  *32  ) 
»  coii  esta  vojuntad  de  la  cristi^nisima  reina  su  madré,  qne  lo 
»  desea  mas  que  Su  Magestad;  y  pues  Vuestra  Âlteza  tiene  tanla 
»  obligacion  à  entramas,  mas  justo  sera  que  mande  quehaya 
j»  mas  brevedad  en  la  partida  de  Su  Alteza,  que  no  dilaeion,  j  que 
»  la  ayude  para  su  camino,  pues  la  senora  infante  no  tiene  tanto 
y»  que  lo  pueda  hacer,  como  quien  es,  sin  el  favor  y  ayuda  de 
»  Vuestra  Alteza;  y  alliende  de  hacer  Vuestra  Alteza  en  esto  lo 
»  que  siempre  ha  acostumbrado,  qu*es  mucha  merced  à  sus  ber- 
»  manos,  cuando  salen  de  su  casa,  cumple  en  ello  la  voluntad  del 
»  serenisimo  rey  don  Manuel  su  padre,  y  lo  que  él  capitule  con 
»  el  Ëmperador,  al  tiempo  que  se  casé  la  cristianisima  reina  con 
»  él,  y  lo  que  Vuestra  Alteza  tiene ratiGcado;  y  esta  es  masjusla 
»  y  bastante  causa  para  que  se  haga  lo  que  la  cristianisima  reioa 
»  pide,  que  no  las  que  se  dan  para  impedillo;  y  tambien  se  junla 
»  con  ella  pedirlo  el  Ëmperador  tan  encarecidamente  a  Vuestra 
I»  Alteza,  como  se  lo  escribe  y  por  mi  se  lo  envia  à  decir,  para  que 
»  Vuestra  Alteza  lo  haga;  y  pues  nunca  Su  Magestad  dej6  de  con- 
»  céder  en  los  ruegos  de  Vuestra  Alteza ,  ni  Vuestra  Alteza  en 
»  los  suyos,  no  es  razon  que  haya  agora  novedad  en  este  que 
»  tanto  desea.  » 

Respondiéme  muy  despacio  y  bajo  :  «  Yo  he  oido  bien  lo  que 
»  decis  de  parte  del  Ëmperador  mi  hermano  ;  y  esto  es  cosa  de 
»  calidad,  que  conviene  que  se  mire  bien  en  ella.  Yo  lo  haré,  y  os 
»  responderé.  » 

Repliquéle  :  «  Yo  he  dicho  à  Vuestra  Alteza  lo  que  Su  Mages- 
»  tad  me  mandé.  Lo  que  de  la  mia  le  suplico,  es  que  sea  ser?ido 
)>  de  mandar  que  la  respuesta  se  me  dé  en  brève ,  porque  pueda 
»  avisar  à  Su  Magestad  délia ,  porque  no  espéra  otra  cosa  sino 
»  la  determinacion  deste  negocio ,  para  recogersc  en  su  menés- 
»  terio;  que,  porque  no  piensa  tratar  de  ninguno,  en  entrando 
»  alli,  no  lo  ha  querido  hacer  hasta  que  este  se  conclup;  y  por 
»  esto,  de  su  parte,  torno  à  pedir  a  Vuestra  Alteza ,  quan  encare- 
»  cidamente  puedo ,  que  le  quiera  dar  este  contentamiento  en 
»  mandar  que  con  brevedad  se  entienda  en  la  partida  de  la 
>»  senora  infante,  que  sera  el  mayor  que  al  présente  Su  Magestad 
»  puede  recibir.  s 


(435  ) 

Respondiéme  :  «  Yo  huelgo  mucho  de  dar  todo  placer  al  Em- 
M  perador  mi  hermano;  yo  haré  lo  que  os  he  dicho ,  y  os  respon- 
»  deré  en  brève.  > 

Con  tanto  se  acabô  este  negocio.  Preguntùme  por  Vuestra 
Magestad  muy  particularinente,  dando  grandes  mueslras  de  amor 
que  ténia  à  Vuestra  Magestad,  en  todas  las  preguntas  y  palabras 
que  me  decia. 

Levantéme  y  fui  à  la  reina.  Dile  las  cartas  que  trahia  para 
Su  Alleza,  y  digele  que  Vuestra  Magestad  le  pedia  y  suplicaba  que 
fuese  buena  tercera  con  el  rey,  para  que  concediese  en  lo  que  la 
cristianisima  reina  de  Francia  su  hermana  le  pedia,  pues  via 
Su  Aiteza  que  era  cosa  muy  justa  hacerse  asf ,  y  no  lo  contrario, 
y  que  à  Su  Âlteza  no  ténia  yo  necesidad  de  satisfacerle  à  las 
razones  que  daban  para  que  la  senora  infante  no  fuese  à  estar  con 
su  madré,  ni  âlos  inconvenientes  que  ponian  para  ello,  pues  via 
claro  Su  Aiteza  la  poca  fuerza  que  tenian  para  impedir  que  una 
bija,  sola  moza,  dejase  de  ir  à  estar  en  compania  de  una  tai  roadre 
como  la  cristianisima  reina,  y  de  la  serenisima  reina  de  Hungria, 
qneeran  viudas,  y  sin  tener  otro  hijo  sino  à  la  senora  infante,  por 
estar  en  compania  de  su  hermano,  porque,  si  era  por  su  autori- 
dad  y  buen  exemplo,  mejor  estaria  con  su  madré  que  en  otra 
casa,  y  si  porque  ténia  mas  interese  acà  que  alla,  que  à  lo  que 
la  cristianisima  reina  me  habia  dicho,  era  en  mncha  mayor  can- 
lidad  lo  que  podia  heredar  délia  la  senora  infante,  que  habia  bere- 
dado  de  su  padre;  y  pues  todo  esto  constaba  â  Su  Aiteza,  que  era 
asi  que  le  suplicaba  que  no  dièse  lugar  â  que  hubiese  mas  dilacion 
en  la  partida  de  la  senora  infante,  pues  en  hacerse  en  brève  se 
cumplia  con  lo  qu  el  rey  don  Manuel  habia  capitulado,  cuando  se 
casé  con  la  cristianisima  reina,  y  el  rey  su  marido  habia  rati- 
ficado,  y  que,  ya  que  Vuestra  Magestad  pedia  que  se  cumpliese 
la  capitulacion,  no  era  cosa  conveniente  â  Sus  Altezas  la  dilacion 
de  hacello,  pues  no  habia  razones  con  que  se  pndiese  escusar. 

Dijome  Su  Aiteza  entùnces  :  a  En  especial  siendo  razon  lo  que 
»  se  dice.  » 

Digele  :  a  Pues  Vuestra  Aiteza  dice  eso,  bâstame  lo  dicho. 


(  154  ) 

n  que  yd  tengô  pdr  tietio  (\né  la  guai'dârà  y  hârà  qii*èl  rey  baga 
»  lo  niismo.  »  Respondiâme  qae  ella  deseabâ  tanto  servir  à  Yuea- 
tra  Magestad  y  à  la  cristianisima  reina  sa  hermanà,  que  temift 
cuidado  en  lo  que  Vuestra  Magestad  le  enriaba  â  maudar,  y  que 
Su  Alteza  lo  acordaria  al  rey,  y  trabajaria  por  que  se  tue  dièse 
la  respuesta  en  brève.  Yo  le  répliqué  que  le  suplicaba  lo  faiciett 
asi ,  porque  à  mi  me  parecia  que  ofendia  el  autoridad  del  rey, 
si  negociàse  cou  él  que  cumpliese  sii  palabra  y  lo  que  ténia 
capitulado ,  y  por  esto  tornaba  â  suplicar  à  Su  Alteza  que  dièse 
ôrden  para  que  yo  fuese  respondido  con  brevedad ,  sin  caer  en 
este  yerro ,  y  que  por  esta  razod  no  pensaba  bablar  sobre  este 
negociô  à  ninguno  de  sus  consejos,  ni  à  otra  persona  sino  à 
Sus  Altezas.  Dijome  quelo  decia  muy  bien,  y  que  lo  hicîese  asi; 
que  Su  Alteza  ternia  cuidado  de  acordar  al  rey  que  me  dèspa- 
chase. 

Luego  me  empezô  à  pregutitar  muy  particularmente  por  la 
salud  de  Vuestra  Magestad  y  de  sus  hernianas  y  sobrina  y  nieto; 
y  tardô  tanto  en  ello,  qu*estube  càsi  una  bdra  de  rodillas  :  y  asi 
me  ha  tocado  la  gota  en  Uii  pié  después  acâ  :  mas  no  me  impedlii 
para  dejar  de  negociar,  coando  Sus  Altézas  quisieren  hacello. 

Al  rey  le  habian  dicho  alguiias  personas  que  Vuestra  Mages- 
tad entraba  en  este  iiegbcio,  mas  por  importunidàd  de  la  cristia- 
nisiriia  reiha  de  Francia  y  serenistma  reiha  de  Hungria,  que  no 
por  tcner  volùnlad  de  qiie  se  hiciese.  Y  segun  el  alteracioii  que 
esta  corte  ha  tenido  con  ml  vetiida ,  creô  que  debia  de  haber  algo 
desto  que  digo,  porque  el  secretario,  qu'es  uiio  de  ios  que  mal 
valeh  con  el  rey,  etnpezô  h  andar  en  demandas  y  respuestad  con 
don  Jiiàn;  y  el  duque  d'AbeirO,  que  tambien  es  de  Ios  principales 
del  consejô  del  Estado,  hizo  lo  misniô,  porqué  eutramos  son 
ainigos  de  don  Juâh ,  y  fuérôn  tantos  Ios  recados  que  andaban  à 
la  redonda  de  mi  la  noche  que  llegué,  y  otro  dia ,  que  déterminé 
que  don  Juan,  ni  la  senorà  infante,  ni  persona  ninguna  ,  no  sû- 
piesen  hada  de  mi  de^pachô,  sino  solo  que  Vuestra  Magestad  me 
enviaba  à  visiUir  Ios  reyes;  y  halléme  tan  bien  dello,  que  hasta 
hàbeiles  dado  sus  cartas  y  hablâdoles,  nn  se  supo  de  mi  mas  que 


(  ^35  ) 
io  dîcho.  tHeépaéé  que  hice  èsto,  niostré  â  la  seîlofa  infaûte  la 
instniccion  y  minutas  de  las  cartas  que  troje,  j  â  don  Juaii  dolad 
Isa  minutas,  sin  la  instruccion,  ho  porque  no  se  le  podia  fiar 
este  y  mucho  mas,  que  yo  dertiflco  à  Vuestrà  Màgestad  que  le  hà 
8er?ido  y  trabajado  niueho  mas  en  este  négocie  que  btro  l6  pu- 
diera  hacer,  mas  porque  coti  descuido  no  le  sacasen  algutia  cosà 
tan  tas  espias  como  andaban  por  hacello  :  que  à  ser  esto,  y  saber 
el  rey  Io  que  yo  le  habia  de  decir ,  pudiera  ser  que  tubiera  Vues- 
tra  Majestad  la  respuesta  dello  alla,  ântes  que  yo  se  Io  propu- 
siera  acà,  como  le  aconteciô  à  su  embajador ,  pues  la  he  dado  yo , 
como  se  verâ  en  esta  carta ,  câsi  el  dia  qu  él  diô  la  de  su  amb 
à  Vuestra  Màgestad;  y  por  esto  mismo  dije  à  don  Jiian  que  Vues- 
tra  Mageslad  mandaba  que  no  dièse  las  de  las  reinas  (i  ),  ântes  que 
yo  hubiese  dado  las  que  trahia,  y  dicho  al  rey  Io  que  Vuestra 
Màgestad  maiidaba  :  y  asi  Io  hizo ,  porque  hasta  ayer,  que  fuéron 
doee  de!  présente,  no  las  diô  ni  les  hablé. 

Dice  que  los  bablô  juntos,  y  que  la  reina  ténia  los  ojos  incha- 
dos  y  ilenos  de  làgrimàS.  Recibiéronle  bien  ;  respohdiéronle  como 
&  mU  Hâbia  habido,  âiites  que  don  Juan  entrase,  una  consulta 
de  mas  de  una  hora,  entre  el  rey  y  el  duque  d*Ayeiro,  y  que 
es^abà  fuera  el  conde  de  Castaneda ,  esperando  de  hablar. 

Ellos  veen  que  el  négocie  va  mas  de  veras  que  pensaban,  des- 
pués  que  leyéron  las  cartas  de  Vuestra  Màgestad ,  y  yo  hablé  al 
rey;  y  piènéo  que,  si  Vuestlra  Màgestad  es  servido  de  hacer  una 
merced  muy  grande  à  la  cristianisima  reina  y  à  la  senora  infante, 
que  sera  la  cosa  con  que  mas  brevemente  y  mejor  este  négocie 
se  podrà  despachar,  y  es  con  que  dilate  su  entrada  en  el  mones- 
terio  hasta  que  el  rey  baya  respondido  à  Io  que  yo  le  he  propuesto 
de  parte  de  Vuestra  Màgestad,  porque  sin  duda  certifico  qu*es 
con  Io  que  mas  el  rey  y  toda  In  corte  se  escandalîzan ,  decirle  yo 
que  Vuestra  Màgestad  esperaba  la  respuesta  desto  en  Jarandilla, 
porque,  ya  que  se  habia  descargado  de  todos  los  negocios  del 


(1)  Yoy.  p.  111,  note  3. 


(  *S6  ) 
roundo,  para  retraberse  à  su  monesterio,  no  queria  enirir  en  él 
hasta  tener  este  determinado ,  porque,  como  es  cosa  traUdaen 

casamiento ,  y  que  es  Yuestra  Mageslad  el  que  lo  hizo  y  que (i) 

herinana  mayorysobrina  à  quien  tanto  quiere,  que  uopuede 

insistir  à  que  se  guarde  y  obsene  lo  que  con  él  se  capitulé;  y 
como  no  tienen  razon  con  quepodersatisfacerni  responder  à  esto, 
sino  con  hacer  lo  que  se  pide,  andan  con  la  fatiga  que  digo ,  bus- 
cando  alguna  color  para  no  hacello.  Y  tenemos  por  cierto,  los 
que  aqul  estâmes  y  Teroos  lo  que  pasa,  que  si  Yuestra  Magestad 
puede  hacer,  sin  recibir  pesadumbre,  lo  que  lis  suplico,  que  sera 
abreviar  mucho  el  négocie;  y  sino  ha  lugar,  con  favorecerlo, 
como  hasta  aqui  lo  ha  heclio,  del  monesterio,  espero  en  Dios 
que  ternà  el  buen  fin  que  la  cristianisima  reina  desea. 

Para  dar  aviso  à  Yuestra  Magestad  de  lo  que  pasé  con  los 
reyes,  despachaba  un  corrco  secreto  que  fuese  por  jornadas  hasta 
salir  de  Portugal ,  porque  no  qneria  que  pensasen  que  sin  su  res- 
puesta  la  habia  yo  de  dar  h  Yuestra  Mageslad  de  lo  que  me 
mandé.  Llegô  en  este  medio  tiempo  el  correo  que  se  despacbô, 
à  los  diez  del  présente,  desa  corte;  y  vi,  por  la  carta  de  Yuestra 
Mageslad  de  nueve,  lo  que  el  embajador  le  habia  propuesto  y  la 
respuosla  (S),  la  cual  me  parece  que  ha  sido  de  roanera  que  les 
deshace  todos  los  puntos  en  que  elles  se  fuudan ,  y  tanto  que  les 
daré  poca  priessa  por  la  respuesta,  hasta  saber  qu*él  ha  enviado  à 
esta  corte  la  que  Yuestra  Majeslad  le  dié,  porque  se  acortarian 


(1)  La  pièce  «ftt  déchirée  en  cet  endroit  et  en  deux  ou  trois  aulres,  qui  sont 
indiqués  ici  par  des  points. 

(2)  Gaxtelû  écrivait,  le  même  jour,  14  décembre,  à  Vazquei:  •  El  embajador 
»  de  Portugal  llegô  â  Aldea  Nueva,  que  es  un  lugar  a  média  légua  de  este,  h 
•  los  siete  de  este ,  y  luego  enviô  â  pedir  audiencia  à  S.  M.,  la  cual  le  dié  el  dia 
»  siguiente  en  acabando  de  corner,  y  durô  mas  de  una  hora^  y  lucgo  que 
»  hobo  salido  de  con  el  Emperador,  me  mandé  llamar  y  dijo  todo  lo  que  d 
»  dicho  embajador  le  refirié,  y  las  demandas  y  respuestas  que  bobo  entre 
»  ambos,  de  que  me  mandé  hacer  una  carta  para  que  con  ella  se  despacbe  â 
»  Portugal,  para  prévenir  â  D.  Sancho  de  todo 


(157) 

mnchos  dias  de  negocios ,  si  asi  se  hiciesc  ;  \  si  me  la  difirieren  de 
dos  ù  très  arriha,  tornaré  à  suplicar  ù  la  reina  que  pida  al  rey 
que  me-  la  mande  dar ,  porque  he  entendido ,  después  que  aqui 
esloy,  queeslo  se  harâ  roejor  con  un  poco  de  reputacion  que  con 
mocho  bullir  y  negociar;  y  asi  no  voy  à  palacio,  sinp  cuando  me 
mandan  llamar,  y  con  don  Juan  les  he  enviado  à  pedir  las  audien- 
eias.  Con  la  senora  infante  no  guardo  este  término ,  porque  cada 
dîa  la  he  hallado,  para  satisfacerme  mejor  de  lo  que  Vueslra 
Mageslad  me  mandé. 

Desta  carta  que  este  correo  trujo  no  me  pienso  aprovechar, 
si  no  fuese  qu*el  rey  en  su  respuesta  me  remitiese  a  que  esperaba 
la  de  su  embajador;  que  entônces,  por  escusar  las  dilaciones.  le 
dire  io  que  pasa  :  mas  si  eslo  no  hay ,  espcmré  à  que  é!  se  lo 
escriba»  que  me  parece  que  harâ  mas  efeto,  que  no  decirselo  yo 
priroero  qu*el  otro.  Esto  se  entiende  que  lo  haré,  si  à  Yuestra 
Magestad  no  le  pareciere  olra  cosa  y  me  lo  enyiare  à  manda r. 

La  senora  infante  me  preguntô  ayer  si  habia  trahido  carta  para 
el  cardenal  su  hermano  (I).  Yo  le  dige  que  Yuestra  Magestad  me 
habia  mandado  que  le  visitase  de  su  parte;  que  carta  no  se  la 
habia  trahido,  porque  las  escrîbia  Yuestra  Mngestad  de  mala 
gana.  Mandémeqne  le  fuese  à  visilar  â  su  casa,  porque,  cuando 
la  he^élas  manos,  estaba  con  la  reina.  Hacérlohe  como  Su  Alteza 
lo  manda. 

£1  secretario  Gaztelû  me  escribe  en  su  carta  que  Yuestra 

Magestad  habia  enviado  6  decir al  embajador  que  los  emba- 

jadores  é  mensageros  que  le  enviasen  sobre  este  negocio  6  otros, 
que  se  fuesen  à  Yalladolid ,  porque  de  slli  le  escribirian  lo  que 
tocase  à  este  negocio,  porque  no  piensa  tratar  otro.  Si  el  rey 
envia  un  obispo,  como  se  suena  por  aqui  que  lo  quiere  hacer. 


(1)  Henri,  fils  du  roi  Emmanuel  et  de  Marie  de  Castille,  rardinal  du  titre 
«les  Quatre  Couronnes,  successivement  arclievêque  de  Braga,  de  Li«l)onne  et 
«TEvora. 

Il  devint  roi  de  Portujral,  ci)  \}57S,  pnr  la  mort  de  §<'b^stîen,  son  neveu. 


(138) 

sobre  esté  negocib,  ëntéhcès  lé  dire  lo  que  Voestra  Hagesud  eiiViô 
à  decir  à  su  embajador,  j  no  de  manera  que  entienda  qaelosé 
por  carta  de  Gazielù,  sino  que  Vuestra  Magestad  me  luaodô.a 
la  creencia  que  me  diô,  que  lo  digiese  asi;  y  si  no  es  sertîdo  que 
se  haga  desta  manera,  suplico  à  Vuestra  Magestad  mande  que, 
con  el  prîmero  que  venga ,  me  avisen  dello. 

Ayer  hablâron  el  rey  y  lâ  reina  à  la  senora  infante,  pan  qne 
se  estubiese  queda  en  este  reino,  y  fué gran  rato  lo  que  ocupàron 
en  esto.  Su  Alteza  les  dijo  lo  que  siempre,  qne  no  harà  tttas  delo 
que  Vuestra  Magestad  y  su  madré  le  màndaren.  Parécele,  i  lo 
que  dice,  que  no  se  lo  defenderàn.  Yo  como  lo  deseo  terhecho, 
no  digo  nada  hasta  estar  en  el  camino.  No  me  dan  respuesta.oi 
yo  los  aprieto  por  ella ,  ni  parezco  en  palacio,  sino  de  la  posada 
de  la  senora  infante  â  la  mia  ando,  hasta  que  pase  esta  semana; 
que  de^pués  dàrleshe  mas  priesa. 

Nueslro  Sefior  la  impérial  persona  de  Vuestra  Magestad  gaarde 
y  dé  (anta  ^ida  como  yo  deseo. 

De  Lisboa,  M  de  dictembre  i556. 

S.  C.  C.  M.,  los  pies  y  manos  de  Vuestra  Magestad  besa 

Don  Sancho  db  Cordoba. 


J 


(  1^3) 


XXI. 


D.  SANGHO  DE  CORDOYA  A  L*EMPBREUR. 

Reklion  d'une  nouvelle  audience  qu'il  a  eue  du  roî  et  de  la  reine  do  Portugal  : 
réponses  bienveillantes,  maïs  dilatoires,  qu'ils  lui  ont  faites.  —  Il  engage  l'Em- 
pereur h  leur  éerire  de  nouveau.  >-  Bruit  répandu  a  la  cour  de  Lisbonne  que 
l'Empereur  «liait  se  faire  moine.  ~~  Grand  secret  observé  par  les  ministnii  de 
celte  cour. 


Lisbonne,  18  décembre  1556. 


S.  C.  C.  H**^  à  los  catorce  de  deciembre,  â  las  ocho  de  la 
noche,  despaché  â  Bartolomé  de  MadHd,  correo  de  Vuestra 
Magestad,  y  no  piido  ser  àntes,  porque  la  sehora  infante  me 
mandé  que  se  deiubiese,  porque  queria  escribir,  y  después  no 
lo  bîzo.  Con  él  di  relaciôn  à  Vuestra  Magestad  de  nii  llegada  â 
esta  côrte,  y  de  lo  que  me  habia  sucedido  en  ella  basla  entônces. 

T  viendo  que  el  rey  dilataba  en  darme  la  respuesia  de  la 
earta  que  le  truje  de  Vuestra  Magestad ,  y  â  lo  que  de  su  parte 
le  propuse,  torné  à  hablarlé  &  los  diez  y  seis,  en  el  aposento  de 
la  reîna,  delante  délia,  y  dijele  que  ya  se  acordarîa  Su  Alteza  de 
lo  que  de  parte  de  Vuestra  Magestad  le  babia  pedido,  y  que  me 
parecia  que  la  respuesta  dello  se  dilataba  ;  que  suplicaba  h  Su 
Alteza  me  la  mandase  dar,  porque  Vuestra  Magestad  se  deseaba 
pasar  â  su  aposento,  y  no  lo  bacia,  esperândola ,  y  asimismo  que 
las  cristiaiiisima  y  serenisima  reinas  de  Francia  y  Hungria  no 
se  dcterminaban  en  tomar  asiento,  basta  que  la  senora  infante 
fliese;  que  no  se  les  bacia  buena  obra  en  la  diladion,  y  que,  pues 
Sn  Aheza  las  queria  tanto  y  babia  tanta  razon  para  ello,  que  no 
lo  debia  de  permitir,  sino  darles  tan  breye  y  buena  respuesta , 
como  Sas  Magestades  la  esperabaii ,  de  todo  lô  qne  à  Su  Alteza 
se  babia  pedido  de  su  parte.  ' 

Ré^pôndiôme,  edn  grah  contentàmienlô  y  miicba  fisa,  que  él 


(  140  ) 
queria  mucho  al  Emperador  su  liermano,  y  que  holgaba  deha- 
cerle  placer  en  lodo  lo  que  pudiese,  y  qu*él  via  que  yo  ténia  razon; 
que  me  responderia  breyemente  :  y  no  me  dijo  nada  del  einba- 
jador.  Tûbome  cerca  de  una  hora ,  informândose  de  la  salud  de 
Vuestra  Mage&tad,  y  de  su  casa,  y  de  la  gente  que  metia  consigo, 
porque  acâ  diccn  que  Vuestra  Magestad  se  mete  fraile,  y  qoc 
ellos  le  ban  de  servir  y  dur  de  corner ,  y  que  por  esto  les  da  an 
tanto  cada  ano.  Esto  se  dice  en  la  corte.  El  rey  dijome  parte 
dello,  mas  no  tanto.  Yo  dije  que  no  sabia  tal,  sino  que  Vuestra 
Magestad  metia  sus  oficiales,  y  se  habia  de  servir  en  su  casa,  â 
parte  dcl  monesterio.  Pregnntôme  por  su  nielo  y  por  las  reinas 
y  princesa  mis  scnoras,  y  el  estubo  de  tan  buena  maneraque  me 
pareciô  que ,  si  hubiera  de  despacharme  mal ,  no  lo  hiciera  asi. 

Pasé  à  la  reina,  que  eslaba  un  poco  apartada  dél  :  digele  que 
ya  Su  Alteza  habia  oido  lo  que  dije  al  rey;  que  le  suplic^nba  me 
hiciese  merced  de  hablarle  para  que  me  despachase.  Dîjo  que  le 
placia,  y  que  ella  haria  lo  que  pudiese  para  ello.  Repliquéle  que, 
si  Su  Alteza  hacia  lo  que  podia,  que  yo  sabia  que  séria  despa- 
ebado  bien  y  brevemenle,  conforme  à  como  Vuestra  Magestad  y 
la  cristianisima  reina  lo  deseaban  y  pedian.  Riôse  mucbo  y  dijo: 
«  Si  ftiese  en  mi  mano  cl  despacharos  como  decis ,  ya  estaria 
H  becbo  lo  que  el  Emperador  mi  senor  manda;  mas  yo  io  dire  al 
»  rey,  y  le  suplie^iré  os  mande  despachar  con  brevedad.  >  Y  nin- 
guno  dellos  me  dijo  nada  de  su  embajador,  porqne,  à  hacerlo, 
yo  les  digiera  como  estaba  respondido  :  que  llevaba  alli  la  caria 
de  Vuestra  Magestad  para  ello. 

A  D.  Juan  de  Mendoza  dije  que  los  bablase  otro  dia  de  parte 
de  las  reinas,  y  que  entendiese  dellos  si  paraban  enalgo.  Hizolo 
asi ,  y  diceme  que  la  reina  le  dijo  que  esperaban  respuesta  de  sa 
embajador,  y  que  ténia  érden  de  avisallos  de  lo  que  Vuestra 
Magestad  le  responderia  desdc  Jarandilla,  y  que  no  babia  venido 
su  respuesta. 

Visto  esto,  me  pareciô  avisar  a  Vuestra  Magestad  dello,  para 
que,  si  es  sorvido,  les  tome  à  escribir,baciendo  mencion  delo  que 
el  embajador  le  propuso ,  y  de  la  respuesta  que  le  diù  y  que  es 


(  l-4i  ) 

conforme  à  lo  que  Vueslra  Hagestad  les  ha  escrico  coniigo,  y  yo 
leshedicbo  acâ  de  su  parle,  porque  ya  Vuestra  Magestad  estaba 
infonnado,  cuando  me  enviô,  de  todo  lo  qirél  le  dijo,  por  la 
creencla  y  carias  de  Sus  Àltezas  qu  él  habia  dado  6  ias  reinas; 
que  Vuestra  Magestad  les  pide  que  me  respondan  y  despachen 
brerementc  :  porque  con  esto  tengo  por  cierto  que  lo  harân ,  y 
que  se  abreviarâ  mucbo  este  negocio»  con  que  ellos  enliendan  que 
Vuestra  Magestad  es  ei  que  lo  pide  y  quiere ,  como  yo  les  be 
dicbo  de  su  parte;  y  con  ver  que  lo  favorece,  no  tengo  duda  sino 
que  se  bai-à. 

A  esta  hora  me  ban  dicbo  qu  el  rey  despacba  un  correo  para 
alla  :  no  se  si  es  asi,  porque  guardan  tanto  secreto  con  los  que 
van  como  be  dicbo  de  los  que  vienen ,  pues  ba  càsi  dos  dias  que 
vino  uno,  y  publican  qu*es  de  mercaderes,  y  ellos  dicen  que  no  les 
trahecartas  :  por  donde  se  tiene  por  cierto  que  es  el  que  esperaba 
el  rcy  de  su  embajador ,  aunque  él  y  los  de  su  consejo  lo  niegan. 
Si  Vuestra  Magestad  fucre  servido  de  escribir  estas  cartas  que 
le  snpiico ,  convernà  que  vengan  en  brève ,  y  si  mandare  que  yo 
haga  otra  cosa,  que  se  me  dé  aviso  dello,  para  que  se  cumpla. 
Nuestro  Senor  la  impérial  persona  de  Vuestra  Magestad  guarde 
y  dé  tan  ta  vida  conio  yo  deseo. 

I)e  Lisboa,  â  18  de  diciembre  i556. 

La  senora  infante  doua  Maria  me  dijo,  dos  dias  ba,  que  la 
djlacjon  podria  danar  este  négocie;  y  esto  meliizo  bablar  al  rey, 
y  me  hace  despacbar  este  correo ,  porque  tengo  por  cierto  que 
no  hay  quien  los  baga  determinar  mas  presto  que  Vuestra  Ma- 
gestad. Y  con  estas  cartas  que  pido ,  no  ternàn  acbaque  ninguno 
para  la  dilacion  dicba,  ni  yo  la  terne  en  tomallos  â  bablar  àntes 
que  vue! va  la  respuesta  deste  despacbo,  porque,  si  me  dan  el 
que  les  he  pedido ,  aventûrase  poco  en  tener  ese  otro ,  y  si  no 
se  hnbieren  determinado,  cuando  Uegue,  dârselesba  à  mejor 
ooyontura. 

S.  C  C.  M**',  los  pies  y  manos  de  Vuestra  Magestad  besa 

Don  Sancho  de  Corik)ya. 


(  14S) 


XXH. 

MARTIN  DE  GAZTELÛ  A  JUAN  VAZQUEZ. 

Mécontentement  de  l'Empereur  du  retard  que  soulTre  Tarrivée  de  l'argent,  et  qui 
l'empêchera  d'entrer  dans  son  monastèr*  pour  les  fêtes  de  Noël.  —  Longue  teltre 
autographe  qu'il  a  conuneocé  d'écrire  au  roi ,  sur  l'arrangement  de  sa  mai- 
son et  les  pensions  qu'il  donne  à  ses  senriteurs  bourguignons  et  flamands.  — 
Bonne  santé  de  l'Empereur,  qui  traite  arec  Quijada  tout  ce  qui  concerne  sa 
maison. 

Jarandilla,  âO  décembre  1556. 


Ilustre  senor, la  acémiia  con  los  dos  rail  ducados  y  lo 

demàs  no  ha  llegado  basta  agora,  y  eotiendo  que  Su  Magestad 
habla  en  ello  y  en  la  dilacion  mucbas  Teces,  y  à  mi  me  lo  ha  dicho 
y  mandado  que  para  lo  de  Sevilla  se  dé  grandisima  priesa,  por- 
que,  por  falla  de  no  haber  llegado  lus  veiote  y  seis  mil  ducados, 
no  entra  esta  pascua  en  su  monasterio,  y  no  quiere  salir  de  aqui, 
sin  pagar  su  casa  y  dar  à  sus  criados  lo  que  bobieren  de  haber..... 

El  Emperador  ha  comenzado  à  escribir  una  larga  carta  de  su 
mano  para*l  rey,  en  que,  â  lo  que  entiendo  por  lo  que  ha  dicho, 
le  da  cuenta  de  la  casa  con  que  queda  y  de  lo  demàs  tocante  à 
ella ,  y  Tenviarà  relacion  de  la  merced  que  hace  en  sus  casas  à  sus 
criados  flamencos  y  borgonones  que  acâ  han  venido,  para  que  les 
mande  dar  los  despachos  dello ,  y  pîensa  despacharlo  todo  dentro 
de  dos  6  très  dias,  y  que  à  lo  mas  largo  de  aqui  à  Pascua  s^enviarâ 
el  despacho  con  un  correo  que  aqui  se  detiene  para  ello.  Hàme 
mandado  que  esc^iba  â  Vuestra  Merced  para  que  tenga  alla  olro 
à  punto,  y  que  en  ei  enlretanto  se  escriba  al  rey,  si  hobiere  que, 
porque,  cuando  este  llegue  ahi  con  el  despacho  de  Su  Magestad, 
no  pierda  tiempo,  ni  se  detenga  el  que  se  ha  de  despachar  â 
Flandes 

Su  Magestad  ha  tenido  y  queda  con  salud,  y  no  se  otra  cosa 


r 


(  1^  ) 
de  que  poder  avisar.  El  senor  Luis  Qnijada  lo  debe  hacer,  como 
con  quien  Su  Magestad  trata  tpdo  lo  en  que  entiende  de  sus 

criados 

De  Jarandilla,  à  20  de  dicienibre  de  1556. 

Martin  de  Gaztelu. 


XXIIL 


LUIS  QUIJADA  A  JUAN  YAZQUEZ. 

Légère  indisposition  qu'a  ressentie  l'Empereur,  par  suite  du  froid.  —  Excellent 
état  actuel  de  sa  santé.  —  Les  dispositions  pour  l'arrangement  de  sa  maison 
sent  très-avaneées;  il  gardera  un  peu  plus  de  serviteurs  qu'il  ne  l'aTait  voulu  : 
instances  de  Qu^ada  à  cet  égard.  —  Tout  sera  prêt  pour  qu'il  soit  entré  au 
monastère  au  1^  janvier,  si  l'argent  arrive  à  temps.  —  Recommandation  à 
Vasques  d'en  presser  l'envoi  ;  inconvénients  qu'il  y  aurait ,  s'il  ne  venait  pas 
arant  la  fin  du  mois.  —  Saucisses  :  l'Empereur  a  trouvé  celles  de  la  priaeesso 
trop  épicées,  et  celles  de  Tordesillas  raoces.  —  Inclémence  de  la  température. 
—  Quijada  souhaiterait  d'aller  chez  lui ,  sans  passer  par  Valladolid  ;  peine  qu'il 
a  eue  a  persuader  l'Empereur  de  retenir  un  peu  plus  de  monde  à  son  service  ; 
erainte  qu'il  a  de  devoir  rester  encore  quelques  jours  auprès  de  lui.  —  Seeond 
entretien  de  l'Empereur  avec  le  père  Francisco  de  Bofja. 

Jarandilla,  23  décembre  1&5G. 


liustre  seôor,  con  el  correo  que  de  aqni  partie  el  domingo  (i), 
avisé  à  Yuesira  Merced  de  lo  que  enlônces  habia.  Agora  no  se 
ofrece  mas,  salvo  que ,  con  los  dos  dias  que  ha  hecho  de  frio.  Su 
Magestad  sentie  un  poco  de  indisposicion,  mas  no  cosa  que  le 
desasosegase;  y  como  se  acabô  el  frio,  lambien  lo  hizo  aquella 
mala  disposicion  ;  y  esta  moy  bueno,  y  va  la  salud  adelante;  y  en 


(1)  Voy.  le  1. 1'',  p.  72. 


(  144  ) 

ciianto  a  lo  de  la  gota,  por  Dios  que  picnso  que  por  este  ano 
queda  libre;  y  ansi  placera  à  Nuestro  Sefior  sea  en  los  que  Yeo- 
dran. 

Va  muy  al  cabo  de  despachar  â  los  que  para  Flaodes  ban  de  ir, 
y  ansîmisino  lo  va  en  las  cosas  necesarias  para  su  servicio  en  d 
inonesterio,  y  toma  aiguna  mas  gente  que  traia  pensado;  mas 
seràn  pocos ,  y  los  que  no  pudiere  escusar  para  su  servicio.  Yo 
harto  le  suplico  que  tome  los  que  no  puede  escusar,  y  cierto  lo 
hace  con  pesadumbre  ;  mas  en  nlnguna  manera  cierto  puede  ser 
servido  como  conviene,  sino  es  acrecentando  alguno  m^s.  No 
puede  ser  en  su  monesterio  para  Navidad ,  y  no  pasarà  d  dia  de 
ano  nuevo  d*estar  en  él,  porque  para  enténces  todo  lo  que  ha; 
que  hacer  estarâ  hecbo  y  pagada  la  casa,  digo  contada  y  reoia- 
ladas  cuentas  con  todos,  ordioario  y  trasordinario  y  gasto,  y  lo 
demàs  que  bny  que  hacer,  salvo  el  recebir  el  dinero  para  coo- 
cluir.  Deslo  tiene  Su  Magestad  entcndido  qu'es  parlldo  de  Sevilla, 
y  que  sera  aqui  para  el  doraingo,  à  mas  tardar;  y  ansi  me  mandé 
anoche  que  de  su  parte  yo  escribicse  â  Vuestra  Merced  que  para 
este  tiempo  no  faltase  en  ninguna  manera,  porque  se  le  haria 
muy  ruin  obra  en  ello;  y  aun  liay  otro  inconvcniente,  que  si  no 
viene  y  escomienza  â  entrar  el  mes,  liabrémos  de  hacer  otras 
cuentas,  y  darles  todo  el  mes  de  gajas,  à  lo  menos  quince  dias; 
y  por  eslo,  y  porque  para  este  dia  de  ano  nuevo  tiene  irazada 
su  entrada,  no  qucrria  hubiese  falta  en  ello.  Por  eso,  Vuestra 
Merced  mande  despachar  un  correo  À  Sevilla,  que  con  toda  bre- 
vedad  venga  el  dinero,  pues  harà  la  falta  que  digo,  y  ansi  me 
mandé  anoche  Su  Magestad  que  avisase  k  Vuestra  Merced  para 
que  en  csto  se  hlciese  diligencin.  Las  sausisas  llegâron  (I)  :  las 
de  Su  Alteza  dice  que  traen  mucha  especia,  y  las  de  Tordesillas 
veniéron  rancias,  y  ansi  comié  pocas  de  las  unas  y  de  las  otras. 
Tambîen  dice  que  no  son  taies  como  solian  las  que  de  Tordesillas 
veniéron,  y  qu*eran  muy  secas. 


(1)  Voy.  le  L  I«s  p.  72. 


(  145  ) 

Eslos  dos  dias  que  atrâs  digo  qoe  hizo  de  frio,  fuéron  buenos  y 
acabàron  con  nieve;  pocos  dias  hace  baeno,  y  los  mas  Ilueve  (i). 

No  hay  mas  de  que  poder  avisar  à  Vueslra  Merced.  En  lo  de 
Portugal,  GazCelù  dira  lo  que  hay;  y  en  lo  que  aqui  se  concluyere, 
y  en  el  asienlo  que  en  todo  se  tomare,  yo  avisaré  à  Vuestra  Mer- 
ced, y  si  por  caria  se  sufriere;  mas  querria  irme  derecho  à  mi 
casa,  que  no  ir  por  ahi,  pnesto  que  haré  lo  que  me  niandaren  : 
mas  cnando  yo  vea  à  Vuestra  Merced ,  lo  entenderâ  mas  parti- 
cularmentede  mi,  que  cierlo  en  todo  he  pasado  harto  trabajo 
para  venir  à  concluir  para  que  tome  los  que  son  raenester  para 
su  senricio,  el  cual  es  bien  diferente  de  lo  que  trahia  trazado. 
Temo  terriblemente  que  me  mande  quedar  por  algunos  dias, 
que  sera  la  cosa  que  mas  senti  ré  :  mas  basta  tomar  el  hilo  del 
servicio ,  tanto  lo  de  su  boca  y  criados  y  como  se  ba  de  bacer, 
pienso  que  no  se  podrà  escusar;  mas,  con  que  sean  poeos,  vayan 
eon  Dios.  Vuelvo  à  decir  à  Vuestra  Merced  que  puede  muy  bien 
aTÎsar  Vuestra  Merced  à  Su  Alleza  que  Su  Magestad  esta  mejor 
que  ha  estado  de  muchos  dias  atrâs,  y  que  por  los  inconvenientes 
que  yo  he  escrito  â  Vueslra  Merced ,  desea  que  le  dièse  la  gota. 
No  hay  otro  que  decir  à  Vuestra  Merced 

De  Jarandilla,  à  los  23  de  diciembre  1556. 

El  padre  Francisco  volvié  ayer  à  hablar  à  Su  Magestad  (2)  : 
tubo  otra  muy  larga  audiencia,  y  se  despidié  y  partie  ayer  de 
aqni  para  Plasencia 

Luis  Q(}ijada. 


(1)  Le  98  décembre  de  raunce  suivante,  Gaztelù  écri?ait  à  Vasquez  : 
Grandes  son  los  frios  que  ha  hccho,  y  las  heladas,  ayres  y  nieves;  y  porque 
no  quede  nada  por  hacer,  ba  commenzado  à  IloYer  de  baena  maoera,  y  ii 
lo  conltfitia  37  dioM,  como  agora  un  aHo,  creo  que  se  acaba  la  paciencia 
à  los  Flamencos * 

(2)  Voy.  le  t  l'%  p.  74. 


Tome  II.  iO 


(  146  ) 


XX!V. 


Luis  quuada  a  la  princesse  doSa  juana. 


Attaque  û^  gouf  te  survenue  à  V Empereur  le  troisiènke  jour  de  fi6&.  —  Il  prend 

ttédceine.  -^  Étal  dans  le^el  il  se  f fouvc. 


Jarandilla,3!  décembre  1556. 


Muy  aita  y  miiy  poderosa  senora,  Su  Magestad  «entié  un  poeo 
degoia  t\  tercero  dia  d«  Pascua,  en  la  muneca  derecha»  y  poesto 
que  se  quejaba,  no  dejé  de  levanlarse  y  <ûr  misa  aquel  dia.  El 
dia  siguiente,  que  fué  lunes,  le  cargé  de  manera  que  ]e  quité 
el  sueno;  pero  dormiô  aquella  nocha  mas  que  la  del  dia  ântes. 
El  maries,  tubo  ratn  noche,  y  se  le  acrecenté  d  dolor  hasta  el 
hombrO)  de  mànera  que  no  se  levante,  ni  tampoco  ayer  miér- 
coles,  aiinque  se  sentie  mejor,  puesto  que  tambien  le  ha  tocado 
en  un  dedo  de  la  mano  izquierda,  pero  no  de  manera  que  d^e 
de  corner  con  alla,  porque  del  brazo  dereebo  no  se  puede  apro- 
vecbar.  Corne  poco  y  no  con  buen  apetito.  Anoche  tome  unas 
pildoras  y  diez  otizas  de  viao  de  sen  :  con  que  se  iieae  por 
eierto  se  le  oonsamirâ  el  bumor ,  para  quedar  libre  deste  corre- 
mienlo,  pues  parecia  à  Su  Mageslad  y  al  médico  qœ  eonvenia 
para  la  oonserbacion  de  su  salud 

De  Jarandilla,  à  los  31  de  diciembre  1556. 

De  Vuestra  Alteza  criado, 
Luis  Quuada. 

Este  correo  habia  de  partirse  boy  al  amanacer,  y  héle  bedio 
delener,  esperando  â  ver  como  habian  obrado  las  pildoras  y 
vino  de  sen  que  anoche  tomô  Su  Magestad,  las  cuales  han 
hecho  algun  efeto,  mas  no  mucho.  Esta  noche  ha  dormido  Su 


i  4*7  ) 
MagiBUd  mal,  y  hile  Jado  d  dolor  en  Im  rodiUas  ajfvfi  Uoto^  y 
ei  el  dedo  de  la  maoo  izquierda,  y  l^mbîen  se  qu^a  de  la  espalda* 
Pareçe  que  por  todas  partes  maeve  el  hffiner.  Ha  eomid^  razo- 
oableioeote,  per»  eon  peco  apetUoj  y  ansi  queda  bai^lo  icanfiade 
delà  mala noche  qae  ha  pasado. 

£tu  se  cîerra  à  las  doa  después  de  medioi^a ,  à  jos  3.1  de 
dicieoibre. 


XXV. 


l'empereur  av  roi  des  romains. 


Lafoutlel**  empéchB  de  répondre  plut  tôt  a  la  rédamation  que  le  Kceneié  Gamez 
hiî  a adf wée ,  de  sa  part,  loseluMit  90^,060  iorins  pi^és  au  due  Gaoffe  df 
Sajw.  Il  s'étonne,  .api:«s  tout.ee  qp'.il  a  lait  pour  son  frère^  de  c^tte  «éçlamatjÛQn 
mal  fondée  ;  d'ailleurs  elle  aurait  dû  être  adressée  au  roi  son  fik  ^  vu  la  renoneia- 
lioo  qu'il  a  faîte  de  ses  États. 

JaraBdiila,  «S  janvier  1«57. 

Monsieur  mon  bon  frère,  le  licentiado  Gamez  (1  )  in*a  envoyé  la 
lellre  de  crédence  que  sur  luy  m^eacrive?,  du  16*  de  octobre,  et 
joinctement  la  lettre  que  lui  avez  escripte,  et  les  escripiures  que 
sur  ce  luy  avez  envoyé  (2).  J'eu^e  bien  voulu  vous  avoir  plus 


-.t-^i^.i  111 III 1 1  I- 


(1)  Le  licencié  Gamez  (oo  Gamiz)  était  ambassadeur  de  f  erdinand  auprès 
de  PUlijppe  IL 

{à)  La  lettre  de  Ferdinand  à  Gamez  est  aussi  du  16  octobre.  Il  j  parle  d*a- 
bord  (Tune  rente  de  00,000  ducats  qu*il  avait  dans  le  royaume  de  Naples,  et 
qa*il  déairaît  Tendre  :  mais  Plûlippe  II ,  av.ant  d'autoriser  cette  vente^  deman- 
dait qa^il  Justifiât  de  ses  droits  à  la  renie  en  question.  (Vojr.  la  CoUccion  de 
docÊÊmentoi  inédilos  para  la  ÂUtçria  de  Bfpana^  de  MM.  Navarrete,  Salv 
et  Baran4a,  L  11,  p.  420.)  Il  en  a  (ait  ciiei'cber  les  pitres,  et  il  a  trouvé  que  le 
principal  était  le  traité  de  partage  fait  entre  lui  et  rJEmpereur,  le  7  février  1599. 

Il  dît  ensuite  qu*il  résulte  du  même  traité  que  TEmpereur  devait  300,000 


(14«) 

tosi  respondu  :  mais,  comme  au  temps  que  je  le  pensois  faire, 
ma  prins  la  goûte;  qu*ainçoires  qu'elle  m*a  faict  gran'  grâce  de 
tantdiférer  plus  que  les  autres  années,  et  ne  ma  tralcté  si  mal 
qu'elle  souloit,  sy  y  a-t-il  prez  de  vng  mois  qu  elle  me  at  empêché 
à  ce  faire. 

Tay  veu,  par  la  crédence  dudict  licentiado,  ce  que  prétendez 
de  la  debte  contenue  en  Tescript  de  la  répartition  que  vous  feis, 
Fan  22,  touchant  le  duc  George  de  Saxe,  et  ce  quealéguez  des  res- 
ponces  que  vous  feis  Tan  25 ,  signées  de  Jehan  Laleroant.  Et,  on 
dictes  que  n'avez  trouvé,  entre  voz  escriptures,  ryens  où  icelie 
debte  fust  esté  satisfaicte,  je  croys,  monsieur  mon  frère,  que, 
sy  vous  les  cherchez  bien ,  et  réduictes  à  vostre  mémoire  ce  qae 
depuis  est  passé  entre  nous,  que  trouverez  que.  Tan  50,  tant  an 
temps  que  fiismes  en  Âugspurg,  que  quand  nous  vînmes  à  Gou- 
logne  et  Âix,  où  se  traictoit  de  vostre  élection ,  que  lors  feinies 
une  fin  de  compte,  tant  des  sommes  q*auparavant  je  vous  avoye 
envoyé,  pour  vous  secourrir  en  voz  nécessitez,  tant  de  Hon- 
grie, Wirtemberg  q'autres,  q*ausy  en  ce  que  failloit  payer  pour 
vostredicte  élection ,  èsquelles  fut  descompté  ceste  debte  du  duc 
George  et  toutes  autres  que  pouvyés  prétendre;  et  aincoires  vous 
demouroit-il  grandes  sommes  dadvantage  dont  je  vous  avoîs 
secouru ,  et  vous  en  faisois  grâce.  Et  est  chose  légière  à  croire 
que ,  sy  ceste  mémoire  fresche  de  ce  que  je  diz  ne  vous  eût  faict 
oublier  ces  vieulx  escriptz ,  selon  les  nécessitez  en  quoi  vous  estes 
trouvé,  ne  l'eussiez  mys  en  oubly,  puys  q'en  cest  heure,  comme 
chose  oubliée ,  et  par  voye  de  descherge  de  conscience ,  le  deman- 
dez. Quicunqne  que  ce  vous  a  conseillé  et  trouvé  ceste  inven- 
tion ,  tant  contraire  à  ce  que  entre  nous  se  doibt  user,  debvroit 


florins  au  duc  George  de  Saxe;  que  celtç  somme,  c^est  lui  qui  Ta  iMiyée,  et 
qu^un  acte  daté  de  Madrid  le  6  février  1525,  signé  de  S.  M.  I.  et  contre-sîgné 
par  le  secrélaire  Lalemand,  prouve  qu^elIe  lui  en  est  restée  rederable.  H  ne 
doute  pas,  diaprés  cela,  que  l'Empereur  ne  veuille  décharger  sa  conscience, 
en  lui  faisant  rembourser  ladite  somme,  et  il  charge  Gamez  de  la  réclamer. 
Cette  lettre  est  en  espagnol. 


(  149  ) 

plus  attendre,  et  le  tous  dire  aprez  ma  mort  :  car  je  croys  qu*il 
De  y  a  peu  ou  nul  qui  de  ce  se  peult  souvenir,  si  ce  n  est  la  royne 
d'Hongrie,  nostre  seur,  qu*aUéguez;  et  je  croys  iuy  en  souvien- 
dra. Par  quoy ,  monsieur  mon  bon  frère ,  je  ne  fayz  double  q  avez 
esté  satisfaict  deceste  debte,  et  que  ce  que  la  demandez  est  par 
ee  que  voz  nécessitez  vous  font  oublier  ce  qu'est  passé;  et  à  moy, 
aincoires  que  j*ay  la  mémoire  assez  travaillée,  comme  je  suys  icy 
en  lieu  où  je  la  travaille  moins  que  je  soulois,  sy  m*en  reste-il 
quelcune. 

Et  sy  d*adventure  en  ce  je  ro^abusois ,  je  vous  veulx  bien  ad  ver- 
tir  que  vous  vous  abusez  bien  de  me  demander  ceste  somme,  ne 
par  forme  de  conscience,  ny  autrement  :  car  je  n*ay  de  quoi  y 
satisfaire,  par  la  renunciacion  que  j'ay  faict  au  roy  mon  filz, 
lequel  par  icelle  a  accepté  Texécucion  de  mon  testament,  auquel 
je  ne  faiz  mencion  de  telle  debte,  comme  satisfaicte;  en  Taccom- 
plissemoat  duquel  je  suis  seur  qu  il  faira  tout  le  possible ,  ain- 
coires qu  il  ne  Iuy  fault  (1)  à  quoy  entendre;  et  en  chaque  quar- 
tyer  y  a  un  lieu  de  mauvais  chemin.  Et,  si  vous  trouvez  que 
eeste  debte  vous  est  redevable,  c*est  à  Iuy  à  qui  il  fault  que  la 
demandez,  et  non  à  moy,  ny  m*en  encherger  la  conscience, 
puisque  je  n*ay  de  quoi  la  payer;  et  il  la  pourra  avérer.  Mais 
bien  me  semble- il  que,  voyant  ce  que  devant  et  depuis  j'ai  faict 
pour  vous,  et  vous  hoster  des  dangers  évidens  où  estyez,  sy  je 
ne  TOUS  eusse  secourru ,  et  avec  mes  grans  despens,  que  eussiez 
bien  peu  excuser  ceste  demande;  et,  vous  souvenant  de  comme  au 
temps  vous  fustes  d'icelle  satisfaict,  non  seulement  vous  cher- 
geryés  votre  conscience,  de  vouloir  estre  payé  deux  fois  d'une 
debte ,  mais  ausy  votre  honneur.  Et  pour  ce,  recourez  bien  vostre 
mémoire,  et  ne  demandez  chose  qui  ne  fust  juste. 

Je  vous  prye  ne  mal  prendre  ce  que  je  escripls  :  car,  puis- 
que ceci  ne  me  touche  plus,  il  me  sembleroit  que  je  ne  fai- 
rois  office  de  bon  père,  sy,  pour  un  escrupule,  ou  pour  mieulx 


(1  )  Une  Iuy  fauU,  il  ne  lui  manque. 


»^ 


)i 


{m) 

d!r6  pour  un  bipoerfrier  je  voultisse  niisy  ehei^r  moti  fih.  El» 
Vf  et  les  reeommaDdatioiit  et  prières  âcou^uméei,  pour  faillir 
le  feullet,  fais,  monsieur  mon  frère,  fyn;  demoorant,  tel  qae 
touts  jours  ay  esté,  vostre  bon  frère 

Charles  (i). 

De  Jarandilla,  ce  ixun*  de  janvier  4SS7. 


XXV!. 

L'EllPBftBUR  A  LA  PRIMCBSSB  DONA  iUANA. 

État  de  sa  santé.  —Rupture  de  U  trête  par  les  Français  :  il  approuve  les  neswsi 
que  la  princesse  a  prises  pour  la  garde  des  frontières  et  des  côtes ,  et  l'envoi  ds 
500,000  ducats  au  roi.  —  Hépon&e  au  conseil  qu'elle  lui  a  demandé,  touchant 
Targent  qui  est  k  Sét ille.  *-  SatisfacUon  i  donner  au  Fuggcr.  ^  Bipédientt 
financiers  préposés  par  la  reine  de  Hongrie.  —  Ituportance  de  pourvoir  de  gens  et 
de  vivres  les  garnisons  des  frontières.  —  Avertissement  à  donner  aux  grands , 
aux  villes  et  aux  prélats  du  royaume  —  Mesures  n  prendre  pour  Cran.  — 
Négeciàtioh  dé  Portugal  :  <!e  qu«  U  princesse  doit  dire ,  de  sa  part ,  à  la  reînè 
dé  Hbfigri«  et  à  Lorenao  Pern.  —  Lettres  du  duc  d' Alban|uerqiie  :  déoiann  du 
roi  sur  la  négociation  avec  M.  de  Vendôme  ;  communication  faite  en  consé- 
quence i  ce  dernier;  sa  réponse;  ordre  au  duc  d'Alburquerque  de  passer  eu 
Angleterre;  considérations  qui  font  désirer  à  TEmpereur  que  le  duc  reste  en 
Navarre.  —  liiséde  Rosis  en  état  de  défense.  — -  Courrier  à  expédier  an  roi.  — 
L'Empereur  veut  qu'un  navire  soit  prêt  à  transporter  des  dépêches  qu'il  adres- 
sera au  roi ,  après  son  entrée  au  monastère ,  et  dont  sera  porteur  le  $>*  d'Hubcr- 
mont ,  qui ,  en  passant ,  visitera ,  de  sa  part ,  ta  reine  d'Angleterre. 

Jarandilla,  81  janvier  1557« 

Hija ,  vuestra  cai*ta  de  veinte  y  siete  de  este  recibi ,  y  os  agra- 
dezco  miicho  el  ciiidado  que  habeis  teuido  y  teneis  de  saber  de 
mi  salud,  dé  que  ^stos  dias  he  tenido  harta  falta,  aunque  no 

(1)  Cette  lettre,  dont  on  n*a  qu*une  copie  aax  archives  de  SimaDcas,  fut 
vraisemblablement  écrite  par  TEmpercttr  t4Hite  de  sa  main. 


(1M  ) 
luu  CMUO  los  tôaa  pandos,  y  me  hallo  an  major  dispoùeion < 
gradas  k  Nuestro  Sefior,  en  quien  espéra  me  la  caatÏDuarà,  y 
tpie  podré  eotrar  en  el  moDasterio  brevemeole. 

CoD  mon  debeisbaber  seulidoque  Fraaceaes  hayao  nunpiito 
la  tregua ,  y  lan  sîq  fundamenlo  eomo  lo  ban  heeho ,  en  cspectal 
Mando  laa  eosas  de  la  cristiandad  y  nuestraa  en  uUa  Urniinoa; 
pero,  poes  no  te  puede  hacer  otn  cosa ,  conviene  pensar  eii  d 
remedio,  para  escuaar  loi  inconvenientea  que  de  elle  podrian 
nacer;  jbàrae  parecido  bieo  que,  luef^o  codio  se  emeoditi  la 
Dueva  de  elle,  bobiésedes  mandado  avisar  y  proveer  |«g  fron- 
leraa  de  eaaos  reynos  y  armadas  que  esUn  en  las  cosUs  de  ellos, 
porque  todos  esten  apercibidog  para  no  ser  ofendidos,  y  asi  en 
que  vayan  en  el  armada  del  cargo  de  D.  Luis  de  Carvajal  les 
quinientoB  mil  ducados  que  el  rey  escnbîà ,  à  la  mayor  canlidad 
de  ellos  que  ter  pudiere,  porque  pueda  prevalerse  de  contado, 
li  haciendo  cambio  sobre  ellos,  como  mas  vierecoaTeDÏr,  segao 
la  DecMÏdad  en  que  se  hallare. 

En  lo  que  decii  que  creeU  que  egorn  liabrà  meoeater  el  rey 
mas  dineros,  y  que  no  los  hay,  si  no  se  loras  de  lo  que  esta  ea 
Serilla ,  y  que  esto  DO  se  podria  bacersin  ver  la  ârdea  que  envia, 
y  que  umpoco  se  puede  tomar  à  cambio,  porque  el  factor 
Hernan  Lopez  del  Campv  no  tïene  poder  para  ello,  inte»  en  la 
ïnstruccion  qne  trujo,  se  le  probîbe  que  no  lo  pueda  hacer  sin 
tener  érden  dd  rey,  coa  que  se  os  limita  el  podelle  vos  dar 
licencia  para  que  lo  baga,  pidiàidome  que  os  alumbrey  acoo- 
seje  de  lo  que  debeîs  hacer  y  proveer,  pues  va  lanlo  en  ello  al 
rey  y  sus  reynos,  lo  que  eq  esto  me  pareceria  se  debria  bacer, 
séria  procucar  que  el  oro  y  plata  en  pista  que  esl4  an  Sevilla, 
se  dièse  mucba  prisa  en  que  se  labrase  moneda  para  ei)  cuql- 
qttier  case,  y  agiiardar  à  ver  la  forma  qne  e|  rey  Ai  de  como 
piensa  ser  provehido,  porque,  si  ba  de  ser  de  contado,  ganar- 
ee_^a  el  tîempo  que  se  perderia  después  en  labrarlo;  y  si  por 
cambio,  sera  mas  sveniajado,  babiéndose  de.cumplîr  lu^go 
dello;  y  en  el  entretanto  no  querria  dar  consejo  sobre  «sto, 
porque  séria  andar  à  tino,  liasla  lener  lirden  de)  rey,  de  la  ct|al 


(  152  ) 

dépende  la  que  habeis  de  guardar  acà ,  y  podria  aer  muy  diferente 
de  la  que  ahora  se  quisiese  dar. 

En  lo  que  el  rey  ha  mandado  que  loa  del  consejo  de  h 
hacienda  tengan  la  mano  ^n  el  cumplimienlo  de  los  doscieoU» 
cincuenta  y  ocho  mil  ducadoa  del  Fucar,  que  Eraso  eacribe  k 
Juan  Vaxquez ,  sera  bien  que  se  mire  de  tenelle  contente ,  poM 
importa  tanto,  en  esta  coyuntura  del  rompimiento  de  la  tregui, 
la  consenracion  del  crédito,  en  especial  con  el  Fucar,  quepuede 
servir  y  socorrer  mas  que  otro  ningun  roereader. 

Guanto  à  lo  que  la  reyna  de  Ungria  mi  hermana  os  ha  comea- 
zado  à  hablar ,  apuntando  algunos  medios  que  podria  haber  ptn 
que  se  hayan  dineros,  sera  bien  que  se  platique  y  entienda  el 
fondamento  y  sustancia  que  son,  para  que,  si  conviniere  osane 
de  ellos ,  se  haga  à  su  tiempo ,  y  porque  en  el  entretanto  se  gaoe 
el  que  despuésse  podria  perder  en  tratallo;  y  si  pareciere  que  te 
debe  dar  aviso  al  rey ,  hacérseha  ;  y  en  lo  demàs  se  tendra  acà  d 
secreto  que  conviene,  como  lo  escribis. 

Con  vend  ria  que  las  fuerzas  de  las  fronteras  de  estes  reynot 
esten  bien  provehidas,  asi  de  gente  como  de  vituallas  y  muni- 
ciones,  por  el  tienipo  y  conforme  à  la  érden  que  sobre  este 
tendra  dada  el  rey,  y  la  que  pareciere  convenir. 

Séria  bien  que  se  mirase  si  convendria  avisar  de  este  rompi- 
miento generalmenle  à  todas  las  ciudades,  grandes  y  prelados 
del  reyno,  y  como  el  rey  de  Fraocia  ha  intenlado  de  querer 
tomar  à  Duay  en  Flandes ,  y  lo  dénias  que  ha  hecho  por  aqudla 
parte,  y  la  liga  que  en  Ytalia  tiene  iratada,  y  el  dano  que  èon 
fabor  del  armada  turquesca  y  de  los  Moros  podria  hacer  en  la 
Costa  de  estes  rey  nos ,  para  que  desde  luego  comiencen  à  aper* 
cibirse  à  la  defension  de  ellos ,  y  cscusar  que  no  se  reciba  dano, 
pero  que,  hasta  tener  olra  érden,  no  levanten  gente,  por  escu- 
sarlos  de  gasto  infructuoso,  sino  que  hagan  las  diligencias  nece- 
sarias  à  este  proposito,  por  ganar  tiempo ,  para  que,  en  casoqne 
sea  menester ,  puedan  enviar  su  socorro  con  brevedad. 

Ya  creo  debeis  de  saber  de  la  manera  que  Oran  estarâ  prove* 
hida  ;  y  serh  bien  que  se  haga  por  tiempo  que  no  faite  lo  necesario 


(  1^3  ) 

euaodo  mas  sea  menester,  porque,  después  que  esto^  acà,  he 
enteodido  que  el  coode  de  Âlcaudete  hà  enviado  un  hombre  para 
atisar  que  se  provean ,  y  que  los  Moros  se  aparejan  para  volver 
à  bacer  la  empresa  este  verano  ;  y  convendria  que  desde  luego 
se  vea  la  érden  que  se  ha  de  tener  para  socorrerla  en  caso  de 
neeesidad,  y  si  sera  bien  que  sea  con  navios,  pues  los  hay  de 
ordinario  en  los  puertos  de  estes  reynos,  y  con  algunas  gâteras 
que  les  vayan  en  retaguardia,  por  ocuparlas  menos  que  ser 
pudiere,  pues  serân  tan  necesarias  para  otros  efectos,  porque, 
paesto  caso  que  para  larga  navegacion  séria  de  algun  inconve- 
niente,  todabia,  siendo  esta  lan  corta  y  de  tal  calidad, se  podria 
bacer ,  y  no  séria  bien  en  estas  cosas  aguardar  à  liempo  de  tan 
urgente  necesidad  que  no  se  pueda  después  bacer ,  ni  que  esta 
plaza  ni  otra  se  pusiese  en  condicion  como  lo  estnbo  el  ano 
pasado ,  si  el  conde  no  se  ballara  en  defendella ,  por  pasiones 
parlicalares  denadie,  pues  si  se  perdiese,  no  querria  ballarnoe 
en  Espana  ni  en  las  Yndias,  sino  donde  no  lo  oyese,  por  la 
grande  afrenta  que  el  rey  recibiria  en  elle,  y  el  dano  de  estes 
reynos. 

He  Tisto  parlicularmente  lo  que  decis  en  lo  que  (oca  à  lo  que 
ha  pasado  entre  la  reyna  de  Ungria  y  Lorenzo  Pirez  sobre  lo 
que  aeà  me  refirié  y  yo  avisé  (i),  y  la  carta  que  el  rey  le  escribe, 
satisfaeiendo  à  lo  que  le  respondi,  y  lo  que  sobre  este  colegis  de 
la  voliintad  de  las  reynas,  y  lo  que  el  dicbo  embajador  os  pidiô 
que  me  escribîésedes;  y  puesto  caso  que  yo,  mas  que  nadie, 
deseo  ver  el  buen  fin  de  este  négocie,  como  liasta  agora  no 
teogo  respuesta  de  ninguna  de  las  i*eynas,  no  sabria  en  este  que 
daciros,  y  mucho  menos  estando  la  infante  tan  diferente  en  ca- 
•arse,  eomo  veréis  por  lo  que  D.  Sancho  de  Côrdova  me  escribe 
en  so  earta,  cuya  copia  va  con  esta,  por  donde  se  ve  que  esto  es 
eosa  ya  tratada  y  platicada  entre  el  rey  y  ella;  y  siendo  asi,  podréis 
mirar  que  niedio  podria  haber  en  esto,  y  platicarlo  con  la  reyna 


(1)  Voy.  let  I«,p.  106, 


(154) 

de  Ungria,  y  aTisarme  de  lo  que  yo  debo  kaeer,  y  eaderoiral 
dicho  Pires,  à  quien  dirélg  oaanto  he  hol^do  con  todo  loqaeel 
rey  diceen  su  caria  que  os  vaelvo  à  enTÎar,  pero  que,  habieado 
este  inconveniente  de  por  niedio ,  mal  se  podria  tratar  de  nia- 
guno  de  los  que  apuota  y  yo  le  dije  (  l  )  ;  y  en  la  nueva  que  è\à  k 
enteuder  teuia  de  la  muerte  de  la  reyna  de  Ynglaterra,  aoby 
que  decir,  pues  debe  haberla  sembrado  para  alargar  mai  d 
negocio. 

Por  dos  cartaa  de  quînce  de  este,  y  la  una  en  cifra,  qae  d 
duque  de  Alvurquerque  ha  escripto  à  Gaztelù ,  con  un  criado  sojo 
que  llegé  aqui  dos  dias  ha,  habemos  enlendîdo  que  habiacoatro 
dias  que  le  llegé  la  respuesta  que  aguardaba  del  rey  sobre  lo 
platicado  con  Yandoma,  y  que  es  conforme  à  la  que  aqui  dimos 
al  de  Ezcurra,  y  que,  babiéndose  dado  aviso  de  ello  por  su  medio  à 
un  su  secrelario  que  la  aguardaba  en  aquella  comarca ,  escribiô 
él  luego  sobre  ello  al  dicho  Yandoma,  el  cual  diz  que  la  habii 
eslado  esperando,  y  entreteniéndose  por  esto  mucbosdias,  ; 
que  no  pudiéndose  detener  mas ,  se  îria  camino  de  la  corte  de 
Francia,  de  donde  habia  sido  llamado  algunas  veces,  y  que  por 
estar  tnn  lejos  de  aquella  frontera ,  no  se  sufria  enviar  al  de 
Ëzcurra  para  dalle  razon  de  ello,  por  ser  tan  conueido  y  escusar 


(1)  L^Empereur  écrivit,  he  2  février,  au  lecrétaire  Yajcquet,  en  répoiMe  à 
ses  lettres  des  26  et  30  janvier  (t.  I",  pp.  101  et  106),  qu'il  fallait  fournir  à 
Lorenzo  Ferez  Toccasion  de  revenir  par  Yuste,  et  qu'il  le  recevrait;  que,  du 
reste,  il  trouvait  bien  la  réponse  qu'on  était  convenu  de  lui  donner.  Vazquez 
lui  fit  savoir ,  le  1 0  février,  que  la  réponse  convenue  avait  été  donnée  à  Lorouo 
Ferez,  et  que  celui-ci,  au  lieu  de  partir,  avait  expédié  un  oourricr  à  Vtr 
bonne,  afin  de  demander  de  nouvelles  instructi<W9  au  roi. 

Le  27 ,  il  lui  manda  que  ce  courrier  était  revenu ,  et  que  Tambassadair 
se  disposait  à  partir  pour  Yuste.  Les  deux  reines  lui  communiquèrent 
en  même  temps  ce  que  l'ambassadeur  leur  avait  dit,  et  ce  qu'elles  avaient 
répondu. 

On  a  vu,  t.  \"j  pp.  129  et  151 ,  comment  Lorenzo  Ferez  avait  été  reça  et 
expédié  à  Yuste. 


(  <55  ) 

1m  ioeonvenientes  que  de  ello  podrian  resoltar ,  si  le  prendiMen  : 
é  lo  cittl  el  dicho  Vandoma  ba  respondido,  por  medio  de  otre 
secretario  qœ  ha  eoviado  de  ouevo,  diciendo  el  grandisimo 
cooteniamiento  que  recibié  de  saber  que  hubiese  Uegado  la 
dieha  respueeta ,  y  que  luego  fuese  alla  el  de  Ëzcurra  en  corn- 
paôia  del  secretario  que  ha  enviado  para  este  efecto,  y  que  vayan 
al  lugar  de  VaDdoma ,  doude  les  eatarà  esperando,  8o  color  que 
estàalli  visitando  sus  vasallos,  y  que  asf  son  partidos»  y  que, 
como  DO  pueden  ir  por  la  posta,  y  hau  de  camioar  mas  de  dos- 
cieDlas  léguas,  no  podràn  dejar  de  tardar  en  el  viage,  y  que  el 
didio  duque  ténia  aviso  cierto  que  Mos.  de  Guisa  con  su  ejército 
estaba  en  Léon,  sin  pensamiento  de  pasar  dealli,  hasta  saber  en 
lo  que  paraban  los  conciertos  con  el  papa,  in  cuyo  socorro  se 
publicaba  que  ivan,  y  que  en  aquella  frontera  estaban  bêchas 
algnnas  vanderas  de  infanleria  que  tambien  se  publica  son  para 
el  dîeho  efecto  :  diciendo,  demâs  de  esto,  que  el  rey  mi  hijo  le 
ba  escripto  que  vaya  a  servirle  en  Ynglalerra,  y  que  se  ponga 
âpuDto  para  pasar  en  el  armada  de  D.  Luis  de  Carvajal.  Y  como 
quiera  que,  por  la  noticia  que  tiene  el  duque  de  las  cosas  de 
aquel  reyno,  del  tiempo  que  en  él  residiô,  y  ser  la  persoua  que 
es,  debe  ser  necesaria  su  ida  y  residencia  allf ,  todabia ,  porque 
cuando  esto  se  le  escribiô,  no  era  aun  rota  la  tregua,  y  estando 
las  cosas  en  los  termines  que  eslàn,  no  se  si  convendria  que 
saliese  por  el  présente  de  Navarra,  por  ser  aquello  de  la  im- 
portancia  que  es,  y  que  podria  haber  en  esta  sazon  algun  movi- 
miento  por  aquella  parle,  y  roucho  menos  agora,  porque,  si  lo 
que  Yandoma  ha  ofrecido  es  cierto,  presto  se  verà,  y  si  otra 
coM ,  tambien ,  y  convendria  que  en  esta  coyuntura  estubiese 
aiU  persona  que  tubiese  noticia  de  las  cosas  de  guerra  y  de  las 
de  aquel  reyno  y  Francia.  De  lo  cual  me  ha  parescido  mandaros 
avisar,  para  que  veais  si  sera  bien  ordenar  al  dicho  duque  que  no 
saïga  de  Navarra,  hasta  que  informado  el  rey  mi  hijo  de  esto,  le 
envie  à  mandar  lo  que  ha  de  haeer,  y  Ja  provision  que  se  hace 
para  lo  de  aquel  reyno ,  y  que  esté  muy  vigilante  en  todo  lo  que 
conviniere  proveerse  para  la  buena  guarda  dél,  teniendo  toda 


1 


(  456  ) 

correspondencia  con  D.  Diego  de  Garvajal  (i)  y  can  quienmag 
coDviniere,  porqoe,  si  Vandoma,  conforme  al  aviso  que  diéelde 
Ëzcurra  los  dias  pasados,  de  que  os  envié  relacion ,  se  juntasecon 
el  ejéreito  de  Mos.  de  Guisa  y  las  vanderas  que  hay  hechas  en 
aquella  fronlera,  podria  ser  que  tubiesen  fin  de  intentar  alguna 
cosa  por  aquella  parte;  y  mandaréis  que  en  eslo  haya  secreto,  y 
que  no  lo  entiendan  mas  personas  de  las  que  lo  saben,  porqite 
asi  conviene. 

Aunque  creo  que,  visto  lo  que  Eraso  ha  escripto  à  Juan  Vaz- 
quez  en  lo  de  Rosas,  habréis  mandado  proveer  lo  necesario  y  m- 
sado  al  visorrey  de  Calaluna,  para  que  aquella  plaza  esté  Un  i 
reeaudo  como  conviene,  todabia  os  lo  he  querido  acordar,  jqne 
mandeis  que  se  tenga  mucho  coidado  en  despachar  correos  por 
tierra  y  mar,  avisando  al  rey  de  todo,  porque  en  esto  hobo  des- 
cuido  por  lo  pasado ,  y  que  esté  una  zabra  aparejada;  porque  Ile- 
gado  al  nionasterio  escribiré  al  rey  mi  hijo,  y  le  enviaré  la  relacion 
de  lo  que  en  todo  he  acordado,  con  Obremont  (1)  que  ira  en  ella, 
para  que  de  pasada  visite  de  mi  parte  a  la  reyna  de  Ynglatern; 
y  à  este  propôsito  le  podréis  hablar  sobre  elle,  y  tratado  y  pbti- 
cado  lo  que  de  esto  conviniere  con  quien  se  debe  hacer,  seràbifia 
que  lo  que  en  ello  se  resolviere  se  ponga  en  ejecueion  con  la 
diligencia  y  presteza  que  fuere  posible ,  sin  aguardar  al  punto  de 
la  necesidad ,  como  se  ha  hecho  otras  veces  :  de  que  han  resal- 
tado  los  inconvenicntes  que  debeis  saber.  Y  Nuestro  Senor  os 
guarde  como  yo  deseo. 

De  Jarandilla,  à  5i  de  encro  1557. 


(1)  Capitaine  de  Fontarabie. 

(1)  Fioris  de  Montmorency,  seifj^neur  d^Hubermonl.  \oy.  1. 1*',  pp.  8, 14, 
17,  25,  70,  90,  90,  99, 100  et  109. 

Le  15  février,  Gaztehi  écrivait  à  Vazquez ,  |K>ur  le  prier  de  dire  à  M.  d*HiH 
bermont  quMl  ne  partit  pas  de  Valladolid ,  avant  Parrivée  des  dépédies  de 
FEmpereiir,  qui  sVn  occupait  depuis  quatre  jours. 


(157) 

De  la  main  de  VEmpereur. 

Hija .  no  os  escribo  esta  de  mi  mano ,  por  ser  tan  larga ,  y  aver 
rifra  en  ella,  y  no  estar  ella  para  ello.  Âlgtin  dia  de  estos ,  cuando 
piidiere,  responderé  à  las  otras,  aunque  son  ya  tan  viejas  que 
creo  habrâ  poco  que  responder;  y  asi  acaba  estos  renglones 
Tnestro  buen  padre 

Carlos. 


XXVTI. 

L'EMPIîRBUR   a  la  princesse  don  a    iUANA. 

Il  trouve  bien  qa'elle  tit  fait  exUrniner  par  le  eonaeil  de  guerre  s'il  conviendrait 
d'attaquer  la  France  par  la  Navarre  et  Fontarakie  :  mais  il  croit  que ,  avant 
de  prendre  aucun  parti,  il  faudrait  connaître  les  intentions  dn  roi ,  et  le  résultat 
de  la  négociation  avec  M.  de  Vendôme.  —  En  attendant,  on  pourrait  s'occu- 
per des  moyens  d'exécution  de  l'entreprise. 

Jarandilla,  2  février  1557. 


Hija, recebi  la  que  me  escribisles  à  los  50  del  pasado;  y 

en  lo  que  decis  haber  mandado  platicar  en  el  consejo  de  la  guerra 
en  si  se  podrâ  hacer  algun  efecto,  entrando  con  egército  por 
Navarra  y  Fuenterravia,  y  que  algunos  estàn  bien  en  ello,  y  el 
ayuda  que  los  prelados  podrian  hacer,  y  lo  que  esto  aprovecha- 
ria,  hàme  parecido  bien  que  se  baya  tratado  de  ello  :  pero  no  se 
si  Gon^endria  poner  nada  en  efecto  hasta  entender  el  designio  é 
intento  que  tiene  el  rey,  y  lo  que  piensa  hacer.  Y  en  caso  que  se 
hobiese  de  emprender  algo,  convendria  que  fuese  enlendiendo 
primero  el  fin  de  lo  que  résulta  de  la  respuesta  que  el  rey  mi 


(m) 

hijo  dié  8obre  la  piàtica  que  el  de  Ezcurra  ha  tratado  con  Ban- 
doma,  porqne,  siendo  «on  su  ayuda  y  medio,  no  podria  dqar 
de  hacerse  mas  efecto,  y  con  mayor  ocasion.  Y  séria  bien  dar 
razon  de  ello  al  rey,  y  que  eu  el  enlretaoto,  por  gaaar  tienfo, 
se  mirase  y  plalicase-à  esie  propdsiio  ea  la  forma  y  6rden  qoe 
se  faabria  de  tener,  y  lo  que  se  debe  pro^eer,  porfue,  si  se  ho- 
biese  de  poner  algosa  cosa  en  egecucioa,  se  pudiese  baoer  ceo 
brevedad  ;  y  en  tal  caso ,  pidiéndoseme ,  no  dejaria  de  dar  mi  pa- 

recer  sobre  ello 

De  Jarandilla»  à  2  de  hebrero  de  4557. 

De  la  main  de  V Empereur, 

Hija,  por  no  tener  aun  la  mano  para  escrebir  esta,  no  dice 
mas  vuestro  buen  padre 

Cahlos. 


xxvm. 


3, 


L  EMPEREUR  A  iUAN  VAZQUEZ. 

11  envoie  Gaztelù  à  Ytlladolid ,  afin  d'instruire  la  princesse  de  la  somme  annuelle 
dont  il  aura  besoin  pour  sou  entretien,  de  régler  la  manière  dont  elle  devra 
lui  être  payée,  d'entendre  le  compte  des  droits  de  11  et  6  par  mille,  enfin  de 
s'informer  de  ce  qui  a  été  résolu  sur  les  affaires  de  Navarre,  et  de  ce  qui  a  été 
fait  par  rapport  aux  cinq  millions  arrivés  à  Séville. 

Yuste,  97  février  1557. 


El  ëmpsrador. 

Juan  Vazquez  de  Molina,  mi  secretario  y  del  mi  consejo,  ba- 
biendo  acabado  de  tomar  resolucion  en  todo ,  y  béchose  la  cHeaU 
de  lo  que  habré  menester  cada  ano  para  mi  .entreteninûeiKOf 
me  ha  pareddo  enviar  à  Gaztelù,  .para  que  dé  cuenta  de  ello  â  la 


(159) 

priocesa  mi  hija,  y  6e  vea  como  y  ee  quieâ  se  me  ba  de  librar, 
jà  los  tiempos  que  conviene  se  nie  provea,  y  para  que  feaeica 
la  cuenta  de  los  derechos  de  once  y  seis  al  millar  con  Hernando 
dd  Campo,  â  cuyo  cargo  esta  la  cobranza  de  elles,  y  sepa  lo  que 
liqoidameDte  babrà  eu  su  poder,  y  que,  juoto  con  esto,  entienda 
lo  que  se  provee  en  lo  de  Navarra,  pues  el  duque  de  Aivurquerque 
va  à  inglaterra,  y  lo  que  se  ha  hecho  de  k»  dnco  milloites  que 
me  diffstMs  habian  ^enido  y  estaban  en  Sevilla  para  ei  rey  y 
particnlares,  como  dél  lo  entenderéis.  Encàrgoos  roucho  que,  en 
lo  que  toca  à  lo  que  habemos  menester,  procureis  por  Tuestra 
parte  que  se  baga  como  conviene,  y  en  lo  demàs  le  digais  lo 
qqe  de  ha  provehido ,  para  que  me  traiga  rdacton  particular  de 
ioAk 
Del  nionasterio  de  Tosle,  à  ^7  de  febrero  de  1 557. 

Carlos. 


XXIX, 


BOT  G01I«Z  DE  SILYA  k  l'eVPEREUR  (t). 

Objet  pour  lequel  le  roi  Ta  envoyé  de  Braxelles.  —  Son  tiriTée  à  ValUdoRd. 
Il  ira  troorer  FEmpereur,  «ussîtôt  qu'il  eara  rendu  compte  à  In  princewe  de 
dMA  il  n  été  ehnrgé  pnr  le  roi. 

yalltdofid,  11  mars  1557. 


S.  C.  C.  M.,  et  rey  me  despachô  de  Bruselas ,  à  très  de  bcbrero , 
à  dar  cuenta  à  Vuestra  Magestad  del  estado  en  que  quedaban 
aW  los  negocios,  y  en  Italia,  y  Ingalaterra.  Llegné  aqui  à  dîezde 


(1)  Sur  la  mission  que  Philippe  II  donna  à  Ruy  Gomez,  nous  avons  les 
I        pièces  suivantes  : 
i  I.  lastnietieo^atée  de  Bruxelles,  le  3  février  1557.  Buy  Gomeg  ira  d*abord 


(  160  ) 

marzo,  de  donde  partiré  como  haya  dado  cuenta  â  la  princesa  de 
lo  que  el  rey  manda  que  se  provea,  en  el  entretanto  que  Yuestra 


en  Anglelerre.  Il  visitera  la  reine,  lui  remetlra  la  lettre  autographe  du  roi, 
dont  il  est  poKeur,  lui  dira  quand  et  comment  le  roi  se  propose  de  se  ren- 
dre auprès  d'elle;  comment  les  Français  ont,  sans  motif,  rompu  la  trêve; 
leurs  desseins  sur  Tltalie;  ce  qu'il  a  traité  avec  le  pape;  la  patience  dont 
il  a  usé  pour  le  bien  de  la  chrétienté;  la  nécessité  où  il  s'est  vu  de  lever 
des  troupes,  afin  de  prévenir  l'invasion  du  royaume  de  Naples  par  les  Fran- 
çais ,  réunis  au  pape  ;  enfin  ce  que  S.  S.  ose  maintenant  contre  lui.  11  lui 
rendra  compte  aussi  de  Pobjet  de  son  envoi  en  Espagne.  Comme  il  j  a  bon 
esi)oîr  que  les  Anglais  vont  déclarer  la  guerre  à  la  France,  il  ne  traitera 
de  cette  matière,  ni  avec  la  reine,  ni  avec  personne,  excepté  avec  Paget, 
qu'il  s'efforcera  de  persuader  d'agir,  comme  de  lui-même,  dans  ce  but.  Aus- 
sitôt qu'il  aura  débarqué  en  Espagne ,  il  ira  trouver  la  princesse  gouvernante 
à  Valladoiid ,  l'informera  du  nombre  de  troupes  allemandes  et  belges  que  le 
roi  compte  rassembler,  ainsi  que  de  celles  qu'il  faut  lever  en  Espagne;  lui 
recommandera  de  faire  partir,  le  plus  tôt  possible,  trente  navires  de  guerre, 
sous  le  commandement  de  don  Luis  de  Carvajal  et  de  don  Alvaro  de  Baçan, 
pour  être  réunis  à  vingt  autres  navires  qu'on  arme  aux  Pays-Bas,  etc.  A  son 
arrivée  à  Valladoiid,  il  enveiTa  un  courrier  à  l'Empereur,  pour  lui  en  donner 
avis,  et  le  prévenir  de  sa  visite.  Il  informera  aussi  la  reine  Marie  de  la  situa- 
tion des  affaires,  des  mesures  que  le  roi  a  résolu  de  prendre,  et  lui  demandera 
son  avis,  ainsi  que  les  renseignements  qu'elle  possède,  sur  la  guerre  à  faire 
aux  Français,  du  côté  des  Pays-Bas. 

II.  Lettre  de  Philippe  II  au  duc  d'Alburquerque,  écrite  de  Bruxelles,  le 
5  février  1 557.  Voyant  le  retard  que  souffre  la  négociation  avec  M.  de  Ven- 
dôme ,  et  la  difficulté  qu'il  y  a  à  la  suivre,  des  Pays-Bas,  à  cause  de  la  décla- 
ration de  guerre  de  la  France ,  il  a  résolu  de  supplier  l'Empereur  qu'il  veuiDe 
commettre,  pour  la  continuer,  la  personne  qui  lui  paraîtra  convenable,  le 
duc  devant  venir  le  trouver.  Le  duc  aura  donc  soin  d'informer  l'Empereur  de 
tout  ce  qui  s'est  passé  dans  la  négociation ,  afin  que  Sa  Majesté  ordonne, 
détermine  et  pourvoie  comme  elle  le  jugera  convenable,  sans  quil  soit  néces- 
saire de  recourir  au  i*oi  {para  que  S»  JU*^  ordene,  détermine  y  provea  como 
le  paresciere,  tin  que  haya  necesidad  de  ocurrir  â  mi). 

IIL  Pleins  pouvoirs  donnés  par  Philippe  II,  à  Bruxelles,  le  IC  février 
1557 ,  en  présence  de  D.  Gomez  de  Figueroa ,  comte  de  Feria,  D.  Antonio  de 
Tolède,  son  grand  écuyer,  et  D.  Bernardino  de  Mendoza,  tous  trots  de  son 
conseil,  à  l'effet  de  traiter  avec  M.  de  Vendôme.  Le  nom  de  la  personne  à  qaî 


(  161  ) 

Magestad  en  lodo  manda  lo  que  le  pareciere  mas  necesario,  scgun 
la  necesidad  en  que  el  rey  queda.  Y  pues  mi  partida  sera  dentro 


îts  éUient  destinés  est  laissé  en  blanc.  Il  devait  y  avoir,  d'après  cet  acte, 
ligne  et  confédération ,  et  de  pins ,  traités  de  mariage ,  entre  le  roi  d*Espagnc 
et  M.  de  Vendôme,  qui  aurait  remis  au  roi  toutes  les  places  qu'il  possédait, 
tant  sur  les  frontières  d'Espagne  qu^en  Flandre,  Artois  et  Hainaut;  qui,  en 
outre,  Taurait  aidé  à  conquérir  Bayonne,  Bordeaux  et  d'autres  villes  sujettes 
an  roi  de  France.  De  son  côté,  Philippe  II  l'aurait  mis  en  possession  de  l'État 
de  Milan.  La  princesse  dofia  Juana  était  comprise  dans  les  arrangements 
matrimoniaux  à  ùiire. 

IV.  Autres  pleins  pouvoirs  donnés  par  Philippe  II,  à  Londres,  le  15  avril 
IS57,  en  présence  des  trois  mêmes  conseillers  et  de  Juan  de  Figueroa,  à 
D.  Beltran  de  la  Cueva,  duc  d'Alburqnerque,  vice-roi  et  capitaine  général 
de  Navarre,  et  à  Ruy  Gomez  de  Silva,  comte  de  Melito,  grand  trésorier  de 
Castille  et  de  son  conseil  d'État,  à  l'effet  de  traiter  avec  M.  de  Vendôme.  Ils 
sont  conçus  en  termes  plus  généraux  que  les  précédents. 

V.  Instruction  de  Philippe  I(  ])our  Ruy  Gomei,  donnée  à  Londres,  le 
lô  avril  1557.  Elle  le  charge  d'aller  incontinent  à  Yuste,  pour  rendre  compte 
i  l'Empereur  de  ce  que  le  roi  lui  écrit ,  tant  au  sujet  de  la  négociation  avec 
Af.  de  Vendôme ,  que  relativement  aux  provisions  d'argent  à  envoyer  aux 
Pays-Bas,  et  aux  autres  affaires  de  la  monarchie.  Si  l'Empereur  approuve  ce 
qui  concerne  la  négociation  avec  M.  de  Vendôme,  Ruy  Gomez  se  transpor- 
tera en  Navarre,  sous  prétexte  de  se  concerter  avec  le  duc  d^ilburquerque 
sur  le  voyage  de  celui-ci  en  Angleterre.  11  se  fera  montrer  par  le  duc  la 
réponse  que  M.  de  Vendôme  a  donnée,  le  4  février,  sur  la  négociation  prin- 
cipale, et  la  lettre  du  duc  au  roi,  du  21  février.  II  verra  par  là  que  la  dernière 
résolution  de  IL  de  Vendôme  a  été  de  persister  à  ce  qu'on  le  mît  d'abord  en 
possession  de  l'État  de  Milan,  offrant  de  livrer  ensuite  ses  places  et  de 
donner  ses  fils  en  otage.  Quoique  toujours  le  roi  ait  prétendu  que  la  déli- 
vrance se  fît  sur  un  pied  égal  (co/i  igualdad),  et  de  manière  qu'il  y  eût  des 
deux  edtés  une  sécurité  entière,  désirant  cependant  en  finir,  il  ordonne  à 
Kttjr  Gomez  et  au  duc  d'Alburqnerque ,  ou  à  l'un  d'eux,  de  déclarer  à  M.  de 
Vendôme  qu'il  est  content  de  mettre  en  ses  mains  l'État  de  Milan,  à  condi- 
tion <iae  eet  État  ne  courre  pas  le  risque  de  tomber  au  pouvoir  du  roi  de 
France,  ou  de  tout  autre,  et  que  M.  de  Vendôme  donne  à  cet  égard  des 
garanties  suffisantes.  Le  roi  a  d'ailleurs  en  lui  cette  confiance,  que,  comme 
gentilhomme  si  principal,  il  accomplira  ses  promesses;  qu'il  lui  remettra  en 
conséquence  ses  deux  fils,  avec  les  places  qu'il  a  offertes,  et  fera  tout  ce  dont 

ToaiE  II.  41 


(  163  ) 

de  très  6  euatro  dias  (1),  solo  sera  esta  para  cumplir  le  qoeel 
rey  me  mandé,  que  fué  avisar  Â  Vueslra  Magestad  asi  de  lo  dicho 
como  de  su  salud,  que  à  mi  partida  era  muy  bnena.  Guarde  Nues- 
tro  Senor  la  S.  G.  G.  persona  de  Vuestra  Magestad ,  como  sus 
vasallos  y  criados  deseamos. 
De  Valladolidt  à  11  de  marzo  de  1557. 

Humilde  criado  y  vasallo  de  Vuestro  Magestad , 

Rut  Gomsz  de  Silta. 


OD  est  convenu  pour  Texécution  de  la  guerre  contre  la  Praace.  Le  rot,  9j9mi 
beaucoup  réfléchi  aux  garanties  en  question,  a  trouvé  que  la  meitteare  serait 
que  ses  propres  troupes  restassent  dans  TÉlat  de  Milan,  moyennaol  que 
leurs  cbefe  et  ke  gouverneur  prissent  envers  M.  de  Vendôme  rengagement 
de  Pévaeneff,  lorsqu'il  aurait  des  forces  capables  de  le  défendre.  Par  la  réponse 
qu'il  fera  sur  ces  points,  on  pourra  juger  s'il  proeède  avec  sincérité,  ou  s*il 
ne  traite  que  du  su  du  roi  de  France.  Le  duc  d^Attnrqnerque  devra,  saai 
perdre  de  temps,  Tavertir,  ou  sa  femme,  que  le  roi  a  envoyé  les  pouvoirs 
néeesaûrei  peur  cocchire.  Si  l'Empereur  est  d*avis  que  la  négociation  se  ter- 
mine aÎBsi  qu'il  vient  d'être  dit,  il  faudra  avoir  soin  de  rédiger  les  articles  du 
Ijraité  d'une  manière  très-claire  et  très^stinete*  Enfin  Ruy  Gomea  et  le  doc 
suivront  en  tout  ce  que  l'Empereur  ordonnera  {en  fin  teguiréis  en  todo  lo 
que  S.  M*^  aeordare  y  determénare).  Il  est  entendu  que  M.  de  TeDdÔkne  et 
sa  femme  dirent  renoncer  formellement  au  droit  qu'ils  prétendent  sur  le 
lejraumede  Navarre.  Si ,  par  hasard ,  il  demandait  que  l'Empereur  hii  doiuilt 
TinvesliftttTC  ée  l'État  de  Milan,  il  faudrait  lui  répondre  que  le  roi  lieotde 
S.  M.  l.  les  pouvoirs  nécessaires  à  cet  eflTet. 

VI.  Lettre  du  ret  au  duc  d'Alburquerque,  écrite  de  Londres,  le  t5  arril 
1557.  Elle  a  pour  objet  de  l'informer  de  ce  que  contient  l'instruction  précé- 
dente. Le  <^c,  aussitôt  qu'ii  recevra  cette  lettre,  avertira  M.  de  Vendôme,  on 
sa  femme,  pour  que  la  négociation  soit  reprise,  comme  ils  Pont  offert.  Il 
demandera  aussi  à  M.  de  Vendôme  s'il  est  vrai  qu'il  ait  traité  euvertemoit 
de  cette  affaire  avec  Polweiler,  gentilhomme  allemand ,  parce  que  cetni-ci 
en  a  parlé,  en  ofiVant  ses  services. 

(1)  Une  lettre  de  Juan  Vazquex  au  roi  nous  apprend  que  Rujr  Qm 
quitta  Valladolid,  pour  se  rendre  à  Yuste,  le  26  mars. 

Il  y  arriva  trois  jours  après.  Vojr.  le  1. 1"*,  p.  159. 


(163) 


LUIS  QUUADA  A  JUAM  VAZQDK&. 

Renvoi  des  mules  «ppartenftDtes  à  l'Empereur ,  i  Texceptlon  d'une  que  Quijade 
retient  pour  les  commissions ,  et  (pi'it  payera  au  même  prix  que  les  autres  se 
vendront ,  s'il  la  garde  pour  lui.  —  État  de  la  santé  de  l'Empereur. 

Toite,  93  OHffs  1557. 


Itastre  seâor,  âqoi  fance  mucha  costa  las  acémilas,  y  segon 
dicen  tos  frayles,  sera  mas  barato  servi  rse  por  tragineros;  y  por 
eso  se  envian  las  cuatro  acémilas ,  las  cuales  van.  Mandarà  Vues- 
Ua  Merced  hacer  de  ella&lo  qae  de  las  demàs»  que,  como  digo, 
à  estes  ptdres  se  les  haice  mucha  costa.  S.  M.  esta  inuy  baeno,  y 
piiesto  que  estes  dîas  le  ba  tocade  la  ^ta  en  muchas  partes;^ 
mas  en  niogana  le  ha  eargado  de  manera  que  le  baya  quitado  el 
soeno  si  el  corner. 

En  San  Gerônimo  de  Yuste,  3^  de  maraso  1557  anos. 

Yo  hago  quedar  la  una  aeémiia  de  estas  cuatro,  porque  no  se  si 
sera  menester  para  mandados;  y  sino,  yo  la  llevaré;  y  si  meque- 
dare  con  ella,  pagàrlahe  al  respecto  que  las  demàs  se  vendîeren , 
que  no  quiero  en  nada  ser  en  cargo  à  S.  M.  en  esta  jornada. 

Luis  Quuada. 


(  164  ) 


XXXI. 

MARTIN  DE  GATTELU  A  JUAN  VAZQUEZ. 

L'Empereur  désire  Tarrivée  de  Ruy  Gomet  :  ce  ne  sera  qa'après  Tavoir  vu ,  qu'il 
répondra  aux  reines  et  à  la  princesse,  et  écrira  au  roi.  —  Bonne  disposilion  dus 
laquelle  il  continue  d'être. 

Cuacos,  95  mars  1557. 


Uustre  senor,  con  un  correo  que  se  despachô  los  otros  dias, 
avisé  à  Vuestra  Merced  de  lo  que  se  ofrecia ,  como  habrâ  visto;  y 
no  ha  partido  después  otro  de  dos  que  acà  hay ,  por  agnardar  pri* 
mero  à  que  Ilegue  ei  senor  conde  de  Melito  (1),  que,  segun  los 
dîas  escribié  Su  Senoria  que  se  detendria  ahf ,  ya  tarda,  y  So 
Magestad  querria  que  fuesse  llegado,  por  entender  lo  que  trabe, 
y  responder  à  las  cartas  que  yo  le  truje  de  las  reinas  y  princesa, 
y  escribir  al  rey  ;  la  cual  queda  con  la  misma  buena  dispusicion 
que  tengo  escrilo  à  Vuestra  Merced ,  y  en  esta  no  se  que  baya 
habido  otra  cosa,  después  que  yo  aqui  llegué 

De  Cuacos,  à  25  de  marzo  1557. 

Martin  de  Gaztelû. 


(1)  Voy.  t.  l^'jpp.  153 et  156. 


'  w-  w^"¥  •■ 


'••  •    r:. 


(165) 


XXXII. 

LUIS  QUUADA  A  PHILIPPE  II  (1). 

GooiniiuîoB  dont  l'Empereur  l'a  chargé  à  Valladolîd ,  pour  les  reines ,  te  prince 
et  U  princesse.  —  Affaire  des  officiers  de  la  maison  de  contraclation  de  Séville. 
—  Bonne  santé  de  l'Empereur,  qui  Fa  autorisé  à  retourner  chec  lui.  —  Récla- 
mation à  raison  de  ses  services  dans  les  trois  dernières  campagnes  .  part  à  la- 
quelle il  arait  droit  dans  le  rachat  des  prisonniers ,  et  dont  il  n'a  rien  reçu. 

Valladolid,  8  avril  1557. 


S.  C  R.  M^y  Su  Magestad  me  mandé  que  yiniese  aqul  (2),  y 
de  su  parte  visitase  à  las  serenisimas  reinas,  y  al  principe  nues- 
tro  senor,  y  à  la  prineesa,  y  juntamente  con  esto  le  dièse  una 
carCa  para  que  por  ella  los  del  consejo  de  hacienda  y  Yndias  en- 
tendiesen  lo  que  Su  Magestad  sentia  baber  soltado  el  dinero  de 
la  casa  de  la  contratacion  de  Sevilla,  sin  comision  particular  de 
Vuestra  Magestad  ;  y  ansimismo  me  ordenô  que  yo  bablase  à  la 
princesa  sobr  ello,  y  particularmente  k  todos  los  del  consejo  de 
hacienda  y  Yndias,  ayisàudoles  de  como  Su  Magestad  lo  sentia,  y 
como  pensaba  casligallo.  Yo  lo  he  hecho,  y  dicho  de  parle  de 
Sa  Magestad  que  procnren  sabello,  y  averiguar  la  Terdad,  y  avi- 
sar  à  Su  Magestad  dello ,  porque,  basta  que  lo  hagan ,  no  dezarà 


(1  )  Philippe  II  répondit  en  termes  bienveillants  à  cette  lettre.  Il  dit  à  Quijada, 
quant  an  rachat  des  prisonniers  faits  k  Térouane  et  Hesdin,  que  la  dépense 
de  leur  captivité  avait  été  si  grande ,  et  les  sommes  payées  par  eux  pour  se  ra- 
cheter si  modérées,  quUl  n*j  avait  pas  moyen  de  lui  en  faire  rien  avoir.  Il  lui 
promit,  au  surplus,  d*avoir  souvenance  des  services  qu*il  avait  rendus  k  TEm- 
pereor  et  à  lui  :  ife  acordaré  de  lo  que  aveiê  êervido  à  Su  Mageetad  y  à  my. 

(9    II 7  était  arrivé  le  mardi  précédent  (6  avril). 


1 


(166) 

de  sospechar  sobre  todos.  Descârganse  con  decir  que,  por  la 
informacioQ  que  se  hace ,  y  por  la  que  se  envia  à  bacer  despnés 
de  llegado  yo,  se  sabra  quieq  ti^oe  la  culpa,  para  que  Su  Mages- 
tad  la  mande  castigar. 

La  salud  de  Su  Magesta4  ya  siempre  adaUute  generalmente  de 
todas  sus  indisposiciones ,  puesto  que  algunas  veces  y  por  mâ- 
chas partes  le  apuuta  la  gota;  mas  po  es  de  maDera  qus  baya  de 
tener  la  eania»  ni  dieta.  Esta  Sa  Magestad  gorde  y  de  buena  color. 
Hase  bolgado  de  la  venida  de)  coude  Rui  Gomez,  por  eutender 
partiçiilarmepte  las  cosas  ie  alla,  las  çuateis,  s^p  |p  que  nm- 
traba,  deseaba  saber. 

Pareciendo  à  Su  Mages^d  que,  en  b  que  tocaba  al  servicio  de 
su  persona  y  casa ,  quedaba  con  toda  buena  6rden  y  como  conTe- 
nia,  ha  sido  servido  mandarme  ir  à  la  mia,  pues,  por  haber  estado 
|an  poeo  en  ella  después  qpa  llegué ,  es  biep  luenastçv  ipi  fesi- 
deneia  para  niuah.as  cos^^» 

Vuestra  Magestad  sabe  lo  qp»  yp  siervi  en  la  jomada  paaada, 
en  très  aftos  que  r98idi  con  la  ypfapteria  sp^polç^f  y  coipp  les  (ocô 
la  mayop  parte  del  trabajo  de  los  efeetos  qqe  se  hieiérop,  esp^at 
mente  en  Iq  jornada  de  Teruana  y  Hedip  >  de  la  cual  postpen 
plaça  Su  Magestad  foé  seryido  que  Ips  prisioperos  sa  quitaseu  4 
la  yofanterla  spanola»  y  los  entrepse  al  duque  de  Saboya,  Qs>m 
Su  Magestad  mandé,  y  ansimismo  çierta  paptidad  da  plaia.  Le 
que  alli  trabajé  doy  por  fe^Mga  a)  mipmo  duque,  qpe  fpé  gep^ral 
en  aqpella  empresa  i  ppr  lo  cual ,  y  por  la  dilig^pcia  que  en  eçte 
puse,  y  el  poco  inlarés  que  ep  la  jprpaila  tuve,  jpae  prpnietié  que, 
cuando  los  prisioneros  se  rescatasen,  me  cabria  la  parte  que  con- 
venia  dellos,  pues  lo  abia  trabajado  tan  bien.  Se  que  se  an  res- 
calado,  y  que  parte  de  la  parte  de  la  talla  y  prisioneros  se^han  re- 
partido,  y  à  mi  me  ban  quedado  sin  ninguna.  Supllee  à  Vuestra 
Mageslad,  pues  aquella  jomada  ninguno  la  trabajô  mas  que  yo, 
y  con  razon  ^  ninguno  le  podria  caber  mas  parte,  por  todas  las 
prêtensiopes  que  po(|ria  decir,  sea  servido  mandallo  remediar, 
pues  babiendo  Su  Magestad  entendido  lo  que  digo,  me  respopde 
que,  cuando  él  pensé  en  repartillos,  no  me  dejaba  sin  parte.  De 


«> 


(167) 

la  jofnâJa  pasada  &  mi  me  ha  cabido  tan  poca,  qué  too  se  hâliarà 
haber  tomado  un  escudo,  ni  quitado  à  soldado  prisionero,  ni 
heeho  agravio  ninguno  que  toque  à  interés  de  un  real.  VueWo  à 
snplicallo  à  Vuestra  Magestad,  pues  tengo  razon  de  sentillo,  sea 
servido  hacerme  mereed ,  pues  cualquiera  que  Vuestra  Magestad 
me  bioiere  la  terne  por  muy  grande.  Cuya  S.  G.  R.  pcrsona  de 
V.  M'^'^  MuestroSenor  guarde  con  acrecentamiento  de  mas  reynos 
y  senorios. 

En  Valiadolid,  8  de  abril  de  1557  anos. 

DcV.S.C.R.M**''vasalIo. 

Luis  QUIXADA. 


XXXIII. 


GDILLAUIIE   VAN   MALE  A  JUAN   VAZQUEZ. 

n  s'excuse  de  ne  lui  ayoir  pas  écrit  plus  tôt ,  sur  ce  que  Luis  Quijada  le  faisait 
joumelleiiieot.  —  Il  veut  maintenant  rivaliser  avec  Gazlelu ,  pour  le  tenir  au 
courant.  —  Excellente  santé  de  l'Empereur. 

Toste,  11avril1557. 


May  ilostre  senor,  Vuestra  Sefioria  me  perdone  de  no  habéf 
eomplido  roi  palabra  en  esto.  Como  Luis  Quijada  lo  hacta  tan 
k  menndOf  paréciame  que  cualquier  dîiigeneia  écarta  mia  fuera 
k  Vuestra  Sefioria  mas  fastidiosa  que  bien  yenida.  Agora  que  es 
ido  Luis  Quijada ,  quiero  conlender  con  Gaztelù  à  porfla ,  que 
por  muy  diligente  que  él  sea  en  servir  à  Vuestra  Senoria ,  qnié- 
rolo  yo  tambien  tomar  h  pechos,  y  hacer  de  modo  que  no  me 
eche,  ni  él,  ni  nadie,  el  pié  adelanle. 

De  Su  Magestad  no  hay  que  decir,  pues«  gracias  à  Noestro 


(168) 

Senor,  esta  tan  bueno  que  no  basta  mal  tiempo  ninguno  à  kacer 
en  él  la  mener  mudanza  del  mundo.  De  lo  demâs  creo  liabrâ 
Vuestra  Senoria  sido  bien  informado  del  senor  Lois  Quijada, 

y  asi  no  tengo ,  por  agora,  que  tocar  en  este (i). 

DeYu8te,ildeabrili557. 

GULIELMO  MaLINBO. 


XXXIV. 


l'empereur  a  la  princesse  don  a  juana. 


Elle  verra ,  par  les  pièces  qu'il  lui  eoToie ,  que  le  roi  de  Portugal  a  consenti  à  la 
venue  de  l'infante  dona  Maria  en  Gastille.  —  Il  convient  qu'elle  s'occupe  dès  à 
présent  des  mesures  à  prendre  à  roccasion  du  voyage  de  l infante.  —  P.  S.  au- 
tographe :  satisfaction  de  l'Empereur  du  dénoûment  de  cette  affaire. 


Yuste,  12  avril  1557. 


Hija ,  por  la  carta  que  escribo  â  la  reyna  christîanisima  »  y  las 
copias  que  rcnvio  de  Ins  que  el  rey  y  reina  de  Portugal  me  ban 
escrito ,  veréis  la  delerniinacion  que  se  ba  tomado  en  la  venida 
de  la  infante  mi  sobrina,  quVsla  que  pretendiamos  :  de  que  he 
tenido  el  contentamiento  que  podeis  pensar,  por  el  que  reeibirà 
la  reyna  cbristianfsima,  y  ver  acabado  este  négocie  que  tanto 
deseaba.  Y  pues  esta  en  estes  termines,  convendrà  que  desde  luego 
se  mire  y  platiqne  en  la  ôrden  que  se  ha  de  tener,  asi  en  la  ida  y 


(1)  Le  reste  de  la  lettre  concerne  une  pension  de  100  ducats  que  Phi- 
lippe II,  en  considération  de  Van  Maie,  avait  accordée  à  Die^o  Ordebei, 
chapelain  de  la  reine  Ëléonore. 


(169) 

el  cuando  y  como  del  obispo  de  Salamunca  (i)  y  el  marqués  de 
Villanaeva  (2),  como  en  todo  la  demàs  que  se  hobiero  de  pro- 
Teer,  para  que  se  ponga  en  egecucion.  Y  si  para  elle  fuere  menes- 
tre  que  vos  deis  algun  despaeho,  ô  otra  cosa,  hacerioéis  en  la 
forma  que  con vendra.  Y  Nuestro  Senor  os  gnarde  como  yo  deseo. 
De  Yuste,  à  12  de  abril  de  1557. 

De  la  main  de  ^Empereur, 

Hija,  no  escribo  estas  cartas  de  mi  roano,  porque  vaya  el 
eorreo  mas  presto,  y  tengan  las  reinasmis  hermanas  esla  nueva 
por  ellas  tanto  deseada ,  y  por  mi ,  por  verlas  con  este  contenta- 
roiento,  y  yo  libre  deste  cuidado,  conforme  à  lo  sabredicho,  y 
que  allé  resolveréis  y  haréis  lo  que  veréis  convenir.  Y  con  esto 
acaba 

Vuestro  buen  padre, 
Carlos. 


(1)  Dès  le  5  février,  la  princesie  avait  écrit  à  Tévéque  de  Salamanque, 
i&a  qu'il  allât  jusqu'à  Lisbonne  au  devant  de  Tinfanle  de  Portugal,  lorsqu'il 
serait  décidé  qu'elle  viendrait  en  Castille.  Il  répondit  à  Vazquez,  le  7,  qu'il 
était  prêt  à  faire  ce  que  la  princesse  et  les  deux  reines  désiraient  de  lui. 

(3>  Le  secrétaire  Vazquez  écrivit  à  l'Empereur,  le  92  avril,  que  le  marquis 
de  Yillanueva  avait  été  invité  à  se  transporter  jusque  vers  la  frontière  de  Por- 
tugal :  nuis,  sur  ces  entrefaites,  ce  sei|^neur  vint  à  mourir. 


^ 


(170) 


XXXV. 


RUY  GOMEZ  DE  SILVA  A  L^EMPERBUR. 


Commission  donnée  par  l'Empereur  à  Quijtda  touchant  l'affaire  des  officiers  de  U 
maison  de  contractation  de  Sévllle.  — Bons  effets  de  Tintervention  de  Qaijada; 
enroi  d'un  alcade  k  Séville.  —  Lettres  de  l'Empereur  pour  le  roi  et  la  reine.  — 
Lettre  du  roi  esprimaai  le  déaîr  que  l'Empereur  m  renonce  pu  quant  iproKat 
à  l'Empire,  et  s'occupe  des  provisions  d'argent  pour  l'ItaUe  :  instances  de  Ray 
Gomes  à  cet  égard. 


Valladolid,  21  ami  1557. 


S.  C.  G.  M*'"*,  Luis  Quîjada  (1)  me  diô  la  carta  de  Vuestra 
Magestad  de  dos  de  abril,  y  me  dijo  la  comisioD  que  Vuestra 
Magestad  le  hahia  dado,  para  que  hablase  al  marqués  de  Hon- 
dejar  y  à  los  demâs  sobre  lo  que  se  habia  faecho  en  la  casa  de  li 
contratacion  ;  y  no  ha  dejado  de  aprovechar ,  porque  se  ha  en- 
teudido  con  mas  cuidado.en  el  negocio,  eoviando  un  alcaldeà 
Sevilla  (3);  y  en  la  otra  provision  de  dineros  se  va  entendieudo 


(1)  Voy.letI*',p.  141. 

(â)  A  vaot  rarrivée  de  Quyada ,  l«  cooaeil  des  finanoes  avait  eovoy^  à  Sénlfe 
un  de  ses  agents,  Sancho  de  Paz,  avec  Palcade  Salazar,  pour  iDfomier  sur 
la  conduite  des  officiers  de  la  maison  de  contractation.  La  chaleur  avec  la- 
quelle TEmpereur  avait  pris  cette  affaire,  et  les  représentations  pressantes 
de  Quijada ,  firent  que  le  conseil  cbar^^ea  Palcade  de  cour  Xarava  de  se  trans- 
porter sur  les  lieux  dans  le  même  but.  (Lettre  de  Yazquez  à  TEmpereur,  du 
22  avril  1557.) 

Philippe  II  ne  trouva  pas  encore  cette  mesure  suffisante.  Par  son  ordre, 
Talcade  Morillas  fut  envoj^é  à  Séville,  avec  la  mission  de  suspendre ei  de  faire 
arrêter  les  officiers  de  la  maison  de  contractation ,  s^ils  étaient  trouvés  cou- 
pables, et  de  les  remplacer.  (Lettre  de  Yazquez  à  TEmpereur,  du  8  mai  1557.) 


<474) 

eon  mas  cuidado  que  baBta  aqni.  Tambien  me  diô  Lms  Quijada 
las  eartas  de  mano  de  Vuestra  Magestad  para  el  rey  y  para  la 
reyna  nuestra  senora  de  Inglaterra,  las  cuales  enViaré  con  un 
eorreo  que  partira  esta  noche  6  mafiana  :  estas  iràn  por  mar, 
porqoe,  aunqne  tambien  se  despacba  por  lierra ,  no  me  ha  pare- 
cidode  enviarlas,  porqae  no  corran  peligro  de  ser  abiertas 

(<)• 

El  rey  me  escribe  lo  que  Vuestra  Magestad  verâ  por  esa 
earta  (2);  y  por  parecerme  cosa  tan  importante,  quisiera  ser  yo 


(1)  Les  passages  que  nous  retranchons  de  cette  lettre  concernent  :  ce  que 
Ray  Gomez  a  négocié  avec  Tarcbevéque  de  Tolède;  les  sommes  d*argent  qui 
ont  été  demandées  en  prêt  à  Tarchevéque  de  Séville  et  aux  évéques  de  Gor- 
done  et  de  Saragosse;  les  deniers  qui  ont  été  trooYés  dis|iOBibies  à  Séville, 
et  qui  sont  dirigés  sur  Laredo  ;  la  difficulté  de  réunir  les  prortsions  de  bouche 
pour  las  9,000  bomapes  qui  doivent  monter  sur  la  flotte  de  don  Alonso  de 
BaiKan,  etc. 

(9)  Dans  cette  lettre,  écrite  de  sa  main ,  Philippe  II  chargeait  Ruy  Gomez 
(le  supplier  PEmpereur,  avec  les  plus  grandes  instances,  qu'il  voulût  ne  pas 
renopcer  à  TEmpire.  Il  devait  lui  demander  aussi  de  s*0ccuper  des  provisions 
d*argeot  à  envoyer  en  Ifniie.  Voici  comment  le  roi  s*ezprimaii  t 

•  Siendo  jra  partido  el  principe  d^Oraqge  â  lo  de  la  renunclaeion  del  Impo^ 
rio,  le  escriM  e)  rey  de  Romanos  que  se  volviese,  y  i  mi  lo  mismo,  por 
qn*él  no  se  podia  detener  ya  mas  en  la  dieta  en  Ratisbona,  ni  los  Eleotores 
iiian  alii;  qu*él  se  iba  i  tener  una  dieta  en  Bohemia,  y  que  para  primero  de 
mayo  jnntaria  en  Egre  los  Electores,  y  que  para  entônces  fuese  el  principe.  Y 
asi  se  vohiô ,  y  cesa  su  ida  hasta  entônces.  Mas  lo  que  me  cumpliria  estrafia- 
Beote  es  que  Su  Magestad  no  quisîese  renunciar  el  Imperio ,  pues  todos  le 
han  dicbo  que  no  tiene  conciencta  en  lo  que  se  haee,  pues  él  no  lo  sabe;  y 
cierto,  para  aqui  y  pava  Italla,  yo  perderé  mucho,  si  Su  Magestad  lo  renun-^ 
cia,  y  mas  de  lo  que  nadie  pieosa;  y  se  veya  bien  cuanto  pierdo  en  no  tener 
la  sombra  de  su  autoridad.  Vos  le  dad  euenta  desta  vuelta  del  principe 
dXhange,  y  le  supUcad  con  grandislma  instancia,  aunque  sea  voivieudo  al 
roonasterio,  que  no  quiera  por  agora,  hasta  ver  que  termine  toman  mis  cosas, 
renunciar  ;  y  de  lo  que  determinare  me  avisad  luego  por  todas  las  vias  que 
pudiéredes,  porque,  si  Su  Magestad  es  servido  dello,  cese  la  ida  del  principe; 
y  D*os  encarezco  quanto  me  va  en  este,  porque  vos  lo  sabeis;  y  ast  quiero  que 


(  172  ) 
el  que  fuera  â  tratallo  con  Vaeslra  Magestad,  y  el  no  osarde]» 
este  negocio  que  traigo  entre  manos  de  la  proyision  del  dinero 
me  lo  estorva,  y  tener  enlendido  que,  para  el  bien  de  los  negocios 
de  Su  Hagestad ,  ningun  procurador  ni  allegador  dellos  puede 
haber  mejor  que  Vuestra  Magestad;  y  asi  me  atrevo  à  solo  eoTiar 
la  carta,  con  suplicar  à  Vuestra  Magestad  se  resuelva  en  lo  que 
sera  servido  que  yo  responda  al  rey,  pues  con  tanta  instancia  de- 
sea  saber  la  determinacion  de  Vuestra  Magestad.  Y  pues  Su  Mages- 
tad no  pide  esta  suspension  de  la  renunciacion  del  Imperio,  sino 
por  tieropo  tan  limitado  como  sera  el  ver  en  que  paran  las  cosas 
deste  ano,  jnsto  sera  que  Vuestra  Magestad  le  contente;  y  me 
mande  avisar  si  le  podré  escribir  las  buenas  nuevas  que  él  desea 


le  hàQàÎÈ  graDditima  instancia  en  ello,  y  le  deis  cuenta  de  lo  de  Italia,y  k 
supliqueia  que  atienda  k  la  provision  délia,  pues  estando  yo  en  campo,Do 
tendre  Torma  deproveerlo,  ni  con  que;  sino  que  suplico  â  Su  Magestad  que, 
Tenido  el  dinero  que  con  vos  ordené que  se  truxese  para  ac  y  para  allé,  So 
Magestad  tome  la  mano,  por  hacerme  merced,  de  hacer  buscar  y  dar  calor 
y  autoridad  à  los  que  lo  liicieren,  para  que  se  provea  de  dinero  lo  de  Italia, 
qu*estâ  en  grandisima  necesidad  y  lo  eslar  mas  cada  dia,  si  la  guerra  dora, 
y  mas  si  viene  la  armada  del  Turco,  como  se  tiene  por  cierto.  Todo  esto  supli- 
cad  y  persuadid  â  Su  Majestad  de  mi  parte  con  toda  instancia  posible,  y  por 
el  camino  que  viérdes  que  se  podrâ  acabar  mejor  con  ël  ;  y  avisadme  de  lo  que 
détermina  en  todo. 

»  I>eEloy,à  11  demarzo  1557. 

»  Yo  EL  Ret. 

•  He  partido  este  pliego,  por  dar  este  medio  â  Gonzalo  Ferez  que  le 
trasladase,  que  me  pareciô  que  le  podia  ver,  y  el  otro  medio  no,  y  goardo 
lo  qu*el  ha  trasiadado,  para  enviâroslo  por  duplicado,  con  el  primero  qus 
fuere.  » 

D*après  une  lettre  de  Ruy  Gomez  à  Vazquez,  écrite  de  Tolède  le  31  mai 
1557,  Charles-Quint  se  prêta  aux  désirs  de  son  fils.  On  lit  dans  cette  lettre: 

«  Su  Magestad  ya  ba  sido  servido  de  retener  el  Tmperio,  y  asimismode 

m  tomar  la  empresa,  si  Yandoma  viene  en  el  concierto,  y  tambien  ba  becba 
»  arta  diligencia  en  lo  del  dinero,  puesque  ha  escrito  las  carias  que  Tuesira 
»  Magestad  sabe  k  la  princesa.  » 


J 


r^ 


■y:;! 


(173) 

en  esta  parle.  Guarde  Nuestro  Senor  la  S.  G.  G.  persona  de  Vues- 
tra  Magestad,  como  sus  vasallos  y  criados  deseamos. 
DeValladoKd,à2l  de  abril. 

Humilde  criado  y  vasallo  de  Vuestra  Mcigestad, 

Rut  Gomez  de  Silvà. 


XXXVL 


LA  PRINCESSE  DONA  JUANA  A  l'EMPBREUR. 


Venae  d'Ezcurra  à  YalUdolid,  pour  rendre  compte  à  la  princesse  de  l'éUldes 
négociations  avec  M.  de  Vendôme.  —  ATis  sur  ce  sujet  de  Ruy  Gomez,  de 
D.  Garcia  de  Tolède ,  de  Gutierre  Lopex  de  Padilla ,  du  marquis  de  Mondejar. 
—  Résolution  d'envoyer  Ezcurra  à  Yusle,  pour  faire  rapport  de  tout  k  l'Empe- 
reur. —  La  princesse  prie  son  père  de  lui  mander  ce  qui  lui  parait  devoir  être 
réfeotu  et  répondu  à  M.  de  Vendôme ,  et  de  lui  dire  en  même  temps  s*il  faut 
communiquer  cette  affaire  à  la  reine  de  Hongrie ,  qui  ne  croit  pas  à  la  bonne 
foi  de  M.  de  Vendôme. 


Valladolid,91avril1557. 


S.  G.  G.  M^',  habiendo  venido  aqui  el  senor  d*Ezcurra  à  darme 
razon  del  estado  en  qu*eslâ  ei  négocie  que  se  tracta  con  Mos.  de 
Vandoma,  ordené  que  le  oyesen  y  Iractasen  dello  el  conde  de 
Melito,  D.  Garcia  deToledo  y  Gutierre  Lopez  de  Padilla,  y  que, 
comunieado  con  el  marqués  de  Mondejar^  que  por  estar  mal 
dispnesto  no  se  hallô  en  el  consejo ,  me  diesen  su  parecer;  y  ha- 
biéndolo  hecho,  les  paresciô  qu*el  dicho  Ezcurra  fuese  por  la 
posta  à  dar  razon  à  Vuestra  Magestad  de  todo  :  y  asi  partira  luego 
tra£  el  correo  que  Ueva  esta.  Y  en  el  negocio  principal  de  que 
se  tracta,  les  paresce  que  se  debe  continuar  y  seguir  la  pràtica 
coD  Vandoma,  y  no  dejarla  caer,  y  hacerle  saber  qu*el  poder  para 


^4 


n 


(174) 

tractarla  y  concluirla  es  venido  (4)»y  q/ae se enviarà personaque 
la  tracte  y  coocluya ,  y  se  le  pida  que  à  esta  comunique  el  medio 
de  seguridad  que  dijo  al  d'Ëzcurra  teoia,  y  no  le  quiao  decir,  ; 
que  demâs  d*el  que  diere,  se  podràn  tractar  de  otros  que  se 
ofresceràn. 

Hàme  parescido  haeer  saber  à  Vuestra  Magestad  lo  qu'esta 
dicho,  àntes  que  llegue  Ezcurra,  y  suplicarle  que,  entendido 
lo  que  parece  al  consejo ,  y  oido  él ,  sea  servido  avisarme  y  enviar 
â  mandar  lo  que  le  paresce  se  haga  y  responda  à  Vaodoma;  y 
tambien  vea  Vuestra  Magestad  si  se  comunicara  este  n^odo  â 
la  serenisima  reyna  de  Ungria ,  atfnque,  como  Vuestra  Magestad 
sabe,  ella  esta  en  que  es  tracto  doble,  y  que  se  hace  cod  sabi- 
duria  del  rey  de  Fraojcia.  Nueslro  Senor  giiarde  y  prospère  b 
impérial  persona  y  estado  de  Vuestra  Magestad  como  desea, 

De  Valladolid,  â  31  deabrilde  4557, 

Ubidiente hijv  de  Vuestra  Magestad, 

La   PRIlf€E3A. 


XXXVIL 

■ 

GUILLAUME  VAN   MALE  A  JUAN  YAZQUEZ. 

ExceUente  santé  de  tEmpereur,  malgré  un  accès  de  goutte  qu'il  eut  les  joon 

précédents. 

Yuste^dran-illSSr. 

Mny  iTustre  seikor,  la  buena  dispusicion  de  S.  M^  en  parte 
sera  causa  de  la  brevedad  de  mis  cartas.  Plega  à  Nuestro  Seâor 
que  siempre  sea  asi;  que  en  verdad^  dtgo  â  Vuestra  Seûoria  qQO 


(1)  Voy.  ci-<leMuft,pi  159,  ootel. 


J 


r 


(175) 

«ta  S.  M^**  tan  bueno»  que  es  cosa  maraviilosa  verlo.  Esta  gerdo 
j  lucio;  y  aunque  estes  dias  pasados  la  gota  le  toeé,  6  por 
mejor  decir  le  apunté,  en  la  mano  y  en  el  pié,  no  tuvo  el  mal 

fuerza  para  pasar  adelante;  y  asi  cesô  luego  olro  dîa 

DeYusleȉ7deabrili557. 

GULIELVO   MaUNEO« 


:îA 


XXÎVIII 


L  BKPBUim  A  LA.  PRIBGCBSSB  BONA  JUANA. 


H* 

V 

t.. 
I 


Vtnae  d'Eacnrr»  »  Ynste.  —  Rapport  qa*1!  fait  à  rBmpereur  ée  ee  qu'il  atrait 
«tec  M.  de  Vendôme.  ~  Réponse  de  l'Empereur^  principelement  sur  le  point 
de  la  dêlirrance  de  rÉtat  de  Milao  aii  duc.  —  Considérations  a  propos  de  cette 
nêfseiation ,  dee  sAretés  qui  araient  été  demandées  à  M.  de  Vendôme ,  et  dn 
ptrli  à  prendre, 

Tuste,â9  avril  1557. 


Serenisima ,  etc. ,  en  esotra  carta  que  va  con  esta  respondo  à 
dos  que  me  habeis  escrito  à  los  21  de  este.  Lo  que  demàs  de 
aqaello  hay  que  decir,  es  que  el  de  Ezcurra  Uegô  aqui  antier,  y 
por  ser  tarde  no  le  oi  Inego,  pero  hicelo  ayer.  Yhabiéndome 
dicho  como,  después  que  partie  de  Jarandilla,  balle,  llegado 
que  bubo  à  Navarra,  que  la  respuesta  del  rey  mi  bijoera  venîda, 
y  que  filé  luego  con  ella  adônde  estaba  Vandoma ,  el  cual  diz  que 
quiso  que  se  la  dièse  en  presencia  de  un  su  médico  y  secretario, 
y  lo  que  sobre  ello  pasé;  y  demàs  de  esto ,  boy  (f  )  à  la  letra  fa 
respuesta  que  le  diô  por  escrito,  y  tambien  la  copia  que  trujo 


(1)  Jfoff,  pour  o>. 


(17G) 

firmada  de  la  carta  que  el  duque  de  Alburquerque  escribié  sobre 
cllo  al  rey ,  que  es  en  la  misina  sustancia  de  lo  que  me  ha  dicho, 
y  de  como  habia  Tenido  ahi ,  con  lo  demàs  que  ha  pasado ,  con- 
forme à  lo  que  me  escribiste. 

Y  habiéndolo  todo  entendido,  le  dige que,  si  Vandoma aodaba 
en  este  negocio  con  tan  buen  fin  como  siempre  habia  dado  i 
entender  y  se  debia  esperar  dél ,  siendo  quien  es,  que  verdade- 
ramente  recibia  grande  cngafio  en  pedir  que  se  le  entregae  pri- 
mero  el  Estado  de  Milan  que  no  él  al  rey  à  Navarrens  (1)  y  bs 
otras  fuerzas,  porque,  como  quiera  que  las  del  uno  y  del  otro 
estàn  tan  apartadas  que  no  podrà  bacerse  la  entrega  de  dh  i 
yista  de  ojos,  ni  à  un  mismo  tiempo,  ni  en  ninguna  manera  lo 
que  él  pide,  sin  ser  descubierto  el  negocio ,  por  ser  de  la  caali- 
dad  que  es,  esta  claro  que  en  tal  caso  el  rey  de  Francia  le  oca- 
paria  y  tomaria  luego  todo  su  Estado,  y  que,  demis  de  esto,  le 
vendrian  à  faltar  los  mas  de  sus  amigos  y  otras  personas  en  qaieo 
pueda  tener  mas  esperanza,  como  se  ha  visto  y  ve  cada  diç  por 
esperiencia,  porque,  en  cuanlo  toca  à  la  confianza  que  se  pnede 
hacer  de  su  persona,  no  solo  la  haria  yo  del  Estado  de  Milan, 
pero  de  Navarra  y  Castilla ,  pues  no  se  ha  de  créer  que  él  ha  de 
hacer  cosa  que  no  deba,  y  que,  si  esta  tan  mal  con  el  re;  ^ 
Francia  como  dicen,  mucho  menos  le  conviene  lo  que  pide, 
porque  séria  perderse ,  ni  el  podria  defender  el  Estado  de  Milan, 
aunque  se  le  dièse ,  sin  el  favor  y  ayuda  de  mi  hijo ,  de  coya 
amistad ,  favor  y  confederacion  dépende  su  bien  y  acrescenta- 
miento,  y  que  por  este  es  justo  que  se  fie  de  él,  pues  cuantoson 
mayores  sus  prendas  y  lo  que  avenluraria  à  perder  con  el  mundo, 
es  tanto  mayor  la  obligacion  que  tiene  para  cumplir  con  lo  qoe 
prometicre,  y  que,  si  para  mayor  satisfaccion  suya  quisiere qne 
yo  me  obligue  à  elle,  lo  haré,  para  que  Tea  que  por  su  parte  j 
la  mia  se  desea  el  efecto  de  este  negocio,  pues  con  este  fin  ba 


(1)  Navarreins ,  TÎIle  forte ,  aujourd'hui  du  départcmcDt  des  Basses-Py- 
rénées. 


\ 


IIV'.; 


(  177  ) 

enviado  el  poder  é  instrucciones  para  ello  (4),  y  que  lo  que  se 
bobiere  de  faacer  sea  luego,  y  como  conviene,  pues  va  tanto  en 
dlo  â  Vandoma ,  y  que  en  lo  que  toca  à  la  persona  que  ha  de  ir 
à  la  conclusion  de  este,  y  para  entender  el  medio  que  él  dice 
dara,  à  contentamiento  de  arobas  partes,  y  el  otro  en  que  el 
marqués  de  Mondejar  habia  pensado,  con  los  demés  que  se 
ofreacieren  y  fueren  convenientes,  me  remito  à  lo  que  el  rey  ha 
eserito,  y  lo  que  parescerà  à  los  que  en  ello  entienden. 

Todo  lo  sobredieho  es  en  suslancia  lo  que  me  pareciô  decirle. 
Pero ,  demàs  de  este,  acordândome  que,  cuando  este  négocie  se 
eomenzô  â  tratar,  fué  con  presupnesto  que,  de  mi  parte,  6  del 
rey  mi  bijo,  se  prindpiase  la  gnerra,  y  ofrescia  el  duque  de 
Vandoma  en  este  caso  lo  que  esta  platicado, y  que,  para  seguri- 
dad  de  que  él  cumpliria  lo  que  ofrescia,  se  le  pediéron  las  con- 
diciones  que  estàn  ya  sabidas,  podria  agora  parescer  que,  pues 
la  guerra  esta  ya  comenzada  y  rota  por  el  rey  de  Francia ,  y  el 
rey  mi  bijo  jnnta  egército  por  tierra  y  armada  por  mar,  demàs 
de  lo  que  se  espéra  que  los  Ingleses  baràn  para  defenderle,  que 
es  lo  que  el  duque  de  Vandoma  pretendia  que  se  biciese  ântes 
que  se  declarase,  que  viendo  agora  poner  esto  en  egecucion,  si 
â  lieoela  Yolnntad  que  ba  mostrado,  que  él  se  debria  de  declarar, 
y  declaràndose,  qnizâ  que  no  babria  tanta  necesidad  de  pedille 
las  seguridades  y  fortalezas  que  àntes  se  le  pedian ,  porque,  jun- 
tândose  la  gente  que  él  biciese,  fingiendo  que  quiere  invadir 
NaTarra,  y  que  estos  reinos  biciesen  lo  mismo  con  acbaque  de 
resislille,  paresceria  que  estaria  tan  obligado  y  puesto  en  el 
négocie  que,  babiéndole  de  dar  à  Milan,  se  le  podria  entregar 
con  menos  duda  y  dificultad,  y  no  sotamente  daria  enténces  las 
fortalezas  que  estàn  en  esta  frontera,  mas  aun  trabajaria  de  dar 
las  que  tiene  en  Picardia ,  y  ganar  al  rey  de  Francia  todas  las 
que  mas  pudiese. 

Hàme  parescido  escribiros  esto,  para  que  se  mire  asf  en  ello 


S* 


(1)  Vojr.  cÎHlessiu,  pp.  160  et  161. 

Tovi  11.  là 


n 


(  ire  ) 

como  en  los  medîos  qae  Vandoma  y  d  marqaés  de  Mondqar 
dicen  que  declararàn ,  y  los  que  mas  ocurrieren ,  y  se  platiqQe,y 
Yea  lo  que  mas  converoà,  porque,  como  escriboen  esoiracaru, 
conviene  mucho  que  se  mire  eo  que,  si  Vandoma  se  allega  à  (ér- 
minos  de  coneierto,  y  va  cou  buen  fin,  y  quiere  poner  en  ege- 
cucioQ  lo  que  ha  ofrescido ,  no  se  pierda  ;  y  si  todavia ,  sio  em- 
bargo de  lo  sobredicbo,  persistiere  en  lo  que  dijo  al  de  Eicum, 
me  paresce  que  no  tiene  la  gana  que  da  à  entender  de  conoe^ 
tarse,  pues  se  ve  tan  à  la  clara  que  lo  que  pide  es  para  su  perdi- 
cion ,  àntes  se  podria  sospechar  lo  contrario  ;  y  para  en  cualquier 
caso,  no  puede  dejar  de  aprovechar  el  eotretener  y  contiouarh 
plâtica,  en  especial  si  Vandoma  tuviese  fin  de  juntar  algo  esU 
ano  por  Nayarra,  estando  el  rey  mi  hijo  embarazado  como 
sabeis.  Y  avisàrseme  ha  de  la  ùltima  resolncion  que  se  tomari, 
para  que,  vista  aquella,  pueda  ayisar  de  lo  que  sobre  ello  me 
ocurre;  y  mirad  que  haya  en  este  négocie  secreto,  y  quesepoaga 
en  Navarra  todo  elbuen  recaudo  que  conviene.  Sereniaima  prin- 
cesa ,  etc. 

De  Yuste,  à  29  de  abril  1557. 


Carlos. 


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i. 


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»~ 


(  179) 


XXXIX. 

L'bUPERBIJR   a  ItJAN  YAZQUEZ. 

Il  s^admel  |ni8  )•  justlficftUon  àt  Vtzqaerdans  l'affaire  des  orSricr  •  de  la  ntAiton 
d«  conCraeUlion  de  Séville  ;  il  blâme  aurtout  le  oonaeil  des  Iodes.  —  Il  n'a  pas 
voulu  receroir  des  délégués  des  consuls  de  Séville. 

Yuste,99  avril  1557. 


|El  Empbrador. 

Jaan  Vaxquez  de  Molioa,  mi  secretario  y  del  mi  consejo , 

en  lo  que  Luis  Qoijada  os  dijo  de  mi  parte  sobre  la  desérden 
de  la  suelta  del  dinero,  y  lo  que  àates  y  después  se  ha  proveido, 
con  lo  que  mas  deds  de  cuan  sin  culpa  estais  (1) ,  no  puedo 
dejar  decargalla  à  todos  los  que  teneis  la  mano  en  estes  négocies, 
por  mny  libres  que  algunos  prétendais  estar  de  ella,  por  haber 
caido  en  tan  gran  descuido  en  cosa  que  tanto  importaba ,  y  no 
sési,aunqu6  seremediase  con  los  medios  que  se  buscan,  bastarà 
para  que  este  no  haga  falla  à  los  négocies  en  que  el  rey  mi  hijo 
eslà,  ni  si  con  elle  se  podrà  suplir  la  que  en  esto  ha  habido,  en 
que  no  se  poede  dar  tan  bastante  desculpa ,  que  no  baya  habido 
gran  yerro.  Y  si  por  la  cédnla,  cuya  copia  meenviaste,  se  bobiese 
de  imputar  culpa  à  alguno ,  la  echaria  h  los  del  consejo  de  Indias 
que  la  senalàron ,  y  à  Ledesma  que  larefrendô,  y  no  â  la  pfincesa, 
aonqoe  la  firmase,  porque,  si  debajo  de  lo  que  contiene,  no  hay 


(1)  Dans  une  lettre  du  S2  avril,  Vazquez  8*étail  efforcé  de  se  disculper, 
auprès  de  l'Empereur,  de  ce  qui  était  arrivé.  11  invoquait  la  longue  expé- 
rieoce  que  TËmpereur  avait  de  sa  fidélité  et  de  son  intégrité. 


•H 


Al 


(  180  ) 
alguna  vellaqaeria ,  no  se  entiende  que  haya  en  ella  cosa  porqiie 
hobiesen  los  oficiales  de  Sevilla  de  soltar  el  dinero  que  traia  el 
navio  del  capitan  Miguel  de  Ocuendo,  à  cuya  suplicacion  sedes- 
pachô,  ni  los  oebocientos  mil  ducados  que  el  licenciado  Salazar 
escribiô  à  la  princesa  que  se  habian  soUado,  para  hacer  la  falta 
que  hacen  los  cinco  millones;  y  por  eso  no  solamente  se  dde 
enlender  en  la  averiguacion  de  lo  pasado,  y  castigar  los  oïlpados 
con  deniostracion ,  mas  tambien  que  se  vaelva  à  cobrar  la  major 
parte  que  ser  pudiere  de  lo  que  se  ba  soltado.  Y  cuanto  mas  sin 
culpa  pensais  estar  en  este  negoeio,  tanto  con  mayor  cuidado 
habeis  de  procurar  la  egecucion  de  lo  sobredicho,  porque  teoed 
entendido  que,  si  cl  rey  no  es  proveido  de  muy  gran  cantidad,  y 
con  presteza,  no  puede  dejar  de  caer  «n  grandisima  afreota,  y 
nacer  de  ello  otros  inconvenientes. 

Los  otros  dias  pasàron  por  cerca  de  aqui  ciertas  personas  qne, 
en  nombre  de  los  cénsules  de  Sevilla ,  venian  à  hacerme  no  se 
que  ofrecimiento  de  dinero  ;  y,  por  ser  négocie  de  aquella  calidad 
y  estar  tan  enojado  de  lo  sobre  dicho,  no  losoi,  ânteslos remili 
que  acudiesen  à  la  princesa.  Avisarmehéis  de  lo  que  ban  ofre- 
cido,  y  de  que  manera,  y  lo  que  sobre  ello  se  ha  proveido  (\) 

De  Yuste,  à  39  de  abril  de  4557. 

Carlos. 


(1)  Les  délégués  du  prieur  et  des  consuls  de  Sérille  ne  fireot  aucune 
offre;  ils  demandèrent  qu^on  leur  remît  500,000  ducats  qui  étaient  recenos 
en  la  maison  de  contractation  :  ce  qui  leur  fut  refusé.  (Lettre  de  Yazqoez 
à  TEmpereur,  du  8  mai  1557.) 


v'/^-w»?' 


<7 


(181) 


XL. 


LA  PRINCESSE  DONA  JUANA  A  l'eMPEREUR  (1). 

Rapport,  fait  par  Exeurra,  en  présence  de  la  reine  de  Hongrie ,  de  la  princesse ,  de 
Ray  Gomes ,  de  D.  Garcia  de  Tolède  et  de  Gutierre  Lopes*de  PadiUa,  de  la 
dernière  réponse  de  M.  de  Vendôme  et  de  celle  de  TErapereur.  —  Assentiment 
donné  par  tous  aux  considérations  que  l'Empereur  a  exposées  dans  sa  dernière 
lettre.  —  Résolution  de  reuToyer  Ezcurra  a  H.  de  Vendôme,  et  instruction 
qu'on  Inî  donnera,  si  l'Empereur  l'approuve.  —  Mesures  de  précaution  en 
Navarre.  —  Moyen  particulier  indiqué  par  le  marquis  de  Mondejar  pour  la 
sûreté  de  cette  négociation. 

Valladolid,  7  mai  1557. 


S.  C.  G.  M^"*,  rescebi  la  carta  de  Vuestra  Magestad  de  29  de 
abril,  la  caal  mostré  à  la  serenisima  reina  de  Ungria,  mi  tia, 
coiDO  Vuestra  Magestad  me  mandé;  y,  en  presencia  suya  y  mia, 
del  oonde  de  Melito,  D.  Garcia  de  Toledo  y  Gutierre  Lopez  de 
PadiUa,  refiriô  el  d'Ezeurra  asi  la  ultima  respuesta  que  le  di6 
Vandoma,  de  que  diz  que  dejô  à  Vuestra  Magestad  la  escritura, 
eomo  lo  que  Vuestra  Magestad  le  dijo  en  el  negocio;  y  babién- 
dolo  hecho  se  saliô,  y  se  praticô  largamente  sobr'él,  visto  el 
parescer  del  marqués  de  Mondejar ,  con  quien  primero  se  comu- 
nicù.  Y  paresciô  à  todos  que  lo  que  Vuestra  Magestad  me  escribe, 
asi  cerca  de  las  causas  porqu*es  justo  que  Vandoroa  se  conBe 
del  rey  mi  hermano,  mayormente  asegnréndolo  y  obligândose 
Vuestra  Magesta4  à  la  seguridad,  como  de  que,  si  no  lo  déjà  â 
esta  confianza,  se  verà  que  no  tracta  con  voluntad  de  efectuarlo, 
y  que  entregarle,  como  pide,  primero  el  Estado  de  Milan,  con  los 


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(t)  La  répoDse  de  TEmpereur  à  cette  lettre  est  dans  le  1. 1**^,  p.  149.  ^| 

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•  I 


(  183  ) 

rehenes  de  sas  hijos,  6  sin  ellos,  séria  su  perdicion,  porqne 
laego  se  descubriria  el  tracto,  y  le  ociiparia  el  rey  de  FrancUsos 
Estados,  y  él  qaedaria  sin  posibilidad  de  entregar  sus  tierras: 
qu*es  muy  bastante  y  concluyente  razon,  y  de  que  Vandomase 
debe  satisfacer,  si  tracta  verdad,  y  tiene  gana  de  efectoario, 
ya  que  paresce  que  no  puede  dar  justa  escusa.  Asimesmo  pa- 
resciô  qu*el  medio  para  efectnarse  mejor  es,  en  el  tiempo  pré- 
sente qu'esta  fota  la  guerra ,  y  ha  de  tener  el  rey  mi  hermano 
egército  y  armada  grande,  que  con  hacer  Vandoma  alguaa 
gente,  con  color  de  que  sospecha  que  por  esta  parte  se  quiere 
entrar  en  sus  tierras,  y  hacerla  acà  con  la  de  ofenderle  à  d^ 
fender  à  Navarra ,  como  Vuestra  Magestad  apunta  que  se  irae- 
taha,  se  podria  venir  à  la  egecucion  ;  y  que  lo  que  de  preseotese 
debe  bacer  en  el  négocie,  presupuesto  que  paresce  acà,  como 
escribi  à  Vuestra  Magestad  y  lo  aprueba,  que  se  contiaoe  la 
prâtica  y  no  se  rompa,  qu*el  d*Ezcurra  vnelva  à  Vandoma,  y,  sin 
tractar  de  la  ullima  respuestn  que  le  diô,  le  diga  lo  que  Vuestra 
Magestad  mandera  ver  por  el  papel  que  ira  con  esta  (i),  y  ({oe 
demâs  dello  se  diga  à  parte  al  d'Ezcurra  que,  persisliendo  Van- 
doma en  no  quererse  iiar  de  Vuestra  Magestad,  ni  del  rey,  y  que 
se  le  entregue,  primero  qu'él  entregue,  el  Estado  de  Milan,  k 
diga  lo  que  Vuestra  Magestad  escribe  y  le  dijo  de  palabra:  que 
séria  descubrirse,  y  su  perdicion,  como  va  puesto  al  pié  del  dicho 


(1)  Voici  la  substance  de  ce  qiie  contenait  ce  papier  ; 

liC  S^"  dTf  curra  derait  dire  à  M.  de  Vendôme  que  PEmpereur  aTait  reço 
du  roi  les  pouvoirs  nécessaires  pour  traiter  avec  lui;  que  les  deux  Majesiéi 
avaient  grande  volonté  de  le  faire  dans  un  bref  délai  ;  ^e  les  clrconsUoces 
paraissaient  propices,  puisque  la  guerre  était  déclarée,  que  les  Françsii 
étaient  embantassés  en  Italie,  et  le  roi  prêt  à  envahir  la  Picardie;  que  l*Ein- 
pereur  s*était  réjoui  d^apprendre  qu'il  avait  le  moyen  de  mieux  garantir  ce 
qui  serait  convenu,  et  que,  aussitôt  après  quMl  aurait  donné  connaissance 
de  ce  moyen  à  S.  M.  I.,  elle  enverrait  une  personne  pour  conclure  le 
traité. 


(185) 

papel  (1).  Y  DO  viniendo  con  todo  esto  à  lo  justo,  yérsena  qu'es 
tncto  doble,  y  que  no  tiene  voluutad  de  concluirlo.  ' 

Vaestra  Magestad  lo  vea  todo,  y  envie  â  mandar  lo  qu'es 
servido  que  sehaga;  y  entretanto  queda  aqui  el  d*Ezcurra,  espe- 
rando  que  se  le  dé  la  respuesta*  Y  en  lo  que  Vuestra  Magestad 
manda  que  se  ponga  buen  recaudo  en  Navarra,  se  harà  asi. 
Y  cuanto  al  medio  que  se  dijo  à  Vuestra  Magestad  ténia  pensado 
el  marqués  de  Mondejar,  para  la  seguridad  deste  negocio,  de 
que  mandô  que  se  le  dé  aviso,  el  que  él  dice  y  tiens  por  mas 
segnro  de  todos,  es  que,  cuando  se  obiere  de  efecluar,  tenga  el 
rey  mi  hermano  un  buen  egército  en  Francia,  en  la  parte  de 
Bordeos,  quesea  parte  para  resistir  al  del  rey  de  Francia,  y  que 
habîéndole,  y  entendiendo  la  parte  qu*es  Vandoma  para  entregar 
sus  tiérras  que  ofresce,  y  que  lo  quiere  bacer,  se  podrâ  efectuar, 
y  no  de  otra  manera,  porqu*él  dubda  que  Vandoma  sea  parte 
bastante  para  entregarlas ,  por  los  aficcionados  y  servidores  que 
en  ellas  tiene  el  rey  de  Francia ,  y  con  el  dicho  ejéreito  le  paresce 
se  asegura  todo.  Nuestro  Senor  guarde  y  prospère  la  impérial 
persona  y  estado  de  Vuestra  Majestad  con  la  salud  que  yo  deseo. 

De  Valladolid ,  à  siete  de  mayo  de  1S57  anos. 

Ubidiente  hija  de  Vuestra  Magestad, 

La  Pringesa. 


(1)  Si  M*  de  Vendéme  penbtait  à  demander  qae  le  roi  lui  remît  Ttut  de 
Bfitoi  ayant  que  lui-même  remît  les  terres  qui  étaient  en  son  pouTOÎr,  et 
seulement  contre  Penfoi  de  ses  fils  en  otage,  Ezcurra  devait  lui  proposer, 
comme  de  lui-même,  que  i^Empereur  se  portât  garant  de  ce  qui  serait  con- 
tenu avec  lui.  Si  cela  ne  le  satisfaisait  pas ,  Ezcurra  lui  remontrerait  que  son 
intérêt  propre  lui  commandait  d^accepter  les  offres  du  roi  :  car,  du  moment 
<fo*il  livrerait  ses  fils,  on  qu*on  lui  remettrait  Milan,  son  intelligenee  avec 
le  roi  serait  découverte,  et  les  Français  lui  prendraient  tout  ce  qu'il  avait. 

Telle  est  la  substance  de  ce  qui  était  dit  au  bas  du  papier  mentionné  par 
la  princesse. 


(  i^) 


XLI. 

LA  PRINCESSE  DOÎIA  JUANA  AU  GORRÉGIBOR  DE  MURGS, 

LORCA  ET  CARTHAGÈNE(1}. 

Le  pape  ayant  résolu  de  fulminer  une  bulle  pour  priver  le  roi  de  ses  ÉUts, 
aussitôt  qu'ils  la  recevront ,  ils  donneront  l'ordre  que  toutes  les  personnes  qai 
viendront  d'Italie  et  de  France,  soient  vbilées  avec  soin,  et  qu'on  arrête  eeUes 
qui  apporteraient  ladite  bulle ,  ou  des  dépêches  y  relatives. 

Valladolid,  13maî1557. 


El  Ret. 

Nuestro  corregidor  de  las  cîudades  de  Murcia ,  Lorca  y  Caria- 
gêna  y  por  cartas  do  mi  el  rey ,  hechas  en  Londres  à  Teinte  y 
ocho  del  pasado,  que  envié  con  correo  propio  qoe  mandé  despa- 
char  por  mar ,  he  hecho  saber  como  tengo  aviso  de  Roma ,  de 
très  del  mismo ,  que  Su  Santidad  se  habia  resuelto  en  privarme 
de  mis  reinos,  Estados  y  senorios,  y  que  se  entendis  oon  dili- 
gencia  en  la  espedicion  de  la  bulla  y  en  lo  demàs  que  veréis  por 
la  copia  del  capiliilo  que  sera  con  esta.  Y  siendo  este  négocie  de 
tan  gran  cualidad  é  importancia,  habemos  deterroinado,  por 
érden  de  roi  el  rey,  de  escribiros  la  présente,  y  encargaros  y 
mandarosque,  luego  como  la  recibais,  deis  érden  que  en  les 
puertos  y  costas  de  mar  desse  reino ,  y  en  todos  los  pnertos  y 
pasos  que  confinan  à  la  parte  del  reyno  de  Valencia,  tengan 
prevenidos  y  sobre  aviso  para  que  se  caten  y  visiten  con  mucba 
diligencia  y  cuidado  todas  las  personas  que  vinieren,  hacia  las 


(1)  Les  luêmes  ordres  Turent  dODnës  pour  les  autres  frontières.  Voy.  le 
1. 1'%  p.  151. 


(185) 

partes  de  Ytalia  6  de  Franeia,  à  entrar  y  pasar  à  las  deatos  reinos, 
de  coalquier  cualidad  y  condicion  que  seao ,  y  les  cateo  los  cofres, 
malas  y  ropas  y  pliegos  de  cartes  qne  trugeren ,  sin  dejar  cosa 
por  recoDOScer;  y  à  cualquiera  que  se  hallaren  los  dichos  despa- 
chos,  é  parte  dellos,  à  cartas,  6  relaciones,  6  memoriales  que 
toquen  à  lo  sobredicho  •  se  los  tomen ,  y  examinen  las  taies  per- 
sonas  muy  particularmente,  para  saber  lo  que  passa  en  este  ne- 
gocio,  y  qne  los  tengan  presos  y  à  buen  recando,  y  se  nos  avise, 
enviândonos  los  dichos  despacbos  originales,  para  que  sobre 
ello  se  mande  lo  que  convenga  y  se  hubiere  de  hacer  :  advirtiendo 
qoe  sea  con  el  secreto  y  dexteridad  que  conviene,  que  en  ello 
DOS  serviréis.  Y  no  se  hallando  nada  de  lo  tocante  à  lo  sobre- 
dicho à  las  taies  personas  que  asi  catàredes,  es  noestra  voluntad 
que  no  se  les  ponga  impedimento,  dejândolas  pasar  libremente. 
Fecha  en  Valladolid,  à  12  de  mayo  1557. 

La  Primgesa. 

Por  mandado  de  Su  Magestad ,  Su  Âlteza  en  su  nombre  : 

Juan  Vazquez. 


(  186) 


XLII. 

l'bVPBRRUR   a  L*AQGH8YâQUB  DE  SÉTILLB  (t). 

II  s'imeireiUa  grandement  d'apprendre  que  rarebevèqae  a  refusé  de  prétar  n 
roi  la  somme  que  la  princesse  lui  a  demandée  de  sa  part,  tandis  qu'il  y  a  Uat 
d'années  qu'il  jouit  des  fruits  du  siège  archiépiscopal  de  Séville.  —  11  le  prie 
et  charge  de  donner  cette  somme ,  ou  la  plus  considérable  qu'il  pourra  :  iatrr- 
ment,  le  roi  devrait  y  pourvoir  avec  démonstration,  et  lui -même  eenieilleraît  s 
son  fils  de  le  faire. 


Yuste,  18  mai  1557. 


El  Emperador. 

Muy  reTereûdo  in  Cristo  padre,  arzobispo  de  SeYilh,  inqoisi- 
dor  gênerai  en  estos  reynos  contra  la  herélica  pravedad  j  apos- 
tasia,  y  del  nueslro  consejo,  entendido  havemos  que habiéodoos 
hablado  la  serenisima  princesa  mi  hija ,  de  parte  del  rey,  eoo 
intervencion  del  conde  de  Melito,  en  virtud  de  la  comiaiony 
cartas  que  trujo ,  para  que  en  esta  coyuntura  que  tanta  necesidad 


(1)  Ruj  Gomez,  dans  sa  seconde  visite  à  Yuste  (voy.  le  1 1"',  p.  151),  aTtit 
fait  connaître  à  PEmpereur  le  refus  de  Parchevêque. 

Charles-Quint,  en  envoyant  cette  lettre  à  la  princesse,  pour  qu^elle  la  fît 
tenir  à  Valdès ,  lui  dit  quMl  ne  convenait  pas  de  tolérer  la  conduite  de  ce  préUl 
(f»o  convendria  que,  aunque  el  arxobispo  se  haya  eseusado,  saliesse  cm 
su  intenta ,  ni  se  disimulase  con  e7). 

L^Empereur  écrivit  dans  le  même  sens  à  Tévêque  de  Cordoue ,  qui  ne  s'était 
pas  d*abord  montré  plus  disposé  que  Parchevêque  à  secourir  le  roi  ;  mais  cette 
seconde  lettre  ne  fut  pas  envoyée  à  sa  destination ,  Pévêque  ayant  manifesté 
à  Ruy  Gomez  Pintention  de  donner  tout  ce  qui  serait  en  son  pouvoir.  (Lettre 
de  Ruy  Gomez  à  PEmpereur,  du  98  mai  1557.) 


:%^ 


(187) 

tiene  de  ser  socorrido ,  por  los  machos  y  grandes  gastos  que  se 
le  ofrecen  con  la  guerra,  é  importar  tanto  à  su  reputacion, 
tovi^edes  por  bien  de  hacerlo  por  Tuestra  parte  con  la  suma 
que  08  ha  pedido,  la  cual  no  solamenle  diz  que  no  habeis  cum- 
plido,  pero  que  os  habeis  escusado,  dando  poca  esperanza  de 
hacerlo.  De  que  no  poco  nos  habemos  roaravîllado,  siendo  he- 
chura  y  tan  antiguo  criado  nuestro ,  y  haviendo  tantos  aftos  que 
gozais  de  los  frutos  de  esa  dignidad  :  en  que  holgara  que  ovié- 
rades  mostrado  con  obra  la  voluntad  que  haveis  significado 
siempre  tener  â  las  cosas  de  mi  servicio.  Por  todo  lo  cual  me 
ha  parecido  rogaros  y  encargaros  mucho  que,  pues  beis  cnan 
josto  es  lo  que  el  rey  mi  hijo  pide,  y  lo  que  en  esta  coynntura 
le  importa,  tfengais  por  bien  de  soeorrerle  con  la  cantidad  que 
de  sa  parte  se  os  ha  pedido  (que  yo  se  que  queriendo  lo  podréis 
haeer) ,  6  con  la  mayor  que  os  fuere  posible,  pues  en  ella  no 
habeis  de  aventorar  nada,  y  se  os  darà  seguridad  para  que  seais 
satisfecho  :  porqne ,  demàs  de  que  cumpliréis  con  lo  que  deveis 
y  sois  obligado,  me  haréis  en  ello,  y  en  que  lo  hagais  con  bre- 
▼edad ,  particnlar  placer  y  servicio,  porque,  de  otra  roanera,  ni 
el  rey  dejaria  de  niandallo  proveer  con  demostracion ,  ni  yo  de 
aconsejàrselo. 
De  Yuste,  à  i8  de  mayo  de  i557. 

Carlos. 


(188) 


XLIII. 

FERNANDO   DE  VALDÈS,   ARCHEVÊQUE   DE  SÉYILLE, 

A  L*EMPEREUR. 

Réponse  k  la  lettre  de  l'Empereur.  —  Il  lui  expose  toutes  les  dépenses  qa'il  s 
faites,  depuis  qu'il  a  été  pourvu  du  siège  archiépiscopal  de  ScviUe,etmêDie 
avant  :  en  bâtisses ,  dotations  de  eoUéges  à  Salamanque  et  à  Oviedo ,  dots  de 
filles  pauvres ,  distributions  de  pain  aux  indigents ,  constructbns  d'églises 
dans  les  Asturies  cl  ailleurs,  pensions  ,  subsides  et  aumônes,  etc.  —  Il préteod 
qu'il  n'a  jamais  eu  ensemble  40,000  ducats.  —  11  répèle  ce  qu'il  a  dit  à  la 
princesse  :  que,  si  l'on  ne  veut  pas  le  croire,  on  nomme  les  contadoret  les  plos 
rigoureux  pour  examiner  ses  livres;  il  le  demande  même  comme  une  grâce.— 
11  a,  du  reste,  envoyé  à  Séville,  pour  savoir  ce  qu'il  pourra  offrir:  mais  ce 
ne  sera  jamais  à  beaucoup  près  autant  qu'on  lui  a  demandé.  —  11  espère  qoe 
la  démonstration  dont  l'Empereur  a  parlé,  consistera  à  le  déclarer  très-fidèle  et 
très-zélé  serviteur  de  S.  M.  et  du  roi. 

San  Martin  de  la  Fnente,  23  mai  1557. 


S.  C.  C.  M^"' ,  por  una  carta  que  Vuestra  Magestad  me  mandô 
escribir  de  i8  del  présente  (i),  he  entendido  que,  por  relacion 
que  à  Vuestra  Magestad  se  ha  dado,  no  esta  satisfecho  de  lo  que 
respondl  à  la  serenisima  princesa  y  al  condc  de  Melito,  en  lo 
que  Su  Âlteza  me  dijo  que  socorriese  con  cierta  cuantidad  à  la 
Magestad  Real.  Y  si  Vuestra  Magestad  fuera  informado  de  que, 
ântes  que  me  Iiiciese  merced  de  la  îglesia  de  Sevilla,  sienipre 
andube  alcanzado  con  el  gasto  ordinario,  y  con  pensiones  y  otros 
gastos  que  me  obligaban  los  oficios  en  que  he  servido  à  Vuestra 
Magestad,  y  en  los  que  mi  bâbito  me  obligaba,  y  que,  después 
que  fui  promovido  n  Sevilla,  he  gaslado  en  edificios  de  las  casas 


(1)  Voy.  la  loKpe  qui  précède. 


y^v  * 


-j-?^m 


(  189  ) 
y  fortalezas  de  la  arzobispalia ,  y  en  comprar  renta  para  dotacion 
y  edificio  de  los  colegios  que  hago  en  Salamanca  y  en  Oviedo ,  y 
para  casar  c^da  ano  doncellas  pobres,  y  limosna  de  pan  para 
pobres  cada  ano,  y  en  nna  iglesia  que  he  heclio  ediBcar  en  Âstu- 
rias,  con  siete  capellanes,  dolados  perpetuamente,  con  obligacion 
y  menioria  particular  que  en  sus  sacrificios  y  oraciones  rueguen 
à  Dios  por  Vuestra  Magestad  y  por  la  Emperatriz  nuestra  senora, 
que  esté  en  gloria,  y  en  edificios  de  otras  iglesias  y  casas  que  he 
hecho  y  bago,  demàs  del  gasto  ordinario  y  pensiones  y  subsidios 
y  limosnas,  que  aunque  no  hago  esto  tan  cumplidamente  como 
séria  razon,  no  me  descuido  de  ello  en  Sevilla  y  en  otras  partes,  y 
que  CDD  todo  esto  se  juntan  las  malas  pagas  y  cobranza  de  Sevilla, 
CDD  haber  sucedido  los  anos  necesitados,  tengo  â  Vuestra  Ma- 
gestad por  tan  catélico,  y  se  que  siempre  me  ha  hecho  merced 
de  tenerme  por  criado  que  me  precio  de  tralar  verdad,  que  me 
creyera  lo  que  à  Su  Alteza  dige  cerca  de  esto ,  y  que  en  mi  vida  no 
me  habia  visto  con  cuarenta  mil  ducados  juntos,  aun  an  tes  que 
se  ofrecieran  estes  gastos,  como  es  verdad  :  y  en  esto  pienso  que 
he  camplido  la  obligacion  que  ténia  en  emplear  los  frutos  de  la 
iglesia ,  en  cuyos  son ,  y  para  esto  tengo  por  cierto  que  me  los 
dié  Vuestra  Magestad. 

Dige  tambien  à  Su  Âlteza  que,  si  esto  no  se  me  creia,  nombrase 
los  mas  rigurosos  contadores  que  se  pudiesen  haber,  para  que 
TÎesen  mis  libres,  y  averiguasen  si  lo  que  digo  es  verdad  ;  y  esto 
miamo  suplico  à  Vuestra  Magestad ,  para  que  yo  no  pierda  el 
crédite  de  ser  de  los  mas  leales  y  celosos  criados  que  Vuestra 
Magestad  tiene,  y  mas  aficionados  â  su  servicio  :  que  esel  prin- 
cipal caudal  de  que  en  este  mundo  mas  me  precio.  Y  después 
que  Su  Âlteza  me  hablé,  envié  à  Sevilla  à  averiguar  cuentas  con 
qaien  tiene  cargo  de  mi  hacienda ,  y  esta  entendiendo  en  ellas, 
para  que,  sabido  lo  que  podré  ofrescer,  me  déclare.  Y  cotno  de 
lodo  lo  que  he  comprado  para  las  obras  pias  tengo  hecba  dona- 
cioD ,  tambien  bago  diligencias  como  podré  disponer  de  ello, 
para  hacer  dinero  para  este  efecto,  pues,  con  lo  que  Su  Magestad 
Real  proveyerc,  se  podràn  recompeusar  las  obras  pias  en  lo  que 


(190) 

se  mndare  de  lo  que  les  esta  hecba  donacion^  Mas  lo  ano  y  lo 
otro  creo  do  podrà  ser  tanta  cuaniidad  como  yo  qaisiera,  y  no 
podrâ  dejar  de  ser  muy  menos  de  la  que  se  piiso  en  plàùca, 
cuando  en  ello  me  hablô  Su  Alteza,  présente  el  conde  de  Melito, 
sin  saber  nii  poca  posibilidad;  y  la  que  fuere  sera  para  servir  à 
Vueatra  Magestad  y  à  la  Magestad  Real,  como  lo  debo;  y  en  ello 
pongo  toda  la  diligencia  posible.  Y  cuando  con  todo  esto  no 
fuere  creido  como  crisûano  y  como  prelado,  la  demosiracion  que 
en  esto  se  hobiere  de  hacer  espero  sera  para  declararme  por  muy 
fiel  criado  de  Vuestra  Magestad  y  de  la  Magestad  Real ,  y  moy 
celoso  à  su  servicio ,  como  lo  he  sîdo  en  servir,  las  veees  que  se 
ban  ofrescido  semejantes  necesidades,  con  mas  de  lo  qne  podia. 
La  impérial  persoua  de  Vuestra  Magestad  guarde  Nuestro  Seôor 
con  la  salud  y  prosperidad  que  los  criados  de  Vuestra  Magestad 
deseamos. 
En  San  Martin,  25  de  mayo  1357. 


De  Vuestra  S.  C.  C.  M^  servidor  é  capeUan,  que  sus  ma- 
Dos  basa, 

F.  HlS^ALSlfSlS. 


(  191  ) 


XLIV. 


UERNAKDO  de  OCHOA  (1)  A  L  EMPEREUR. 

RaUlion  détaîlice  de  oe  qui  »*vA  pané  antre  lui  et  rerchevéqae  do  Séville,  tortqu'il 
a  remis  à  ce  préUl  la  lettre  de  l'Empereur.  —  Protestations  de  pauvreté  et  de 
Teracité  de  l'archeTeque.  —  Réponse  de  Ochoa ,  qui  l'engage  fortement  à  don- 
ner les  150,000  ducats  qu'on  lui  a  demandés. — Déclaration  de  l'archevêque, 
fidte  dermt  vn  saint  sacrement,  qoe  les  diables  l'emportassent,  si  jamais  il  avait 
eu  100,000,  80^000 ,  00,000,  ni  même  30,000  ducats  ensemble.  —  Réplique  de 
Ochoa ,  qui  lui  fait  le  compte  de  tout  ce  qu'il  a  touché,  depuis  dix  ans  qu'il  est 
archevêque  de  Séville,  à  raison  de  60,000  ducats  par  an,  et  qui  lui  prouve, 
ea  admettant  même  les  dépenses  indiquées  par  lui ,  qu'il  lui  reste  au  moins 
150,000  dueats.  —  Répétition  de  jurements  par  rarcbevoque ,  et  observations 
sur  la  violence  qu'on  faisait  ainsi  aux  prélats.  —  Nouvelle  réplique  de  Ochoa , 
qui  lui  fait  remarquer  que  le  sacrifice  ne  sera  pas  grand ,  puisqu'il  ne  s'agit 
que  d'on  prêt ,  et  lui  propose ,  comme  un  expédient  qui  lui  procurera  de  suite 
100,000  ducalsy  d'afferatr  pour  deux  ans  les  rerenos  de  son  aitlwféehé. 

VaIladolîd,3aiiiail557. 


&C»C.  M**\  é  mi  me  mandôla  serenisima  prioceoa  que  fuese 
eoD  nna  carta  de  Vuestra  Magestad  y  otra  suja  al  arzobispo  de 
Senlla»  à  un  lugar  catorce  léguas  de  aqui,  donde  eatà ,  y  que  le 
dièse  las  dichas  cartas,  y  que  le  digese  como  Su  Âlteza  me  habia 
mandado  ir  â  Uevar  las  dichas  cartas,  y  que  me  dièse  la  res- 
pueala  de  ellas,  y  que  no  le  tratase  de  otra  cosa,  si  él  no  me 
YÎniese  à  Iratar  de  la  materia  que  Vuestm  M^jestad  le  escribié. 


(1)  H  était  Ton  des  contadores  qvà  servaient  en  la  trésorerie  de  CasUlIe. 

Aa  moment  où  rarcberéqae  hii  faiiatt  tous  les  serments  qa*il  rapporte 
dans  cette  lettre,  pour  le  convaincre  qn^il  n^avait  pas  dVgent,  six  charjçes 
d*espèoe8  monnayées,  venant  de  Séville,  entraient  à  Yalladolid  pour  ce  prélat. 
(Lettre de  Ruy  Gomez  à  TEmpereur ,  du  38  mai  1557.) 


/ 


.A 


1 


(  192  ) 

Y  cumpliendo  lo  que  se  me  mandé,  lo  hice  ansi.  Y  después  deha- 
ber  leido  las  cartas,  me  dijo  :  «  ]Qué  buenas  cartas  me  Irais!  »  Yo 
le  respondi  :  «  Senor,  no  se  porqne  lo  dice  Vnestra  Senoria, 
»  porque  no  se  lo  que  escriben  à  Vuestra  Senoria.  »  Entdnoes 
me  dijô  :  «  No  me  qaieren  créer  lo  qne  les  he  dicho  asi  à  So 
»  Âlteza  corao  al  conde  de  Melito  y  otros,  de  que  no  tengo 
B  dineros,  y  que  pues  no  me  creen  como  à  crisliano  y  per- 
»  lado,  »  que  le  nombrasen  para  esto  un  contador  el  mas  rego- 
roso  que  hubiese,  y  que  él  entregaria  suslibros  de  loque  le 
habia  valide  el  arzobispado,  y  habia  gastado  y  comprado  para 
dotaciones  y  dado  de  limosnas,  y  que  la  dicha  cuenta  le  tomasen 
como  à  un  arrendador,  y  que  verian  que  él  decia  verdad. 

Y  como  él  me  salie  à  la  materia,  yo  le  dige  :  c  Senor,  como  vues- 
»  tro  servidor,  quieros  decir  lo  que  publicamente  se  dice  en  toda 
»  la  corte  :  que,  habiendos  pedido  la  princesa,  présente  el  conde 
»  de  Melilo,  de  parte  del  rey  nuestro  senor,  ciento  y  ctncuenta 
»  mil  ducados  para  las  necesidades  présentes ,  representandos  el 
»  servicio  que  en  ello  hariades,  por  la  en  qne  eslaba,  y  que 
»  Vnestra  Senoria  respondistes  que  Tiérades  lo  qne  podrlades 
y  hacer,  y  que  en  todo  lo  que  pudiésedes  serviriades»  y  que 
»  à  cabo  de  dos  meses  que  andubiéron  tras  vos,  nunca  pudiéron 
»  sacaros  nada,  ni  os  quisisteis  resolveros  en  lo  que  darfa!S,y 
»  que  estando  esperandola  respuesta  de  loque  hariades,  salisles 
B  de  la  corte,  con  pensar  que  el  négocie  con  esto  qnedaria 
»  olvidado  b  ,  y  visto  esto,  Su  Âlteza  fué  servida  de  dar  cuenta 
à  Vuestra  Magestad  de  lo  que  en  esto  habia ,  y  que  entendido 
esto,  le  escribia  Vuestra  Magestad  aquella  carta,  y  que  él  ténia 
mucha  culpa  de  esto,  por  no  haberrespondido  à  Su  Alteza  loqne 
podia  bacer  ;  que  yo  le  suplicaba ,  como  su  servidor,  se  reaol- 
viese  en  dar  à  Vuestra  Magestad  y  al  rey  nuestro  senor  los  ciento 
y  cincucnta  mil  ducados  que  le  pedian,  pues  ya  que  no  los 
tuviese  todos,  los  podria  baber,  para  darlos,  con  hartas  Gomodi- 
dades.  Y  respondiômc  siempre  que  no  los  ténia. 

Dijome,  delante  de  un  sacramento,  que  los  diables  le  Ilevasen, 
si  nunca  tuvo  cicn  mil,  ni  ocbenta  mil,  ni  sesenta  mil,  ni 


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(193) 

treinU  mil  dncados  jantos,  porqae  siempre  habia  gaatado  mucho 
y  hecho  limosnas,  y  comprado  en  ciento  cincuenta  mil  ducados 
para  doUciones  y  otras  cosas,  y  que  esto  era  ansi.  Yo  le  respondi 
à  esto  :  «  Seôor,  no  basta  que  vos  digais  esto  para  que  os 
»  crean ,  porqne  saben  que  ha  diez  anos  y  mas  que  sois  arzo- 
»  biapo  de  Sevilla,  y  que,  después  que  le  tenets,  el  ano  que 
»  mènes  ba  valido  ynestro  arzobispado  ban  sido  setenta  mil 
»  ducados  arriba.  «  Y  él  me  respondiô  que  era  verdad  que  el 
arzobispado  le  babia  valido  sesenla  mil  ducados  cada  un  ano. 
Y.à  esto  le  dige  :  «  Pues  si  ansi  es ,  en  diez  anos  son  seiscientos 
»  mil  ducados,  pues  no  teneis  tanta  costa  que  no  es  notorio 
»  lo  que  gastais;  que  â  gastar  diez  mil  ducados  en  vuestra  des* 
»  pensa  y  casa  cada  un  ano  es  barto ,  y  otros  diez  mil  que  deis 
>  de  limosnas  son  veinte  mil;  que  en  diez  aôos  son  doscientos 
»  rail  ducados,  y  ciento  cincuenta  mil  ducados  que  decis  babeis 
»  comprado  son  350,000  ducados  :  pues  yo  quiero  ecbaros, 
»  como  os  ecbo,  veinte  mil  ducados  para  gasto  y  limosna  cada 
»  on  ano;  otros  diez  mil  ducados  mas,  que  son  30,000,  que  es 
9  imposible  que  los  gasteis,  porque  nunca  distes  de  comer  en 
9  vuestra  casa  à  nadie,  ni  babeis  becbo  plato,  como  otros  per- 
»  lados  y  caballeros;  y  esto  es  notorio,  y  lo  sabe  toda  la  corte. 
»  Pues,  siendo  todo  esto  ansi,  son,  con  las  compras  y  gastos, 
»  ecbàndoos  los  diez  mil  ducados  sobrados  cada  un  ano,  con  mas 
»  los  ciento  cincuenta  mil  ducados  de  las  compras,  450,000  du- 
»  cados  :  pues  i  que  son  de  los  ciento  cincuenta  mil  ducados 
»  restantes  para  cumplir  los  600,000  ducados?  » 

A  esto  se  me  embarazô,  y  todavia  me  volviô  â  bacer  grandes 
juramentos  en  que  no  ténia  dineros,  y  que  no  era  bien  apretar 
h  los  perlados  de  aquella  manera ,  ni  era  buen  titulo  el  dinero 
qoe  de  esto  se  sacase  para  la  guerra,  y  como  podrà  Dios  ayudar 
al  rey,  y  que  dirian  en  la  cristiandad  sobre  esto.  A  esto  le  res- 
pondi :  «  Senor,  el  rey  no  os  pide  este  dinero  que  le  deis  dado, 
9  sino  que  se  lo  presteis ,  à  compreis  de  lo  que  le  diéredes  à 
9  voestra  voluntad  lo  que  quisiéredes,  como  lo  comprais  de 
9  olro  para  vuestras  dotaciones,  6  para  lo  que  quisiéredes,  y 
Tons  II.  i3 


« 


^t* 


(  i94  \ 

^  esta  4e  ta\  maoer»»  que  e8tei$  «iny  segur^»  y  av^ntajiiidiNN 
9  eQ  las  coropras;  y  pues  yeis  la  neeesidad  ea  qiiecsU,  poœ 
9k  aervicio  le  kaceis  ei^  dàrselo.  » 

El  me  respo^idid  que  él  teaia  y  iuvo  aiempre  «bligadon  ) 
volunta^  de  aervk  à  Vuestra  Mageetad  y  a)  rey,  y  que  de§ealtt 
pauerlo  por  obra,  como  la  haria.  A  esio  le  dige  ;  <  SMor, 
9  DÎDgttDO  os  créera  lo  que  decis,  porque ,  si  tuviésed^a  valnatad 
9  de  servir  y  darlo  à  enlender  al  r^y  y  a)  muudo,  habiades  de 
»  hacer  luucbas  demostraciones,  para  satisfacer  anal  de  la  toIub- 
9  tad  como  del  decir  que  no  teaiades  diueros,  porque,  querieai^ 
a  servir  cou  elles,  comodidades  terniades  para  coioplirios.,  » 
y  quQ  yoi  le  diria  una  que  ^  nU  me  psti;escia  de  que  podia  yalene 
4e  çie^  Qiil  di^cados.  :  q^e  era  arrendase  por  dos  aâoa  an  ariobis- 
pado,  y  le  dariai^  luego  adelaatados,  al  meaoveie,  eien  nil  du- 
cados,  y  que,  cqb  estos  y  con  les  que  él  leoia  recogidos,  padia 
cump^r  c9ijQ  Vuesjtra  Ms^estad  y  co;i  el  rey  |o  que  le  pidUa,  J 
que  à  eato  up  ieaia  escu^sa,  y  que  me  prescia  que,  para  egecuur 
ç^tQ,  y  para  vol  ver  pur  su  boura^  le  conveoia  voJiver  luego  ^  1^ 
Qotrte,  parque  si  ou  bacia  este,  podria  ser  que  Vues(rai  HageM^d 
Uiaudase  provçer  sobre  ello.  Nuesjtro  Senur  la  impérial  pa^iena 
(lie  Vuesiira^  Ma^^estad  guarde  y  prqapere. 

De  YaUadali4  >.  a  ^  4^  mavo.  i  bSl  auos. 

t>a  VM^Ua  Mageataid  luuy  huvûlAe  çriad^o.»  qjm  «ufi  impenaks 
pi^j  ipaQQs^m, 

Hebnanoo  Oghoa. 


i 


(195) 


XLV. 


l'bHFBRSOR  a  L*ARCH8VâQUB  DE  8ÉViLLB  (1). 


il  a  VQ  let  raiiMf  aHégiMM  dans  m  leCtM  do  13  mm  :  il  s'attondanl  à  m»  aiiUe 
réponse  »  el  »e  flatte  encore  que  l'archevêque  s'efEoreera  de  servir  le  roi ,  eomMe 
Q  en  a  le  moyen ,  d'autant  plus  qu'il  ne  risque  rien  en  cela.  —  Il  préviendra 
ainsi  qu*on  n'aie  d'autre  démonstration  à  son  égard. 


Tii8te,îjuint5S7. 


El  Ëmpsradob. 

Hoy  reverendo  in  Cristo  padre,  «Robispo  de  Sevilla,  inquisidor 
gênerai  en  les  reynos  del  serentsimo  rey  nri  Vqo  cootra  la  herëtica 
pravedad  y  apostasf a ,  y  del  ntiestro  conaejo  *  la  carta  <iae'  nos 
eacriUsteis  à  Teinte  y  très  del  pasado  habemos  recibtdo,  y  vieto 
partieulaniente  todo  le  que  por  efta  decis  sobre  ef  empréstido  qne 
la  serenisima  princesa  mi  brja  os  pidM  de  parte  de)  rey ,  en  pre- 
sencia  del  conde  de  M elito ,  y  \o  qite  le  respondisteis  para  jnsti- 
ficacion  de  la  imposibilidad  en  que  os  hallais,  y  las  diligencias 
qne  habeis  hecbo  y  haceis  para  procurar  de  le  servir  con  la 


(1)  L*Empereur,  en  envoyant  cette  lettre  à  la  princesse ,  pour  la  faire  tenir 
à  rarchevéque,  lui  écrivait  qae,  si  ce  prélat  persistait  dans  son  refus,  il  serait 
lûen  d^exécuter  à  son  égard  les  ordre» du  roi,  mais  qu^auparavant,  il  con- 
viendrait d^employer  quelque  démonstration  plus  modérée ,  pour  la  décence 
de  Faffaire  :  •  Y  cuando,  con  lodo  esto,  no  viniese  en  hacer  lo  que  se  le  pide 
»  jr  es  ra^on,  sera  bien  que  se  ejecute  lo  que  el  rey  manda;  pero  todavia 
•  convendrâ  que  ântes,  y  primero,  se  use  con  él  de  alguna  demoslracion 
»  mas  moderada,  para  que,  si  ser  pudiese,  se  escusase  lo  demâs,  por  lo 
»  que  toca  la  decenda  del  negocio.  *  Je  ne  vois  pas,  dans  les  pièces  qu*on  m*a 
envoyées,  en  quoi  consistaient  les  ordres  du  roi. 


^ 


(  196) 
mayor  suma  que  pudiéredes,  pero  que  no  podràser  sinomo; 
menos  de  la  que  se  os  ha  pedido.  Y  como  quiera  que  quisiéramos 
que,  en  cosa  tan  justa  y  que  con  tauta  instancia  se  os  ha  pedido, 
é  importa  tanto  al  servicio  y  reputaeion  del  rey,  y  habiéndoos 
yo  escrito  sobre  ello,  hobiérades  mostrado  con  obras  el  deseo 
que  teneis  de  servir  a  mi  y  à  él ,  sin  las  razones  y  escusas  qoe 
apuntais,  las  cuales  nnnca  ereyéramos  de  vos,  siendo  la  persona 
que  sois  y  tan  antiguo  criado  nuestro,  pues  se  tiene  enteudido 
que,  segun  el  tiempo  que  ha  que  gozais  de  esa  dignidad ,  y  ios 
otros  gastos  que  decis,  lo  podiades  muy  bien  hacer,  sin  usardel 
espediente  que  el  contador  Hemando  Ochoa  os  dijo,  cnando  por 
mandado  de  la  princesa  os  llevô  mi  carta,  cuanto  mas  usaado 
dél  y  de  Ios  otros  que  vos  hallariades,  queriendo,  y  prevaliéndoos 
de  las  seis  cargas  de  moneda  que  me  escriben  os  han  Uegado  â 
Valladolid,  todavia  habemos  querido  rogaros  y  encargaros  mu- 
cho  de  nuevo  que  os  esforceis  y  trabajeis  de  servir  al  rey  eo  esU 
necesidad  tan  urgente,  pues  no  habeis  de  aventurar  nada  :  qae 
en  ello,  y  en  que  b  hagais  con  mucha  brevedad,  que  es  io  que  mas 
importa,  me  haréîs  mucho  placer  y  servicio ,  de  manera  que  no 
sea  menester  usar  de  otra  demostracion,  pues  sin  ella  espero 

que  haréis  lo  que  es  razon  y  confiamos 

De  Yuste,  à  2  de  junio  de  1557. 

Carlos. 


J 


(m) 


XLVI. 

L*E1IPEREUR  A  JUAN  VAZQUEZ. 

NouTeHes  envoyéM  par  Vasques.  —  Flotte  de  D.  Luis  de  Carrajal.  —  Flotte  des 
laiaes.  —  Poursuites  contre  les  officiers  de  la  maison  de  contraetacîon  de  Séville 
et  autres. 

Yuâte,2jmDl557. 


El  Emperador. 

Juan  Vaxqaez  de  Holina,  mi  secretario  y  del  mi  coDsejo,  vi 
Yuestra  caria  de  28  del  pasado;  y  por  la  que  escribiste  à  Gaztelù 
con  el  correo  que  fué  à  Portugal ,  entendi  lo  que  habia  de  nuevo  ; 
y  he  holgado  de  saber,  por  el  que  llegô  por  tierra  con  el  dupli- 
cado,  que  el  rey  quedaba  con  salud,  aunque  me  ba  desplacido 
de  que  la  armada  del  cargo  de  D.  Luis  de  Carrajal  hobiese  vuelto 
à  la  Coruna  (i),  por  la  falta  que  habrà  hecho  el  dinero  que  en  ella 
iba.  Esperoque,  pues  el  tiempo  comenzaba  à  abonar,  sera  partida, 
y  dârseha  priesa  à  la  flola  de  las  lanas  (2),  en  que  ha  de  ir  la 
gente  y  dinero,  pues  veis  la  instancia  que  el  rey  bace  y  lo  que 
importa  â  su  reputacion  y  servicio,  ayiséndonos  de  lo  que  en  lo 
ODO  y  en  lo  otro  entendiéredes,  y  tambien  de  lo  de  Italia ,  y  de 
laa  galeras  del  cargo  de  D.  Juan  de  Mendoza. 


(1)  Cette  flotte  araît  mis  à  la  voile  de  Laredo,  le  10  avril;  mais  les  vents 
contraires  la  forcèrent  d^entrer  à  la  Corogne.  Elle  appareilla  de  ce  port  le  31  mai 
pour  les  Pays-Bas.  (Lettres  de  Yazquez  à  TEmpereur,  des  28  mai  et  38  juin.) 

(3)  Yazquez  écrivait  à  TEmpereur,  le  12  juin,  que  la  flotte  des  laines  était 
prête  à  mettre  à  la  voile,  et  que  Ip  duc  de  Sesa  venait  de  partir  par  la  poste, 
pour  9!*y  embarquer. 


(198) 

Por  las  copias  que  habeis  enviado,  he  TÎsto  la  comision  qoede 
Duevo  se  diô  al  alcalde  Xarava ,  y  lo  que  se  le  ordeua  en  lo  que 
toca  à  los  colpados.  lo  cual  dos  ha  parecido  bien,  y  las  conside- 
raciones  que  se  tuviéron  en  lo  de  los  maestres,  pilotos  y  merca- 
deres,  por  las  causas  que  apuntais  :  en  que  no  bay  que  decir,  sino 
que  acordeis  siempre  à  la  princesa  que  mande  que  en  este  aego- 
cio  no  se  pierda  punto  de  tiempo  hasU  Ter  el  fin  dél ,  y  que  seau 
castigados  con  demoslracion  los  que  tuvieren  colpa  (1) 

De  Yuste,  â  2  de  junio  4557. 

Carlos. 


(1)  Il  avait  été  question  de  faire  poursuivre  les  maîtres  et  pilotes  des  na- 
vires ,  ainsi  que  les  marchands  auxquels  avait  été  délivré'  Targent  :  mab  oo 
considéra  que  les  premiers,  aussitôt  qu*ils  auraient  vent  des  poursuites, 
iraient  servir  le  roi  de  France,  et ,  quant  aux  autres,  que  ce  qu^on  leur  avait 
pris  cette  fois,  et  précédemment ,  leur  avait  eausé  asseï  de  pertes.  (Lettre de 
Yaïquez  à  TEmpereur,  du  98  mai  1557.) 

On  envoya  de  Valladolid,  pour  remplacer  les  officiers  de  la  maison  dt 
contractacion  qui  avaient  été  pris,  Antonio  de  Eguino  et  Saincbo  ^  F^* 
(Lettre  de  Yazquez  à  TEmpereur,  du  12  juin.) 


r 


(  <99  ) 


XLVIL 

tTARCHByÉQVft  DB  SÉYtLLfi  A  L*ÈttPBRBtJA  (1). 

BAfrinm  à  la  foltn  du  9.  -^  Il  est  peiné  de  voir  qu'on  mette  ëh  dmité  s«  fi<i61itê  él 
MTémcité,  alon  qu'il  »*est  appliqué,  avec  tout  le  sèle  et  la  promptitude  pos- 
sible y  à  rechercher  les  moyens  de  secourir  le  roi.  —  Il  regrette  qu'on  n'ait  pas, 
coinihè  il  te  demandait,  chargé  lé  e&ntadàr  le  plus  rigoureux  d'examiner  ses 
livres  ûe  reeèttèt  bt  dé  dépenses.  —  Explication  Sur  les  six  bhat-gés  de  mdhhaië 
arrtvéM  à  Valladolid*  —  Protestations  de  dérouement. 


Swà  Martin  de  la  Fuente,  15  juin  1S57. 


S.  C.  C  M^^  por  la  carta  que  Vuestra  Hagestad  me  mandé  edcri* 
bir  à  los  dos  de  este  junio ,  y  por  las  que  ântca  jo  habia  tambien 
recibîdo  de  Vueatra  Magestad  y  de  la  serenisîma  princesai  leoge 
entendido  que  los  que  à  Vuestra  Mageslad  y  à  Su  Alteza  han 
informado  de  mis  grandes  tesorosi  han  trahido  el  negocio  àtérmi- 
no8  que  ya  se  entîende  que  no  tratan  de  lo  con  que  yo  podré 
soeorrer  en  el  servicio  de  Su  Magestad  Real,  sino  diminuir  y 
eseurescer  el  crédite  y  verdad  que  yo  he  siempre  procurado  de 
adquirir  y  conserrar  toda  mi  vida  con  Dios,  y  con  Vuestra  Ma* 
gestad,  y  con  todo  el  mundo,  con  muy  grandes  trabajos  y  desye- 
lamientos  y  cuidados  en  servicio  de  Vuestra  Magestad,  pues  le 


(1)  L'Empereur  envoya  copie  de  cette  lettre,  le  15  juillet,  à  Juan  Vaxque^, 
en  lui  disant  :  «  No  sabria  mas  que  decir  en  aquello,  sino  que,  siendo  bien 

•  que  se  egecute  lo  que  el  rey  mi  hijo  liene  maudado,  se  haga,  y  pares- 

•  cérmeya  que  dende  hiego  se  tome  lo  que  él  j  el  de  Zaragoza  dan,  y  se 
D  haga  tnstancia  por  lo  demàs  que  se  les  ha  pedido.  » 

Yazqoex  répondit  à  TEmpereur ,  le  19,  que  la  lettre  de  Tarcheyéque  se  Ter- 
rait en  conseil  des  finances,  et  que  jusqii*à  ce  moment  on  n^avait  rien  décidé 
sur  les  offres  de  ce  prélat  ni  de  rarcbevêque  de  Saragosse. 


i  -.1 


1 


(200) 

que  yo  ofreci ,  con  toda  la  buena  voluntad  y  verdàd  que  Dios  sabe, 
à  la  serenisima  princesa,  no  se  me  ba  tomado  ni  admitido.sino  por 
escnsaa  y  evasiones  voluntarias  :  mas  Dios,  que  es  testigo  de  todo, 
y  sabe  y  entiende  los  corazones  de  los  bombres,  sabe  que  loqw 
yo  dîge  y  ofreci  à  Su  Alteza  fué  con  toda  yerdad  y  fidelidad  ; 
limpieza  ;  y,  en  lo  que  fué  en  mi  mano»  lo  comencé  luego  à  poner 
por  obra,  baciendo  examinar  mis  cuentas,  y  procurando  coo  lotb 
diligencia  Hegarlas  al  cabo  con  los  oficiales  que  ban  tratado  mi 
bacienda ,  como  escriben  de  Sevilla  que  esta  ya  becho  y  eondaido; 
y  creo  sera  ya  llegada  la  resolucion  dello  à  Valladolid,  à  poder 
del  arcediano  de  Sigûensa ,  à  quien  yo  envié  de  aqui,  para  que  las 
viese  y  dièse  noticia  à  Su  Alteza  de  lo  que  resnllaba ,  y  de  lo  que  se 
podia  bacer  en  servicio  de  Su  Magestad,  como  creo  lo  babrà  ;a 
becbo ,  6  lo  barà  muy  presto.  Y  como  yo  be  becho  este  con  la  di- 
ligencia  posible,  hobiera  recibido  muy  grau  merced,  si  se  bobien 
becbo  lo  que  yo  pedi  y  supliqué,  que  era  que,  si  à  mis  palabras 
y  yerdad  no  se  daba  crédite ,  se  mandasen  ver  mis  libres  al  con- 
tador  mas  riguroso  quehubiese  en  la  corte.y  por  elles  pareseeria 
lo  que  babia  entrado  y  salido  de  las  rentas  de  mi  iglesia  y  los 
tesoros  que  yo  podia  tener ,  y  tambien  se  alcanzarà  à  saber  si  los 
anos  que  ba  que  Vuestra  Magestad  me  bizo  merced  del  anobis- 
pado,  be  sido  mal  despencero  de  los  bienes  que  son  de  la  iglesia 
y  de  los  pobres,  é  si  los  be  atesorado  con  abaricia,  6  gastadoen 
juegos  6  otros  uses  malos  6  deshonestos.  Y  pluguiese  à  Dios  qae  à 
los  mismos  informadores  de  mis  tesoros,  6  alguno  de  elles,  se  co* 
metieseesta  anatomia,  porque  los  mismos  que  me  ban  calumniado 
y  calumnian  fuesen  pregoneros  de  mi  verdad,  y  tambien  enten- 
derian  los  que  Vuestra  Magestad  dice  le  escribiéron  de  las  cargas 
de  dineros  que  viniéron  à  Valladolid,  que  fuéron  basla  cientoy 
sesenta  mil  reaies,  que  se  pudiéron  baber  en  Sevilla  con  todas 
las  diligencias  del  mundo,  para  poder  cumplir  con  algo  lo  qae 
Su  Alteza  me  habia  mandado;  y  tambien  se  bobieran  desenganâdo 
los  espias  de  como,  para  cuenta  de  los  cienlo  y  sesenta  nàil  reaies, 
ban  salido  de  mi  oâmara  de  poco  mas  de  un  ano  acà ,  solo  en 
compras  y  edificios  y  limosnas,  mas  de  Irescientos  mil  reaies,  sia 


] 


(  901  ) 
1m  gaMos  de  mi  casa  y  paga  de  penùeneg  y  salarios  de  oficiales 
del  anobispado  y  otras  cosaa;  y  visto  todo  este,  se  veria  el 
peqoeôo  portillo  que  te  puede  tapar,  en  las  necesidades  que  ocur- 
ren ,  con  el  socorro  de  mi  hacienda  :  de  lo  cual  â  mi  me  pesa 
mocho;  que  si ,  con  lo  que  yo  deseo  servir,  se  pudiera  ello  cum- 
plîr,  Dios  sabe  que  Su  Magestad  no  estubiera  en  necesidad.  A  su 
infinita  bondad  plega  de  proveerlo  y  remediarlo  todo  como  lo 
poede  é  yo  lo  deseo  ;  y  ponga  en  corazon  à  Vueetra  Magestad 
me  créa  la  verdad  que  digo,  y  me  lome  en  coenla  mi  buena 
▼olontad  ;  y  prospère  siempre  la  impérial  persona  de  Vuestra 
Magestad  con  la  salud  y  prosperidad  que  desea , 
En  San  Martin  de  la  Fuenle,  15de  junio  iK57, 

D.  V«  S.  C.  G.  M^  hechura  é  criado  humilde,  que  sus  impe^ 
rialesroanos  besa, 

F.  HiSPALENSIS. 


(903) 


XLVin. 


RUY  GOMEZ  DE  SILTA  A  L*EMPERBUB. 


La  lettre  à  rircbevcque  de  Séville  lui  a  été  envoyée  par  son  frère,  qui  a  pmms 
de  s'employer  à  le  persuader.  -  Auy  Gomex  compte  retourner  aux  I^ayi-Bas 
à  la  fin  de  juin ,  ou  au  eomtnenel$inent  de  Juillet  :  arant  de  s*ettibarquer,  il 
informera  l'Empereur  de  tout  ce  qu'il  aura  fait.  —  Départ  de  D.  Intimio  et 
Velasco ,  avec  de  l'argent  et  des  troupes.  —  Selon  le  désir  de  l'Empereur,  Kny 
Gomex  emmènera  les  pages  dé  la  reine  Marie ,  et  les  offrira  au  roi.  —  Prêt  de 
100,000  ducats  par  Tévéque  de  Cordoué. 

Valladolid,  16  juin  1557. 

S.  C.  C.  M^*^, al  arçobispo  de  Sevilla  parescié  que  se  le  en- 

viase  la  caila  de  Vuestra  Magestad  con  un  su  bermano(i)  qne 
estaba  aqui ,  y  que  él  le  persuadiese,  conio  hermano,  à  semr  al 
rey,  y  que  le  dièse  à  entender  que,  si  no  lo  hacia,  habia  Sn  Ma- 
gestad de  sentirlo  mucbo;  y  ofreciôse  à  tratarlo  muy  bien  j 
como  al  servicio  de  Su  Magestad  conviene.  Es  ya  partido,y  en 
viniendo  avisaré  à  Vuestra  Magestad  de  lo  que  habrà  hecho;  y, 
si  DO  fuere  como  es  razon ,  entônces  se  us%rà  de  lo  que  el  rey 
manda ,  pues ,  babiéndole  persuadido  tanto  à  lo  que  cumple  al 
servicio  de  Su  Magestad,  no  lo  babrà  querido  hacer. 

Lo  que  mas  ilie  queda  que  hacer  tengo  en  buenos  términos,  y 
pienso  acabarlo  muy  presto,  y  poderme  partir  de  aqui  al  fin  de 
este  mes,  û  â  los  ocbo  del  que  viene.  Àntes  que  sea,  avisaré  & 
Vuestra  Magestad  muy  particularmente  de  todo  lo  que  Uevaré 
hecho ,  y  de  lo  que  mas  habrà  que  avisar  à  Vuestra  Magestad. 


(1)  Le  licencié  Salas,  auditeur  de  la  chancellerie  de  Valladolid.  L^arche- 
vêque  se  montra  disposé  à  prêter 50^000  ducats.  (Lettres  de  Vazquez  à  rSiiH 
pereur,  des  12  et  28  juin.) 

Voy.  la  note  1,  à  la  page  199. 


(905) 

D.  Antonio  de  Velaseo  se  hizo  à  la  vêla  â  los  diez  deste  : 
liera  la  gente  y  dinero  que  dije  à  Vuestra  Magestad  que  habia 
de  llevar.  Escriben  que  le  bacia  muy  buen  tiempo;  y  si  le  ba 
durado ,  ya  eatarà  en  yista  de  Yngalaterra.  Plegue  â  Dios  que  le 
haya  dado  muy  boena  navegacion. 

Gaztelû  me  escribe  que  Vuestra  Magestad  manda  que  Ueve 
comigo  los  pajes  que  la  Magestad  de  la  reyna  Maria  tiene,  y 
que  los  dé  al  rey»  de  parte  de  Vuestra  Magestad.  Yo  lo  haré  asi 
oomo  Vuestra  Magestad  me  lo  manda ,  cuya  ymperial  persona 
Nuestro  Senor  guarde  como  la  cristiandad  ha  menester. 

De  Valladolid, i  46  de  junio  1557. 

Después  de  escrita  esta,  bablé  con  el  obispo  de  Cordoba,  y 
hàme  dicho  que  darà  luego  eien  mil  ducados  de  contado.ypara 
ello  se  ha  enviado  correo  para  que  luego  los  traigan,  y  aun  dice 
que  harà  diligencia  para  dar  mas  dinero  (1). 

Umilde  criado  de  Vuestra  Magestad, 

Ru  Y  GOMEZ  DE  SlLVAy 
Coude  de  Melito. 


(1)  Le  roi  avait  écrit  à  TarcbevAqtie  de  Saragoste,  pour  lui  demander  en 
prél  100,000  docati  :  ce  prébt  n*eii  donna  que  90,000. 


^ 


(  S04  ) 


XLIX. 


l'empereor  a  la  princesse  bona  jcaka. 


Arrivée  à  Yuste  de  D.  Juin  de  Mendoia  y  Bibeni  y  que  le  roi  a  nommé  sm 
ambassadeur  à  la  cour  de  Lisbonne.  —  Vu  U  mort  du  roi  de  Portugal,  ils 
retenu  D.  Juan ,  et  il  charge  la  princesse  de  faire  osaminer  y  par  k  comte  àf 
Melito  et  le  conseil  d*État ,  si  cet  ambassadeur  doit  se  servir  des  lettres  de 
créance  dont  il  est  porteur ,  ou  s*il  convient  que  la  princesse  en  écrive  d'antres. 
—  Les  mêmes  conseillers  auront  à  voir  si  D.  Saaeho  de  Gordeva  ne  pourrait  pas 
revenir ,  pour  exercer  sa  charge  de  veedor. 


Yaste,  94  juin  1957. 


Serenisima  princesa ,  mi  mvtj  cara  y  muy  amada  hija ,  D.  Joan 
de  Mendoza  y  Ribera ,  que  va  por  embajador  del  rey  nai  bijo  à 
residir  en  la  corte  de  Portagal,  ha  llegado  aqui  de  Toledo(l), 
con  fin  de  prosegiiir  con  mi  licencia  su  viaje;  y  habiéndome 
hablado,  entre  otras  cosas  me  ba  dicbo  que  trae  carias  de  mi 
bijo  para  la  reyna  y  el  rey  de  Portugal  sobre  ello,  pidiéndoine 
que ,  pues  él  es  muerto ,  viese  de  la  manera  que  babia  de  ostr 
délias.  Y  por  ser  esto  de  la  calidad  que  es,  y  no  ofrecene  ai 
présente  négocies  de  tanta  importancia  que  tratar,  y  ballarse 


(1)  Il  arriva  le  99  juin  à  Jaraadilla  :  le  lendemain,  TEmpereur  lui  donoa 
audience.  «  Je  trouvai ,  écrivit-il  à  Vazquez  le  94,  TEmpereur  teUeœefil 
»  mieux,  que  j*en  suis  étonné.  »  (  Jyer  vi  cU  Emperador,  y  tanto mtj^ 
que  estoy  espaniado.) 

D.  Juan  de  Mendoza ,  au  moment  où  il  allait  quitter  Jarandilla ,  pour  se 
rendre  à  son  poste ,  tomba  malade.  (  Lettre  de  l'Empereur  à  Vazquez ,  <lu 
15  juillet.) 

II  ne  put  se  mettre  en  route  que  le  24  août.  (Voy.,  ci-après,  la  lettre  de 
Gazteiiî  à  Vazquez,  de  cette  date.) 


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1  .i 


(ao$  ) 

alià  D.  Sancho  y  D.  Joan  de  Hartado  de  Mendoza ,  aunque  nin- 
gttno  delios  réside  con  érden  del  rey,  me  ha  parecido  reiui- 
liroslo,  para  que  mandais  que  laego  se  comunique  con  el  conde 
de  Melito  y  los  del  consejo  de  Estado,  y  se  vea  si ,  por  ser  muerto 
el  rey,  sera  bien  que  use  de  las  dichas  carias,  6  que  vos  escri- 
vais  otras  sobre  la  ida  del  dicho  D.  Joan  à  residir  en  aquella 
corte,  6  lo  que  sobre  ello  parece  se  deve  hacer,  para  que,  visto,  se 
provea  en  ello  lo  que  conviniere  :  y  conforme  à  aquello,  se  harâ 
Inego  el  despacho,  y  embiàrseha  aqui,  para  que  se  dé  al  dicho 
D.  Joan,  que  por  mi  ôrden  queda  aguardàndole  en  Jarandilla, 
y  si,  yéndose  él,  y  dilatàndose  la  venida  de  la  infanta ,  se  podria 
venir  D.  Sancho  de  Cordova  à  servir  su  oficio  de  veedor. 
De  Tuste ,  à  â4  de  junio  de  i  557. 

Y,  demâs  de  lo  sobredicho,  miràrsea  si  el  dicho  D.  Joan  deve 
partir  lu^o  à  servir  en  el  dicho  cargo. 

Carlos. 


4 


^ 


(906) 


L. 


l'empereur  a  la  princesse  dona  joana. 


Arrivée  à  Yuste  de  D.  Failrique  Enriquex  de  Guzman  ,  que  la  prineeue  eDTojail 
en  Portugal.  —  L'Empereur  ne  veut  pai  qu'il  use  des  instruetions  et  des  leltrei 
d«  sa  fille,  et  kii  en  donne  d'autres.  <-  Bon  état  de  U  snnlé 4e  f Bnperenr.  - 
U  désire  ipie  Ruy  Gooes  revienne  à  Yuete,  au  moacnt  ^'il  aura  eifédiè 
Ezcurra.  —  P.  S,  autographe  :  plaie  au  petit  doigt. 


Ynste,  5  juillet  1557. 


Hija,  con  otro  que  deq[Kicharé  brevemeiUe,  respoBderéà 
vuestras  carias.  Esta  se  hace  solameote  para  decir  que,  habiendo 
Uegado  aqvi  D.  Fadrique  Ënriquez  (i),  y  oido  à  la  letra  la  in- 
stniccion  que  le  distes  de  lo  que  ha  de  hacer  en  Portugal,  le  dije 
y  ordenéque  en  ninguna  manera  me  parecia  que  tratase  deirue^ 
tra  parte  con  la  reyna  mi  herroana,  ni  con  los  demàs  para  quieo 
le  distes  cartas,  ni  usase  de  eilas,  en  lo  que  toca  à  lo  de  la  gobe^ 
nacion  de  aquel  reyno  durante  la  mener  edad  del  rey  vuestro 
hijo,  ni  de  la  casa  que  se  le  ha  de  poner,  ni  criados  que  ha  de 
tener,  porque  este  podria  traer  en  este  principio  muchos  incon- 
Tenientes,  y  no  convemia.  Pero,  por  la  instruccion  que  lien 
mia ,  cuya  copia  se  os  envia ,  le  ordeno  en  este  caso  lo  que  debe 
hacer,  porque  para  lo  demàs  tiempo  habrà  al  adelante;  y  es 
bien,  en  estas  cosas  y  entre  hermanos,  ir  con  mucho  mira- 
miento,  por  todos  respectes;  y  mas  vos  siendo  hija;  y  porque 
tambien  lleva  ôrden  de  palabra  el  dicho  D.  Fabrique,  que  la 
carta  de  vuestra  mano ,  que  le  envié  Juan  Vazquez  con  un  correo 


(1)  Il  était  arrivé  le  8  à  Jarandilla. 


r 


(807) 

qae  Hegé  ayer»  para  la  reyaa  de  Portugal,  no  se  la  dé,  aino  aola- 
mente  la  dé  viaitaeion ,  porqae  podria  aer  que  toeàaedes  en  ella 
algo  de  lo  aobredicho,  y  no  aprovechase  nada;  y  siendo  asi,  sera 
bien  que  le  aviseis  de  lo  que,  conforme  à  esto ,  debe  hacer  de  las 
dichas  cartas ,  porque  esta  manana  partie  para  proseguir  su 
viage,  y  procurarà  de  llegar  àntes  alla  que  parta  D.  Gilianes  (i) 
para  acà. 

Yo  he  estadb  todos  estos  dias  y  quedo  en  buena  disposicion, 
gracias  à  Nuestro  Senor.  El  os  guarde  como  yo  deseo. 

De  Ynate,  i  S  de  jiilio  1557. 

Por  la  ûltima  carta  que  el  duque  de  Âlvurquerque  os  escribiô, 
la  Gual  me  en^id  Juan  Vazquez  originalmente,  y  eon  eUa  otra 
qne  eserîbié  à  Rny  Gomez,  he  entendido  que  el  de  Ezcurra  era 
partido  para  acÂ,  y  que  trae  consigo  al  secretario  Burdeo.  T,  por- 
que Ruy  Gomea  pueda  Uevar  la  ùUima  resolucion  que  se  (omarà 
sobre  este  négocie,  y  le  acabe  yo  de  hablar  en  olros  que  tengo 
comenzados,  convendria  que  viniese  aqui  como  se  lo  escribo  (2) , 
pero  que  su  llegada  fuese  câsi  al  mismo  tiempo  que  el  de  Ezcurra 
y  ao  companero  hubiesen  partido  de  acà,  à  los  cuales  despacharé 
hiego  en  Uegando;  pero  no  qaerria  que  esto  fuese  causa  para  que 
ae  ifetubiese  la  armada  en  que  ha  de  pasar,  ni  biciese  falta  al 
rey  lo  que  en  ella  ha  ée  ir. 

• 

De  la  main  de  t  Empereur. 

H ija,  esta  no  va  de  mi  mano,  porque  se  me  ha  tornade  à  abrir 
los  ag:ujeros  del  dedillo  que  càsi  estaban  cerrados,  y  duélenme 


(1)  $eli>o  ce  que  I*£mpereur  écrivait  à  la  princesse  le  1'^  juillet,  la  reine 
de  Portugal  s*occupait  de  dépécher  à  Yuste  don  Giiiafies,  pour  lui  rendre 
compte  de  ce  qui  s^était  passé  lors  de  la  mort  du  roi ,  et  de  l'état  dans  lequel 
éuient  ks  affiiires  du  royaume. 

(9)  T07.  k  i.  iTi  P>  161. 


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(208  ) 

haclo.  Manana»  é  esotrodia,  responderé  à  lo  demaa  de  vuesbn 
carta  :  y  por  eso,  no  dira  aqui  mas  Yuesiro  buen  padre 

Carlos. 


LI. 


INSTRUCTION  DE  l'eMPERBUR  POUR  D.  FADRIQUB  ENRIQCEZ 

DE  GUZMAN. 

Compliments  de  eoodoléaiiee  à  faire,  de  la  part  de  rBmperenr,  à  la  reioe,  as 
cardinal  infant  et  aux  infantes  dona  Maria  et  dona  Isabel.  —  lafbrmatioas  à 
prendre  sur  les  dispositions  faites  par  le  feu  roi  touchant  le  gouvenienient  do 
royaume  pendant  la  minorité  du  roi  actuel.  —  Conduite  à  tenir  par  Vamliassa' 
dear  enTors  la  reine,  afin  de  découvrir  ses  sentiments  à  cet  égard. 


Yiute,  5  juillet  1557. 


Lo  que  vos,  D.  Fadrique  Enriqaez  de  Gosmaii,  mayordomo 
del  ilustrisimo  principe  mi  nieto,  habeis  de  haeer  en  Portngaif 
donde  vais  por  mi  mandado,  es  lo  siguiente  : 

Llegado  que  bayais  à  la  corte  de  Portugal,  lo  haréis  saber  à  It 
serenisima  reyna  mi  hermana,  para  que,  conforme  à  lo  que  os 
ordenare,  le  vais  à  besar  las  manos;  y,  cuando  fuéredes  à  bacerI(H 
le  daréis  mi  carta  que  le  llevais;  y,  visitado  que  la  bayais  de  mi 
parte,  le  diréis  la  mucba  pena  y  sentimiento  que  be  tenido  ; 
tengo  del  fallecimiento  del  rey  mi  bermano,  que  esté  en  gloria, 
asi  por  el  deudo  y  grande  amor  que  bobo  entre  nosotros  como 
por  la  que  ella  ternâ,  y  la  falta  que  le  barà  tan  buena  compania, 
y  que  esto  siento  yo  mas,  por  no  ballarme  en  parte  donde  en  tia 
gran  trabajo  y  soledad  pudiera  consolarla,  y  que,  puesto  que  sea 
este  camino  que  todos  babemos  de  bacer,  sin  poderse  escusar,  j 
que  no  se  puede  dejar  de  sentir,  tengo  por  cierto  que  con  su  prv- 


] 


'    fit.* 


(  209) 

dencia  y  cristiandad  lo  habrà  tomado  como  cosa  que  procède 
de  la  Yotuntad  de  Nuestro  Senor,  y  que  se  habrà  conformado 
con  ella,  y  dàdole  gracias  por  todo,  y  que  asi  le  ruego  cuauto 
puedo  lo  haga,  pues  hacer  lo  contrario  aprovecha  poco  à  los 
muertos,  y  menos  à  los  tIvos,  y  que  mire  mucho  por  su  salud, 
y  de  tratarse  mejor  de  lo  que  me  dicen  que  lo  ha  hecho  y  hace, 
pues  ve  lo  que  h  todos  nos  va  en  ello ,  y  que  me  avise  si  hay 
algana  cosa  en  que  yo  la  pueda  servir  y  dar  contentamiento , 
pues  he  de  tener  mas  cuidado  délia  agora  que  nunca,  conforme 
à  nuestra  hermandad  y  al  grande  amor  que  siempre  le  love  y 
tengo. 

Hecho  que  hayâis  lo  sobredicho  con  la  reyna  iiii  bermana, 
visitaréis  de  mi  parte  al  senor  cardenal  infante  mi  hermano;  y 
dàndole  roi  carta  que  le  llevais,  le  diréis  cuanto  he  sentido  el 
fallescimiento  del  rey  mi  hermano ,  que  baya  gloria,  asi  por  el 
dendo  grande  que  bobo  entre  nosotros  como  por  la  pérdida  de 
80  real  persona ,  y  la  pena  que  él  con  tanta  razon  ternà  de  ello» 
y  que  tengo  por  cierto  que,  siendo  este  camino  que  todoshabe- 
roos  de  hacer»  lo  habrà  tomado  con  su  prudencia ,  como  cosa  que 
procède  de  las  manos  de  Nuestro  Senor,  y  que  se  habrà  confor- 
mado con  su  voluntad ,  y  que  le  ruego  mucho  que,  pues  el  mayor 
coosoelo  que  à  la  reyna  queda,  es  estar  en  su  compania,  tenga 
la  mano  para  que  no  se  fatigue  ni  trate  tan  mal  como  me  dicen 
que  lo  hace,  y  que,  habiendo  algona  cosa  en  que  yo  le  pueda  dar 
eontentamiento,  lo  haré  como  es  razon,  conforme  aldeudo  y 
amor  que  siempre  le  tove. 

Asimismo  visitaréis  de  mi  parte  à  la  ilustrisima  infanta  dona 
Maria  mi  sobrina,  dàndole  mi  carta  que  le  llevais,  y  diciéndole 
la  pena  que  he  tenido  del  fallescimiento  dcl  rey  mi  hermano , 
asi  por  el  deudo  y  grande  amor  que  siempre  hovo  entre  nosotros 
como  por  la  falta  y  gran  pérdida  de  la  reyna  mi  hermana,  y  la 
qoe  élla  habrà  sentido,  y  que  le  ruego  que,  pues  se  balla  en  su 
corapania,  trabaje  en  esta  necesidad  deconsolarla  el  tiempo  que 
se  detubiere  en  aquel  reyno,  pues  sera  tanta  la  que  tendra  de 
dlo  »  como  tengo  por  cierto  que  lo  habrà  hecho. 

ToaB  11.  14 


^ 


(  31U) 

VisitaréU  tambien  de  mi  parte  à  la  Uustrisiina  infiiDte  dona 
Isabel ,  diciéodole  en  suslancia  lo  mismo. 

Hecho  todo  lo  sobredicho ,  sin  formar  Degociacioo  ni  daros 
priesa,  procuraréU  de  entender,  lo  mas  parlicularnienlequew 
fuere  posible,  de  D.  Sancho  de  Cérdova  y  D.  Juan  de  Mendou, 
de  la  nianera  que  el  rey  dej6  ordenado  y  quexla  lo  de  la  gover- 
nacion  durante  la  menor  edad  del  rey  D.  Sevastian  mi  oielo;  ; 
deapués,  dende  algunos  dias,  cuando  os  parecerà,  teniendo  alguaa 
causa  para  visitar  à  la  reyna,  buscaréis  ocasion  para  meterla  en 
esta  plâtica,  diciéndole,  como  de  roi  parte»  que  os  encargué 
entre  otras  cosas  lo  supiésedes;  y  si  ella  os  saliese  à  decirlo, 
entenderlohéis  bien;  y  si  mostrase  algun  eentimienio»  diciendo 
que  QO  quiere  nada  »  y  que  lo  que  ha  hecho  de  acelar  lo  de  la 
goberoacion  ha  sido  contra  su  Toluntad,  y  niuy  importnnada 
del  reypo,  entônces  con  blandura  la  podréis  aplacar,  apontando 
que  este  solamente  se  hace,  por  deseallo  yo  saber  con  otras  cosas 
que  os  he  mandado,  y  porque,  como  todos  estamoa  sujetos  à  la 
mserte,  y  podrian  morirse  los  mozos  como  los  vicjos,  como  le 
iiabemo^  visto  y  vemos  cada  dia ,  querria  tambien  saber  lo  que 
para  en  tal  caso  esta  ordenado,  anadiendo  en  esta  sostancia  lo 
demàs  que  os  parecerà  y  viéredes  que  conviene.  Y  en  caso  qae  la 
reyna  se  cebase  de  esta  plàtica»  y  oonociésedes  que  se  huelga  de 
hablar  en  ella,  y  viésedes  que  pone  algunas  dificultades,  lepo* 
dréis  pedir  parecer,  para  que  os  diga  el  remédie  que  en  elio  se 
podfia  pener,  para  prevenillo  todo  con  tiempo,  en  caso  que  se 
ofreciese  tal  necesidad;  y  entônces,  y  no  àntes,  podréis  apiintar 
y  entender  lo  que  la  prîncesa  desea,  conforme  à  su  instruccioa 
y  à  lo  que  os  habrà  diclio  de  palabra ,  y  lo  de  la  casa  que  se  ha 
de  poner^  y  criados  que  se  ban  de  dar  al  rey  su  hijo ,  para  que 
estes  sean  cuales  conviene.  Y  en  esta  plàtica  no  habeis  de  hacer 
mencion  ninguna  de  la  princesa  mi  hija ,  ni  taropoco  cuando  le 
hablâredes  de  su  parte,  no  embargante  lo  que  os  ordena  por  su 
iuslruccion ,  ni  dar  ninguna  de  las  cartas  que  llevais  para  d 
duque  de  Aveiro,  conde  de  Oastaneda ,  Lorenzo  Pirez,  ni  el  secre- 
tario,  tocantes  à  esta  materia,  ui  à  la  casa  y  criados  dd  rey  so 


--•a 


(8*1) 
hijo,  ni  dar  demostrftcioii  que  en  este  pretcnëe  ni  se  aparU  de 
oada,  porque  no  convendria  por  agOra;  y  al  adeknte  habrà 
Uempo  para  Iratar  de  elle;  y  aai  lo  escribiré  à  mi  hija  que  os  lo 
he  ordenado,  y  vos  podréis  hacer  lo  rnismo. 

Hecho  eslo,  y  cobrada  la  reapoesta  de  la  reyna  y  los  demàs, 
08  podréis  Yolver  por  aqui,  para  darmeouenla  de  lodo. 

Fecbfl  en  Sant  Gerénîmo  de  Yosie,  à  eihco  de  julio  de  mil 
quinientos  cincuenta  y  siete. 

Cahlos. 


LIL 


JUAM  VAZQUK  A  L'Rlll«EBUlt« 

NottTalles  d*luUe.  —  S«eour»  d'argent  el  d'boaunét  demaadés  par  le  due  d'Aibd. 

—  Leitref  du  roi ,  écrites  d'Angleterre.  —  Départ  pour  Laredo  de  Ruy  Gomea , 
qui  se  reneontrera  en  cbeniîn  avec  le  due  d'Atburquerque.  —  Rasseniblement 
MX  Payt-Bas  dai  tvoapes  «lleaiandeè  ;  arritée  dans  les  porta  de  eea  prorineea 
da  160  navirea  ehargéa  de  biadt  poartuifa  da  natiraade  gveiM  fraiifais  par 
daa  navires  d'Angteterro«  —  Protestation  et  appel  du  roi  contre  le  papa.  --^ 
Justification  du  conseil  des  Indes.  —  Poursuites  contre  les  officiers  de  Séville. 

—  Hort  de  Francisco  TeHo  dans  les  prisons  de  Slmancas. — Désir  du  conseil  des 
financea  de  disposer  daa  89,000  d«aU  qua  l'Eaipareur  possède  dans  eelta 
forteresse.  -  Distribution,  faite  par  la  reine  de  Hongrie,  des  laelensqu'a  eareyés 
TEmpereur.  —  Don  que  le  roi  a  fait  de  Guadalajara  à  la  reine  de  France,  et  a 
la  reine  de  Hongrie  de  Huete  ou  Aranda  ,  à  son  cboix  :  extension  de  ces  con- 

iena  désirée  par  les  deux  reines  ;  mémoires  qu'elles  remettent  k  Ray  Gomes. 

Vâlladelid,80juîllMl59r. 


S.  C.  C.  M^^  ...^  todo  lo  que  ànles  be  ayisado  de  las  eosas  do 
Ytalia ,  paresee  que  se  viene  à  rcsolver  ea  lo  que  el  duque  de 
Alba  eseribe  à  21  dei  pasado,  que  es  lo  que  Yuestra  Magestad 
mandarà  ver  por  su  carta  original  que  ya  con  esta.  Lo  que  él 
pide,   por  la  instruccion  que  un  criado  suyo  trae,  es  que  le 


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(  312  ) 

provean  los  ochoeientos  mil  ducados  que  el  rey  habia  escrilo;  y 
àntes  que  llegase,  se  le  habian  enviado  las  cédulas  de  los  qai* 
nientos  y  cincuenta  mil  ducados  que  escribi  à  Vuestra  Mageslad: 
que  por  el  présente  se  debe  contentar ,  entretaolo  que  se  t6 
de  donde  se  podrà  proveer  la  resta,  especialmente  escribiendo  el 
rey  agora  que  se  le  envieo  aun  mas  dineros  de  ios  que  ha  de 
llevar  Ruy  Gomez.  Tambien  pide  .el  duque  los  mil  hombres  que 
dejé  de  llevar  D.  Hernando  de  Toledo,  los  cuales  habrà  diiBoul- 
tad  de  poderse  eaviar  por  el  présente  :  satisfacérseleba  à  todo 
lo  mejor  que  se  pudiere.  Después  ha  veuido  Leooardo  Lonielin, 
de  Génova,  que  partie  de  alli  à  ùltimo  del  pasado,  y  dice  que 
alli  se  sabia  que  todavia  estaba  Mos.  deGuisa  à  quince  millas  del 
reino,  y  que  el  marqués  de  Pescara  habia  socorrido  à  Cnni,  y 
Mos.  de  Brisac  se  levante  de  sobre  él. 

Âyer  vino  correo  de  Tnglaterra  que  vtno  por  mar  ;  y  las  cartas 
que  escribe  Su  Magestad  de  mano  agena  son  de  Londres  de 
â  del  présente,  y  las  de  propia  à  mi  desde  Contnrbey  (i)  de 
cuatro,  yeodo  de  camino  à  pasar  à  Calés,  de  donde  tomaria  la 
posta  para  Bruselas;  y  habia  dejado  à  la  reina  con  salnd,  aunque 
Gon  pena  de  su  ausencia.  No  ha  venido  à  mi  poder  carta  pan 
Vuestra  Magestad  :  no  se  si  Su  Alteza  6  Ruy  Gomez  las  enviao. 
Ténia  el  rey  gran  contentamiento  de  la  Ilegada  de  las  armadas, 
y  esperaba  esta  ùltima  que  ya  esta  à  punto  ;  y  Ruy  Gomez  se 
parte  esta  noche ,  para  verse  en  el  camino  con  el  duque  de 
Âlburquerque,  y  pasar  à  embarcarse. 

Estaba  ya  en  Flandes  la  mayor  parte  de  la  caballeria  é  infan- 
teria  alemana  junta,  y  llegado  el  rey  saldria  en  campana.  Habian 
llegado  de  Osterlanda  ciento  y  sesenta  naos  de  trigo,  que  fué 
gran  remédie  para  la  tierra  y  gente  del  egército.  Diceme  d 
confesor  del  rey  que  las  naos  inglesas  andaban  buscando  los 
Franceses,  y  que  topàron  con  cuatro  naos  de  armada,  y  les  en- 
viàron  una  barca  â  reconoscellos,  y  la  quemâron;  y  loslngleses 


(])  Cantorbéry. 


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(215  ) 

1m  siguiéron  hasta  metellas  en  an  puerto  de  Francia,  y  que 
alli  queinàroD  las  dos,  y  las  otros  dos  echàron  à  fondo. 

Ck>n  esta  envio  à  Vaestra  Magestad  unos  eapitolos  de  lo  que 
el  rey  escribe  (I)  :  por  una  de  ellos  verà  lo  que  diee  de  las  cosas 
del  papa  y  la  protestacioo ,  apelacion  y  suplicaciôn  que  mandé 
bacer,  de  que  envia  copia;  y  lambien  envia  una  justificacion  de 
las  causas  que  le  han  movido  para  tomar  las  armas  y  résistif  à 
la  fueraa  de  la  liga  hecha  por  Su  Santidad ,  que  manda  que  se 
impriman;  y  porque  sou  escrituras  lai^as,  no  van  aquf.  0  im- 
presa ,  6  sacada  copia,  se  enviaràn  a  Vuestra  Magestad.  Una  caja 
trujo  este  correo  para  Vuestra  Magestad ,  la  eual  envio  con  esta. 

La  carta  y  relacion  que  los  del  consejo  de  Yndias  enviàron  â 
Vuestra  Magestad  (2),  mostraré  al  de  la  hacienda,  como  lo 
manda ,  y  vista  se  enviarà  relacion  à  Vuestra  Magestad  de  todo 
lo  que  manda;  y  contra  los  oficiales  de  Sevilla  se  procède,  y  se 
ha  mandado  h  los  alcaldes  de  esta  corte,  à  quien  se  ba  cometido , 
que  conozcan  de  sus  causas.  Francisco  Tello ,  luego  qne  le  pu«> 
sîéron  en  Simancas,  cayé  malo ,  de  manera  que  anteayer  fallecié; 
Dios  le  perdone. 

A  les  del  dicho  consejo  de  hacienda  parescié  que,  por  la  falta 
que  babia  de  contado  para  llevar  al  rey  con  Ruy  Gomez,  se 
podîan  tomar  prestados  los  treinta  mil  ducados  que  Vuestra 
Magestad  tîene  en  Simancas  para  las  cosas  de  su  consciencia,  y 


(1)  C*étaient  des  extraits  de  deux  lettres  da  roi  à  la  princesse  :  Tune  du 
10  juin,  et  Taulre  du  3  juillet.  Gameia,  Ftlipe  II,  liv.  Il,  pp.  68-69, 
donue  ces  mêmes  extraits,  mais  avec  la  date  erronée  du  10  juillet  1556. 

(9)  Le  conseil  des  Indes,  dans  deux  lettres  adressées  à  CbarleS'Qnint,  le 
99  juin  et  le  31  juillet,  s^étaît  disculpé  des  reproches  que  Quijada  lui  avait 
bits,  au  nom  de  TEmpereur.  11  avait  établi,  dans  ces  lettres,  qui!  n*avait 
pris  et  n*avait  eu  à  prendre  aucune  mesure,  relativement  à  Tar^pent  apporté 
des  Indes,  au  mois  de  septembre  1556,  par  la  flotte  sous  le  commandement 
de  Pero  Menendex,  et  que  c^était  le  conseil  des  6nances  qui  avait  fait  toutes 
les  dispositions  à  cet  é^^ard. 

L^Emperenr,  écrivant  à  Yazquez  le  25  juillet,  le  chargea  de  demander  des 
explications  là-dessus  au  conseil  des  finances. 


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(i!4) 

qufl  el  faclor  Io$  voWieM  de  lo  primero  qae  se  reeojiaM»  deatra 
del  lérmino  que  va  en  h  Hoenoia  que  con  eata  va,  aeepuda  A4 
faotor,  para  que  asi  lo  cumpla.  Vuetira  Mageetad  la  vcri,  y 
sieudo  »epvido  de  ello,  la  mande  enviar  para  que  se  egeeute,  y, 
si  no  fuere  au  volnntad ,  la  mande  raagar  :  que  cou  este  fin  U 
envio  oon  esta,  para  que  Vuestra  Magestad  baga  lo  quo  mas  lei 
aervido  (  I  ). 

A  la  serenisima  rcina  de  Hungria  di  el  reeaudo  de  Vueitri 
Magestad»  >*  cou  los  melones  boigé,  y  repartie  como  Vaestn 
Magestad  lo  maoda.  (lijome  que  escrîbîria  k  Vuesira  Magestad, 
Si  lo  biciere»  ira  coo  esta  su  carta. 

Y  en  lo  de  Guadalajara  (2)  »  lo  que  bay  que  decir  e$  que  el  rey 


(1)  Par  une  cédule  donnée  à  losprack  le  38  mars  1552|  et  adressée  4 
Francisco  de  los  Covos,  receveur  des  droits  de  6  et  11  au  mille  {dereehia  ii 
ieis  é  once  al  m#2lar);  Charles-Quint  avait  ordonné  de  mettre  30,000  ducats 
en  un  oofl^,  en  présence  de  D.  Hennndo  NiAo,  patriarche  des  Iodes,  éréqos 
d«  Signeaaa,  et  président  du  conseil  de  GastiUe,  de  Juan  Vaaquei  de  Molina, 
son  secrétaire,  et  du  même  Govos,  qui  tous  trois  auraient  une  clef  du  c^ifre, 
et  de  déposer  ce  cofire  dans  la  forteresse  de  Simancas.  Cette  somme  était 
destinée  par  PEmpereur  à  Tacquiltement  des  charges  de  son  testament 

Le  dépôt  se  fit  le  25  octobre  suivant.  Le  coffre  fut  placé  dans  la  tour  dile 
de  réréque  (el  cubo  âelebitpe). 

Quelles  que  hissent  les  nëoeasités  dans  lesquelles  CbarleSfQuînt  se  troun 
depuis,  il  ne  voulut  jamais  toucher  à  cette  somme. 

En  même  temps  que  Vazquex  lui  écrivait  ce  qu*on  voit  ici,  la  princesse 
gouvernante  cWON^dsit  k  raichevéqqe  de  Séville,  à  qui  était  passée  voe 
des  trois  clefs  ,  de  la  lui  reoiettre.  Ce  prélat  i'en  excusa,  en  suppUaat  la 
princesse  de  ne  rien  faire  en  cela  sans  le  consentement  de  son  père  :  •  Je 
*  tiens  pour  certain,  ajoMta*t-il,  que,  si  le  roi  était  consulté,  il  ne  consenti- 
«  rait  en  aveune  manière  q«*on  mît  U  main  sur  nn  tel  dépôt  :  car,  oatie  le 
n  péril  qui  en  réiulterait  pour  U  conscience,  ce  serait  irriter  3.  M.  l  • 
(lettre  du  37  jniM.) 

(â)  Vaaquax  ajant  écrit  à  TEmpereur,  le  19  juillet,  que  le  secrécairsde  la 
reine  de  France ,  revenu  de  Bruxelles ,  avait  apporté  les  dépêches  relativei  i 
Guadalajara,  Charles  lui  demanda,  par  lettre  du  95 1  quels  étaient  les  lieoi 
compris  dans  la  concession  faite  à  la  reine.  C^est  à  cette  demande  que  Vaiqoez 
répond  ici.  (Yojr.  le  1. 1*',  p.  158,oQt6  1.) 


(218) 

da  aqnella  dudad  â  la  reina  cristianisima  y  à  la  infante  su  hija, 
YÎDÎendo  à  estar  con  ella ,  por  sus  dias,  reservando  la  soberania  ; 
à  la  serenisima  reina  de  Hungiia  le  da  6  Huele,  é  Aranda,  à 
escojer  cual  mas  quisiere;  y  anda  informàndose  de  lo  que  le 
esUrâ  mejor.  Querrian  la  ^uprema»  6  qu9  à  lo  menos  que  por 
cédnla  aparté  las  hiciese  el  rey  sus  gobernadoras  de  aquellas 
ciudad  y  villa  por  sus  vidas,  y  hao  dado  à  Ruy  Gomez  mémo* 
riaies  sobre  ello ,  para  que  procure  con  el  rey.  Nuestro  Seftor  la 
impérial  persona  de  Yuestra  Hagestad  guarde  y  acresciente 
eomodesea. 

De  Yalladolid ,  à  50  de  julio  4557, 

De  Yuestra  Magestad  mas  hnmilde  criado  y  hechura,  que  sus 
impériales  manos  besa , 

Juan  YAZQingz. 


(â16) 


LUI. 


l'empereur  a  PHIUPPE  II. 

Arrivée  a  Goacoft  d'un  PortugAÎs ,  nonmé  Franeùeo  Gil ,  qui  prétend  aToir  î  lui 
déclarer  des  choftat  importâmes.  —  Il  ne  Teut  pas  le  reeevoir ,  et  lui  fait  dire  d« 
s'expliquer  avec  le  confesseur,  ou  d'aller  trouver  la  princesse  gouremanle.— 
Refus  du  Portugais  :  paroles  mystérieuses  qu'il  dit,  en  partant ,  à  Gaztelu.  — 
L'Empereur  mande  à  don  Sanclio  de  Cordova  de  prendre  des  renneignemcnls  sar 
son  compte ,  et ,  s'ils  sont  satisfaisants ,  de  le  v<Mr ,  de  tâcher  d'apprendre  de  lui 
ce  dont  il  est  question ,  ou  de  l'engager  à  retourner  à  Yuste.  —  Francisco  Gil 
prend  ce  dernier  parti.  —  L'Empereur  lui  donne  deux  audiences ,  qui  roulent  sur 
la  succession  à  la  couronne  de  Portugal,  au  cas  que  le  roi  ou  la  reine  vint  i  mou- 
rir, sur  les  sentiments  des  Portugais  envers  les  Espagnols ,  les  intrigues  dei 
Français,  les  droits  du  prince  D.  Carlos  ;  sur  une  apostrophe  du  roi  Jean  III  au 
marquis  de  Villareal ,  qui  s'opposait  au  mariage  de  la  princesse  Marie'avec  k 
prince  Philippe  d'Espagne,  etc.  —  L'Empereur  engage  son  fils  à  examiner  ce 
qu'il  lui  convient  de  faire  dans  toutes  les  éventualités,  sans  attendre  juaqu'sa 
dernier  moment. 


Yuate,  8  août  1557. 


Hijo,  por  el  mes  de  junio  pasado,  llegô  «1  lugar  de  QaacosuD 
Portugués  llamado  Francisco  Gil  ;  y  habiendo  bablado  cod  Gaz- 
telu ,  diz  que  le  dijo  que  habia  venido  aolamente  à  darme  aviso  de 
algunaa  cosaa  que  importaban  ù  mi  servicio,  y  que  no  las  diria 
sino  â  mf ,  y  que  por  lo  pasado  tUYO  oficio  en  la  inquisicion  de 
aquel  reyno ,  y  que  el  rey  y  la  reyna  mis  hermanos  le  encomen- 
daban  cosas  de  confianza.  Y  habiéndomc  el  dicbo  Gaztelù  faecho 
relacion  dello,  y  de  su  manera,  y  lo  que  liabia  podido  compren- 
der,  le  respondi  que  me  escusase  de  dalle  audiencia,  por  no 
conoseelle ,  ni  saber  el  crédito  que  se  podia  dar  à  lo  que  dijese,  ; 
tambien  temiendo  que  no  viniese  mas  con  fin  de  querer  saber  y 
enlender  nii  intente,  para  referirlo  y  aprovecharse  dello ,  que 
para  declarar  cosas  de  tanta  importancia  como  él  dccia ,  pero 


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(  217  ) 

que  procorase  que,  por  medio  de  mi  confesor,  6  por  etcrito,  dijese 
)o  qae  qu^a,  6  que  foese  à  la  princeaa  a  dalle  cuenta  dello:  de 
lo  ciial  se  eseusé.  Y  al  tiempo  que  ae  dispidiô  dél ,  dix  que  le  dijo 
que  dièse  yo  érden  de  enviar  algun  médico  casteliano  limpio  û 
la  reyua  mi  bermana,  porque  el  que  la  servia  no  lo  era,  ni  por 
la  Dotieia  que  él  ténia  de  los  confesos  de  aqqel  reyno  convenia, 
y  que  no  eseribiese  yo  à  ningun  particulàr  dél,  y  que  se  tuviese 
la  raano  para  no  hacer  mal  tralamiento  ni  desdenar  à  Pqrtu- 
gueses,  y  que  de  un  bombre  de  buena  ^ida  y  egemplo  y  docto  de 
aquel  reyno,  que  ya  faliescié,  entendié  que,  aunque  el  rey  que 
boy  es  Ilegaria  à  serlo,  vendria  à  gozarlo  poco,  y  que  entre  los 
confesos  bay  muy  ruines  volnntades. 

T  puesto  que,  babiendo  entendido  esto,  quise  oille  el  dia 
sigDÎente,  no  fué  6  tiempo,  porque  se  habia  ya  vuelto  û  Portugal  ; 
y  en  falta  desto ,  mandé  avisar  de  todo  lo  sobredicbo  à  D.  Sancho 
de  Cérdoba,  para  que,  como  de  suyo  ,  secretamente  entendiese 
que  bombre  era  este,  y  la  opinion  y  erédito  que  se  le  podia  dar;  y 
sîendo  de  cualidad  queconvinieseoirle,  le  hablasey  persuadiese 
para  que  le  dijese  lo  que  me  queria  referir,  y,  en  caso  que  no  lo 
pudiese  acabar,  y  le  paresciese,  por  lo  que  entendiere,  que  con- 
venia saberse,  procurase  con  él  que  volviese  aqui,  porque  le 
oiria.  Lo  cual  se  bizo ,  y  él  lo  puso  en  egeeucion  ;  y  llegado  â 
Quacos,  fui  avisado  dello;  y  babiéndole  oido  en  dos  dias,  después 
de  baberme  diebo  muchas  cosas  de  la  mala  \oluntad  qqe  los 
confeMM  de  aquel  reyno  me  tienen ,  temiendo  que,  si  se  juntase 
€0D  este,  DoiriTirian  con  la  libertad  que  basta  agora,  y  séria  lo 
que  mas  les  pesaria  y  menos  pueden  sufrir ,  y  que  convenia  que 
detde  luego  se  dtese  érden  de  lo  que  se  debria  hacer,  en  caso 
que  fallesciese  el  rey  6  la  reyna,  porque  en  lo  det  rey  sabia  y 
ténia  entendido  que  el  embajador  de  Francia  que  réside  en  aquel 
reyno ,  irata  por  todas  las  vias  que  puede  de  que  case  con  hija  del 
rey  de  Francia,  y  que  ofresce  muchas  cosas,  y  que  no  falta 
quîen  lo  oye  y  procura  de  buena  gana ,  en  especial  confesos ,  por 
estar  may  emparentados  con  alguna  de  la  gente  principal,  di- 
dendo  ^e  les  importa  niocbo  para  su  conservacipn  y  la  provision 


(  318  ) 

à»  trigo,  y  otras  cosm  que  aouinulan  i  apte  propteito,  y  qae,  m 
case  que  el  rey  muriese,  $e  podria  coQcluir  eate  cassimiaoto  con 
el  infante  D.  Uuarte,  y  que  en  1q  de  la  reyna  bien  saben  que  no 
lia  de  yenir  en  eatoe  casamientos,  ni  que  lainpoco  ealan  bien  e& 
que  gobierne,  por  aer  caateliana.  y  que  ténia  nmolia  neeesidad 
de  oiirar  pqr  ai,  y  que  en  eaao  que  Dioa  dispuaiese  del|a,  \am 
que  Franceaea  intentarân  de  hnrtar  a)  rey  con  la  ecasion  y  liber- 
tad  que  tienen ,  por  el  traM>  y  comunicacion  de  aqnel  reyuo  y  lo 
de  las  naos  de  trigo  ooq  que  van  llevandp  geqte  en  ellas,  lo  cual 
diz  que  podriao  hacer  para  efectuar  por  esta  via  et  dicho  can- 
mieoto,  quando  no  pudiesan  por  otra,  y  que  alU^  ae  h#  dîçho 
entre  algunos  que  acà  se  ha  babUdo  en  esta  materîa  desueesioa» 
diciando  que,  cuando  Portuguesea  PQ  vipieaen  en  eilo,  deaqai  i 
Portugal  no  bay  ningun  rio,  y  que  lo  ban  tPfP^do  mal,  y  otrtt 
cosas. 

Y  porque  el  dicho  0.  Sancho  me  habia  escrito  que  podria  ser 
que  este  Franeiaco  Gil  fueae  echado  de  otros ,  le  satiafice  con  todi 
blandura,  agradeadéndole  )a  vpluutad  y  celo  con  que  decia  ae  habia 
roovido  Â  hacer  estecamiqo,  y  que  yo  no  habia  pensf^donih^blado 
en  las  cosaa  que  4?oia ,  porque  en  niqgiin;i  Ri^nera  me  podia  par* 
suadir  à  créer  que,  babieqdo  tanta  génie  nobje,  cuerda  y  cria* 
tiaoa  en  aquel  reyno,  no  cpnoaoieae  qtie,  de  jualicia  y  r^izpn ,  ea 
falta  del  rey,  perteneacia  y  venia  directamente  k  auoeder  ep  A 
el  principe  I).  Carlos  vuestro  bijo^  pero  que  eapfsraba  eo  Dioi 
daria  muy  larga  vida  y  aucasion  al  rey,  para  que  no  fueae  nienca- 
ter  venir  à  eatoa  términoa,  porque  me  pesaria,  puea  era  un  ini 
nieto  como  el  principe  :  cuanto  mas  que  entre  iiquel  reyno  j  «rte 
habia  aiempre  bsibido  toda  conformidad  y  buena  amii^tad ,  y  que 
asi  creia  que  en  todo  tiempo  correaponderîap  A  (Blla,  y  queen  lo 
delà  reina  y  lo  de  la  gobernacion,  puesto  que  aqqçllo  perleoea- 
eia  à  la  princesa,  todavia,  comp  era  mi  hermana,  y  tia  y  abueh 
de  mi  hija  y  nieto,  tampoco  habia  parado  en  ello,  pues  era  todo 
una  miaroa  cosa,  pero  que,  en  falta  délia,  à  niqguno  tocaba 
aquello,  sino  a  roi  hija  como  madré  y  tutora  del  rey;  y  que  en  lo 
que  allft  se  habia  dicho,  que  de  aqui  à  Portugal  no  habia  ningoii 


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(219) 

rio,  ni  70  lo  habia  dicbo,  ni  creia  qae  nadie  se  metiese  en  semé- 
jante  plàtica,  pero  que  acaso  con  ocasion  podria  haber  yo  dicbo 
que,  cuando  las  cosas  viniesen  en  taies  termines,  y  se apartasen 
de  la  razon  y  jnsticia ,  que  en  tal  caso  babia  poco  que  bacer. 

Pasado  todo  esto,  le  toqué  en  que  no  podîa  ser  sino  que,  al 
tiempo  i|ue  fallesciô  et  principe,  y  quedô  la  princesa  prenada  del 
rey  que  agora  es ,  hobiese  el  rey  tratado  en  esta  materia  de  su-* 
eesion ,  para  que  en  caso  que  no  saliese  à  luz  ni  viviese  lo  que  la 
princesa  pariese.  Respondiôme  que  no  babia  oido  nada  dello , 
pero  que  sabia  que  ténia  gran  amor  y  voluntad  à  mis  cosas,  y 
que,  al  tiempo  que  se  tratô  vuestro  casamiento  con  la  princesa, 
que  esta  en  gloria ,  le  puso  delaote  el  marqués  de  Villareal  que  no 
convenia  que  se  biciese,  porque  era  dar  Portugal  à  Castilla,  y 
qne  respondiô  ci  rey  que,  si  esto  acaesciese,  era  de  Dios,  y  que  no 
se  podia  escusar  ;  y  persistiendo  el  marqués  en  que  no  se  biciese 
el  dieho  casamiento,  le  desbonré  el  rey,  dioiendo  :  «  Ânda,  que 
«  sois  on  porciiroo  ;  b  y  otras  cosas  à  este  propésito  :  de  donde 
se  ba  de  inferir  que  no  estaba  fuera  de  lo  que  la  razop  permite, 
ni  tampoco  se  ha  de  pensar  que  la  reyna  mi  bermana  se  apartarà 
dalla ,  pues  el  principe  es  tan  su  nieto  coroo  el  rey, 

|)e  lo  cual  me  ha  parescido  mandaros  avi^r,  comolo  baré  de  lo 
que  siicediere  de  la  ida  del  padre  Francisco  (i),  à  quien  espero 
cada  clia ,  y  de  lo  demàs  que  entendiere ,  para  que,  como  os  tengo 
escriptOy  mirais  desde  luego  lo  que  se  debe  bacer  y  proveer  para 
en  todos  casos,  sin  aguardar  a)  punclode  Ift  neeesidad.  Y  Nues* 
tro  Senor  os  guarde  como  yo  deseo. 

De  Yuste,  i  8  de  agos^o  i557. 

Carlos. 


(1)  Le  père  Francisco  de  Borja. 


(  320  ) 


LIV. 


L  EMPEREUR  A  JUAN   VAZQUEZ. 

Déplaisir  que  lui  cause  U  conduite  du  pape.  —  Nécessité  et  justice  des  mesores  que 
le  roi  a  prises,  peur  résister  aux  empiétements  de  ce  pontife.  —  Argent  ri 
troupes  à  envoyer  au  duc  d'Albe.  —  L'Empereur  refuse  de  laisser  toucher  lu 
30,000  ducal  A  déposes  dans  la  forteresse  de  Siniancas.  —  Affaire  des  offirien 
de  Séville.  —  Secours  de  Goni. 

Yu8te,8âoût1557. 


El  ElIPERADOR. 

Juan  Vazquez  de  llolina,  nuestro  secretario  y  del  naestro  eon- 
sejo ,  yi  la  carta  que  me  escribiste  à  50  del  pasado,  y  boy  à  h 
letra  la  del  duque  de  Alba ,  y  las  copias  que  enviaste,  y  bànos 
desplacido  cuanto  es  razou  de  entender  las  cosas  que  el  papa 
intenta ,  y  que  sea  tan  mal  aconsejado.  Pero ,  pues  no  se  poede 
hacer  otra  cosa,  y  el  rey  se  ha  justificado  en  tantas  maneras, 
cumpliendo  con  Dios  y  el  mundo ,  por  escusar  los  danos  que  de 
ello  se  seguiràn ,  forzado  sera  usar  del  l'iltimo  remedio.  Y  en 
lo  que  escribe  dei  entredicho  y  lo  demàs,  no  tengo  que  decir, 
sino  que,  conforme  à  aquello,  se  use  en  todo  de  la  diligencia  y 
prevencion  que  conviene,  para  que  aquello  no  venga  en  efecto, 
por  escusar  el  inconveniente  que  de  ello  se  podria  seguir. 

En  lo  que  el  duque  de  Alba  escribe,  pucsto  que,  comodecis, 
no  podia  aun  saber  la  provision  de  los  550,000  ducados  que  se  le 
habian  remitido  por  letras  de  cambio,  todavia,  pues  vois  lo  que 
importa,  estando  las  cosas  de  Ytalia  en  los  terminus  que  que- 
daban ,  que  es  muy  diferenle  de  lo  que  los  otros  dias  se  me  aviso, 
sera  bien  que  se  mire  que,  por  cambio  6  de  conlado ,  se  provea 
lo  que  falta  à  cumplimiento  de  lo  que  esta  acordado;  y  en  lo  de 


r 


(  S21  ) 

los  mil  soldados  que  pide ,  en  lugar  de  los  que  D.  Fernando  de 
Toledo  dej6  de  llevar ,  se  haga  lo  iiltîmo  que  ser  pudiere  (1  ). 

Caanlo  à  los  trcinta  mil  ducados  que  estàn  depositados  en 
Simancas,  y  lo  que  sobre  ello  ha  parecido  a  los  del  consejo  de  la 
hacienda,  escribo  à  la  princesa  lo  que  de  ella  enlenderéis,  y  le 
envio  la  cédula ,  para  que  la  rasgue  (3). 

Avisaréis  de  lo  que  hay  en  lo  de  la  copia  de  la  carta  que  os 
envié  de  los  del  consejo  de  Yndias ,  para  que  la  mostràsedes  à  los 
del  de  la  hacienda,  y  en  los  términos  que  qneda  la  causa  de  los 
oficiales  de  Sevîlla,  y  cuando  sera  acabada ,  de  que  decis  conocen 
los  alcaldes  de  corte,  pues  Francisco  Tello  murié,  y  si  el  rey  ha 
enviado  algnn  despacho  sobre  lo  que  toca  à  los  dereclios  de  seis 
y  once  al  millar ,  asi  de  lo  corrido  como  de  lo  por  yenir. 

He  holgado  que  se  hobiese  socorrido  à  Cuni ,  con  dano  de  los 
Franceses,  y  que  se  hobiesen  levantado  de  sobre  él,  porque 
estaba  con  cuidado  de  aquella  plaza. 

A  lo  demàs  que  decis  en  vuestra  caria  no  hay  que  responder , 
sino  que  haceis  bien  en  avisâmes  de  lo  que  eutendeis,  y  asi  lo 
haréis  de  lo  que  se  ofreciere. 

De  Yuste,  à  8  de  agosto  de  1557. 

Carlos. 

Por  mandado  de  Su  Hagestad  : 
Martin  db  Gaztelû. 


(1)  Voj.  p.  91  S.  On  oe  donna  pas  au  duc  dUlbe  les  1,000  hommes  qu^il 
demandait,  à  cause  des  renforts  qu*il  fallait  envoyer  aux  Pays-Bas  et  de  la 
pénurie  du  trésor.  (Lettre  de  Vaxquez  i  rErapereur,  du  90  aoûU  ) 

(2)  Voy.  p.  214. 


^ 


(  222  ) 


LV. 


MARTIN  J>£  GAZTELU   A  JUAN   VAZQOEZ. 

Lettres  de  l'Empereur  au  roi.  —  Indiscret  ions  comnitsef  sur  la  ncfociatioD  ivec 
M.  de  Vendôme  :  mécontentement  de  l'Empereur.'  —  Quijada  rappelé  à  Ynle 
par  Sa  Majesté ,  qui  ne  peut  se  passer  de  lui ,  les  religieux  n'entendant  riea  aa 
Règlement  de  ta  maison. 

GuaoM)  10  août  1557. 


Ilustre  senor, Su  Magestad  me  ha  mandado  que  escriba 

à  Vuestra  Merced  que ,  cou  el  pliego  suyo  que  aqui  va  pan  A 
coude  de  Melito ,  se  le  despache  luego  correo,  porque  van  en  él 
las  cartas  para  el  rey,  y  que,  si  fuere  hecho  â  la  vela,  sede- 
tengan  hasta  que  lleguen  oiras,  que  creo  que  escribirâ  hoy,  para 
que  con  todas  se  despache  y  flete  una  zabra 

De  esa  corte  han  escrito ,  aqui  y  à  Plasencia,  algunas  carias 
tratando  del  negocio  que  uliimamente  se  comunicé  à  Su  Ma- 
gestad, dft  que  el  coude  de  Melito  llev6  dos  relaciones,  y  di- 
ciendo  algunas  particularidades  dél  :  lo  cual  ha  Su  Magestad 
entendido ,  y  hàle  desplacido  de  ver  el  poco  secreto  que  hay,  y 
senaladamente  en  un  negocio  de  la  ealidad  de  esta  Bien  creo 
yo  que  en  casa  de  Vuestra  Merced  se  guarda  en  lo  que  es  me- 
nester,  y  tambîen  se  de  mi  que  no  tengo  culpa  de  nada  de  esto. 

A  Luis  Qiiijada  escribe  Su  Magestad  que  venga  luego  aqui, 
porque  para  su  servicto  conviene  que  no  faite  una  persona  de  sa 
calidad  que  tenga  cuenta  con  esto,  porque  frayles  no  lo  entieo- 
den;  y  creo  que  se  va  ya  Su  Magesiad  desenganando  de  que 
DO  le  conviene  ocupallos  en  nada.  Guarde ,  etc. 

DeCuacos,  à  iO  deagosto  de  1557. 

Martin  de  Gaztelû. 


(  223  ) 


LVI. 


MARTIN   DB  GAZTELU  A  JUAN   VAZQUBZ. 

Lettm  àt  rBmperour  à  la  reioe  de  Hongrie  et  à  la  princesse.  —  Son  avis  sur  ce 
que  la  reine  de  France  doit  écrire  à  sa  fille.  —  Son  roéconlenleoient  des  indis- 
crétions commises  sur  la  négociation  avec  M.  de  Vendôme.  —  Excellent  état  de 
sa  santé.  —  Dépêches  pour  Ruy  Gomec.  —  Jaan  de  Tega.  —  Visite  à  Yuste  de 
0.  Sanebo  de  Gardeui,  uninl  de  Valence. 

Oaaoof ,  13  Mût  1557. 


llostre  sefior  ,.•...  Sa  Magestad  escribe  las  que  van  cod  esta 
â  la  reyna  de  Uogria  y  la  senora  princesa;  y  tarobiea  va  aqui  lo 
qae  le  parece  en  una  reiacion  aobi^e  lo  que  la  reyna  cristianl&îma 
(lebe  escribir  à  la  iofante(  I ),  para  que  Vuestra  Merced  la  niuestre, 
y  se  qtrite  é  aâada  lo  que  mas  conviniere. 

Su  Magestad  me  ha  diclio  que  escriba  â  la  senorn  princesa 
sobre  lo  que  en  esa  eorte  se  ha  publicado  de  aquel  negocio  que 
trala  el  de  Ezcurra,  y  ciertoleha  pesado  mucho  por  mas  razones. 
iiieB  ereo  que  se  podrà  mal  saber  rie  donde  ha  salido  :  pero  fuera 


(1)  Le  d  août,  Felipe  de  Salazar,  attaché  à  la  maison  de  la  reine  Éléonore, 
était  arrivé  de  Lisbonne  à  VaHadolid,  apportant  des  lettres  de  Tinfante  dofta 
Maria ,  où  elle  déclarait  rormellement  sa  volonté  de  rester  en  Portugal.  Ces 
lettres  attristèrent  fort  les  deux  reines,  qui  demandèrent  Tavis  de  l*Empereur. 
(Lettre  ée  Vazqnei  à  r£mperear,  du  8  août) 

Nous  avons  cet  avis,  envoyé  par  Gaztelû  à  Vazquez.  Charles^Quint  y  oon* 
fleiiie  à  la  reine  Éléonore  d'écrire  à  Tinfante  avec  beaucoup  de  douceur,  et  de 
faire  appel  à  ses  sentiments  de  fille,  pour  l'engager  à  changer  de  résolution. 

Vaiifues  Duade  à  PEmpereur,  le  15  août,  qu*il  vient  d'être  reçu  des  lettres 
de  Gerônimo  Ruiz  (t.  !«',  p.  150),  où  la  volonté  de  l'infante  est  <iéGlarée  plut 
expiicilement  encore. 


1 


(  â24  ) 

muy  justo  que  se  guardara  en  eslo  el  decoro  que  debia,  siendo 
de  tal  calidad.  Yo,  como  creo  que  esta  falla  no  ha  nacido  de  casa 
de  Vuestra  Merced,  estoy  salisfcclio  que  ni  lo  he  escripto,  ni 
platicado,  sino  con  quien  lo  sabia  y  trataba;  y  por  eso  no  me 
da  mas  pena  de  la  qtie  debo  tener  por  lo  que  toca  al  servicio  de 
Su  Magestad ,  la  cual  queda  en  la  misma  buena  disposicion  que 
an  tes,  y  ann  mejor,  porque  las  càmaras  siempre  le  hiciéron 
provecho. 

Con  esta  envio  un  pliego ,  para  que  con  él  se  despache  laego 
correo  al  senor  Ruy  Gomez;  y  si  se  hobiere  hecbo  à  la  vela,  sio 
llevar  el  que  envié  antier,  manda  Su  Magestad  que  con  ambos 
se  envie  alguna  zabra,  para  que  le  alcance  en  la  mar,  6  prosigi 
su  viage  hasta  donde  le  ballare,  y  se  los  dé,  y  que  en  caso  que  el 
dicho  Ruy  Gomez  llevase  el  dicho  pliego  de  antier,  no  se  des- 
pache con  solo  este,  que  bastarà  que  le  Heve  el  primero  que  de 
ahi  se  despachara(l).  El  senor  Juan  de  Vega  no  es  H^do(%). 
Guarde,  etc.  De  Cuacos,  à  13  de  agoslo  de  4557. 

Martin  db  Gaztelû. 

Sur  un  papier  inséré  dam  la  leUre. 

Don  Sancho  de  Cardona,  almirante  de  Valencia,  ha  venido 
aqui;  y  aunquc  hobo  réplica,  todabia  besô  las  manos  à  Su  Ma- 
gestad, y  entre  otras  cosas  le  dijo  que,  al  tieropo  que  el  Empe- 
rador  pasé  por  esa  villa,  se  hallé  en  ella,  pero  mal  dispuesto  de 
almorranas,  y  que  por  eso  no  lo  hizo  entônces. 


(1)  Vazquez  écrivit  à  TEmpereur,  le  30  août,  qu'il  venait  à  rinstantde 
recevoir  une  lettre  où  Ruy  Gomez  lui  annonçait  la  réception  des  deux  dépêches 
de  Sa  Majesté,  et  qu*il  n'attendait  plus  qu'un  vent  favorable,  poar  mettre  1 
la  voile. 

(3)  Vazquez  avait  annoncé  à  TEmpereur,  le  8  août,  le  dépari  de  Juan  de 
Vega  pour  Yuste. 


i 


(  225  ) 


LVII. 


D.   LUIS   DE  AYILA  Y  zCnIGA   A  JUAN   VAZQURZ. 

Réflexions  sur  les  recours  envoyés  d'Espagne  aux  Pays-Bas ,  et  sur  les  résultats 
qu'on  peut  s'en  promettre.  —  Lettre  du  roi.  —  Intention  de  D.  Luis  de  Avila 
d'aller  à  Yuste.  — Dispositions  dans  lesquelles  il  laissa  l'Bnipereiir ,  qu*il  appelle 
/rire  Ckarltê,  à  son  dernier  voyage.  —  Conaidtfation  i  propos  du  brait  répandu 
que  l'Empereur  allait  sortir  du  monastère,  et  se  mettre  à  la  tête  de  l'armée  de 
Navarre.  —  Envoi  à  Yazquex  d'une  coupe  faite  aux  Pays-Bas ,  et  remarques 
plaisantes  à  ce  sujet. 

PbBeocîa,  13  août  1557. 


liusira  seôor,  una  carta  de  Vuestra  Merced  recibi,  la  cual 

me  iiiYiô  Gaztelû  desde  Yaste.  Ed  ella  dice  buenas  esperanzas 

de  nuesiros  negocios  :  plega  à  Dios  que  baya  ya  socedido»  porque 

cierlo  los  materiales  para  la  empresa  de  acâ  ban  sido  prove- 

bidos  harto  mejor  de  lo  qae  se  pensé,  tiniendo  respeto  à  la 

neeesidad  y  estrecheza  de  los  liempos.  Yo  seguro  que  ba  sido 

bien  menester  el  consejo  y  la  iodustria  de  los  que  ban  entendido 

en  la  provision.  De  Plandes  tengo  carias  de  cuan  à  tiempo 

ll^àron  los  dineros  de  acà,  y  entre  ellos  me  escribe  D.  Antonio 

de  Toledo  cuan,  poquitas  boras  àntes  que  llegasen,  estaban  con 

grandisima  congoja,  por  verse  mucba  gente  à  cuestas,  y  poco 

remedio  para  remediar  aquella  pesadumbre.  Parece  que  Dios 

fué  servido  que  se  reroediase  por  algun  buen  efecto.  Si  lo  que 

el  conde  de  Melito  Ueva  llega  presto,  de  razon  la  guerra  de 

aquellas  partes  barâ  gran  efecto,  salvo  si  no  lo  cumplen  lodo 

en  las  vanidades ,  6  por  mejor  decir  ninerias,  con  que  otras  veces 

se  ftoelen  satisfacer  aquellas  provincias,  que  es  con  qucmar  un 

rerano  y  ser  quemados  otro.  Ya  yo  be  escripto  alla  lo  que  me 

pare€:e,  con  aquella  roodostia  que  se  requière,  escribiéndose 

desde  Plasencia  en  Eslremadura. 

ToMB  n.  45 


r 


(  â^  ) 

Cion  la  caria  de  Vuestra  Merced  vîdo  nna  del  rey  noeslro 
senor  :  â  Vuestra  Merced  beso  las  nianos,  por  el  cuidado  qne 
tubo  de  mandàrmela  enviar,  porque  la  inerced  que  Su  Ma* 
gestad  con  ella  me  hizo,  fuë  tan  grande  cuauto  él  las  suele  haeer 
àlos  quedesea  faborecer.  En  ella  meda  cuenla  de  rouchas  oosas, 
y  la  que  tengo  en  mas,  es  decir  en  ella  cuanto  deseaba  tenerme 
alla,  para  dàrniela  de  lodas.  To,  senor,  aguardo  à  responder 
à  Su  Mageslad  desde  Yuste,  adônde,  si  place  à  Dios,  seré 
presto,  porque  desde  alli  habrft  mas  que  escribille,  segun  andan 
los  negocios.  T  si  este  que  agora  por  aqui  se  trata  es  verdad, 
materia  habrà  para  los  solicitadores.  Yo  muy  sosegado  dejé  i 
fray  Carlo  :  aunque  no  muy  desconfiado  de  sus  fuerzas,  todabla 
le  pa rescia  que  no  bastaban  para  salir  de  alli.  Después  que  yo  do 
le  vi ,  todo  se  puede  baber  mudado.  Todo  lo  creo  del  amor  qae 
liene  à  su  hijo,  y  de  su  buen  ânimo  y  antigua  costumbre,  pu» 
es  criado  en  guerra ,  como  dicen  de  la  salamandria  en  el  bonio 
devidrio.  Mas ,  seiîor,  gente  nueva,  y  caballosbecbos  de  sefiores, 
y  todo  un  ejército  nuevo,  como  digo,  no  se  como  se  hallara  con 
el  qoien  siempre  le  trajo  de  soldados  vegisiroos,  salvo  si  aqad 
negocio  de  Francia  no  esta  tan  bien  ordenado  que  baste  el 
numéro  de  nuestra  ayuda ,  sin  que  tenga  las  calidades  que  digo. 
Esto  digo  de  mi  mano,  por  lo  que  Vuestra  Merced  puede  eoo- 
siderar ,  y  aM  me  atrevo  à  mi  mala  letra. 

Esta  carta  que  ba  venido  para  la  ciudad ,  en  que  dice  que 
Su  Magestad  quiere  por  agora  dejar  «^  Yuste  y  enlrar  por  Na- 
varra  (i),  ha  lèvantado  los  pies  à  todo  el  mundo  :  en  ^rardad, 


(1)  Ce  bruit  répandu,  que  Charles-Quiiit  élait  disposé  à  quitter  le  mooai- 
Xève  (yoy.  le  t.  r«^,  pp.  167  et  168),  provenait  sans  doute  de  ce  quVui  éa 
articles  du  traité  proposé  par  M.  de  Venddme  portait  que  rEmpereur,  si  m 
santé  n*y  mettait  obstacle,  prendrait  le  commandement  de  Tannée  destinée 
i  entrer  en  France  par  les  Pyrénées,  el  que,  dans  ce  cas,  M.  de  Vendéoe 
serait  son  lieutenant.  (Voy.  ci-après,  p.  344,  à  la  note.) 

On  voit,  par  les  lettres  de  Gazlelù  du  8  et  du  13  août,  que  plusieurs  da 
points  de  la  négociation  avaient  transpiré  à  Valladolid,  et  celle  de  Kvj 


•au 


Ooniez  à  Vaxqueff  du 51  ihm  précédent,  dont  nous  avonj  donné  un  extrait, 
p.  f  79,  à  la  note,  montre  qii*en  effet  Cbarles-Quînt  avait  consenti  à  diriger 
Vexpédltwa  contre  la  France. 


(  227  ) 

que  pienso  que  no  ha  de  quedar  hombre  que  do  yaya  con  él.  \| 

Plega  à  Dio8,  seâor,  qnesi  se  ha  de  poner  en  efecto  esta  brabata ,  .  J 

como  dicen  en  Ytalia ,  que  haya  diKgencia ,  porque  tiempo  no  es  '^^ 

en  nuestra  mano  alargalle,  especialmente  que  Navarra  no  es  ■', 

lilstreniadura,  adénde  el  invierno  no  osa  entrar  ton  presto  como  fj 

en  otras  partes.  Yo  estoy  esperando  aqui  al  senor  Jnan  de  Vega, 
que  me  han  dicho  que  es  su  camino  por  aqui  :  tréme  con  él  à 
Yuste,  y  desde  alli  escribiré  â  Vueslra  Merced.  Cuya  iiuslre 
peraooa,  etc. 
De  Plasencia ,  trece  de  agosto  1 557. 

« 

) 

Senor,  agora  en  esta  hora  me  acaban  de  traer  esa  copa  hecha  1 

en  Plandes,  la  cual  es  présente  del  senor  conde  de  Feria  :  es 
para  beber  vino  tinto,  y  yo  no  le  bebo  sino  blanco,  y,  aunque  le 
bebiera  tinlo,  es  tan  chîquila  que  sirve  muy  poco  para  las  sfjdes 
de  filstremadura.  Por  el  peso,  verâ  Vuestra  Merced  en  cuanto 
mas  la  ha  de  tener  que  por  la  hechura.  Esta  invincion  han  hal^ 
lado  los  que  tienen  poco  dioero,  aunque  los  que  estàn  en  Flapdes  ^^ 

no  dan  poco ,  si  dan  copas,  , 

lEtl  COMENDADOR  MâYOR  DE  AlGANTAIIA. 


(  228  ) 


LVIII. 

MARTIN  DE  GAZTBLÙ  A  JUAN  TAZQUEZ. 

ArriTM  il«  D.  Fadrique  Eoriquez  de  Guzmafl ,  avec  des  leUrts  de  Tiniante  de 
Portufral  et  de  D.  Juan  de  Mendoza.  —  Avis  de  l'Empereur  sur  la  nanièn  de 
procéder  avec  l'infante.  —  Salisfaclion  que  lui  ont  CAusêe  les  nmiTelles  de  fanace 
du  duc  d'Albe.  —  Affaire  des  30,000  ducats  déposés  à  Simancaa.  —  Bonctotdc 
la  santé  de  l'Empereur.  —  Juan  de  Vega.  —  Maladie  du  prieur  de  Tnste.  — 
Recommandation  de  Gaxtelû  en  faveur  de  Quijada. 

CuaooS|  17  août  1557. 


Ilusiresenor,  el  correo  que  Vuestra  Merced  mandô  despachar 
de  ahi  à  los  45  de  este  llegô  aqui  à  los  15,  por  la  manana — 
Después  llegô  el  oenor  D.  Fadriqtie  (1),  con  quien  Su  MagcsUd 
recîbiô  las  carias  de  la  senora  infante  y  de  D.  Juan  de  Mendoxa, 
que  van  aqui,  por  las  cuales,  y  lo  que  Su  Magestad  escribe  en 
respuesta  de  las  snyas  (S) ,  verà  lo  que  dice ,  à  que  me  remito  : 
con  lo  cual  creo  que  se  alargarâ  mas  la  partida  de  las  reînas 
para  acà;  y,  si  ha  de  ser  parte  para  que  la  senora  infanla  venga, 
todo  sera  bien  empleado,  y  cualquier  otro  trabajo. 

Con  las  nuevas  del  egército  del  duque  de  Alva  se  hoIgA  So 


(1)  D.  Fadriquo  Enriquex  de  Guzman.  Voy.  p.  306  et  suiv. 

(2)  £n  retjmeêta  de  laM  suyas ,  c'est-i-dire  en  réponse  aux  lettres  de 
Vazquex.  Dans  cette  réponse,  datée  du  17  août,  TEmpereur  chargeait  ¥u- 
quez  de  montrer  les  lettres  de  Tinfante,  de  D.  Juan  Hurtado  de  Meodoza  et 
de  D.  Sancho  de  Cordova  i  la  reine  de  Hongrie,  afin  qu*on  examinât  ce  que 
lui  devait  répondre  i  Tinfanle  :  il  faisait  observer  à  Yazquez  qa*îl  conveiutt 
de  procéder  en  cela  avec  la  plus  grande  douceur,  et  sans  trop  presser  Pia- 
fante  sur  le  moment  de  la  visite  quVUe  promettait  de  faire  à  sa  mère. 

La  reine  de  Hongrie  s^en  remit  à  Tavis  de  son  frère.  (Lettre  de  Vaiqoezi 
TEmpeieur,  du  32  août.  ) 


r 


{  229  ) 

Mageslad  »  y  no  crée  que  la  armada  torquesca ,  aunque  venga , 
como  ae  dice,  barà  macho  efecto. 

No  tomô  Sn  Magestad  mal  lo  de  les  treinta  mil  dncados, 
viendo  la  necesidad  con  que  se  pedian,  y  la  justiGcacion  y  limi- 
tacion  con  que  se  htzo  :  pero ,  por  las  causas  que  escribe  à  la 
serenisima  princesa,  las  cuales*  debe  Yuestra  Merced  haber 
visto,  no  le  ha  parecido  que  debia  permitillo  (1).  Qneda  en  la 
bnena  dispusicion  que  tengo  escrito,  como  el  senor  D.  Fadrique, 
à  qnien  me  remito,  dira.  El  senor  Juan  de  Vega  no  ha  llegado 
aquf ,  ni  tengo  nueva  que  lo  baya  hecho  à  Plasencia.  El  prior  de 
Yuste  esta  mny  malo,  y  acà  hay  muchos  que  lo  estàn,  pero 
mueren  pocos.  Si  Luis  Quijada  viniere  abi,  y  se  le  ofreciere  algo 
que  le  toque,  Vuestra  Merced  tenga  la  mano  para  que  sus  cosas 
sean  favorecidas,  porque  se  que  se  lo  merece,  y  es  bien  conten- 
lalle,  agora  que  se  ha  de  tratar  de  su  quedada  aqui,  y  que  trayga 
à  su  muger  :  pero  sea  para  Vuestra  Merced 

De  Gnacos,  à  17  de  agosto,  à  média  noche. 

Martin  de  Gaztelû. 


(1)  V07.  pp.  SI  4  et  921.  Yazquez  voulut  se  disculper  dVoir  été  pour 
quelque  chose  dans  le  projet  de  disposer  des  30,000  ducats  conservés  dans 
b  forteresse  de  Simancas;  voici  ce  quMl  écrivit  à  PEmpereur  le  30  août: 

•  En  lo  de  k»  30,000  ducados  de  Simancas,  Su  Alteza  me  dijo  lo  que  Vuestra 

*  Ma^eatBÛ  le  habia  escrito  cerca  de«llo;  y  si  yo  fuera  creido,  no  se  bubiera 

*  tratado  de  esto;  y  ansi  ha  bolgado  de  que  Yuestra  Magestad  lo  boy  a  asi 

•  proveido,  pues  estos  30,000  ducados,  para  lo  que  es  nienester  proveer  al 
«  rey,  bacian  poco  al  caso,  y  es  bien  que  Vuestra  Maj^estad  acabe  de  dispo- 
B   ocr  de  ellos,  pues  son  para  cosas  del  aima.  » 


1 


(230) 


LIX. 


LBMPBRBint  A  JUAN  VAZftVEZ. 

• 

ioi«  tTW  laqvflle  il  a  appris  l'iiiTestineoieDi  de  Sainl-Qaentia  par  rannée  da 
roi,  la  défaite  de  M.  d'EDghien  et  le  retard  du  rassemblement  de  Tannée 
française.  —  Il  charge  Vazquei  de  recommander,  de  sa  part ,  aui  eonseib  de  h 
guerre  et  des  finances ,  qu'ils  envoient  le  plus  d'faommM  et  d*argtiit  potsiMa 
au  duc  d'Albe.  —  JNégociation  de  Portngal  t  observation  sur  una  lettre  de  la 
reine  de  France  à  sa  fille  ;  l'Empereur  est  d'avis  que  sa  sœur  en  écrive  une  antre, 
et  ^u'il  ne  soit  fait  usage  de  la  première ,  qu'en  cas  d'absolue  nécessité. 

Yuste,  %A  août  1557. 


El  EHPBKàooit. 

Juan  Vazquez  de  Molina,  mi  secretario  y  del  mi  consejo, 
vimos  vuesirt  carta  de  yeiote  deste,  y  he  holgado  de  entender 
qa*el  ejército  de!  rey  se  hobiese  puesto  sobre  San  Quintin,  y 
que  los  dos  mil  infantes  que  iban  à  cargo  de  Mos.  de  Angnien 
à  meterse  dentro  hobiesen  sido  desbaratados ,  y  quel  rey  de 
Francia  no  tobiése  aun  junta  su  gente  para  impedir  la  egeai- 
cion  de  la  enipresa;  y  espero  en  Dios  que ,  ganândose  esta  plaza, 
como  \q  confio  en  él,  no  podrân  dejar  de  hao^rse  otros  efectos, 
tetiiendo  «I  rey  tau  buen  ejército  y  lo  demis,  cooio  liene 

Quanto  à  lo  del  dinero  y  gente  qu  el  duque  de  AUa  pide,  no 
hay  que  decir  mas  de  que  de  mi  parte  encargueis  à  los  del  con- 
sejo de  la  guerra  y  hacienda  que  hagan  en  lo  uno  y  en  lo  otro 
lo  que  fuere  posible ,  pues  vecn  lo  que  importa  para  lo  i jua  por 
aqnella  parte  podria  liacer ,  y  necesitar  à  los  Franceses  à  que  no 
carguen  por  la  de  Flandes 

En  lo  que  toca  à  la  venida  de  la  infante  dona  Maria,  he  vislo 
lo  que  decis  y  lo  que  las  christianisima  y  serenisima  reyoas  de 
Francia  y  Ungria  mis  hermanas  me  ban  escrito,  y  las  copias  de 


r 


^*€^ 


(  23i  ) 

las  cartas  que  escriben  à  la  infanta  y  à  D.  Sancho  y  D.  Juan  de 

Mendoza  ;  y,  como  qiiiera  que  para  ultimo  remédie  eslâ  lodo  bien 

dicho  y  apuntado,  todavia,  visto  lo  que  los  dichos  escriben  con 

ei  correo  que  partie  de  aqui  anlier  para  esa  corte.  y  la  blandura 

eonque  la  infanta  les  respondiô,  después  de  haber  visto  la  carta 

que  la  reyna  christianisiiua  Tescribiô  de  su  mano  con  el  dicbo 

correo,  me  parece  que  en  ninguna  manera  convendria  que  la 

que  trahe  este  correo ,  de  mano  de  la  reyna ,  para  la  infanta ,  en 

respuesta  de  la  qu'ella  Tescribiô,  se  le  dièse  lu  ego  como  llegase 

el  correo,  por  ser  tan  rigurosa  y  resoluta  que  podria exasperalla 

de  suerte  que  con  esta  ocasion  persistiese  en  lo  escrito,  y  res- 

pondiese  resolutamente  que  no  quîere  venir,  sino  que  la  reyna 

ebristianisima  le  escribiese  otra  que  fuese  muy  mas  bbànda, 

tomando  por  ocasion  para  ello  lo  que  los  dicbos  D.  Sancho  y 

D.  Juan  escriben  de  la  buena  demostracion  que  ha  dado  de 

querer  venir  y  conformarse  con  su  voluntad;  dàndoleà  entender 

qu*ella  se  aUanda  con  confianza  que  por  ello  no  deferirà  mas  su 

parlida,  y  que  asi  se  lo  ruega  y  encarga,  y  que,  sin  dar  lugar  à 

mas  réplicas  ni  dilacion ,  le  avise  del  dia  senalado  en  que  piensa 

podrà  partir  :  anadiendo  à  ello  las  otras  buenas  palabras  y  ra- 

zoDes  que  parecieren  ser  necesarias  :  de  que  se  nos  podrà  enviar 

copia ,  para  que  escriba  yo  à  la  infante  y  à  la  reyna  y  cardenal , 

conforme  à  aquello,  lo  que  convenga,  tratando  del  négocie 

como  de  cosa  acordada  y  concedida.  Y  segun  lo  que  la  dicha 

infante  respondiere,  podrân  los  dicbos  D.  Sancho  y  D.  Juan 

replicalie  à  ello  como  conviniere.aprovecbàndose  para  este  efecto 

de  algonos  de  los  puntos  de  la  dicha  carta  que  la  reyna  chris* 

tiaoisima  escribe  à  la  infante,  de  que  se  les  envia  copia;  y  si, 

después  de  haber  elles  dado  las  taies  cartas  y  hecho  todas  las 

olras  diligencias,  conforme  à  lo  sobredicho,  se  persistiese,  por 

parle  délia,  en  no  querer  venir  6  en  diferir  su  partida,  enténces, 

y  DO  àntps,  por  ultime  remédie,  podrà  el  dicho  D.  Juan  abrir  la 

dîcba  carta  de  la  reyna,  y  leeila  à  la  infanla,  y  quedarse  con 

ella;  y  ordenàrselo  asi  à  él  por  escrito  en  otra  carta  à  parte, 

qu^él  le  podrà  mostrar,  para  que  lo  pueda  hacer,  sin  que  se  le 


(  233  ) 

impute  culpa  por  ello ,  porque  no  convendria  que  la  dicha  cairtt 
viesen  la  reyna,  ni  el  cardenal,  ni  otra  persona,  por  algunas 
cosas  que  contiene,  qu'es  bien  escusar,  pudiendo. 

De  todo  lo  cual  me  ha  parecido  ronndaros  avisar,  para  que  lo 
consuUeis  con  las  reinas  rois  hermanas  y  la  princesa  mi  hija,  y 
que,  pareciéndoles  se  baga  el  despacbo  en  esta  sustancia,  lo 
vean,  y,  como  qiiier  que  fuere,  s'envie,  con  la  mas  brevedad  qoe 
ser  pudiere ,  aquf ,  donde  habemos  niandado  que  se  detenga  el 
corrco  que  iba  à  Portugal ,  basta  que  Ilegue  la  respuesta ,  pues 
podrà  venir  dentro  de  seis  dias;  y  aunque  no  fuera  por  otra  causa, 
sino  por  qu*esla  dicba  carta  no  se  diera  à  la  infanta,  por  lo  que 
se  podria  sospechar  que  la  mostrara,  lo  bubiera  becho,  hasla 
avisarles  dello ,  para  que  se  pudiera  ordenar  al  dicho  D.  Juan  lo 
que  en  este  caso  debia  bacer ,  conforme  à  lo  sobredicho  (\). 

De  Yuste,  à  24  de  agosto  de  1557. 


Carlos. 


Por  mandado  de  Su  Hagestad  : 
Martin  de  Gaztelû. 


(1)  Les  deux  l'eines,  sur  de  nou?eaux  renseignements  qu^elies  reçurent  de 
Lisbonne,  ne  se  conformèrent  pas  à  l'avis  de  TEmpereur,  et  persislèicnt 
dans  renvoi  de  la  lettre  que  la  reine  Éléonore  avait  écrite  à  sa  fille.  (Lettre  de 
Vazquez  à  PEmpereur,  du  30  août.) 


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•  i^ï^ 


(  233  ) 


LX. 


MARTIN   DE  GAZTELU  A  JUAEf   VAZQUEZ. 

Proposilion  de  FEroperetir  à  Quijada,  pour  que  eelai-ci  reste  à  son  sen'iee. — 
Difficultés  que  Quijadt  y  trouve ,  et  qui  font  douter  à  Gtslelû  qu'il  accepte.  — 
Renteignements  demandés  par  rEnipereur  sur  les  avantages  faits  à  D.  Garcia 

*  de  Tolède  et  à  ceux  qui  ont  rempli  des  charges  analogues.  —  Départ  de  D.  Juan 
de  Mendoxa  y  Ribera  pour  Lisbonne  :  instructions  verbales  que  lui  donne 
TEmpereur  ;  autres  instruclioni  qu'il  désire  que  Tatquei  lut  transmette;  point 
de  la  préséance  entre  lui  et  l'ambassadeur  de  France.  —  Arrivée  de  Juan  de  Vega 
■  Cabexuela.  —  Bonne  santé  de  l'Empereur. 

Cuacos ,  24  août  1557. 


Jiustre  senor, el  Eoiperador  ha  propuesto  al  senor  Luis  % 

Quijada(l)  hoy,  en  acabando  de  corner,  laa  causas  que  tiene 
para  no  poder  dejar  de  servirse  de  él  ;  y  hasta  agora  no  ha  tomado 
resolacîonen  quedar,  por  lasmuchasdiflBcultadesquehalla  para 
no  podello  hacer  solo,  y  mucho  mayores  trayendo  à  su  muger,  y 
tener  tanta  necesidad  de  ester  en  su  compania.  Y  estendo  el 
negocio  en  estos  términos,  me  ha  mandado  que  escriba  con  este  || 


à  Yueslra  Merced  que  avise  de  lo  que  se  da  à  D.  Garcia  de  To- 
ledo ,  por  razon  de  ser  mayordomo  de  la  senora  princesa ,  y  asi- 
mîsmo  al  que  lo  fué  de  la  serenlsinia  reina  de  Bohemia,  cuando 
esteba  en  eslos  reinos ,  y  tambien  &  los  del  rey  nuestro  senor,  y 
al  marqués  de  Dénia,  que  lo  era  de  la  reina  nuestra  senora ,  para 
que,  enlendidolo  de  todos  estos,  mire  en  lo  que  sera  justo 
hacer,  y  que,  demàs  de  esto,  le  avise  Vuestra  Merced  de  su  pa- 
recer ,  y  que  liaya  en  ello  todo  secreto ,  sin  que  se  entienda  el  fin 


(1)  Dans  une  autre  lettre  du  même  jour,  Gaztelù  mande  i  Vazquez  que 
Quijada  est  arrivé  la  veille ,  au  grand  contentement  de  TEmpereur. 


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I 

11 


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(  234  ) 

porquese  desea  saber,  y  que  venga  la  respueata  con  el  primero, 
porque  importa  la  brevedad  ;  y  en  ei  entretanlo  se  ira  eotrele- 
DÎendo  la  conclusion  del  negock),  aunque  tengo  por  dificoltoso 
el  acaballo  cou  él. 

D.  Juan  de  Mendoza  de  Rivera  bes6  boy  las  manos  al  Empe- 
rador,  y  se  despidié  dél,  para  prosegnir  su  vîaje  à  Portugal  à 
servir  su  cargo  de  embajador;  y  estàndolo  baciendo,  le  dié 
Su  Magestad  parte  de  algunas  cosas,  previniéndole  del  fin  que 
ba  de  tener,  y  bàme  tambien  mandado  que  escrîba  à  Voestra 
Merced  para  que  se  le  envie  instruccion,  asi  de  lo  que  Voestra 
Merced  y  el  senor  marqués  de  llondejar  le  digéron  de  palabra 
ahi  en  el  eonsejo  de  Estado ,  como  en  io  que  loca  6  lo  de  la 
gobernacion  de  Portugal  y  lo  de  la  sucesion  de  aquel  reino;  y 
tambien  cuando  se  ofreciere  algun  caso  de  la  calidad  dd  que 
D.  Sancho  escribié  al  Ëmperador  con  D.  Fadrique,  en  eartade 
1  i  de  este ,  del  capitulo  del  cual  envio  copia ,  y  de  todo  io  demàs 
que  à  Yuestra  Merced  se  le  ofreciere  y  tuviere  enlendido  por  lo 
que  el  dicho  D.  Sancho  y  1).  Juan  Hurtado  de  Mendoza  ban 
escrito  {i  ),  y  al  ser  en  que  estân  los  negocios,  de  la  érden  que  eo 


(1)  AU  lettre  de  Gaztelû  est  jointe  une  pièce  intitulée  :  Puntoi  de  cariai 
de  D.  Sancho  de  Côrdova  y  D.  Juan  Hurtado  de  Mendoza  ^  dont  voici 
les  passages  les  plus  saillants  : 

K  Dice  D.  Juan  que,  aquellos  dias  de  la  muerte  del  rey,  decian  los  Porto- 
gueses  algunas  palabras  en  perjuicîo  de  essos  reynos,  que,  por  ser  palalN^s, 
no  iiay  para  que  bacer  cuenta  de  ellas ,  y  que  oon  pequeAas  oracioMS  » 
^ueltan  â  deciUas,  y  que  decia  Simon  Gonzalez,  corregidor  de  paJacio,  es- 
tando  en  él,  y  en  alta  voz  :  «  £1  principe  de  Caslilla  querria  sello  de  Portugal, 

i>  y  el  rey  de  Portugal  corne  por  mano  de  dos  Castellanos  ;  » que  bay 

grandes  envidias  entre  algunos  que  govieinan  y  parcialidades  de  amistades, 
y  que  podria  ser  que  de  aqui  viniese  k  descubrirse  atgo  algun  dîa,  y  qur  en 
los  principios  la  reyna  se  goveroaba  por  el  cirdenal 

»  Dice  D.  Sancho  que  el  rey  dejô  un  escripto,  de  mano  del  secretario,  m 
que  nombraba  por  gobernadora  y  tutora  à  la  reyna ,  y  siu  firma  mas  de 
que  lo  juran  el  dicho  secretario  y  un  tal  Caravallo ,  y  que  aquello  se  guarda, 
y  que  la  reyna  queria  que  juntamente  lo  fuese  el  cardenal  \  que  los  confcsos 


r 


(  255  ) 

lodo  ello  ha  de  tener  para  eu  todos  casos,  porque,  en  lo  que  toca 
à  lo  «lel  asîenlQ  y  precedencias  de  entre  él  y  el  embajador  de 
Francia,  ya  Su  Magestad  ha  dado  forma  de  lo  que  en  ello  se 
debe  hacer,  para  escusar  disensiones  y  competeneias  que  no 
convendrian  en  este  tiempo,  segun  los  términos  en  que  estân 
las  cosas,  y  que,  hecha  la  dicha  instruccion,  se  envie  al  dicho 
D.  Jaan  de  RÎTera,  el  cual  partie  esta  noche  para  Xaraiz,  y  de 
alli  partira  manana  y  proseguiré  su  viaje,  de  manera  que,  cuando 
llegue  &  Portugal,  la  halle  alla,  y  que  se  envie  copia  de  ella  acâ, 
para  que  Su  Magestad  la  vea;  y  si  conviniere  prevenirle  de  otra 
cosa  de  mas  de  aquello,  lo  pueda  hacer....... 

£1  senor  Juan  de  Yega  es  llegado  à  Cabezuela ,  cuatro  léguas 
de  aqui,  y  manana  à  la  noche  vendra  à  dormir  à  este  lugar,  lo 
cual  ine  ha  dicbo  nn  criado  suyo  que  ha  enviado  por  sus  cartas 
que  estaban  en  mi  poder» 

Su  Magestad  esta  bueno  ;  y  la  que  escribe  de  su  mano  à  la  de 
Hungria,  le  mande  Vnestra  Merced  luegg  dar.  Cuya  ilustre»  etc. 

De  Cuacos ,  à  24  de  agoslo ,  à  la  noche ,  1 557. 

Martin  de  Gaztelû. 


que  estân  en  aquel  reyno,  que  saliéron  de  este,  son  mas  franceses  que  la 
flor  de  lis.. 

»  Trata  D.  Sancho  muy  largo  en  que  la  infanta  pone  escusas  en  su  venida , 
fMW  lo  qne  dix  que  alla  le  ofrescen  demàs  renta  y  casamiento  con  el  infante 
O.  Duarte,  y  esperanias  de  la  sucesion,  en  caso  que  el  rejr  muriese,  y  que 
el  canlenal-iofanle  tambien  podria  suoeder.  Y  pai'esciale  à  D.  Saneho  que 
esta  era  buena  cojruntura  para  Iratar  en  lo  de  la  sucesion  de  aquel  rejrno, 
porque  i^udaria  que  la  infanta  ni  el  cardenal  tratasen  de  ello;  y  otras  cosas 
sobre  esta  maleria 

fl»  D.  Juan  dice,  en  una  sujra  de  doce  de  af^osto,  que  es  muy  bien  que  la 
proposicton  ea  lo  de  la  jura  y  suceston  se  hiciese ,  porque  le  parece  que  séria 
Bias  Mstj^uro  agora ,  y  que,  aunque  I>.  Fadrique  b  propaio  k  la  reyna  disiau- 
J^damente,  no  le  sali6  à  ello.  » 


(  236  ) 


LXI. 


L*EMPERBUR   A   LA   PRINGBSSE  DONA  IDASfA. 


ArrÎTée  aux  Açores  de  la  flotte  dea  Indes ,  et  de  eeHe  de  D.  Ahran  de  Bam.  ^ 
L'Enporeur  invite  la  princesse  à  prendre  immédiatenent  les  Mesure»  Met»* 
saires  pour  qu'il  ne  puisse  être  rien  distrait  de  l'argent  apporté  par  la  flotte  de» 
Indes.  —  Bon  état  de  sa  santé. 


Yu9te,S0août  1557. 

Hija ,  por  cartas  de  D.  Saocho  de  Cérdova  y  I).  Joan  Hartado 
de  Méndoza  de  veinte  y  seis  de  este,  habemos  entendido  qoe 
D.  Juan  de  Meoeses,  à  cuyo  cargo  fué  el  ano  paaado  la  armada 
de  aquel  reyno  à  la  Yndia,  era  vuello  con  sola  la  nao  capitana, 
sin  saber  de  las  demàs,  por  haber  partido  despaés  qae  ellas,  j 
que,  de  una  caravela  que  llegô  con  ella  la  nocbe  àntes,  se  ha 
entendido  que  la  armada  del  rey  mi  liijo,  que  viene  de  las  Yndias, 
era  Uegada  à  la  ysla  de  los  Azores,  y  el  mismo  dia  la  del  caifo 
de  D.  Alvaro  Bazan,  y  que  las  vie  y  dejô  jnntas  :  qae  ha  sîdo 
harta  ventura  para  la  seguridad  de  ella  y  muy  buena  nneva  en 
esta  coyuntura  ;  y  asi  espero  que  no  puede  ya  tardar.  T  aunque 
creo  que  tendréis  ya  aviso  de  esto,  todavia  me  ha  parecido  dàr- 
osie,  para  rogaros,  hija ,  que  pues  veis  en  lo  que  se  halla  ei  re; 
vuestro  hermano,  y  cuanto  importa  à  su  repulacion  y  à  h  de 
lodos  que  sea  provehldo,  que  desde  luego,  sin  perder  pnnto  de 
tiempo,  ni  aguardar  à  que  llegue  la  dicha  armada  à  Sevilla ,  pm- 
veais  que  vaya  alguna  persona  de  calidad  y  conGanza  «  para  que 
se  prevenga  y  ponga  todo  lo  que  en  ella  viene  à  aiuy  buen 
recaudo,  de  manera  que  no  sucedan  las  desérdenes  qoe  por  lo 
pasado;  y  que,  si  algtin  maestro,  mercader,  pasajero  ni  otn 
persona  lo  intentare,  sea  luego  ejemplarmente  castigado,  y  que 
tambien  escribais  al  dicho  D.  Alvaro,  para  que,  si  se  tnijeroi 


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(  237  ) 

algunas  partidas  por  registrar  abscondidamenle,  provea  que  en 
la  armada  de  su  cargo  no  se  recîba  ni  enire  persona  de  las  que 
vinieren  en  la  de  Yndias  :  previoiendo  lodo  lo  demâs  que  convi- 
niere,  conforme  à  lo  que  résulta  de  las  informaciones  que  se 
han  recibido»  y  à  lo  que  mas  pareciere  convenir;  dando  aviso  de 
todo  elle  al  rey,para  que  él  le  dé  de  lo  que  en  ello  se  debe  hacer, 
5  seguir  la  ôrden  que  en  tal  caso  tobiere  dada  (i  ). 

Yo  me  hallo  en  buena  disposicion ,  gracias  à  Nueslro  Senor.  Él 
os  guarde  como  yo  deseo. 

De  Yuste,  à  50  de  agosto  de  15S7. 

El  enviar  la  dicha  persona  à  Sevilla  se  entiende  en  caso  que 
no  pareciere bastante  provision,  para  lo  aobredicho,  los  que  all 
estàn  para  poder  entender  en  ello. 

Yuestrobuenpadre, 
Carlos. 


(1)  Cette  flotte  des  Indes,  composée  de  quatre  navires  de  la  Nouvelle- 
Espagne  et  de  sept  de  terre  ferme,  était  commandée  par  D.  Martin  de  Aven- 
dafto  y  Gamboa.  Lorsqu*elle  arriva  aux  Açores,  D.  Alvaro  de  Jlazan,  que 
le  conseil  des  Indes  avait  envoyé  au-devant  d*elle,  en  prit  le  oommandemenL 
Elle  mouilla  dans  le  port  de  San  l^ucar  le  6  septembre.  Elle  apportait  en 
argent  386,454  ducats  pour  le  roi,  et  037,053  ducats  pour  les  marchands 
et  particuliers.  (Lettre  du  conseil  des  Indes  à  TEmpereur.  du  18  septembre.  ) 

La  princesse,  avant  la  réception  de  ta  lettre  de  son  père,  avait  déjà  pris  les 
précautions  convenables  pour  que  rien  ne  fût  distrait  de  cet  argent  :  aussitôt 
qu*elle  sot  Farrivée  de  la  flotte  à  San  Lucar,  elle  ordonna  aux  officiers  du  roi 
à  SévilJe  de  le  iaire  expédier  à  Santander ,  pour  y  être  embarqué  et  dirigé  sur 
les  Pa/s*Bas. 

Ce  secours  inattendu  arriva  tori  à  propos  pour  les  alTaires  de  Philippe  H. 
(  Lettre  de  Vaxqnez  à  TEmpereur,  du  0  septembre.) 


n 


(  238  ) 


LXIL 

MARTIN  DE  GAZTELU  A  JUAN  VAZQUEZ. 

Arrivée ,  réception  par  l'Empereur  et  dépari  de  Ju&n  deVega.  —  Quîjada  eeueal 
à  retter  avec  l'iCapereur,  et  à  faire  venir  sa  fenuae.  —  Néceiaité  d'aifcnL  - 
Bonne  santé  et  contentement  de  l'Empereur. 

Cuacos,  SI  août  1557. 


Ilustre  senor,  à  los  â4  de  este,  à  la  iioche,  escribi  ultimamente 
à  Vuestra  Merced  con  ei  correo  qui  vino  aquf  para  pasar  à  Por- 
tugal, como  hnbrà  visio.  Lo  que  después  hay  que  decir  es  que  el 
seûor  Juan  de  Vega  (1)  llegô  el  dia  siguiente  à  la  tarde;  posé  en 
este  lugar  en  la  casa  del  senor  Luis  Quijada,  y  por  aquel  dia  no 
fué  Â  Yuste,  basta  el  otro  después  de  corner,  que  besé  las  manos 
à  Su  Majestad,  la  cual  holgô  harto  de  velle,  porque  me  ballé  pré- 
sente. Ëstuvo  câsi  hora  média  en  esta  visita.  Se  dispidié,  sin 
haber  àntes  ni  después  hecbo  otra  ;  y  asf  se  partie  de  aqni  à  Im 
28  de  este,  â  la  manana,  para  Cabezuela,  donde  se  habia  de  ver 
con  el  coroendador  mayor  de  Àlcàntara. 

El  senor  Luis  Quijada,  después  de  haber  pasado  muebas  pU- 
ticas  sobre  su  quedada  6  ida«  ba  determinado,  sin  embargo  de 
todas  las  inoomodidades  que  se  han  ofrecido  para  no  poder  traer 
ni  estar  aqui  su  muger,  de  conformarse  con  la  voluntad  de  Sa 
Magestad,  y  S(?rvirle,  y  traerla  aqui,  como  él  lo  debe  escribir  â 
Vuestra  Merced;  y  para  tratar  del  entretenimiento  que  le  ba  de 
dar,  se  aguarda  la  respuesta  de  lo  que  escribi  â  Vuestra  Mereed 
con  el  dicbo  correo 


(1)  Président  du  Conseil  de  Gastille.  \oy,  le  1. 1"^ ,  p.  178,  note  1 . 


i 


(239  ) 

El  Emperador  me  ha  mandado  que  escriba  à  Vuestra  Mer- 
ced para  que,  cou  el  primer  correo  que  se  despachare  à  Sevilla, 
dé  ôrden  à  Sancho  de  Paz  que  luego,  sin  perder  punto  de  tiempo, 
envie  à  Su  Magestad  5,400  ducadoa,  les  einco  mil  de  elles  para 
su  gasto  de  los  très  primeros  meses  de  octubre,  noviembre  y 
deciembre,  y  los  cualrocientos  restantes  por  otros  tantes  que 
se  han  dado  aqui,  de  los  dineros  que  habia  para  este'efecto,  al 
embajador  del  rey  de  Tunez,  que  debe  de  ser  ya  llc^do  ahf ,  y  à 
un  Portugués  que  dié  ciertos  avisos  de  que  se  ha  dado  razon  à 
Su  Magestad  Real  (1);  y  sepa  Vuestra  Merced  que  no  hay  en  mi 
poder  200  ducados,  y  que  conviene  que  se  haga  provision  de 
trigo  y  otras  cosas  para  todo  el  ano;  y  si  las  reinas  han  de  venir, 
sera  necesario  que  haya  tanta  mas  brevedad  en  este. 

Su  Magestad  esta  bueno,  y  muy  contcnto  con  la  quedarla  del 
seûor  Luis  Quijada.  Plegue  à  Dios  que  él  y  su  muger  lo  esten 
con  el  tiempo 

De  Cuacos,  â  51  de  agosto  de  1557. 

Martin  de  Gaztelù. 


(1)  Voj.  p.  216. 


(240  ) 


LXIII. 


L  EMPEREUR   A   PHILIPPE   II. 

11  a  proposé  et  fait  proposer  par  Gaatelû  à  Quijada  de  rester  auprès  de  lui,  et  de 
faire  venir  sa  femme  :  après  quelques  diffieultés,  Qnijada  a  conseoli ,  nais  saa( 
vouloir  s'expliquer  sur  le  traitement  qu'il  désire,  et  s'en  remettant  làilesmsi 
l'Empereur.  —  L'Empereur  a  faitpreodre  des  renseignements  sur  les  avaBls|e$ 
dont  ont  joui  d'autres  personnes  qui  ont  rempli  des  charges  semblables,  et  les 
envoie  à  son  fils  :  il  a  écrit  à  Ruy  Gomes,  pour  avoir  son  avis  sur  le  traitemeat  rt 
la  gratification  qu'il  accordera  à  Quijada  ;  si  Ruy  Gomos  a  déjà  quitté  l'E^agie, 
il  désire  que  le  roi  luhméme  lui  mande  son  sentiment  à  r%ard  de  l'un  et  de  l'aiilre 
point.  —  Joie  que  lui  ont  donnée  la  lettre  du  roi  et  les  nouvelles  de  la  déroute 
des  Français  :  félicitations  qu'il  en  adresse  à  son  fils  ;  paroles  de  consobtioa  sir 
ce  qu'il  ne  s'est  pas  trouvé  à  la  bataille.  —  Règlement  det  gages  du  deelrar 
Mathys  et  de  Gaztelù  :  réclamation  du  premier.  —  Postscriplum  autographe 
pour  consoler  de  nouveau  le  roi  sur  ce  qu'il  n'a  pas  assisté  à  la  bataille  de  Saint- 
Quentin. —  Lettre  de  l'évéqued'Arras,  à  laquelle  l'Empereur  répondra ,  après 
l'arrivée  de  la  reine  de  Hongrie,  qu'il  attend. 


Yuste,  17  septembre  1557. 


Hijo,  âlos  8  del  pasado,  os  eacribi  ultimamente,  respondieado 
  viiestras  cartas,  y  tengo  aviso  que  Ruy  Gomez  recibiô  las  mias 
en  Laredo.  Y  después  lle^ô  aqui  Luis  Quixada  ;  y,  habiéndole  ba- 
blado  sobre  su  qiiedada  y  que  trugeseâsu  muger,  mandé  à  Gaz- 
telù que  lo  hicicse  mas  cumplidamente  de  mi  parte;  y,  pnesto  que 
se  le  ofreciéron  algunas  dificnltades,  todavia  vino  en  eilo  :  de  que 
liolgué  conio  cosa  que  taiito  deseaba.  Y  queriendo  después  que 
se  plalicase  con  él  sobre  el  tratamiento  que  le  tengo  de  hacer, 
se  escusù  dello ,  rcmitiéndolo  à  mi.  Y  para  que  pudiese  alinar 
mas  en  ello ,  se  escribiô  h  Joan  Yazquez  que  avisase  de  lo  ({ue  se 
habia  hecho  con  olras  personas  que  han  servido  en  semejantes 
lugares;  el  cual  ha  cnviado  la  relation  de  que  va  con  esta 


r 


(  241  ) 
copia  (4),  por  donde  veréis  lo  que  della  résulta.  Y  cotnoqniera 
que  no  se  la  ôrdeo  y  comision  que  sobr'esto  distes  à  Ruy  Gomez, 
ni  él  me  ba  avisado  della,  mas  de  haberme  enviado  copia  de  la 
carta  que  le  escrebistes  à  10  de  juuio,  en  que  hay  un  capitulo 
que  babia  en  ello,  le  scribo  con  este,  para,  en  caso  que  no  se 
hobiese  hecho  à  la  \ela ,  que  me  avise  dello  cumplidamente,  con 
su  parecer,y  de  la  ayuda  de  costa  que  séria  juste  se  le  dièse,  atento 
à  que  no  se  la  he  dado,  después  que  llegué  à  estos  reinos,  y  el 
gasto  que  ba  hecbo  y  el  que  se  le  ofrece  en  traer  à  su  muger  y 
casa ,  y  reedificar  en  la  que  en  Cuacos  ha  de  posar,  con  érden 
que,  si  el  dicho  Roy  Gomez  fuese  partido,  pase  el  correo  adelante 
hasta  alcanzarle,  ô  adônde  vos  estovierdes,  para  que,  visto  lo 
sobredicho,  mireis  lo  que  en  lo  uno  y  en  lo  otro  debo  bacer,  y 
me  aviseis  luego  dello. 

Con  este  correo,  que  trujo  la  nneva  de  la  rota  de  les  Franceses 
y  prision  del  condestable  y  los  demàs ,  recibf  vuestra  carta  de 
once  del  pasado,  con  que  bolgué  cuanto  es  razon,  à  la  cuai 
rcsponderë  con  otro.  Solamente  dire  aqui  que  ba  sido  y  es  tan 
grande  el  contentamiento  que  be  tenido  y  me  queda ,  que  no  me 
puedo  contentar  de  dar  gracias  à  Dios  de  ver  quan  buen  prin- 
cipio  ha  dado  à  vuestra  primera  jornada,  que  es  lo  que  siempre 


(1  )  Il  résulte  de  cette  relation  que  le  comte  de  Cifueotès  avait  eu  environ 
3,400  ducats  comme  grand  majordome  de  l'impératrice;  que  le  même  traite- 
neot  avait  été  assigné  au  comte  de  Miranda  et  au  marquis  de  Tavera,  suc- 
cessivement grands  maîtres  des  infantes;  que  le  marquis  de  Dénia  et  sa 
lêmme  avaient  eu  3,000  ducats,  en  qualité  de  gouverneurs  de  la  maison  de  la 
princesse  Marie  de  Portugal,  première  femme  de  Philippe  II,  et  le  grand 
commandeur  de  Gastille,  don  Juan  de  Zùbiga,  3,000  ducats  comme  ayo  (gou- 
Temeur)  du  prince  Philippe,  outre  9,800  comme  son  grand  majordome;  que 
Jes  g^gea  de  D.  Garcia  de  Tolède  ne  paraissaient  pas  avoir  été  fixés  pour  sa 
place  de  grand  majordome  de  la  princesse  dofta  Juana,  mais  quMI  recevait 
^Ù(H}  ducats  en  qualité  d'ayo  du  prince  D*  Carlos,  outre  4,040  ducats  pobr 
mon  plat,  selon  Tusage  de  la  maison  de  Bourgogne. 

Vaxquez  était  d'avis  que,  vu  les  services  et  les  mérites  de  Quijada,  r£mpe- 
rear  devait  se  montrer  libéral  envers  lui. 

TOMB  II.  i6 


(  243  ) 

la  he  pedîdo  y  esperaba  ;  y  asi  eonfio  en  él  que  lo  llevarà  adeliate, 
y  que  redudrà  vaestraa  eosai  al  aer  y  termines  qae  conviene  pin 
la  quietud  de  la  cristiandad  y  bien  delloa  ;  y,  aooque  tengo  peaa 
por  la  que  vos  babréia  reeebîdo  de  no  haberos  hallado  en  esta 
vitoria,  todavia  me  conauelo,  y  asi  lo  debeia  vos  hacer,  pues  aatà 
claro  que,  si  estoviérades  en  el  campo,  no aaliera  el  oondestable 
tan  conBado  en  que  se  os  habia  de  enviar  esoolta;  y  si  asi  fuera, 
no  resultara  lo  sobredicho.  Y  pues  fué  neeesario  que,  para  que 
suoediese,  no  fuésedes  llegado  al  eampo,  mejores  que  baya  sido 
asi. 

En  lo  que  toca  al  doctor.  Enrique  Matisio,  que  esta  aquf  sir- 
viéndome,  visto  lo  que  deeis,  y  lo  que  Eraso  escribié  à  Gaitelù 
que  08  parecia ,  babemos  acordado  que  las  30  plaças  que  tiene 
de  gajas  cada  dia  en  los  libres  de  vnestra  casa,  se  le  cuentan  ahi 
hasta  ûltimo  de  junîo  deste  ano,  no  obstante  que  (segun  diee)  se 
le  ban  testado,  y  desde  prlmero  de  jiilio  sigoiente  en  adelanle 
acô ,  para  ser  pagado  délias  como  y  cuando  los  otros  criados  que 
aqui  me  sirven  ;  y  en  lo  del  asiento  de  médico,  con  la  cédula  de  la 
ayuda  de  oostaestraordinaria,  que  enviastes,  pueste  que  mandé 
decirle  la  merced  que  en  esto  le  haeiades,  no  se  satisfizo  oon 
elU  »  pretendiendo  que  se  la  inandâsemos  acrecentar,  atento  &  io 
que  déjà  de  ganar  estando  aqui ,  y  trayendo  por  consecuencia  lo 
que  mandâbamos  dar  à  los  doctores  Cornelio  y  Yesalio  ;  y  asi  se 
le  ban  anadido  otros  40,000  maravedis  en  cada  un  ano ,  por  via 
de  ayuda  de  costa,  los  cnnies  se  le  pagarân  junto  con  sus  gajas,  y 
esto  solamente  por  el  tiempo  que  nie  sirviere  aqui,  y  no  raas  :  por 
manera  que  vendra  h  montar  lo  de  sus  gajas,  con  lo  del  asiento 
de  médico  y  la  cédula  que  con  él  vino,  y  los  dichos  40,000  ma- 
ravedis de  ayuda  de  costa,  229,500  maravedis,  que  hacen  612 
ducados  :  con  que  lo  deste  queda  asentado  ;  y  lambien  lo  de 
Gaztelii,  à  quien  he  mandado  senalar  à  razon  de  400  dacados  de 
salarie  al  aûo ,  para  con  que  se  enlretenga.  Y  Nuestro  Sefior  os 
guarde  como  yo  deseo. 

De  Yuste,  â  17  de  setiembre  de  1557. 


'rr^^T-v^: 


(  2^  ) 

De  la  main  de  V Empereur, 

Hijo,  â  tan  biiena  nueTa  Tuera  justo  responder  de  mi  roano: 
naa,  pues  arriba  digo  lo  que  yo  sabrya  escrebir,  y  principal- 
meotepara  consolaros  de  no  averos  hallado  ^n  esta  jornada,  no 
aerà  meiieiterque  diga  maa,  puea  ea  mejor  que  baya  aidosio  que 
06  hallaaaedes  en  ella ,  que  hubiera  de  dexar  de  aer,  quanto  mas 
que,  por  la  ora  de  bagora ,  segun  por  acâ  se  dice,  os  habrà  que- 
dado  la  mano  sabrosa  de  la  toma  de  San  Quinlin,  y  de  otras  cosas 
que  08  babràn  acontecîdo.  Plega  à  Dios  que  todo  sea  como  os  lo 


Yoestro  bueq  padre, 

Carlos. 

Yo  vi  lo  quel  obîspo  d*Aras  me  escribiô  por  vuestro  man- 
dado  ;  y  por  ser  muchos  los  puntos,  y  esperar  aqui  presto  la  reina 
da  HungHa ,  que  dicen  que  esta  la  de  Franoia  y  ella  k  punto 
para  partir  de  Valladolid,  sy  la  infanla  dona  Maria  no  lo  estorba, 
porque  besto  vea  un  poco ,  y  asi  no  respondo  à  esta  carta  del 
obispo ,  por  haber  sobre  algunos  puntos  el  parecer  de  la  dicba 
reyna. 


} 


«* 


(  244  ) 


LXIV. 

l'empereur   a  PHILIPPE   II. 

Vu  le  silence  du  due  de  Vendôme  sur  la  dernière  proposition  qui  lai  a  été  fiile , 
et  la  tournure  favorable  qu'ont  prise  les  affaires  du  roi ,  il  pense  qu'il  ftudrttt 
se  délier  des  engagements  contraetés  envers  lui ,  et  l'en  avertir. 

Yutte,  32  septembre  1557. 


Hijo ,  ya  habréis  sabido  como  el  de  Eicurra  y  el  secrelario 
Burdeo  TÎniéron  â  tiempo  que  Ruy  Gomez  se  haliaba  présente, 
y  lo  que,  por  parte  del  duque  de  Vandoma,  se  me  propuso,  y  los 
capitules  que  en  su  nombre  diéron ,  y  la  respuesta  que  à  elles  se 
dié  (t).  Y  visto  que  hasta  .agora  no  me  han  avisado  que  la  ha 


(1)  Voici  les  points  principaux  dont  TEmpereur  était  convenu,  a  Yuste, 
avec  Ezcurra  et  le  seci*étaire  Burdeo,  à  Tintervention  de  Ruy  Gomez  (vo/.  le 
t.  I",  pp.  161  et  162): 

1»  Dans  les  trois  mois  à  partir  du  jour  où  Tarmée  espagnole  passerait  \» 
Pyrénées ,  TEmpereur  et  le  roi  remettraient  à  M.  de  Vendôme  PEtat  de  Milan 
et  tout  ce  qui  en  dépendait. 

9"  M.  de  Vendôme  et  ses  successeurs  ou  ayants  cause  posséderaient  en 
toute  supériorité  les  terres  de  la  maison  d'AIbret,  le  comté  d^ArmagnaC)  la 
vicomte  de  Marsan,  Tursan,  Gabardan,  Busan  (sic),  Bigorre,  le  comté  de 
Foix,  le  Périgord,  le  Limousin;  iU  auraient  le  droit  d*y  pourvoir  à  tous  les 
archevêchés,  évéohés  et  autres  dignités  et  bénéfices. 

3"  Ils  posséderaient  de  même  le  comté  de  Comminges  et  le  Condomois, 
qu'avait  usurpés  le  roi  de  France. 

4"  M.  de  Vendôme  i>ourrait  échanger  ou  vendre,  sans  payer  aucun  droit, 
les  terres  qu'il  avait  aux  Pays-Bas. 

5"  L'Empereur  promettait,  pour  le  cas  que  sa  santé  le  permît,  dese  metue 
à  la  tête  de  Texpédition  qui  devait  entrer  en  France  par  les  Pyrénées.  Alors 
M.  de  Vendôme  se  contenterait  d'être  son  lieutenant.  Si  l'Empereur  n'y  était 
pas,  le  commandement  en  chef  appartiendrait  à  ce  dernier. 

0"  L'Empereur  et  le  roi  prêteraient  aide  et  secours  à  M.  de  Vendôme  pour 


(  24S  ) 

enviado  de  ningana  cosa,  para  que  el  negocio  8e  pusiese  en 
«gecucion,  ni  se  lo  que  por  esa  parte  ha  hecho  en  lo  de  la  Fera, 
Han  y  la$  otras  plaças,  y  que  vuestras  cosas  estàn,  por  la  bondad 
de  Dios,  en  tan  buenos  términos,  no  querria  que  estuviésemos 
vos  y  yo  prendados,  por  razon  de  lo  que  en  este  se  ha  tratado, 
asi  en  lo  de  Milan  como  en  lo  demâs,  sino  que,  pues  no  ha 
enviado  la  respuesta  de  la  ûltima  resolucion  al  tiempo  que  era 


la  conservation  de  TËtat  de  Milan;  ils  continueraient  la  guerre  pendant  Tan- 
née actuelle  du  c^té  du  Piémont,  et,  les  trois  années  suivantes,  ils  lui  four- 
niraient un  secours  de  10,000  hommes  d^infanterie. 

7«  Les  mariages,  confédérations  et  Kgues  se  feraient  conformément  à  ce 
qui  avait  été  négocié,  c'est-à-dire  que  le  fils  aîné  de  M.  de  Vendôme  se  ma- 
rierait avec  la  fille  qui  naîtrait  du  mariage  du  roi  Philippe  avec  la  reine 
d'Angleterre,  ou,  à  défaut,  avec  une  fille  du  roi  des  Romains  ou  du  roi  de 
Bohême,  ou  bien  avec  la  fille  de  la  duchesse  de  Lorraine. 

8*  Il  j  aurait  ligue  et  confédération  i)erpétue!le  entre  TEmpereur,  le  roi 
et  leurs  successeurs  en  Espagne,  T Angleterre,  les  royaumes  de  Naples  et  de 
Sicile,  d*une  part,  et  M.  de  Vendôme  et  ses  successeurs,  d*autre  part.  Les 
premiers  ne  pourraient  faire  paix  ni  trêve  avec  le  roi  de  France,  ni  d^autres 
princes  chrétiens,  sans  y  comprendre  les  seconds.  Une  ligue  perpétuelle  de- 
vrait être  aussi  négociée  avec  le  pape,  le  roi  des  Romains,  le  roi  de  Bohême, 
les  Vénitiens  et  les  antres  potentats  dltalie. 

9"  Tous  les  points  ci-dessus  seraient  ratifiés  par  la  reine  d'Angleterre. 
10*  M.  de  Vendôme  s'engagerait  à  donner  passage ,  par  ses  terres  et  ses 
forteresses,  à  Parmée  royale  d'Espagne.  Il  y  joindrait  5,000  hommes  d'in- 
fanterie, 1,500  chevaux,  1,300  pionniers  {gattadores)y  3,000  paires  de  bœufs 
attelés,  10  canons,  5  couleuvrines  longues,  5  bâtardes,  100,000  livres  de 
poudre,  et  les  balles  i  proportion. 

11«  Il  renoncerait,  ainsi  que  sa  femme,  à  tous  droits  et  actions  sur  les 
royaumes  d'Aragon  et  de  Navarre  et  le  comté  de  Biscaye ,  ne  se  réservant 
que  la  basse  Navarre,  appelée  terre  des  Basques,  qu'ils  possédaient  présen- 
lement. 

Tous  ces  points  furent  ensuite  examinés  à  Valladolid ,  en  un  conseil  d'État, 
auquel  assistaient  Ruy  Gomez ,  le  marquis  de  Mondejar,  D.  Garcia  de  Tolède, 
Gutierre  Lopez  de  Padilla  et  le  secrétaire  Tazquez.  Ils  ne  donnèrent  lieu  qu'à 
des  observations  peu  importantes,  et  en  conséquence  ils  furent  délivrés  au 
secrétaire  de  M.  de  Vendôme.  (Lettre  de  la  princesse  doAa  Juana  au  roi ,  du 
25  juillet  1557.) 


(  2«  ) 

obligado,  conforme  à  lo  acordado,  quedemos  lodoa  libta,  j  que. 
pareaciendo  ^^îe  para  mayor  jusliHcacion  conviene,  se  lo  bagais 
dar  VAi  à  entender.  Y  Nuestro  SeAor  os  guarde  como  yù  deseo. 
De  Yuste,  à  22  de  setiembre  1557. 

Carlos. 


LXV. 

l'empereur  a  juam  vazqusz. 

NêfocitiîoB  av«e  M.  de  V«nddiii«  :  il  deumade  copi«  de*  kltre&  ^«e  le  duc  d*Al- 
burquerque  «t  Eicurra  ont  écrites  en  dernier  lieu ,  ainsi  que  Umi»  lee  «ulrM 
renseignements  que  Vasques  possède  sur  cette  affiiire. 

Ynste,  27  septembre  1597. 


El  Empeeador. 

Juan  Vasques  de  Molina,  nuestro  secretario  y  del  nuestro 
consejo,  vinios  vuestra  carta  de  22  de  este  (1) 

He  visto  lo  que  decis  en  el  negocio  de  Yandoma ,  y  quisiera 
que  nos  huhiërades  enviado  copia  de  las  cartns  que  et  duque  At 
Âlburquerque  y  el  de  Ezcurra  ban  escrilo  y  avisado,  partîcular- 
mente  de  la  parte  donde  Vaudoma  se  ballaba,  y  que  quejasson 
las  que  tiene,  y  de  la  data  que  sou  sus  c^rtas,  y  si  las  que  dice 
que  descifrâron  en  Francia  son  las  que  llevé  su  secretarioi  y  que 


(1)  Elle  est  au  1. 1^',  p.  173;  maiS)  par  inadvertance)  on  lui  a  donné,  à  la 
suite  du  titre,  la  date  du  18  septembre. 

La  lettre  sans  date,  insérée  au  même  tome,  p.  174,  doit  être  datée  aosei 
du  32  septembre. 


(  247  ) 

68  h  eaosa  por  que  no  ha  avisado  àntes  de  ello ,  como  lo  ofrecié 
en  su  nombre,  y  de  todo  lo  deuiâs  que  cerca  de  esto  se  tiene 
entendido»  para  que  con  niayor  fundamento  pudiera  avisar  de  lo 
que  me  ocurria,  como  me  lo  escribe  la  princesa;  y  pues  no  se 
ha  hecho,  hacerlohéis  iuego,  conforme  à  lo  sobredicho  (1)»  y 
de  lo  cierto  que  entendiéredes  de  la  toma  de  San  Quiutin  y 

GhaCelet,  con  lo  demàs  que  se  ofreciere 

De  Yusle»  à  27  de  setiembre  de  1557. 


Carlos. 


Por  mandado  de  Su  Magestad  : 
Martin  de  Gaztblù. 


LXVi. 

D.   SANGHO   DE  CÔRDOVA   A  JUAN  VAZQUBZ. 

Dernières  déterminatioDs  de  l'infante  de  Portugal,  qui  se  remet  à  la  volonté  de 
rHaiperear.  —  D.  Snncho  arrive  près  de  Tuste  le  99;  il  a,  te  30,  audience  de 
FEmpereur  y  qui  veut  bien  conseiller,  maïs  non  ordonner.  —  Le  i»  octobre,  il 
eai  reçu  par  les  deux  reines.  —  GonTersation  de  cinq  heures  avec  la  reine  Marie. 
—  On  veut  le  renvoyer  à  Lisbonne,  avec  de  nouveaux  moyens  de  négociations; 
mais  il  s'y  refuse,  et  déclare  qu'il  n'y  retournera  que  pour  emmener  Tinfante, 
«u  rompre  tout  à  Cait. 

Aldea  Nueva,  8  octobre  1557. 


ilostre  senor,  harto  me  ha  pesado  de  hallar  à  las  reynas  fuera 
de  ahi ,  por  no  poder  besar  las  inanos  de  Vuestra  Merced ,  que  es 
lo  que  mas  deseaba  hacer  ;  mas  pasé,  por  lo  poco  que  han  holgado 
conmîgo,  porque  su  hija  se  résume  en  decir  que  ella  escribié 
bien  en  pedilles  parecer  de  lo  que  debia  hacer  después  de  la 

(1)  Voyez,  dans  le  U I",  p.  180 ,  la  lellre  de  Vazquez  du  98  septembre. 


1 


(  248  ) 

tniierte  del  rey ,  y  Sus  Magestades  hicîéron  mal  en  escribille  tan 
asperamente  por  ello  (1),  pues  en  su  carta  no  dice  que  no  quiere 
venir;  y  que  visto  esto ,  y  lo  poco  que  ellas  tienen  para  ayudalla 
à  susientar  su  casa  y  pagalle  sus  deudas,  que  le  parece  que  sera 
mejor,  si  ha  de  tener  necesidad,  por  alla  en  Portugal,  dondees 
su  natnraleza  y  la  conocen ,  que  en  Castilla ,  y  que  su  Toluntad 
séria  no  salir  de  aquel  reyno;  mas  que,  si  Su  Magestad  Impérial 
se  lo  manda ,  que  vernâ  luego,  mas  que  le  suplica,  pues  se  pooe 
en  sus  manos,  que  mire  lo  que  le  manda,  porque,  si  mal  lesuce- 
diere  su  camino ,  no  se  quejara  de  nadie,  sino  dél. 

Con  esto  llegué  aqui  à  los  veinte  v  nueve  del  pasado ,  y  à  los 
treinta  me  oyé;  y  no  esta  en  mandar,  sino  aconsejar  :  no  se  si 
saidrà  ella  con  solo  esto. 

A  las  reynas  vi  primero  de  este ,  y  estube  siete  horas  en  dos 
veces,  las  cinco  con  Maria.  Pesôle  de  la  determinacion.  Qnerian- 
me  tornar  à  enviar  con  medios,  y  yo  no  lo  acepté,  sino  que  he 
de  ir  con  resolucion  de  traella  6  dejalla,  y  si  esta  no  me  dan, 
que  se  despache  correo  con  los  medios,  y  que  de  su  respnesta 
resultarâ  mi  despacho  como  lo  pido,  porque,  de  otra  manera,  ni 
conviene  al  servicio  de  Su  Magestad  que  yo  vaya ,  ni  à  mi  honm; 
y  el  secretario  Gaztelû  ha  consul tado  con  Su  Magestad,  y  pan 
que  dé  licencia  que  vayan  las  reynas  à  velle,  y  que  juntos  den 
orden  en  esto.  No  se  en  lo  que  pararà  ;  mas  se  que  todos  desea- 
mos  que  pare,  porque  andamos  cansados  y  gastados,  y  no  nos 
podemos  tener.  De  lo  que  se  determinare  y  de  lodo  lo  demis 
sera  Vuestra  Merced  avisado;  y  porque  agora  no  me  dan  lugar  à 
mas,  no  alargo 

De  Aldea  Nueva  de  la  Yera ,  très  de  octobre. 

Don  Sancuo  de  Côrdova. 


(1)  Voy.  ci-dessus,  p.  Vi^.  Lorsque  Tinfante  prit  lecture  de  la  lettre  de  sa 
mère,  elle  en  fut  si  troublée,  qu'elle  ne  put  aller  plus  loin  que  la  troisième 
page.  (Lettre de  Vazquezà  r£Dipei*eur,  du  17  septembre.) 


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(249  ) 


LXVIÏ. 

D.  9ANCH0  DE  GÔRDOVA  A  LA  PRINCESSE  DONA  JUANA. 

Motif  de  sa  venue  près  de  l'Empereur  et  des  reines.  —  II  attend  leur  détermina- 
tion. —  Nouvelles  de  Portugal  :  satisfaction  qu'on  a  de  la  reine;  mécontentement 
de  Tambassadeur  de  France;  insulte  qui  lui  est  faite  »  à  la  nouvelle>de  la  déroute 
du  connétable  de  Montmorency;  bonne  éducation  du  roi. 

Cuacos,  4  octobre  1557. 


Muy  alla  y  may  poderosa  senora,  la  reina  y  la  senora  infante 

y  el  cardenal  me  oiandàron  venir  à  informar  à  Su  Magestad,  y 

k  sa  mndre,  de  la  poca  razon  que  tuvo  de  escrebille  tan  àspera 

caria  como  una  que  le  escribiô  pocos  dias  ha,  la  cual  fué  parte 

para  acabalie  de  quitar  la  poca  gana  que  ténia  de  venir  à  estos 

reinos,  después  que  el  rey  muriô;  y  aunque  agora  se  toma  à 

retjficar,  en  que  escribiô  bien ,  y  que  pedir  parecer  à  su  madré  no 

era  desobedecella ,  se  remite  à  hacer  lo  que  ella  y  Su  Magestad  le 

mandaren.  No  se  si  se  determinaràn  à  raandarla  venir  :  determi- 

nàrseha  dentro  de  très  dias.  De  lo  que  sucediere  sera  Vnestra 

Alteza  avisada  àntes  que  yo  me  parta.  La  reina  quedaba  buena, 

y  cada  dia  huelgan  mas  con  su  buena  manera  de  gobernar,  y 

tiene  mas  antoridad  y  reputacion  en  el  reino,  y  asi  esta  todo 

pacifico ,  aunque  no  querrian  ver  Castellanos  en  el  consejo.  El 

embajador  de  Francia  decian  que  se  queria  ir,  y  que  decia  que 

lodos  los  hallaba  en  aquella  corte  castellanos;  à  él  le  colgàron 

una  soga  à  la  puerta,  cuando  llegô  la  rota  del  condestable.  No  se 

si  son  estas  nuevas  como  las  mas  que  se  dicen  en  aquel  reino ,  que 

todas  son  falsas,  aunque  me  las  digéron  caballeros  honrados 

El  rey  esta  muy  bueno,  Dios  le  guarde,  y  gentil  hombre; 
babia  mas  claro.  Crianle  muy  bien  aquellos  caballeros  que  le  ban 


'4 


(2S0  ) 

puesto  para  ello  ;  cuando  me  despedi  dél ,  dijo  qne  besaba  lâs 

manos  de  Vuestra  Alteza 

De  Caacos ,  4  de  octubre. 

Don  Sancho  de  Côrdova. 


LKVIII. 


JUAN   YAZQUEZ  A  L  EMPEREUR. 

MégocÏRtion  avec  M.  de  Vendôme.  —  Mort  do  l'évcquo  de  Cordoue  en  voyage;  soi 
testament;  legs  qu'il  fait  à  un  enfant  de  deux  ans,  supposé  son  fils  nalurd.— 
Ordre  donné  au  corrégidor  de  Cordoue  de  s'assurer  de  la  succession.  —  Étal 
sanitaire  peu  satisfaisant  de  Valladolid  et  des  autres  villes  de  la  VieîUe-Gastine.— 
Mort  de  dona  GaUUna  de  Aragon ,  du  lieencié  Oalana  et  de  Pfero  Henandei  dd 
Portillo. 

Valladolid,  5  octobre  1557. 


S.  G.  G.  M.,  recibi  la  carta  de  Vuestra  Magestad  deiTdel 
pasado  :  y  lo  que ,  después  que  ullimamente  escribi  4  Vuestra 
Magestad,  tengo  que  decir,  es  que  el  duque  de  Âlburquerqueba 
escrito  à  Su  Alteza  lo  que  Vuestra  Magestad  verà  por  la  cop'u 
de  su  carta  que  ira  con  esta,  asi  de  lo  que  ha  sabido  de  lo  qoe 
ha  hecho  el  rey  con  su  egército ,  como  de  lo  que  pasa  en  el  oego- 
cio  de  Mos.  de  Vandoma,  y  envié  la  respuesta  que  dié  à  lo  qoe  d 
doctor  Suarez  dijo  à  sus  secretarios ,  de  que  tambien  ira  con  esta 
copia.  Lo  cual  se  vie  en  consejo  de  Estado,  y  paresciô  que  se 
respondiese  al  duque  que  avisase  que  comision  llevé  el  alcalde 
para  tratar  de  aquellas  materias,  porque  no  se  habia  entendido 
que  iba  sino  à  satisfacer  à  sola  la  queja  de  las  cartas  que  se  habiaa 
tomado  en  Francia,  y  que,  sobre  esto  que  de  nuevo  trata  Van- 
doma, sin  consulta  de  Vuestra  Magestad  y  del  rey  nuestro  senoTt 


(251  ) 

DO  te  podrifl  tratar  de  ello,  pero  que,  como  le  esta  eecrito,  no  dege 
de  entretener  la  plâtica,  por  los  respectos  que  escrîbi  à  Vuestra 

Mageetad,  y  que  sobre  todo  envie  su  parecer  (\) 

£1  obispo  de  Cordova  (2),  yendo  de  camino,  adoleseiôy  murié  en 
la  Serena,  à  los  S9  del  pasado.  Han  traido  aqui  su  testaniento,  y 
baee  mandas  à  criados  y  otras  personas  en  cuantidad ,  y  déjà  por 
heredero  de  la  villa  de  Fuente  Obejuna,  sobre  que  habia  dado 
los  cien  mil  dueados  que  llevô  Ruy  Gomez  al  rey ,  à  Maximiliano, 
Dino  de  dos  anos,  que  debe  ser  su  hijo,  que  la  madré  es  catalana, 
por  via  de  mayorazfOt  y  que  si  muriere  sin  hijos  l^itimos»  que 
esta  villa  voelva  al  rey,  y  que,  durante  la  vida  de  la  madré,  se  le 
dé  la  cuarta  parte  de  lo  que  renta  hi  dicha  villa,  para  su  susten- 
tacion ,  y  demâs  de  esto  les  déjà  cada  cuatro  mil  dueados  en 
dinero  por  una  vez,  y  que,  si  en  esto  de  la  villa  se  le  pusiese  im- 
pedimento,  déjà  por  heredero  de  ella  à  un  criado  suyo,  para  él 
y  sus  subcesores  :  lo  cual  debiô  hacer  por  asegurar  lo  del  hijo. 
Demés  de  esto ,  déjà  à  este  criado  suyo  el  remanîente  de  sus 
bienes,  sin  declarar  mas  :  de  manera  que,  habiéndose  de  cum- 
plir  este  testamento,  nos  podrémos  poco  aprovechar  de  esta 
hacienda  para  el  rey,  la  cual  se  pensaba  que  fuera  mayor  suma 
do  lo  que  paresce  por  las  mandas ,  si  en  el  remaniente  no  hay 
algnna  cautela.  Hase  proveido,  ântes  que  llegase  este  testamento, 
que  el  corregidor  de  Gérdova  secrestase  el  dinero ,  hacienda  y 
pan  y  dendas  que  quedàron  del  dicho  obispo;  y  se  trataba  de 
enviar  un  oydor  de  la  contaduria,  para  poner  recaudo  en  la 
dicha  hacienda.  Manana  se  verà  en  consejo  de  hacienda  el  dicho 
testaniento,  y  de  lo  que  se  determinare  avisaré  à  Vuestra  Ma- 
gestad  (3)« 


(1)  Voyez,  dans  le  1 1",  p.  189,  ia  lettre  de  Quijada  du  13  octobre. 
(3)  Léopold  d'Autriche,  fils  naturel  de  l'empereur  Maximilien  ^^ 
(5)  Le  conseil  des  finances  trouva  que  le  testament  n*était  pas  valide,  parce 
qae  Tévêque  n*avait  pas  eu  licence  du  pape  pour  tester;  que  Teofant  en  faveur 
de  qui  il  était  principalement  fait  était  incapable  d'hériter,  de  même  que  le 


(  252  ) 

Sus  Altezas  estan  ya  boenos,  qae  8U8  indispnsiciones  fné  de 
este  romadizo  que  auda ,  que  no  hay  hombre  que  no  baya  adole- 
cido  de  ello  en  esta  villa.  Hoy  se  despacha  à  saber  como  esta  de 
salud  Burgos,  Santo  Domingo  de  la  Calzada,  Yitoria,  y  tambiea 
se  envia  à  saber  como  esta  Toro,  porque  Segôvia ,  Aviia,  Medioa 
y  ioda  esta  comarca  estan  peores  que  Valladolid ,  porque,  si  eslo 
va  adelante,  no  séria  razon  que  SS.  AA.  esten  aqui. 

Hoy  se  ban  muerto  dona  Catalina  de  Aragon,  dama  de  U 
senora  princesa,  que  la  condesa  de  Rib^'orza  (i),  su  madré, h 
trajo  roala  del  Abrojo ,  y  tambien  se  ban  muerto  el  licenciado 
Galarza  del  consejo,  y  Pero  Hemandez  del  Portillo 

De  Valladolid,  à  5  de  oclubre  4557. 

Juan  Vazquez. 


prêtre,  serviteur  du  défunt;  qu'en  conséqueuce,  toute  la  succession  refeoait 
au  roi. 

L'Empereur  écrivit  à  la  princesse  et  à  Vuquex  qu'on  prît  soin  au  moins 
de  Tenfant,  jusqu'à  ce  que  le  roi  eût  fait  connaître  ses  intentions  à  cet  égard. 

(1)  Sic  dans  le  MS.  Peut-être  faut-il  lire  :  Riharoxa, 


r 


(  253  ) 


LE  P.  FRANCISCO   DE  BORJA  A  L  EMPEREUR  (1). 

Maladie  mortelle  dont  il  est  attaqué  à  Evora.  ^  La  reine  le  fait  cbercber  en  cette 
ville ,  et  transporter  à  Lisbonne.  —  Audience  qu'il  a  de  la  reine,  qui  lui  découvre 
toute  sa  pensée,  niais  ne  veut  pas  qu'il  la  confie  à  une  lettre.  —  Annonce  de  son 
prochain  départ.  —  L'Empereur  .a  toute  raison  d'être  satisfait,  car  tout  Ta  bien. 
—Dispositions  favorables  du  cardinal-infant. 

LisboDne,6  octobre  1557. 


Senor,  llegando  à  Evora,  fué  Nuestro  Senor  servido  llevarnie 
à  las  puertaa  de  la  muerte,  de  una  muj  grave  enfermedad  ;  y  si 
no  iuera  por  CattUina  IHez,  que  envi6  por  mi  y  me  sacé  de  aquei 


LXIX. 


(1)  Cetta  lettre  et  la  suivajile  du  P.  Borja  sont  écrites  avec  des  noms 
supposéf. 


Mieer  Jgustino  y  est  mis 
Caiaiina  Dies, 
Pedro  Sanehex, 
Juan  Dièx, 
Carritto  Sanehex, 
Milan, 
PerpHUm, 
Santiago  de  Madrid, 
Franciêeo  jélvarez , 
Juana  Diex, 
Sébastian  Diex , 
Mfaria  Sanehex, 
Juan  Diex, 
Juan  Jlvarex , 


pour  l'Empereur; 

pour  la  reine  de  Portugal; 

pour  le  P.  Borja  lui-même; 

pour  le  roi  de  Portugal; 

pour  le  cardinalr4nfant; 

pour  Cattille; 

pour  Portugal; 

pour  le  roi  d'Espagne; 

pour  l'ambassadeur  de  France; 

pour  la  princesse  de  Portugal; 

pour  le  roi  Sébeutien  de  Portugal; 

pour  l'infante  de  Portugal,  dona  Maria; 

pour  le  feu  roi  Jean  de  Portugal; 

pour  l'ambassadeur  d'Espagne  à  Lisbonne. 


Les  deux  lettres  portent  pour  suscription  :  ^  mtcer  Jgustino,  en  Milan, 
Le  prieur  Martin  de  Angulo,  reproduit  par  Sapdoval,  parle  en  ces  termes 


(  234  ) 

lugar,  ereo  que  no  padiera  camplir,  coroo  deseaba,  lo  que  me 
mandô  micer  Agustino  :  mas,  con  el  fabor  divino,  liegaé  à  este 
lugar,  y  desde  à  pocos  dias  hablé  con  CcUalina  Dkz,  conforme  à 
la  instruccion  que  iraia.  Quedé  inuy  contento  de  ver  )o  que  tieoe 
en  ella  micer  Agusiino.  Descubriése  nmcho  cop  Pedro  jonchez , 
de  manera  que  le  dijo  que  la  respuesta  que  le  daba,  que  no  la 
fiase  à  carte,  sino  que  él  en  persona  la  die^*  Y  con  e^lo  ma  esii 
brève,  pues  tambien  lo  sera  la  partida,  que  por  les  humoresde 
acâ,  y  para  quitar  el  rasero,  le  parece  lo  mismo  à  CcUalina  Diez, 
En  el  intérim  puede  estar  micer  Agustino  muy  salisfecho,  qae 
todo  va  bien ,  y  de  las  ligas  no  hay  que  lemer.  La  premàtica  se 
harà  en  brève,  y  otras  diligencias  ténia  bêchas  Juan  Diitz  que 
fuéron  harto  à  propôsito  ;  y  CarriUo  Sanchez  esta  bien  en  los 
negocios,  de  manera  que  por  abora  ni  hay  que  menear  en  ellos, 
ni  hay  cosa  sustencial  que  no  dé  causa  de  satisfaccion*  Lo  deoiàs 
quedfirà  para  la  vuelU ,  que  con  licencia  de  micer  AguUino  sera 
en  brève,  en  teniendo  algunas  fuerzas  mas  p9ra  el  camino;  ; 
porque  agora  son  muy  flacas,  que  Dios  sabe  como  se  escriben 
estosringlones,  acabo. 
De  Lisboa,  à  6  de  octubre. 

Su  siervo, 

Francisco. 


des  deux  derniers  voya^^os  à  Yuste  du  père  Francisco  de  Borja  :  «  Otras  dot 
n  vezes  estuvo  en  Yuste  el  padre  Francisco  Borjia  :  ia  una ,  namândole  el 
«^  Emperador,  para  cmbiarle  â  Portugal  â  dar  el  pésame  de  la  moerte  del 
»»  rey  D.  Juan,  y  tratar  eierto  negoeio  de  importanda  con  la  reyna  dofla 
n  Catalioa  su  hermana ,  j  la  otra ,  quando  bolviô  coo  la  retpueaia  desu 
I»  embaxada.  »  {Hiitoria  de  Carlo»  F,  t.  II,  p.  617.) 


(  355  ) 


LXX. 


LE  P.   FBANGISCO   DE  BORJA  A  l'EMPERBUR, 


NouTelle  conversation  Irès-Mtisfaiiante  avec  la  reine.  —  Observation  qu'elle  lui 
fait  sur  les  rapports  du  gouvernement  d'Espagne  avec  le  Portugal.  —  Ce  qu'elle 
lui  dit  au  sujet  du  voyage  de  l'infante.  —  MauTaise  snnté  du  P.  Borja.  —  Dans 
«n  ]Mwl>ser»plttin,  le  P.  Borja  revient  sur  ce  qui  eonceme  l'infaste. 


Lisbonne,  19  octobre  1557. 

Senor,  después  de  haber  escrito  la  qae  va  con  esta,  envié  à 
Daniar  Catalina  Diez  à  Pedro  Snnchez,  para  darle  la  respuesla, 
porque  despachaba  para  Milan,  y  dijole  que  para  eila  habia  sido 
gran  merced  haber  querido  tener  cuenla  micer  Agustino  con  las 
cosas  de  Perpinan,  conio  era  justo,  pues  es  tan  su  pariente  el 
que  ha  de  ser  governador  de  PerpifLan  cumo  lo  es  de  Catalina 
Diez;  y  asi  le  pedia  tubiese  slenipre  la  mesina  cuenta,  y  le  avi- 
sase  de  io  que  le  parecia  que  se  debia  de  hacer  ;  y  pues  eslaba 
tan  cerca  de  Dios,  se  lo  encomendase ,  porque  lo  que  en  ello 
niandase  se  obedecoria  por  ella,  como  lo  podria  hacer  Santiago 
de  Madrid,  porque  en  la  misma  cuenta  se  tiene.  Decir  los  tér- 
minos  y  las  palabras  con  que  lo  dijo,  quedarà  para  la  vista  :  basta 
que  Pedro  Sancfiez  se  mobiô  tanto  que  je  quiso  besar  las  manos, 
por  lo  que  decia.  En  lo  demàs  responde  que  no  hay  de  que  tener 
cuidado,  porque  ni  hay  tratos  ni  cosa  de  que  temer;  y  lo  de 
Perpinan,  y  los cénsules  que  le  gôbiernan ,  estàn  qnietos,  como 
mas  largamente  se  dira  después;  y  asi  no  se  hallan  tan  bien  con 
este  Franciêco  Alvarez  como  con  el  otro ,  que  era  muy  paciGco. 
Res|M)ndi6  tambien  que  la  venida  de  la  sobrina  de  Juana  Diez 
para  criarse  en  su  casa,  le  parecia  bien,  con  que  fuese  de  la 
mesma  edad  6  poquito  mas  de  Sevastian  Diez.  Al  fin  conôcese 
tanto  el  valor  y  voluntad  de  Catalina  Diez,  que,  roientras  el  Senor 


■i 


(S56  ) 

le  diere  vida,  que  sea  muchos  anos,  pues  tan  bien  la  emplea  eo 
su  servicio,  porque  cierto  esta  muy  querida  de  Dios  y  de  los 
hombres,  tiene  poeo  de  que  tener  cuidado  micer  Agiistino,  si  no 
fuere  de  advenir  6  avisar  de  a)guna  eosa  que  en  Perpinan  do  la 
tengan  entendida.  Y  pues  ellos  lo  hacen  tan  bien,  justa  es  la 
gratitud ,  porque  sienten  mucho  algunos  descuidos  y  s^uedades 
que  con  ellos  liacen  los  de  Milan ,  y  lioran  el  tiempo  que  era 
governador  el  pasado ,  porque  dicen  que  daba  muy  buenas  res- 
puestas  y  lenia  gran  respecto  ;  a  este  Pedro  Sanchez  bablara  mas 
largamenle,  y  en  el  eutretanto  alguna  fratema  sera  al  propôsito. 
Avisado  del  respecto  que  se  debe ,  aunque  no  sea  sino  por  sola 
Catalina  Diez ,  à  quien  todo  se  debe ,  por  mucho  que  se  baga , 
cuanto  mas  que  ella  no  prétende  sino  lo  jasto,  y  no  quiere  gulle- 
rias,  solo  dire  agora  que  de  muy  buen  original  he  sabido  como, 
para  la  ida  de  Maria  Sanchez  à  Milan,  no  conviene  usar  (anto  de 
rigor  como  de  medios  que  la  aseguren  y  den  contentamiento  en 
él,  condccendiendo  en  lo  que  se  puede  en  algunas  cosas  de  las 
quepide,  y  lootro  es  no  césar  en  el  negocio,  porque  la  porfia 
roatarâ  el  venado.  Tambien  me  dijo  Catalina  Diez  en  esta  ma- 
teria  que  se  le  acordaba  lo  que  Juan  Diez  ténia  provebido  sobre 
ello,  y  que  tambien  vea  micer  Àgustino  que  es  lo  que  ella  puede 
y  debe  bacer  en  ello,  y  se  lo  avise.  Digolo,  porque  estaban  ya 
senalados  los  que  con  ella  liabian  de  ir. 

Esto  es  lo  que  agoi*a  se  ofrece.  Solo  me  queda  suplîcar  se 
perdone  la  ruin  letra ,  porque  esta  noche  tube  calentura ,  y  ando 
tan  cayendo  y  lebanlando  que,  pues  aqui  no  hay  que  bacer,  con 
licencia  de  viiccr  AgusUno,  me  volveré  à  los  aires  de  la  tierra, 
pues  tanto  los  persuaden  los  médicos.  Y  pues  dira  lo  demàs  Pedro 
Sanchez ,  yo  puedo  quedar  libre  por  agora. 

Echa  en  Lisbona,  â  12  de  octubre. 

Su  siervo, 
Francisco. 

Vuelvo  à  decir  que  este  negocio  esta  muy  seguro  y  muy  bueno 


i 


(257) 

de  todas  las  maneras,  y  que  Catalina  Diez  esta  muy  aparejada  à 
cnniplir  )o  que  le  es  mandado  por  Juan  Diez  en  esta  materia,  que 
es  conforme  à  lo  que  en  ello  puede  desear  mcer  Àgustino. 

Cuanto  à  la  ida  de  Maria  Sanchez,  por  declararnie  mas,  digo 
que  Catalina  Diez  f  or  su  parle  no  se  détermina  à  tomar  en  si  la 
ida  6  quedada  :  mas  dice  Pedro  Sanchez  que,  si  determinadamente 
siempre  le  parece  à  mtcer  Agustino  que  vaya,  que,  para  efectuar 
su  ida,  conviene  que  micer  Agustino  le  muestre  y  certifique  le 
Gonviene  mucho  la  ida,  aliende  de  tenerla  prometida,  y  que  asi 
se  lo  aconsejan ,  visto  todo  lo  que  es  pasado ,  y  que  le  envie  à 
decir  como  sera  mas  eonforme  à  su  gusto  y  honrra,  y  asi  lo 
trabajarà  con  su  madré,  pues  dejar  no  puede,  ni  le  conviene  en 
ningtina  manera  :  y  esto  que  aqui  se  dice  no  se  alreviera  Pedro 
Sanchez  à  decirlo,  si  no  lo  habiera  entendido  de  muy  buen 
original. 

Cuanto  à  lo  de  Juan  Alvarez,  Catalina  Diez  provee  que  no  la 
Yean  sin  ser  Ilamados  :  mas  con  todo  dice  que  se  puede  ofrecer 
caso  inescusable,  y  que  para  esto  desea  que  con  el  secreto  posible 
se  le  envie  la  provision ,  6  se  concéda  que  ella  pueda  decir  con 
▼erdad  que  esta  nombrado  por  micer  Agustino:  y  con  esto  lo 
podria  téner  reservado  in  pectore  hasta  la  necesidad,  la  cnal  se 
dnda  venga  en  ningnn  tiempo 


Tome  IL  H  7 


(  258  ) 


LXXI. 

L'EMPBnBUR  A  LÀ  REINE  DE  PORTUGAL  (1). 

Quoiqu'éloigné  des  affaires  et  retiré  au  monastère  de  Yu<te,  il  ponmit  surmir 
quelque  chose  qu'il  eût  à  traiter  avec  elle,  ou  avec  le  roi  :  pur  ce  motif,  il  a^ 
crédite  auprès  d'elle,  en  qualité  de  son  ambassadeur,  D,  Juan  de  Mendoiadt 
Ribera,  ambassadeur  du  roi ,  son  fils. 

Ynste,  94  octobre  1S57. 


Dell  Carlos,  pqr  la  miWK  cLEuma  Empbbapqh  smins  icfiono, 

Rey  de  Alfjuna,  etc. 

ÇerenUima,  qmiy  ^Ua  y  miij  poderosa  rejna,  mi  mu;  cani; 
rnuy  fim^kda  b^rmana.  porque  el  serenisioiq  rey  mi  hijo  ha  noin- 
bradp  à  D  Jpan  d^  Meodosa  de  Ribçra  por  su  embs^ador,  pam 
qae  resida  en  esa  eorte  y  reino,  y  trate  en  su  Qombre,  comoUl, 
(Qdo  \çk  que  se  \^  qfrççiere  y  él  yicire  cpuYenir  à  su  seryicip,  y 
porque  podria  ser  que,  aunque  est^pios  |aq  apartado  de  Rq;oçioi 


(1)  Il  y  avait ,  à  la  cour  de  Lisboone,  comme  dans  les  autres  cours  de 
TEurope,  débat  pour  la  préséance  entre  les  ambassadeurs  d^Espagoe  et  de 
France.  L'Empereur  enga|^ea  la  reine  à  faire  savoir  à  Pun  et  à  Tautre  qulb 
ne  devaient  pas  assister  à  des  cérémonies  publiques,  sans  y  être  invités,  et  il 
lui  recommanda  de  veiller  à  ce  qu'on  ne  les  invitât  jamais  ensemble.  Cet  avis, 
il  le  lui  fit  donner,  d'abord  par  D.  Juan  de  Mendoza  de  Ribera,  et  par  le  père 
Borja  ensuite.  La  reine  résolut  d'adopter  le  plan  de  conduite  tracé  par  son 
frère  :  mais,  comme  il  pouvait  survenir  des  circonstances  où  il  fût  impossible 
d'empêcher  la  rencontre  des  ministres  de  France  et  d'Espagne,  elle  désin 
que  l'Empereur  donnât  à  D.  Juan  de  Mendoza  le  caractère  de  son  ambassa- 
deur (voy.  p.  257).  Charles  y  consentit,  à  la  condition  toutefois  que  la  choK 
fût  tenue  secrète,  et  qu'il  ne  fût  fait  usage  de  sa  lettre  de  créance,  que  dans 
le  cas  d'absolue  nécessité. 


J 


r 


(  259  ) 

y  retirado  en  este  recojiniîento,  se  me  ofrcoiese  alguno  de  que 
no  mepudiese  escusar,  que  conviniese  proponerd  iratar  en  mi 
nombre,  agora  6  al  delante,  coq  vos,  à  el  rey  mi  nieto,  habe- 
mo8  acordado  de  nombrar  tambieii  para  el  dicbo  efecto  por  nues-* 
tro  embajador  al  dicbo  D.  Juan  de  Mendosa,  y  os  rogamos  nue 
le  tengais  y  iavorezcais  como  à  tal,  y  que  pueda  usar  su  cargo 
por  la  forma  y  de  la  manera  que  lo  ban  beebo  los  oiros  mis  em- 
bajadores  que  àntes  dél  ban  sido  :  que  en  ello  nos  haréis  muchp 
placer.  Y  sea,  serenisima,  muy  alla  y  muy  poderosa  reyua,  mi 
muy  oara  y  muy  amada  bûnnana ,  Nueatro  Senor  en  voeatra  oon« 
littoa  guarda,  ete. 
De  Yuale,  à  34  de  octubre  15o7. 


LXXII. 

L*BMPEREUR  AU  DUC  D'aLBURQUERQUE  (1). 

L  de  VeDdôme  n'ayant  pas  aoo«rté  tea  propciilioBi  qai  tai  ani  éla  Ciitea ,  k  rt i  et 
lui  demeurent  dégagés  de  leurs  promesses.  -  Quant  aux  nouvellea  ouvertures 
qu'il  a  faites,  il  en  pourra  traiter  avec  le  roi  pendant  l'hiver. 

Yuste,  94  octobre  1557. 


Duque  primo,  visorrey  y  capitan  gênerai  del  reyno  de  Na^arra, 
por  las  cartas  que  escrivistes  à  la  princesa  mi  hija  à  16,  S3  y  29 
del  pasado,  cuyas  copias  nos  ba  embiado,  y  la  que  aquel  secre- 


(f  )  Ce  fat  après  avoir  examiné,  avec  la  reine  (le  Hongrie,  toutes  les  pièces 
enrayées  de  Yalladolid,  que  TEropereur  résolut  d^écrire  cette  lettre  au  duc 
d*A1barqaerque.  (Lettre  de  TEmpereur  à  Vazquez ,  du  31  octobre.) 


(  260  ) 

tario  (4)  escrivîo  al  de  Ëzcurra  à  los  H  del  dicho  sobre  lo  mismo, 
junlamente  con  las  relaciooes  de  la  respuesla  que  los  otrosgos 
conipaneros  diéron,  en  nombre  de  Bandoma,  à  él  y  al  doctor 
Xaarez  sobr^el  negocio  que  con  él  se  ha  tratado,  y  lo  qaeellos 
replicàron,  havemos  entendido  lo  que  en  ello  ha  pasado.  Y,  pues 
el  dicho  Bandoma  no  aceptô  el  ofrecimiento  que  bîcimos  sobfd 
camplimiento  de  lo  contenido  en  la  relacion  de  los  capitales  que 
su  secretario  que  vino  aqui  con  el  de  Ezcurra  llevé  (^),  mi  bîjo; 
yo  quedamos  libres  de  mi  oferta  y  promesa.  En  lo  demâs  qa'd 
dicho  Bandoma  propone  de  nuevo,  annque  son  cosasqaese  han 
platicado  por  lo  pasado,  y  sabe  él  lo  que  por  nnestra  parte  se hi 
respondido,  todavia  se  podràn  tractar  con  el  rey,  pues  habni 
tiempo  para  ello  este  imbierno,  que  yo  soy  cierto  qu^él  se  allegari 
à  todo  lo  que  fuere  justo;  y  para  ello  intercederé  yo  en  lo  qoe 
convinîere.  Y  conforme  à  esto  se  podrà  responder  al  dicho  Ban- 
doma. 
De  Ynste,  à  24  de  octubre  1557. 

Carlos. 


(1)  Le  89eréttire  Burdeo.  Voy.  pp.  944  et  946. 
(9)  Voy.  p.  M4. 


(  2f)l  ) 


LXXIII. 

GUILLAUME  VAN  MALE  A  JUAN   YAZQUEZ. 

Il  lui  écrit,  au  lieu  du  docteur  Mathys,  &  qui  la  langue  espagnole  n'est  pas  asses 
Caiailière,  pour  le  prier  d'envoyer  une  lettre  de  eelui««i  au  roi,  dana laquelle  U 
rend  eompte  de  la  dernière  indisposition  surrenue  à  l'Empereur.  —  Van  Maie 
s'en  remet,  quant  à  cette  indisposition,  aux  détails  donnés  par  Quijada.  —  Mal- 
heurs qu'il  a  essuyés  à  Yuste  :  mort  de  deux  de  ses  fils;  état  inquiétant  du 
dernier;  maladie  de  sa  femme. 

Yuste,  34  octobre  1557. 


Moy  ilustre  senor,  d  senoir  doctor  Matisio  me  ruega  haga  esto 
eo  su  nombre,  por  no  atrevene  él  à  tanto  en  lengoa  caste- 
)Iana  (1)«  y  es  que  suplique  à  Vuestra  Senoria  mande  Inego  en- 
vîar  con  el  primero  esta  carta  para  el  rey  nuestro  senor,  en  la 
cual  hace  relacion  à  Su  Magestad  de  lo  que  el  otro  dia  acaescié 
al  Emperador  ;  y  pues  Luis  Quijada  envia  tambien  de  lo  mismo 
la  sustancial  y  brève  relacion  à  Vuestra  Senoria  (S) ,  no  dire  yo 
mas  en  esta  de  rogar  à  Nuestro  Senor  guarde  la  muy  ilustre 
persona  de  Vuestra  Senoria,  y  su  estado  acreciente ,  y  le  dé  hijos 
de  bendicion ,  y  con  ellos  mejor  ventura  que  yo  aqui  he  tenido 
en  servicio  de  Su  liagestad  :  que  de  très  varones  que  ténia  se 
ban  muerto  los  dos,  y  el  tercero  qneda  en  ella,  y  la  madré  sin 
un  dia  de  salud ,  y  toda  mi  casa  bêcha  un  hospital  y  muerta  de 
hambre,  y  yo  tambien,  por  quererlo  asi  Su  Magestad. 

De  Yuste ,  24  de  octubre  i  557. 

Moy  ilustre  senor,  besa  las  manos  à  Vuestra  Sefioria  su  minimo 
servidor 

GUILLBLHO   MaLINBO. 


(1)  Vojr.  le  1. 1",  p.  198,  à  la  note. 

(2)  Voy.  let.  i*',  p.  11 


(  262  ) 


LXXIV. 


LUIS  QUIJADA   À  JUAN   VAZQUBZ. 

L'fimpereo^y  louflrant  da  froid  dans  wn  «ppArtMntnt,  TOut  y  faire  plaerr  ém 
étuire  :  Yacqttet  est  êhargé  d«  faire  chercher,  toit  a  TalUdoUd,  aeil  à  Bar|M, 
deux  pîèees  de  fer  de  bi  bàutewr  et  de  la  largeur  dont  Quijada  lei  envoie  lo 
nteedres;  si  Ton  ne  les  y  troovepas,  Quijada  donnera  à  l'Empereur  l'ctuTe qu'il 
a  à  Villagarcia.  —  Vasques  doit  s'informer  s'il  y  a,  à  Tolède  ou  à  Madrid i  dei 
Allemands  qui  arrangent  les  étuves,  et  s'il  y  a  aussi  dans  ces  villes  des  poêles  sa 
terre  glaise.  -  Arbalétrier  mandé  ii  Yusto  par  l'Empereur,  pour  tuer  lei 
outardes ,  les  perdrix ,  les  grues  et  les  canards  sauvages.  —  Demande  de  pèches 
tapées  et  fraîches,  et  d'olives  de  Perejon. — Excellente  santé  de  rEmpereur,  qii 
man^e  du  poisson  ;  il  se  propose  d'écrire  aux  Pays-Bas. 

Yuste,  30  octobre  1557. 


itusire  senor,  pues  en  la  vera  no  falla  calor  en  veraob,  ilô 
séria  justo  que  en  invierno  dejase  Je  hacer  frio,  como  Vùestn 
Merced  verâ  por  To  que  Su  Magestad  manda,  que  es  que  Vuestn 
Merced,  luego  à  la  liora  que  esta  recibn ,  mande  buscar  dm 
piezas  de  hierro,  del  alto  y  ancho  que  aqui  van  las  medidas,  part 
hacer  una  estufa,  la  cuàl  hà  de  ser,  no  como  las  ordinarias,  sifto 
que  desde  su  ctiiménea  se  pongan  unas  ptezâs  de  hierrd  en  elli, 
para  que  el  calor  del  Tuego  pase  de  la  otra  parte  de  la  estufii  qtie 
se  ha  de  hacer.  Estas  ptezas  de  hierro  se  hah  de  halUr  en  Yallà- 
dolid ,  y  yo  las  he  vislo  debajo  de  los  portâtes  de  San  Francisco, 
6  en  otro  cabo ,  si  alH  no  se  venden  agora  ;  y  si  en  Valladolid  no 
se  hull^ren,  mande  Vuestra  Merced  buscarlas  en  Burfos,  qae 
alli  pienso  que  se  hallaràn ,  aunque  creo  que  de  este  alto  y  de 
este  ancho  no  las  habrà,  si  no  son  piezas  de  estufa  de  hierro»  y  si 
estas  se  hallasen,  séria  lo  niejor.  Y  del  tamano  que  Vuestra  Merced 
las  hallare,  ansi  de  lo  alto  como  del  ancho,  envie  la  medida  cod 
toda  la  brevedad  que  fuere  posible ,  aunque  creo  que  nadie  debe 


(  263  ) 

teneir  Ul  comodidad  pttrà  el)o  como  yo ,  porque  tenge  en  Yilia- 
garcia  una  estufa  de  hierro«  del  tamano  que  Su  Magestad  la 
quiere;  y  no  hallàndose  eo  otra  parte,  sera  forzado  desaeonio- 
dàrme  yo  para  aeomodar  à  Su  Magestad,  el  cual  quiere  que,  do 
hallahdo  ahi  estas  pieaas,  pàse  à  Villagareia  este  correo«  para 
que  D"  Magdalena  tome  la  medida  del  ancho  y  largo  de  las 
piedis  de  la  estufa,  y  la  envie  Vuestra  Merced  >  para  ver  si  vienen 
à  propéàito,  porqne,  maidità  la  cosa«  se  le  darà  à  Su  Magestad 
desaoûmodarme  en  todd  con  que  él  lo  esté  (i)i 

Vuestra  Merced  mande  enviar  à  Toledo ,  6  à  Madrid  t  à  saber 
si  hay  allialgunes  Alemanes  que  asienten  estufas,  y  ansimesmo 
si  las  tienen  de  barro,  porque,  no  pudiendo  Sn  Magestad  aprove- 
charae  de  esta  comodidad ,  ha  de  usar  de  la  otra ,  porque  dice 
que  pasa  gran  frio,  y  cuando  bien  no  las  hubiere  de  barro,  sera 
necesario  arrancar  una  y  traellii.  De  todo  esto  me  avisarà  Vuestra 
Hereed  con  brevedad ,  porque  Su  Magestad  lo  quiere  saber. 

La  postrera  earta  que  à  Voestra  Merced  escrebi  (^)  decia  como 
Sa  Magestad  habia  mandado  venir  aqui  un  ballestero ,  para  que 
le  mfltase  abutardâs^  perdîtes  ^  gruas  y  lavancos  bravos  ^  el  euâl 
habia  vivido  con  el  rey ,  y  lé  daba  diez  y  ochd  tnil  tnaravedis. 
Quiere  Su  Magestad  queestos  18,000  maravedîs  Vuestra  Merced 
se  les  haga  librar  alla,  porque,  con  ellos  y  alguna  ayuda  de  cesta 
que  acà  se  le  darâ,  se  podrà  entretener  :  pero ,  à  mi  parecer,  séria 
major  que  todo  se  pagase  aqui ,  aunque  creo  que,  segun  laslavores 
que  Su  Magestad  quiere  hacer ,  que  habrà  menester  mas  que  lo 
ordinario.  Los  orejones  y  melocotones  no  se  olvide  Vuestra 
Merced  de  enviarnos  ;  y  si  se  hallasen  de  aquellas  aceitunas  de 
Perejoo ,  Su  Magestad  se  bolgaria  de  ello 

Ed,  Yuste ,  30  de  octubre  \  557. 


(1)  Toj.  le  1. 1",  p.  213.  Dans  une  lettre  du  5  noTembre  à  TBinpereur, 
yaxtpMei  lui  dît  qa*on  n*a  trouvé  ni  planches  de  fer,  ni  ëtuve  à  Valladolid , 
ci  qa^oo  a  envojé  i  Borgos. 

(3)  Le  26  octobre. 


(  26i  ) 

Aunque  se  halle  la  estufa  en  Madrid  6  Toledo»  no  veoga  bnu 
que  Su  Magestad  la  pida,  que  no  quiere  saber,  sino  si  haj  dii 
quien  las  asiente. 

Su  Magestad  esta  muy  bueno,  y  pues  come  hoj  peseido, 
puédese  muy  bien  créer  :  después  de  la  indisposicion  pasads,  do 
ha  sentido  mas;  y  la  pildora  que  tomô  obré  muy  bien  (1).  Qoiere 
escoroenzar  à  escrebir  para  Flandes,  y  dice  que,  aunque  le  bsgi 
el  martes,  que  llegarà  à  tieœpo  de  ir  con  la  armada.  En  lo  demis 
Vuestra  lierced  veré,  por  las  cartas  de  Su  Magestad,  h)  qoe 
manda  en  todo. 

Luis  Quuada. 


LXXV. 


LUI8  QUIJADA  À  LA  PRINCESSE  DONA  JUANA. 

Grttiludt  de  l'Empereur,  pour  les  présents  qu'elle  lui  envoie  et  le  soin  <(u*dle  prad 
de  s*infonner  de  se  santé.  —  État  satisfaisant  dans  lequel  il  se  trouve,  à  eertsii 
resserrement  près.  —  Tif  désir  qu'il  a  d'avoir  une  éture.  —  Son  intention  ds 
(aire  faire  un  oratoire  dans  son  appartement  du  rei-^e-ehaussée ,  et  un  jsidis 
dans  le  haut. 

Yuste,  SI  octobre  1557. 


Muy  alta  y  muy  poderosa  senora,  la  de  Vuestra  Aiteza  de  S8 
de  este  recebi  boy,  y  luego  la  lei  à  Su  Magestad,  y  en  dla  vie  d 
recaudo  qoe  Vuestra  Alteza  me  manda  que  le  dièse.  Su  Magestad 
agradece  el  cuidado  que  tiene  de  regalalle,  y  saber  de  su  salod. 
Al  présente  se  halla  muy  bueno;  y  ayer  avisé  à  Juan  Vaiqaei 
como  la  pildora  habia  heeho  provecho;  y  después  de  la  indispo- 


(1)  Voy.,  dans  le  t.  W,  pp.  106  et  198,  la  relation  da  docteur  tfathysét 
24  octobre,  el  sa  lettre  à  Vazquez  du  30. 


r 


(  â66  ) 

MeîoQ  pasada,  uo  ha  habido  otra  cosa  mas  de  la  que.VuesIra 
Alieza  aabe  por  iiii  carta,  saWoandarSu  Mageslad  tan  restrenido 
que  le  da  peoa.  Si  en  esto  anduTieae  concertado,  nunca  tiivo 
Unta  salad  como  agora;  y  ansi  espero  que  se  ia  darà  Nuestro 
Senor  niiicboa  anos. 

Sa  Magestad  da  priesa  para  que  se  haga  su  estufa ,  porque  no 
le  satisface  cbiniinea.  Tambien  quiere  hacer  un  oratorio  muy 
bueno  en  su  aposento  bajo;  y  en  este,  y  en  hacer  un  jardin  en 
alto,  y  en  que  se  le  traya  alli  una  fuente,  pasa  su  tiempo.Nuestro 
Senor,  etc. 

De  Yuste,  Si  de  octnbre  i557. 

Luis  Quijada. 


LXXVI. 


LUIS  QUUADA  À  JUAN  TAZQUEZ. 

PêthM ,  eairelato,  olives ,  envoyés  par  la  princesse,  et  arriyés  en  très-bon  état.  — 
Désir  deTEmpereur  de  connaître  les  conditions  de  la  paix  faite  avec  le  pape; 
nauTaÎM  opinion  qu'il  en  a.  -  Présents  de  l'évéque  de  Paleneta  et  de  D.  Rodrigo 
M^xia. 

Yuste,  31  octobre  1557. 


linslre  senor los  orejones  y  melocotones  llegâron  à  muy 

boen  tiempo,  y  las  acedias  que  Su  Alteza  envia  eomerà  Su  Ma- 
gestad de  buena  Toluntad,  por  que  ha  hallado  gusto  en  unas  que 
los  dias  pasados  le  envié  la  serenisima  reina  de  Portugal.  Las 
aeeitunas  probarà  Su  Magestad,  y  de  como  le  supieren  avisaré  à 
Vuestra  Merced;  y  es  muy  bien  avisar  à  Sevilla,  para  que  nos 
provenu  de  ellas,  pues  ahi  no  se  hallan. 

£1  dinero  que  va  para  Italia  en  las  cinco  galeras  que  Vuestra 
Merced  dice,  sera  bien  recibido,  ans!  del  principe  Doria  como  del 


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(266) 

doque  d*Alba,  y  no  bltarà  eo  que  gttftUllo;  y  Su  MagMtad  cilâ 
con  gran  deseo  de  saber  el  ftuceso  de  aqoello,  y  que  de  ha  heebo 
eon  e)  (lapâ;  y  tiene  por  raid  eeAal  decir  que  la  pat  ea  heehi.  y 
no  decir  el  como ,  y  eierto  se  holgarà  de  eolendelto;  y  dice  <|te, 

aunque  faese  rouy  à  nuestra  ventaja,  no  séria  Inaeho 

En  YuatCi  3t  de  octabre  4557. 

Las  Gosas  que  viniéron  llegàroo  todas  may  bnenasi  y  Sa  Migès- 
tad  ho)g6  eon  los  orejones  y  hielocotones;  y  aiinqne  aateyerel 
obispo  de  Palencia  nos  envié  dos  docenas,  no  son  taleH.  Lasieeï- 
tunas  halia  Su  Magestad  inuy  acedas.  No  hHy  otra  eosi  qttë  dedr, 
sino  que  Su  Magestad  esta  bneno  y  ha  comido  hoy  oiuy  bien,  pero 
anda  tan  restrenido  que  no  puede  hacer  càmara ,  si  do  es  oon 
mucho  trabajo 

Hoy  hemos  tenido  un  présente  de  D.  Rodrigo  liegia,  en  qoe 
hubo  galinas  de  las  Indias  y  un  gavalin  y  otras  cosas. 

Luis  QOUADA. 


(i67) 
LXXVII. 

Là  reine  ÉLÉONORE  à  PHILIPPE  II. 

Yœux  pour  le  succès  des  armes  du  roi.  -  Motifs  qui  l'ont  amenée ,  Ainsi  que  là 
reine  de  Hongrie ,  à  Jarandilla  :  désir  de  V6ir  Tlmpertur ,  et  de  faciliter  lee  arraa- 
feuMDts  pour  la  ▼enue  de  l'infante  dp  Portu|al  en  Castille.  —  Obstaclea  q«e  ce 
dernier  point  a  rencontrés  de  la  part  des  Portugais  —  État  de  la  négociation.  — 
Difficultés  que  les  deux  reines  éprouvent  pour  se  ûxe^  à  Guadalajara  :  conduite 
indécente  du  due  de  l'Infantado  ;  ortlre  donné  à  un  alcade  de  se  rendre  eil  éellè 
▼ille^  pour  qu'elles  puissent  s'y  logert— Nécessité  de  peurroir  à  depanils  ineea- 
vénients. 

Jarandilla ,  l8  DOVembre  1557. 

Senor  *  desde  las  eartas  de  €aatro  y  seis  de  setiembre,  eo  que 
▼iniéroo  las  buenas  nuevas  de  Vuestra  Alteza  »  y  juntameole  cod 
la  toma  de  San  Quintio,  hasta  la  hora  que  esta  se  hace,  no  hay 
carta  suya.  Por  lo  ciial ,  y  habiendo  reconocido  à  Dîos  las  gracias 
que  por  las  victorias  de  Vuestra  Âheza  se  le  deben ,  como  se  hiao 
y  hace,  estamos  con  gran  deseo  y  cuidado  que  el  misino,  de 
quîen  todo  bien  procède,  las  baya  continuado  con  otras  niucbas 
mayores ,  cuanto  basten  à  que  por  medio  de  elias  se  consiga  la 
perpétua  paz  y  buen  eslado  de  la  repùblica  cristiana  :  de  que 
Vuestra  Âlteza*  como  medio  y  ministre  soyo  que  para  ello  tiene 
en  el  mundo,  goce  con  otras  mucbas  victorias  y  prosperidades ,  à 
gloria  suya,  como  yo,  teniendo  entendido el  celo  y  santa  inten- 
eion  de  Vuestra  Alteza,  lo  confie  y  espero,  y  se  io  suplico. 

La  reina  de  Hungria  roi  senora  y  hermana  é  yo  vinimos  à  esta 
tierra  con  los  dos  fines  que  Vuestra  Alteza  ternà  entendido  :  el 
Boo,  para  ver  y  visitar  al  Ëmperador  mi  senor,  y  este  luego  leçon- 
seguimos,  y  bien  cumplidamente ,  por  la  salud  que  Su  Magestad 
tiene ,  que  es  buena ,  barto  mojor  que  en  mucbos  anos  pasados 
la  ha  lenido,  de  que,  como  es  razon,  baberaos  recreado  y  damos 
gracias  à  Nuestro  Senor ,  à  quien  tambien  suplicamos  que  se  la 


(  2G8  ) 

confirme  y  conserve  por  muchos  anos;  el  otro,  para  gaiar  y  aco- 
modar  mas  los  medios  en  la  venida  de  la  infante  mi  hija,  si  coq 
los  Portugueses  se  piidiere  acabar.  En  esto  hay  tanlasdilaeioau 
y  difieuUades  de  parte  de  ellos,  que,  habîéndose  llanamenle  con- 
cedido  de  su  parle,  y  habiéndome  yo  movido  à  dejar  poresU 
intencion  cl  asiento  y  sosiego  que  en  mis  Estados  ténia,  trocaodo 
por  ello  los  trabajos  y  desasosiego  de  tan  largos  caminos  de  mar 
y  tierra,  y  los  otros  inconvenientes  que  se  pueden  represeotar, 
y  â  Vueslra  Alteza,  queriendo  aplicar  su  consideracion ,  le  séria 
notorios,  y  babiéndose  después  pasado  en  los  tratos  de  dlo  harto 
mas  tiempo  que  se  requeria,  venimos  abora  à  parar  en  que,  por 
satisfaccion  de  mi  voluntad  y  recompensa  de  todo  lo  que  se  hi 
puesto  de  mi  parte,  se  ponga  siquiera  de  la  suya  no  mas  que  venir 
aqui  à  verse  conmigo  y  visitarme,  para  que,  habiéndolo  cumplido, 
se  pueda  volver,  si  quisiere  :  todo  ello  à  costa  mîa,  como  se  hs 
ofrecido.  De  esto  se  espéra  la  respuesta  y  resolucion  suya,  qoe 
aunque  pudiera  ser  ya  tomada  y  venida,  y  ellos  la  debian  abrevisr, 
por  tener  entendido  que  estâmes,  por  solo  ello,  en  nna  roonUDS 
harto  estéril  y  sin  refrigerios,  y  por  condecender  en  rai  voluo- 
tad  y  cumplirla ,  por  ser  tan  justa ,  natural  y  pia ,  como  de  raadre 
que  desea  ver  una  sola  hija  que  tiene,  ni  esto  ni  los  otros  res- 
pectos  y  consideraciones  debidas  que  conçu  rren  no  parece  q«e 
bastan  con  ellos ,  y  à  cabo  de  tanto  tiempo  como  de  parte  nueslrt 
se  insiste  en  ello,  y  de  càsi  un  ano  que  de  esta  ùllima  vez. 

Demàs  de  los  ministros  que  yo  para  ello  alla  tengo,  esli 
D.  Sancbo  de  Côrdova  por  ôrden  de  Su  Magestad,  y  como  sa 
ministro ,  tractando  de  ello  y  procuràndolo  con  ellos.  No  ha- 
biendo  hecbo  mas  efeclo  que  el  primer  dia,  àntes  menos,  \îno 
aqui  con  la  relacion  de  las  evasiones  é  invenciones  uuevas  qœ 
dan  de  su  parte  para  que  no  venga ,  y  retirarse  de  lo  que  àotes 
estaba  tan  adelante  que  no  restaba  sino  el  efecto  y  egecucîon 
de  ello.  Y  asi ,  habiendo  ya  buenos  dias  que  el  mismo  D.  Sao- 
cho  Yolviô,  con  la  declaracion  de  mi  volunlad  determinada  pan 
que  mi  hija  venga  luego  à  verse  cx>nmigo,  entretienen,  como 
suelen ,  la  respuesta ,  y  tonian ,  por  causas  de  la  mudanza  y  note- 


I 


•t1 


{  269  ) 

dad  de  qae  usan,  dar  à  entender  que  io  son,  baberse  iiiuerlo 
dcspoés  el  rey  de  Portugal ,  en  quien  la  infante  dix  que  pudiera 
tener  favor  y  socorro  para  poderse  volver  en  aqiiel  reino,  cuando 
bien  le  estuviese,  y  parecerles  que  alla  tiene  mns  real  Irata- 
miento  y  mas  segnridad  de  conservarse  en  él  que  en  estes,  donde 
dieen  que  habria  de  estar  à  la  gobernacion  de  Vnestra  Alteia  y 
de  sus  niinistros,  que  les  parece  grande  inconveniente,  y  dan 
tambien  otras  escusas,  aunque  tan  poco  é  menos  importantes  que 
estas  (1).  De  lo  cual  todo  quise  dar  6  Vuestra  Âlteza  noticia, 
por  los  buenos  efectos  que  de  ello  se  pneden  esperar ,  y  como  de 
lo  demàs  la  tiene  y  se  le  debe. 

Goanto  à  las  eosas  de  nuestro  asienlo  en  Gnadalajara ,  cada  dia 
se  ofrccen  dificultades  que  descubreu  y  hacen  mas  manifiesta  la 
necesidad  de  hacer  instancia  con  Vuestra  Alteza,  para  que  mande 
dar  la  érden  queen  ello  se  requière,  conforme  à  lo  que,  por  las  car- 
tas  y  memoriales  que  cerca  de  ello  lleré  el  conde  de  Melito ,  se  le 
ba  significado.  Y  entre  otras  cosas,  que  son  muchas,  y  dan  egem- 
plo  y  demostracion  de  lo  que  adelante  podria  suceder  para  que 
por  lo  présente  se  saque,  me  contentaré  con  referir  lo  que  agora 
pende  con  el  duque  del  Infantado  :  el  cual,  habiéndose  con  él 
Qsado  de  buenos  medios ,  para  que  él  de  snyo  nos  ofreciese ,  à  lo 
menos  para  esta  primera  entrada  en  aquel  lugar,  sus  casas,  pues 
alH  no  hay  otras  taies,  como  Vnestra  Alte2a  sabe,  en  que  poda- 
mos  estar,  cumpliéndose  con  todo  como  conviene,  y  habiéndose 
esperado  este  comedimiento  cuanto  bastô  para  entenderse  que 
no  le  baria ,  àntes  habiéndose  dado  de  su  parte  otras  ocasiones,  y 
habiéndosele  escrito  de  la  nuestra ,  rogàndole  que  por  agora  nos 
las  dejase,  ha  rcspondido  en  efecto,  y,  como  dicen,  en  buen  ro- 
rDance,  que  las  ha  menester  y  las  quiere  para  si,  y  usado  de  otros 
descaidos  harto  indécentes  al  propésito  (2)  :  por  lo  cual,  habién- 


(1)  Voy.j  daos  le  t.  I'',  pp.  199  et  303 ,  les  lettres  de  Sancho  de  Cérdova  à 
rEmpereor,  des  3  et  6  novembre,  et  p.  209,  celle  de  la  reine  Éléonore  aux 
dffuJL  anilMssadetirs,  du  11  du  même  mois. 

(9)  Le  due  répondit  à  la  reine  Éléonore  que ,  étant  vieui  et  infirme,  il  ne 


t 


(  270  ) 

dolo  ooDsultado  à  Su  MagesUd,  y  hecko  saber  à  la  prinoeBa,  é 
invocado  su  interveoeion  como  gobernadora  de  eslos  reîoos  de 
Yaestra  Alleza ,  habemos  mandado  à  un  alcaide  de  au  easa  y  corle, 
que  COQ  nos  residia ,  vaya  à  dar  ôrden  como  tengamos  posada;  y 
alla  es  ido.  De  donde  se  pnede  enteuder  la  Decesidad  que  hay  de 
proveer  desde  el  principio  en  estas  cosas,  como  se  prebeugaoy 
atajen  lus  inconvenientes  que  sin  ello  estàn  en  la  mano,  y  siibce- 
derian  en  desasosiego  nuesifo  y  desacato ,  contra  la  inleacioD 
quee^tà  enteodida  de  Vuestra  Alteca,  à  quien  suplicamos  lo 
mande  prQveer  conoo  mas  convenga ,  dedaràndole  nuestra  iotea- 
cion,  que  por  tener  entendido  ser  el  roejor  medio  aai  para  aoea- 
iro  conlenlamienlo,  que  consiste,  cobio  en  los  dichoa  mémo- 
liales  se  signifiée,  en  descuidar  de  négocies  de  gobernacion  y  de 
jvisticia,€onservàndosenQs  sin  ello  la  decencia  y  autoridad  debida, 
nos  ha  parecido  que  séria  tener  en  nuestro  senricio  y  aoompaâa* 
mientû  un  alcaide  de  la  casa  y  corte  de  Vuestra  Altesa,  que,  cods 
tal,  trate  de  los  Aiakw  oegoçios  donde  residiéremos  y  sus  em^ 
cas»  como  en  los  dichos  memoriales  se  dyo  :  mediante  lo  caal  n 
consigan  el  respeto  que  se  debe  pretender  y  los  otros  buenosefee- 
tos  de  acompanamiento,  y  de  los  mantenimientos  y  otras  oesu 
que  para  nuestra  corte  convienen.  Y,  porque  sobre  ee(o  escriho 
al  dichocpnde,  y  tambiw  sobre  otro  negoçio,  pidiéndole  quelo 
Yuelva  acordar  y  lo  acuerde  de  nuevo,  cuanto  al  bien  de  todo  elle 
se  requiera,  à  Vuestra  Alteia ,  remitiéndome  â  lo  que  él  informafs 
de  mi  parte,  doy  (kVi  i  eata«  suplicandi^  à  Uoa  gMarde  y  ensalee  b 
muy  real  persona  y  estado  de  Vuesira  Alteaa  com<i  yo  deseo. 
De  Jarandilla,  à  ^5  de  noyiemhre  de  i5$7, 

Besa  las  manos  de  Vuestra  Alteza  su  tia  y  serridora, 

La  Reima. 


pouvait  Qbaager  de  demeure.  La  reine  pria  alors  la  princesse  gouvernante  de 
lui  écrire,  et  lui  demanda  que,  en  cas  de  refus,  ell^  obli|^6|t  le  duc ,  par  céâà» 
royale,  à  quitter  son  château.  (Lettre  de  la  reine  Ël^nore  à  Taaquez,  da 
30  octobre.) 


(  271  ) 


LXXVIIL 

L'SMPEIieW  A  LA  REINE  PPUAlftlÈiiS  OB  PORTUGAL. 

Reroerciments  des  marques  d'amitié  qu'elle  lui  donne.  —  Étal  de  sa  santé.  — 
D.  Sancho  de  Côrdova  communiquera  à  la  reine  la  détermination  de  la  reine  de 
Franee.  —  L'Empereur  la  prie  de  s'employer  à  ce  que  les  choses  s'arrangent 
comme  leur  sosur  le  désire. 

Toste,  13  Dovembre  1557. 


Las  cartas  de  Vuestra  Alteza  recibi ,  y  le  agradezco  mucho  ia 
peoa  y  aphraaallo  que  le  dié  haber  labido  la  iodispnaieieii  que 
love,  y  lo  que  à  eale  propdsito  mas  diee  y  me  aconaeja  :  que  lo 
tengo  y  eslimo  eu  lo  que  se  debe  y  es.  razpn ,  por  ser  tau  con- 
forrae  à  lo  que  le  merezco;  y  he  holgado  mucho  de  saber  que 
Voestra  Alteza  quedaha  con  la  salod  que  yp  le  deseo.  Lo  que  de 
ia  mia  le  podria  decir  es  que,  aunque  los  dias  pasados  me  su- 
cediô  lo  que  eotenderia ,  no  duré  mas ,  ni  me  hizo  tener  la  cama; 
y  deapu^  me  he  sentido  y  quedo  en  buena  dispusicîon ,  gracias 
à  Niiestro  Senor. 

En  JQ  que  toea  à  ta  vçnida  de  la  infiinta,  he  yis|o  lo  que  Vtiestra 
Alteza  dice,  y  D.  Sancho  do  Côrdova  me  ha  escrilo  1q  que  ha 
pas$|do,  y  el  cuidadp  q^ie  ha  tenido  paru  que  se  pusiese  en  egecu- 
cîo(i  ;  qu^es  conforme  à  lo  que  siempre  he  esperado.  Y  puesto  que 
me  pareçia  que,  8e|;un  lo  que  en  este  négocie  ha  pas^do,  y  Ip  qu.e. 
kl  reina  nuestra  hermana^  escribiô  ullimamente,  siendo  tan  justi- 
ficado,  ce  le  dictra  contenlamiento,  todavia  que  ya  que  ha  sufrido 
j  padecido  tantos  y  tan  grandes  trabajos  en  este  négocie,  no  le 
quede  nada  por  hacer,  y  para  mayor  satisfacciop  suya,  ha  acor- 
dado  y  determinado  lo  que  D.  Sancho  dira  a  Yueslra  Alteza  de 
su  parte  y  la  mia ,  por  ver  el  cumplimiento  de  lo  que  tanto  desea  ; 
j  aai  le  ruego,  cuanto  puedo,  que,  pues  ha  trabajado  tanto eo  este 


n 


(  î272  ) 

negocio,  y  la  reina  ntiestra  hermana  viene  en  sn  edad  hacerlo 
que  dice,  por  ver  à  su  liija,  qae  ponga  Vaestra  Alteza  la  mano 
en  ello  tan  de  Teras,  que  se  consiga  lo  que  prétende,  cod  h 
brevedad  que  elia  desea  :  que  en  ello  recibiré  mncho  placer. 
Y  Nuestro  Senor  sn  mny  real  persona  guarde  como  yo  deseo. 
De  Yuste,  à  13  de  noviembre  de  '557. 


LXXIX. 


l'empereur  a  l'infante  dona  maria. 


Il  regrette  qttoD.  Settcho  de  Gordova  Vait  Uni  pressée  de  lui  écrire  d«  sa  nab.- 
DétorminaiioD  de  la  reine  très-chrétienne  d'aller  joaqu  à  Badajoi.  —  L'Es- 
pereur  ne  doute  pas  que  l'infante,  si  l'état  de  sa  santé  le  permet,  correspondn 
au  désir  de  sa  mère.  —  État  de  sa  santé. 


ÎToste,  13  novembre  1S57. 


Senora,  sobrina  y  hermana,  la  carta  de  Yuestra  Alieza  de 
3  de  este  recebi,  y  hâme  desplacido  de  que,  no  estando  para 
ello,  hobiese  D.  Sancho  de  Côrdova  dado  tanta  priesa  sobre  que 
me  escribiésedes  de  vuestra  mano(l),  y  tanto  mas  pues,  tan 
pocos  dias  después,  me  habeis  escrito  la  otra  de  7  del  fflismo, 
que  trujo  vuestro  criado  que  despachastes  à  la  reina  cristia- 
nlsima  vuestra  madré,  la  cual ,  conio  veréis ,  ha  determinado  de 
que,  queriendo  Vuestra  Alteza  venir  à  Badajoz,  ira  alla  à  verse 
con  vos;  y  tengo  por  cîerlo  que,  dando  higar  à  ello  vuestra  dis- 
pusicion,  no  dejaréis  de  ponerlo  en  egecucion,  con  la  brevedad 
que  desea,  siendo  tan  justo,  y  en  caso  que  no  pudiésedes  ba- 


il) \oy.  \tLl',\).  201. 


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'^'If^. 


■■fi. 


(  273  ) 

cerlo,  se  ira  à  Goadalajara,  donde  estarâ,  para  que,  sieinpre 
que  quîsiéredes  cumplir  su  voluntad  y  la  vuestra,  lo  podais  bacer 
coD  la  bendicion  de  Dios.  Y  como  quîera  que,  efecloàndose  cual- 
quier  de  estes  roedios,  por  nioguno  de  elles  vengo  à  conseguir 
lo  que  deseaba,  que  es  veros,  todavia  tendre  por  bien  de  pos- 
pooer  mi  contentamiento  por  el  de  la  reyna,  como  quien  tanto 
se  le  desea  dar  en  todo;  y  hàrae  pesado  niucbo  de  que  no  tengais 
la  salud  y  lo  demàs  que  os  deseo.  Yo  quedo  con  elia,  gracias  à 
Nuestro  Senor,  y  espero  en  él  os  la  darâ  para  ver  el  fin  de  lo 
que  la  reina  prétende.  Y  él  guarde  vuestra  real  persona  como 
deseais. 

De  Yuste,  â  13  de  noviembre  de  1557. 

De  la  main  de  V Empereur. 

Senora,  no  va  esta  de  rai  mano,  por  lo  que  otras  veces  he 
dicho,  y  no  estar  para  ello.  Vuestra  Alteza  perdone  la  agena. 


Tome  il.  18 


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<  274  ) 


LXXX. 


l'bMPBRBUR   a  PHILIPPE   11. 


Joie  qu'il  a  ressenlie  de  la  prisa  de  S^Qaeniin,  du  Gatelet  et  de  Ham,  ainâ  fia  é» 
bonnes  nouvelles  de  la  santé  du  roi.  —  Il  pardonne  à  son  fils  de  ne  lai  avoir  p« 
écrit  plus  au  long,  dans  Tatlente  d'une  autre  lettre  de  lui.  —  Lettres  de  l'éTêqoe 
d'Arras,  àuxquelleè  il  a  répondu.  ~  Instances  qu'il  he  cesse  de  £iire  auprès  de 
la  princesse  et  du  secrétaire  Vasques,  pour  qu'on  euToie  au  roi  le  plus  d'aifnl 
et  avec  le  plus  de  diligence  que  possible.  —  Préoccupations  que  lui  eausenl  les 
levées  de  la  France  :  conseils  qu'il  donne  à  ce  sujet  à  son  fils  ;  expédition  pro- 
jetée du  baron  de  Polweiler.  —  Dette  qu'il  croit  avoir  envers  le  duc  de  Ferrare, 
et  dont  il  désire  être  déchargé.  —  Observation  incidenie  sur  le  traité  du  doe 
d'Albe  avec  le  pape. 


Tusle,  15  novembre  1557. 


Hijo ,  à  vuestra  carta  de  1 1  do  agosto ,  que  irata  dd  rompi- 
oiieDto  de  los  Fraoceses,  y  lo  que  os  pesé  de  no  haberos  hallado 
en  elle ,  que  trujo  el  correo  que  cou  esta  nueva  mandastes  despa- 
char,  respondi  (i)  con  el  mismo,  como  habréis  visto,  6  Teréis 
por  la  duplicada  que  va  con  esta;  y  después  he  recibido  la  de 
28  de!  mismo,  por  la  cual  entend!  la  toma  de  San  Quinlin,  y 
por  las  que  Eraso  escribiô  à  Joan  Vazquez  à  6,  i6  y  26  de  se- 
tiembre,  como  se  rindié  Schatelet  y  Ham  :  con  todo  lo  coal,  y 
haber  entendido  la  salud  con  que  quedàbades,  be  holgado  lo  que 
podeis  pensar ,  porque  debeis  dar  continuamente  mucbas  gracias 
à  Dios,  que  asi  encamina  vuesiras  cosas,  como  lo  hago  yo,  por  la 
parte  que  dello  me  cabe,  en  quien  espero  lo  llevarà  adelante;  y 
no  dudo  sino  que  habréis  tenido  el  trabajo  que  decis ,  con  d 


(1)  Voy.  page  340. 


►  .»'■ 


(  273  ) 

asalto  de  San  Quintin ,  en  eftcusar.las  desôrdenes  que  suele  haber 
eo  aemejantes  cosas;  y  con  nueva  tan  buena  y  causa  tan  justa, 
digno  8018  de  perdon,  por  no  escrîbinne  mas  largo,  pues  lo 
habréis  hecho  después. 

El  obispo  de  Ras  me  ha  avisado,  conforme  à  lo  que  le  man- 
dasles,  de  lo  de  allÂ,  y  le  respondo  lo  que  veréis  :  à  que  me 
reniito. 

A  la  princesa  y  Joon  Vazquez  he  scrito  y  scribo  continua* 
mente  que  os  provean  del  mas  dînero  que  ser  pu(Jiet*e,  y  côn 
brevedad,  porque  se  coanto  va  en  ello,  eomo  quîen  se  ha  vistô 
en  esos  irabajos,  y  demàs  del  que  se  os  ha  enviado,  ira  agora  » 
en  la  armada  que  partira  brevemente,  el  que  la  princesa  os 
escribirà,  y  yo  tendre  la  mano  para  dar  priesa,  pues  no  pvedo 
aytidaros  por  agora  con  olra  cosa. 

Por  la  copia  de  la  nllima  de  las  dichas  cartas  que  Eraso 
escribié  à  Joan  Yaxqttez,  he  visto  que  hasta  enténces  se  habia 
ganado  à  Ham ,  y  la  estàbades  fortificando ,  sin  déclarer  io  que 
mas  se  pensaba  haeer^  sino  que  se  habia  comenzado  à  tralar 
dello  :  pero,  porque  junto  con  este  dice,  aunque  no  corao  cosa 
que  tiene  por  cierta  ^  qu^el  rey  de  Francia  armaba  à  Fnria ,  y 
que  levantaba  iâ^OOO  infantes  suiços,  y  ternia  seis  6  ocho  mil 
Alemanes,  con  niucha  caballeria  que  juntaba,  y  por  ona  rela* 
don  que  ha  enyiado  aqui  de  Portugal  el  embajador  û.  Joan  de 
Mendoza  de  Ribera  de  lo  que  s*entendia  de  Francia  por  cartas  de 
8  del  pasado .  se  afirma  lo  mismo  y  aun  mucho  mas ,  y  podria 
ser  que,  juntando  el  eoetnigo  su  campo,  qutsiese  este  inYierno 
intentar  de  querer  recuperar  algUna  de  las  plaças  que  ha  per- 
dido ,  ô  ganar  otras  de  nnevo  ,  y  hallàndoos  desarmado  podria 
ser  que,  no  estando  San  Quintin  y  Ham  tan  bien  fortificados  y 
proveidoscuantoconvernia  para  su  defension,  quehiciese  algun 
efecto ,  y  esto  habria  mas  lugar  cuanlo  menos  esperanza  tuviesen 
de  ser  socorridos  los  que  se  hallasen  en  defender  las  taies  fuerzas; 
y  aunque  tengo  por  cierto  que  lo  habréis  proveido  y  prevenido, 
todavia,  puesto  que  no  se  los  termines  en  que  estarà  lo  de  ahi, 
y  que  este  mi  aviso  podria  llegar  tarde,  dire  lo  que  me  ocorre, 


(  276  ) 

y  es  que,  para  en  caso  que  sucediese  lo  sobredicho,  y  eslando 
aun  en  pié  los  13,000  infantes  y  J,000  caballos  que  be  enlen- 
dido  habia  levantado  Polviler,  conforme  à  las  plàticas  que  ira- 
taba  para  îr  la  vuelta  de  Léon  6  Metz ,  de  que  en  la  dicha  rdacion 
hace  mencion ,  y  que  os  hallàsedes  con  raenos  gente  de  la  nece- 
saria  para  poder  acudir  adénde  conviniese,  mandàsedes  Uamar 
al  dicbo  Polviler,  para  que  fuese  à  la  parte  de  Metz  y  Lorrena  à 
juntarse  con  vos,  pues  lo  podrîa  hacer  con  seguridad  yendo  por 
Lucemburg;  y  teniendo  vos  aquella  gente,  podriades  mas  sega- 
ramente  allcgaros  al  eneroigo,  y  contraslarle,  para  estorbarle 
que  no  hiciese  lo  que  podria  pretender;  y  demàs  desto,  se  daria 
calor  â  vuestras  fuerzas  y  a  los  que  le  hobiesen  menester,  po- 
niéndoos  doude  conviniese ,  y  tomando  sitios  fuertes  y  cômodos, 
para  con  seguridad  socorrer  à  los  amigos  y  ofender  à  los  ene- 
migos,  como  se  hizo  en  lo  de  Yalencianas,  Namur  y  Renti. 
Sobre  lo  cual  escribo  à  la  princesa ,  para  que  luego ,  sin  perder 
liempo,  os  avise  de  lo  sobredicho,  por  roar  y  tierra,  para  qoe  os 
podais  aprovechar  de  lo  que  dello  conviniere. 

Entendido  he  que  se  ha  sabido  qu*el  duque  de  Âlba  ba  con- 
cluido  la  paz  con  el  papa,  sin  declarar  las  condiciones  délia, 
que  no  lo  tengo  por  buen  senal  :  pero,  como  quier  que  sea,  es 
bien  que  tengais  entendido  qu*el  duque  de  Ferrara  me  presto, 
los  afios  pasados,  50,000  escudos  (1)  ;  y  puesto  que  mandé  scribir 
al  visorrey  D.  Pedro  de  Toledo  (2)  diversas  veces  que  se  los 
pagase,  no  se  si  se  bizo,  ni  si  el  papa  babrà  comprendîdo  en  la 
paz  al  dicho  duque,  y  querria  que,  si  se  trata  con  él,  se  hiciese 
de  manera  que  yo  quedase  libre  y  mi  conciencia  descargada. 
Y  Noestro  Senor  os  guarde  como  yo  deseo. 

De  Yuste,  à  15  de  noviembre  1557. 


(1)  Le  chiffre  de  50,000  n*a  pas  été  lu  a?ec  certitude. 
(3)  Vice-roi  de  Naples. 


(277) 
De  la  main  de  [Empereur. 

Hijo ,  por  yr  «la  en  cifra ,  y  mandar  anadir  este  artfculo  de 
doque  de  Ferrara,  borré  lo  que  encomencé  de  escrevir  de  in 
maDo(l),  y  no  la  escribo  detla,  por  no  tener  masque  decii 
Y,  porque  lé  que  aun  no  estaréis  un  négocies,  no  esuribo  ma 
bi^o;  y  porqne,  sobra  log  punies  que  me  escribîA  el  obisp 
d'Arras,  le  respondo  como  él  os  mostrarà,  reinïtiéndome  . 
ello ,  acabo. 

Vueatro  bnen  padre , 
Carlos  (S). 


(1)  Cfaar]ct-(>uii>taTaiIcomiDeQc£le|ioiUcrip(Dind«Miiuio,aprMCM<c{ 
couccroanL  li  janctioai  dire  det  forces  de  Polw«i1er  avec  «elles  ilu  roi,  et 
avait  écrit  Ici  mol)  :  Bijo,  por  yr,  lonqa'il  lei  eSafa,  pour  [aire  ajoDii 
par  toD  Kcrélairc  l'arLicle  relitir  au  duc  de  Ferrare,  C'etl  ce  qu^il  prend  I 
peine  d'nptiquer  ici. 

(S)  On  lit,  au  do«  da  cette  leUre  :  >  No  ba;  que  reaponder  •  (Il  d'j  a  p] 
de  rJpoiue  1  Taire). 


(  278  ) 


LXXXI. 
l'empereur  a  la  princesse  dona  juana. 

Maison  du  duc  6ei  l'Infantado  et  juridiction  de  Guadnlajara  :  OBotîfs  pour  lesqaek 
l'Empereur  ne  veut  pas  le  mêler  de  eea  deux  objets.  —  Recommandation  4  b 
priocesse  d'apporter  1^  plu»  gr^odç  diligence  poafiUe  c)|ina  l'epToi  d'atfnt  ai 
roi.  -  Bon  état  de  sa  s«nté. 

Yuste,  15  novembre  1557. 


En  io  que  decis  de  la  casa  del  diiqne  del  Infanudgo, 

hàme  parecido  bien  la  diligencia  y  térniinos  de  que  havets 
usndo.  Y  aunqiie  lus  revnâs  mis  hernianas  me  han  dado  rasoQ 
de  Io  que  lan^bien  por  su  parte  se  ha  hecho,  y  creo  que  bol- 
garan,  aunque  no  me  Io  han  pedido,  que  escriviera  al  duqae 
sobrello,  no  me  he  querido  embarazar  en  ello  ni  en  Io  deb 
jurisdicion  de  Guadalajara  que  pretenden ,  porque  no  tengan 
celos  de  que,  si  no  se  hace  todo  como  Io  quieren ,  Io  estorvo  yo, 
y  tocar  al  duque,  que  me  ha  servido  por  Io  pasado,  y  es  justo 
tener  cucnta  con  él,  por  ser  la  persona  que  es;  y  asi  creo  que 
séria  bien  que,  platicândolo  con  lus  del  consejo  d'Eslado  y  real, 
sin  que  sea  menester  llevarlo  por  términosdejnsticia,  siiio  pro- 
cura r,  por  via  de  bucna  gobernacion,  amoncstaciones  y  persaa- 
siones ,  tenga  por  bien  de  condescender  en  Io  que  las  reynas 
piden  ;  y  en  caso  que,  habiendo  usado  de  los  medios  que,  con- 
forme à  esto,  fueren  justos,  y  por  esta  via  no  se  pudiere  acabar, 
se  vea  Io  que  se  puede  y  debe  hacer  en  ello. 

Pues,  por  Io  que  os  esorive  el  rey,  haveis  visto  en  Io  que 
quedaba ,  y  la  necesidad  que  lenia  de  dinero ,  y  la  prisa  con  que 
se  le  ha  de  proveer,  no  habrà  para  que  yo  Io  digâ ,  sino  ropn» 
mucho,  hija,  que,  en  conformidad  de  aquello,  pues  veis  coanto 


(  279  ) 

mas  le  va  en  conservar  lo  ganado  que  en  baberlo  conqoislado, 
tengais  continuamente  la  mano  para  que  no  se  pierda  punto 
de  tiempo  en  lo  que  se  le  ba  de  embiar,  y  en  recojer  todo  lo 
que  ser  pudiere  para  adelante,  asi  de  lo  que  TÎno  en  esta 
ûUima  armada  de  Indias  como  de  los  ofros  espedieqtes  y  formas 
que  se  ballaren,  y  que  asi  lo  mandeis  encargar  lambien  de 
loi  parte  â  los  ministros  à  cuyo  cargo  esta,  pues  podejii  çonsir 
darar  al  dano  é  înoonTinientes  que  de  lo  eopirario  podrian 
resultar. 

Despnés  que  los  otros  dias  tome  aquella  pildora,  be  estado 
y  quedo  en  buena  dispqsjçjpq,  graciait  1^  Nuestro  Senor.  El  os 
gaarde. 

De  la  main  de  f  Empereur. 

Hija,  como  esta  habia  de  ser  tan  larga,  no  me  atrevi  â  escri- 
yirla  de  mi  mano;  y  asi,  para  responder  à  los  puntos  de  la 
\uestra,  fiié  menester  ordenar  à  Gaztelà  que  escriviese  lo  sobre- 
dieho. 

De  Tuestro  buen  padre, 

Carlos. 


(  280  ) 


Lxxxn. 


MARTIN  DE  GAZTELU  A  JUAN  VAZQUBZ. 

Lettres  de  l'Empereur  au  roi ,  i  Tévêque  d'Arr&t  et  à  Enso.  —  ExeeUenlétatde 
sa  santé.  —  Il  regarde  comme  terminée  l'affaire  de  la  venue  de  Tinfantede  Por- 
tugal. —  Gaxtelû  ne  voit  pas  comment  l'infante  pourrait  s'excuser  de  vaiir  à 
Badajos, 

Cu«cos,  18  novembre  1557. 


Ilustre  seûor, ya  Su  Hagestad  escribié  à  Flandes  pan  il 

rey  y  el  obispo  de  Ras  y  Eraso,  y  va  aqoi  el  pliego,  dentrodel 
cual  \an  tambien  las  carias  de  las  reinas«  para  que  Vuestn 
Merced  le  mande  enviarcon  el  que  ha  de  ir  por  mar,  comoSa 
Magestad  se  lo  escribe,  juntamente  con  el  olro  para  al  graffier, 
à  quien  se  escribe  sobre  cosas  de  servicio  de  niesa  y  otras  qoe 
ha  de  enviar;  y  se  podrà  ordeoar,  en  el  parte,  que  el  correo  lome 
certificacion  de  conoo  lo  entrêga. 

Desde  que  Su  Magestad  tovo  la  indispusicion  que  escribi  loi 
dias  pasados,  ha  cslado  y  queda  en  tan  buena  cuanto  la  ha  tenido 
después  que  llegé  &  eslos  reinos,  y  aun  diez  anos  alràs....... 

Su  Magestad  ya  tiene  por  acabado  este  negocio  de  la  infaota, 
para  no  escribir  él  mas  nada  sobre  él;  y  no  se  como  la  infants  se 
pueda  escusar  de  venir  à  Badajoz,  pues  la  reina  ira,  y  se  ba 
determinado  de  padecer  este  trabajo,  demàs  de  los  pasados.  Dn- 
rango ,  su  secrelario ,  me  ha  dicho  que  se  envia  relacion  al  rey  de 
todo  lo  que  en  este  negocio  ha  pasado;  digolo,  porque  lo  tenga 
Vuestra  Merced  entendido.  Las  reinas  tienen  salud ,  y  acà  la  baj 
en  (odos  estos  lugares,  sino  en  Piacencia 

De  Cuacos,  à  i8  de  noviembre  de  1557. 

Martin  de  Gaztelu. 


(  281  ) 


LXXXIII. 

LA  REIMB  ÉLÉONORE  A  LA  PRINCESSE  DONA  JUANA. 

Résumé  des  uégoeiations  pour  la  venue  de  l'infante  de  Portugal.  —  Dernière 
proposition  de  U  reine ,  consistant  dans  une  entrevue  avec  sa  fille  à  Badajoz ,  et 
à  laquelle  l'infante  a  fini  par  accéder.  —  Dispositions  à  prendre  en  conséquence. 
L'Empereur  a  jugé  que  le  voyage  des  reines  devait  se  faire  avec  apparat ,  et 
qu'il  convenait  qu'elles  fussent  accompagnées  des  grands  seigneurs ,  prélats  et 
gentilshommes  principaux  des  environs.  —  La  reine  envoie  à  la  princesse  une 
liste  de  ceux  à  qui  il  faudrait  écrire.  —  Elle  espère  encore  déterminer  sa  fille  à 
deDieurer  avec  elle.  —  Demande  de  deux  alguazils ,  pour  seconder  l'alcade 
Morillas  dans  les  mesures  que  le  voyage  des  reines  rendra  nécessaires. 

Jarandilla,  97  novembre  1557. 


Senora ,  por  relaciones  que  se  habrân  hecho  à  Vueslra  Âlteza, 
ternà  entendido  el  estado  en  que  estaba  este  nii  negocio  de  la 
veuida  de  la  infante  mi  bîja ,  y  como,  yîsla  la  dureza  y  largas  en 
que  lian  los  Porlugueses  estado ,  se  les  pidiô  que,  ya  que  su  venida 
no  fuese  à  residir  conmigo  en  Castilla ,  à  lo  menos  permitiesen 
que  Yiniese  à  visitarme  y  verse  conmigo ,  aseguràndolos,  de  bajo 
de  mi  prometimiento ,  que  se  le  dejaria  en  su  voluntad  libre  la 
vaelta ,  cuando  ella  lo  quisiere,  y  se  les  dié  eleccion  que  de  alla 
viniesen  personas  en  su  acompanamiento  y  servicio,  que  resi- 
diesen  y  pudiesen  volverse  con  ella  :  sobre  lo  cual  ha  tambien 
babido  réplicas,  demandas  y  respuestas,  y  otras  largas  de  las 
acostambradas ,  de  su  parte. 

Lo  cual  visto ,  haciendo  yo  de  mi  parte  los  oficios  de  buena 
madré,  asi  por  amor  suyo,  como  en  satisfaccion  mîa,  de  no 
faaber  dejado  cosa  por  hacer,  uUimamenle  les  ofreci  que,  si  el 
negocio  no  esluviese  en  mas  de  tomar  yo  mas  trabajo  sobre  los 
otros  tantos  y  tan  grandes  que  he  pasado  por  ello,  qife  yo  iria 
basta  la  raya  entre  estes  leinos,  viniendo  tambien  ella,  y  nos 


i 


M 


(  283  ) 

podrianios  junUr  en  Badajoz ,  para  que  mi  Yoluntad  y  deseo  se 
cumpliese.  Y  aunqiie  tambien  en  esto  se  moviéron  de  su  parte 
algunas  diiicuUades,  y  se  inlenté  asimismo  de  lo  n^r,  alar- 
gàndolo  para  adeiante,  pero  en  fin,  cuando  ya  estuvo  en  la  mayor 
desconfianza  y  cuàsi  del  todo  desesperado,  ha  sido  NuestroSenor 
servido  que  esta  mi  voiuntad ,  que  yo  he  tratado  con  muy  boeo 
çelo  y  con  tan  grande  perseverancia,  cpmo  Vues^ra  Mteza  ha 
entendido  y  visto,  se  me  baya  de  cumplir;  y  ayer,  â6  del  pré- 
sente, llegàron  aqui ,  primero,  un  eorre4i  een  cartas  de  D.  Sanebo 
de  Gôrdova,  y  después,  À  pocas  horas,  el  correo  mayor  de  Por- 
tugal con  cartas  asi  de  la  infanlis  cqmo  de  la  r^na  y  cardeiial 
infante,  y  tambien  del  misroo  D.  Sanebo  y  de  D.  Juan  Hurtado 
de  Mendoza,  que  alla  residen  por  el  Emperador  mi  senor  y  por 
mi,  tralando  de  ello  como  Vuestra  Alteza  sabe,  en  que  afirman 
que  la  infante,  de  consentimiento  de  lodos,  ha  aceptado  la  ve- 
nida,  y  asignado  el  dia  de  su  partida  para  de  diez  hasta  quince 
de  diciembre,  con  fin  que  tengamos  en  Badajoz  las  fieslas  del 
nacimiento  de  nuestro  Dios,  el  cual  sea  loado,  por  la  mereed 
que  me  ha  querido  hacer  en  que  se  me  cumpla  lo  que  tanto  be 
deseado  y  deseo. 

Abora  resta  de  hacer  de  nuestra  parle  lo  que  conviene  para  el 
buen  efecto;  y  porque  cuando  este  ofrecimiento  de  ir  hasta  la 
raya,  tratando  con  Su  Magestad  la  érden  que  para  en  caao  que 
sucediese  se  debia  tener  en  ello,  fué  la  resolucion  que  foése- 
semos  con  el  aparato  y  autoridad  que  se  requière,  y,  para  esto, 
principalmenle  es  menester  que  concurra  y  se  junte  gente  que 
haga  acompanamiento  â  nuesira  corte,  se  acordô  que  se  aperd- 
biesen  de  los  grandes  senores ,  prelados  y  caballeros  prineipalef 
de  la  comarca ,  que  con  menos  dificultad  lo  pudiesen  hacer  para 
ello,  y  esto  sera  necesario  que  asi  se  haga,  sin  esperar  mas 
mandato  de  Su  Magestad  por  carta  propia,  pues  no  se  podrîa 
haber  tan  presto  como  la  brevedad  del  tiempo  lo  requière,  4 
causa  de  haber  Nuestro  Senor  permitido  que  en  tal  oportunidad 
esté  Su  Magestad  Irabado  é  impedido  de  la  gota,  como  lo  esti 
de  présente,  y  VMCStra  Alteza  lo  habrà  sabido,  conviene  que 


Jf>! 


(  283) 

luego  te  hagan,  y  con  toda  dilîgencîa  envien,  carias  del  rey  mi 
senor  y  sobrino  de  apercibimiento  y  llamaroiento,  para  las  per* 
sonas  que  van  deciaradas  en  un  billete  que  à  Vuestra  Altezs^  epviq 
jonumente  con  esta,  rof^ândoles  de  su  parte  que  hagan  por 
bien  de  se  hallar  con  nos  en  nuestro  acom panamien to  para  diez 
dias  de  diciembre,  que  de  aqqi ,  ton  ayuda  y  voluntad  de  Dios, 
partirémos  para  Badajoz,  y  haeernos  buen  acompanamiento  en 
el  camino  y  dias  qoe  alli  residiéramos ,  y  hasta  tanto  que  la  in- 
fante, habiéndose  de  volver  de  nos,  se  apartare  :  que  todo  sera 
por  pocos  dias.  Y  esto  mandarâ  Vuestra  Alteza  hacer  con  la  calor, 
brevedad  y  eficaciaque  para  su  buen  efecto  conviene  (1),  como 
cosa  que  nos  toca  tanto ,  y  ha  sido  acordada  por  Su  Hagestad , 
y  por  la  parte  propia  que  en  el)o  tiene  porque  se  cumpla,  junta- 
mente  con  la  incHnacion  de  los  Porlugueses,  que  bien  conoce, 
en  que  tambien  podria  estar  buena  parte  para  la  buena  sucesion 
y  fin  nuestro  del  principal  négocie  que  yo  prétende  en  ganarse 
la  voluntad  de  mi  hija,  par^  que,  dejadas  otras  cosas  que  la  de- 
tienen ,  se  mueva  à  cumplir  lamia  y  residir  conmigo,  entretanto 
qoe  acà  se  ha  provéido  que  el  alcalde  Morillas,  que  fué  à  lo  del 
aposento  de  Guadalajara,  vuelva  luego  à  entender  en  lo  nece- 
sario  para  el  buen  proveimienlo  de  la  jornada,  caminos  y  otras 
cosas  que  serân  à  su  cargo.  Mas  para  elle  mandarà  Vuestra 
Alteza  que  vengan  de  ahi  otros  dos  alguaciles  que  seràn  roe- 
nester  para  acomodarlo ,  demâs  de  los  que  con  él  acà  residen  ;  y 
de  Guadalajara  traeràn  el  arreo  y  cosas  necesarias;  y  se  proveerà 
lo  dem^s  que  para  la  proporcion  y  aparato  fuere  décente,  eu 
que  tambiep  Vuestra  Alteza  nos  mandarà  advertir  y  dar  aviso. 


(1)  La  princesse  écrivît,  à  cet  effet,  le  30  novembre,  sous  le  nom  du  roi,  au 
due  d^Escalona,  aux  comtes  de  Oropesa  et  de  Medellin,  à  Tévéquede  Coria, 
au  grand  commandeur  d^Alcàntara ,  à  Juan  de  Chaves ,  Juan  Nuftez  de  Prado, 
Jnan  Velasqoez  d''Avila,  Francisco  de  Solis,  au  commandeur  d^Estapa,  au 
marquis  de  Tillanueva ,  au  comte  de  la  Puebla  et  à  Févêque  de  Salamanque. 

Elle  les  priait  d^accompagner  les  deux  reines  pendant  leur  voyage  de  Ja* 
randilla  à  Badajoz ,  et  d*être  avec  elles  tout  le  temps  que  Tinfante  j  resterait 


(284  ) 

demâs  de  lo  que  aqui  se  ha  significado  conviene.  Y  Noestro 
Senor  guarde  la  muy  real  persona  de  Vuestra  Âlteza  como  yo 
deseo  y  siempre  se  lo  pido. 
De  Jarandilla ,  À  27  de  noviembre  de  4557. 

Besa  las  manos  de  Vuestra  Âlteza  vuestra  tia , 

La  Reina. 

DURANGO. 


LXXXIV. 

D.  LUIS  DE  AVILA  Y  ZÙNIGA  A  JUAN  YAZQUEZ  (1). 

Il  aurait  beaucoup  de  raisons  pour  s'eicuser  d*aeeompagner  les  deux  reines  dut 
leur  voyage  à  Badajoz  ;  il  pourrait  alléguer  surtout  lo  besoin  qu*il  a  de  faire  des 
économies ,  afin  de  payer  ses  dettes  :  mais  les  reines  lui  ont  écrit  en  des  termes 
tels  qu'il  ne  veut  pas  se  servir  de  ces  raisons.  —  11  les  accompagnera  donc,  afe 
qu'elles  aient  quelqu'un  avec  qui  elles  puissent  parler  en  français ,  et  le  fera  de 
très-bonne  volonté. 

Plasencia,  4  décembre  1557. 


llustre  sefior,  mucho  me  parece  que  debo  à  quien  ha  tenido 
tanla  merooria  de  mi,  que,  estaodo  en  este  rincon  adônde  mi 
buena  ventura  me  trajo ,  para  descansar  de  nauchas  desaventuras 
y  pagar  mis  deudas,  me  saque  ahora  dél,  para  que  sea  daena  de 
acompanamienio.  Vuestra  Merced  créa  que  no  me  falUran  ex- 
cusas aparenles,  asi  como  de  salud  y  cosas  semejantes,  y  uoa 
muy  verdadera ,  que  es  pagar  lo  que  debo  y  quedarme  poco  para 


(1)  11  avait  écrit,  la  veille,  dans  le  même  sens,  à  la  princesse  doua  Joana. 
Voy.  la  note  de  la  page  précédente. 


I 


rJA 


(  285  ) 

haeer  jornada  de  autoridad  ;  y  siipiera  esGusarmc ,  mas  no  he 
querido,  porque  se  que  dijeran  que  me  supe  esensar;  y  quiero 
mas  tornarmc  à  cansar  estes  dias  y  à  gastar  lo  que  ténia ,  que 
no  poncrme  a  otros  juicios.  Yo  holgara  que  esto  se  escusara  : 
mas  la  reyna  de  Francia  y  la  de  Ungria  han  cargado  conmigo  la 
mano  de  manera  que  yo  no  las  he  tenido  para  defenderme.  Y  asi , 
senor,  pienso  acompanar  à  Sus  Magestades,  porque  lengan  con 
quien  hablar  francés;  y  con  esto  me  volveré  h  mi  casa ,  vendidos 
mis  carncros.  Holgara  que  para  esto  estubiera  pagada  aquella 
larga  ayuda  de  costa  que  me  diô  Su  Magestad  de  cuatro  mil  du- 
eados;  mas  paréeeme  que  se  pone  mas  diligencia  en  mandùr- 
melos  gastarqueno  en  que  los  pueda  cobrar.  Senor,  todas  estas 
cosas  siéntense,  al  cabo  de  los  liempos  que  he  pasado  sirviendo 
como  Vuestra  Merced  sabe;  y  si  dicen  que  es  fabor  hacer  cuenta 
de  mi,  verdad  es  mas  ester  en  concejo,  que  no  se  si  fuera  razon 
tener  respecto  à  que  soy  del  consejo,  en  alguna  cosa,  la  cual  no 
escribo,  porque  algun  dia  veré  à  Vuestra  Merced  y  la  tratar^ 
con  él ,  pues  soy  su  servidor  y  ha  muchos  dias  que  lo  soy  :  mas 
el  mundo  ordena  su  érden  de  manera  que  no  sabré  escribillo 
sino  tratalio;  y  asi  quede  para  cuando  vea  â  Vuestra  Merced,  lo 
cual  pensé  que  fuera  mas  presto,  si  no  me  lo  estorbara  esta  jor- 
naUa,  la  cual,  placiendo  à  Dios,  yo  haré  con  buena  voluntad, 
porque  mostrado  estoy  à  jomadas  con  reyes,  «y  serriré  à  estas 
seûoras  como  pudiere.  La  reyna  de  Francia  me  ha  escrito,  pi- 
diéndomeio  de  manera  que  cierto  no  fuera  razon  hacer  otra  cosa. 
Pésame  que  me  toma  en  Plasencia,  donde  no  hay  sino  sol»  y  otra 
cosa  ninguna  para  poder  hacer  jornada  con  damas.  Suplioo  à 
Vuestra  Merced  lea  con  atencion  este  carta  y  ràsguela,  porque 
este  es  la  respueste  que  ella  merece.  Yo  pensaba  escribir  à  Vuestra 
Merced  otras  materias  diferentes  de  este;  mas,  pues  este  jornada 

lu  estorba,  no  sera  menester  trater  de  otras  mas  justes 

De  Placencia,  3  de  diciembre. 

El  Comendador  Mayor  de  âlgantara. 


(  286  ) 


LXXXV. 


LA  PRINCESSE  DONA  iUANA  A  L*E1IPBRBUR. 


Délibération  du  eonMil  d'ÉUt  inr  la  tilaation  des  afTains  du  roi.  —  Le  ceaiail 
opine  pour  la  paix  avec  la  France.  —  11  trouve  absolument  nécessaire  le  relwir 
du  roi  en  Espagne,  pour  divers  motifs,  et  surtout  pour  rarrangemenl de tfs 
finances  et  la  prise  de  possession  de  la  couronne  d'Aragon.  —  La  princesse  ccrK 
au  roi  en  ce  sens ,  et  le  supplie ,  dans  tous  les  cas ,  do  revenir  en  Espsgae.  - 
Autre  avis  du  conseil,  pour  le  eas  que  la  guerre  continiie  :  invasion  à  faire  ca 
France,  du  côté  des  Pyrénées;  raisons  à  l'appui  de  ce  projet.  —  La  princeise 
prie  l'Empereur  de  lui  dire  ce  qu'il  en  pense. 

^    Valladolîd,  14  décembre  1557. 


S.  C.  0.  M**',  cou  el  ûllimo  conréo  que  ie  despuché  al  nfj  m 
hermano,  le  escribi,  haciéndole  saber  lo  que  aqtif  dire;  y  conio 
Vuestra  Magestad  ha  estado  coti  iûdispusicion  de  lagota,  no  IoIk 
escrito  à  Vuestra  Magesiad,  hasta  saber  qae  estuvîese  en  bocm 
dispusicion ,  como  lo  he  entendîdo  qne  la  liene  :  de  que  doj 
mucbas  gracias  à  Nnestro  Senor. 

Y  es  que  los  tiel  consejo  de  Estado  que  aqui  residen ,  eoa  li 
obligaeion^  celo  y  voluntad  que  tienen  de  niirar  y  tratar  lo  qie 
convîene  al  servicio  de  Yuestra  Magestad  y  del  rey  mi  bermano,  y 
à  sn  autoridad  y  repntacion,  y  bien  de  sus  negecios,  han  pracli- 
cado  en  lo  que  convernia  que  se  bkiese ,  estandd  las  cosas  en  el 
estado  que  estàn  ^  ton  las  titorias  que  Nuestro  Sefior  ba  àào 
servido  dar  al  rey  mi  bermano  ^  aunque  no  baya  mandamieato 
soyo  para  bacerlo;  y  me  ban  dicbo  que  les  paresoe  que  estando, 
como  esta,  vitorioso  y  pujanle,  y  el  rey  de  Francia  por  el  con- 
trario, es  buena  ooasion  y  coyuivtnra  para  haeer  con  él  la  pai,y 
que  se  podria  tractar  con  niejores  y  mas  aventajadas  condiciones 
que  otras  veces ,  y  que  le  séria  provecbosa  y  necesaria  y  à  sas 
amigos  y  sûbditos,  demàs  de  la  obiigacion  que  tiene  à  proea- 


'ii 


■  j 


(  287  ) 

rerla ,  reconoMieiidô  à  Naestro  Seâor  las  mercedes  que  siempre 
te  ha  hecho,  y  partieularmente  en  esta  gnerra,  y  siguiendo  y 
continuando  la  YoloDtad  con  que  Vuestra  Magestad  eh  su  tiempo, 
y  el  rey  después  que  reina ,  ha  tenido  à  ello ,  y ,  alieude  de  las 
otras  causas  geoërales,  porque  siempre  es  buena  y  provechosa, 
por  la  oecesidad  grande  que  hay  dé  la  brève  venida  suya  à  estos 
tvittos,  para  dar  ôrdeu  y  asentar  làs  cosas  de  elles,  y  especial* 
meute  de  la  hacienda,  y  de  todos  los  otros  sus  Estados,  y  no 
ilienos  para  lo  que  toca  à  totnar  la  posesion  de  los  reinos  de 
Aragoii,  que  esta  sobreseido  tânto  tieitapo  ha,  y  porque,  conio 
VuestM  Magestad  sabe,  la  hacienda  esta  tan  gastada  y  codsu- 
mida  que  no  hay  aparejo  para  continuar  la  giierra;  y  mucho  y  la 
ibayor  parte  de  lo  que  se  ha  gastado  en  la  pasada ,  ha  sido 
lôinândolo  à  sus  duenos  pdr  vias  estraordinariâs,  lo  cuàl  ha  sido 
forzoso  y  en  aiguna  manera  hà  justificado  la  hécesidad  ;  y  para 
adelànle,  de  cosas  seittejantes  ni  de  ôlras  no  se  ve  cokno  podrià 
clitDplir  y  proveeir,  y  que  yo  debia  escribir  y  supHcar  al  rey  hii 
liMaftano  fasse  serrido  dé  que,  proponiéndole  la  dîcha  pâï,  aca- 
balla  y  aseotalla  por  todos  los  bueiios  medios  que  le  paresciere 
dftttentr. 

Y  asi  se  lo  be  escrito  y  suplicado ,  con  toda  la  insuncia  que 
pfiedo,  lo  haga,  y  que  efectuàndose ,  como  plegue  à  Nuestro 
Seâor  que  se  baga,  y  aunque  no  se  efeciue,  pues  no  se  sîgué  ni 
se  debe  presuponer  que  no  habiendo  paz  con  Francia ,  es  me- 
WKter  que  todo  el  tiempo  que  «lo  la  bubiere  resida  en  Ftandes, 
faabiendo  la  aecesîdad  que  esta  dicha  y  hay  de  su  presencia  eh 
<%sl6s  reinos,  y  pndiéndose  hacer  la  guerra  sin  estar  su  persona 
BD  Fiandes,  se  Tenga  à  estos  reinos  con  toda  brevedad  y  sin 
ëilatarto  Mas,  pues  te  lo  mucho  que  le  couviene,  aunque  soy 
cierta  que,  déseando  lo  dno  y  lo  otro,  como  siempre  lo  ha 
iMicfao,  babia  poca  necesidad  de  esté  recuei^o. 

Asimismo  me  ban  dieho  que  ban  pratieado  y  les  paresce  qtie, 
en  caso  que  no  se  encaminase  y  siguiese  la  paz ,  y  que  conviniese 
proseguir  la  guerra,  lo  cual  no  pléglie  à  Dios que  permita,  en 
que  Imbria  tanta  difienltad  y  imposibilidad,  como  Vuestra  Ma- 


(  288  ) 

gestad  sabc,  de  haber  dineros  para  ello,  presupuesto  que,  por 
la  parte  de  Picardia ,  ba  de  haber  poderoso  egército  dei  rey  mi 
bermano  contra  el  rey  de  Francia ,  é  con  tan  buen  numéro  de 
gente  en  la  fronlera,  que  esten  ocupados  con  ella  la  mayor  parle 
de  las  fuerzas  de!  dicbo  rey,  por  apretarle  y  necesitarle  mas, se 
debria  entrar  en  Francia  por  la  parte  de  estos  reînos,  y  hacer  d 
efecto  que  paresciere  mas  convenir  con  el  ^ércita  que  se  podria 
juntar  de  la  gente  de  pié  de  las  ciudades  de  estos  reînos  que 
eslà  apercibida,  y  la  de  caballo  de  las  guardas,  y  que  daràn  los 
grandes  por  el  apercibimiento  que  les  esta  hecho,  y  con  hasta 
cuatro  mil  Âlemanes  y  dos  mil  Espanoles  viqos  que  converoii 
enviar  para  ello  à  estos  reinos ,  se  podria  hacer  algun  buen  efecto, 
y  que  es  agora  mejor  coyuntura  y  mas  à  propésito  para  hacer 
esta  entrada,  que  cuando  se  iraclaba  de  hacerla  este  veraoo 
pasado,  aunque  faite  la  ayuda  que  ofrescia  Yandoma,  asi  por 
estar  las  cosas  en  mejor  estado  que  estaban  à  la  sazon ,  y  por  el 
contrario  las  de  los  enemigos,  como  por  ser  la  sazon  del  tiempo 
en  que  se  podria  hacer  mejor  à  la  primavera  que  à  la  entrada  del 
invierno ,  aunque  lambien  en  esto  se  ofrescen  algunas  diBcol- 
tades,  como  son  las  necesidades  que  generalmente  hay  en  lodos 
eslados  de  gente  de  estos  reinos  :  que  podria  ser  causa  de  no 
juntarse  tanta  gente  como  esta  apercibida ,  ni  tan  à  tiempo  como 
convernia,  y  en  la  provision  de  las  vituallas  necesarias,  por  U 
falta  gênerai  que  hay  de  ellas  en  todos  estos  reinos.  Y  tambien 
les  paresce  que  podria  ser  que ,  haciéndose  esta  entrada  por  esta 
parle  donde  el  dicho  Yandoma  tiene  su  Estado ,  viniese  él  i 
declarar  mejor  su  inlencion,  y  que  se  daba  parte  de  esto  a 
Yuestra  Magestad,  para  que  digese  lo  que  le  paresce  en  ello,  y 
cerca  de  la  parte  por  donde  convernia  entrar,  y  el  efecto  qoe  se 
podria  hacer,  y  que  à  los  visoreyes  y  capitanes  générales  de  las 
fronteras  de  estos  reinos  se  escribiese  avisasen  de  lo  mismo, 
para  que,  entendido  lo  que  paresciese»  en  caso  que  se  ha]fa  de 
conlinuar  la  guerra,  y  que  él  sea  servido  que  se  haga  la  dicbi 
entrada ,  se  resuelva  lo  que  paresciere  mas  conveniente. 
Suplico  à  Yucstra  Magestad  que,  sobre  esto  que  toca  à  hacer 


>   r^^Tr. 


(  289  ) 

eotrada  en  Frnncia  por  la  parte  de  estes  reines,  me  mande 
enviar  el  parecer  y  respuesta  que  ftiere  servido ,  pai*a  avisar  de 
eilo  al  rej  mi  hermano.  Nucstro  Senor  guarde  y  prospère  la 
impérial  persona  de  Vueslra  Mageslad  como  yo  deseo. 
De  Valiadolid ,  à  I  i  de  diciembre  1 557. 

Ubidiente  hija  de  Viiestra  Magestad, 
La  Pri;<ge$a. 


LXXXVI. 


JUAN   VAZQUEZ   A  L  EMPEREUR. 

ArriTée  a  Valiadolid  de  D.  Jnan  de  Acunn ,  parti  de  Bruxelles  le  i^  décembre.  ~ 
KoiiTelles  qu'il  rapporte  des  Pays-Bas  :  bonoe  santé  dn  roi  ;  licenciemeiit  des 
troupes  altemaudes;  gamisoBs  mises  dans  les  places  conquises  sur  la  France;  mort 
de  D.  Fernando  de  Gonzaga  el  de  D.  Luis  de  Côrdova.  —  Entretien  d'Acuna 
avec  le  roi  de  France ,  à  son  passage  par  ce  pays^  dispositions  pacifiques  du  roi  ; 
estime  qu'il  fait  du  connétable.  «-  Projet  de  M.  de  Guise.  —  Acuna  se  met  aux 
ordres  de  l'Empereur.  —  État  de  la  princesse  et  du  prince. 


Valiadolid ,  91  décembre  1557. 


S.  ۥ  C.  M^,  D.  Juan  de  Acuna ,  hijo  de  D.  Juan  de  Acuna,  el 
de  Toro,  Ileg6  aqui  hayer,  que  vino  por  Francia  de  Flandes,  y 
partie  de  Bruselas  à  primero  del  présente.  Dejé  alli  al  rey  nuestro 
senor  con  salud ,  tratando  en  les  négocies  de  aquellos  Estados. 
Habiasedespedido  la  genta  alemana  :  contentàronse  con  que  se  les 
fatciese  cierta  paga  en  Maestrique,  y  que  el  reste  se  les  dièse  tam- 
bien  alli  para  cl  i®  diade  cuaresma.  En  las  plazas  que  Su  Mages- 
lad  lomô  en  Francia ,  quedo  solamente  la  guarda  que  fué  nece* 
saria  para  su  defensa.  Dice  que  muriù  l>.  Fernando  de  Gonzaga 
TovE  H.  19 


(290  ) 

de  êus  enfermedades  {i),  y  tambien  D.  Lois  de  Gôrdova,  hîjo 
3^  del  marqués  de  Comares.  Hablé  al  rey  de  Francia  à  su  pasada, 
y  dice  que  le  iratô  bien  ;  y  entre  olras  cosas  le  signifiée  qae  hol- 
garia  de  la  pai  (Ron  el  rey  nuestro  seoor;  y  D.  Jnan,  porqne  do 
traia  sino  salvo  conduto  del  condestable,  le  pidiéqne  se  lo  oan- 
dase  dar  :  à  lo  cual  dice  que  le  respondié  el  rey  que  baslaba  ei  que 
traia,  porque  séria  tan  obedecido  como  el  suyo,  y  que  con  él 
podia  pasar  libremente,  honrràndole  mucho,  y  quese  habia  per- 
dido  como  tân  buen  caballero;  y  dice  tambien  D.  Juan  que  supo 
como  Mos.  de  Guisa  iva'hàcia  Lieja  con  un  campillo,  para  ber  si 
podria  hurtar  algo,  y  que  dello  quisiera  avisar  al  rey,  pero  que 
Su  Magestad  no  lo  ignorarà.  Escrive  à  Luis  Quijada  que,  siendo 
Vuestra  Magestad  servido,  ira  à  dalie  razonde  lo  demâs(2);  j 
luego  pasô  à  Toro  à  tener  la  pascua  con  su  muger.  Y  de  niu- 
guna  otra  parte  liay  cosa  de  nuevo,  mas  de  que  se  da  gran  prisa 
à  las  naos  y.zabras  para  que  partan  con  el  dinero.  Su  Alteza  se 
hallô  ante  bayer  y  bayer  con  alguna  indispusicion  de  su  cabesa; 
ba  temado  boy  un  poco  de  raanà,  con  que  se  repanirà,  pheiendo 
à  Uns.  El  principe  esta  muy  bueno  ;  y  lodos  estamos  muy  aie- 

grès  con  la  salud  de  Vuestra  Magestad 

De  Valladotid,  à  24  de  dîciembre  1557. 

Juan  Vazquez. 


(1)  Voy.lei.  l",p.  235. 

(2)  L^Empereur  rendit  à  Vazquez  le  26  décembre  :  *  Écrivez  à  D.  Ja» 
B  de  Acufia  quHl  vienne  ici  j  je  désire  savoir  par  lui  plusieurs  choses  des  Paja- 
»  Bas.* 


i%.*:  S-i 


(  291  ) 


LXXXVII. 


D.   JUAN    DG   NeMDOZA   A   LA    RfilNB  ÉLÉONORE. 


Préparatifs  du  départ  de  f  infante  de  Portugal.  —  Itinéraire.  — Femmes,  noblesse 
et  aatrea  ponoaoef  dont  la  prinoMte  doit  être  aceooipagiié*. 


Lisbonne,  35  décembre  1557. 


S.  C.  R.  M"^  reeibi  la  carta  de  Vaestra  Magestad  de  los  treee 
del  présente  à  los  diez  y  ocho  del  mismo,  y  con  ella  las  que  para 
la  reyna ,  cardeoal  é  iofaole  veoian ,  à  los  cuales  dije  como  Vues- 
tra  Magesiad  y  la  serenisima  reyna  de  Ungria  estabao  despedi- 
daa  ya  dd  Emperador,  para  ponerse  en  camino  à  los  quince,  y  que 
serian  en  Badajoz  an  tes  de  Navidad  Respondiéme  la  reyna  que 
las  cartas  de  Vueslra  Magestad  eran  respuesta  de  la  suya;  que 
oo  ténia  mas  que  decir ,  de  remitirse  à  mi  y  à  lo  que  estaba  orde- 
nado  y  cada  dia  se  iva  disponîendo  para  que  la  infante  parliese 
caando  estaba  dicho,  en  lo  cual  no  habria  falta,  y  que  ansi  lo 
podria  tornar  à  escribir. 

La  infante  esta  aparejada,  y  se  ha  dado  tal  xnana  que  por  su 
parte  no  ha  de  faltar.  ËJ  conde  esta  ya  levantado,  y  hasta  la  cara- 
▼ela ,  en  que  pasé  y  tornô  para  alla  la  princesa  de  Portugal ,  esta 
en  el  puerto ,  aparejada.  Paréceme  que  el  cardenal  pasarà  hasta 
Alcoehete;  que  con  el  embarazo  del  gobierno  no  se  si  podria  ir 
mas  adelante.  Alli  estarân  el  dia  del  ano  nuevo,  que  es  el  sàbado, 
y  el  domingo  siguiente.  En  estos  dos  dias  se  juntaràn  los  car- 
mages  y  los  aparejos  para  el  repuesto,  y  se  repartira  como  vaya 
mejor;  y  el  lunes,  que  seràn  très  de  enero,  se  comenzaràn  à 
caminar,  y  la  segunda  jornada  sera  à  Alandera,  la  tercera  4 


i. 


i^^l 


(  292  ) 

Montemayor,  y  la  cuarta  à  Ebora,  por  donde  se  déterminé  el 
carotno  de  pocos  dias  aca  :  es  donde  cl  conde  de  Vîniero  lîenesa 
asiento  y  mejor  lugar,  que  es  la  razon  por  qae  eligiéron  aqiidU 
posada,  aunque  la  jornada  de  aquel  dîa  se  alarga  un  poco. 
Después,  à  los  siete,  se  va  à  Estremoz,  y  el  dia  siguiente  â 
Elvas;  y  no  veo  cosa  que  pneda  inipcdir  esto,  ni  que  faite  pan 
poder  ser  conio  esté  escrito;  y  cuando  sentiera  algnna  tibieza, 
estoy  tan  escandalizado  de  lo  pasado,  que  luego  avisara  â 
Vuestra  Magestad ,  como  la  haré  en  pasando  de  la  otra  parte  del 
agua. 

La  infante  ha  determinado  de  enviar  un  aposentador  por  li 
posta  brevemente,  el  cual  llevarà  las  listas  y  la  érden  deoomo 
han  de  repartir  las  posadas  de  los  que  la  han  de  acompanar,  j 
de  las  mugeres  que  la  han  de  servir  :  que  con  no  ser  mas  qne 
cinco  damas  y  cuatro  mozas  de  câmara ,  juntando  estas  y  sas 
criadas  de  ellas  y  otras  que  son  necesarias  para  el  servido  ordi- 
nario,  à  las  que  dona  Juana  y  dona  Constanza  Hevan  consigo, 
pasarân  de  cuarenta  mugeres  en  todas.  No  he  qoerido,  por 
no  tener  suspensa  mas  à  Vuestra  Magestad ,  esperar  al  aposen- 
tador  

Agora  se  envia  este  correo  àBadajoz,  para  que  llegue  al  liempo 
que  Vuestras  Magcstades  llegarcn,  ô  poco  después,  y  paraqoe 
sepan  como  quedamos,  y  que  Su  Âlteza  esta  buena  y  alegre.  Ha 
dicho  que  escribirâ;  y  como  no  le  faltan  ocupaciones,  no  se  ba 
desembarazndo  :  que  tambien  ha  causado  no  ser  mas  ajna  alla 
este  mensajero  y  otros  por  lo  pasado,  porque  en  cosas  de  esta 
manera  mas  quiero  la  culpa  de  un  poco  vilcnto  alla ,  que  acà  de 
mucho  diligente. 

Las  listas  que  llevarà  el  aposentador  se  estàn  haciendo,  y  por 
ellas  se  podrâ  entender  mas  particularmente  el  numéro  de  los 
nobles  y  de  la  otra  gente  que  va.  Lo  que  se  juzga  â  vulto  son 
quinientos  de  caballo,  quinientas  cargas,  y  entre  aroasy  cnados 
dos  mil  personas;  y  no  creo  que  digo  pocas,  pero  no  habrà  mu- 
chas  roenos.  Liegados  à  Badajoz,  se  tornaràn  algunos  de  eslosi 
Elvas.  Todavia  sera  con  esta  el  mémorial  de  las  mugeres  que  la 


{  295  ) 

infaole  lleva.Guarde  y  ensalce  Nuestro  Senor  la  S.  C.  R.  persona 
de  Vuestra  Magestad  como  desco. 
En  Liaboa,  à  25  de  diciembre  1557. 

Juan  de  Mendoza. 


LXXXVIII. 


l'empereur  a  la  princesse  DONA  JUAN  a. 


R^poofe  à  sa  lettre  du  14.  — Il  regarde  la  paix  comme  une  chose  tienne  et  lonable , 
et  toujours  il  Ta  désirée:  mais  i)  n*a  pas  confiance  dans  les  promesses  et  les 
engagements  des  Français.  —  Il  ne  voit  pas,  d'ailleurs,  quels  bons  moyens  le 
roi  aurait  de  traiter,  dans  la  situation  actuelle  de  ses  affaires;  et,  quoiqu'il 
reconnaisse  la  nécessité  de  sa  présence  en  Espagne,  il  ne  trouTerait  pas  conTe> 
nable  qu'il  quittât  en  ce  moment  les  Pays-Bas.  — 11  n'a  donc  voulu  lui  conseiller, 
ni  de  venir ,  ni  de  rester.  —  L'expédition  en  France  que  le  conseil  propose ,  en 
cas  de  continuation  de  la  guerre,  pourrait  faire  une  diversion  utile;  mais  il  y 
trouve  plusieurs  difficultés,  qu'il  énumère. — Aussi  préférerait-il  que  les  moyens 
qu'on  y  emploierait  fussent  appliqués  à  l'aiigmentatioa  de  l'armée,  du  côté  de  la 
Picardie  et  de  la  Normandie.  Il  s'en  remet^du  reste  aussi ,  sur  ce  point ,  à  la 
décision  du  roi. 


Yuste,  90  décembre  1557. 


Hija,  vaestra  carta  de  i  4  de  e$te  he  recebido,  y  visto  por  ella 
lo  que  decia  qae  los  del  consejo  de  Ëstado  ban  platicado  sobre 
lo  que  convernia  se  hiciese ,  eatando  las  cosas  en  el  ser  que  estan , 
con  las  yictorias  que  Nuestro  Seuor  ha  sido  servido  de  dar  al 
rey,  poesto  que  do  baya  inaudamieiito  suyo  para  hacerio,  y  que 
les  parece  séria  bueoa  ooasion  para  tratar  de  paz,  pues  se  podria 
hacer  con  mejores  y  mas  aventajadas  condiciones  que  otras  veces, 
siendo  tan  necesaria»  y  asi  su  venida  ik  estes  reioos  para  asentar 
las  cosas  de  elles,  y  tomar  posesion  de  los  de  Aragon ,  y  estar  lo 
de  la  hacienda  tan  gastado  y  consumido  que  no  hay  aparejo  para 


(  294  ) 
continiiar  la  guerra,  junto  con  lo  demàs  que  &  este  propôsito 
decis. 

Y  como  quîera  que  la  paz  sea  en  todo  tiempo  tan  boena  y 
loable,  y  lo  que  siempre  yo  he  prefendido,  por  escusar  los 
niucfaos  y  grandes  înconvenientes  que  de  lo  contrario  se  han  se- 
guido  y  siguen  à  toda  la  cristiandad ,  es  tan  poca  la  segaridad 
y  conflanza  que  se  puede  tener  de  que  por  parte  de  los  Frauceses 
se  ha  de  guardar ,  cuanto  lo  ha  mostrado  la  esperiencia  por  io 
pasado,  pues  no  han  tenido  ni  tienen  mas  fin ,  con  la  obser\'acioa 
de  lo  que  prometen,  de  cuanto  les  esta  bien;  y  demâs  de  este,  no 
veo  que  medios  podria  haber  para  tractar  de  ella,  que  foesen 
buenos  para  el  rey ,  eslando  sus  cosas  en  el  punto  que  estàn  ;  j 
puesto  que  conozco  que  su  venida  à  estes  reinos  seo  tao  necesam 
cuanto  decis,  tampoco  contendria  en  ningnna  manerd  desam- 
parar  lo  de  Flandes,  y  mucho  nicnos  en  esta  coyuntura.  Y  vieodo 
cuan  necesario  es  lo  uno  y  lo  otro,  do  le  he  querido  aconsejar 
que  Tenga  ni  quede,  pues  él  y  los  que  tiene  cabe  si  lo  veràn,  y 
elegiràn  lo  qiie  mas  convenga. 

Âsimismo  he  visto  lo  que  dicen  que,  ya  que  no  se  encafflioase 
la  paz  y  conTiniese  proseguir  la  guerra  «  presupuesto  que  por  h 
parte  de  Picardia  hâ  de  haber  égército  de!  rey,  6  tan  boen 
numéro  de  gente  en  la  frontera  que  eslén  ocupadas  con  ella  la 
mayor  parte  de  las  fuerzas  del  rey  de  Francia ,  y  que,  por  âpre- 
tarie  y  necesilarle  mas,  les  paresce  que  se  debria  entrar  por 
estos  reinos,  con  el  égército  que  se  podria  juntar  de  la  gente  de 
pié  de  lad  t^iudades  y  grandes  de  ellos  que  estÀ  apercibida,  y  la 
dé  caballô  de  las  guardas,  y  trayendo  basta  cuatro  mil  Alemaaes 
y  dos  mil  Espafîoles  viejos  para  hacer  algun  bueû  efecto,  coo  le 
demàs  que  apuntah. 

Y  puesio  que  veo  que  esto  podria  aprovechar  para  dirertir  al 
enemigo,  todavia  se  me  representan  niuehas  dificultades  para 
créer  que  el  efecto  que  se  puede  hacer,  entrahdo  por  Navarra,  y 
no  habiendo  armada  por  mar,  en  que  tambien  babrà  trabajo , 
puede  ser  poco,  y  mucho  menos  y  mas  dudoso  no  sehaciendo  cou 
el  aynda  de  Bandonia^  por  lo  que  toca  à  las  vitualias,  que  es  tan 


r' 


(  395  ) 

importante,  y  lo  demàs  que  liene  ofrecido;  ni  se  la  esperanza 
que  se  puede  tener  en  lo  que  se  ofrecîere ,  ni  aé  como  se  podria 
suatentar,  ya  que  se  ganase  algo  :  por  lo  cual  todo,  creeria  yo  que 
séria  mas  conviniente  que  el  ayuda  que  para  este  efecto  est& 
ofrecida  se  convirtiese  en  hacer,  el  ano  que  viene,  el  niayor 
esfuerxo  que  ser  pudiese  para  entrar  por  la  parte  de  Picardia  y 
Normandia,  porqueespero  en  Oios  que,  estando  las  cosas  iil 
rey  de  Francia  en  los  lérmtnos  que  estin ,  se  harian  taies  efeetos 
qne  no  pudiese  levantar  cabeza  tan  presto ,  pues  no  se  ha  vlsto , 
ni  se  si  se  ofrecerà  en  muchos  anos,  tal  coyuntnra  como  la  pré- 
sente para  ponello  en  egerueion.  Pero,  porque  en  todo  me  remtto 
à  la  détermination  que  el  rey  tomarâ ,  sera  bien  que  se  le  envien 
los  pareceres  de  los  del  consejo  de  Estado,  para  que,  vistos  con 

lot  de  alla,  se  provea  lo  que  mas  pareciere  convenir (i). 

De  San  Hierônimo  de  Yuste,  h  26  de  diciembre  de  4557. 

Vuestro  buen  padre, 
Carlos. 


(1)  11  se  plaint,  dans  le  reste  de  sa  lettre,  que  le  procès  des  officiers  de  la 
maison  de  contractation  de  Séville  ne  soit  pas  encore  terminé ,  et  les  cou- 
pables punis  :  il  engage  la  princesse  à  donner  des  ordres  précis  pour  qu*il  eo 
■oil  (àk  UM  fin. 


(  306  ) 


LXXXIX. 

LE  LICENCIÉ  ARCEO  A  JUAN  YAZQUEZ. 

BeUtSon  du  voyage  det  deux  raines,  de  larandilit  k  Bidajo».  —  PersoBM|n 
qui  Tiennent  au  devant  d'elles ,  pour  les  accompagner  :  rêrêque  de  SalanuMpe, 
Juan  de  Chares,  Juan  Velazquez  de  Avila,  Francisco  de  Solis,  le  grand  con- 
mandcur  d*Alcantara.  —  Excuses  du  duc  d'Escalona ,  du  comte  d'Oropeu,  dp 
résèque  de  Coria.  —  Absence  de  plusieurs  autres  personnes  qui  aTaieat  été 
invilées  à  faire  partie  du  cortège  des  reines,  sans  qu'elles  aient  pris  lapeiar 
de  répondre-  —  Nouvelles  de  Portugal  confirmant  la  venue  de  Tinisatc;  pié- 
tentions  des  Portugais.  — Mécontentement  que  ressentent  \e»  denxrrinnda 
procédé  de  ceux  qui ,  ayant  été  invités  à  les  accompagner ,  ne  sont  pas  veans, 
et  ne  se  sont  pas  même  excusés,  ainsi  que  de  l'arrivée  tardive  du  iearrier  d  é» 
deux  alguaxils  demandés  par  dlea  :  observation  relative  à  la  reine  de  Hoagiie. 


Baddjo2,  96  décembre  1557. 


lluslra  sehor,  las  Magestades  de  las  reynas  de  Frauda  y 
Ungria  me  mandâron  faacer  esia ,  para  que  Vuestra  Merced  sepa 
las  nuevas  de  aqiii,  y  cl  eslado  de  (odo,  y  de  ello  dé  noticia  à  So 
Aheza. 

Parliéron  de  Jarandilla  el  miércolea,  que  foéron  qvîiioe  dd 
présente,  como  Vuestra  Merced  supo,  y  todos  los  dias  prost- 
guiéron  sus  jornadas,  escepto  el  de  Sanfo  Tome,  que  tobiéron  ea 
Mérida.  Hizo  muy  buen  tieropo,  salvo  aquel  dia  de  Mérida,  donde 
no  cesé  de  llover  dia  ni  noehe.  A  Tnijillo  saliù  el  obispo  de 
Salanianca,  bien  acoinpanado  de  caballcros  y  gentebîen  laeida 
y  de  libreas  y  otros  arreos,  como  estaba  aparejado  para  la  Jor- 
nada de  la  senora  infante  (1  )  de  que  primero  se  trataba.  De  alti 
saliù  tanibien  Juan  de  Chaves,  con  algunos  caballeros  sus  deo- 


(1)  Voy.  p.  169. 


(  207  ) 

doB  y  amigos.  A  Mérida  saliéron  Juan  Velazqnez  de  Âvila,  muy 
bien  aoompanado  de  caballeros  deudos  suyosy  degente  bien  en 
érden ,  y  tambien  Francisco  de  Solis,  qoe  fué  uno  de  los  llamados 
de  Càceres.  Ântes  de  entrar  en  Badajtoz,  à  dos  léguas  de  elia, 
saliô  el  eoniendador  mayor  de  Alcàntara ,  con  algunos  caballeros 
y  la  gente  de  su  casa;  y  con  estes  fué  la  entrada  en  Badajoz  el 
jueves  pasado,  de  donde  saliéron  la  justicia  y  regimienio  y  algu- 
nos otros  caballeros.  De  los  lIan)ado8(i)  no  han  venido  mas  hasta 
hoy  dia  de  Pascua,  ni  enviado  à  escusarse  otro  alguno  de  ellos, 
fuera  de  los  duque  de  Escalona  y  conde  de  Oropesa  y  obispo  de 
Coria,  qne  se  escusâron  como  Vuestra  Merced  sabe,  ni  tampoco 
han  enviado aceplacion  ni  certificacion  alguna  de  su  venida,  salvo 
D.  Cristoval  Osorio,  eoniendador  de  Ëstepa,  de  quien  y  de  dona 
Maria  Manuel  su  muger,  que  fué  dama  de  la  reyna  cristianisima, 
hay  cartas  que  quieren  venir;  mas  no  son  venidos  elles,  ni  cosa 
suya»  aunque  à  su  instaneia  estàn  dias  ha  aposentados,  ni  hay 
Bueva  hasta  agora  del  marqués  de  Villanueva,  ni  de  los  oondes 
de  Medellin ,  ni  la  Puebla ,  ni  de  Juan  Nuûez  de  Prado ,  que  tam- 
bien fuéron  llamados,  puesto  que,  al  principio  del  aposento,  dicen 
los  aposentadores  que  aeudiéron  un  dia,  por  parte  del  marqua, 
à  pedir  posada  :  pero  después  no  insistiéron  en  ello,  ni  los  vie- 
ron  mas,  ni  snyo,  ni  de  los  olros  llamados  hay  mas  reeabdo. 

Hoy  ha  llegado  aqui  un  correo  de  Portugal,  ralificando  la 
venida  de  la  infante  y  el  dia  asignado  à  su  partida,  que  es  el  pos- 
trero  de  este.  AquI  van  copias  de  las  cartas  que  hacen  mas  al  caso , 
por  donde  se  verà  lo  que  pretenden  los  PoKugueses,  y  el  acom- 
panamiento  que  ha  de  traer  la  infante.  A  lo  que  piden  en  lo  del 
jttzgar  las  causas  de  los  Portugueses ,  y  en  lo  de  la  moneda ,  y  de 
la  franqueza  de  las  viluallas  (2),  les  esta  respondido,  guardân- 


(1)  Yoy.  p.383,notel. 

(3)  Les  Portugais  demaodaienl  qu'à  Badajoz,  les  discussions  qu'ils  pour- 
raîeut  avoir  fussent  décidées  par  eux-mêmes,  que  leur  monnaie  y  eût  le  même 
cours  qu'en  Portugal,  et  qu'ils  y  fussent  affranchis  de  tout  impôt  sur  les 
«objets  de  consommation. 


1 


(  298  ) 

dotes  la  &DUttia  canfonne  al  disparate;  y  asi  no  babri  que  tntar 
de  esto.  Solo  sienten  Sus  Maf  estadea  el  poco  recabdo  que  se  ha 
eCectuado  ea  lo  de  su  acompanamiento.  Tiénese  fçrande  sospechi 
que  el  duqne  de  Eacaioua  no  se  escusé  mediaote  causa  muy  nece- 
saria,  y  à  esto  ayudô  harto  ua  criado  suyo  que  aqui  Tino,  àntes 
de  su  ûltima  resolucion,  â  escusarle,  que  parece  haberdicho, 
donde  hay  buenos  testigos,  que  el  duque  trataba  de  aparqane 
para  cumplir  con  el  Ilaroamienlo.  A  los  que  foéron  llamados,  y 
no  ban  venido,  ni  se  escnsàron,  no  sabria  yo  disculpar,  y  algu- 
nos  estàn  algo  atnjados  en  ver  ejemplo  contrario  de  la  obediencii 
y  fidelidad  de  que  se  precian  é  intitulan  los  Castellanos;  si  slli 
se  enviàron  â  escusar,  como  no  se  ha  dado  noticîa  de  elle,  dieen 
Sus  Magestades  que  no  pueden  juzgar  de  lo  que  no  ban  vislo  ni 
sabido.  Con  esto  se  junia  baber  faltado  los  alguaciles  y  apoKo- 
tador  que  se  pidiéron  ùllimamente,  cuando  fuéron  roenester  pan 
la  Jornada ,  y  venir  después  de  cnmplido  con  la  neceaidad  deella, 
porque,  babiendo  Uegado  aqui  las  reynas  à  veinte  y  très,  viniéroo 
elles  à  veinte  y  cuatro,  y  asi  se  vuelven  en  desgracia,  que  11 
Magestad  de  la  reyna  de  Ungria  con  lodo  liene  buena  eueota.  liO 

une  y  lo  otro  debe  ya  tener  poco  remédie 

De  Badajoz,  à  26  de  diciembre,  fin  de  1557. 

LlCENUADO  ÂBCEO. 


(  399  ) 


XC. 


DON  SAKCHO  DE  COBDOVA  A  L*EMPEREtIR. 


Relation  du  voyage  de  Tinfante  de  Portugal ,  de  Lisbonne  à  fiadajos.  —  Lenteur 
extraordinaire  apporté*  dans  ee  foyage;  deptaitir  et  inquiétude  qu'elle  cause  i 
ta  rein«  de  France ,  qui  en  eat  malade.  — *  D.  Stncbo  explique  comnent  on  a  mie 
wiie  jours  à  faire  trente-trois  lieues.  —  Suite  nombreuse  de  l'infante.  —  Récep- 
tion qui  lui  est  faite  :  confusion  causée  par  la  multitude  des  personnes  et  reziguïté 
du  local.  —  Joie  extmordînaire  de  la  reine  de  France  et  de  sa  fille,  en  se  re- 
Toyant  :  D.  ftaneho  doute  pourtant  que  la  princetse  puisse  être  déterminée  à  se 
fixer  en  CasUIle ,  et  même  qu'elle  y  passe  plus  de  quinxe  jours.  —  Plaintea 
dea  Portugais  de  sa  suite,  sur  leur  logement  et  l'abaissement  du  cours  de  leur 
monnaie  :  demande  de  l'infiinte  sur  ce  dernier  point;  difficutlé  qu'il  y  a  à  la 
saliifiaire.  —  D.  Sancbo  ftupplif^  l'Empereur  de  lui  faire  connaître  si  sa  mission 
eel  aeeomplie ,  ùU  s'il  doit  la  continuer  jusqu'au  retour  de  l'infante  en  Portugal. 


Badijoj,  19  janiri«r  1658. 


S.  G.  C.  M*^**,  no  he  escrito  à  VuMtrâ  MagetUd  mucboi  diat 

ha»  hasta  ver  acabadaeata  joroada,  porqne,  despute  de  la  deter- 

miDacion  que  la  senora  infante  tome  para  bacella,  ae  ha  andado 

con  lanto  espacio  en  todo^  que  no  entré  en  e«ta  corte  haata  ajer, 

qae  fuéron  18  deste^  Tardé  diceseya  dias  en  el  camino,  porque 

tiivo  mai  recado  de  oamiajea;  y  baaia  proveerae  delloa,  eatu?o 

en  Alcoobete,  que  es  iree  legoaa  de  Lisboa,  deade  el  lunea  baata 

el  TÎemea  aiguiente,  que  fuéron  siete  deate,  que  partie  de  aquel 

logar;  y  en  Hebora  eatuvo  otros  trea  diaa,  y  en  Yelbes,  que  ea 

très  legoaa  de  aqui,  dos.  Y  conio  las  dilaciones  que  ba  babido  en 

«le  negocio  ban  sido  tantaa,  escandalisése  la  crialianisima  reyna 

desta  de  manera  que  estuvo  mala ,  très  dias  ba ,  y  no  durmié 

toda  una  noche,  con  tener  â  su  bija  en  Yelbes,  pensando  que 

de  alli  se  le  babia  de  vol  ver;  y  verdaderamente  lo  decia  el  pueblo 

de  aquel  reyno,  qu^es  tan  amigo  de  nuevas  que  jamâa  déjà  de 


(  500  ) 

decillas,  y  todas  faisas.  Puede  Viieslra  Magestad  tener  por  cierto 
que,  desde  el  dia  que  déterminé  y  declaro  su  venida,  su  madré  no 
deseô  tanto  este  camino  como  Su  Alteasa  bacelle ,  y  que  la  dilacion 
que  hubo  en  el  fué  justamente  tenida,  porque,  en  cuantos  he 
visto  hacer  con  damas  à  Vuestra  Magestad ,  ninguno  ba  sido  lan 
trabajoso,  porque  ningun  dia  hubo  qu  el  que  menos  no  esluviéron 
siele  ô  ocho  horas  à  caballo,  de  seis  que  camînàmos,  porque 
todas  las  jornadas  eran  muy  grandes;  y  como  estaban  desusadas, 
en  andando  un  dia  babian  menester  holgar  très;  y  esta  fué  h 
causa  por  que  se  tardâron  diceseis  dias  en  treinta  y  très  legoas. 
Ha  venido  muy  bien  acompanada ,  porque  pienso  que  traia  mas 
de  mil  y  docientas  cabalgaduras,  y  que  entràron  en  este  logar 
con  ella  mas  de  cuatrocientas  mas  de  la  comarca.  De  pié ,  pan 
su  servicio,  venia  niucho  numéro  de  lacayos  y  otra  gente,  porque 
dos  caballeros  hermanos,  bijos  de  la  camarera  mayor  de  la 
priucesa,  que  baya  gloria,  traen  entre  entrambos  ciucuenta 
lacayos  y  pajcs,  y  mas  de  otros  veinte  escuderos  y  oficialesâ 
caballo,  sin  los  pajes,  que  son  por  todos  quarenta  de  h  caballo, 
y  treinta  y  seis  acémilas  de  guia  y  de  carga  ;  y  todos  los  dcmâs, 
aunque  no  en  tanta  caiilidad  como  estos,  vienen  con  este  ecesso. 
Llàmase  el  mayor  dellos  Manuel  de  Melo ,  y  el  segnndo  Antonio 
de  Melo  :  este  pienso  que  enviarà  la  senora  infante  à  visitar  à 
Vuestra  Magestad  (1). 

Porque  creo  que  las  reynas  y  el  comendador  mayor  eseribiràn 
la  érden  que  tuviéron  en  recebir  à  Su  Altexa,  no  lo  dire  yo ,  mas 
de  que  hera  muy  buena ,  si  se  goardara ,  porque  bubo  tanta  desôr- 
den,  por  la  mucha  gente  y  estrecbeza  de  la  casa,  que  à  la  senora 
infante  le  fué  necesario ,  para  que  las  damas  podiesen  entrar, 
pararse  al  pié  del  escalera  con  la  serenisima  reyna,  y  echarlas 
delante;  y  con  todo  esto,  se  bizo  con  tanta  apretura,  que  lareyna 
saitô  à  bacer  apartar  la  gente. 


(l)  Ce  fut  Manuel,  el  non  Antonio  de  Melo,  que  Pinfantc  envoya  à  Tii<te. 
Voy.  ]*^t.  1",  p.  950. 


(  301  ) 

Su  rendre  se  hoigé  tanto  con  «lia,  y  Sa  Àlteza  en  verla,  que 
roe  parece  que  nunca  vi  tanto  contentamiento  jnniàs  en  nadie 
como  (uviéron;  y  este  va  en  crecimiento  cada  dia  mas  :  no  se  si 
aprovecharâ  para  que  Su  Alteza  se  qnede,  porqne  la  veo  muy 
determinada  de  no  bacello.  Mas  en  estos  quince  dias  que  trae 
para  estar  aqui ,  podria  ser  que  tuviese  alguna  mndança  de  las 
que  ba  habido  para  no  venir;  y  bien  creo  que  la  estada  no  sera 
mas  larga,  porque  estos  ecesos  de  bestias  y  gente  que  traen  e! 
conde  de  Yimiosso  y  su  hermano ,  v  todos  los  otros  caballeros 
que  vienen  con  elles  y  sin  ellos ,  acompanando  à  Su  Alteza ,  que 
serân  basta  veinte,  pocos  mas  é  menos,  no  los  dejar&n  pasar  ade* 
lante,  por  la  gran  costa,  y  poca  bacienda  que  tienen  para  soste- 
nella;  y  asi  sentian  ellos^  mas  que  la  reyna,  cada  dia  de  los  que 
nos  deteniamos  en  este  camino. 

Aqui  se  les  ha  becbo  buena  bospederfa ,  annqn*ellos  estân  que* 
josos  del  aposento  y  las  camas,  y  tienen  razon ,  porqu*es  la  ropa 
ruin  y  poca,  y  1ns  casas  no  tan  grandes  como  son  menester  para 
camplir  con  su  pompa.  Trabâjase  de  remediallo  :  no  se  si  en  todo 
se  podrà  bacer.  Antojoseles  que  les  babian  bajado  su  moneda ,  y 
pidi6  la  seftora  infante  à  su  madré  y  tia,  estando  yo  con  ellas, 
que  mandasen  que  no  se  biciese.  Como  es  cosa  que  no  se  acaba 
facilmente  snbilla  demàs  del  valor,  no  se  acabé  tan  presto  como 
pensaban,  porque  no  era  la  diferencia  mas  que  très  reaies  en 
cada  santome,  que  son  unas  piezas  de  oro  que  valen  dos  ducados 
j  medio  entre  ellos,  y  el  verdadero  valor  son  34  reaies  y  medio. 
He  dicbo  esto,  porque  vea  Vuestra  Magestad  con  que  regalo  tra- 
tarâa  lo  demâs,  y  de  la  manera  que  entienden  todo,  pues  les 
paresce  que  babia  poco  que  bacer  en  lo  que  treinta  pares  de  certes 
Dunca  acaban  de  bordenar. 

Yo  estoy  aqui,  sin  saber  lo  que  be  de  bacer,  y  si  sirvo  à  Vues- 
tra Magestad  en  elle,  y  dura  mi  comision  basta  que  la  senora 
infante  sea  vuelta  6  puesta  con  su  madré ,  6  si  se  acabé  el  dia  que 
entrô  aqui.  Su  Alteza  no  quiere  que  se  acabe,  sino  estar  à  la  som- 
bra de  Vuestra  Magestad  basta  que  lorne  en  Portugal,  y  esto  lo 
Coma  de  manera  que  no  me  quiso  dar  licencia  para  que  viniese  a 


(  302  ) 

besar  las  manoë  â  su  madré  y  tia  desde  Yelbes,  que  son  très 
legoas  pequenas  de  aqui,  decieodo  que,  pues  Yuestra  MagesUd 
me  babia  mandado  venir  coo  ella,  que  oo  me  habia  de  adelaolar, 
sino  entrarcooSu  Alteza,  y  aun  volver  con  ella;  y  asi  nos  veoi- 
mes,  D.  Juan (I )  y  yo,  sio  apartarnos  de  la  compania,  hasta  qse 
bes6  las  manos  à  su  inadre.  Suplico  à  Vuestra  Magestad  me 
mande  decir  lo  que  es  servido  que  baga,  porque  no  esté  tan 
desalumbrado  como  agora  «  y  si  be  de  asistir  aqui  en  estes  nego- 
cios  como  bombre  que  los  he  tratado ,  6  dejallos  à  otros  que  lo$ 
acaben,  y  irme  à  besar  las  manos  à  Yuestra  Magestad ,  y  pasarme 
à  servir  mi  cargo ,  à  alguna  oira  parte  doude  fuere  mas  senrido 
que  esté. 

Una  carta  de  la  serenisima  reyna  de  Portugal  tengo  aqni,qa« 
me  mandé  dar  à  la  partida,  para  que  yo  la  dièse  à  Yuestra  Mages- 
tad. Dice  qu'es  en  respuesta  de  la  que  Uevé. 

NuestroSenorla  impérial  personade  Yuestra  Magestad  goarde, 
y  dé  tan  laiya  vida  como  sus  criados  y  vasallos  deseamos. 

De  Badajoz, Â  49  de  benero  1558. 

Sacra  C.  C.  M^^  los  pies  y  manos  de  Yuestra  Magestad  besa 

Don  Sàngho  de  Côrdoba. 


(1)  D.  Juan  d«  Mendiua. 


j 


(  303  ) 


XCL 


l'empereur  a  jijam  vazquez. 


Venue  de  D.  Juan  de  Acttoa  et  de  D.  Gabriel  de  la  Cueva  à  Tunte.  — •  Leltre  de 
l'Empereur  à  la  princesse  sur  la  négocialion  avec  Jf.  de  Vendôme.  —  FloUe  de 
Pero  Menendes.  —  Traité  du  duc  d'Albe  avec  le  pape  :  l'Empereur  n'est  pas 
fhis  «mtenl  des  nHichs  secrMa  que  des  articles  publics.  —  Payement  à  faire  ii 
(hono  »  peuries  prières  ^il  Ait  dire  dans  iet  abbayes. 


Yuste,  95  janYÎer  1558. 


El  Emperame. 

ioan  Vazqnez  de  Molina ,  del  nuestro  consejo  y  auestro  Mcre- 

tario»  vuesiras  cartas  de  4  y  9  deste  habemos  recebido;  y  en 

conformidad  de  \o  que  escribisteis  à  D.  Joan  de  Âcuôa.  vioo 

a<|ui;  y  habiéndome  dado  cuenta  de  lo  de  Flandes,  se  volvié 

con  mi  licencia  ;  y  hicistes  bien  en  prevenirme  de  la  venida  de 

D.  Graviel  de  la  €ueva ,  y  d*enviarnie  copia  de  la  carta  que  ahi  se 

le  diô,  al  cual  be  oido,  y  tambien  los  papeles  qne  trae  acerca  de 

aquel  négocie,  sobre  que  escribo  à  la  princesa,  en  fespuesta  de 

sa  carta,  lo  que  veréis  (I),  y  al  duque  de  Alburquerque  tambien  : 

de  que  se  os  envia  copia,  remitiéndome  à  lo  que  ella  le  mandarà 

ATÎsar. 

Por  la  que  scribistes  â  Gaztelii  à  d2  deste,  entendimos  como 
Ja  armada  del  cargo  de  Pero  Menendezsehizo  àla  vêla;  y  despuës 
nos  ha  dicbo  que,  por  4>tra  de  22,  le  avisais qu  el  tiempo  cantrario 
Im  velvié  al  paerto,  estando  ya  cincuenta  léguas  dentro  en  la 
mar,  y  qne,  aunque  corrié  peligro,  no  se  perdié  ningun  navio. 


(l>  Cette  lettre  i  la  princesse  est  dans  le  1. 1"',  p.  247. 


(  50 1  ) 

mas  de  habet*  apartado  uno  a  San  Sébastian.  Âvisaréîs  de  lo  ipie 
nias  entendiéredes,  porqne  deseo  mucho  que  llegase  en  sal?a- 
miento  y  qu  el  rey  mi  hijo  se  pudiose  prevaler  con  brevedad  ià 
dinero  que  en  ella  va,  para  cuniplir  con  lo  que  quedô  debiendoâ 
les  Alemanes  y  lo  demàs;  y  hânos  parecido  mejor  que  fuese  junto 
comova  que  en  laszabras,  como  se  habia  platicado,  asi  por  el 
poco  tienipo  que  en  ello  se  aventnraba  à  ganar,  como  por  los 
incouTenientes  que  pudieran  suceder 

Vi  las  cartas  originales  del  duque  de  Âlba  que  viniéron  con 
la  vnestra(l),  las  cuales  se  os  yolviéron  à  enviar;  y  la  capitula- 
cion  sécréta  que  con  ellas  vino  me  ha  satisfecho  tan  poco  como 
la  pùblica  (2). 

Despachàrseha  luego  cédula  para  que  el  factor  gênerai  Hernan 
Lopez  del  Campo  pague,  de  los  drecbos  de  seis  y  once  al  millar, 
cuya  cobranza  esta  à  su  cargo,  â  Francisco  Osorio  qainientos; 
setenta  ducados ,  para  que  los  dé  de  limosna  à  los  nionesterios 
donde  se  hace  la  ot*acion  sin  intcrniision ,  conforme  â  la  érdeo 
que  por  nuestro  mandado  se  le  diô  (3),  los  cuales  son  por  lo  dd 
aào  pasado  de  557,  y  avisarnoséis  de  como  se  bace. 

De  Yuste,  à  25  de  enero  de  4558.  . 


Carlos. 


Por  mandado  du  Su  Magestad  : 
Martin  db  Gaztelû. 


(1)  V.izqucz  lui  avait  envoyé  ces  lettres  le  0  janvier,  et  y  avait  joiot  les 
articles  publics  et  secrets  du  traité  avec  le  pape. 

(9)  Déjà,  le  26  décembre ,  I* Empereur  avait  écrit  à  Vazquez,  touchant  le 
conditions  de  la  paix  :  «  Son  las  que  esperàbamos  y  yo  sîempre  (en^i 
»  viendo  que  el  duque  de  Aiva  no  avisaba  de  ellas,  ni  de  olra  cosa,  babiéa- 
F  dose  escrito  |)or  taiitas  vias.  * 

(3)  Voy.  la  pajye  101,  noie  1. 


(  305  ) 


XCII. 

MARTIN   DE  GAZTELÛ  A  JUAN   VAZQUEZ. 

Arrivée  et  réception  à  Badajos  de  l'infaote  de  Portng»! ,  qui  enroie  visiter  l'Em- 
|>ereur  par  D.  Manuel  de  Melo.  —  Arrivée  de  D.  Manuel,  que  TEmpereur  reçoit, 
mais  à  qui  il  ne  fait  aucun  présent,  malgré  les  observations  qui  lui  sont 
adressées.  —  Cadeaux  des  deux  reines  à  Tinfante.  —  Lellre  «lu  duc  d'Albc 
à  l'Empereur,  pour  Tinfornier  de  la  paix  qu*il  a  conclue  avec  le  pape,  et 
lui  exprimer  l'espoir  que  le  roi  le  laissera  se  reposer  de  vingt-quatre  années  de. 
fatigues,  et  retourner  en  Espagne.  —  Silence  de  l'Empereur,  qui  ne  veut  pas 
entendre  la  lecture  d'une  longue  relation  dont  cette  lettre  était  accompagnée. 

Cuacos,  37  janvier  1558. 


Ilustro  senor, la  senora  infanfa  llegé  en  Badajoz  h  los  48,  à 

la  tarde,  y  su  recibimiento  dicen  que  fué  muy  bueno,  y  ha  en- 

viado  à  viaitar  à  Su  Mageatad  con  un  caballero  llamado  Manuel 

de  Melo,  montero  mayor  del  rey,  el  cual  ha  venido  por  la  posta 

con  doce  caballos  y  bien  cargado  de  luto.  Llegé  ântes  de  anoche , 

y  ayer  besô  las  manos  al  Ëniperador,  y  boy  se  despedirà;  y,  si 

Su  Magestad  esta  en  lo  que  anoche,  no  le  darâ  nada,  porque  diz 

que  quiere  romper  el  hilo  a  estas  cosas.  Diôsele  à  entender  que 

era  justo  dalle,  y  que  séria  gran  lisonja  para  las  reinas  é  infanta; 

y  cnandome  vine,  dtge  à  Luis  Quijada  que,  si  le  daban,  no 

podian  menos  de  mil  escudos,  y  que  estos  se  podian  tomar  de 

los  dos  mil  que  tiene  Su  Magestad  en  su  câmara,  y  traerse  otros 

lantos  con  el  primer  tercio,  para  ponellos  en  su  lugar,  y  esto  en 

falta  de  no  haber  cadena  ni  otra  presea  que  dalle.  Dice  este  que 

encontre  à  D.  Antonio  Puertocarrero  â  média  légua  de  Badajoz 

à  los  SI  de  este;  y  el  secretario  Durango  me  ha  escrito  que  la 

reîna  de  Francia  ha  dado  en  joyas  y  preseas  el  valor  de  mas  de 

50,000  ducados  à  la  infanta ,  y  la  reina  de  Hungria  diz  que  ha 

faecfao  lo  mismo,  aunque  en  menos  cuantidad,  y  que  no  sola- 

T<MiE  11.  20 


(  3U6  ) 

mente  no  da  demostracion  de  ir  à  Gaadalajara ,  pero  que  selrata 
de  Yolverse,  y  parlir  para  la  Gandelaria  :  ne  se  en  lo  que  pararâ, 
que  Su  Magestad  tambien  lo  desea  saber 

El  duque  de  Âlba  ha  escrito  al  Emperador,  por  medio  dd 
comendador  niayor,  una  carta  la  cual  me  ha  enviado,  y  es  de 
su  mano,  hecha  en  Genazano  à  23  de  setiembre,  en  que  dire  la 
paz  que,  à  los  diez  dél,  habia  hecho  con  ei  papa,  y  que  se  em- 
barcarta  con  la  gente  que  pareciese  para  ir  en  Lombardia,  y  que 
de  alli ,  pues  gracias  à  Dios  las  cosas  de  Su  Magestad  estào  eo 
tan  buenos  términos  eo  Ytalia,  gozarà  de  la  merced  que  le  biio, 
cuando  le  envié  à  ella ,  en  decirle  que  séria  por  tiempo  limitado 
y  poco,  y  que  iria  à  besalle  las  luanos  y  suplicalle  sea  servido  qoe 
repose  de  veinlicinco  anos  de  inquietud  y  Irabajos  como  ha  te- 
nido,  y  que  liene  por  cierto  se  la  concédera,  para  con  ella  venir 
â  besar  las  de  Su  Mageslad  ;  la  cual  no  dijo  nada,  ni  quiso  oir 
nna  relacion  larga  que  con  ella  venia ,  diciendo  que  ya  lo  habia 
visto  por  las  que  Vuestra  Merced  ha  enviado 

De  Cuacoa»  a  27  de  euero  de  i5â8. 

Martin  de  Gaztelu. 


J 


(  3W  ) 


xaii. 


JUAN   VAZQUEZ  A   L  EMPEREUR. 

Envoi  d'une  personne  do  confiance  en  Angleterre ,  pour  «'assurer  de  YéUàî  des 
.  affaires ,  avant  que  la  flotte  de  Pedro  Henendes  reoieile  »  la  voile.  —  Disposi- 
tions prises  pour  faire  parvenir  au  roi  des  IctUes  de  change  n  concurrence  de 
200,000  ducats,  pour  trouver  ù  Laredo  des  navires  légers  qui  puissent  transporter 
de  l'argent  aux  Pays-Bas,  et  pour  que  le  prince  Doria  envoie  des  galères  dan» 
le  même  bat.  —  Arrivée  d'un  serviteur  du  marqoiade  Gortès,  avee  use  lettre  en 
chiffres  du  roi ,  qu'il  a  su  soustraire  aux  recherches  des  Français,  et  qui  contient 
la  relation  de  la  perte  de  Calais,  ninsi  que  des  instructions  pour  le  conseil 
d'Espagne.  —  Mesures  arrêtées  en  conséquence.  —  Nouvelles  d'Italie.  —  In- 
quiétudes que  donne  l'approche  de  la  flotte  turque.. 

Talladolid, 7  février  1558. 


S.  G.  C.  M.,  à  primero  del  pfesente  escribi  à  Vuestra  Ma- 
geslad  lo  que  se  entendta  de  la  toma  de  Calés,  de  que  â  todos  nos 
liene  en  harto  cnidado;  y  luego  sabido  esto,  y  que  la  armada  de 
Pedro  Menendez  babia  vuelto  con  temporal  al  puerto,  y  la  tar* 
danza  que  ba  babido  en  llevar  el  dinero,  y  que  no  se  sabia  como 
podia  estar  lo  de  Ynglaterra  con  esta  novedad,  para  la  seguridad 
dël ,  se  ha  provehido  que  vaya  una  persona  de  conflanza  en  una 
zabra  que  pase  luego  à  aquel  reyno ,  dirigido  al  régente  Figueroa , 
j  avise  con  la  misma  diligencia  lo  que  enlendîere,  para  que, 
estandoseguro,  la  dicba  armada  pueda  segoir  su  viage.  Aunque 
86  tiene  por  cîerto  que  ya  el  rey ,  conforme  al  snceso ,  babrà 
inandado  y  ordenado  lo  que  en  tai  caso  se  requière,  lodabia,  por 
las  causas  que  estàn  dicbas,  y  porque  Su  Magestad  tenga  enlr»- 
Canto  con  que  socorrerse,  parecié  que  se  le  debria  proveer  de 
algun  dinero  por  cambio;  y  aunque  los  mercaderes  andan  muy 
«scandalizadosy  recaladoscon  lo  que  con  elles  se  ha  hecho,  con 
la  buena  diligencia  del  factor  se  bizo  uno  de  doscientos  mil  do- 


/ 


(  308  ) 

cados,  y  por  cuatro  vins  por  niar  y  tierrn  se  lian  enviado  ya  las 
pôlizas  à  Su  MagesUd  ;  y  si  nias  se  piidicix;  haber,  tambien  se 
harà,  que  ya  se  entiende  en  ello.  Tambien  se  ha  escripto  al 
puerto  de  Laredo  que  se  busquen  buenas  zabras  y  galeones  lige- 
ros,  para  ver  si  converna  enviarse  en  elles  alguoa  cantidadde 
dineros ,  y  asimismo  se  ha  escrito  al  principe  Doria  que  envie 
algunas  galeras ,  para ,  si  fuere  menester,  enviar  por  aquella  via 
dinero  de  contado ,  porque  Su  Magestad  por  todas  partes  paeda 
ser  socorrido,  como  lo  habrâ  menester  en  esta  coyuntnra. 

Escrito  esto,  llegé  un  criado  del  marqués  de  Certes,  que  la 
marquesa  su  niuger  habia  enviado  primero  con  salvo  condiido, 
que  hubo  &  saber  de  su  salud ,  cl  cual  trajo  una  carta  en  cifra  de 
Su  Magestad  metida  en  una  accion  del  estribo,  de  quince  del 
pasado;  y  dice  el  hombre  que  en  Paris  le  detubiéron  nuevedias, 
y  que  no  le  dejàron  cosa  por  catar.  Y  con  este  envio  à  Vaestra 
Magestad  copia  de  ella ,  como  el  rey  lo  manda ,  por  la  cual  verà 
el  suceso  de  lo  de  Calés ,  y  lo  que  Su  Magestad  habia  delerniinado 
de  proseguir  la  guerra  este  ano,  y  lo  que  habia  mandado  pré- 
venir y  proveer  en  todo.  Y  asi  se  ha  comenzado  ya  en  platicar 
acâ,  y  se  ira  ejecutando  todo  lo  que  el  rey  por  su  carta  ordeaa, 
y  se  le  ira  siempre  dando  aviso  de  lo  que  se  hace;  y  en  lo  qae 
manda  de  la  paga  de  las  galeras  del  principe  Doria ,  ya  cuando 
se  recibiô  la  carta  de  Su  Magestad ,  se  habia  tractado  que  en 
esta  feria  de  octubre  se  le  diesen  cien  mil  ducados  de  conlado, 
y  en  la  venidera  cuarenta  mil,  y  lo  demâs  consignado  en  las 
minas,  donde  sera  bien  pagado.  Agora  acaba  de  llegar  correo  de 
Ytalia,  y  se  ha  sacado  de  todo  lo  que  hay  la  relacion  que  va  con 
esta.  Bien  pensàbamos  que  la  guerra  sciva  amansàndose,  y 
vemos  que  se  acrecienta  mas  por  lodas  partes ,  y  los  gastos  mas 
forzosos,  sin  haber  de  donde  se  proveer;  y  este  de  la  armada  dd 
Turco  nos  pone  en  mncho  cuidado,  y  mas  traer  gente  de  caballo 
en  ella ,  que  paresce  que  quieren  haccr  alguna  empresa.  Dârseha 
aviso  al  conde  de  Alcaudete,  para  que  se  dé  priesaen  lo  que 
ha  de  llevar  para  Oran,  porque,  si  viniere  à  aquellas  plazas,  las 
halle  en  defensa 


(  309  ) 

Nuestro  Senor  la  impérial  personn  de  Vuestra  Magestad 
guarde  y  prospère  como  sus  criados  deseamos. 
De  Valladolid,  à  7  de  febrero  1558. 

De  Vaestra  Magestad  mas  humill  criado  y  hechura,  que  sus 
impériales  manos  besa, 

Juan  Vazquez. 


XCIV. 


JUAN  YAZQUBZ  A   L*EMPERBUR. 


rrÎTée  d*uD  courrier  des  Pays-Bas.  —  Lettre  autographe  du  roi  et  lettres  de 
Tcvêque  d'Arras  à  TEmpereur.  —  Opinion  commune  que  les  Français  ont  pris 
Calab  par  trahison.  —  Ordre  donné  au  capitaine  Pedro  Menendez  de  trans- 
porter de  suite  300,000  ducats  aux  Pays-Bas,  au  moyen  de  quatre  des  gnmds 
narires  de  sa  flotte  et  de  trois  autres  petits.  —  Lettre  de  Londres ,  du  régent 
Figueroa  :  grossesse  de  la  reine. 

Valladolid,  19  février  1558. 

S.  C.  C.  H^,  boy  ha  venido  un  correo  por  mar  de  Flandes, 
qoe  es  el  duplicado  de  lo  que  vino  por  tierra,  que  trujo  aquel 
criado  dcl  marqua  de  Certes  de  \  5  del  pasado  ;  y  con  esta  envio 
ana  carta  de  mano  del  rcy  para  Vuestra  Magestad,  y  otras  que 
verà,  y  las  unas  creo  que  son  del  obispo  de  Ras.  Y  aunque  tengo 
por  cierto  que  en  ellas  se  debe  hacer  relacion  de  lo  que  alla  hay, 
todavia  se  ba  sacado  copia  de  la  que  el  rey  envia  à  Su  Alteza ,  y 
tarobieo  va  con  esta  otra  copia  de  la  carta  que  â  mi  me  escribe 
el  dicbo  obispo ,  y  todos  tienen  por  cierto  que  bubo  trato  en  lo 
de  Calés,  pues  tan  facilmente  se  rindiéron  los  de  dentro,  y  se 
apoderàron  de  ella  los  Franceses. 

Ya  escribi  â  Vuestra  Magestad  lo  que  se  habia  proveido  por 
cambio,  y  los  medios  que  se  buscaban  para  poder  socorrer  al  rey 


(310) 

con  brevedad  ;  y  habiendo  venido  aqui  estos  dias  el  capitan  Pero 
Menendez ,  ha  parescido  y  se  le  ha  ordeoado  que  luego  partiese 
al  puerto ,  como  lo  hizo ,  y  que  tomase  coatro  zabraa  grandes  de 
su  armada  que  estàn  à  punlo,  y  meta  en  ellas  hasta  doscientos 
mil  ducados  de  los  oebocientos  mil  que  estan  eu  su  armada,  y 
que  lleve  tambien  con  ellas  olras  cuatro  zabras  pequenas  en 
conserva  »  y  que  la  una  de  estas  vaya  siempre  adelante  pra  des- 
cubrir,  y  que  llegado  al  embocamiento  de  Ugente  y  costa  de 
Ynglaterra,  lo  cual  ha  de  escusar,  pudiendo  seguir  el  viagede 
Flandes,  pase  los  dichos  docientos  mil  ducados  en  las  très  zabras 
pequenas,  Ilevando  siempre  la  otra  desembarazada  para  descu- 
brir,  y  vuelva  â  enviar  las  cuatro  zabras  à  Laredo  à  juntarse 
con  la  dicha  armada,  quese  queda  creeieodo  y  acabando  de  apa- 
rejar,  y  que  avise  luego,  con  ellos  6  con  olro  navio,  de  todolo 
que  entendiere  y  supiere  de  Ynglaterra  y  Flandes  y  de  navios  de 
enemigos,  y  que  él  siga  su  camino  hasta  llegar  â  Flandes,  cod  la 
brevedad  y  coidadoj  seguridad  que  pudiere(l).  Y  lodoestose 
ha  hecho  con  su  parescer,  y  lleva  tambien  érden  qucdando 
aviso  â  Su  Magestad  de  su  viage,  y  hecho  lo  que  se  le  hubiere 
mandado  del  dicho  dinero,  se  vuelva  à  Laredo,  donde  qnedô  es 
su  ausencia  Alvaro  Sanchez,  su  hermano,  almirante  de  la  dicba 
armada,  aprestândola  como  esta  dicho;  y  entretanto  se  darâ 
prisa  al  dinero  que  ha  de  venir  de  Sevilla,  para  que  lambieD 
pueda  ir  en  la  didia  armada,  si  llegare  â  tiempo. 

Con  esta  envio  tambien  â  Vuestra  Magestad  copia  de  lo  que 
me  escribe  el  régente  Figueroa ,  de  Londres ,  à  !25  de  enero ,  por 
donde  entenderà  Vuestra  Magestad  como  tomô  la  reina  lo  de 
Calés,  y  la  certeza  de  su  preôado.  Plegue  à  Dios  sea  asf,  y  de 
alumbralla,  como  es  menester 

De  Valladolid.  à  13  de  hebrero  i558. 

Juan  Vazqukz. 


(1)  Le  capitaine  Pedro  Menendez  mit  à  la  voile,  de  Laredo,  le  28  féfrier, 
par  un  vent  très-favorable.  (Lettre  de  Vazquez  à  TEmpereur ,  du  9  mars.) 


(311  ) 


xcv. 

LE  DOCTECR   MAIHTS  A  PHILIPPE   II. 

Bvialîoq  de  U  dernière  maladie  de  rBroperenr,  des  remède»  «pie  M athy  t  a  employés, 
du  régime  que  TEmperenr  wi%  »  et  de  l'élat  dons  lequel  il  ae  trovve. 

Yuste,  14  février  1558. 


S.  C  R.  M**',  jam  tom  cnm  postremas  meaa  literas  xii  eal. 

februarii  ad  Majeslatem  Tuam  darem,  spem  conceperam  (etoi 

tum  imbecilla  adhuc  es8e(  Caesaris  valetudo),  fulurum  ut  non 

ila  niulto  post  firmior  efBceretur,  el  fliixus  ille  chilosua  aiqne 

affectus  aeliacuB  aedaretur;  quo  primo  quoque  tempore  laeliora 

de  Soae  Majeatatis  salute  nunciare  ac  preacrihera  inihî  liceret. 

Neque  ea  me  fefelHt,  siquidem,  postquam  continuis  quioqu^ 

dîebns  inane  ante  luceni  stimpsisset  jusculuro  quoddam  gallina^ 

ceum  medicatum,  et  die  xxiiii  januariî  devorassel  calapotium. 

alephanginum  nominatom,  cujua  ope  insequenli  die  alvua  miilla 

et  varia  reddidit,  dejectiones  multo  foere  meliores  ac  panciores; 

potiasiroum  advocato  ad  aliquot  dies  vini  abainthitisauxilio,  quod 

plane  ventrem  corroboravil.  Verum,  ubi  primum  veniri  coepit 

esse  proapeclum»  e  vesiigio  cnirium  prurilus  sucoeasit,  antiqaua 

niniimm  iile  ac  jam  prope  familiaria  carnifex;  aimulqne  calor 

qnidara  molestua,  ob  quem,  a  m  cal.  februarii  in  bunc  uaqiie  diem, 

seinper  pudis  dormit  libiis,  ne  tanlillum  quidem  alragulia  inteC'* 

lus.  Quae  res,  ut  post  diulurnam  auperiorem  artbrilidem,  et  Ion* 

gam  tônuem  yicliia  rationem,  crebraaque  roultorum  dieruro  dqec« 

tiones,  admirationem  nemini  non  parère  débet,  ita  cacochimiano 

permultam  siibease,  et  humorum  pravitatem  intua  latitare  er- 

gjîlt  :  quae  si  ad  crura  minime  propelleretur,  dubio  proeul  alio 

decombena,  posset  multorum  malomm  et  molestiaroin  esae 


(  512  ) 

causa.  Qiiin  etiam  necdiim  apud  me  salis  tulam  aul  consoltnm 
esse  vidcUir,  ejusniodi  hiimores  niovere,  ac  niedîcamentis  9^- 
tare;  potissimnni  vires  suas  nobis  oslentante  natura,  dom  eos 
procul  a  praecipuis  membris  abigere  ac  proteodere  conalur; 
quod  non  satis  eonstet  quanta  sit  eorum  vis,  aut  in  qaa  mem- 
brorum  ac  corporis  parte  inprimis  lateant.  Proinde  in  ancipid 
magQopere  versamur,  dam  baeremus  nalurae  ne  totum  istuc 
negocium  sit  committendum ,  quae  incredibiii  providentia  nos- 
trorum  corporum  satagit,  an  ipsum  corpus  sit  immodica  caco- 
chimia  repurgandum,  nam  temerarium  videtur  natura  a  su 
administratione  ac  oeconomia  avocare,  et  humores  alia  m 
eiigere  quam  qua  ipsa  vergat;  rursum  periculosum  est  deha- 
morum  copia  uihil  detrahere,  aut  saltem  non  eniti  ut  paulalim 
natura  assuescat  alio  demittere.  Video  quidem  controversîam, 
caeterum  bene  quiescentia  interdum  non  sine  maxirao  discrimine 
moveri  atque  irritari  non  ignore.  Ejus  rei  periculum  temere 
facere  subjecli  corporis  praestantia  vetat,  quod  experimentum 
omne  juxta  senis  nostri  décréta  periculo  non  careat;  quodqueejus 
ipsius  rei  judicium  sit  perdifficile.  Observabo  tamen  sedulo.nom 
ipsa  natura ,  inquam ,  nonnihil  ambigens  occasionem  praebebil 
agendi,  ideoque,  cilra  aliquam  haesitationem ,  intérim  ea  ?ia 
insistam ,  quam  hactenus  sum  ingressus. 

Quod  autem  ad  praesentem  corporis  Gaesarei  manifestam 
constitutionem  attinel,  ea  tolerabilis  est;  nam  ab  artbritide liber 
bene  et  quiète  dormit;  edit  non  quidem  multum,  attamen  me- 
diocriter;  bibit  in  diem  heminas  quatuor,  pauio  plus  minusve, 
easqne  partim  viui ,  parlim  cervisiae ,  pro  antique  sue  more.  E 
digito  illo  minimo  dexlrae  ulcerato  nihil  manat,  sed  paulalim 
carne  impletur,  ut  brevi  videatur  cicatrice  obduceudus.  On  bac- 
tenus  post  arihritidem  vix  deesl  sua  aridilas  et  inflammatio,  quae 
modo  major,  modo  minor  est;  et  noctu  praecipue,  negocium 
facessit,  nam  interdiu  serapervivo  herba  lenitur. 

Haec  habeo  quae  in  pracsentia  scribere  possum  ;  reliqua  Deus 
immortalispraestabit,  in  cujusmanibuscuncta  consistunt;  quem- 
que  obnixeobsecratum  velim  ut  Caesaream  Tuamque  Majestalem 


T-*v 


(313) 

perpetuo  incolumem  nobis  et  toti  reipublicae  christianae,  ex 
omnîam  voto,  conservet;  ae  faxit,  ut  quaeciimque  MajestasTua 
capessit,  ea  admodum  ex  sententia  et  féliciter  succedanl. 
EJa8tiano,xiiii  februarii  1558. 

Sacrae  Hajestati  Tuae  semper  devotissimum  mancipium, 

Cor.  Henr.  Mathisius, 

Medîcorum  mioimus. 


XCVl. 

LUIS  QUUADA   A  JUAN  VAZQUEZ. 

L'Empereur  désire  que  Vasques  fa>êe  acheter  à  Burgos,  ou  à  Laredo,  des  harengs 
sec&  et  des  harengs  salés.  —  Offrande  de  59  écus  faite  par  Quijada  à  l'autel  de 
Yuste ,  en  comuénioratîon  de  la  naissance  de  TEmpereur. 

Yuste,  94  février  1558. 


Iltistre  sefior ,  después  de  cerradas  las  que  con  esta  van  (1),  me 
ha  mandudo  Su  Magestad  qu'escribiese  a  Vuestra  Merced  que 
procurase,  en  Burgos  6  en  Laredo,  haber  aranques  secos  que  se 
snelen  Iraher  de  Flandes ,  y  ansiniismo  de  los  salados  blancos  :  el 
ano  pasado,  el  condeslable  (^)  los  envio  secos.  Si  en  Burgos  no  se 
ballaren,  dice  Su  Magestad  que  podria  ser  hallarse  en  el  Aredo; 
y  donde  yo  picnso  que  se  hallarôn  mejor,  sera  en  Burgos,  en 


(1)  Les  lettres  de  Quijada,  dû  33  février,  insérées  dans  le  t.  H,  pp.  375 

etsrc. 

(i)  Le  connétable  de  Castille. 


/- 


(  5<4  ) 

casas  de  mercaderes  regalados;  y,  si  se  hallaren,  Vuestra  Merced 
los  mande  venir  con  alguna  estafeta,  porque  liene  f^ana  dellos. 
Lo  niismo  se  ha  escrito  à  don  Juan  de  Mendoza,  eoibajadorde 
Portugal,  que,  si  aili  los  hubiere,  los  mande  enviar  (i). 

De  Yuste ,  dia  de  San  Malia,  y  he  ofrecido  59  escudos  por  lot 
anos  del  Emperador. 

Luis   QUIJADA. 


XCVII. 


D.  LUIS  DR  AVILA  Y  Z6NIGA  A  JUAN  VAZQUEZ. 

Il  est  venu  Tisiter  rEiapereur,  qu'il  n'avait  pas  vu  de  quelque  tenps,  a|im 
avoir  pris  congé  des  deux  reines.  —  Il  dit ,  à  propos  de  la  mort  de  la  reine  de 
France,  que  c'était  une  sainte,  qui  n'avait  pas  plu^  de  malice  qu'une  colombe. 
—  État  peu  satisfaisant  dans  lequel  il  trouve  l'Empereur.  —  Réflexions  d*ATih 
sur  la  guerre  des  Pnys-Bns,  et  la  perte  de  Calais  et  de  Guines. 


GuacoS)  dernier  de  février  1558. 


Ilustre  senor,  yo  vine  aqui  à  visitar  à  Su  Magestad ,  porqoe 
habia  aigunos  dias  que  no  le  habia  visto,  y  parle  de  ellos  fué 
andar  ocupado  en  aconipanar  à  las  reinas  con  mis  dos  tocas, 
como  la  senora  dona  Marina.  En  fin,  senor,  yo  las  degé  en  Ba- 
dajoz,  y  éjala  fuera  ântes,  y  me  vine  después.  1^  de  Francis 
acordô  de  hacer  otro  camino.  Dios  la  ponga  en  el  cielo,  qae 


(I)  Quijada  écrivit,  le  13  mars,  à  Yazquez  :  a  Los  arenques  son  boenos,  j 
»  mejores  que  los  qu*el  embajador  D.  Joan  de  Mendoza  dos  ha  eoviado  de 
»  Portuj^al.  >'  Il  ajoutait  :  «  Cuando  el  salmon  llef^are  alla ,  sera  el  bien  venido 
»  acâ.  n 


Jfin 


(  516  ) 

verdaderaaiente  era  ona  santa  ÎDocente,  y  creo  que  no  havia  en 
ella  mas  malicia  que  en  una  paioma  vieja.  Halle  al  Eiuperador 
harto  flaco,  y  rouy  de  ru  in  color,  en  la  cama,  sin  gana  de  corner; 
y  ayer,  bendito  Dios,  se  levante  y  esta  harto  mejor  :  mas,  si  los 
frios  vuelven,  que  podrà  ser  por  ser  esto  niontana,  ternà  tra- 
bajo,  porque  los  pasados  le  han  puesto  en  estos  términos. 

Entre  otras  cosas  que  acà  se  han  tratado,  entend!  algunos 
medios  que  se  hallan  para  sacar  dinero,  los  cuales  son  bien 
menester.  j  Plujera  à  Dios  que  el  rey  se  hallara  con  ellos  el  ano 
pasado,  que  Calés  estuviera  libre  y  Paris  hecho  carbon!  Mas  no 
pueden  todos  lo  que  quieren,  y,  ya  que  Calés  se  perdié,  bueno 
es  tener  el  rey  tomado  lo  que  tiene.  Guines  querria  que  se  ho- 
biese  sostenido,  que  eierto  sera  pérdida  acrecentar  el  Francés 
tanta  reputacion  à  su  empresa  :  harto  la  desquitô  con  tomar  à 
Calés,  el  cual  no  es  nada  bueno  para  nosotros  tenelle  Franceses, 
y  peor  para  Ingleses.  Su  Mageslad  no  lo  tiene  por  tan  danoso, 
por  muchas  y  niuy  buenas  razones  que  da  :  mas  pues  ya  esta 
malaria  es  vieja,  tratemos  de  otra 

Después  de  escrito  hasta  aqui,  vino  la  relacion  de  lo  de 
Guines;  pesôle  à  Su  Magestad,  mas  no  tanto  como  le  pesara,  si 
no  pensara  que  habia  de  ser  asi.  Lo  que  ha  ganado  el  Francés  es 
ir  desempenando  su  reputacion ,  que  con  las  cosas  pasadas  la 
ienia  harto  quebrada.  Guines,  teoiendo  Franceses  à  Calés  y 
Harbra(l),  no  importarà  mucho  el  sostenelle,  y  asi  le  habràn 
desniantelado.  Mos.  de  Guisa  me  parece  que  ha  mostrado  en  esta 
parle  mas  diligencia  que  en  Ytalia;  él  ha  hecho  gentil  empresa , 
cogiendo  él  lo  que  sembro  el  condestable....... 

De  Cuacos ,  ultimo  de  hebrero. 

El  Comendador  Mayor  dr  Alcantara. 


(1)  Ardres. 


(  516  ) 


xcvrii. 

INSTRUCTION  DE  LA  PRINCESSE  DONA  JUANA  POUR  D.  HERNANïïO 

DE  ROJAS  (1). 

D.  Heraando  se  rendra  d'abord  à  Yuste,  et  présentera  à  VEmpereur  les  compUneDls 
de  condoléance  de  In  princesse  et  du  prince  sou  neveu ,  à  l'occasion  de  la  mort  de 
la  reine  de  France.  —  Il  présentera  les  mêmes  compliments  à  la  reine  de  Hongrie, 
là  où  elle  m  trouvera.  —  Il  rendra  compte  à  l'Empereur  de  tout  ce  qui  s'est  passe 
à  Valladolid,  à  l'occasion  du  dépôt  du  corps  de  la  reine  de  France  à  Mcrida.  — 
II  lui  demandera  ses  intentions  sur  le  lieu  où  la  reine  devra  être  enterrée,  en  lui 
faisant  les  objections  que  la  princesse  énonce ,  s'il  parlait  de  la  chapelle  royale  de 
Grenade.  —  Il  dira  21  la  reine  de  Hongrie  que  la  princesse  et  le  conseil  d'Élat  ont 
Ole ,  comme  elle ,  d'avis  de  distribuer  aux  pauvres  la  somme  qu'aurait  coûté  ua 
enterrement  fait  avec  apparat.  —  Si  l'Empcrenr  le  trouve  bon ,  il  passera  en  Por- 
tugal ,  pour  offrir  à  la  reine  douairière  et  à  l'infante  dona  Maria  les  eom{dimcnls 
de  la  princesse.  —  Si  l'Empereur  préfère  donner  cette  mission  à  D.  Sancbo  de 
Cordova,  Rojas  remettra  à  celui-ci  un  extrait  de  son  instruction,  en  ce  qai 
concerne  le  voyage  à  Lisbonne. 

Valladolid,  dernier  février  1558. 


Lo  que  vos,  D.  Hernando  de  Rojas,  mayordomo  del  serenisiiDO 
principe  mi  sobrino,  habeis  de  hacer  en  este  camino  que  vais  por 
mi  mandado,  es  lo  siguiente  : 

Yréis  de  aqui  à  Yuste  por  la  posta,  oon  la  diligencîa  que  w 
pudiere.  Y,  porque  be  entendido  que  el  Emperador  roi  senor  b 
estado  estos  dîas  con  algiina  indispusicion  de  la  gola ,  visitaréb 
à  Su  Magcstad  de  roi  parle,  y  de  la  del  serenisimo  principe  mi 
sobrino;  y  dàndole  la  carta  mia  que  Uevais  de  mi  mano,  signi- 


(1)  Rojas  écrivit  à  Yazquez,  le  9  mars,  quMI  était  arrivé  à  Cuaeos  le  samedi 
précéilenl;  que  FEmpcreur,  Payant  reçu,  lui  avait  ordonné  de  partir  imnié> 
diatenM'nt  f  our  le  Portugal ,  et  qu^'l  se  mettrait  en  route  le  lendemain. 


'"m 


yM 


(317) 

ficaréis  à  Su  Magestad  la  pena  que  con  tanta  razon  he  scnlido 
del  fallcsciniiento  de  la  cristianisima  reyna  nii  tîa,  y  no  menos 
por  la  quo  Su  Magestad  habrà  tenido,  suplicàndole  de  mi  parte 
que,  pues  este  negocio  es  de  Dios,  lo  tome  como  de  su  mano,  y 
de  manera  que»  estando  Su  Magestad  como  esta,  no  le  cause 
nueva  indispusicion  :  que  séria  para  mi  muy  grande  y  doblado 
descontentamiento  y  pena. 

Y  porque,  cuando  Uegardes,  podria  ser  que  estuviese  ya  alli , 
6  en  Xarandilla,  la  serenisima  reyna  de  Ungria  mi  tia,  daréis  à 
Su  Alteza  la  caria  que  tambien  Uevais  de  mi  mano,  sîgnificândole 
lo  niesmo  que  à  Su  Magestad,  porque  no  tengo  duda  que  habrâ 
sentido  este  fallescimiento  de  la  cristianisima  reyna,  como  de 
faermana  mayor  que  tanto  amaba  y  queria ,  y  que  déjà  à  Su  Âlteza 
con  tanta  soledad,  habiendo  vivido  en  tan  larga  compania  :  que 
es  la  cosa  que  no  me  da  à  mi  poca  pena ,  por  la  que  Su  Alteza 
ternà;  y  lo  que  mas  sobre  esto  os  paresciere,  como  de  mi  lo  Ue- 
vais entendido;  y,  si  Su  Alteza  no  hubiere  llegado,  no  dejeis  de 
passar  donde  estuviere,  y  como  el  Emperador  mi  senor  os  lo  man- 
dara  ordenar. 

Podréis  decir  al  Emperador  mi  senor  que,  al  tiempo  que  Su 
Magestad  enviaba  à  Luis  Quijada  h  visitar  à  la  cristianisima 
reyna ,  scribiô  el  dicho  Luis  Quijada  à  Juan  Vazquez,  y  le  envia 
noa  carta  que  el  obispo  de  Palencia  le  escribiù  à  él  (l),  en  que 
se  pedia  ei  parescer  de  aca  sobr  el  depésito  del  cuerpo  de  la  cris- 
tianisima reyna ,  en  caso  que  fallesciese,  y  se  le  respondid  que 
en  Mérida  era  muy  à  propdsito,  por  las  causas  que  el  dicho 
obispo  decia ,  y  que  luego  se  recibiéron  otras  cartas  del  licen- 
ciado  Arzeo,  de  i8  del  présente,  que  escribié  por  érden  de  la 
serenisima  reyna  de  Ungria,  en  que  tractaba  lo  que  se  habia 
enviado  â  consultar  à  Su  Magestad  si  séria  deposito  é  enterra- 
mien  to,  y  donde,  y  que  enlretanto  se  quedaba  previniendo  del 
modo ,  pompa  y  otras  costunibres  de  Spana  que  en  ello  se  deben 


i 
I 


(I)  Voy.  Ict.  H,p.  267. 


(318) 

tener ,  y  que  acà  se  cop8uUase  sobrello ,  y  se  enviase  iosiraccîon 
y  persona  en  diligencia  que  tiiviese  esperieDcia  para  qoe  lo 
guiase  ;  y  el  mesnio  dia  que  se  Iractô  desto ,  que  faé  lue^  que 
se  recibîéron  las  carias,  llegé  otra  que  Luis  Qnijada  eseribiô 
desde  Galisteo  (I)  con  el  aTÎso  dei  fallescimîeoto,  y  tambien  Us 
que  se  me  escribiéron  de  Yusle ,  de  Î2.  del  mismo,  en  que  se  me 
avisaba  de  que,  con  el  parescer  de  Su  Magestad,  se  llevariaei 
cuerpo  à  depositar  à  Mérida,  que  es  lo  mesmo  que  tanbten  acà 
paresciô ,  y  que  esto  se  baria  el  dia  de  Saiict  Matia ,  y  que,  pues 
esto  fué  ton  bien  aeordado,  no  habia  necesidad  que  de  acà  se 
hiciese  otra  diligencia  ni  enviase  persona  para  elio,  porque,  aun- 
que  foese,  no  llegaria  â  liempo,  inayormente  que  no  paresdé 
habia  de  que  adverlir  en  esto  mas  de  que  se  hiciese  el  depôsito 
como  se  acostumbra,  y  se  tomase  el  testimonio  dello,  y  se  dqe- 
sen  las  misas  y  oficios  divinos  usados,  de  que  lienen  notieia  A 
obispo  y  licenciado  Arzeo ,  y  que  no  paresee  acà  de  que  hay  qae 
anadir  à  lo  que  ya  esta  hecbo,  ni  que  aconsejar  y  dar  paresoer, 
hasta  saber  lo  que  la  cristianisima  reyna  dejô  ordenado  cerea 
dello;  que,  sabiéndolo,  si  hubiere  de  que  adyertir,  se  harà. 

Y  si,  estando  vos  alli,  el  Emperador  roi  sefïor  viniese  4  tnctar 
en  lo  del  enterramiento,  podréis  decir  que,  hablando  acàen  dlo, 
paresciô  que,  pues  de  présente  no  es  el  tiempo  en  que  se  ha  de 
trasladar,  lo  habrà  para  mirar  lo  que  se  debe  hacer,  y  qneal 
tiempo  mandaré  proveer  el  aeompanamiento  y  lo  deraâs  qoecoiH 
viniere  y  se  requière  â  tal  persona  ;  y,  si  pasare  So  Magestad  i 
hablar  de  enterrarla  en  la  capilla  real  de  Granada .  le  podréis 
decir  que  ya  sabe  Su  Magestad  cuan  pequeâa  es  la  capilla,  y  que 
esté  tan  ocupada  con  los  bultos  que  en  ella  hay,  que  apen» 
caben ,  y  que  no  se  ban  enterrado  alli  hermanos  ni  reyes  trans- 
versales, y  que  acà  parescia  que  estaria  bien  en  Guadalupe,  donde, 
como  Su  Magestad  sabe,  esta  el  cuerpo  del  rey  D.  Enrique,  6  en 
San  Juan  de  los  Reyes  de  Toledo ,  à  en  Avila ,  donde  esta  el  prio- 


(1)  Voy.  let  l»',  p.  273. 


r .  '  '  "^^^ 


•      < 


(319) 

cipe  D.  Juan,  y  que  todo  se  remite  à  lo  que,  à  Su  Magestâd  pares- 
ciere  y  mandare. 

Diréis  tambien  de  mi  parte  à  la  aerenisima  reyna  que  me  parea- 
cié  muy  bien ,  y  lo  mesmo  à  los  del  eonsejo  d'Estado  que  cabe  mi 
reaiden ,  lo  que  Luis  Quijnda  eseribié  aobre  lo  que  à  Su  Alteza 
parescia,  que  lo  que  se  hubiese  de  gastar  en  pompas  en  el  enlierro 
de  la  cristianisima  reyna  se  dièse  à  pobres  (1)  :  que  fué  muy  bien 
acordado. 

LIevais  dos  cartas  mias  de  visitacion  para  la  reyna  de  Portu- 
gal mi  senora  y  serenisiuia  infanta  dona  Maria;  y  en  caso  que  al 
E)mperador  mi  senor  le  paresciese  que  pasàsedes  à  aquel  reyno 
con  ellas,  iréis  en  diligencia  por  la  posta;  y,  dando  à  la  reina  mi 
senora  la  suya ,  le  significaréis  de  mi  parte  lo  mismo  que  al  £m- 
perador  mi  senor  y  à  la  serenisima  reyna  de  Uagria  mi  tia,  y 
lliego  visitaréis  h  la  infanta  dona  Maria,  que  es  à  quien  principal- 
mente  habeis  de  consolar  de  mi  parte,  como  à  quien  perdiô  tal 
madré,  y  la  pena  tan  grande  que  yo  he  tenido  principalroente 
por  este,  y  lo  que  mas  os  pareciere  en  tal  caso,  y  el  contenta- 
miento  que  recibiré  en  avisarme  muchas  veces  de  su  salud. 

Tambien  visitaréis  al  serenisimo  rey  mi  faijo,  y  me  traeréis 
nHiy  panicularei  naevas  de  su  salod;  y,  en  caso  que  al  Empera- 
dar  mi  senor  paresciese  que  no  debeis  vos  pasar  adelante  â  liacer 
bis  diebas  visitas»  y  mandase  que  D.  Sancho  deCérdoba  (â)  pasase, 
de  parte  de  Su  Magestâd  y  de  la  serenisima  reyna  de  Ungria  y 
mia,  à  Portugal,  dalleéys  las  dos  cartas  que  llevais  mias,  habiendo 
de  jr  él,  y  copia  deste  capitulo  y  el  de  arriba.  En  todo  lo  cual, 
86giiiréisy  baréis  lo  que  à  Su  Magestâd  paresciere,  y  lo  mesmo 
•n  la  visita  de  la  serenisima  reyna  de  Ungria ,  suplicàndole  de 


(1)  Vojr.  Ictl",  p.  273. 

(S)  D.  Sancho  de  C6rdova  désirait  vivement  être  chargé  de  cette  mission  : 
il  écrivit  plusieurs  lettres  à  Vazquez  pour  la  solliciter,  et  lit  parler  dans  le 
iiiétne  but  à  TEmpercur.  Mais  il  paraît  que  la  princesse  avait  d^abord  jeté  les 
yeux  sur  Rojas,  el  l'Emperewr,  quoiqu'eUa  i*en  iaÎMit  maître,  ne  voulut  pas 
infirmer  le  choix  quMle  avait  fait 


(  32U  ) 

mi  parte  os  mande  ordenar  lo  que  en  todo  le  paresce  debeis  kicer. 

Y  en  ciianto  à  lo  que  acà  se  dcbe  faacer,  que  es  lo  de  las  boo- 
ras,  podréis  decir  que  se  liarân  con  el  honor  y  autoridad  que  es 
razon  y  se  debe ,  y  couio  se  acostumbra  eo  estos  reynos. 

De  Valladolid,  â  ûUimo  de  bebrero  1558. 


XCIX. 

MARTIN  DE   GÀZTELÛ  A  JUAN   VAZQUEZ. 

Dépôt  à  Mcrida  du  corps  do  1«  reine  Éléonore.  —  Arrivée  à  Yuste  de  la  reÎM  de 
Hongrie ,  qui  loge  dans  l'habitation  de  l'Empereur  :  personnes  dont  die  est 
accompagnée;  réparlition  des  gens  de  sa  suite.  —  Ceux  qui  étaient  préseabà 
l'arrivée  de  la  reine.  >-  L'Empereur  permet  que  les  personnes  de  la  suite  de  la 
reine  lui  baisent  la  main.  —  État  de  sa  santé.  —  Déplaisir  que  lui  cause  la  perie 
de  Guines  et  de  Ham. 

Cuacos,  4  mars  1557. 


Ilastre  senor,  la  carta  de  Vuestra  Merced  de  26  del  pindo 
recibi ,  y  en  lo  de  la  reina  cristianisima  no  hay  que  decir,  sioo 
que  su  cuerpo  se  depositô  en  Nérida ,  como  pareciô  à  todos.  Y 
la  de  Hungria  se  partie  para  acà ,  y  llegé  ayer  a  Yuste,  càsi  à  las 
très,  y  en  su  acompanamiento  el  senor  obispo  de  Palencia, 
D.  Juan  Hurtado  de  Mendoza  y  Juan  de  Cfaaves.  Ella  se  quedé 
alli,  donde  Su  Magestad  la  mandé  nposentar  en  cuatro  pieits 
bajas  de  verano ,  y  a  elles  en  este  logar,  y  los  demàs  criados  j 
mugercs  en  Jarandilla.  Hasta  agora  no  se  los  dias  que  se  deten- 
dràn,  ni  la  determinacion  que  se  tomara;  pero  presto  se  enten- 
derà  (i).  Hallâronse  en  Yuste,  cuando  la  reina  llegé,  d  senor 


(I)  La  reine  quitta  Yuste  le  S  mars,  et  alla  loger  à  Jarandilla.  (Lettre  de 
D.  Sanclio  de  Côrdova  à  Vazquez ,  du  8  mars.) 


(  321  ) 

comendador  mayor,  D.  Snncho  y  Luis  Quijada;  y  el  dicho  8enor 
obispo  y  sus  coropaneros  entràron  con  la  reina  al  aposeiito  dcl 
Emperador,  y  tuvo  por  bien  que  le  besasen  las  manos 

Su  Magestad  queda  ievantado  y  en  buena  disposicion,  aunque 
de  las  rudillas  abajo  tiene  comexon ,  que  es  buen  senal,  porque, 
cuando  le  falta,  diz  que  acude  la  gota  :  sobre  que  el  doctor,  à 
quieu  prevengo  siempre,  escribe  à  Vuestra  Merced  lo  que  verà, 
à  cuya  carta  me  remito  (1). 

La  pérdida  de  Guisnes  y  Hams  ha  dcsplucido  h  Su  Mageslad , 
porque  para  el  asedio  de  Gales  y  todos  efeclos  iinportaban ,  y 
tiene  grande  esperanza  que,  pues  los  Ingleses  daban  tan  buena 
demostracion  de  recuperalla,  y  el  rey  ténia  ya  tanta  gente  junta, 
se  haran  buenos  efectos,  si  el  dinero  no  falta,  sobre  lo  cual  creo 
que  envîarà  al  senor  Luis  Quijada  por  ahi,  para  que  de  su  parle 
hable  en  ello  à  Su  Alteza  y  à  quien  mas  convenga. 

DeGuacos,  viernes  à  4  de  marzo  de  1558,  à  las  il  del  dia. 

Martin  de  Gaztelû. 


(1)  Voy.|  dans  le  1 1*',  p.  278,  la  kUre  do  docteur  Mathys  du  1"  mars. 


Tome  U.  21 


(383  ) 


C. 


LUIS  QUIIADA  k  lUAN  TAZQUBZ. 

Arrirée  et  i^our  k  Yaat«  de  la  reÎBe  de  Hongrie ,  qui  va  easaiCe  k  Jamdillt  it- 
joindre  sa  maison  et  celle  de  la  reine  de  France.  —  Son  ialentioe  de  de^earer 
à  Cigales ,  jusqu'à  ce  que  le  roi  ait  statué  sur  son  établissemeoi.  —  L'Empemr, 
à  la  prière  du  grand  commandeur  d*Alcantara  et  de  Quijada ,  permet  à  eeIai-« 
d'ÎBtereéder  peur  le  eorrégidor  de  Plasencia.  ~  Bnvoi  de  Qntjâda  à  f  aBadoM. 
—  Amélioration  de  la  santé  de  rKuperi*ur.  -  Arrivée  à  Yiiale  de  Benaidias  de 
Tàvora ,  avec  une  mission  de  la  reine  et  de  l'in/anle  de  Portugal.  •—  Dépwt  de 
D.  Hernando  de  Rojasetde  D.  Sancbo  deCôrdova. 

Tusle,  10  man  1558. 


Ilustre  senor,  Sa  Magestad  me  anda  por  despachar;  y  porqne 
DO  5é  si  tlegaré  primero  que  esta,  he  querido  avisar  à  Vuestra 
Merced ,  en  estos  pocos  renglones,  como  la  reyna  llegé  aqui,  bo; 
jueTes  hace  ocho  dias.  Estobo  hasta  el  martes,  y  se  fué  â  Jaran- 
dilla,  donde  esta  so  casa  y  la  de  la  cristianisima  reyna.  Partira  de 
alli  el  lunes  que  viene,  si  puede  dejar  concluido  con  Su  Magestad 
lo  del  testamento  y  de  la  manera  que  se  ha  de  hacer  ;  y  da  poder  i 
la  reyna  para  que  lo  despache  y  haga  como  convenga  à  la  bre- 
vedad  que  se  requière,  para  la  costa  que  se  recrece  â  la  liadendi 
de  la  cristianisima.  Resolviôse  con  Su  Magestad  de  irse  à  Cigales, 
donde  estarâ  y  esperarè  à  los  négocies  que  con  Su  Magestad  Real 
ha  de  tomar  para  su  asiento.  Y  en  lo  de!  corregidor  de  Plaseo- 
cia  y  su  teniente,  Su  Magestad,  à  suplicacion  del  comendador 
mayor  y  mia,  me  lo  ha  remitido,  para  que  yo  lo  trate  coando 
vaya  con  el  senor  Juan  de  Vega  (f  ).  Vuestra  Merced  le  puede 
avisar  que  esté  de  buen  ânimo. 

(1  )  Vojr.  le  1. 1*',  p.  240,  et  la  lettre  de  Gaitelû  du  1 2  mars ,  qui  suit  ceOe^ 


■»..r 


(  323  ) 

Su  Mageslad  me  envia,  y  con  ocasioD,  que  sin  ella  nunca  saliera 
de  aqui;  y  porque,  como  digo,  yo  sèré  en  brève,  no  digo  mas 
de  remiiillo  para  entônces. 

Su  Magestad  va  cada  dia  mejorando  :  de  io  cual  podrà  Vuestra 
Merced  avisar  à  Su  Alteza. 

Aqui  es  ilegado  Bernardino  de  Tàbora ,  que  viene  à  visitar  à 
Su  Magestad  de  parte  de  la  reyna  y  infante,  y  no  pasarâ  adelante; 
y  don  Hernando  de  Rojns  esta  despachado  y  parte  lioy,  y  don 
Sancho  de  Cérdova  liace  Io  mismo,  y  con  calentura,  y  contente 
de  loque  Su  Magestad  le  respondiô;  y  se  va  à  su  casa 

Kn  San  Gerénimo  de  Yuste,  10  de  marzo  1558. 

Luis  Quuada. 


^ 


■ 


(324  ) 


CI. 


MARTIN  DE  GAZTELÙ  A  JUAN   VAZQUKZ  (1). 

Audience  donnée  à  D.  Ilernando  de  Rojas  par  l'Empereur,  qui  l'expédie,  avec 
dea  lettres  pour  la  reine ,  l'infante  et  le  cardinal  de  Portugal.  —  IndispositioD  de 
D-  Sancho  de  Côrdova,  qui  s'apprête  à  partir  pour  chez  lui.  —  L'Empereur  ne 
reut  pas  qu'on  lui  envoie  plus  d'argent  qu'il  n'en  a  reçu  jusqu'ici,  nonobstant  les 
ouvrages  qu'il  fait  faire.  —  Longs  entretiens  de  la  reine  de  Hongrie  avec  TEb- 
perear ,  pendant  son  séjour  à  Yuste.  — Gaztelù  ignore  ses  intentions  ultériettra; 
mais  il  ne  croit  pas  qu'elle  consente  à  retourner  aux  Pays-Bas ,  et  pourtant  dk 
aime  à  se  mêler  des  affaires  publiques,  quoiqu'elle  dise  le  contraire.  —  Affai- 
blissement de  sa  santé.  —  Prochain  départ  de  Qtiijada.  —  Amélioration  de  U 
santé  de  l'Empereur.  —  Retour  d'Antonio  de  Guxman ,  envoyé  par  la  reine  de 
Hongrie  à  Lisbonne,  après  la  mort  de  la  reine  de  France,  pour  complimenter 
l'infante,  sa  fille. —  Audiences  données  par  l'Empereur  et  la  reine  à  D.  Bernar- 
dine deTâvora,  ambassadeur  de  la  reine  et  de  l'infante  de  Portugal.  —  L'Eb- 
pereur  pardonne  au  corrégidor  de  Plasenela  et  à  son  lieutenant. 

Cuacos,  13  mars  1558. 


Ilostresenor, Su  Hagestad  oyd  al  senor  D.  Hernando  de 

Rojas,  y  le  mandô  dar  instniccioD ,  y  escribiô  à  la  reina ,  infante 
y  cardenal  con  él  ;  y  se  partie  de  aqui  antier  manana  para  Pla- 
sencia,  donde  le  aguardaba  el  senor  comendador  mayor.  Liegô 
y  va  bueno;  y  con  esto  cesa  la  ida  del  senor  D.  Sancho ,  el  coal 
esta  aqui,  y  ha  tenido  no  se  cuantas  calenturas;  pero  ayer  ao- 
daba  levantado  y  bueno  por  este  logar.  En  entendiendo  lo  que 
Su  Magestad  responde  h  lo  que  le  ha  supUcado  que  escriba  al 
rey ,  para  que  le  haga  merced  en  estas  vacantes  de  encomiendas, 
creo  que  se  partira,  à  lo  que  él  me  ha  dicho 

Diciendo  à  Su  Magestad  que  Vuestra  Merced  me  escribia  la 


(1)  Voj.,  dans  le  t.  I",  p.  383,  la  let(i«  de  Quijada  du  même  jour. 


(  325  ) 

diiigenda  que  habia  hecho  para  que  se  envîase  cl  tercio  de  los  très 
meses  que  vienen,  y  que ,  si  era  servido  se  le  enviase  masque  por 
lo  pasado ,  por  razon  de  lo  que  se  ha  acrecentado  y  las  obras  en 
que  se  gasta  razonable  parte,  se  haria,  me  respondiô  y  dijo  que 
por  agora  no  es  necesario,  porque  las  obras  seràn  luego  acabadas, 
y  bastaràn  los  cinco  mil  ducados  en  cada  très  meses  para  lo 
demàs.  Cuando  otra  cosa  entendiere,  lo  avisaré  à  Vuestra  Merced. 

La  reina  de  Hungria  posé  en  Yuste,  corao  escribi;  y  los  dias 
que  alli  estnvo,  que  fué  hasta  el  martes  pasado,  que  fuéron  8  de 
este,  tuvo  largas  plàticas  con  el  Eroperador  k  solas;  y  este  dia, à 
la  tarde,  se  partie  para  Jarandilla  à  ponerse  en  érden  ;  y,  à  lo  que 
entiendo,  volverà  à  Yuste,  6  aqui,  el  lunes  6  martes  que  viene, 
para  despedirse  de  Su  Magestad,  y  partira  luego  para  Cigales, 
donde  despedirâ  la  casa  de  la  reina  cristianisima,  y  entenderâ  en 
el  cumplimiento  de  algunas  cosas  de  su  testamento.  Lo  demàs 
que  piensa  hacer  no  lo  se  :  pero  creo  que,  aunque  se  lo  pidan,  no 
Tolverà  à  Flandes,  puesto  que  creo  convemia  al  servicio  de  Sus 
Magestades;  y,  por  otra  parte,  conozco  de  ella  que  es  amiga  de 
négocies;  aunque  da  à  entender  otra  cosa,  yo  no  me  debo  de 
enganar.  Se  que  no  anda  buena ,  porque  su  dolor  de  corazon  le 
acude  mas  recio  y  de  ordinario  que  por  lo  pasado 

La  partida  dcl  senor  Luis  Quijada  para  su  casa  dépende  de  la 
de  la  reina,  y  ira  por  ahf  à  lo  que  Vuestra  Merced  de  él  enten- 
derâ :  à  que  me  remito. 

Su  Magestad  esta  bueno,  y  cada  dia  lo  va  estando  mejor. 

Antonio  de  Guzman,  que  fué,  de  parte  de  la  reina  de  Hungria, 
despoés  del  fallecimiento  de  la  cristianisima ,  à  visitar  à  la  in- 
fante, me  dicen  que  pasô  ayer  tarde  por  aqui  para  Jarandilla* 
estando  yo  en  Yuste. 

El  embajador  que  la  reina  é  infanta  de  Portugal  envian  à 
visitar  al  Emperador  y  à  la  reina,  llegù  aqui  antier,  y  el  mismo 
dia  se  le  dié  audiencia,  y  el  siguiente  pasô  â  Jarandilla  à  hacer 
su  visitacion  à  la  reina ,  donde  se  esta  al  olor  de  las  damas.  Llà- 
mase  D.  Bernardine  de  Tàvora. 

De  Cuacos,  à  12  de  marzo  de  4558. 


{  326  ) 

OlvidàbaMine  de  decir  que ,  habiendo  el  Emperador  eotcn- 
dido  que  los  senores  del  contejo  habian  suspendido  à  su  teniente 
del  corregidor  de  PlaBeocia ,  por  lo  que  aqui  sueediô,  y  durante 
el  tiempo  que  fuese  au  yoluotad ,  y  que  à  él  no  le  dabau  lieeocii 
para  venir  à  servir  su  cargo ,  se  hizo  con  Su  Magestad  la  dili- 
gencia  necesaria,  y  tiene  por  bien  de  perdonallos,  y  que  basU 
lo  hecho,  y  se  les  dé  licencia  que  vuelvan  à  servir  sus  oficios  :  de 
que  todos  habemos  holgado  cuanto  se  debe,  por  lo  que  toca  il 
corregidor,  que  es  buen  caballero;  y  es  de  créer  que  adeUnte 
mirari  lo  que  hace 

Martin  db  GàxtELt. 


CÎI. 


LE   DOCTEUR   HATHYS  À  JUAN   YAZQUEZ. 

Quoique  la  «anté  de  TEmpereur  se  soit  améliorée ,  elle  laisse  «cependant  i  dc«Rf 
eneore ,  et  la  plaie  du  petit  doigt  de  la  main  s'est  rouverte.  —  Matbys  se 
propose  de  lui  faire  prendre  de  Teau  de  bois  des  Indes ,  ou  de  la  salsepareiQci 
pour  le  conforter.  —  Observations  à  propos  d'une  grati6eation  qu'aTaient  rrriie 
les  serviteurs  de  l'Empereur ,  parmi  lesquels  Matbys  n'avait  pas  été  compris. 

Tuste,  15  mars  1558. 


Muy  iluslre  sefior,  annque  la  mejoHa  de  la  gota  de  Su  Ma- 
gestad va  adelante,  A  Dios  gracias,  todabla  no  tiene  entera  salod, 
por  no  tener  gana  de  corner,  y  quedarle  niucha  qaantidad  de 
orina  en  el  cuerpo ,  lo  que  A  me  no  contienta  ;  pero  Su  Magestad 
dnernie  muy  bien  y  bace  sus  cémaras  razonables,  rienipre  coa 
alguna  aquosidad ,  y  corne  algo ,  pero  sin  gran  gusto  y  sin  delec* 
tacion.  HAle  tambien  reverdescido  la  llaga  del  dedo  pequeAo  de 
la  mano  :  lo  que  no  tengo  en  mncbo.  Estâmes  agora  en  que  Sa 


.i 


'■"^'-J.'-T- 


(327  ) 

Magestad  tome  el  agoa  del  palo  de  iaa  Indias,  à  de  la  zarzapar- 
rilla,  por  restorar  el  estôraago  y  confortar  los  otros  miembros 
principales  ;  y  manana  se  determiDarà  eual  sarà  de  estas.  Plegue 
à  Nuestro  Seôor  que  sea  con  lanto  provecho  como  todos  de- 
seamos. 

Cuanto  à  io  que  loca  à  mis  gajes,  Vuestra  Senoria  sepa  que , 
por  boca  de  Su  Mageslad ,  estos  dias  acà,  se  entendiô  como  Sa 
Alteza  habia  hecho  merced  à  los  criados  de  Su  Magestad,  por 
ayuda  de  Costa,  de  cuatro  roeses  de  gajes;  y  escribi  à  Vuestra 
Senoria  como  en  esto  à  me  ap  habian  tratado  como  à  todos  los 
otros,  solamente  por  darle  ad  entender  Io  que  conmigo  se  pasa 
por  acà;  y  en  verdad  yo  pensaba  que  Su  Âlteza  nos  hacia  tal 
merced  :  pero  paresceme  de  entender,  por  la  carta  de  Vuestra 
Seftoria,  que  debe  ser  FEmperador  el  que  la  hace;  y  pesariame 
qne  sobre  semejante  cosa  se  escribiese  à  la  Magestad  del  rey 
nuestro  seftor,  porqne  espero  da  Su  Magestad  Real  mayor 
merced,  cuando  sarà  tiempo  de  pedirla,  que  iOO  escudos,  6 
algo  mas ,  que  es  Io  que  à  me  agora  tocaria ,  tratàndome  con- 
forme à  Io  que  ban  recibido  todos  los  criados  de  Su  Magestad  : 
siendo  muy  gran  razon  que  el  rey  nuestro  seôor  trate  à  me,  suyo 
eriado,  como  Su  Magestad  trata  à  los  suyos,  sirviendo  yo  tan 
bien  y  con  tan  buena  voluniad  à  su  padre  como  todos  los  otros. 
Pero  beso  humilmente  los  muy  reaies  pies  y  manos  de  Su  Alteza , 
por  la  Toluntad  que  me  liene,  y  de  Vuestra  Sefioria  recibo  muy 
gran  merced ,  en  decirme  que  por  su  parte  no  dejarà  de  ayn- 
darme 

I>e  Yuste,  à  15  de  marzo  de  4558. 

Henrriqub  Matisio. 


(328) 


cm. 

UkKTm  DE  GAZTELi  ▲  JUAN  VAZQUEZ. 

La  reine  de  Hongrie  prend  congé  de  TEoiperear,  et  part  pour  Cigales.  —  Onijada 
se  rend  à  YalladoUd,  avee  une  mission  de  l'Empereur,  qui  se  borne  à  lui  remettre 
quelques  mots  pour  la  princesse. 

Cuaoos,  16  mars  1S58. 

Ilustre  senor,  la  Magestad  de  la  reina  de  Hungria  vino  ayer, 
después  de  corner,  de  Jarandîlla  à  Yuste;  y  habiéndose  deapedido 
del  Emperador,  y  estado  primero  buen  rato  parlaodo  con  él,  se 
vino  à  dormir  h  este  logar,  de  donde  boy,  deq>fiés  de  baber 
comido ,  se  partie  en  punto  à  las  doce;  y  va  dormir  â  Cabezuela, 
ciiatro  léguas  de  aqui.  Dicen  que  llegarà  en  siete  dias  à  Cigales. 
Va  buena,  y  asi  lo  queda  Su  Magestad,  coino  lo  escribe  el  doctor 
â  Vuestra  Merced,  à  cuya  carta  me  remito  (i). 

Tambien  se  partie  el  senor  Luis  Quijada  esta  manana,  k  las 
ocho;  y  llegarà  abi  câsi  tan  presto  como  esta;  y  por  ser  él,  le 
parecié  â  Su  Magestad  que  se  podria  escusar  el  escribir,  pues  por 
su  relacion,  como  quien  va  y  esta  tan  informado  de  lo  de  aqui, 
la  podrâ  hacer  tan  cumplida  y  verdadera  de  todo;  al  cual  me 
remito 

De  Cuacos,  â  16  de  marzo  1558. 

Martin  de  Gaztel6. 

Después  ba  escrito  Su  Magestad  con  el  senor  Luis  Quijada  bre- 
vemente  à  la  senora  princesa,  remitiendo  lo  demàs  para  baœrio 
con  D.  Hemando  de  Rojas. 

(1)  Voyez  la  lettre  précédente. 


(  529  ) 


CIV. 


JUAN   VAZQUEZ  A  L*EMPEREUR. 


EoToî  de  la  copie  d'une  lettre  du  roi.  —  Nouvelles  d'Italie.  —  Mesures  de  précaution 

prises  contre  la  flotte  turque ,  qui  s'approche. 

Valladolid,  19  mars  1558. 


I 

k  > 
l 


s.  C.  C.  M**' ,  ayer  se  recibiô  una  carta  del  rey  naeslro  senor, 

de  diez  de  febrero,  que  la  trujo  un  honibre  que  vino  por  sus  jor- 
nadas,  con  saWo  conducto ,  por  tierra  ;  y  con  esta  envio  à  Vuestra 
Magestad  la  copia  de  ella ,  à  la  cual  me  remito  en  todo  lo  que  de 
alla  podria  deeir;  y  tambien  se  recibiéron  unas  carias  de  Italia, 
de  once  del  mismo,  y  lodabia  confirman  la  venida  de  la  armnda 
del  Turco,  con  mas  numéro  de  galeras  que  los  anos  pasados,  y 
con  navios  para  traer  caballos  :  que  es  senal  de  hacer  empresa  ;  y 
asi  se  previene  à  todas  partes,  y  à  la  Goleta  seproveeque  se  lleven 
trescientos  hombres  y  la  paga ,  y  hasta  cinco  6  seis  mil  hanegas 
de  pan ,  porque  de  Sicilia  no  lo  proveen ,  porque  este  ano  liay 
gran  falta  en  aquel  reyno,  y  si  el  armada  vîene  alli,  no  la  halle 
desprovehida  ;  y  à  Gerdena  se  ha  acordado  que  se  hagan  1res  van- 

deras  y  se  envien  alli  con  diligencia j  ^ 

f 

De  Voestra  Magestad  humill  criado  y  hechura,  que  sus  impé- 
riales manos  besa  » 

Juan  Vazquez. 


-  lrr->.  ■ 

0-' 


(  330  ) 


cv. 


LUIS  QUIIADA   A   L  EMPEREUR. 

Son  arrivée  à  Valladolid.  -  Viaitea  au  prince  et  à  la  prioeesse.  —  Gommumeatioa 
à  la  princesse  des  pointa  dont  TEmperear  Ta  chargé,  sur  les  secours  d'aqsent 
}  à  envoyer  au  roi ,  rintervenlion  de  la  reine  de  Hongrie  dans  les  affaires  du 

f  gouvernement ,  et  le  logement  de  la  reine  au  palais  :  mécontentement  que  b 

I  princesse  a  témoigné  sur  les  deux  derniers  points. 

J 

Valladolid,  19  mars  1558. 


I  S.  C.  C.  M**** ,  yo  lleguétioy  à  mediodia ,  y  luego  visité  al  pria- 

i  cipe  y  princesa  de  parte  de  Vuestra  Magestad,  cayas  maoos 

j  besan  muchas  veoes,  por  tan  gran  merced  como  les  ha  faechoen 

*  avisalles  tan  particalarmente  connoigo  de  la  salud  con  que  Voes- 

(  tra  Magestad  se  hallaba,  euando  yo  parti.  Yo  lei  les  pontes  qoe 

!  Vuestra  Magestad  me  mandé,  à  la  princesa.  Y  en  cnantoih 

provision  que  se  ha  de  hacer  del  dinero  para  el  rey ,  Sa  Alten 
!  escribe  à  Vuestru  Magestad  lo  que  en  elio  hay,  y  en  lo  demis 

dice  que  mandarà  hacer  las  diligencias  que  se  pndieren,  pan 
que  vaya  la  mayor  suma  que  fuere  posible,  y  que  no  aynda  Â 
ello  nada  lo  que  el  rey  ha  envîado  à  mandar  por  la  ùllima  carta 
que  de  Su  Magestad  Real  se  Uene.  En  lo  del  oomontcar  ios  nega- 
i  cios  con  la  Magestad  de  la  reyna  de  Ungria ,  halla  Su  Alten 

harlos  inconvenîentes ,  y  el  mayor  es  deeir  que  se  le  loca  tm  sa 
j  auloridad,  y  no  menos  que,  couociendo  su  condioion  de  la  rejna, 

I  quiera  tomar  mas  parte  de  ellos  de  lo  que  se  le  quieran  dar;  ; 

ans!  me  ha  mandado  que  no  cure  de  decillo  à  ninguno  de  Ios 

consejos ,  hasta  tanlo  que  se  comunique  con  Vuestra  Magestad; 

y  porque  Su  .Vlteza  escribe  mas  largo  en  su  carta  de  mano  propia, 

]  ,  solo  digo  yo  lo  que  dello  siento.  Y  en  lo  del  aposento  para  la 

Magestad  de  la  reyna  en  palacio,  responde  que  ella  esta  mirr 


:t-UJ- 


(331  ) 

estrecfaa  en  el  que  tiene,  y  qoe,  cuando  aqui  viniéron  Sus  Mages 
tades,  se  podia  sufrir  el  trabajo ,  por  ser  huéspedes,  mas  que  de 
asiento  es  imposible.  Y  aviso  à  Vuestra  Hagestad  que  lo  uno  y 
lo  otro  sien  le  mucho ,  y  que  càsi  que  me  ha  dado  à  entender  que 
deparara  la  casa  que  tieoe  à  la  reyna,  y  se  pasarà  à  la  de  Cobos. 
En  lo  demàs,  dice  que  la  servira  y  contentarâ  con  el  cuidado  y 
diligencia  que  se  requière. 

Y  por  la  priesa  con  que  este  va ,  no  digo  mas.  Nuestro  Senor 
guarde  la  S.  C.  C.  persona  de  Vueslra  Magestad  como  todos 
deseamos. 

De  Vallàdolid,  sabado,  19  de  roarzo  1358. 

De  V.  S.  G.  C.  H"-'  criado. 
Luis  Qui  j  ad  a. 


(  332  ) 


CVI. 


l'empereur  a  luis  QUUADA  (1). 


Communication  que  le  conseiller  Nicolas  M icault  et  le  trésorier  Roger  Palhie  lai 
ont  donnée ,  après  le  départ  de  la  reine  de  Hongrie,  d'une  lettre  qu'elle  se  pro- 
pose d'écrire  au  roi.  —  Il  a  refusé  de  leur  dire  ce  qu'il  en  pense  ;  maisil  crnt 
devoir  informer  Quijada  des  points  dont  elle  traite ,  afin  qu'il  en  rende  compte 
à  la  princesse.  —  Ces  points  eoncement  :  i^  les  300,000  écus  qui  avaient  été 
assignés  à  la  reine  Éléonore  à  titre  de  dot  ou  de  douaire ,  et  les  huit  nmlM 
qu'elle  avait  de  pension  en  Espagne  :  la  reine  de  Hongrie  demande  que  b 
princesse  de  Portugal  soit  substituée  aux  droits  de  sa  mère ,  de  ces  deus  dicfa; 
S*  l'acquisition  que  la  reine  se  propose  de  faire  de  certains  lieux  dans  le  royause 
de  Tolède  :  elle  désire  que  le  roi  la  laisse  libre  d'en  payer  le  prix  quand  et 
comme  elle  pourra;  3*  l'exercice  de  la  justice  dans  les  lieux  qu'elle  acquerra  : 
elle  demande  de  pouvoir  y  établir  un  alcade,  avec  la  même  autorité  qne  les 
alcades  de  cour;  4"  la  maison  pieuse  qu'elle  a  l'intention  de  fonder  :  elle  uXûàlt 
du  roi  une  rente  perpétuelle  de  4,000  ducats  pour  l'entretien  de  l'éflise  et  ihi 
clergé ,  ainsi  que  des  maîtres  et  maîtresses  qui  y  enseigneront  les  enfants.  — 
L'Empereur  fait  sur  tous  ces  points  des  ob8er\'ations,  et  se  montre  peu  favwihlc 
aux  prétentions  personnelles  de  la  reine. 


Yuste,  19  mars  1558. 


Lais  Quixada,  cuya  es  Villagarcia,  mi  mayordoroo,  demis  de 
lo  que  llevastes  por  seriplo  (2),  para  comunicar  eon  la  prince» 
mi  liija  sobre  lo  que  habia  pasado  entre  mi  y  la  reyna  de  Ungiia 


(1)  On  voit,  par  une  lettre  de  Quijada  du  l*'  avril,  écrite  de  Villagarda, 
qu^il  avait,  selon  les  intentions  de  TEmpereur,  recommandé  le  plus  graui 
secret  à  la  princesse  do&a  Juana  sur  le  contenu  de  cette  lettre  :  il  n'avait 
pas  même  voulu  la  laisser  entre  ses  mains,  mais  elle  Texigea,  disant  qu'on 
pouvait  bien  avoir  confiance  en  elle  :  «  diciéndome  Su  Alteza  que  la  podia 
p  muy  bien  fiar  de  clla.  » 

(2)  Voy.  la  pièce  CIIL 


Si 


(  555  ) 

mi  herniana,  dejû  ella  6rden,  al  liempo  de  su  parlida  de  Cuacos, 
qu  el  coiisegero  Nicolas  MicauU  y  el  tesorero  Kogier  quedasen 
aqui ,  y  me  mostrasen  una  carta  qu  ella  escribe  al  rey  mi  hijo 
acerca  de  lo  sobredicho ,  pidiéndome  que  dijese  mi  parecer,  y  la 
enmeudase  en  lo  que  conviniese;  y  aunque  pudiera  hacerlo  en 
algnnas  cosas  que  contiene,  bien  diferentes  de  lo  quella  y  yo 
liabemos  platicado  y  me  ha  dicho  y  enviado  à  decir  por  tercera 
persoua,  todavia  no  quise  hacello,  ni  dar  demostracion  dello, 
por  las  causas  que  podeis  pensar ,  sino  remitirselo,  deciendo  que 
creia  qu  ella  lo  habria  mirado  y  miraria.  Pero  hàme  parecido 
ques  bien  avisaros  de  lo  que  d*esto  résulta,  para  que  asimismo 
deis  cuenta  dello  à  la  princesa,  y  que  lo  tenga  entendido,  junto 
con  lo  demàs  :  por  cuya  causa  se  os  escribié  que  os  detuviésedes 
ahi ,  hasta  recibir  esta. 

Y  lo  que  se  me  acuerda  de  los  puntos  mas  sustanciales  que  la 
dicha  caria  contiene ,  es  tratar  primero  del  particular  de  la  r^na 
cristianisima,  que  sea  en  gloria,  y  de  cuan  bien  acabé  y  ordené 
sus  cosas  :  y  esto  muy  largamente,  y  de  como  estando  la  reyna 
en  los  termines  que  estaba ,  tovo  memoria ,  en  su  ùltimo  testp- 
mento  6  codicille,  cuya  copia  vos  trugistes,  derenovar  las  re- 
nunciacioncs  que  habia  hecho  de  cualquier  drecho  que  podia 
pretender;  por  el  cual,  si  bien  me  acuerda,  me  encomienda  que 
yo  y  mi  hijo  tengamos  por  bien  de  favorecer  à  la  infanta  su  hija, 
para  que  pueda  gozar  de  la  renta  de  su  dote,  ô  de  la  suma  con- 
tenida  en  la  capitulacion  de  su  casamiento ,  que  son  300,000 
escudos ,  y  que ,  si  el  rey  de  Francia  no  lo  permitiere,  nos  enco- 
mienda mucho  que,  por  via  de  paz,  ô  por  todas  las  otras  que 
sean  posibles,  le  favorezcamos  de  manera.que  goce  desta  suma 
que  le  fué  consignada  por  el  rey  mi  senor,  que  sea  en  gloria ,  y 
acrecentada  por  mi;  y  no  se  que  en  el  dicho  teslamento  ô  codi- 
cille haga  mas  justicia,  puesto  que  agora  la  reyna  de  Ungria  en 
la  dicha  carta  quiere  fundar  y  obligamos,  al  rey  y  à  mi,  à  la 
seguridad  y  saneamiento  desto,  diciendo  que,  teniendo  situado 
su  dote  en  estes  reynos,  se  le  libre  alla,  y  poniéndolo  por  cargo 
que  en  conciencia  sériâmes  obligados  à  elle,  exagerando  y  esli- 


(  334  ) 

rando  lo  que  la  reyna  cristianisima  hizo  y  dice,  en  el  dicho  (esta- 
mento  6  codicillo ,  mucho  mais  de  lo  que  elia  lo  déclara  en  A, 
Y  en  lo  que  toca  à  todo  esto ,  mi  hijo  y  yo  estamos  bien  libres 
de  las  obligaciones  y  esorûpnlo  que  en  esto  se  nos  quiere  pooer, 
pues  lo  de!  casamiento  de!  rey  de  Francia  y  lo  de  la  dicha  dote, 
la  reina  lo  quiso  y  tovo  por  mejor  qu*el  del  duque  de  Borbon  que 
yo  habia  tractado. 

Tambien  Fescribe  sobre  lo  que  la  reyna  dej6  soplicado  en  sd 
lestamento  acerca  de  los  ocho  cuentos  qu*ella  ténia  por  su  vida 
en  estos  reynos ,  para  qu'el  rey  tenga  por  bien  de  hacer  merced 
dellos  à  la  infanta  por  la  suya .  aunqne ,  segun  lo  que  entiendo, 
creo  que  se  contentaria  con  los  cualro  dellos.  Y  puesto  qae,  por 
las  necesidades  y  trabajos  en  que  se  halla  con  la  guerra,  habria 
menester  mas  ser  socorrido  y  ayudado  que  dar  lo  que  Uene , 
todavia  podrà  él  ver  y  responder  à  esto  lo  que  le  pareciere  :  pan 
coyo  efecto ,  y  justificar  y  facilitar  mas  esta  merced ,  pide  al  re; 
con  justicia  que  mire  la  razon  que  habria  para  ello,  pues  la 
infanta  se  ha  endeudado  con  los  gastos  que  hizo ,  confiada  que 
en  la  conclusion  del  casamiento  que  se  tractô  no  habria  faita; 
y  esto  es  lo  que  snpiica  en  Fa^or  délia. 

Lo  que  en  su  propio  particular  escribe  al  rey ,  es  encarecerle  j 
tener  en  mucho  lo  que  le  aconsejé  y  que  Dios  me  debia  de  haber 
inspirado ,  pues  aquello  habia  sido  causa  de  que  ella  se  determi- 
nase  à  tomar  la  vida  estrecha  de  las  très  que  me  propuso ,  y  que 
para  este  efecto  ténia  acordado  de  comprar  ciertos  Ingares  en  ci 
reyno  de  Toledo ,  y  hacer  en  el  uno  dellos  lo  que  llevâsteis  enlen- 
dido  y  por  vuestra  instruccion ,  pidiendo  al  rey  que  en  hi  compn 
dellos  le  haga  la  merced  y  gratificacion  que  le  pareciere,  y  por- 
qu^està  pobre,  le  dé  licencia  que  lo  qoo  hobiere  de  pagar  ses 
cuando  pudiere  y  como  qnisiere,  y  que  la  venta  se  le  condaya  y 
se  le  dé  la  pesesion ,  porque  desde  luego  pueda  camenzar  à 
edificar  la  dicha  casa  :  para  cnyo  efecto  ha  enviado  ,  como  sa- 
beis,  à  I).  Claudio  Manrique  su  criado  y  al  dicho  tesorero 
Rogier,  à  que  vean  los  dichos  lugares ,  y  el  sitio ,  dispusicion  j 
calidades  dellos,  porque,  informada,  pueda  elegir  el  que  le  pare- 


(  335  ) 

cer6  para  sa  vWienda:  sobre  lo  cual  passàinos,  ella  y  yo,  lo  que 
sabeis.  Y  desta  manera  no  Yendria  el  rey  à  aprovecharse  ni  pre- 
valerse  de  nada,  pues  el  fin  con  que  vende  de  su  patrimonio  es 
para  socorrerse  dello  en  esta  présente  necesidad;  y  siendo  esto 
en  tanta  cuantidad  que  creo  montarâ  mas  de  400,000  ducados, 
y  no  teniendo  ella  forma  para  pagallos,  no  se  si  convendria  con 
las  condiciones  y  de  la  manera  que  lo  prelende,  pues  vendria  à 
gozar  de  la  renia  dellos  al  quilar,  sin  pagar ,  6  muy  à  la  larga , 
el  precio  en  que  los  dicbos  lugares  se  vendiesen ,  cuanto  mas  que 
Umpoco  pienso  que  la  princesa  tendra  poder  para  semejantes 
Yentas  perpétuas,  y  que  ya  que  le  tenga,  sera  con  limitacion,  y 
coQSultândolo  primero  con  el  rey,  por  las  consideraciones  que 
en  ellas  se  suelen  y  deben  tener.  Y  por  mejor  tendria  que,  ya  que 
mi  hijo  toviese  fin  de  hacerle  alguna  merced,  fuese  de  por  vida, 
y  no  desta  manera. 

Tambien  he  notado  que,  en  la  dicha  carta  que  eseribe  la 
reyna,  tratando  de  los  300,000  escudos  de  la  dote  que  la  cristia- 
nisima  y  por  ella  la  infanta  su  hija  tiene  en  Francia ,  los  divide  y 
hace  dos  partidas  :  la  ona,  de  200,000  escudos,  que  dice  que  es 
lo  quel  rey  nuestro  padre  le  dejé,  y  la  oira  de  los  cien  mil  res- 
tantes quiere  la  reyna  de  Ungria  fundar  y  dar  Â  entender  que 
debiao  de  ser  por  la  légitima  de  la  reyna  mi  senora,  que  después 
fné  Dios  serrido  de  llevar;  y  no  séria  mucho  qu*ella  baya  hecho 
esta  division,  con  fin  de  pedir  tambien  su  parte  de  la  légitima, 
que  ya  ella  tassa  eu  400,000  escudos,  como  pretendié,  en  otro 
tieflipOy  qae,  aaaquel  rey  mi  bermano  y  ella  fuéron  rasados,  en 
tmeeo»  y  àntes  y  deapués  de  la  muerte  del  rey  Ludovico  sa  ma- 
ri4o,  ha  gozado  de  30  6  40,000  ducados  de  renta,  y  loe  goza 
todavia ,  que  yo  era  obligado  à  pagarle  los  200,000  qu  el  rey  mt 
semr  le  dcjé,  y  que,  si  babian  sido  casados  mi  bermano  y  elia, 
em  Irueoo  que  yo  podia  tener  aquella  accion  contra  él ,  pues  habia 
heredado  el  reyno,  sabiendo  ella  que,  por  lo  que  entr*el  rey  y  ml 
se  babia  tractado,  y  las  cuentas,  que  con  el  remate  quedaba  él 
obligado  à  cumplir  lo  qu  ella  podia  justamente  pretender. 
Aaimisnio  pide  que  sus  criados  sean  exemptes  de  loda  justicia. 


(  33(>  ) 

y  que,  como  piensa  oomprar  la  jurisdîccion  de  los  taies  lugares, 
pueda  poner  un  alcalde  que  tenga  la  misnia  auctoridad  que  los 
de  corte ,  y  este  usar  su  oGcio  en  ellos  y  los  de  su  conloroo,  pan 
qu  ella  sea  mejor  proveida  de  bastimentos  y  las  otras  cosas  que 
hobiere  menester.  Y  en  cuanto  à  esto,  ya  os  acordaréis  de  lo  que 
os  dije,  que  la  reyna  me  habia  dicho  que  no  pretendia  jorisdi- 
cion  :  en  que  me  parece  que,  pues  pide  cslo,  ha  mudado  de  pro- 
pdsito. 

Juntamente  con  lo  sobredicho,  envia  à  suplicar  al  rey  le  haga 
mereed  de  darle  hasta  cuatro  mil  ducados  de  renta  perpétua  por 
la  Yglesia,  para  salarios  y  entretenimiento  de  los  clérigos  y 
maestros  y  duenas  que  ha  de  enlretener  en  la  dieha  casa  qoe 
quiere  hacer ,  para  ensenar  a  los  mochachos  que  piensa  reooger, 
diciendo  qu  estos  se  podrân  dismembrar  de  algunas  dignidades 
destos  reynos,  queriéndolo  el  rey,  con  voluntad  de  los  obispos. 
En  lo  cual  parece  que  tambien  habrà  dificultad,  porqa*es  me- 
nester consensu  del  papa ,  y  séria  nueva  introduccion  c«mo  lo 
pide,  y  no  se  si  convernia  ni  se  podria  hacer  con  concienda, 
cuanto  mas  qu*es  diferente  de  lo  que  para  este  efecto  m'envio  à 
decir con  Guillermo  (i)  que  habia  menester,  que  creo  que  fuéroo 
300  6  400  ducados,  de  manera  que  agora  muda  los  cente- 
nares  en  millares.  Y  para  lo  que  ella  decia  que  queria  comprar 
esta  renta ,  parece  que  se  puede  entender  que  la  quiere  fundar 
con  estos  bienes  de  la  Yglesia ,  y  tener  la  tal  renta  qoe  comprare 
hasta  que  se  le  qui  te  y  redima,  y  gozar  después  de  los  dineros 
que  recibiere,  en  lugar  de  la  renta.  Y  pues  quiere  ha^ott  esta 
fundacion  con  bienes  de  Yglesia ,  no  se  que  quiere  hacer ,  oi  pan 
quien  quiere  la  renta  destos  lugares,  6  el  dinero  que  habrâ  dado 
para  la  compra  dellos. 

Y  dado  que  bayais  cuenta  a  la  princesa  de  lo  sobredicho,  nos 
avisaréis  dello  y  de  vuestra  partida  à  Villagarcia,  enviàndonos 


(1)  Guillaume  Van  Maie. 


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(337) 

la  relacion  quellevastes  (I),  ô  copia  délia, si  va  no  lo  hiibiércdcs 
hecho,  por  lo  que  Gaztelu  os  escribiô  antier. 

Diréis  à  la  princesa  que  me  avise  de  los  lugares  que  la  reina 
qoiere  comprar ,  y  en  la  parte  que  son ,  y  do  que  vecindad  y  cali- 
dad,  y  lo  que  rentan ,  y  de  comq  lo  piensa  hacer,  y  de  la  résolu- 
cion  que  sobrello  se  tomarà  con  ella  :  advirtiéndole  sobre  todo 
qu'este  seasecreto,  de  manera  que  no  entienda  ella  que  faabemos 
escripto  sobrello. 

De  Saoct  Gerénimo  de  Yuste,  à  19  de  marzo  de  1558. 

Carlos. 


CVII. 

PRÉCIS  DE  l'instruction  DONNÉE  PAR  l'eHPEREUR  A  QUIJADA  9 

EN  l'envoyant  a  VALLADOLID  (9). 

Cette  instrnctîon  roule  presque  enlièrement  sur  ce  que  la  reine  de  Hongrie  traita 
avec  l'Empereur,  pendant  son  séjour  à  Yuste,  touchant  son  établissement  défi- 
nitif. —  La  reine,  après  aroir  dit  à  son  frère  qu'il  y  avait  pour  elle  trois  manières 
de  Tivre ,  une  large ,  une  médiocre  et  une  étroite,  et  qu'elle  s'en  remettait  à  lui 
du  choix  entre  ces  trois  modes ,  a  montré  le  désir  de  vivre  à  Guadalajara  :  à 
quoi  l'Empereur  a  fait  des  objections ,  l'engageant ,  en  attendant  la  décision  du 
roi  sur  ce  qu'elle  lui  demanderait ,  à  aller  demeurer  à  Valladolid ,  ou  en  quelques 
autres  endroits  qu'il  lui  a  désignés.  —  La  reine  n'y  a  pas  consenti  d'abord  :  elle 
a  indiqué  Aranjucx ,  ou  le  Pardo ,  puis  Guadalupe  :  ce  qui  a  donné  lieu  à  de 
Douvellcs  objections  deTEnipereur  ;  mais  enfin  elle  s'est  décidée  pour  Cigales. — 
Elle  a  alors  offert ,  si  l'Empereur  voulait  assister  en  personne  aux  certes  de  Cas- 
tille  ,  qui  venaient  d'être  convoquées,  de  l'y  seconder,  et  de  donner  du  reste  au 
gouvernement  tous  les  avis  qu'on  réclamerait  d'elle.  —  L'Empereur  lui  a  fait 
observer ,  sur  ce  point ,  que  l'autorité  de  la  princesse  pourrait  en  être  afiectce  : 


(1)  Yoy.  la  pièce  suivante. 

(2)  On  lit,  en  tête  de  cette  pièce  :  Copia  de  la  copia  de  la  relacion  que 
JLuis  Quijada  hizo  de  lo  que  Su  Magestad  le  manda  que  rcfiriese  de  su 
parte  à  la  princesa,  sobre  lo  que  posa  con  la  reina  de  Hungria,  y  lo 
demàs  que  abajo  se  dira. 

Tome  II.  â'2 


(  338  ) 

néanmoÎDS  il  charge  Quijada  d'engager  la  princesse  et  les  conseils  d*État  et  des 
finances  à  demander  Tavis  de  la  reine  dans  les  affaires  où  ib  le  jugeront  con- 
venir. —  La  reine  a  aussi  représente  à  l'Empereur  que  ses  revenus  sont  ii- 
sulfisants,  et  l'a  prié  d*inlereéder  auprès  du  roi,  pour  q«'il  les  angneote: 
l'Empereur  s'en  est  excusé.  —Détermination  de  la  reine,  en  prenant  congé  de 
l'Empereur,  d'acheter,  dans  le  royaume  de  Tolède,  pour  s'y  fixer,  certains lîeax 
qui  appartiennent  aux  ordres  ;  conditions  auxquelles  elle  veut  demander  au  roi 
de  lui  en  faire  la  vente  :  difficultés  trouvées  à  cet  égard  par  l'Emperevr ,  q«i  re> 
commande  toutefois  à  la  princesse  de  fairo  pour  sa  tante  loot  ce  q«'dle  penrra. 
—  Pendant  le  séjour  de  la  reine  à  Yuste ,  l'Empereur  et  Quijada  l'ont ,  plusieun 
fois,  sollicitée  d'aller  reprendre  le  gouvernement  des  Pays-Bas;  mais  die  s'y 
est  alMolnmenl  refusée,  disant  qu'elle  irait  plutôt  aux  Indes;  que,  d*aillears, 
sa  présence  dans  ces  provinces  serait  plus  dommageable  qu'utile  au  roi.  —  Le 
reste  de  l'iiutrnction  concerne  la  mort  de  la  reine  Élconore ,  rexéculimi  de  soa 
testament,  et  les  démarches  à  faire  par  Quijada  auprès  des  conseib  d'État  et 
des  finances,  pour  qu'ils  hâtent  l'envoi  de  secours  au  roi. 

Sans  date  (Yivte, ..  mars  1558). 


Primeramente,  le  mandô  Su  Magestad  que  visiUse  deso  parte 
al  principe  y  à  la  princesa,  y  dièse  coenta  de  la  disposicioo  en 
que  se  ballaba,  y  la  falta  que  con  su  gota  habia  tenido  de  salod, 
de  deciembre  acà; 

Lo  mucho  que  habia  sentido  el  fallecimiento  de  la  reyna  cris- 
tiaufisima ,  y  quan  bien  acabé ,  y  cotno  se  deposité  su  coerpo  e& 
Mérida,  para  desde  alli  trasladalla  adônde  hobiere  de  estar,  y 
la  orden  con  que  se  trujo  alli  desde  Talaveruela,  y  como  se 
recibi6; 

Que,  hecho  este,  la  reina  de  Ungria  vino  aqni,  y  se  aposentè 
en  el  monasterio  con  cuatro  mugeres,  y  su  casa  y  la  de  la  reyaa 
cristianlsima  en  Xarandilla,  y  algunos  criados  en  Quacos,  y  se 
tome  acuerdo  con  Su  Magestad  en  lo  que  convenia  acerca  del 
testamento  de  la  dicha  reyna,  y  en  que  se  despidiese  su  casa,  y 
en  nombrar  testamentarios  para  egecucion  dél ,  por  no  haber 
aqui  mas  de  dos,  y  el  uno  impidido  de  enfermedad  (I); 


(1)  Le  testamenl  de  la  reine  Éléonore  avait  été  fait  à  Bruxelies^  le  10  août 
155C,  et  confirmé  par  elle  à  Talaveruela,  le  15  fé?rier  1558.  La  reine  jr  dés»- 


(  339  ) 

Qoe  Su  Magestad  dié  poder  à  la  reyna,  y  le  cedié  en  él  todo 
lo  tocante  al  testamento  y  nombramiento  de  testamentarios,  y 
pagar  deudaa,  y  dar  licencia  à  la  casa  de  la  cristianisima 
reyna  (i); 

Que  teniendo  asent^do  lo  dicho,  la  Hageslad  de  la  reyna  Uratô 
con  el  Ëmperador  lo  que  toca  al  asiento  que  debia  lomar,  pro* 
poniendo  que  haria  en  todo  lo  que  Su  Magestad  le  mandase  en 
esto  y  en  lo  demâs,  con  tal  que  no  se  le  hablase  en  vol  ver  al 
gobierno  de  Flandes,  porque  no  lo  haria,  y  que  an  tes  se  iria  à  las 
Indias  que  volver  à  él»  por  los  inconvinientes  que  habia  y  los 
que  dijo. 

Dio  à  entender  la  reyna  à  Su  Magestad  très  maneras  que  le 
parecia de  vivir,  y  que  habia  de  senalar  una  délias:  la  una  larga , 
y  otra  médiocre,  y  la  tercera  estrecha,  para  que  Su  Magestad  le 
mandase  tomar  aquella  que  debia  escoger;  y  siguiria  en  todo  la 
érden  que  Su  Magestad  le  dièse  en  esto  y  en  la  residencia  de  su 
persona. 

Mostr6  y  dié  à  entender  à  Su  Magestad  desear  y  tener  gana 


goait,  pour  ses  eiécuteun  testamentaires,  le  comte  de  Lalaing,  chevalier  de 
la  Toison  d*or,  lieutenant  et  capitaine  £pénéral  de  Hainaut  et  Cambrai  ;  Viglius 
de  Zwichem,  président  du  conseil  privé  aux  Pays-Bas  ;  Gilles  foyinet  (?) ,  abbé 
de  S'-Jean  d'Amiens,  son  confesseur  et  grand  aumônier,  et  Pedro  de  Lamila- 
tierra  (?),  seigneur  de  Lordes,  son  majordome.  Elle  y  suppliait  TEmpereur  et 
la  reine  de  Hongrie  de  veiller,  comme  surintendants,  à  Texéculion  de  ses 
dernières  volontés. 

(1)  Par  acte  passé  au  monastère  de  Ynste,  le  8  mars  1558,  en  présente  de 
Martin  de  Gaztelû,  secrétaire  de  PEmpereur,  et  de  Martin  de  Durango, 
ex-secrétaire  de  la  reine  très-chrétienne  et  notaire  royal,  PEmpereur  se  dé- 
chargea du  pouvoir  que  lui  donnait  le  testament  de  cette  princesse ,  et  le  remit 
tout  entier  à  la  reine  de  Hongrie. 

Par  le  même  acte ,  PEmpereur  el  la  reine ,  considérant  que  deux  des  exécu- 
teurs testamentaires,  le  comte  de  Lalatng  et  le  président  Viglius,  étaient 
absents,  et  que  le  S' de  Lordes  était  empêché  par  maladie,  leur  substituèrent 
D.  Pedro  de  la  Gasca,  évoque  de  Palencia,  le  licencié  Pedro  de  Arceo,  du 
conseil  du  roi  et  auditeur  de  la  chancellerie  de  Yaliadolid,  et  Roger  Pathie, 
trésorier  général  de  la  reine  de  Hongrie. 


S   ' 


CT 


* 


(  540  ) 

de  Guadalajara ,  por  haber  sSJo  Iiigar  scnalado  pan  la  vivîenda 
de  Sas  Magestades,  y  por  tener  las  calidades  convinientes,  aosi 
por  la  casa  como  para  vivir  mejor,  conforme  â  sus  pasaliem- 
pos  y  entretCDimiento. 

Cuanto  à  las  très  raaneras  de  vivir,  y  que  Su  Magestad  le  acon- 
sejase  cual  le  parecia  que  debia  de  eligir ,  le  respondié  que  debia 
de  tomar  la  médiocre,  porque  la  larga  habia  menester  gastar 
mucfao,  y  tomar  la  estrecha  era  fuera  de  su  condicîon,  y  qoe, 
aunque  la  reyna  se  resuelve  à  tomar  la  mas  estrecha ,  le  parece 
que  es  la  médiocre,  y  que  do  sera  corta  sino  bien  larga,  y  que 
Su  Magestad  no  le  mandarà  lo  que  haga ,  pues  tiene  entend!- 
miento  y  libertad  para  hacer  y  escoger  lo  que  quisiere; 

Que,  en  lo  del  eligir  el  lugar  para  residencia  y  vivîenda,  le 
parecia  demasiado  de  grande  Guadalajara  para  la  casa  que  dice 
que  quiere  tener ,  por  haber  menester  en  ella  mas  gente  de  la 
necesaria  para  la  vida  estrecha  y  recogimiento  que  quiere,  y  que 
de  su  parecer  no  la  debia  tomar,  por  los  inconvenientes que  alli 
podrian  succéder,  y  que  tambien  habrà,  si  el  rey  se  la  darîa  coo 
las  calidades  que  pretendia  de  hacienda  y  jurisdiccion  que  se 
habia  pidido; 

Y  que,  en  el  entretanto  que  se  tratase  con  el  rey  lo  que  tocaba 
al  lugar  que  se  le  habia  de  senalar,  le  parecia  ser  mejor  volvene 
à  Valladolid ,  desde  donde  habria  comodidad  para  mas  facilmeDle 
tratar  los  negocios  con  el  rey  y  venir  h  la  conclusion  dellos,  y 
por  tener  alli  mas  compania  y  entretenimiento  que  en  otra  parte, 
y  ser  agora  necesaria;  y,  no  queriendo  esto,  podria  tomar  à  Tor- 
desillas,  Toro,  Çàmora,  Palencia,  Âranda,  Arevalo,  Olmedo,  à 
Simancas  6  Cigales,  no  queriéndose  ir  à  Valladolid,  y  que  en 
cualquiera  destos  lugares  podrà  esperar  la  respuesta  del  rey; 

Que  en  Valladolid  le  séria  mas  cômodo  para  el  despidimiento 
de  la  casa  de  la  cristianisima  reyna,  y  mas  en  camino  para  sus 
criados ,  y  lo  mismo ,  para  si  se  hobiese  de  disponer  de  algun 
mueble  de  la  casa  para  el  cumplimiento  de  su  aima. 

La  reyna  por  entônces  no  acetô  ningun  lugar  destos,  àntes 
apuntô  à  Su  Magestad  querer  esperar  la  respuesta  de  sus  nego- 


(34i  ) 

GÎos  en  Aranjuez,  6  cl  Pardo,  y  no  mas  de  apuntar  sin  cargar 
la  Qiano  en  ello,  sino  niuy  comedidamcnte. 

Su  Magestad  le  respondiù  qaan  malsana  es  aquella  casa  en 
algun  tîeiupo  del  ano,  y  que  le  parecia  no  convenirle  tomar 
ninguna  de  las  dicfaas  dos  casas. 

La  reyna  însistiô  en  irse  à  Guadalupe,  y  esperar  alli  la  con- 
clusion de  sus  négocies  ;  y  à  esle  asiento  estaba  mas  afectionada , 
segun  lo  que  diô  à  entender. 

A  Su  Magestad  le  pareciô  no  convenia  hacello  por agora,  sino 
que  senalase  otra  parte  que  la  de  alli,  descùmoda  en  este  tiempo. 

Y,  visto  lo  que  Su  Magestad  decia ,  le  pareciô  ser  mejor  ir  à 
Cigales,  que  es  uno  de  los  lugares  que  se  le  nombrâron,  y  por 
tener  ocasion  de  Uegarse  mas  Â  la  corte. 

Ofrecié  â  Su  Magestad  que,  queriendo  hallarse  en  estas  certes 
qu*estân  convocadas  en  persona,  ayudaria  â  llevar  parte  del  tra- 
bajo  que  alli  Su  Magestad  toviese,  por  aliviarle  dél,  y  el  amor 
que  ténia  à  Su  Magestad  Real ,  y  por  lo  que  deseaba  qu*el  négocie 
loviese  buen  suceso ,  y  reusando  Su  Magestad  este ,  por  sus  indis- 
pusiciones,  que  en  Cigales  tomaria  el  trabajo  de  aconsejar  y 
buscar  medios  y  remédies  como  Su  Magestad  fuese  servido,  dando 
su  pareeer  en  todo,  queriéndoselo  pedir; 

Que,  vista  la  determinacion  de  la  reyna,  que  es  decir  que  fauye 
de  toda  manera  de  négocies,  especialmente  de  los  de  Flandes, 
no  esta  fuera  de  los  de  acà,  y  que  desea  con  esta  ocasion  Uegarse 
â  Valladolid  ; 

Y  aunque  Su  Magestad  le  respondiô  que  no  queria  embara- 
çarse  en  alterar  lo  qu*el  rey  ténia  mandado  en  lo  que  toca  al 
gobierno,  y  que  tambien  no  se  podia  bacer  con  la  auctoridad 
que  convenia,  porque  séria  quitalla  â  la  princesa,  que  Su  Mages- 
tad con  Luis  Quijada  avisaria  â  la  princesa  y  â  los  del  consejo 
d^Estado  y  hacienda  qae  tomasen  su  pareeer  en  las  cosas  que  con- 
viniese,  pues,  como  persona  tnas  informada  de  los  negocios  de 
Flandes,  podrà  dar  mejor  pareeer  en  elles,  teniendo  entendidas 
las  cosas  de  aquellos  Estados  mejor  que  los  de  acà,  y  que  dijese  â 
Ia«  dichos  oonsejos  que  Su  Magestad  habia  pidido  à  la  reyna  qne. 


94,         -s  .     • 


»♦• 


;» 


(342  ) 

si  se  le  comunicase  algtin  négocie  y  pidiese  su  pâreeer  en  ello,  le 
dièse; 

Y  que  tambien  Su  Magestad  lo  hacia ,  eutendiendo  que  acii  son 
largos  los  négocies,  y  la  reyna  solicita  en  elles,  y  les  animaria 
y  solicitaria,  y  trabajaria  en  la  brevedad  y  boena  eipedicioA 
dellos. 

Y,  aunque  Su  Magestad  procuré  de  lexos  darle  à  entender 
cuanto  convenia  à  la  sustentacion  de  los  Estados  de  Flandes  que 
Su  Âlteza  Yolviese  al  gobiemo  dellos ,  y  lo  mucho  en  quel  rey  lo 
tendria,  no  quiso  que  se  tratase  dello,  habiendo  prosupuesto ,  al 
principio  que  se  comenzô  à  tratar  de  lo  sobredicho,  que  suplicaba 
à  Su  Magestad  no  hablase  en  ello,  porque  no  lo  haria. 

Y,  aunque  Luis  Quijada ,  tomando  la  oeasion  que  la  misna 
reyna  le  diù  para  hablarle  en  ello,  y  lambien  de  nna  carta  que 
D.  Juan  Manrique  escribiô  à  Su  Magestad,  poniendo  delante 
cuanto  convenia  que  la  reyna  volviese  à  aquel  gobiemo,  y  ei 
peligro  en  que  aquellos  Estados  estaban,  si  no  lo  hacia,  y  que  era 
mas  que  necesario  que  lo  hiciese,  ansi  por  lo  que  digo,  como 
porque  para  su  condicion  era  mejortierra  su  naturaleza,y,dejado 
este  à  parte,  la  buena  obra  que  al  rey  haria ,  encargândose  dello, 
y  tomar  aquellos  trabajos  que  para  Su  Magestad  serian  menores, 
por  entendellos  tambien ,  y  otras  algunas  causas  que  le  dijo;  mas 
no  quiso  hablar  en  ello,  dîcicndo  que  no  convenia,  y  que  ântes 
danarîa  al  rey  qu'ella  fuese,  y  â  su  servicio  que  no  aprovecbaria, 
dando  razones  para  ello:  en  lo  cual  se  le  hablù  mas  de  una  ^'ez, 
y  sieropre  la  halle  Luis  Quijada  en  un  ser  de  no  querer  ir. 

Tambien  apuntô  la  reyna  tener  poca  renta  para  sn  entreteni- 
mienlo,  significando  â  Su  Magestad  que  le  haria  merced  proeu- 
rase  con  el  rey  le  apdase  à  su  gasto;  y  habiendo  tralado  la  renU 
que  ténia.  Su  Magestad  respondiô  que,  en  tal  tiempo  y  tan  estre- 
cho  como  en  el  qu*el  rey  estaba ,  no  osaria  pidille  nada ,  pues 
habia  bien  menester  loque  ténia,  y  aun  lo  demàs,  para  d  socorro 
de  sus  necesidades. 

Visto  que  Su  Magestad  hacia  dificultad  en  que  en  el  Ingar  que 
la  reyna  senalase  se  le  dièse  jurisdiccion  alfa  y  baja ,  como  la  pre- 


\ 


"W~*-r:JTy 


{ ^^  ) 

tendis,  j  poniendo  por  egemplo  que  la  reynt  nuestra  seflora 
esuba  en  Tordesillas  tan  solamente  eon  qn*el  marqués  de  Dénia 
aefialaae  un  corregidor(l),  y  que  para  su  descanso  era  mejor  ansf, 
donde  quieni  que  estOYiese ,  por  el  desasosiego  que  le  daria  lo 
delà  jttstieia,  se  resolviô  no  seôalar  por  agora  ningun  asiento; 
y  parte  de  aqui  con  determinacion  de  comprar,  en  el  reyno  de 
Toledo,  y  cerca  deToledo ,  ciertos  Ingares  que  dice  que  son  de  las 
ôrdenes;  del  cual  sitio  y  asiento  esté  satisfecha,  conforme  â  la 
rdacion  que  dello  tiene ,  y  ser  à  su  gusto ,  y  bneno  para  sus 
pasatiemposy  entretenimento;  para  lo  cual  prétende  las  cosas 
siguientes  : 

Lo  primero,  que,  satisfecha  del  sitio  y  asiento  de  los  dichos 
lugares  y  aldeas,  d^sde  luego  se  trate  del  precio,  y  se  concluya 
la  venta,  y  no  pierda  tiempo  para  edîGcar  la  casa  y  capilla  que 
en  dia  quiere  faacer; 

Que,  en  el  precio  que  se  concertare,  Su  Magestad  Real  le  haga 
la  mereed  y  gratiGcacion  que  fuere  servido  en  abajar  alguna  snma 
de  lo  en  que  fuere  apreciada  y  valiere,  y  que  la  paga  sea  en  dos 
6  très  plazos ,  y  los  mas  largos  que  se  podiere ,  6  esperalle  por 
todo  algun  tiempo. 

En  lo  cual  Su  Magestad  halla  las  difficultades  siguientes,  y 
que  estas  se  digan  à  la  princesa ,  y  no  à  otra  persona  alguna  : 

Que  la  venta  que  se  hiciere  sea  conforme  à  la  instruccion  que 
de  Su  Magestad  crée  tiene,  y  conforme  à  los  poderes  que  para 
ello  se  han  enviado,  no  alterando  ni  innovando  cosa  ninguna;  y 
que,  si  se  vendiere,  sea  con  las  condiciones  que  se  requière  y  se 
baeecon  otros; 

Lo  segundo,  qu'el  rey  esta  en  necesidad,  por  cuya  causa 
vende,  y  que  esperar  por  las  pagas  tan  largo  tiempo  como  la 
reyna  debe  pretender,  no  Tes  comodo,  ni  le  ayuda  nada  el  vender, 
para  la  necesidad  en  que  al  présente  se  halla  ; 

Que  en  esto  la  princesa  debe  remitillo  â  los  del  consejo  de 


(1)  Ce  passage  semble  avoir  été  mal  copi^» 


(  344  ) 

hacienda,  y  ellos  consultarlo  con  el  rey,  para  que  se  resoelTa  en 
\o  que  se  debe  hacer,  dcspués  de  baber  entendido  lo  que  la  reyoa 
quiere,  y  cun  las  condiciones  que  lo  pide,  y  que  en  todo  Sa 
Alteza  dé  dcmostracion  de  desear  contentar  y  agradar  â  la  reyna , 
pbr  haberlo  menesler  su  soledad  y  enfermedad  de  corazon,  que, 
después  del  faileseimiento  de  la  cristianisima  reyna ,  le  aprieU 
mas  de  lo  que  solia. 

Decir  à  les  del  consejo  de  Ëstado  y  hacienda  que  Sa  HagesUd 
les  encarga,  quan  encarecidamente  puede,  procuren  ayudary 
dar  ùrden,  juutaroenle  con  la  persona  quel  rey  envia,  à  sactlle 
desta  necesidad  por  los  mejores  inedios  que  pareciere ,  y  cod  b 
roayor  cuantidad  que  se  pudiere  :  que  en  ello  recibirâ  mucho  ser- 
vicio,  y  le  haràn  grande  al  rey,  y  en  que  sea  con  brevedad,  por 
ter  corto  el  tiempo; 

Que,  en  el  entretanto  que  Uega  la  dîeba  persona  qu*d  rej 
envia,  busquen  y  platiquen  de  donde  y  como  se  puede  baber 
dinero,  y  se  ponga  en  egecucion ,  avisando  à  Su  Magestad  del 
modo  y  medios  que  para  ello  se  piensa  tener,  y  la  cuantidad,  que 
sera  poco  mas  é  menos,  y  cuando  podrâ  partir,  y  el  armada  en 
que  bobiere  de  ir. 


(  545  ) 


'  CVIII. 

MARTIN  DE  GA2TELÛ  A  JUAN  VAZQUBZ. 

Progrès  de  la  eonvaletcenee  de  TEmpereur.  —  Éloge  de  Quijada.  —  Retour  à 
Yuste  de  D.  Gabriel  de  la  Cueva ,  qui  pari  pour  la  Nararre ,  après  avoir  baisé 
les  mains  à  TEmpercur.  —  Naissance  d'une  fille  au  grand  commandeur  d*Al- 
eantara. 

Cuacos,  90  mars  1558. 


Iliistre  senor,  no  teogo  carta  de  Vuestra  Merced,  ni  de  aqiii 
hay  que  escribir,  sino  que  la  convalescencia  y  buena  dispusicion 
en  que  Su  Magestad  se  halla  va  tan  adelante,  que  ya  no  se  le 
parece  el  mal  ni  flaqueza  con  que  se  hallaba  les  dias  pasados. 
Placera  a  Dios  ilebarlo  adelante  como  es  menester. 

Ya  Vuestra  Merced  habrà  entendido  de  la  manera  que  queda 
lo  de  aqui,del  senor  Luis  Quijada,  como  de  persona  à  cuyo  cargo 
esta,  y  que  tan  bien  lo  entiende 

Don  Gabriel  de  la  Cueva  vohiô  aqui  de  su  encomienda  ;  y 
babiendo  vesado  las  roanos  de  Su  Magestad ,  se  partie  ayer  para 
Navarra,  de  donde  le  euviù  h  Uamar  su  padre. 

Al  senor  comendador  mayor  me  dicen  que  ha  Dios  dado  otra 
bija  9  aunque  holgara  mas  que  fuera  hijo ,  por  no  tenelle.  Placera 
à  Diosdàrsele 

De  Cuacos,  à  20  de  marzo  i558; 

Martin  de  Gaztelû. 


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(  34«  ) 


CIX. 


LUIS  QUIJADA  A  PHILIPPE  II. 


Le  seeréUire  Brato  informera  pins  particblî^remeiit  le  roi  de  ee  qu'il  a  n^ié  ï 
Valladolid  sur  les  diflérenta  poÎDts  dont  TEmperettr  l'a  chargé. 

Yalladolid,  32  mars  1558. 


S.  C.  R.  M^'**,  desde  Yiiste  avisé  â  Vuestra  Magestad  coinod 
Emperador  me  mandaba  venir  aqui  ;  y  ]o  que  habia  de  hacer,  y 
la  ùrden  que  trahia,  verà  Vuestra  Magestad  por  la  estruccion  que 
se  me  diô ,  la  cual  vuelvo  à  enviar  à  Yuste ,  para  que  délia  se 
envie  6  Vuestra  Magestad  una  copia  ;  y  de  lo  que  se  condajô 
con  Su  Alteza  y  con  les  consejos  de  Elstado  y  hacienda  sobre  h 
provision  del  dinero,  se  envia  â  Vuestra  Magestad  razon  de  todo: 
y  ansi  tendre  yo  poco  que  decir  h  ella ,  mas  de  remitirme  al 
secretario  Eraso,  el  cual  informar/i  à  Vuestra  Magestad  mas  par- 
licularmente;  y  ansimismo  lo  harâ  de  lo  deroâs  que  se  traté  con 
la  reina  de  Hungria  sobre  los  puntos  que  en  la  dicha  istruccioB 
y  carta  que,  después  de  llegado  à  Valladolid,  Su  Magestad  me 
enviô,  la  cual  comnniqué  con  la  princesa.  Y  porque  tambien  lo 
debe  hacer  Su  Alteza  con  Vuestra  Magestad ,  no  digo  mas ,  sino 
que  ayer  tube  cartas  de  Yuste  de  veinte  deste,  y  Su  Magestad  se 
hallaba  con  mucha  salud.  Nuestro  Senor  guarde  la  S.  C.  R.  per- 
sona  de  Vuestra  Magestad  con  acrecentamiento  de  mas  reinos  j 
senorios. 

De  Valladolid,  à  ^2  de  marzo  de  1558. 

De  V.  S.  C.  R.  M^  criado. 

Luis  Quuada. 


(347) 


ex. 


LA  PRINCESSE  DONA  JUANA  A  l'EMPEREUR  (f). 

Lu  reine  de  Hongrie  attendue  à  Simaneas  et  «  Cigales.  -^  Réponse  sor  les  diffé> 
rents  points  dont  Quijada  a  entretenu  la  princesse,  de  la  part  de  l'Empereur. — 
Provision  d'argent  pour  le  roi  :  délibérations  des  conseils  d'État  et  des  finances. 
—  Cédale  de  60,000  ducats  donnée  par  le  roi  a  la  reine  de  Hongrie  :  opposition 
du  conseil  des  finances  ;  embarras  de  la  princesse ,  qui  réclame  l'avis  de  l'Em- 
pereur. —  Demandes  que  la  reine  fait  au  roi  :  la  princesse  les  trouve  exagérées  ; 
elle  laissera  le  roi  en  décider,  selon  le  désir  de  son  père.  —  Elle  n'a  pas  permis 
à  Quijada  d'engager  les  conseils  à  consulter  la  reine  de  Hongrie  sur  certaines 
affaires,  parce  que  cela  préjudicierait  à  son  autorité.  —  Réclamation  du  tréso- 
rier de  la  reine.  —  Affaires  de  Portugal  :  la  princesse  n'est  pas  d'avis  qu'on 
suggère  à  la  reine  dona  Catalina  de  la  désigner  dans  son  testament  comme 
tutrice  du  roi ,  et  elle  en  dit  les  raisons.  —  Elle  demande  il  l'Empereur  si  elle 
doit  communiquer  de  ce  dernier  point  avec  le  père  Francisco  de  Borja. 

Valladolid,  39  mars  1558. 


S.  C.  C.  M**',  no  respondi  con  el  correo  pasado  à  todo  lo  qne 
Luis  Quixada  me  dijo,  porque  no  se  detiivîese,  y,  àntes  que  la 
reyna  de  Ungria  llegase,  me  pudiese  Vuestra  Magestad  res- 
ponder  à  ]o  que  enténces  escribia.  La  reina  duerme  en  Simaneas 
boy ,  y  manana  liega  à  Cigales  :  no  se  si  querrâ  que  saïga  al 
camino  à  besalle  las  manos.  De  lo  que  hieiere  avisaré  â  Vuestra 
Magestad. 

L.ais  Quixada  me  diô  larga  cuenfô  de  lo  que  Vuestra  Magestad 
le  mandé;  y  el  cuidado  que  Vuestra  Magestad  me  manda  que 
tenga  de  la  provision  de  dineros  para  mi  hermano  es  tan  juste,  y 
deséolo  yo  tanto ,  que  podrâ  bien  créer  Vuestra  Magestad  que 
daré  priesa  a  todos  los  ministres ,  para  que  en  esto  baya  la  bre- 


(1)  Lettre  autographe. 


(  3^  ) 

vedad  qu'es  menester.  Y  as!  junte  iuego  al  consejo  d*Eslado  y 
hacieoda ,  para  que  se  tratase  lo  que  mi  hermano  escribe;  y  la 
resolucion  que  se  ha  toniado  verû  Vuestra  Magestad  por  li 
relacion  que  harà  Juan  Vazquez,  que  asi  selo  hemandado;  y 
parece  que  se  podrà  inviar  à  roi  hermano  una  buena  suma  :  qnes 
gran  bien.  Pero  sepa  Vueslra  Magestad  que  la  reina  de  Ungrb 
nos  pide  ahora  60,000  ducados  de  los  qu'estàn  en  Sevilla,  porqoe 
mi  hermano  le  ha  in?iado  una  cédula  para  mi ,  en  que  manda 
que  Iuego  se  los  dé  el  fator;  y  desta  manera  no  es  muj  boena 
ayuda.  Y  asi  el  consejo  de  hacienda  no  esta  en  hacello ,  y  ella  esta 
en  querer  que  se  los  den  Iuego;  y  pues  mi  hermano  lo  manda, 
parece  que  tiene  razon.  Hariame  Vuestra  Magestad  mny  gran 
merced  en  decirme  lo  que  le  parece  en  esto ,  porque  yo  estoy  eo 
aprieto  con  estas  cosas  que  mi  hermano  manda. 

Lo  que  Vuestra  Magestad  escribe  à  Luis  Quijada  he  visto;  y 
quedo  avisada  de  lo  que  la  reina  escribe  à  mi  hermano  y  le  pide; 
y  cierto  parece  que  son  cosas  demasiadas  para  la  necesidad  que 
ahora  tiene  :  pero  con  remetillo  à  mi  hermano,  como  Vuestra 
Magestad  ha  hecho  y  me  manda  à  mi  que  lo  haga ,  verà  Su  Alteia 
lo  que  sera  biop  responder  à  todo;  y  cuando  aqui  tratare  la  reina 
de  la  compra  de  los  lugares,  y  yo  entendiere  los  que  son ,  avisaré 
à  Vuestra  Magestad  de  todo,  como  Vuestra  Magestad  lo  manda, 
y  con  el  secreto  qu'es  menester,  para  que  la  reina  no  enlienda 
cosa  de  las  que  Vuestra  Magestad  ha  querido  que  no  sepa. 

Luis  Quijada  se  va  à  su  casa;  y  no  le  he  dejado  que  diga  a  los 
consejos  que  pidan  parecer  à  la  reyna  en  algnnas  cosas,  por- 
qu*espero  que  Vuestra  Magestad  verà  que  séria  en  desautoridad 
roia  :  y  siendo  asi ,  no  creo  que  lo  qnerrà  Vuestra  Magestad  (I). 

Los  avisos  que  da  el  tesorero  de  la  reyna  se  veràn  en  d 
consejo  de  hacienda ,  y  de  lo  que  pareciere  avisaré  à  Vuestra 


(1)  Quijada  écriyaît  à  PEmperaur,  le  l*' avril  :  «  Cuanto  â  oomunicar  kis 
»  negfocios  con  Su  Magestad  de  la  reyna  de  Hung^ia,  es  de  créer  que  gi 
»  todo  Su  Alteza  guardarâ  la  ôrden  que  Vuestra  Magestad  le  diere,  • 


(  349  ) 

Magcstad  ;  y  advierta  Vaestra  Magestad  que  este  (i)  es  francés, 
y  que  no  séria  bueno  que  entendiese  mucho  las  cosas  de  acÀ. 
Pero  todavia  sera  bueno  ver  ei  fundaniento  qu*e8la8  tienen. 

Sobre  la  pregmÀtica  de  Portugal,  podria  Vuestra  Magestad 
escribir  à  la  reina  conforme  à  lo  que  tiene  entendido  della, 
porque  mas  qu'esto  parece  que  tendria  efecto  ;  y  lo  que  Vuestra 
Magestad  dice  que  se  tratase  con  la  reina,  qu'en  caso  que  Nuestro 
Senor  fuese  servido  de  llevarla,  me  dejase  en  su  testamento  por 
lutora  del  rey  y  el  gobierno,  aunque  Vuestra  Magestad  enten- 
derà  esto  mejor  que  yo,  todavia  me  parece  que  podria  esto  danar, 
segun  la  reyna  esta  malquista  entre  algunas  personas  de  aquel 
reyno,  y  yo  tengo  entendido  que  las  mas  sebolgarian  de  que  yo 
faese  alla;  y  esta  claro  que,  faltando  la  reina ,  no  podria  ser  otra 
persona  tutora  del  rey  sino  su  roadre;  y  podria  ser  que,  dejàn- 
dolo  la  reina ,  fuese  parte  para  que  los  qu'estân  mal  con  ella  lo 
tomasen  mal.  Y  pues  Dios  darà  la  salud  â  la  reina  qu'es  me- 
nester,  si  Vuestra  Magestad  fuere  servido,  yo  tengo  personas 
alla  que  me  podrân  avisar  de  lo  que  alla  se  trata,  y  de  las  volun- 
lades  de  todos,  porque,  sabiendo  esto,  se  podrâ  Vuestra  Magestad 
mejor  resolver  en  todo. 

£1  padre  Francisco  esta  aqui.  Vea  Vuestra  Magestad  si  sera 
bueno  tratar  esto  con  él ,  pues  podria  ser  que,  cuando  estuvo 
alla ,  entenderia  algo  dello.  Vuestra  Magestad  me  avisarà  de  lo 
que  sera  servido  que  se  haga. 

Y  con  esto  me  parece  qn'e  respondido  à  todo  lo  que  Luis  Qui- 
jada  me  dijo.  De  lo  que  se  fuere  haciendo  avisaré  siempre  à 
Vuestra  Magestad,  à  quien  guarde  Nuestro  Seûor  como  yo  deseo. 

De  Valladolid ,  à  22  de  março. 

Ubidiente  hija  de  Vuestra  Magestad, 
La  Princesa. 


(1)  Roger  Palbie. 


(  350) 


CXI. 


LUIS  QUUADA  A   L  EMPEREUR. 

Conférence  qu*  il  a  eue  avec  les  conseils  d'ÉUt  et  des  finances  sur  les  points  dontriln- 
pereur  l'a  chargé  :  envoi  par  Vazquez  d'une  relation  de  ce  qui  y  a  été  traité.  — 
Lecture  qu'il  a  donnée  à  la  princesse  du  promemoriâ  de  l' Empereur  :  réponse  d« 
la  princesse  concernant  la  reine  de  Hongrie  et  la  pragmatique  de  Portugal.  — 
Renvoi  à  l'Empereur  de  l'original  de  son  instruction.  —  Réception  et  lecture  à 
la  princesse  de  la  lettre  particulière  de  l'Empereur  concernant  la  reine  de  Hon- 
grie. —  Prétention  de  la  feue  reine  de  France ,  à  la  charge  du  roi ,  à  raisoa 
des  S00,000  ducats  que  le  roi  de  France  devait  lui  payer.  —  Mémorial  deR^er 
Patbie.  —  Grande  croissance  du  prince. — Départ  de  Quîjada  pour  Villagarai. 

ValladoUd,  33  mm  1558. 


S.  C.  C.  M^*^,  el  sàbado  que  aqai  llegué,  do  tabe  Ivgar  de  poder 
hablar  à  los  del  consejo  »  porque  sali  câsi  que  noche  de  palado, 
y  no  hubo  mas  tiempo  d*escribir  la  que  Voestra  Magestad  debe 
faaber  visto.  El  domlugo ,  an  tes  de  corner  y  después,  hablé  à  los 
consejos  de  Ëstado  y  hacienda  sobre  mi  comision ,  à  quien  la 
princesa  habia  mandado  juntar  sobre  lo  que  Yuestra  Mageslad 
mandaba;  y  lo  que  en  este  consejo  se  déterminé  el  domiogo  jel 
martes,  que  fué  ayer ,  envia  Juan  Vazquez  relacion  particular  de 
todo;  y  ansi  no  dire  aqui  mas  de  remitirme  à  la  misma. 

Yo  lei  a  la  princesa  los  puntos  que  irahia  por  memoria ,  y  le  di 
à  entender  lo  que  convenia  dellos;  y  Su  Âiteza  respondié  à  Ya^ 
tra  Magestad  lo  que  le  pareciô  sobre  lo  de  comonicar  con  la  reina 
de  Hnngria  los  négocies.  De  todo  lo  demâs  queda  informada, 
y  me  pediô  el  capitulo  que  hablaba  sobre  ello,  para  mejor  res- 
ponder  à  Yuestra  Magestad  à  aquel  negocio;  y  en  lo  de  la  premà- 
tîca  de  Portugal,  dice  Su  Aiteza  que  responderà  à  YuesUi 
Magestad  en  esto,  y  en  lo  deroàs  dedejar  la  reina  para,  después 
de  sus  dias,  nombrada  por  gobernadora  à  la  princesa,  cuando 


{  354  ) 

estabiere  mas  bien  informada  de  lo  que  en  aquel  reino  se  enten- 
diere  que  bay. 

Yo  envio  la  lubma  reiacion  que  traje,  con  este,  como  Vuestra 
Magestad  manda,  originalmente. 

Ayer,  àntes  de  corner,  recebl  la  de  Vuestra  Magestad  de 
i9deste(i),  y  despuésdeoomer.fui  à  palacio,ydi  à  Su  Alteza  la 
que  para  ella  venia;  y  conforme  à  lo  que  Vuestra  Magestad  me 
ordenaba  le  lei  la  mia,  y  sobre  cada  punto  informé  de  lo  que  en- 
tendia;  y  à  lo  que  yo  puedo  enlender,  bay  algunos  puntos  en 
ella  diferentes  de  lo  que  la  reîna  senificô  à  Vuestra  Magestad  à 
su  partida. 

Y  en  lo  de  los  doscientos  mil  ducados  que  la  cristianisima 
ténia  en  Francia,  platicàmos  una  vez,  en  presencia  del  secre- 
tario  Gaztelù  ;  y  quiriendo  la  Magestad  de  la  reina  de  Hungria 
fnndar  que  en  conciencia  y  en  derecbo  podia  ser  que  se  le  de- 
biesen  Jerespondi  que  en  conciencia  no  sabrîa  determinallo , 
mas  que  en  justicia  creia  que  Vuestra  Magestad  no  séria  obli- 
gado  à  la  paga  dellos,  ni  Su  Magestad  Real,  aunque  el  rey  de 
Francia  no  quisiese  restîtnirselos  à  la  infanta.  Ansi  que  de  todo 
lo  que  yo  entendi  informé  la  princesa;  y  paréceme  que  Vuestra 
Magestad  debe  avisar  à  Su  Magestad  Real  dello ,  para  que  de  todo 
esté  advertido ,  enviàndole  reiacion  de  todo  lo  sucedido  en  este 
négocie,  para  que  entienda  como  esta  :  ques  de  créer  que  la 
Magestad  de  la  reina  de  Hungria  querrà  pretender,  en  lo  que  le 
loca  de  sus  doscientos  mil  escudos,  el  mismo  derecbo  contra  el 
rey  »  y  que  le  satisfaga  en  la  compra  que  piensa  bacer,  siendo  el 
rey  de  Romanos  obligado  à  ello. 

£1  mémorial  de  Rogier  di  à  la  princesa,  y  aun  avisé  qu*el 
dicho  era  francés.  Y  porque  yo  escribo  à  Gaztelù  mas  largo  en 
lo  que  Vuestra  Magestad  quiere  ser  informado,  no  digo  aqui 
mas,  sino  qu'el  principe  y  princesa  tienen  mucha  salud,  y  el 
principe  crece  mucho.  Yo  me  paso  à  mi  casa,  no  teniendo  érden 


(1  )  La  lettre  insérée  p.  352. 


(5oâ) 

de  Vuesti'n  Magestad  de  hacer  aqui  mas  de  lo  hecho.  Nuestro 
Scnor  guardc  y  acrcctente  la  sacra  y  cesarea  y  catélica  persona 
deViiestra  Magestad,  como  sns  vasallos  deseamos. 
De  Valladolid,  23  de  marzo  1558. 

De  V.  S.  G.  C.  Magestad  vasallo , 
Luis  QUUADA. 


CXII. 

JUAN  VAZQUEZ  A  L*EMPEREUR. 

Résolutious  prises  sur  les  points  touchés  daos  U  lettre  du  roi.  —  Zèle  que  la  prin- 
cesse met  à  s<>rvir  son  frère.  —  Observation  sur  les  avis  que  donnent  au  roi  œax 
qui  soni  près  de  lui  :  Tazquez  croit  que  ce  sont  des  moines ,  qui  nVntendefil 
pas  grand'chose  aux  affaires.  —  Éloge  de  Quijnda.  —  ArrÎTee  de  la  reine  de 
Hongrie  à  Cigales  :  elle  part  si  matin  de  Siraaneas ,  que  la  princesse ,  q«i  voaUîl 
aller  à  sa  rencontre ,  entre  ce  bourg  et  Yalladolid ,  était  encore  couchée,  lonqm 
la  reine  traversa  la  ville.  —  Doua  Juana  l'envoie  visiter  par  D.  Garcia  de  Tolède. 

Yalladolid,  33  mars  1558. 


S.  G.  G.  M^"**,  con  el  correo  pasado  envié  à  Vuestra  Magestad 
copia  de  la  carta  del  rey  nuestro  senor,  que  vîno  por  tiem. 
Después  se  ha  tratado  y  platieado  sobre  los  puntos  de  eila,  y  se 
ha  toinado  por  resolncion  lo  que  Vuestra  Magestad  yerâ  por  esos 
memoriales;  y  Sa  Âlteza  tiene  tanto  cuidado  de  que  su  hermaoo 
sea  servido  y  socorrido,  que  cada  hora  qniere  saber  lo  que  todos 
hacemos;  y  asi  espero  en  Dios  que  ha  de  tener  buen  efecto, 
annque  Su  Magestad  nos  desaynda  con  pareceres  que  le  deben 
haber  dado  fraîles,  que  no  deben  entender  mucho  los  negodos, 
pues  hacen  conciencia  de  unas  cosas,  y  la  alargan  en  otras  ea 
que  la  hay  mayor,  como  Vuestra  Magestad  verà  en  los  dicbos 


r 


v« 


(  353  ) 

niemoriales.  Y  de  lo  que  se  respondiere  al  rey,  que  sera  mas 
cumplidamente,  enviaré  copia  à  Vueslra  Magestad,  para  que  de 
todo  sea  mas  particularmenle  avisado. 

Luis  Quijada  ha  hecho  muv  bien  su  oficio ,  y  el  rey  tiene  bieo 
que  serbir  à  Vuestra  Magestad  el  cuidado  que  tiene  de  su  buena 
provision ,  que  maldito  el  dano  que  esto  ha  hecho.  Éi  escribe  à 
Vuestra  Magestad,  y  se  pasé  à  visitar  à  la  serenisima  reyna  de 
Ungria ,  que  llegé  hoy  à  comer  à  Cigales  :  la  senora  princesa 
queria  salir  à  loparia  entre  Simancas  y  esta  villa ,  y  madrugô 
lanto  la  reyna,  que  pasô  àntes  que  Su  Âlteza  se  levantase;  y  luego 
envié  à  D.  Garcia  de  Toledo  à  Cigales  à  visitarla,  y  piensa  ir  el 
viemes ,  6  el  sàbado ,  À  verla 

No  tenemos  nuevasmasdel  rey  ni  de  Ytalia  :  cuando  algo  hu- 
l)iere,  yo  terne  cuidado  de  avisallo  à  Vuestra  Magestad,  cuya 
impérial  persona  Nuestro  Senor  guarde  y  prospère  como  sus 
criados  deseamos. 

De  Valladolid,  à  23  de  marzo  de  1558. 

De  Vuestra  Magestad  mas  bumill  criado ,  que  sus  impériales 
manos  besa , 

Juan  Vazquez. 


(' 


ToMK  H.  23 


^^-' 


^ 


(  554  ) 


CXIII. 

LA   PRINCESSE  DONA  JtJAMA  A  L*B11PBREUR. 

L'Empereur  ayant  ordonné  que  le  oorpt  de  la  reine  doîia  Juana  soit  transféré  à  h 
chapelle  royale  de  Grenade ,  la  princesse  a  désigné  Tarchevéque  de  Sévîlle  povr 
raccompagner,  en  inTitant  ce  prélat  à  se  rendre  ensuite  dans  son  diocèse.  —  Ob- 
jections de  rarcheréqae.  —  DéUbératioB  du  conseil  d*État.  —  La  priarfise 
demande  que  TEmpereur  lui  fasse  connaître  ses  intentions  sur  cet  înci^leiit 

Talladolid,  93  mars  1558. 


S.  C.  G.  H^,  qnandt)  Voestra  Magestad  envié  à  maodar  que 
se  llevase  el  coerpo  de  la  reyna  mi  senora  (1),  que  faaya  gloria,  à 
la  capilla  real  de  Granada,  paresciô  que  fuese  con  ei  antoridad 
que  se  requeria ,  y  que  por  esto  ae  debia  mandar  qae  faesea  ea  sa 
acompanamiento  ei  arçobispo  de  Sevilla  y  el  marqués  de  Co- 
mara.  Y  acwrdado  esto,  yo  iiablé  al  arçobispo,  para  que  se 
adereçase,  y  que,  dejado  el  cuerpo  de  Su  Alteza  en  Granada,  se 
podria  irÀ  yisitar  su  yglesia;  y  aunque  mostré  loda  volnutad 
para  servir  en  elle ,  dijo  que  eslaba  muy  embarazado  con  oego- 
cios  importantes  del  santo  oficio  y  otros  suyos  :  à  lo  quai  le 
répliqué  que  todavia  se  pusiese  en  érdea ,  porque  Vuestra  Ma- 
gestad mandaba  que  con  brevedad  se  efectuase  esto. 

Después  desde  algunos  dias,  mandé  à  Juan  Vazquezque  su- 


(1)  La  reine  do&a  Juana,  épouse  de  Phiiippe-Ie-Beau.  Son  corps  était  resté 
déposé  à  Tordesillas,  où  elle  avait  rendu  le  dernier  soupir. 

Nous  avons  une  lettre  de  TEmpereur  à  la  princesse,  où  il  est  questioD 
de  cet  objet  :  elle  ne  porte  point  de  date  ;  mais  c^est  probablemeot  celle  à 
laquelle  la  princesse  répond  ici.  L^Empereur  s*y  exprime  de  la  manicre 
suivante  :  «  Pues  el  cuerpo  de  la  reyna  mi  sefiora,  que  sea  en  gloria,  esUri  ja 
n  deshecho,  sera  bien  que  se  lleve  à  Granada  este  imbiemo,  en  resiriando  mas 
s  el  tiempo,  y  que  se  vea  quien  ira  con  él.  » 


V! 


^^ 


(  355  ) 

piese  dél  para  quando  estaria  en  urden ,  porque  se  adereçase  lo 
queera  menester,  para  efecto  dellevar  à  Su  Alteza  :  al  cual  dijo 
que,  àntes  que  el  serenisimo  rey  mi  hermano  se  partiese  destos 
reynos,  le  suplicô  le  dièse  licencia  para  ir  à  visitar  sa  yglesia, 
porque  entônces  ,  con  mandar  Vuestra  Magestad  que  se  guardase 
el  concilio  tridentino,  y  los  del  consejo  favorescîan  esto,  que 
pndiera  hacer  fructo  en  su  yglesia,  y  que  por  enténces  Su 
Alteza  gela  negô;  y  que  después,  como  esto  del  concilio  no  se 
guarda ,  y  los  cabildos  de  las  yglesias  son  tan  favorecidos  del 
papa  que  él  no  podria  hacer  su  oficio  de  perlado ,  y  que  por  esto 
leconvenia  estaren  estaeorte,  6  en  Roma,  para  valerse  de  su 
cabildo,  y  que  él  estaba  ocupado  en  las  heregias  que  se  han 
levantado  entre  algunas  personas  en  Sevilla  y  en  Murcia ,  y  tam- 
bien  trataba  de  lo  que  toca  à  los  Moriscos  desta  villa;  y  que 
siendo  estes  négocies  de  tanta  împortancia,  no  convenia  à  ser- 
YÎcio  de  Dios  y  del  rey  mi  hermano  que  él  los  dejase  asi  ;  y  que 
lambien  entendia  en  dar  ôrden  en  ciertas  obras  pias  que  hace  en 
Salamanca  y  en  el  prineipado  de  ÂsUirias  de  Oviedo;  y  que, 
pues  no  hacia  mas  al  caso  llevar  agora  el  cuerpo  de  la  reyna  mi 
senora  que  al  septiembre,  que  para  en  tances  podria  estar  desem- 
baraçado  destas  cosas ,  y  temia  por  mueha  mereed  maiiilar  que 
él  hiciese  esta  jomada,  pero  que  todos  deseaban  echarle  de  aqui. 

Yista  esta  respuesta ,  yo  mandé  à  Juan  Vazquez  que  la  refi- 
rîese  en  consejo  deEstado;  y  platicado  alli,  no  paresciéron  nuy 
bastantes  las  eseusas  que  daba  el  arçobîspo ,  porque  desde  Se- 
villa  puede  hacer  lo  que  hace  aqui  en  su  cargo,  como  él  y  sus 
pasados  lo  han  hecho  otras  Teces,  y,  ya  que  Vuestra  Magestad 
mandase  que  se  difiriese  el  lievar  el  cuerpo  de  Su  Alteza  por 
otros  respectos,  que  se  podia  justamente  mandar  al  arçobîspo 
que  fuese  à  residir  en  su  yglesia. 

De  lo  cual  me  ha  parescide  dar  cuenta  à  Vuestra  Magestad , 
para  que,  yisto,  envie  à  mandar  lo  que  haré  en  esto  que  paresce 
al  consejo  de  Estado.  Y  Nuestro  Senor  la  ymperiol  persona  y 
estado  de  Vuestra  Magestad  guarde  y  acreciente  como  deseo. 

De  Valladolid,  23  demarzo  1558. 


^1; 


(  356  ) 

Después  (lesta  escrîpta ,  me  ha  habiado  el  dicho  arçobîspo,  ; 
dicho  el  buen  estado  en  que  (iene  el  negocio  de  los  ouevamenle 
convertidos  desla  villa,  y  que,  acabado  esto,  entenderà  en  lo 
que  toca  a  los  del  reyno  de  Granada  ,  de  donde  piensa  sacar  de 
servicio  nias  de  cienl  niill  ducados  para  el  serenfsinio  re;  mi 
hermano.  De  lo  cual  tambien  he  querido  ayisar  à  Vuestra  Ma- 
gestad,  para  que,  visto  todo,  se  pueda  niejor  resolver  en  lo  que 
mas  convenga  y  fuere  servido. 


Ubidiente  hija  de  Vuestra  Hagestad, 
La  Princbsa. 


CXIV. 


L  EMPEREUR  A  JUAN  TAZQUEZ. 

Réponse  aux  leUres  de  Vasques  des  7  et  IS  février,  9  et  19  mars.  —  l\  appronve 
tout  ce  qui  a  été  fait  pour  envoyer  au  roi  des  secours  d* argent;  mais  il  voudrait 
qu'on  fit  plus  encore ,  si  c'élail  possible,  et  il  charge  Vasques  de  stimuler,  de 
sa  part ,  les  conseils  d'État  et  des  finances.  —  11  recommande  aussi  de  prendre 
les  dispositions  nécessaires  pour  que  les  places  du  littoral  soient  en  mesure  de 
résister  aux  attaques  de  la  flotte  turque ,  et  désire  que  le  conseil  examine  i*3 
ne  faudrait  pas  dès  à  présant  réclamer  le  concours  dea  grands ,  des  villes  «I 
des  prélats. 

Yuste,  95  ma»  i55& 


EL  Empebador.' 


Joan  Vazquez  de  Molina,  nuestro  secrelario  y  del  naestro 
consejo,  las  cartas  que  nos  escribisteis  à  7  y  1â  del  pasado,  9 
y  19  del  présente,  recebimos;  y  por  ellas  y  las  copias  de  las  que 


(  3S7  ) 

el  rey  ha  escrito,  y  otras  relaciones  que  habeis  enviado,  ha- 
bemos  entendido  los  avisos  que  se  tenian  de  todas  partes;  y  asi 
lo  conlinuaréis  de  lo  que  mas  se  ofreciere. 

Cuaoto  à  lo  de  los  200,000  ducados  que  se  provcyéron  al  rey 

por  cambio,  y  el  que  se  qnedaba  haciendo  de  los  600,000  sobr*el 

servicio  destas  certes,  y  los  200,000  que  llevô  Pero  Meoendez 

en  las  oeho  zabras ,  y  los  otros  600,000  ducados  de  contado  que 

quedaban  en  Laredo  con  lo  restante  de  la  armada ,  y  la  ôrden 

que  se  ha  dado  para  qu*estos  y  lo  qu*està  en  Sevilla  se  lleve  luego 

alla  y  vaya  junto  (i),  no  hay  que  decir  mas  de  habernos  pare- 

cido  bien  lo  que  acerca  de  todo  esto  se  ha  hecho ,  y  prevencion 

de  que  se  ha  usado  :  pero,  porque,  como  el  rey  scribe,  es  poca 

cosa  para  lo  mucho  que  alla  se  debe  à  los  Alemanes  y  merca- 

deres,  y  lo  que  ha  menester  para  sustentar  tan  grueso  egército 

como  ha  de  juntar,  es  menester  que,  usando  de  todos  los  medios 

y  espedientes  que  mas  convinieren ,  se  recoja  la  roayor  suma  de 

dineros  que  ser  pudiere,  y  se  le  provean  do  contado,  ô  por 

cambio,  como  mas  convenga ,  y  que  sea  con  brevedad  :  qu'es  lo 

que  mas  importa.  Y  aunque  soy  cierto  que,  entendiendo  lo 

macho  que  en  esto  va  al  rey,  por  hallarse  sus  cosas  en  los  tér- 

minos  y  ser  qu^estàn ,  y  el  rey  de  Francia  armado,  harân  los  del 

eonsejo  de  Estado  y  hacienda  el  esfueno  que  semejante  nece- 

sidnd  requière,  como  tan  buenos  ministros  y  criados  suyos, 

todavia  os  encargamos  que,  demàs  de  lo  que  les  envié  à  decir 

COQ  Luis  Quijada,  les  rogueis  mucho,  de  mi  parte,  que  asi  lo 

hagan ,  y  que,  demâs  desto,  se  tenga  mucha  cuenta  con  que  se 

provean  con  tiempo,  de  gente,  vituallas  y  lo  demâs  que  fuere 

neeesario ,  las  plazas  de  las  costas  y  fronteras  de  estos  reynos  y 

laa  de  Berberia ,  con  las  islas ,  de  manera  que  no  puedan  ser 

ofendidas  de  la  armada  turquesca,  pues  decis  que  viene,  y  tan 

pujante,  y  que  se  vea  si  sera  bien  hacer  desde  luego  el  apercibi- 

miento  gênerai  que  se  acosturobra  à  todas  las  ciudades,  grandes 


t^ 


(1)  Voy.  p.  307  et  509. 


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;  i.  ••»■ 


(  358  ) 

y  perlados ,  para  que  desde  luego  comiencen  é  apercebiree  y  ha- 
cer  las  diligencias  necesarias,  con  que,  hasta  tener  olra  érdea, 
no  levanlen  la  génie,  sino  para  que  se  gane  tiempo  y  puedan, 

siendo  menester,  enviar  su  socorro  con  brevedad 

I  DeYuste,à25demarçoi558. 

iff  Carlos. 

•»  •  ..  ..* 
r  ■ .  "> 

ïv    .  Por  mandado  de  Su  Magestad  : 


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Martin  db  Gaztelû. 


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I 


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(  359  ) 
CXV. 

L*ÉVÉQtJE  DE  PALENCIA  À  PHILIPPE  II. 

Rétolvlîon  te  Mioct  de  France  et  de  HoDgrie  d'aller  i  Badajos ,  peur  y  aToir  one 
•nlrevoe  avec  l'infante  de  Portugal.  —  Arriyée  dei  reines  en  cette  vîUe,  eu  l'in- 
fante se  fait  attendre  depuis  le  33  décembre  jusqu'au  17  janvier.  —  Tentatives 
infructueuses  de  la  reine  de  France  pour  engager  sa  fille  à  rester  avec  elle  : 
excuse  dont  se  sert  Tioftinte,  qui  fait  espérer  pourtant  que,  sous  prétexte 
d'an  pèleiinaffl  à  Guadalupe,  elle  viendra  rejoindre  sa  mère,  —  Départ  de  fin- 
fnnte,  comblée  de  cadeaux  des  deux  reinas.  ~  Départ  do  celles-ci  pour  Guadala- 
jara.  —  La  reine  de  France  tombe  malade  à  Talaveruela  ;  elle  meurt  après  neuf 
jours  de  souffrances ,  sans  avoir  pu  se  déshabiller  ni  se  mettre  au  Ut.  -  Fin  exem- 
plaire de  cette  princesse.  —  Sa  libéralité  envers  ses  serviteurs.  —  Elle  s'en 
remet  à  l'Empereur  touchant  |e  lieit  d«  son  enterrement ,  et  exprime  le  désir 
d'être  enterrée  auprès  de  lui.  —  Dépôt  du  corps  dans  l'église  de  Mérida  :  offices 
et  messes.  —  La  reine  de  Hongrie  se  rend  i  Tuste ,  où  l'Empereur,  pour  mieux  la 
eonsoler,  la  fait  loger  dans  son  habitation  avec  quatre  de  ses  femmes  ;  le  reste 
de  sa  suite  est  réparti  entre  Cnaeos  et  Jarandilla.  -^^  Séjour  qu'elle  fait  à  Ynste; 
entretiens  qu'elle  a  avec  TEmpereur  sur  le  lieu  où  elle  «e  fixera  ;  l'Iîlmporour  la 
persuade  avec  peine  de  s'établir  provisoirement  près  de  Valladolid.  — Son  dé- 
part de  Tuste  et  de  Jarandilla,  et  son  arrivée  è  Cigales.  —  Visite  qu'elle  rend  i 
In  princesse  et  an  prince ,  si  matinale  qoe  les  portes  du  pabis  étaient  k  peine 
ouvertes ,  quand  elle  s'y  présenta.  —  Soins  qu'elle  donne  à  la  guérison  d'une 
maladie  de  rœur  dont  elle  souffre  depuis  la  mort  de  la  reine  de  France.  —  Son 
intention  de  mener  une  vie  tout  à  fait  retirée. 

Cigales,  95  natt  1558. 

<].  R.  M**',  como  ya  hice  relacion,  después  que  no  se  pudo 
persoadir  à  la  sereniairoa  inhnta  de  Portugal  iiegaae  à  beaar  las 
mànos  al  Emperador  nuestro  sefior  y  à  las  cristianisima  y  serenf- 
sima  reynas  de  Francia  y  Ungrfa  en  Yustc  y  Jarandilla,  pares- 
ci6  à  Su  Magestad  debian  ellas  ir  à  Badajoz  à  verse  con  ella,  que 
no  quiso  entrar  mas  dentro  en  Castilla;  y  ansi  se  concerté;  y 
llegàron  las  reynas  à  aquella  ciudad  à  â3  de  diciembre;  y  aunque 
la  infants  habia  dicho  que  para  entônces  se  hailaria  alli ,  no  vino 
hasta  47  de  enero,  con  roucho  numéro  de  ac^mpafiamieuto  mas 


(  3G0  ) 

que  no  ibanios  con  las  reynas,  porque  todog  lod  seglares  de 
titulo,  à  quien ,  con  parescer  de  Su  Magestad,  ellas  y  la  princesa 
escribiéron  que  las  acompanasen ,  se  escusâron ,  y  aignnos  que  no 
le  hiciéron,  después  faltâron.  El  coroendador  mayor  de  Alcàntara 
y  Juan  Velazquez  d'Avila,  y  Juan  de  Ghaves,  y  otros  particolans 
de  Estremadura ,  sirriéron  bien  y  con  muy  buena  volunlad. 

Estuviéron  en  aquella  ciudad  junctas  todas  très  SI  dias,  ea 
que  la  reyna  de  Francia  procuré  persuadir  à  su  hija  quedase  en 
su  compania  ;  y  no  lo  acabô ,  porque  la  infanta  se  eseusé,  diciendo 
que  habia  prometido  de  volver  à  Portugal,  y  que  tambien ,  pan 
asentar  sus  cosas,  ténia  dcllo  necesidad,  pero  que,  asentadas,  se 
lo  haria  saber,  para  que,  con  color  de  venir  en  romeria  â  Gnada- 
lupe,  se  viesen  y  efectuase  lo  que  niandaba. 

Parliôse  de  Badajoz  en  7  de  bebrero  à  Portugal ,  may  llenade 
joyas  que  su  madré  y  algunas  su  lia  la  diéron ,  que  estimaban  en 
200,000  ducados,  y  las  reynas  camino  de  Guadalajara  à  10  del 
mesino;  y  fuéron  â  dormir  6  Talaveruela,  très  léguas  de  Bada* 
joz ,  adénde  la  cristianisima  reyna  de  Francia  llegé  indispuesta  de 
asma  y  calentura  tal  que,  sin  poder  pasar  de  alli,  estuvo  nuere 
dias  enferma,  sin  poderse  desnudar  ni  echar  en  cama,  porque ei 
asma  no  çufrié  otra  cosa,  la  quai  cresciô  en  tanta  maoera  que 
ni  beber,  ni  aun  resollar,  sino  con  gran  dificultad,  la  dejaba;  y 
ansi  fallesciô  al  noveno  de  su  enfermedad  (1). 

Fué  su  fin  muy  bendito  y  egemplar,  porque  fué  moy  grande 
el  cuidado  que  tuvo  de  ordenar  su  anima  y  recibir  muy  à  tiempo 


(1)  Dans  une  lettre  du  10  février  à  Juan  Vazquez,  D.  Sancho  de  Coniora 
donne  à  entendre  que  le  chagrin  de  n^avoir  pu  déterminer  sa  fille  à  rester  avec 
elle,  fut  la  principale  cause  de  la  maladie  de  la  reine:  «  La  reina  crtstianisûna 

•  se  tiene  por  cierto  que  â  esta  hora  habrâ  acabado  sus  dias,  y  su  bija  uo  mal 
o  negocio ,  en  ser  causa  de  eUo ,  que  verdaderamente  se  puede  créer  que  su 

•  vuelta  â  Portugal  es  la  principal  que  la  mata.  • 

Dans  une  autre  lettre,  du  33  février,  il  s^exprime  en  termes  énigmatiquessnr 
le  résultat  de  sa  négpociatiop  en  Portu^^al  :  «  Si  sucediô  mal,  dit-il,  no  es  mia 
I»  ni  de  Su  Magestad  la  culpa,  sino  de  quien  lo  pidié  y  puso  en  ello,  y  as  le 
»  ha  pef^ado » 


(  3G1  ) 
lo8  santisimos  sacramentos,  y  la  determinacion  de  conformarse 
con  la  divina  voluntad,  ofresciendo  à  Dios  continuatnente  su  vida 
con  gran  conlentamiento. 

Testé  largo  en  favor  de  sus  criados,  porqne,  alicnde  de  otras 
mandas  particulares  que  les  hizo ,  ordenô  que  todos  los  que  al 
présente  la  sirvian  gozasen  dos  anos  por  entero  de  sus  quita- 
ciones,  y  que,  pasados  aquellos,  los  que  hubiesen  très  resididos 
en  su  servicio,  llevasen  por  todasu  vida  la  meitad  de  su  salarie, 
y  los  que  ocho,  le  llevasen  por  entero  (i). 

En  el  testamento  que  an  tes  ténia  hecho,  mandaba  la  enterrasen 
en  el  lugar  donde  fallesciese,  humilde  y  llanamente,  y  sin  pompa; 
y  con  mucha  dificultad  se  pudo  acabar  con  ella  que,  porque 
aquella  aldea  no  era  para  enterrarla,  dejase  lo  de  su  enterra- 
iniento  a  voluntad  del  Emperador  nuestro  senor;  y  ansl  lo  hizo, 
snplicàndole  fuese  servido  que,  pues  ella  en  vida  habia  deseado 
eslar  en  su  coropania,  tuviese  por  bien  que  su  cuerpo  se  enter- 
rase  donde  el  de  Su  Magestad. 

Y  con  esto  Su  Magestad  mandé  que  yo  fuese  con  las  casas  de 
entrambas  à  Mérida  â  depositar  el  cuerpo;  y  ansi  se  hizo,  y  enterré 
en  la  yglesia  de  aquella  ciudad,  haciendo  los  oficios  una  tarde, 
y  otro  dia  à  la  manana ,  con  toda  devocion  y  la  dccencia  que  con- 
vino,  con  numéro  de  clercjia  y  religiosos;  y  se  ordené  que  todo 
el  aiio  se  dijese  cada  dia  una  misa  solemne  y  otras  muchas  reza- 
das,  y  se  repartiese  limosna  en  aquel  pueblo. 

Otro  dia  después  del  depésito  y  entierro,  llegé  h  aquella  ciu- 
dad la  reyna  de  Ungria,  y  sin  entrar  en  ella  vino  à  corner  dos 
léguas  desla  parte,  y  de  alli  caroiné  hasta  Yuste,  adénde  Su 
Magestad,  para  mejor  consolarla  y  regalarla,  habia  mandado 
hacerle  el  aposento ,  en  el  quai  quedé  con  solas  cuatro  mugeres  ; 


(1)  D.  Sancho  de  Cordova,  écrivant  le  3  mai  à  Juan  Vazquez,dit,  d^unc 
nBanîère  plus  explicite,  que  la  reine,  dans  son  testament,  fit  plus  pour  ses 
serviteurs  que  pour  sa  fille,  mais  que  la  faute  en  fut  à  celle-ci  :  «  La  reina 
m  crîstianisiroa  dispuso  de  sus  bienes  en  provecbo  de  sus  criados,  mas  que  de 
a»    sa  bija;  pues  Su  Alteza  tuvo  la  culpa,  no  hay  de  que  tener  pena  por  ello...  » 


(362) 
j  alguDOB  pocoa  otros  nos  loandA  quedar  en  Qaacos,  y  à  loi 
(lemàa  ir  â  Jarandilla. 

Estuvo  cuatro  dias  en  Yuste,  eu  que  tracU  de  su  asiento  para 
adelante,  y  donde  habia  de  estar,  en  tanto  que  aquel  se  deter- 
tninaba  ;  y  no  con  poca  dificultad  ia  persuadià  Su  Hagestad  qoe 
viniese  à  Valladolld ,  dicîéndola  que  al)l  estaba  en  œejor  comam 
para  el  curoplimienlo  de]  lestamentu  de  su  hermana,  y  en  las 
caries  podria  ayudar  à  la  princesa  â  haber  mayor cuantidad  para 
las  cosas  del  servicîo  de  Viiestra  Magestad,  que  es  una  de  las  cosas 
que  entiendo  ella  mas  desea  en  esta  vida.  Y  Gon  esto ,  y  con  ecpe- 
rar  que,  si  ella  y  la  princesa  escribiesen  i  Su  Hageeud  impt^- 
taba  para  este  efecto  salir  à  ellas,  lo  haria,  se  persuadïô  à  venir 
Aesta  tierra,  porque,  aunque  esta  salida  tengo  por  dîGcultosa,  ella 
muestra  tener  sperania  délia. 

Para  ordenar  supartida,sevino  âjarandilla,  de  donde  toIvî6 
à  despedirse  de  Su  Hagestad  h  11  del  présente;  y  otro  dis  se 
partie,  y  Uegô  à  este  pueblo  A  93 ,  y  el  siguiente  Tué  â  ver  à  la 
princesa  y  principe,  y  tan  de  maftana,  que  apenas  estaban  en 
Valladolld  abiertas  las  puerlas  de  palacio  que  Wegù;  y  luego  sf 
volviA  aquella  tarde. 

Entîende  en  curarse  de  una  indisposicion  que  la  ha  dado  al 
corazon  después  del  fallescimiento  de  la  reyna,  y  esta  delemit- 
nada  de  tomar  asiento  donde  pueda  vivir  vida  muy  privada  y  de 
rancho  recogimiento  y  quietud,  porque  de  todo  lo  demis  dîc« 
que  ha  dias  tieoe  hastio. 

El  Emperador  nuestro  seiior  quedô  con  buena  disposicion , 
aonque  flaco  de  la  gota  que  faabia  tenido.  Nuestro  Seiior  goarde 
la  catôlica  y  real  persona  de  Vuestra  Magestad  â  bu  sanlo  serricio 
y  bien  universal  de  su  repâblicacrisliana  por  largos  y  bien  aven- 
turados  anos,  como  sus  vasallos  y  criados  deseamos  y  beroos 
menester. 

De  Cigales,  3â  de  man»  de  ISSS. 

De  V.  C.  R.  H"'  humil  vasallo  y  indigna  cHado,  que  sus  maDOi 
besa, 

El  Obispo  de  Palencu. 


(  363  ) 


CXVI. 

LE  DOGTBUR  MATHTS  A  JUAN  VAZQUEZ. 

Etat  dm  \m  «Até  de  TEaipereur ,  qui  prend  ta  médeciiM  ordinaire ,  et  %*tm  trouve 
bien.  —  Observations  sur  son  appétit  :  Mithys  eraint  bien  plus  de  le  voir 
manger  trop ,  que  trop  peu.  —  Démangeaison  aux  jambes  :  Mathys  la  trouve 
plutôt  favorable  que  nuisible,  l'expérience  ayant  prouvé  que,  lorsque  l'Empereur 
n'en  souffre  pas ,  il  a  un  autre  mal  plus  dangereux. 

Tiiste,  97  mars  1558. 


Huy  ilustre  senor ,  por  carta  mia  de  quince,  y  por  lo  del  senor 
Luis  Qaijafla,  Vuestra  Seûoria  habrâ  entendido  la  dispusicion 
de  Su  Mageslad ,  la  quai ,  à  Dios  gracias ,  es  en  lo  mismo  ser  y 
mejor,  sîno  que  ayer  Su  Magestad  se  purgé,  por  preseryarse,  con 
purga  ordinaria ,  y  hâle  socedido  muy  bien ,  porque  hizo  très 
muy  grandes  càmaras  ayer,  y  esta  manaua  otra  de  muy  hediondo 
horoor.  Ayer,  como  à  dia  de  purga,  comié  poco,  pero  boy  ha 
comido  niejor,  aunque  no  con  tanto  apetito  con]oàntes;y  todo 
esto  no  es  sino  bueno,  porque  hay  mas  peligro  de  demasiado 
que  de  poco.  Quanto  à  lo  demâs,  Su  Magestad  hàllase  con  buena 
dispusicion ,  segondo  su  costumbre;  y  aunque  tenga  trabajo  por 
la  eomezon  de  las  piernas,  todabia  aquello  mas  es  provechoso 
que  danoso ,  porque  vemos  cada  dia  por  esperiencia  que,  cuando 
le  falca  la  eomezon ,  luego  tieneotro  mal  mayor  y  de  mas  peligro  : 
plegue  à  Muestro  Senor  que  sea  para  mas  salud,  y  para  tan  cum- 
plida  como  todos  deseamos  y  hemos  menester 

De  Yuste,  à  27  de  roarzo. 

Henriqub  Mathisio. 


S"/*^' 


.^ 


7  ' 


(  564  ) 


CXVII. 

l'bMPRRBUR   à  JUAN  YAZQUEZ. 

RéponM  à  la  loltr*  de  VaiqiiM  du  fS  n«n.  —  Il  troiiv*  bien  toat  ce  qw  a  cte 

rétoitt  sur  U  lettre  du  roi. 


Yttste,97  mars  1558. 


El  Ehperadob. 

Joan  Vâzquei  deMolina,  nuestro  secretario  y  dd  nuesUro  ooa* 
sejo,  antier  os  escribi,  respondiendo  à  vuestras  captas;  y  do- 
pués  recibi  la  de  23  deste,  y  oi  à  la  letra  las  relaciones  que  ooa 
ella  viniéron  de  los  puntos  de  la  caria  del  rey  de  10  del  pasado, 
que  habiamos  ya  visto ,  y  de  la  resolucion  que  sobre  cada  cosa 
se  ha  tomado  :  que  nos  ha  parecîdo  todo  ello  bien ,  y  asf  los  me- 
dios  que  apuntan  los  del  consejo  de  Yndias  para  haber  dinero,  v 
de  que ,  .nntes  que  se  use  dellos ,  se  consulte  cou  mi  hijo,  por  las 
causas  que  parecen  :  à  que  no  hay  que  decir,  sine  tener  par 
cierto  que  en  todo  se  usarâ  de  la  dillgencia  que  conviene,  y  que 
los  del  consejo  d*Eslado  y  hacienda  haceis  en  ello  le  que  cod- 
flamos  :  de  que  Luis  Quijada  nos  ha  avisado.  Sobre  que  me  ha 
parecido  escribir  à  la  princesa  lo  que  veréis,  para  que  de  mi 
parte  les  dé  las  gracias  por  ello  (1) 

De  Yuste ,  à  37  de  marzo  de  1 558. 

Carlos. 

Por  mandado  de  Su  M agestad  : 

Martin  de  Gaztelu. 


(1)  Voy.  cette  lettre  à  la  princesse  dans  le  1. 1'',  p.  987. 


(  565  ) 


CXVIII. 

LE  DOCTEUR  MATHYS  A  JUAN  VAZQUEZ  (1). 

Amélioration  progressive  de  la  aaulé  de  l'Empereur.  —  Matbys  espère  qu'il  n'aura 
pas  besoin  de  prendre  de  l'eau  de  bois  des  Indes,  ni  de  la  salsepareille. 

Yuste,  81  mars  1658. 


Muy  ilustresenor,  Vueslra  Senoria  habrâ  entendido  el  suceso 
delà  purga,  y  como  Su  Magestad,  à  Dios gracias,  estaba mejor. 
Agora  le  digo  que  la  niejoria  va  cada  dia  cresciendo ,  y  espero  no 
ternémos  menester  del  agua  del  palo,  ni  de  la  zarzaparrilla...... 

De  Tuste ,  â  3i  de  niarzo  i  558. 

Hbnrique  Mathisio. 


(1)  Le  4  avril,  Mathjrs  écrit  encore  à  Vaxquez  que ,  chaque  jour ,  la  santé  de 
TEmpereur  va  en  s'améliorant  Le  25  du  même  mois,  il  lui  mande  qu^elle  est 
telle  qu^il  n*y  a  qu*à  supplier  Dieu  de  la  maintenir  en  cet  état.  Il  ajoute  qu'il 
croit  inutile  désormais  d*écrire  aussi  souvent  à  Vazquex. 


(  366  ) 


CXIX. 

L*EMPEREUR  A   PHILIPPE   II  (1). 

Il  attend  avec  désir  des  réponses  du  roi  à  plusieurs  de  ses  lettres  :  il  a  été  jojeui 
d'apprendre  son  rétablissement.  —  Mort  de  la  reine  de  France  à  Talarenida; 
dépôt  de  son  corps  à  Mérida.  —  Venue  à  Yuste  de  la  reine  de  Hongrie,  qui  con- 
munique  à  l'Empereur  ses  projets  et  ses  inteatiens.  —  Il  charge  Quijada  des 
conférer  avec  la  princesse  dona  Juana.  —  Il  en  prévient  d'avance  le  roi,  poar 
qu'il  soit  averti ,  mais  en  lui  demandant  le  secret ,  la  reine  se  défiant  déjà  de  loi; 
et  toutefois  il  le  prie  de  faire  pour  la  reine  tout  ce  qu'il  pourra.  —  Mission  dont 
il  a  chargé  le  père  Francisco  de  Borja  auprès  de  la  reine  de  Portugal  :  droits  do 
prince  D.  Carlos  à  la  succession  de  ce  royaume;  pratiques  4e  rambassadeerde 
France ,  pour  le  mariage  d'une  fille  de  son  roi  avec  le  roi  don  Sél>aslieii;  préfe- 
rcnce  à  demander  pour  une  des  filles  du  roi  de  Bohême;  venue  en  GastîHe  deb 
princesse  Marie. — Retour  de  Borja ,  qui  rend  compte  à  l'Empereur  des  réponses 
de  la  reine.  —  L'Empereur  le  charge  de  communiquer  le  tout ,  à  YalkHiolid ,  à  la 
princesse  dona  Juana.  —  Il  engage  le  roi  à  faire  dès  à  présent  des  ouvertor»  ai 
roi  de  Bohême ,  pour  le  mariage  d'une  de  ses  filles  avec  D.  Sébastien.  —  Offre 
de  dona  Juana  d'élever  la  jeune  princesse  auprès  d'elle.  —  Ce  qu'elle  réponds 
l'Empereur  sur  le  fait  de  la  régence  de  Portugal,  en  cas  de  mort  de  la  reine. 
—  Recommandations  en  faveur  de  D.  Juan  Hurtado  de  Mendoza  et  de  D.  SaDcbo 
de  Gordova.  —  Post-scriptum  autographes  :  attaques  de  goutte  dont  TEmpereir 
a  souffert ,  et  qui  ne  lui  ont  pas  permis  d'entendre  un  seul  sermon ,  de  t<mt  le 
carême;  soins  qu'il  se  donne  pour  que  le  roi  soit  pourvu  d'argent;  plaiates  di 
conscnl  d'Espagne  à  cet  égard  ;  affaire  de  la  reine  de  Hongrie ,  qui  Ta  oonjaré  de 
ne  pas  lui  être  défavorable;  D.  Juan  4e  Mendoaa  et  D.  Sanefao  de  Goidara; 
peine  que  lui  ont  causée  les  nouvelles  des  Pays-Bas;  espoir  que  le  roi  aura  pris 
les  dispositions  nécessaires  pour  remédier  au  mal  ;  pension  de  la  reine  de  Bohêaie. 

Yuste,  31  mars  et  7  avril  1558. 


Hijo,  algunas  cartas  os  he  escrito,  y  estoy  aguardando  coa 
deseo  à  la  persona  que  habiades  d'enviar,  que,  segun  lo  que  habeis 


(1)  On  lit,  au  «los  de  cette  lettre,  de  la  main  de  Philippe  II  :  «  Eraso,  des- 
•  pues  que  ayais  visto  estas,  volvédmelas,  para  que  las  responda  de  w 


(  367  ) 

avisado,  va  no  pnede  tardar ,  con  qiiien  espero  me  satisfaréis  à 
todo  cnmplidamente.  Y  por  lo  qne  refiriô  uno  que  ultiroameDte 
TÎno  por  jornadas  dessa  corte,  con  quien  escribistes  à  los  10  del 
pasado,  s'enteDdiô  que  habiades  estado  mal  dispuesto,  pero  que 
qnedàbades  libre  y  con  salud  :  de  que  cuanto  me  pesé  de  lo  uno 
bolgué  de  lo  otro;  y  aunque  à  mi  me  ha  ido  tan  mal  délia,  este 
tnviemo,  como  habréis  sabido,  todavia  de  algunos  dias  à  esta 
parte  me  hallo  en  mejor  dispusicion ,  gracias  à  Nuestro  Senor ,  en 
quien  espero  que  con  la  templanza  de  la  primavera  me  la  con- 
tintiarû. 

Ya  habréis  entendido  como,  después  de  haber  venido  las  rey- 

nas  mis  hermanas  â  Xarandilla ,  y  tenido  muchas  demandas  y 

respuestas  con  la  infanta  dona  Maria  sobre  su  venida ,  se  tomô 

por  medio  que  se  viesen  en  Badajoz ,  y  que ,  después  de  haberlo 

liecfao,  yTuéltose  la  infanta  à  Portugal,  y  parlidose  las  reynas 

para  proseguir  su  camino  h  Geadalajara ,  adoleciô  la  de  Francia 

en  Talaveruela,  de  manera  que  le  convino  quedarse  en  ella, 

dende,  después  de  haber  ordenado  sus  cosas  y  recebido  los  sacra- 

mentos,  falleciô  à  los  18  del  pasado,  con  tanto  acuerdo  y  tan 

como buena  cristiana  que,  segun  medijo  LuisQuiiada,  à  quien 

habîa  enTÎado  para  que  de  mi  parte  la  visitase,  y  se  hallô  présente, 

filé  mas  de  habelle  envidia  que  làstima  :  lo  quai  senti  cuanto  es 

razon ,  por  el  grande  y  particular  amor  que  ambos  nos  tovimos 

stempre.  Y  faabîéndose  depositado  su  cuerpo  por  agora ,  hasta  que 

oiracosaseacnerdcen  Mérîda,  qu'esta  cerca  de  alli,  vino  la  reyna 

jKpii,  no  muy  bien  dispnesta,  porque,  después  de  la  muerte  de 

sa  hermana,  le  lia  vuelto  su  mal  de  corazon;  v  habiéndola  man- 

dado  tposentar  en  este  monasterio,  porque  con  mas  comodidad 

nos  puéièsemos  comunicar,  me  di6  razon  de  la  enfermedad  de 

la  reyna,  y  de  quan  bien  acabé  y  ordené  sus  cosas,  y  junto  con 

este  del  fin  quella  ténia,  y  de  lo  que  deseaba,  pidiéndome  pare- 


mano  •  (Eraso,  après  que  vous  aurez  vu  celte  lettre,  renvoyez-la  moi,  pour 
que  Xj  réponde  de  ma  main). 


(  308  ) 

cer  en  todo.  Y  demâs  de  habelle  satisfeeho  â  elto  y  à  lo  que  me 
envié  à  dccîr  por  terccra  persona,  y  ofreciéndose  la  ida  de  Luis 
Quixnda  à  su  casa,  con  mi  licencia,  para  ordenar  sus  cosasy 
traer  à  su  niuger,  le  di  parte  de  todo  ello,  para  que  de  camino 
la  dièse  de  la  mia  à  la  princesa,  como  veréis  por  la  copia  de  la 
relacion  queél  hizo  y  llevé  dello,  para  su  memoria,  que  va  ood 
esta  (i).  Y  partido  que  se  hobo  de  aqui  à  los  il  àesie,  que  fué  el 
mismo  dia  que  la  reyna ,  dejé  ella  al  consejero  Micault  y  à  su 
tesorero  Rugier ,  para  que  me  mostrasen  la  carta  que  ella  os  ténia 
escrita;  y  visto  que  lo  que  con  ténia  era  bien  diferente  de  lo  qae 
me  habia  comunicado  y  en\iado  à  decir,  escribi  luego  à  Luis  Qoi- 
jada  lo  que  veréis  por  la  copia  de  la  mia  que  tambien  va  aqui  (â), 
para  que  la  mostrase  à  la  princesa  con  lo  demàs,  como  lo  hizo.  Y 
aunque  se  que  la  reyna  os  habrà  escrito  y  escribira  sobr  estas 
cosas  lo  que  veréis,  no  he  querido  dejar  de  preveniros  desto, 
pero  no  para  que  entienda  nadie  que  lo  liago ,  y  asi  os  lo  niego  • 
porque,  si  viniese  à  saberlo,  como  me  tiene  por  sospechoso,  peu- 
saria  que  en  no  haciéndose  todo  lo  que  quiere,  soy  yo  la  causa, 
y  por  escusar  otros  inconvenientes  que  dello  podrian  nacer,  sioo 
para  que  lo  veais  y  hagais  en  ello  lo  que  os  parecicre,  teniendo 
fin  à  contentalla  y  agradalla  en  lo  que  buena  y  justamente  bo- 
biere  lugar,  segun  vuestras  necesidades. 

Ya  sabréis  lo  que  los  dias  pasados  os  escribi  sobre  la  ida  dd 
padre  Francisco  a  Portugal  (5).  Y  lo  que  demàs  de  aquello  hay 
que  decir  es  que,  habiendo  venido  aqui,  le  mandé  que,  allende 
de  visitar  la  reyna  mi  hermana  de  mi  parte,  le  dijese  las  ooas 
que  habia  entendido  se  decian  en  aquel  rey no  sobre  lo  de  la  suce- 
sion  del  principe  mi  nieto,  y  la  dispensacion  del  rey  D.  Manuel 
con  la  reina  dona  Maria,  en  qu*el  cardenal  de  Viseo  me  haUô 
como  os  dije,  poniendo  duda  de  no  ser  bastante,  y  el  impedi- 


(1)  Voy.  p.  557. 

(2)  Voy.  p.  532. 

(5)  Voy.  p.  253  et  255. 


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s  (  369  ) 

lueoto  que  por  esta  causa  babia ,  lo  cual  siendo  asi ,  el  rey  1).  Joan 
y  sus  hermanos  y  los  demàs  no  podràn  preleoder  el  reyno,  y 
que,  porqnc  asimismo  decian  qu'el  embajador  do  Francia  que  en 
aquella  sazon  babia  ido  à  residir  en  aquella  corte ,  Ueyé  couiision 
de  Iractar  casamiento  entre  una  bija  del  rey  su  amo  con  el  rey 
D.  Sébastian  mi  nieto ,  que  tambien  le  dièse  à  entender  que  me 
parecîa  séria  bien  qu  este  fuese  con  una  de  sus  hijas  de  la  reyna 
deBohemia  yuestra  hermana,  cual  pareciese,  y  que,  efectuàndose, 
se  podria  traer  à  aquel  reyno,  para  que  se  criase  en  él  basta  que 
fuese  de  edad,  y  que  procuraso  d'encaminar  la  venida  de  la  in» 
fanta,  paraestar  con  su  madré,  porque,  aunque  en  vida  del  rey 
bice  instancia  en  ello,  por  dar  contentamiento  à  la  reyna  su 
madré,  visto,  después  de  la  muerte  del  rey,  que  lo  que  yo  pensé 
que  era  muy  secreto  que  babia  dicbo  el  dicho  cardenal ,  es  tan 
pùblico  en  Portugal,  y  que  esto  babia  beebo  levantar  los  pies  à 
lainfanta,  para  persuadirse  â  créer  algunas  cosas  que  no  debria, 
me  pareciô  que  era  mas  conviniente  su  venida ,  por  quitar  estos 
embarazos;  y  habiendo  el  dicho  padre  Francisco  propuesto  lo 
eobredicho,  volviô  aqui,  y  me  diô  cuenta  dello,  y  de  su  viage, 
y  de  lo  que  la  reyna  le  respondié ,  que  es  : 

Que,  en  lo  que  toca  à  la  dispensacion  del  rey  D.  Manuel  con 
la  reina  dona  Maria,  es  bastante,  y  que  no  tiene  ella  duda 
ninguna; 

Mi  tampoco  en  lo  de  la  sucesion  del  principe  D.  Carlos  mi 

nieto,  por  estar  muy  claro,  y  que  asi  lo  tienen  todos  entendido, 

j  que  dentro  de  pocos  dias  se  publicarà  la  pregmàtica  que  so- 

br  éllo  estaba  bêcha  y  aprobada  por  los  del  consejo;  y  aunque  ha 

que  pasé  esto  câsi  cuatro  meses,  no  se  que  se  baya  hecho,  y  que 

solamente  paraban  en  lo  de  la  sucesion  de  las  bijas,  cuya  decla- 

racion  habia  cometido  â  dos  consejos,  para  mayor  satisfaccion 

de  todos,  aunque  ella  diz  que  no  tiene  duda  sino  que  sea 

d*eiitender  lo  que  toca  à  ellas  como  lo  de  los  bijos ,  pues  qu'esto 

haee  poco  al  caso  por  agora  :  pero  es  bien  qu'esté  declarado 

par  adelante; 

Y  que,  en  lo  del  casamiento  de  la  bija  del  rey  de  Francia,  no 
Tome  11.  24 


(  570  ) 
se  te  babia  propoesto  nada  ^  y  que ,  en  èl  de  la  rejna  de  Behemit, 
le  babia  parecido  bien ,  y  asi  que  se  traiga  à  aquei  reytio  j  se  ene 
en  él ,  COQ  que  aea  de  la  tnisma  edad  6  poca  mas  qoe  et  rey. 

Y  en  cnanto  à  le  de  la  dispensadon  y  sùiiesion,  le  répliqué, 
para  qu'él  aeio  escribiese  à  la  reyna,  confortnàDdome  con  sa 
voluntad,  y  que,  pues  estaba  satîsfecba  en  lo  que  loea  à  este, 
tambien  lo  estaba  yo,  sin  decir  que  se  hîdese  otra  diligeiicia, 
pareciéndome  que  en  cosas  d'esla  calîdad  es  peor  cnanto  mas  ae 
tratan ,  y  que  en  lo  del  ca<«niîento  os  avSsarîa  dello ,  para  que 
vos  lo  tratàsedes.  Y  asi  sera  bien  qne  lo  bagais  y  veais  la  peraoaa 
que  lo  debe  hacer,  eseribiendo  à  los  reyes  mi  hermaBo  y  Ujeft, 
para  que  lo  Tean  y  platiquen  con  cual  de  las  bi}a8  ba  de  ser,  y 
0011  que  condiciones,  para  que,  entendido  todo,  se  vea  lo  que  eo 
elle  se  debe  y  poede  baoer  :  de  que  me  avisâtes. 

Sft^todo  lo  ctwl ,  y  \o  que  mas  me  refirié  de  parle  de  la  rqnu 
sobre  lo  qpe^eUa  babia  irabajado  y  eneamînado  la  Tenîda  de  h 
infenU,  siii  bàbar  podido  hacer  mas,  escribi  à  la  priacesi, 
remitiéndome  al  dictM^^re  Francisco ,  para  que ,  p«es  iba  à 
Valladolid ,  le  dièse  cuentâ^da  todo  ;  y  respondiéodome  â  lo  de  h 
bija  de  la  reina  de  Bohemia,  m^seribe  que^  en  eaeo  «fo^esto  « 
efectkie,  b<jlgarta  mncbo  de  criarîar^  t«n««^te  e»  »«  compaiiia 
para  su  contentamiento,  aunqne  es  dè^^^^f^  V^^  *•  rcyiia  pra- 
tenderà  lo  mismo.  v 

Vkto  que  la  reyna  de  Portugal  mi  bernaÇM'  eakrvo  los  dîas 
pasados  mala,  aunque  brevemeote  qnedô  Mw*»  envié  à  d«if 
coB  Luis  Qoipda  h  la  princesa  q«e  ntînise  en>^  se™  ™^  f* 
se  le  escribiese ,  ô  que  se  lo  dijese  eOmo  de  so^  ^  embajsiw 
Di  Joa»  de  Mendoca  de  Hibera,  que,  en  caso  qnrf^^î"»*  "* 
faltar,  si  convendria  que  la  nombrase  ântes  por  golç^™***"™  ■• 
aquei  reyno;  la  cual  me  ha  respondtdo  que  no  convie*®*  7  ^^ 
sin  que  eUa  lo  haga,  le  pertenece  directamente,  m  V^  ^^ 
personas  en  aquei  reyno  que  le  avnarân  de  todo  enandl^^^'^ 
el  caso.  Pero  todavia  me  parece  que  lo  débets  ver,  j^^'*^»*' 
con  tiempo  lo  que  conviene  para  en  todos  casos,  por  si^^*"^ 
denal  toviese  algun  fin  en  lo  que  toca  &  eato. 


r 


(371) 

Estaado  las  reynas  en  Xarandill^ ,  y  ballândose  tan  éncargadas 
de  D.  Juan  Hurtado  de  Mendoxa  (1) ,  por  )o  qne  ha  servido  en 
este  negocio  de  la  infante,  me  enviârôn  à  pedir  totiese  pôr  bien 
d^escribiros  en  su  favor,  para  que  lé  hiciésedes  merced  en  lo  qne 
resaltase  d^esta  consulta  de  la  Yglesia,  y  no  lo  hice  etiténces, 
por  estar  con  la  gota;  pero  envîéles  à  d<%ir  qiiè  os  ^cribiesen 
ellas,  y  que  yo  lo  baria  en  estando  para  ello.  Agora,  al  tiempo que 
la  reyna  de  Ungria  se  devpidiô  de  mi ,  me  volvié  à  htUar  so- 
br'esto,  y  para  que  haga  lo  mîsmo  por  D.Sancho  de  G<^rdoba,  que 
ha  estado  en  Portugal  é'ntèndiendo  en  lo  sobredicbfo,  y  suptica 
por  utia  encomtenda  de  las  que  estàn  Tacas.  Y  aunquè  èstoy  tan 
fliera  de  escribir  por  nadie,  como  débets  saber,  todavia,  po^ 
haber  dicho  que  lo  haria  sohfesto,  he  qnerido  bacef  esfos  ren- 
glones,  reinitiéndoos  16  que  ambos  pretèïiden,  para  que  \(f  véafs, 
y  hsrgais  en  ello  lo  que  os  pareciefe.  T  Nuestro  Senor,  etc. 

De  Yuste,  k  3i  de  màfzo  de  1558. 

De  la  main  de  Œmpereur, 

Hijo,  ya  avréis  sabido  como  la  gotta  me  ha  tratado;  y  aunqœ 
DO  ba  sido  ianto  tiempo  ni  -con  lantos  acidentes  como  cuando 
alla  estaba,  todavia  ha  sido  mucho  mas  qu^elano  pasado,  porque^ 
desde  lantos  de  BOYÎembre  hasta  pocos  dias  ba ,  me  ha  dado 
1res  veces,  y  muy  recio ,  y  me  ba  tenido  muchos  dias  en  la  cama* 
y  he  estado,  hasta  pocos  dias  ha,  tan  trabajado  y  flaco  que  en  toda 
esta  quaresma  no  he  podido  oir  un  sermon.  Y  esto  es  la  causa 
porque  no  os  escribo  esta  de  mi  mano,  y  porque,  como  no  tengo 
aun  respuesta  de  lo  qoe  os  tengo  escrito,  ni  me  huelgo  de  en- 
tender  acâ  en  muchos  negocios,  no  se  sobre  que  os  escrebir;  y 


(  I  )  B.  Jaan  Hurtado  de  Mendoxa  fut  un  des  diplomates  les  plus  illustres  de 
ce  temps.  Il  avait  servi  TEmpereur,  peodant  douze  ans,  au  concile  de  Trente  ^ 
à  Rome,  dans  les  ambassades  de  Venise,  Flandre  et  Allemagne,  sans  parler 
d'autres  affaires  importantes  auxquelles  il  avait  été  employé. 


1 


(572)" 

pues  de  uno  solo,  en  el  quai  os  sirvo  desde  aqui  de  soliciudor, 
qu'es  para  que  os  provean  de  dioero,  veréîs,  por  lo  que  vuestra 
hermana  os  escribe,  como  lo  hacen,  y  como  se  quejan  que  en 
algunos  medios  donde  pensaban  sacarlos  se  los  quitais ,  yo  creo 
que  cou  todo  esto  no  os  escribiera  esta,  hasta  la  llegada  del  que 
enviais,  si  no  fuera  por  averse  alravesado  esto  de  la  reyna  de 
Hongrfa ,  de  que  os  envio  las  copias ,  por  las  quales  veréis  lo 
que  debeis  de  bacer  en  ello;  y  no  digo  mas,  porque  ella  me  faa 
conjurado  que  no  escribiese  en  su  disfavor.  Tambien  os  escribo 
en  lo  de  D.  Joan  de  Mendoza  y  de  D.  Sancho  de  Cérdoba.  Ta 
habréis  entendido  como  se  han  habido  en  sus  cargos,  y  lo  que 
merecen  :  à  lo  cual  me  remito.  Tampoco  os  escribo  sobre  bs 
cosas  que  por  alla  an  sucedido ,  porque  todo  lo  que  yo  podria 
decir  séria  fuera  de  tiempo  y  de  prop^sito  ;  solamente  os  dire 
que  hasido  cosa  que  ianto  alarma  y  desasosiego  me  ha  dado,conio 
pudo  bacer  ninguna  de  las  que  yo  tuve  de  la  venida  dd  rey  de 
Francia,  quando  yo  fui  en  Namur,  y  de  todo  lo  que  àntes  y 
despuës  de  aquello  sucedié.  Yo  confie  que  habréis  dado  la  mqor 
ôrden  que  ser  pudiere  para  remediar  à  tantos  trabajos  y  incoo- 
venientes  que  dello  pudiera  suceder,  y  que,  si  teneis  liempo  de 
annaros,  que  no  solamente  le  resistîréis,  mas  haréis  mejores 
efectos  que  hiciéredes,  si  el  rey  de  Francia  os  dejara  en  tal 
tiempo  tan  pacifico  que  os  volviérades  acà  àntes  dél.  Dios  asi  lo 
quiera,  y  ordene  como  conviene  à  su  servicioy  al  bien,  honra  y 
repose  que  os  desea  vuestro  buen  padre, 

Carlos. 

Autre  po8t-seriptum  de  la  main  de  Œmpereur. 

Acuérdoos  veays  si  séria  bien  que  lo  que  librays  cada  ano 
ahy  à  la  reyna  de  Bohemia,  vuestra  hermana,  se  lo  consignâsedtf 
en  la  renta  del  Estado  de  Bari  6  Rosano  que  os  dexô  la  dePoIonia, 
por  libraros  de  esa  importunidad,  y  de  las  otras  que  es  de  créer 
os  daràn  algunos  sobre  que  les  hagays  merced  dello,  aunqae  creo 


(573) 

que  sin  esta  prevencion  os  guardareys  de  dalle  à  nadie.  Somos  à 
7  de  abril. 


cxx. 

LE  DOCTEUR  MATHYS   A   PHILIPPE   II. 

Relation  de  l'état  de  l'Empereor  et  du  régime  qu'il  obsenv. 

Ynste,  1  avril  1558. 


S.  R.  et  C.  M^,  qood  jandudum,  non  sine  maguo  meo  dolore, 
ac  animi,  ut  par  est,  raolestia,  nequWi  in  preseotia  mihi  com* 
mode  et  merito  nunciare,  mirifiee  nobis  gratulari  posse  videor, 
nenipe,  hoc  teropore,  Caesareae  Majestatis  valetudinem  firmio- 
rem  ac  meliorero  esse  (Dei  iromortalîs,  qui  omnium  bonorum 
nobis  unicus  est  author,  beneficio)  quam  fuerit  superioribos 
quatuor  mensibus,  idque  ipsomet  Caesare  judice  ac  teste.  Quod 
nuncinro,  ut  procul  dubio  Tnae  Majestati  spero  fore  gratissimum» 
ita  a  me  quoque  libentissime  perscribitnr;  atque  unum  tantum 
velim  a  Deo  summo  opifice  impetratum ,  qnà  boc  bonum  esset 
nobis  perpetuum,  aut  saltem  in  complures  annos  prorogaretor; 
atque  ita  fore,  non  levem  spem  nobis  praebere  videtur  vema  baec 
amplectenda  constitutio.  Âdest  quidem  perpetuus  tibiarum  ille 
carnifex,  pruritus  scilicct  ;  caeterum  non  temere  est  expellen- 
dos,  quod  a  majoribus  intérim  malis,  ut  mea  fert  sententia, 
vindicet  :  ob  quam  solam  causam,  ni  falior,  tolerandus  est,  ac 
inihi  quidem  tantum  non  negligendus  :  quanvis  optarim,  médius 
fidtus,  ut  eo  carere  possimus,  (quod  cacoehimiam  intuff  pluri- 
mam  adhuc  snbesse  doceat,  quae  nihilominus  temere  non  sit 
agitanda,  ne  camarinam,  quod  dici  soiet,  moveamus);  nisi  e  plu- 
ribus  incommodis  id  quod  levins  est  et  tolerabilius  praeferri 


(  574  ) 

soleret.  Quod  ad  cattera  aUinet ,  post  nupemmaiii  puifatkmeiB, 
familîarem  illam  ac  levem ,  Sua  Majeslas  melius  appeiit  quam 
multis  retroactis  hebdoroadibus.  Et,  utuno  verbo  dicam,  nato- 
rales  ejus  functîones  liberîoressunt,  ac  laudabiliores;  de  anima- 
libus  nihil  habeo  quod  dicam ,  quod  in  hac  cellnlaria  soa  yIu 
fera  sint  ociosae,  idque  non  ci(ra  animi  nostri  moerorem,  quod 
aliter  fieri  posse  desperem ,  etiansi  nimiopere  ex  usu  nostro  esset, 
nam  supra  quindecim  aut  vigioti  pansus,  ut  nunc  est,  Yix  tolo 
die  gestatur,  et  raro  tôt  progreditur.  Fuere  quidem  proximis  die- 
du8  pedesiitcuniqueioipedili,  pb  ulcuscMla  quaedam  e  scabieibi 
prognata  ;  verum,  eliamsi  liberrimi  sint  pro  sua  condilione,  nibil 
propemodum  ulierius  praestatur.  llaemorrhofdes  \enae  nunc 
paruin  negocii  facessunt  ut  illae  incusari  non  mereantur;  neque 
video  quid  aliud  causari  debeam  quam  voluntatem  quae  nobis 
omnibus  est  pro  ratione  vel  efltoicissima.  Caetaronn  haec  aliter 
se  bahere  non  possunt  ;  eqoidem ,  quantMm  in  me  erU,  non  deai- 
nam  tamen  prp  mea  virili  portions  advigilare,  qu(^  pro  nata  oeca- 
8Î006,  ubicumque  opus  esse  depreheudi&ro,  statim  praesto  adsin. 
Faxit  modo  Deusoptimus  maximus  ut  remsen^per,  quod  dici  soiet, 
«eu  attingam,  (oontingit  enim  hic,  utpote  in  arte  conjecturali, 
intardum  a  fine  ^berrare,  qe  quid  temere  mibi  airogero),  ilaqiie 
omnta  succédant  ut  nuisquam  defîciam  aut  perperam  actipnes 
weas  instituamt  et  Majestî^ti  Tuae  perpetuo  ^atisfdciarn;  ea  enim 
mea  unica  est  cqra,  et  id  esjt  prfiecipuum  ipei^m  çtudium.  Resiat 
intérim,  ut  me  tolum  quantuluscuroque  sum  Majestati  Toae 
devoveam,  atque  ad  genua  proyolutus  supplex  dexteram  sacro- 
sanetam  expsculer.  Ifpjestatem  Tuam  pro  suo  voto  is  serret  ac 
tneatup,  qni  cuncta  pro  nutu  suo  gubernat,  Deus.  E  Jostiano 
coenobio  cal.  oprilis  1558. 

Sacrae  Majestati  Tuae  semper  devotissimum  mancipium. 

Cor.  Hbmricus  Mathisius, 

Medicorum  minimus. 


(375) 


CXXL 


JUAH  VAZQUBZ  A  L  EMPEREUR. 

Il  f  Hsara  qu'oo  ftpporte  tout*  la  diligence  possible  dtns  la  reeherelie  et  remploi 
4ea  moyens  propres  à  procurer  de  l'argent  au  rel.  —  Lettre  de  roi  à  la  prin- 
cesse. — 'Mesures  qu'il  prescrit  pour  |a  défense  de  U  Sardeigne*^ Nouvelles 
des  Pays  Bas  reçues  par  Yaïques.  —  Offres  faites  par  ordre  du  roi  au  cardinal 
Carafa.  —  Prétentions  du  duc  d*A!be ,  sur  lesquelles  il  n'a  pas  été  statué  encore. 
— Envoi  pittchain  par  le  roi  d'un  de  ses  ministres  en  Espagne. — Arrivée  à  Dou* 
vras  de  Pedro  Menende^  avec  ses  navires  et  l>rgent»  —  Succès  de  la  mission  du 
comte  do  Feria  en  Angleterre  :  détermination  de  la  reine  de  faire  la  guerre  aux 
Français. 

YalM^Ud,  9  avril  159a. 


S.  C.  C.  W^^  4os  carUu  de  Vuestra  Mage»tfi4  he  recibîdo  e^los 
dias ,  da  yeînte  y  cipco  y  yeinte  y  8ie(e  del  pasJido  ;  y  puede 
Vuesira  Mageatad  teqer  por  cierto  que,  en  la  provision  que  ge 
bace  al  rey  Qpestro  aenor,  se  usa  de  la  diligeneia  que  eu  e| 
uiuDdo  es  posible,  y  que  para  elio  qo  se  entiende  en  ptra  cos^, 
sino  en  buscsr  medios  y  suspender  otros  negocîos  por  este,  pues 
lanto  importa;  y  los  del  consejo  de  Estado  y  hacienda  besan  las 
manos  de  Vuestra  Magestad»  por  la  satisfaccion  que  muestra  tener 
dellos  en  esto. 

Anecbe  se  reeibiéron  carias  de  Flandes  con  un  correo  de  mer- 
eaderes  ;  y  con  esta  en  vio  copia  de  la  que  Su  Magestad  Real  escribe 
à  la  senora  princesa;  y,  por  la  mesma  causa  que  no  scribe  à  Su 
Aheza ,  debe  dejar  de  escribir  à  Vuestra  Magestad,  aunque  Ëraso 
me  escribe  que  despacharian  presto  correo. 

En  lo  quo  escribe  el  rey  que  se  provean  para  Cerdena  mil  y 
doscientos  soldados,  ya  se  habian  proveido  très  capilanes  para 
que  levantasen  setecientos  hombres,  como  à  Vuestra  Magestad 
escribi,  y  de  nuevo  se  nombrarân  otros  dos  capitanes  para  que 


pr^Wi 


'fl\\ 


(376) 

levanten  otros  quinientos,  â  ciimplimiento  de  los  mil  y  dodentos; 
y  tambien  se  proveerâ  lo  del  artilleria  y  municioDes  que  se  ha  de 
enviar ,  y  se  platicarà  sobre  lo  que  Vuestra  Magestad  apunta  si 
convernâ  hacer  apercibiniiento  gênerai  en  el  reino.  Y  de  lo  que 
se  resolviere  se  darà  aviso  à  Vueslra  Magestad. 

Lo  que  me  escriben  à  mi,  por  carias  de  cuatro  de  marao,  es 
que  Su  Magestad  Real  quedaba  ya  con  salud,  y  que»  después 
que  los  Franceses  tomàron  y  aaolàron  à  Guines,  y  se  retiràron 
hâcia  Bolona,  habia  licenciado  alguna  gente,  y  alojado  la  demàs 
en  las  plazas  suyas  de  aquellas  fronteras,  y  que  en  Calés  habian 
puesto  hasta  très  mil  hombres,  y  con  ellos  à  Mos'  de  Ternes; 
que  el  duque  de  Saboya  iria  à  fortificar  à  Gravelinguas  y  Bor- 
burg  :  para  lo  cual  habian  dado  los  estados  de  Flandes  cien  mil 
florines. 

Escribeme  Eraso  que  Su  Magestad  Real  habia  mandado  ofreêca 
al  cardenal  Garrafa ,  para  el  conde  de  Montorio,  seis  mil  ducados 
de  renta,  y  à  Rosano,  y  diez  mil  sobre  las  sedas  del  reîno,  todo 
perpetuo ,  y  no  se  contenté ,  porque  la  recompensa  de  Paliano  do 
le  parescia  suficiente,  y  que  se  le  habia  hecho  un  protesto,  para 
que  se  viese  que  por  parte  de  Su  Magestad  se  habia  cumplido^ 
y  se  escribiô  â  Roma  sobre  lo  mesmo,  y  al  cardenal  ofresciô  doee 
mil  ducados  de  pension  sobre  Toledo,  y  ocho  mil  de  naturaleza 
en  estos  reinos  :  de  lo  cual  no  ha  tractado,  dejàndolo  por  agora 
ansi.  Pero  el  rey  le  dejô  en  su  mano  el  irse  6  quedarse,  y  no  habîa 
tomado  resolucion,  ni  tampoco  se  habia  determinado  nada  en  las 
pretensiones  del  duque  d'Âlva  para  su  Tuelta  â  Ytalia ,  6  quedada  : 
lo  cual  paresce  que  no  esta  bien  sin  ministros  del  rey,  en  tienipo 
que  viene  el  armada  del  Turco ,  ni  tampoco  estaba  declarada  la 
persona  que  el  rey  ha  de  enviar  acâ,  aunque  se  crée  que  sera 
Rui  Gomez. 

El  régente  Figueroa  me  ha  cscrito  que  Pero  Menendez  llegô 
con  las  zabras  y  dinero  â  Dobra,  y  que  luego  |)assô  â  Flandes  : 
con  lo  cuni  me  paresce  que  ha  cumplido  muy  bien  lo  que  ofresciô. 

Tambien  dice  que  el  conde  de  Feria  ha  hecho  y  hace  bien  sa 
omision ,  y  que  la  roina  y  el  consejo  estàn  con  deterroinacioo 


(377) 

de  ofencler  a  1o8  enemigos  ciianto  pudieren ,  y  que  se  preparan 
por  mar  y  por  tierra  para  defensa  del  reino. 

CoD  esta  he  querido  tambien  enviar  à  Vaestm  Magestad  la 
copia  de  la  carta  que  se  escribiô  al  rey  sobre  los  apuntamientos 
que  yo  envié  à  Vuestra  Magestad ,  por  la  cual  se  verà  todo  mas 
partieularmente. 

Nuestro  Seûor  la  impérial  persona  de  Vuestra  Magestad  guarde 
con  la  salud  que  sus  criados  deseamos. 

De  Yalladolid,  à  2  de  abril  1558. 

De  Vuestra  Magestad  mas  humilde  criado  y  hechura ,  que  sus 
impériales  manos  besa, 

Juan  Vazquez. 


CXXII. 


MARTIN   DE  GAZTELÛ   A  JUAN  VAZQUEZ. 

Satisfaction  de  l'Empereur  du  soio  qu'on  apporte ,  à  Valladolid ,  à  secourir  le  roi. 
—  Il  ne  répond  pas  à  Vazquez,  à  cause  des  jours  de  confession.  —  Il  a  trouvé 
bon»  U»  harengs  qu'on  lui  a  envoyés.  —  Sa  santé  est  excellente.  —  D.  Hemando 
de  Rojas  est  attendu  à  Yusto. 

CuacoSjO  avril  1558. 


Ilustre  senor, Su  Magestad  vie  la  que  Vuestra  Merced  le 

ha  escrito,  y  las  copias  de  las  que  con  ella  viniéron,  y  en  todo  ve 
el  ruidado  y  diligencia  de  que  abi  se  usa  para  que  el  rey  nuestro 
senor  sea  servido  y  socorrido,  pues  la  necesidad  en  que  se  halla  y 
la  razon  lo  permiten;  y,  por  estar  en  dias  de  confesion,  nores- 
ponde  agora  :  bacérloha  adelante 

Los  arenques  que  trujo  este  correo  le  han  sabido  bien ,  y  quetla 
tan  bueno  que  ayer  andnbo  viendo  la  obra  que  se  hace,  y  estuvo 


te 


;i 


(  378  ) 

"^1  bueo  rgto  mirando  como  trabajaba  la  gente  que  anda  en  elltt. 

De  D.  Hernando  de  Rojas  (I)  recibi  ayer  ona  carta  que  me  trajo 
el  eorreo  qae  envié  addante  para  aposentalle,  y  él  sera  aqoi  m- 
nana»  y  brevemente  despaehado,  porque  vaya  à  tener ia  pascat  en 
an  easa..., 
De  Guacos,  à  6  de  abril  de  i558. 

Martin  de  GaztblA. 


CXXIII. 

LA   REINE  DE   HONGRIE  A  JUAN  YAZQUEZ. 

Elle  le  prie  de  ftîre  pAirenir  le  plus  tôt  possible  à  l'Empereur  des  livres  de  rausii|ic 

qu'elle  lui  a  envoyés  pour  Sa  Majesté. 

Cigales,  15  avril  1558. 


Juan  Vazquez ,  yo  os  enbié  una  carta  con  alganos  libres  de 
niùaica  que  Su  Mngestad  me  mandé  que  se  les  enviase  :  enbialde 
à  Su  Mageslad  con  la  primera  comodidad  ;  que  tanbten  estas 
carias  escrito  de  mi  mano,  e!  mas  presto  que  ser  puede.  De  mis 
negocios,  siendo  en  tan  buena  mano  como  en  ia  vuestn,  me 
aseguro  que  no  perderes  liempo  de  hacer  lo  que  compte;  y  por 
este  no  dire  mas,  sino  esperar  el  aviso  que  dellos  me  daréis, 
siendo  en  su  punto 

De  Cigales ,  à  4  5  de  abril. 

La  Betna. 


(1)  Voy.  p.  516. 


(579) 


CXXIV. 


l'bmpereur  a  p»ii,ippe  lU 


EoToi  oife  lui  a  fait  la  rein«  de  Portugal  d'Al^Dso  de  Çuniga ,  pour  soUieiter  son 
intercession  auprès  du  roi ,  touchant  les  quatre  cuentof  de  maravédis  qui  lui 
avaient  été  assignés  en  Espagne ,  qu'elle  avait  échangés  avec  la  feue  reine  de 
France  coniiie  une  pareille  tqnin  doi)t  celle-ci  jouissfiit  en  Portugal ,  et  dont  elle 
désirait  maintenant  la  reslitutiop.  —  L'Empereur  demande  à  son  fils  ce  qu'il 
doit  répondre  à  la  reine.  —  pans  un  post-scriptum  autographe ,  il  s'excuse  en 
quelque  sorte  de  hii  écrire  en  ftiveur  de  la  reine  de  Portugal ,  aussi  bien  que  de 
la  nine  de  floagria  et  de  fiafanle. 


Yuste,  91  avril  1558. 


Hijo,  à  1q3  34  de)  pawdo  os  escribi  ultifuiaiiieote  (i)  en  claro» 
con  un  correo  que  se  despacbd  por  mar»  io  que  habréis  vislto,  y 
envié  rois  cartas  à  la  princesa  yuestra  hermana,  para  que  fueseo 
con  las  suyas;  y  después  l'envié  el  duplicado  délias  en  cifra ,  para 
que  las  envi^ase  por  tierra;  y  habiépdoiuc  avisado  que  no  erao 
idas,  me  ha  parecido  escribiros  lo  que  abajo  entenderéis. 

Ya  debeis  saber  que,  teniendo  la  reyna  de  Francia,  roi  her- 
mana, en  Porlngal  cuatro  cuentos  de  roaravedis  por  lo  4^  su 
TÎudedad»  para  durante  sus  dias,  y  la  reyna  de  Portugal  otros 
€uatro  en  estos  reynos,  y  vislo  que,  por  baberse  casado  en  aquel 
reyno,  le  venja  pias  k  propésito  tenerlos  alli,  y  por  el  consi- 
gniente  à  la  de  Francia  aci,  para  ser  roejor  pagada ,  toviéron  por 
bien  de  trocar;  y  agora  la  reyna  de  Portugal,  habiendo  enviado 
aqui  a  Alonso  de  Çûniga,  su  criado,  con  algunos  regalos,  de  lo 
cual  y  de  saber  de  mi  salud  ha  tenido  y  liene  harto  cuidado,  y 
vp6lo  que  la  reyna  crisUanisiroa  era  fallescida,  roe  ha  escrito  de 


(1)  Voy.  p.566. 


(  380  ) 

8u  inano  y  enviado  à  hablar  con  el  dicho  Çùhiga,  pidiéndome. 
con  niacha  limiUcion ,  comedimîento  y  blandura,  coiuo  dla  lo 
ftiiele  hacer  en  todo,  que,  atento  à  que,  por  tener  siloados  los 
dichos  cuatro  cuentos  en  dîferentes  lagares,  y  haber  venido  en 
diminuycion  las  renias  dellos  y  los  salarios  que  paga  à  las  per- 
sonas  que  en  su  nombre  los  cobran ,  viene  à  recibir  de  daiio  eâsi 
la  mitad,  toviese  por  bien  de  intercéder  y  bacerle  merced  que  se 
le  Yuelvan  los  dichos  cuatro  cuentos  que  ténia  en  estes  reynos  (1), 
con  tanto  que  esto  no  baya  de  ser  estorbo  para  la  que  vos  qoi- 
siéredes  hacer  h  la  infanta.  A  lo  cual  le  he  respondido  de  palabra 
y  en  mi  carta,  significàndole  que  ya  sabia  quan  apartado  estaba 
yo  de  todo ,  y  que  lo  que  podia  hacer  era  scribiros  sobrello  de 
muy  buena  voluntad,  y  que  asi  lo  haria  con  el  primer  correo 
que  partiese. 

Por  lo  cual ,  y  para  qu*esio  pueda  llegar  à  tiempo  que  podais 
tratarlo  junto  con  lo  de  la  reyna  de  Ungria  é  infanta,  me  lia 
parecido  avisaros  dello ,  para  que  veais  lo  uno  y  lo  otro,  porqae« 
conforme  à  lo  que  hiciéredes  con  ellas,  podais  mirarlo  que 
querréis  hacer  con  la  de  Portugal  ;  y  de  la  resolucion  que  tomà- 
redes  holgarii  que  me  aviseis,  y  de  lo  que  os  pareciere  que  habré 
de  responder  à  la  reyna  de  Portugal ,  mirando  que  en  todo  hava 
mucho  secreto. 

Yo  he  estado  y  quedo  en  buena  dispusicion ,  y  con  deseo  de 
saber  que  tcngais  entera  salud ,  y  que  haya  Dios  alumbrado  con 
bien  &  la  reyna  vucstra  muger,  y  que  fuese  Ilegado  Ruy  Gomez, 
que  me  dicen  es  la  persona  que  enviais  para  enlender  los  lér- 
minos  en  qu*està  lo  de  alla,  y  lo  que  pensais  hacer.  NuesCro 
Senor  lo  guie  todo,  y  os  guarde  como  yo  deseo 

De  Yuste,  â  21  de  abril  de  4558. 


(1)  On  Ht ,  à  la  mai*g;e,  les  mots  suivants,  écrits  de  la  main  de  Philippe  H  : 
«  Que  Su  Magestad  puede  saber  alla  que  yo  no  los  ten^ro  •  (Sa  Majesté  pest 
savoir  K^-bas  que  je  ne  les  ai  point  )« 


(581  ) 

De  la  main  de  l* Empereur, 

Hijo,  ofrécense  cosas  que,  aunque  horobre  no  quiere,  do 
puede  escusarse  de  tratar  délias  ;  y  asi  no  iie  podido  escusar  de 
escrebiros  sobre  esto  y  sobre  lo  de  la  reyna  de  Hungria  y  de  la 
infanta;  y  aunque  tengo  la  mano  mejor,  pues  este  duplicado 
habia  de  tr  en  cifra ,  la  he  mandado  escrebir  de  mano  ajena. 
Y  no  escribo  mas  destos  renglones. 

De  vuestro  buen  padre, 
Carlos. 


cxxv. 

MARTIN   DE  GAZTELÛ   A  JUAN   VAZQUEZ. 

Excellente  santé  de  l'Rmpereur,  qui  se  dispense,  par  ce  motif,  de  prendre  de  l'eau 
de  bois.  —  Envoi  qui  lui  est  fait  par  la  reine  de  Portugal ,  de  deux  chats  de 
riode ,  d'un  perroquet ,  d'un  arrosoir  en  or,  de  deux  boites  de  porfums  et  d'un 
baril  d'esturgeons.  —  Remerciments  qu'il  adresse  à  la  reine.  —  Gratification  à 
son  messager. 

Cttacoe ,  29  avril  1558. 


llustre  senor,  la  de  Voestra  Merced  de  14  de  este  recibi,  à 
que  hay  poco  que  responder.  Su  Magestad  oîô  à  la  letra  la  que 
le  escribiô,  cuya  respuesta  va  aqni,  y  de  salud  le  Ta  cada  dia 
mejor,  por  lo  cuai  ba  dejado  de  tomar  el  agua  del  palo,  como  lo 
ténia  acordado ,  basta  que  tenga  mas  necesidad. 

La  reina  de  Portugal  ha  enviado  aqui  à  Alonso  de  Zûniga,  su 
criado,  con  unos  antojos  sobre  que  ios  dias  pasados  se  le  escrîbiô, 
y  dos  gatos  de  la  Yndia  muy  pequenos,  y  un  papagayo  que  habla, 


(  382  ) 

una  almarraja  deoro,  dos  cajas  de  pebetes  y  un  barril  de  solio; 
y  habiendo  hecho  su  oficio,  sê  ie  diéron  900  ducados,  y  se  Tolviô. 
Gon  quien  Su  Magestad  respondîô  à  la  reina,  agradeciéndole 
mucho  el  cuidado  que  tiene  de  regalarle,  que  cierto  es  harto 

grande,  y  de  saber  de  su  salbd 

DeCuacos,  à  22  de  abril  do  1558. 

Martin  dé  Gaztrl6. 


CXXVI. 

MARTIN   DE  GAZTELÛ   A  JUAN  YAZQUEZ. 

Visitef  à  Yusta  de  réréque  d'Avila  et  do  D.  Hernando  de  la  Cerda.  —  Eudlealc 
santé  de  TEmpereur.  —  Ses  attentions  pour  ses  senrileun  flamands. 

Cuaoo8,27aTrillS58. 


llustre  senor, el  senor  obispe  de  Avila  diceo  qae  fiene 

maôana  aqui  à  besar  las  manos  à  Su  Magestàd.  D.  Hernando  de 
la  Cerda  hizo  lo  misoio,  dos  dias  ha ,  y  se  parte  dentro  de  otres 
dias.  Su  Magestàd  esta  muy  bueno 

Ese  pliego  grande  es  de  cartas  de  criados  del  Emperador,  el 
cual  me  mandé,  ântes  de  agora,  que  se  las  encaminase  àenpre 
bien ,  para  que  tengan  nuevas  de  sus  deodost  y  qae,  si  tigmas 
aportasen  à  casa  de  Vuestra  Merced  part  elles,  ie  escribiese  qae 
se  las  enviase.  Harto  pocohacen  en  serville  aqui,  puea  Su  Ma- 
gestàd tiene  tant»  cueata  eon  todo  lo  que  les  toca 

De  Cuacos ,  à  27  de  abril  de  i  $58. 

Martin  de  Gaztelc. 


(  385) 


CXXVII. 


LfiMPBRBUR  A  PHILIPPE  II. 

Détennination  de  la  reine  de  Hongrie  de  demander  an  N>i ,  pour  en  jouir  sa  rie 
dunuit,  Zorika«  Alnonacid,  Albalate  et  Illana.  —  Leitre  qu'elle  écrit  à 
l'Empereur;  réponse  de  l'Empereur ,  qui  trouve  cette  demande  plus  raisonnable 
que  la  précédente,  et  s'en  réfère  à  ce  que  le  roi  décidera.  —  L'Empereur  rectifie 
un  propos  de  la  même  reine  touchant  les  prétentions  de  l'infante  de  Portugal. — 
Les  bruits  qu'on  répand  de  traités  de  pais  et  de  mariage,  et  de  grandes  largesses 
du  roi ,  le  mettent  en  peine  :  il  ne  peut  croire  surtout  aux  derniers ,  alors  que 
lui-même  se  montre  si  difficile  sur  les  prétentions  des  deux  reines  ses  sœurs  et 
de  Tikifante  sa  nièce ,  et  ïi  fait  à  son  fils  des  observations  à  ce  sujet.  —  Il  y 
revient  dans  un  postHScriptom  autographe. 

Yitttei  97  avril  1598. 


Hijo,  por  lo  que  os  etcribi^  k  ios  31  del  pasado,  por  mar  j 
tierra,  sobre  lo  qoe  mecomunicé  la  reyna  de  Ungria,  cuando 
ultinaaraeiite  estobo  aqui,  y  là  copia  de  la  reiacion  que  Luis 
Qirijada  llevô,  para  dar  cuenta  dello  à  la  princesa,  y  la  carta 
qoe  después  le  escribi  sobre  lo  que  resultaba  deotra  de  la  reyoa^ 
babréis  enttudido  lo  que  hasta  euténees  habia  sueedido.  Y  bar 
biéndose  después  ittibvmado  ella  partieularmenle  de  las  calîdades 
de  Çorita  de  ios  GaneSi  Almonecir,  Albàlatie  y  Yilana,  deliesa  de 
AlglMPgil^  qae  son  Ios  logares  que  se  mebaeDviado  reiacion  que 
teDM  ftn  de  eomprar,  y  pidido  su  parecer  à  ioan  de  Vega  y  Joan 
Vazquez,  se  ha  resuelto  en  pidiroslos  para  solo  durante  su  Yida^ 
y  no  como  àntes  lo  pretendia.  De  qoe  ba  avisadoacà  largattieate, 
pidiëndome  que  os  escribiese  sobrello,  para  que  lo  toviésedes 
por  bien  :  à  que  le  he  respondido  con  toda  blandora ,  aprobando 
su  determinacion ,  por  parecerme  que  lleva  este  mas  camino  de 
poderse  baeer  que  no  lo  otro,  asi  por  lo  que  loca  à  vos  como  por 
la  necesidad  en  qu'ella  se  pusiera ,  si  la  compra  fuera  perpétua. 


(  384  ) 

De  lo  ciial  me  ha  parecido  taïubien  avisaros ,  para  que,  iofor- 
màndosc  priiuero  bien  de  todo  lo  que  sobr*esto  convenga,  y  vîsio 
lo  que  la  reyna  os  scribirà,  lo  proveais  como  viéredes  mas  cod- 
venir  :  que  à  mi  paréceme  que,  habîendo  de  hacer  algo  con  elb, 
es  raejor  desta  manera  que  agora  lo  pide ,  que  no  perpetuameote, 
cuanto  mas  que  los  dichos  lugares  no  rentan  tanto,  ni  algunos 
dellos  son  tan  caliGcados  como  pensaba. 

La  princesa  vuestra  hermana  me  ba  escripto  que,  tratando  la 
reyna  de  los  ocho  cuentos  que  la  infanta  prétende,  se  da  à  en- 
tender  y  dice  que  se  los  darëis,  ô  à  lo  menos  los  cuatrp  dellos, 
y  que  yo  estoy  bien  en  ello  y  me  paresce  muy  juslo.  Y  lo  que  en 
esto  tengo  que  decir,  es  lo  que  habréis  visto  por  el  segundo 
capitulo  de  la  carta  que  escribi  â  Luis  Quijada,  cuya  copia  os 
envié  (1);  y  fuera  de  aquello,  uo  me  acuerdo  haber  dicho  oi 
escripto  à  la  reyna  lo  que  dice. 

Como  ha  tanto  que  no  viene  correo  desa  corte,  ni  Ilega  h 
persona  que  enviais,  se  dicen  tantas  cosas  de  concierlos  de  pai 
y  casamientos  que  délia  resultan ,  y  mercedes  crecidas  que  ha- 
ceis,  que  no  puedo  créer  nada  (S),  auoque  estoy  con  cuidado,  y 
mucbo  menos  lo  ùltimo,  viendo  vos  la  Hmitacion  con  que  trato 
lo  que  pretenden  las  reynas  y  infante,  mis  hermanas  y  sobrina, 
puesto  que  creo  que  no  faltaràn  importunidades  de  personas  que 
han  servido  menos  de  lo  que  diràn,  y  de  otros,  sin  haberlo  hedio 
ni  merecello.  En  lo  cual  no  tengo  que  decir,  hasta  saber  lo  cîerto 
y  tener  respuesta  de  lo  que  os  tengo  escrito ,  pues  cnalquier 
aviso  y  prevencion  mia  Uegaria  tarde  y  fuera  de  saxon;  y  si  esta 
llegase  à  tiempo,  podrà  serviros  de  aviso,  para  estar  advertido 
de  lo  que  debeis  hacer.  Y  Nuestro  Senor  os  gaarde  como  yo 
deseo 

De  Yuste ,  à  27  de  abril  1558. 


(1)  Voy.  p.  334. 

(2)  A  la  marge ,  il  est  écrit  de  la  main  de  Philippe  11  :  «  Sattsfaeerle  i 
(Lui  donoer  satisfaction  sm*  ce  point). 


(  385  ) 

De  la  main  de  t Empereur, 

Hijo ,  por  ser  estas  cartas  que  os  escribo  sobre  esta  materia,  y 
baher  de  ir  el  duplicado  en  cifra ,  no  van  de  mi  roano ,  ni  tam- 
poco  escribo  sobre  otra,  porque,  como  no  es  llegado  el  qne  de 
alla  ha  de  venir,  que  no  ayuda  nada  con  las  provisiones  que  de 
acà  han  de  ir,  y  acà  se  dicen  tantas  nuevas  que  no  se  que  decir 
ni  que  escribir,  cuando  ese  fuere  venido,  y  avré  entendido  lo 
quel  traye,  y  lo  que  alla  pasa,  entônces  dire  lo  que  se  me  ofre- 
ciere  y  entendiere.  Bien  podria  ser  que  quiça  servira  à  cosa 
heeha,  à  que  habrâ  poco  que  decir,  pues  sera  hccha. 

De  vueslro  buen  padre, 
Carlos. 


CXXVIII. 

MAUTIN   DE   GAZTELU    A  JUAN   VAZQUEZ. 

ArrÎTre  el  départ  de  l'éTeque  d*Avîia  ,  avec  qui  l'Empereur  a  une  longue  eonrer- 
satioB.  —  Bonne  tante  et  contentement  de  Sa  Vajesté.  —  Venue  de  Juan 
Gaétan ,  pour  préparer  les  cierges  et  autres  choses  néoesaaires  aux  obsèques  qui 
•e célèbrent ,  chaque  année,  le  fc  mai,  pour  Timpératrice. 

Cuaco8,38  avril  1558. 


Ilnstre  senor,  ayer  manana  se  despachô  un  correo  con  quien 
escribi  à  Vuestra  Merced  lo  que  habré  visto,  y  poco  después 
liegù  aqui  el  senor  obispo  de  Avila,  y  besé  las  manos  al  Empe- 
rador  en  acabando  de  corner;  y,  demâs  de  baber  holgado  con  su 
YÎsîUicion,  estuvo  parlando  con  éi,  buen  ralo,  eosas  de  buena 
coriTersacion  ;  y  con  su  licencia  se  despidiô,  y  parte  dentro  de 
Tome  II.  25 


'i-::--i 


(  386  ) 

una  hora ,  si  lo  mucho  que  Ilueve  do  le  detiene.  Su  Magestad  esta 
bueno  y  alegre,  y  con  deseo  de  saber  esto  del  parlo  de  la  reiaa 
de  Ynglaterra 

Juan  Gaétan ,  por  qnien  escribi  à  Vuestra  Merced  el  otro  dia, 
es  vuelto  aqui,  porque  Su  Magestad  lo  mandé,  para  poneren 
érden  lo  de  la  cera  y  otras  cosas  necesarias  para  las  honras  que 
cada  ano  se  bacen  à  primero  de  mayo  por  la  emperatrîx 

De  Cuacos ,  à  28  de  abril  de  1558. 

Martin  de  Gaztelu. 


CXXIX. 


l'empereur   a  JUAN   VAZQUBZ. 


Lettre  autographe  du  roi.  —  L'Empereur  a  été  eharmé  de  savoir  avec  eertttu^  U 
manière  dont  sa  renonciation  à  l'Empire  a  été  effectuée ,  quoiqu'elle  ait  ev  lira 
autrement  qu'on  ne  l'avait  dit.  —  Nouvelle  recommandation  de  procurer 
tout  l'argent  possible  au  roi.  —  Luthériens  arrêtés.  —  Nouveaux  sceaux  à  (aire 
graver. 


Yu»le,  8  mai  1558. 


Joan  Vazquez  de  MoHna,  secrelario  y  del  oonsejo  deJ  rey  mi 
hijo,  la  carta  que  me  seribisies  à  27  del  pasado  (i)  he  recibido, 
y  enlendido ,  por  la  de  mano  del  rey ,  la  mejorf  a  con  que  que- 


(1)  Dans  le  1. 1*'',  p.  288,  nous  avons  donné  un  extrait  de  cette  lettre  de 
Vazquez  du  97  avril,  concernant  Tarrestation  du  docteur  Cazalla  et  diantre» 
luthériens.  Cest  à  cette  lettre  qu^étaient  jointes  la  lettre  anto^aphe  do  roi  à 
rEmperenr,  ainsi  qu*une  copie  d'une  seconde  lettre  de  Philippe  U , 
à  la  princesse  sa  sepiir,  et  d'autres  pièces. 


(  387  ) 

daba  :  de  que  he  holgado,  y  asi  de  saber  lo  cierto  de  la  renuo- 
ciacioo  dellmperio,  que,  aunque  se  ha  hecho  bien,  fué  diferente 
de  como  ae  dijo  los  dias  pasados. 

En  lo  de  loa  cambioa  que  escribe  el  rey  à  la  princesa  en  su 
ûltima  caria,  cuya  copia  m  enviastes ,  que  se  habifiii  concluido,  y 
lo  que  se  ha  de  proveer,  y  dinero  que  se  le  ha  de  enviar ,  su  nece- 
sidad  debié  de  ser  de  manera  que,  para  cumplir  con  lo&  Alema- 
nes  y  el  principe  Doria,  le  fué  forzado  hacellos  :  en  que  no  teogo 
que  decir,  sino  remitirme  à  lo  que  ahi  se  ha  de  proveer;  y  soy 
cierto  que,  sin  embargo  de  aquello,  se  harâ  lo  que  conviene, 
yendo  en  ello  la  seguridad  y  reniedio  de  todo ,  y  estando  el  rey  de 
Francia.  como  dice,  armado,  y  el  rey  no,  porque,  cuanto  mas 
adelante  esta  el  tiempo,  tanto  es  mas  necesario  usar  de  presteza 
en  lo  que  se  hubîere  de  hacer. 

En  lo  de  las  personas  que  hay  (4  )  y  eu  otras  partes  destos 
reynos  se  hanpresoporluieranos,  escribo  à  la  princesa  lo  que 
veréis  (2) ,  a  que  me  remito. 

A  Gaztelù  he  mandado  que  os  escriba  sobre  dos  sellos  que  se 
faan  de  hacer,  del  tamaiio  y  con  las  armas  que  os  avisari  (3)» 
Haréis  que  conforme  à  aquello  se  ponga  luego  mano  en  elles ,  y 
s^embien. 

De  Yusle,  à  3  de  mayo  de  4558. 

Carlos. 
Por  mandado  de  Su  Magestad  : 

Martin  de  Gaztblé. 


(1)  fiay,  pour  ahi,  aUi. 

(2)  Cette  lettre  est  dans  le  t  I**,  p.  SOS. 

(5)  La  lettre  de  Qêit»\ù  à  Vazquez  est  aussi  dans  le  1. 1'%  p.  993. 


(  3S8  ) 


cxxx. 

MARTIN  DE  GAZTELÛ  A  JUAM  VAZQUEZ. 

ArrivM  d'IUlie  de  D.  Luis  de  Caslelti ,  qui  entretieol  T Empereur  d'une  aiaire 
d'une  telle  importance ,  que  Se  Majesté  le  charge  d* aller  aux  Pays-Bei  en  rva- 
dre  compte  au  roi ,  en  lui  donnant  une  lettre  pour  son  fils  :  ce  qu'il  a  refusé  à 
d'autres.  ~  Continuation  de  la  bonne  santé  de  l'Empereur. 

Cuacos,  5  mai  1558. 


llustre  seiior,  el  seûor  D.  Luis  de  Casteivi,  à  quien  Vuestn 
Merced  conoce,  ha  venido  de  Italia  aqui  à  besar  las  manos  al  Em- 
perador,  como  criado  suyo,  y  à  dalle  cuenta  de  un  negociode 
tanta  calidad,  que  le  remite,  y  ha  inandado  vaya  a  Flaodes  à  dalla 
al  rey ,  y  le  ha  dado  carta  suya  para  que  con  mas  ocasion  lo  puedi 
hacer  ;  v  ha  acordado  de  ir  ahi  à  besar  las  manos  à  VueslraMer- 
ced,  por  lo  que  me  dice  que  es  su  servîdor,  y  para  entender  la 
brevedad  con  que  partira  la  armada  del  cargo  de  Pero  Menendex, 
para  que,  si  tuviere  tiempo,  pueda  ir  &  irisitar  sus  deudos  y  ptria, 
y  sino  vaya  â  envnrcarse  en  ella.  Suplico  à  Vuestra  Merced  qne, 
aunque  se  que  le  es  aficionado,  me  la  haga  que,  asi  en  esto  coma 
en  lo  demàs  que  ahi  se  le  ofrecierc  y  le  tocare,  mire  por  sus  cosa» 
como  de  persona  que  ha  servido  muy  bien  à  Su  MagesUd,  y  qne, 
como  ik  tal,  ha  hecho  con  él  lo  que  ha  negado  k  otros,  auoqae 

merezca  mucho  mas.  Queda  bueno,  como  escribi  ayer 

De  Guacos,  à  5  de  mayo  de  1558. 

Martin  de  Gaztelé. 


(  389  ) 


CXXXI. 


MARTIN  DE  GAZTELU  A  JUAN  VAZQUEZ. 

Sanlà  de  rEmpereur  :  démangeaison  qu'il  relent  aux  jambes,  mais  qui  est  considé- 
réfi  comme  un  bon  symptôme.  —  EnToi ,  par  Tinfanta  de  Portugal ,  de  Francisco 
de  Barros,  poar  rexêeution  du  testament  de  sa  mère.  —  L'Empereur  le  reçoit. 
—  Défaite  du  roi  d'Alger  par  le  roi  de  Maroc  :  détails  désirés  par  l'Empereur. 

Cuacos,  9  mai  1558. 


Ilustre  senor,  con  el  que  ultiniamente  partie,  respondi  à  iina 
caria  que  ténia  de  Vuestra  Merced.  Lo  que  después  hay  quedecir , 
es  que  Su  Magestad  ha  estado  y  queda  bueno ,  aunque  le  da  pesa- 
danibre  noa  comezon  que  liene  en  las  piernas:  pero  no  es  cosa 
nneva ,  àntes  es  senal  de  salud  ;  y,  cuando  le  falta ,  le  da  la  gota. 
Hàcese  algunos  beneficios,  y  se  crée  que  no  sera  nada  ('l). 

Francisco  de  Bayrros,  que  esta  darâ  à  Vuestra  Merced,  es 
criado  del  rey,  à  quien  la  senora  infanta  envia  para  entender  en  el 
cumplimiento  del  testamento  delà  reina  cristianisima  su  madré; 
y  bfibiendo  venido  aqui,  besé  las  manos  al  Emperador,  y  pasa à 
esa  corte.yloharà  à  Cigales.  Hànos  traido  una  muy  buena  nueva, 
de  haber  desvaratado  y  niuerto  niucha  gente  el  rey  de  Fez  al  de 
Argel:  de  que  Su  M*""*  ha  holgado  harto,  por  ser  en  esta  coyun- 
Cura.  Aqni se  tuvo  aviso,  el  otro  dia ,  que  al  de  Àrgel  habian  dado 
una  mala  mano ,  y  que  huyendo  le  encerràron  hasta  dentro  las 
puertas  de  Argel  ;  y  esta  nueva  me  dicen  que  la  dijo  Guillermo  (2). 
Desea  Su  Magestad  saber  lo  que  hay  en  esto ,  y  si  es  todo  una 


(1)  Dans  noe  lettre  da  13  mai,  Gaztelû  répète  les  mêmes  choses  sur  la 
s^nié  de  FEmpereur. 

(2)  Guillaume  Van  Maie. 


il  (  590  ) 

misma  cosa,  y  que  se  le  envie  relacion  de  lo  que  en  ello  se  tiene 
entendido.  Guarde ,  etc. 

De  Cuacos,  a  9  de  mayo  de  \  558. 

Martin  de  Gaztblè. 


CXXXII. 


LÀ   REINB  DE  HONGRIE  A   PHILIPPE  H. 

Elle  demande  «u  roi ,  mais  pour  sa  vie  seulement,  ZoriU,  Almonacid ,  Àlbalate  et 
Illana ,  avec  leurs  revenus  :  ces  quatre  endroits  Appartenant  aux  ordres ,  «Ils 
s'est  assurée  qu'il  y  avait  faculté  du  pape  pour  T aliénation  leoiporaire  qu'eilt 
sollicita.  <-  Elle  sa  eoofie  que  le  roi  ne  fera  aucune  difieulté  de  eondetecndre  a 
aoD  désir ,  vu  le  peu  d'importance  des  eadrofts  dont  il  s'agit.  —  GoMn*  e«  ^'eHe 
souhaite  surtout  est  de  vivre  tranquille,  elle  demande,  de  plus,  que  le  rn 
lui  concède  une  entière  juridiction  sur  ces  endroits,  afin  qu'eHe  ne  aoH  pas 
iM|alétêe  ni  troublée  par  les  conseils,  chancelleries  ni  autres  justices  :  elle  crnt 
que  e^e8t  le  m^oins  qui  lui  est  dû ,  après  tant  de  faliguea  qu'elle  a  sapporléespeiir 
le  service  de  TEmpereur  et  du  roi.  —  Elle  demande  encore,  soit  à  titre  de  dcu, 
soit  par  vente  qui  lui  en  serait  faite,  aux  conditions  qu'elle  indique,  deux  pe»- 
priétés  qui  sont  à  proximité  des  endroits  mentionnés  ci-dessus ,  et  qvi  apparlici- 
nent  aux  commeuderies  de  Zorita  et  de  Vallega.  —  Elfe  renouvelle  easuite  li 
demande  d'une  pension  de  5  à  4,000  ducats ,  pour  l'eBtretiea  d«  Téfliie  etda 
collège  qu'elle  se  propose  d'ériger.  —  Elle  a  chargé  un  gentilhomme  de  sa  aui- 
son ,  le  S' de  Bredan ,  de  se  rendre  aux  Pays-Bas ,  afin  de  solliciter  TexpédUioa 
de  ces  diverses  deasaBdea.  —Elle  prie  le  rei  de  h&ler  ses  résolutions  :  car  rineer- 
titude  où  elle  est  ne  pourrait  se  prolonger ,  sans  que  sa  réputation  «s  ao«firlt ,  et 
sans  qu'elle  s'endettât  —  Elle  recommande  de  nouveau  au  roi  \e%  intérêts  éa 
l'infante  de  Portugal. 

Cigales,  10  mai  1558. 


Senor,  Vnestra  Alteza  habrà  visto ,  en  mi  précédente carU  (1), 
en  que  70  estaba  resolula  cuanto  à  la  manera  de  mi  retirameolo. 


(1)  Noas  n'avons  pas  cette  lettre.  CVst  probablement  celle  dont  la  w» 
avait  fait  soumettre  le  projet  à  PEmpereur.  (  Voj.  p.  383.) 


(  591  ) 
Como  habia  enviado  ft  visitar  tiigar  propio  por  este  efeeto ,  y  que 
faese  pequeno,  se  balle  commodidad  en  las  villas  de  Çorita,  de 
Almonaeir,  con  dos  otroslugares,  que  son  Albalate  y  Yllana,  lo 
mas  à  propésito  de  roi  intencion;  y  aanque  be  deseado  que  se 
ballare  en  solo  un  iugar  y  pequeâo ,  por  tener  menés  erobarazo, 
no  se  ba  podido  baber  sin  caer  en  otro,  por  ser  ios  limites  destos 
lagares  tan  mezclados  Ios  unes  con  Ios  otros,  que  no  se  pueden 
bien  dividir,  y  tambien  por  lo  que  toca  al  servicio  y  manteni-» 
mîento  de  mi  easa  ;  y  asi  soy  forzada  de  suplirar  à  Vuestra  Alteza 
sea  servido  de  me  dar  estes  cuatro  lugares ,  con  sus  termines  y 
rentas,  por  mi  vida  solamente:  lo  coal  soplico  à  Vuestra  Âlteza  » 
después  de  haberme  bien  informado  si  bay  facultad  del  papa  para 
elle,  por  ser  de  4^rden,  y  habîéndose  ballado,  por  inforroacion 
de  Ios  del  consejo  y  oficiales,  que  la  bay,  no  solamente  para  que 
Vuestra  Alteza  lo  puede  dar  de  por  vida,  pero  tambieo  para  lo 
poder  vender  y  agenar  perpetuamente. 

1^  renta  y  Ios  lufiares  son  de  tan  poca  importancia ,  que  me 
dan  seguridad  que  Vuestra  Alteza  me  les  podrA  dar,  sin  reeibir 
pesadumbre  ni  incomodidad  alguna ,  porque  en  todos  Ios  lugares 
hay  mil  y  trecieotos  y  diez  y  sois  vasallos,  y  la  renta  en  aleàva- 
las  no  excède  de  nueveeientos  y  ocbenta  y  sois  docados,  que  todos 
elles  estàn  siluados  en  jures  à  partieulares,  excepte  doce  ducados 
que  fincau  à  Vuestra  Alteza.  J^s  otras  rentas  todas  allas  se  reau- 
men  en  otros  trecienlos  y  ocbenta  y  un  ducados  en  dineros,  y  eu 
docientas  y  veinte  y  ocbo  fanegas  de  trigo,  y  ciento  y  cuarenta 
y  ires  fanegas  de  cevada ,  segun  la  copia  que  dello  ban  dado  Ios 
conladores.  Lo  demàs  que  yo  prétende  es  vivir  eu  soai^o  lo 
nuia  que  ser  puede,  y  segun  soy  informada  de  tanios,  que  se 
puede  deoir  de  todos,  y  por  la  esperienota  que  be  visto  y  een- 
tido,  que  es  menester  supliear  à  Vuestra  Alteza  que  me  quiera 
concéder  la  entera  juridicion  destoa  lugares,  asi  entre  elles  corne 
uobre  las  persopas  de  mi  casa,  paru  que  no  sea  inquietada  de  lot 
consqos,  ebancillerias  y  otras  justicias,  porque  la  génie,  aunque 
seftD  bien  tratados  y  con  razon ,  se  vee  por  esperiencia  que  no 
ikjan  de  usar  de  atrevimîeotos  y  desacatos,  para  dar  pesadumbre 


(  392  ) 

à  sus  senores,  quando  losqueda  ocasion ,  y  asi  lo  ha  Su  Mag^eslad 
iiiismo  sentîdo»  pues  que  no  ha  podido  pasar  sin  servirse  de  uo 
alcalde:  lo  que  es  tan  fuera  de  su  guslo  como  Vueslra  Âllesa 
sabe.  Y  pues  la  génie  que  alli  residen  han  dado  ocasion  à  So 
Mageslad,  bueno  esta  de  entender  lo  que  se  debe  temer  que  harian 
oonmigo,  pues  algunas  veces  los  ministres  de  los  consejos  dan 
oidos  à  los  que  desta  inanera  acuden  à  ellos,  sin  tener  el  res- 
pecto  que  se  debria,  como  ya  la  reyna,  que  Dios  haya,  y  yo  lo 
babemos  tambien  esperimentado  en  casos  acaescidos  por  lo  de 
nuestras  casas,  demàs  de  lo  que  cada  dia  se  vee  que  aconleoe  por 
olros.  Y  porque  esie  punto  se  ha  tratado  con  la  princesa  y  prési- 
dente, y  con  otros  del  consejo,  de  la  manera  que  se  podrà  hacer, 
y  ellos  informaràn  à  Vueslra  Aheza ,  me  remito  à  lo  que  dirâo. 
Mi  pretencion  es ,  como  esta  dieho ,  solo  poder  vîvir  con  quietud, 
sin  ser  forzada  por  cada  cosa  dar  pesadumbre  à  Vuestra  Alleia: 
alcanzando  esto  en  cualquiera  manera ,  saré  contenta  de  me  dar 
esta  quietod  basta  à  la  fin  de  mis  dias.  Pues  que  he  pasado  mis 
dias  con  tanto  trabajo  por  el  servicio  de  Su  Magestad  y  de  Vues- 
tra Âlteza ,  me  parece  que  es  lo  menos  que  Vuestra  Alteza  me 
debe;  y  asi  le  suplico  me  dé  este contentamiento. 

Tambien,  senor,  para  tener  algun  egercitio,  y  pasar  el  tîempo 
en  agricultura  y  lo  que  dello  dépende,  por  no  tener  estos  Ingares 
tierras  que  sean  de  Vuestra  Alteza,  las  que  serian  menester  pan 
mi  itttencion ,  me  conviene  haber  dos  dehesas  alla  en  la  eomarca, 
que  son  de  los  comendadores  de  Çorita  y  Vallega,  con  an  moliny 
alameda  que  es  anexa  à  la  una  délias;  y  auuque  no  se  sabe  cierto 
por  agora  lo  que  estas  dehesas  valen  de  renta  liquidamente,  pero 
bien  esté  résolu  lo  que  la  renta  délias  no  esceda  de  ochodentos 
ducados.  Y  pues  Vuestra  Alteza  tiene  facultad  de  vender  la  pr&- 
piedad  de  cualquieras  encomiendas,  6  parte  délias,  y  es  cosa  qae 
cada  dia  se  hace  con  cualquier  particular ,  aunque  yo  no  lengo 
de  présente  dineros  de  contado  para  pagarlas,  y  vender  de  mis 
renias  me  harian  falla  para  vivir ,  pues  Vuestra  Alteza  sabe  lo  poco 
que  son,  en  especial  juntando  la  otra  necesidad  que  se  ofresce  de 
ediBcar  casa  en  que  viva,  y  otros  gastos,  me  es  forzado  preteo- 


(  593  ) 

der  haber  esUis  dehesaseii  propiedud,  aiinque  sea  coiuprândolas 
à  dinero,  en  caso  que  Vuesli*a  Alteza  sea  senîda  de  me  bacer 
merced  de  los  dicbos  cualro  lugares  de  por  vida:  de  que  estoy 
tan  confiada  como  be  dicho,  aunquc  fuesen  de  mayor  importan- 
cia  que  son.  Para  lo  bacer,  hay  1res  medios  de  que  Vuestra  Alleza 
podrà  escoger  el  que  sarâ  mas  à  su  volnnlad.  El  uno  sarà  si, 
recompensando  Vuestra  Alleza  à  estas  encomiendas  en  las  sedas 
de  Grenada,  conforme  â  la  facultad,  me  quisiere  bacer  merced 
destas  debesas  en  propiedad  libre,  sin  pagar  dineros  ni  renta; 
el  segundo,  pagando  en  renta  â  Vuestra  Alteza  otro  tanlo,  en 
i-ecompensa,  como  se  consinaren  en  las  encomiendas  en  las 
sedas  de  Grenada,  y  desta  manera  Vuestra  Alteza  no  ganaria  ni 
perderia  en  la  venta,  pues  le  consino  otro  tanlo;  el  terceco, 
comprândolas  yo  en  el  niismo  precio  que  le  podria  vender  â 
cualquier  otro  particular:  pero,  en  este  ùltiroo,  le  babria  de 
tomar  al  precio  tambien  en  renta  de  lo  que  yo  tengo,  por  la 
diflcultad  que  babria  de  pagarlo  de  contado.  Pues  que  en  cual- 
quier  destos  casos  se  ha  de  efectuar  mi  pretension ,  be  pedido 
a  la  princesa  y  à  los  minislros  de  Vuestra  Alleza,  que  desde 
iuego  baga  la  evaluacion  y  las  otras  diligencias  que  por  baber  el 
conseAtimiento  de  los  comendadores  se  requieren,  teniéndolo 
prevenido  como,  para  eu  caso  que  Vuestra  Alteza  lo  concéda, 
lo  puede  Iuego  efetuar  sin  dilacion. 

En  lo  que  loca  à  los  très  6  cualro  mil  ducados  que  yo  be  pedido, 
por  via  de  pension ,  6  por  olra  que  con  meuos  dificultad  se  me 
pueden  dar ,  para  poner  los  salarios  de  los  minislros  de  la  capilla 
y  collegio  que  entiendo  berigir  (i),  baciéndome  Vuestra  Alteza 
esta  ayuda,  y  para,  entrelanto  que  se  balla  érden  como  por 
otros  medios  se  pueden  perpetuar,  à  menos  costa  y  dificultad  de 
Voestra  Alteza,  me  baria  muy  gran  merced  en  mandar  Iuego 
consinar  aquella  snmma,  para  que  desde  Iuego  se  pudiese  usar 
délia,  por  el  gusto  que  me  saria  verlo  efectuado  en  mis  dias; 


(I)  Yo^.  p.  330. 


(  394  ) 

y  asi  lo  suplico  à  Vaestra  Alteza ,  considerandoqtienopidoà  Vues- 
ira  Alteza  renta  para  mi  d'importancia ,  y  que  esto  que  pidose 
podria  dar  al  menor  de  sus  criados ,  queriéndolos  hacer  mereed. 

Las  causas  y  todo  lo  que  à  esta  peticion  y  resolucîon  me  muera, 
Yuestra  Alteza  lo  podrâ  mas  partieularmente  ver  por  losmemo- 
riales  que  he  dado  à  la  princesa,  pues  escribirà  y  los  euTiarà;  y 
he  dado  cargo  à  estecaballero  de  mi  casa,  el  sefior  de  Bredam  (1), 
que  darâ  los  despachos  à  Vuestra  Alteza ,  que  entienda  en  suplî- 
car  y  sollicitar  el  despacho  délias.  Y  asi  suplico  à  Vuestra  Alteza 
le  oya  y  admita  y  dé  crédito  en  lo  que  de  rai  parte  cerca  ddio  le 
dijere  ;  el  cual  lleva  tambien  copia  de  los  memoriales ,  y  Vuestn 
Alteza  le  mande  despachar  con  toda  la  brevedad  que  sea  posible, 
considerando  que  estar  asi  en  suspenso  no  saria  décente  i  mi 
reputacion  :  en  que  Yuestra  Alteza  aventura  la  mtsma  por  si,pnes 
es  toda  una  cosa ,  y  tambien  los  guastos  se  me  acrescienten  ;  y 
puedo  certiffcar  que  no  podria  pasar  muy  adelante ,  sio  roe  poner 
en  deuda  y  necesidad  :  que  saria  anadir  mal  sobre  mal,  y  aqoî 
no  se  sufre  disminuir  tanto  mi  casa ,  como  pretendo  de  lo  hacer 
para  ordenarme  y  vivir  de  lo  que  tengo.  Pero,  si  los  negoeios 
de  la  guerra  no  dieren  lugar  que  se  pueda  entender  en  estas 
despachos  con  la  brevedad  que  requiero,  podrà  Yuestra  Àlten, 
senificando  su  intention  h  la  princesa,  remetirselo,  y  mandar  qoe 
acà  se  haga,  porque  tanto  mas  brevemente  me  pueda  yo  retirar. 

No  quiero  aqui  repetir  lo  que  he  escrito  à  Yuestra  Alteza  en 
lo  que  la  reyna,  que  Dios  haya,  me  babia  encomendado,  espe- 
rando  que  Yuestra  Alteza  babrà  recibido  mis  cartas,  y  las  despa- 
charà  conforme  à  mi  peticion ,  pues  hay  tanta  razon  para  ello,  y 
que  la  respuesta  sea  ya  de  camino:  pero,  si  no  lo  fuese,  yoIto  & 
suplicar  â  Yuestra  Alteza  lo  mismo  que  mi  carta  contiene,  con  h 
mayor  instancia  y  humildad  que  puedo,  pues  ningnn  negocio 

(1)  Antoine  de  Bourgogne,  seigneur  de  Bredan.  Dans  le  codicille  qu*eik 
fil  à  Cigales  le  27  septembre  1558,  la  reine  Marie  légua  à  ce  seigneur  860 
ducats  de  rente,  «  pour  estre,  —  ainsi  s'exprime-t-elle ,  —  oultre  sei  ashres 
0  calités,  de  nostre  sanc  et  povre.  » 


(  398  ) 

mk)  qniero  preferir  k  este.  Y  porqae  la  princesa  ayisarà  à  Vnestra 
Altexa  de  todo  lo  de  acà,  no  me  queda  que  decir,  sino  rogar  é 
Dios  que  dé  à  Vuentra  Alleza  los  successos  de  saB  negocios  eomo 
deseo,  y  guarde  au  real  peraona. 
De  Gigalea,  à  40  de  mayo  4fi58. 

Besa  las  nianos  de  Vaestra  Àlteza  su  liumilde  lia , 

Là  Hbymà. 

Au  ëoê  de  la  ieUn  te  trmiverU  kê  Ugnês  ndvantts,  de  la  main  de 
Philippe  II,  adreesàe»  à  Cun  de  ees  tecréiaires ,  prebMemefiH 
Eraêo  : 

Por  esla  caria ,  veréis  sabe  la  reyna  decir  bien  su  razon ,  y  si 
debe  de  lener  quien  la  acooseje  lo  que  esta  niejor  à  ella ,  do 
niirando  el  respeto  que  se  me  debe  de  tener,  pues  no  quiere  res- 
petarme  ninguna  superioridad;  y  yo  no  quiero  que  lo  sea  otra 
en  mis  reynos,  sioo  Su  Magestad,  Poco  habrà  que  respoudelle, 
hasla  ver  que  détermina.  Decidme  é  ponedme  por  escrito  sobre 
eslo  vuestro  parecer  (1). 

Sur  une  feuille  de  papier  joinie  à  la  lettre  se  trouve  Cavis  demandé 

par  le  roi ,  en  ces  termes  : 

Representarle  la  necesidad  que  hay;  acordarle  Tamor  y  voluu- 
tad  qoesiempre  ha  mostrado  y  ofrescido  ;  que  en  nenguna  cosa 
io  podria  mas  mostrar,  que  en  despojarse  en  parte  de  su  volnn- 
tad  y  determînacion  ;  que  Dios  sera  mas  serrido  desto ,  que  de  lo 


(1)  Voici  la  traduction  de  ces  curieuses  ligues  : 

«■  Vous  verrez,  par  cette  lettre,  que  la  reine  sait  bien  dire  ses  raisons,  el  si 
elle  doit  avoir  quelqu*un  qui  lui  conseille  ce  qui  lui  va  le  mieux ,  sans  égard  au 
respect  qu'elle  doit  me  porter,  car  elle  ne  veut  reconnaître  aucune  supériorité, 
et  moi  je  ne  veux  pas  qu'il  y  ait  d^autre  supérieur  en  mes  royaumes  que  moi, 
S.  M.  (PEmpefear)  exceptée.  Il  y  aura  peu  k  lui  répondre ,  jusqu*i  ce  quelle 
mm  soil  déterminée.  Dîtes-moi  ou  mettevnnoi  par  écrit  votre  avis  lè-dessus.  » 


(  396  ) 

que  piensa  hacei*  ;  que  la  venida  sea  para  conferir  con  dia  sobre 
la  ôrden  que  habrà  de  dejar  |>or  acâ,  pues,  sin  provcerlo ,  no 
puede  partir  sin  el  peligro  que  sabe,  por  la  noticia  que  ûeoe  do  las 
provincias,  y  que  dejar  de  ir  à  Espana ,  sabe  ella  que  Su  Magestad 
no  puede;  que  el  dar  la  mano  â  los  negocios,  sea  6  coroo  prio- 
cipal,  é  como  ayudanle,  â  su  cleccion,  poniéndose  coq  su  pare- 
cer  la  forma.  No  sera  sino  por  dos  anos,  para  que  Yuestra  Ma- 
gestad pucda  ir  à  Espana,  ver  al  principe,  y  si  le  paresciere, 
enviarle  por  acà ,  pues  temà  ya  anos  :  anadiéndole  la  forma  de 
consejo  que,  con  el  parcscer  délia,  se  Tiera  convenir;  6  voWer 
Su  Magestad  mesma.  Que  su  retraiiniento  podrà  ser  por  acâ,  y 
con  tan  buena  comodidad  de  hacer  sus  coUegios,  y  mas  a  propd- 
sito  de  los  que  la  han  bien  y  lealmentc  serrido.  Ofrescerle  iierras 
demàs  de  las  que  tiene ,  que  scan  â  su  propôsito,  de  que  gooe  sn 
vida  durante,  y  que  su  prescncia  aqui  sera  de  gran  alivîo  pan 
cualquiera  que  despues  gobieme,  aunque  no  se  mueva  de  su  re- 
traimiento.  Ofrescerle  gran  entreteniniientoy  mucba  auctoridad, 
y  darle  esperanza  que  babrâ  paz,  y  que,  como  los  principes  soa 
canzados,  liay  aparentia  que  durarà  (1). 

Sur  ii7ie  autre  feuille  de  papier,  égalenwnl  jointe  à  la  lettre,  se 
trouve  Cexpoié  suivant  des  detnandes  de  la  reine ^  avec  les  apos- 
tilles de  Philippe  II  : 

Que  tractando ,  como  tracta  ,  para  comprar  de  la  serenisima 
seîiora  infante  gobernadora  y  de  los  del  consejo  de  la  hacienda 
ciertas  vegas,  adénde  se  piensa  rotraer,  en  el  reyno  de  Toledo, 
que  son  de  los  maestradgos,  en  la  conclusion  de  lo  coal  seda 
mucba  prissa,  por  labrar  aun  este  ano  en  ellas,  con  confianzaque 
Su  Magestad  le  harâ  merced  del  precio ,  pide  que  Su  Magestad  se 


(1)  Je  crois  devoir  Uoniier  é^Iemenl  la  traduction  de  cet  avis  : 
«  Représenter  à  la  reine  la  nécessité  qu'il  y  a  (de sa  venne  aux  Pays-Bas). 
Lui  rappeler  Tamour  et  la  bonne  volonté  qu'elle  a  toi^jours  montréf  ctoftrts. 


(397) 

la  quiera  hacer  solamente  de  por  su  vida ,  y  que  con  los  apro- 
Techamientos  que  harà  en  ellas ,  saidra  h  Vuestra  Magestad  â  gran 
provecho  (1). 

Pide  que  en  aquellas  vegas  queden  sus  criados  enteramente 
exemplos,  en  actiones  personales  y  reaies,  de  loda  otra  jnrisdic- 
tion  que  de  la  suya ,  excepto  por  la  hacienda  que  podrian  tener 
estos  sus  criados  en  algunas  partes  fuera  de  las  dichas  vegas  (2). 


Lui  dire  qu^elle  ne  saurait  en  aucune  chose  en  donner  une  preuve  plus  grande, 
qu^en  se  relâchant  en  partie  de  sa  résolution ,  et  qu*el(e  servira  mieux  Dieu 
ainsi,  que  par  ce  quMIe  se  propose  de  faire.  Que  sa  venue  sera  pour  conférer 
afec  le  roi  sur  Tordre  qu*il  aura  à  laisser  ici,  puisqu*autrement  il  ne  peut  en 
partir,  sans  le  danger  qu*eUe  sait,  pour  la  connaissance  qu'elle  a  de  ces  pro- 
vinces, et  quVUe  sait  également  qu'il  ne  peut  se  dispenser  d'aller  en  Espagne. 
Qu^elle  prendra  part  aux  affaires,  soit  comme  gouvernante,  soit  comme 
adjointe ,  à  son  choix ,  et  selon  la  forme  qu'elle  déterminera  elle-même.  Que 
ce  ne  sera  que  pour  deux  années  :  pendant  ce  temps,  le  roi  pourra  aller  en 
Espagne,  voir  le  prince,  et,  s'il  le  juge  à  propos,  l'envoyer  ici ,  puisqu'alors 
il  aura  Tâge,  en  lui  donnant  un  conseil;  ou  bien  le  roi  lui-même  y  reviendra. 
Qu^elie  peut  vivre  dans  la  retraite  ici,  et  y  ériger  aussi  bien  ses  collèges, 
et  même  mieux  pour  ceux  qui  Pont  bien  et  loyalement  servie.  Lui  offrir  de 
nouveaux  domaines  qui  soient  à  sa  convenance,  pour  en  jouir  sa  vie  durant. 
Lui  représenter  le  grand  soulagement  que  sa  présence  donnera  à  celui ,  quel 
qu^il  soit,  qui  gouvernera  depuis,  alors  même  qu'elle  ne  sortirait  pas  de  sa 
retraite.  Lui  offrir  enfîn  un  grand  entretien  et  beaucoup  d'autorité,  et  lui 
donner  l'espoir  que  la  paix  se  fera,  en  ajoutant  que,  comme  les  princes  sont 
fatigués,  il  y  a  apparence  qu'elle  sera  de  longue  durée.  » 

(1)  A  la  marge  de  cet  article,  l'apostille  suivante  est  écrite  de  la  main  du 
roi  :  «  A  Su  Magestad,  que,  si  viniese  aca  por  gobemadora,  se  le  podria 

•  dar,  para  que  lo  labrase  entretanto,  habiendo  de  volver  alU,y  no  vi- 

*  niendo  sino  para  cstarse  acâ,  lo  |M)dria  hacer  mejor,  y  no  viniendo,  se  le 
n    podria  dar  esto  :  dejando  lo  de  Huete  en  cualquier  caso  <lestos.  » 

Le  sens  de  cette  apostille,  qui  n'a  peut-être  pas  été  bien  lue  par  le  copiste, 
est  peu  clair  :  il  paraît  en  résulter  cependant  que  le  roi  était  disposé  à  concé- 
der à  la  reine  Marie  ce  qu'elle  demandait  dans  cet  article,  et  qu'il  s'en  remet- 
tait à  ce  que  l'Empereur  {Su  JOageêtad)  déciderait  à  cet  égard. 

Voy.  le  t.  1",  p.  551 ,  note  1. 

(3)  Apostille  marginale  de  la  main  du  roi  :  •  A  estas  condiciones  no  se 


(  398  ) 

Que  pueda  ella  tener  un  alcalde  oon  la  iumbu^  juriditiaji  qoe 
Uene  el  de  la  corte  de  Su  Magestad ,  y  que  pueda  ella  maïubr 
sobre  las  aldeas  de  las  dichas  vegas  en  io  que  loca  el  no  transpor- 
lar  las  victuallas,  y  para  compeller  los  villanos  délias  à  qae  Tan- 
gau  à  vender  las  dichas  victuallas  en  la  plaça  que  ella  depularâ 
para  su  eomodidad  y  de  su  casa  y  gente. 

Que  Su  Magestad  reserve,  sobre  las  yglesias  agora  vacas,  très 
6  cuatro  mil  ducados  que  ella  pueda  repartir  à  las  personas  que 
senalarà  por  su  collegio,  como  mas  largamente  lo  escribe  (I). 


«  pu^de  responder,  sino  vîendo  ta  determinacion  que  la  feyna  toma  »  (On 
ne  peut  répondre  sur  ces  conditions,  avant  de  connaître  la  détennînatjon  de 
la  reine). 

(1)  Apostille  marginale,  de  la  main  du  roi  :  «  A  esto  no  bay  que  respooder , 
A  hasta  Yer  la  determinacion  que  la  reyna  tomarâ  ;  y  tampoeo  no  aé  si  se  podrè 
A  hacer  con  buena  conciencia ,  quanto  mas  que  en  lo  vaco  hasfagori  ténia 
n  yo  ya  seflaladas  las  pensiones  grandes  ti  (Il  n'y  a  pas  à  répondre  i  «U, 
jusqu'à  ce  qu*on  connaisse  la  détermination  de  la  reine.  Je  ne  sais  d'ailleurs 
si  cela  se  pourra  faire  en  bonne  conscience ,  d*atitant  plus  que,  sur  les  égliso 
vacantes ,  j*ai  déjà  assigné  les  grandes  pensions). 


(399  ) 


CXXXIII. 


RELATION  DU  DOCTEUR  MATHYS  (1). 

Bons  •ffats  d'une  médecin*  que  l'Empereur  prit  le  15  mars.  —  Il  racourre 
rappétii,  le  sommeil,  le  repos,  la  gaieté,  et  son  étal  n'aurait  laissé  rien  à 
désirer,  sans  la  démangeaison  ans  jambes,  dont  il  souffre  toujours,  quand 
il  n'a  pas  la  goutte.  ^^  Composttbn  de  ses  repas  :  grande  consommation  qu'il 
fait  de  fraises  et  de  cerises.  —  Redoublement  de  la  démangeaison  aux  jambes 
depuis  une  douzaine  de  jours  :  bains  qu'il  prend,  pour  la  combattre.  —  Chaleur 
et  froid  qu'il  ressent  en  même  temps,  dont  Mathys  ne  peut  pénétrer  la  cause, 
•I  qui  l'inquiète.  —  Confiance  exceasiTe  de  l'Empereur  dans  ses  anaiennet  habi- 
tudes et  la  force  de  sa  complexion.  —  Comment  il  boit  et  mange.  —  ObserTa- 
tion  de  Mathys  sur  le  peu  de  précautions  qu'il  prend. 

Sans  date  (  Yuste,  1 3  mai  1 558  ). 


Por  las  relaciones  y  car  tas  que  he  escrîto  continuaménte  para 
el  rey  niiestro  senor  como  para  Vailadolid ,  se  habrà  bien  enten- 
dido  conio  Su  Magestad,  aigu  nos  dîas  después  de  la  postrera 
gola,  se  habia  quedado  sin  apelito,  y  como,  después  que  tome  à 
25  de  marzo  cierta  medicîna  que  te  dimos,  torné  Su  Magestad 
no  solamenteà  cobrar  la  gana  de  corner,  pero  de  ahi  adelante  la 
fué  sîempre  mejorando  todo  lo  demàs ,  como  es  el  sueâo ,  muy 
buenas  càmaras  nalurales,  contentamiento  de  su  salud,  buen 
reposo ,  etc. ,  escepto  solo  lo  de  la  comezon  de  las  piemas ,  por- 
que  esta ,  en  falténdole  la  gota ,  le  es  tan  ordinaria  y  familiar  que 
nunca  esta  sin  ella.  Creciéle  à  Su  Magestad  el  apetito  en  gran 
roanera  con  las  tresas,  las  cuales  hubo  loego  à  los  primeros  dias 
de  Pascua,  y  se  huelga  en  extremo  con  ellas.  Habrà  quince  dias 
é  mas  que  biniéron  las  cerezas;  desias  y  de  las  fresas  corne  Su 


(1)  Cette  relation  fut  envoyée  par  Mathys  à  Vazquex  le  13  mai. 


(  400  ) 

Magestad,  ni  principio  de  conter,  may  gran  cantidad,  oomo 
suele  hacer  siempre,  comiendo  con  las  fresaa  ana  esctidiUade 
crema  y  natas;  luego  corne  de  un  pastel  con  especias,  y  janta- 
mente  de  un  pernîl  de  tocîno  cocido  y  de  nnos  tonreznos  :  con 
lo  cual  se  le  pasa  la  mayor  parte  de  su  corner. 

Con  todo  lo  sohredicho ,  bien  es  berdad  que  la  gsina  del  corner 
ha  sido  buena  :  pero  hàle  crecido  mucho,  por  olra  parte,  Isi 
dicha  cumezon  de  las  piernas,  la  cual,  habrà  cerca  de  ISdias,  ha 
dado  à  Su  Magestad  tan  ta  molestia  que  le  ha  împedido  ei  dormir 
de  noche,  y  ha  sido  mcnester  lomar  unes  banos,  los  cuales  hasta 
boy  va  conlinuando;  y  deinâs  desto,  de  algunos  dias  acâ,  le  ha 
yenido  una  destemplanza  y  desigualdad  de  calor  y  frio,  princi- 
palmente  de  noche,  de  tal  manera  que  en  una  misma  noche 
sien  te  Su  Magestad  del  vientre  arriba  un  frio  interior  con  al- 
gunos temblores,  aunque  livianos,  y  unos  escalofrios,  sin  que  se 
siga  pero  olra  alteracion  ninguna;  y  al  contrario  desto,  en  ud 
mismo  tiempo  siente  Su  Magestad  en  las  piemas  un  calor  inte- 
rior muy  grande,  y  pxteriormente  un  frio  :  pero,  pues  la  causa 
de  la  comezun  nacida  de  olra  parte  viene  à  dar  à  las  piernas,  las 
cuales  Su  Magestad  ordinariamente  de  noche,  que  hace  mayor 
frio ,  tiene  descubiertas  y  de  lodo  desnudas,  no  es  mararilla  que 
en  ellas  y  en  los  pies  sienla  Su  IVJagestad  el  frio  exterior  :  pero, 
que  en  las  partes  de  arriba  y  en  ei  pecho  y  brazos,  teniendo  todo 
esto  Su  Magestad  bien  cubierto,  sienta  tan to  frio  interior  que 
baste  à  hacerle  teniblar,  esto  sin  duda  nace  de  otra  causa  algvna 
mas  oculta ,  in  cual  à  la  verdad  no  me  contenta  nada.  Con  todo 
eslo,  dice  Su  Magestad  que  se  halla  bien  de  salud,  y  que  no  siente 
mal  ninguno  en  el  cuerpo;  corne  bien  y  mucho;  beve  mejor, 
aunque  de  algunos  dias  acâ  hace  poca  càmara.  Tiene  Su  Ma- 
gestad, à  lo  que  parece,  todo  lo  que  dicho  tengo,  en  poro,  y 
se  descuida  mucho  de  lo  que  podria  suceder,  pues  pareee  ser 
que  no  tiene  pensamiento  ni  voluntad  de  mudar  su  modo  de 
hacer  acerca  de  lo  sohredicho;  àntes,  si  yo  no  me  engano,  se 
confia  muy  demasiadamente  en  su  costumbre  vieja  y  en  las 
fuerzas  nalnrales  de  su  complexion ,  las  cuales  a  la  verdad  mu- 


(401  ) 

ehas  veces  veiuos  caerso  nias  presto  de  lo  que  se  esperaba ,  prin- 
cipalineote  en  un  cuerpo  lleno  de  nialos  humores.  Dios  pero , 
por  su  mîsericordia,  no  permita  que  nos  acaezca  tan  gran 
desgracia. 


CXXXIV. 

LISTE  DBS  PERSONNES  ARRÊTÉES  ET  ENFERMÉES  DANS  LES  PRISONS 
DE  VALLABOLID,  POUR  LUTHÉRANISME  0). 

VaIladoHd,14mai  155S. 


Fray  Domingo  de  Hojas. 

D.  Pedro  Sarniiento,  su  heraiano. 

I>*  Mencia  de  Figueroa ,  su  muger. 

D.  Lois  de  Rojas,  nieto  del  marques  de  Poza. 

D*  Ana  Enriquez,  hija  del  marqués  de  Alcanizes. 

D.  Carlos  de  Sesso. 

El  dottor  Caçalla,  y  dos  hermanos  suyos  clérigos,  y  dos  her- 
manas  suyas,  y  Joan  de  Bivero,  hermano  del  diebo  doctor,  ca- 
nado  con  dona  Joana  de  SiWa ,  hija  del  marqués  de  Montemayor, 
é  Ysabel ,  criada  de  una  bermana  del  doctor. 

D*  Francisca  de  Çâniga,  bîja  del  licenciado  Baeça. 

D*  Catalina  de  Hortega ,  bija  del  licenciado  Hernando  Diaz. 

Joana  Yelazquez ,  criada  de  la  marquesa  de  Alcanizes. 

El  licenciado  Errezuelo,  yecino  de  Toro. 

Juan  deUlloa,  comendador  de  la  érden  de  San  Joan,  vecino 
de  Toro. 

Cristobal  de  Padilla,  vecino  de  Zàmora. 


(  1  )  jointe  à  une  lettre  de  Parchevêque  de  Séville  au  roi ,  du  14  mai. 
Tome  IL  S6 


r 


(  402  ) 

El  liceneiado  Herrera ,  alcalde  de  Saeas  de  Logrooo. 
Joana  Sandiea,  beau ,  vecina  de  Valladolid. 
ÂDtOD  PaaoD ,  criado  de  D.  Luis  de  Rojas  et  clérigo. 
Pedro  de  Sotelo,  vecioo  de  Âldea  el  Palo. 
Un  platero  qae se  llama  Joan  Garcia,  y  otroa. 


cxxxv. 


lOAN   VAZQUEZ  A  L*E1IPEIIEUR. 


ArrÎTM  d'Espinosa ,  de  Bruiellcs ,  ivec  une  Uiln  dv  roi  en  cUffres.  —  La  prâ- 
eesM  lui  ordonne  d'aller  rendre  compte  à  TEmpereur  de  Tétat  det  affûres  wx 
Pays-Bas.  —  Nomination  par  le  roi  de  réréqne  de  S^oWe  à  rarebevè^ê  4b 
Santiago,  et  de  t'évêque  d' Arila  à  l'évéché  de  Cordone. 

Valladolid,  14  mai  1558. 


S.  G.  G.  M^,  Egpino8a(i),  qve  ta  présente  darà  à  Vaeatn 
Magestad ,  llegô  anoclie  de  Flandes  por  tiem ,  <(ae  partie  de 
fimselaa  à  très  del  présente.  Tralie  una  carta  det  rey  qae  seqieda 
deacifrando;  y,  porque  me  dijo  qae  qaeria  pasar  adénde  eatâ  d 
ohispo  de  Segovia,  à  quîen  Su  Magestad  Real  ha  aombrade  al 
arzol)i8pado  de  Santiago,  y  tambien  va  al  obispo  de  Avila ,  ^ 


(1)  Voy.  le  t.  1*',  pp.  289  et  295. 

Je  D*ai  pu  vérifier  si  cet  Espinosa ,  qui  portait  aussi  le  prénom  de  Diego, 
comme  on  le  verra  plus  Ioîd,  est  le  même  qui  devint,  une  dizaine  d^Bnéei 
après,  eonseîHer  d*État,  président  de  Caslille,  évêque  de  Sig^ueiua,  grand 
inquisiteur,  cardinal  et  favori  de  Philippe  II.  11  était,  ainsi  que  nous  rapfvné 
la  lettre  de  Gaztelû  à  Yazquez,  du  S6  mai,  serviteur  ou  client  (crMufe}  da 
licencié  Briviesca.  Le  secrétaire  Eraso  lui  voulait  du  bien  ;  et,  dans  une  lettre 
à  Vazquez,  du  7  juin  1558,  Gaztelù  recommandait  Espinosa,  parce  qne, 
disait-il ,  •  es  buen  mozo, y  por  algunos  avisos  que  dié  en  Flandes.  • 


(  405  ) 

ba  sido  proiDovido  al  obispado  de  Cordova ,  que  todo  es  câsi 
un  camino,  le  ha  maudado  Su  Alteza,  por  ser  hombre  de  buena 
razon,  que  pase  à  dalla  à  Vueslra  Magealad*  Y  a»i  solamente  be 
querido  escribir  cod  él  estos  rengiones,  entreianlo  que  se  acaba 
de  descifrar  lo  que  irujo ,  que  él  dira  particuiarmeiite  iodo  lo  que 

dél  Vuestra  Magestad  querrà  saber  :  à  quien  me  remito 

De  Yalladolid»  à  U  de  mayo  de  1558. 

Juan  Vazquez. 


CXXXVI. 

lOAN  DB  VEGA  (1)  A   l'eMPBREUR. 

Il  le  prie  d'appuyer  auprès  du  roi  let  demandas  de  la  reine  de  Hoogrie ,  qu'il 
trouve  bian  modettet  »  en  considérant  à  qui  elle»  sent  faites ,  et  qui  les  fait. 

y«lladolid,14iiiai1S5S. 


S.  C.  C.  M****,  la  serenisîma  seôora  reyna  de  Ungria ,  después 
del  fallecimiento  de  la  crislianisima  senora  reyna  de  Fraocia , 
que  Dios  haya,  ha  venido'aqui  à  Cigales,  como  Vuei^ra  Ma- 
gestad  habrà  entendido,  para  cod  mas  comodidad  tratar  del 
deseargo  y  cumplimieoto  del  aima  de  la  cristianisima  reyna.  La 
serenisîma  reyna  de  Ungria  me  ha  hecho  merced  de  comuni- 
carme  la  eleccion  de  la  morada  que  deseaba  tomar  y  manera  de 
TÎda,  y  de  que  dijese  à  Su  Magestad  mi  parecer  sobre  ello,  y  la 
sirviese  en  la  egecucion  del  negocio  que  Vuestra  Magestad  en- 
lenderà  por  lo  que  las  serenisimas  reyna  y  princesa  escriben,  que 


(f  )  Président  du  conseil  de  Castille.  Voy.  le  1. 1*',  p.  1 78 ,  note  I . 


'V*- 


(  404  ) 

cierlo  es  bien  pequena  demanda  para  à  quien  la  demanda  y  para 
quien  la  pide,  mas  todavia  no  déjà  de  tener  aignna  poca  de  difi- 
cuitad,  que,  cuando  no  seallanase,  daria  desasosiego:  la  ocasion 
del  cual  tengo  por  cierto  que  el  rey  nuestro  senor  no  solamente 
quîtarà,  mas  que  en  todo  lo  que  se  pudiere  dar  à  Su  Magestad 
contentamiento,  sera  servido  de  hacello,  como  la  razon  del  deudo 
y  de  la  charidad  lo  requière ,  allende  de  los  servidos  senalados 
que  la  serenisima  reyna  ha  hecho  a  Vuestra  Magestad.  T  aunqae 
parecerà  à  Vuestra  Magestad  superfluo  hacer  yo  oficio  en  esto, 
siendo  de  si  tan  encomendado,  por  haber  yo  entendido  en  elle, y 
conocido  de  la  serenisima  reyna  que  era  servida  de  que  por  mi 
parte  se  hiciese  este  oficio,  me  ha  parecido  hacerle,  para  avisar  y 
suplicar  â  Vuestra  Magestad  que  no  solamente  en  lo  qne'pide  sea 
servida  y  guiada  Su  Magestad  para  conseguir  el  fin ,  mas  se  le 
ofrezca  y  procure  de  en  otras  cosas  mayores  darle  contenta- 
miento, pues  sera  buen  egemplo  y  cosa  que  à  todos  parecerà 
muy  justa  y  honesta,  y  lo  contrario  descuido  y  falta  de  respeto  â 
quien  tanto  se  debe,  por  ser  hermana  de  Vuestra  Magestad  y  ser 
quien  es. 

S.  C.  C.  M**"* ,  quedo  rogando  à  Nuestro  Senor  guarde  y  eo- 
salce  la  S.  C.  C.  persona  de  Vuestra  Magestad  por  largos  tiempos, 
con  felicisimo  suceso  en  todos  sus  hechos,  para  que  les  ûrva. 

De  Valladolid,  à  44  de  mayo  de  1558. 

S.  C.  C.  M^** ,  besa  los  muy  reaies  pies  y  manos  de  Vuestra  Ma- 
gestad 

Juan  de  Vega. 


(  40S  ) 


CXXXVIÎ. 

MARTIN  DE   GAZTELÛ   A  JUAN  VAZQUBZ. 

Eut  de  TEmpirear  :  dîminotion  de  la  démaDgeaiMm  aux  jambes.  —  Venue 
d'Espinosa,  k  qnt  l'Emperear  (ait  des  demandes  sans  fin. 

Ciiacos,18  mai  1558. 


Ilastre  senor, no  he  querido  dejar  de  hacer  estos  ren- 

glones»  para  avisar  que  Su  Mageatad  esta  bueno;  y  con  los  bene- 
ficios  que  se  le  han  hecho,  se  le  ha  mitigado  la  comezon  de  las 
piernas,  y  ha  dormido  bien  la  noche  pasada,  mejor  que  las  otras. 

Espioosa ,  el  que  vino  de  Flandes  por  tierra ,  llegé  aqui  ayer, 
y  luego  le  llevé  à  Tuste*  donde  Su  Magestad  le  hizo  mas  pre- 
guntas  que  se  pudieran  hacer  à  la  doncella  Theodor  :  de  que  de 
todo  diô  buena  razon,  y  de  lo  que  vie  y  oié  en  Francia,  provi- 
siones  de  obispados,  cargos  de  Ytalia,  y  de  la  infanterla,  cabal- 
leria,  artilleria,  gastadores,  armada  de  mar,  y  de  otras  cosas 
que  S.  M.  R.  junta  y  tendra  para  ofender  à  los  Franceses  por 
mar  y  tierra  :  de  que  el  Emperador  ha  holgado  cierto  mucho 

De  Cuacos  »  à  i  8  de  mayo  de  i  S58. 

Martin  de  Gaztblû. 


(  406  ) 


CXXXVIII. 


l'eMPERKUR   a  PHILIPPE  11. 


EnToi ,  par  PiufàDte  Marie  de  Portugal ,  de  Francisco  de  Barrot ,  â  Teffei  de  trai- 
ter de  rexécQtion  du  tectametit  de  la  reine  ÉléonoM,  sa  mire ,  et  spédaleineat 
des  900,000  ducats  de  sa  dot ,  pour  lesqueb  asàfnation  lui  ayait  été  donnée  ea 
Espagne  et  en  France ,  à  son  choix.  — 11  sollicite  une  prorogation  du  délai  de  trois 
mois,  dans  lequel  l'infante  devait  se  prononcer  :  l'Empereur  s'excuse  delà  don- 
ner, à  cause  de  la  renonciation  qu'il  a  faite  ;  mais  il  lui  déliirre  ncie  de  sa  de» 
mande.  ~  Le  roi  jugera  du  parti  qu'il  lui  convient  de  prendre.  —  RebtioB  bile 
à  l'Empereur ,  par  Diego  de  fispinosa ,  de  l'état  des  affaires  mu  Paya-Bas  et  de 
ce  qu'il  a  vu  en  France.  —  Etat  de  sa  santé  :  démangeaison  aux  jamJ»es. 


Yiute,18inai  1558. 


Hijo,  à  los  27  del  pasado,  os  escribi,  en  claro  y  en  cifra,  por 
mar  y  tierra,  io  que  habréis  visto  6  yeréis;  y  despaés  llegé  aqui 
de  Portugal  Francisco  de  Barros  (1),  a  quien  la  infanta  envia, 
con  poder  suyo,  para  entender  en  e1  cuuiplimiento  del  testa- 
mento  de  la  reyua  su  niadre.  Y  habiéndome  \isiiado  de  su  parte 
y  de  la  reyna  y  cardenal,  pasô  à  Valladolid,  y  de  allf  à  Cigales, 
ionde  esta  la  de  Ungria ,  y  viô  las  escripturas  que  dejô  la  reyna 
cristianisima,  entre  las  cuales  ha  hallado  una  renunciacîon  qu*ella 
hizo  en  Madrid ,  el  ano  de  1530  (2),  en  mi  favor ,  cuya  copia  ba 


i 


(1)  Fraocisco  de  Barros  de  Payva,  gentilhomme  de  la  maison  du  roi  de 
Portugal. 

(2)  Cet  acte  avait  été  passé  à  Madrid  ^  le  23  février  1 550 ,  devant  le  secré- 
taire Juan  Vazquez  de  Molina  el  Miguel  de  Texeda,  notaire  de  câmara.  Il 
contenait,  entre  autres,  que,  si  les  afTaires  quMI  y  avait  entre  TEmperenr  f( 
le  roi  de  France  en  venaient  à  des  termes  tels  que  la  reine  Ëléonore  fut 
obligée,  durant  son  mariage,  ou  trois  mois  après  quMl  aurait  été  dissous,  de 
retourner  en  Espagne  ou  aux  Pays-BrSj  en  ce  cas,  et  si  elle  se  fixait  cb 


(  *07  ) 

de  leoer  Joan  Vaxqnez,  pues  la  otorgô  anfél.  T  porque,  como 
veréis,  conforme  à  eita  (1),  ha  de  elîgir  j  declarar  la  infante  ti 
acepla  les  200,000  doeadoa  de  sa  dote,  que  en  ella  ae  haoe  men- 
cion,  en  estoa  reynos,  donde  primero  loa  ténia  altuados,  6  en 
Francia ,  dentro  de  très  meses  después  de  sa  fallecimiento  ;  y  visto 
que  estoa  se  caniplen  â  los  18  deste ,  ha  acordado  el  dicho  Barros 
de  YoWer  âqui  à  pidirme  qae  prorogase  el  dicho  tiempo,  para 
que  paeda  primero  haoer  la  diligeneia  neeesaria  en  Francia,  j 
procure  de  haber  alla  la  dicha  su  dote,  y,  en  caso  qn'eato  no  se 
podieae  haber,  le  dièse  testimonio»  para  conservacion  de  su  dre- 
dio,  de  coma  se  habia  presentado  ante  roi  dentro  dellos.  A  lo  cnal 
le  mandé  responder,  por  medio  de  Gaxtelù ,  y  tambien  le  dije  yo 
parte  dello ,  que  ya  veia  que  habia  hecho  renonciacion  de  todo,  y 
quan  apartado  estoy  destas  cosas,  y  que,  aanque  hiciese  yo  la  dicha 
prorogacion,  no  séria  valida,  quanto  mas  qae  no  era  menester 
nada  desto ,  pues  vos  no  habiades  de  parar  eo  nada  dello.  Y  visto 
la  instancia  que  sobrello  hizo,  acordé  de  coocedellelo  del  testi- 
monio  que  pedia ,  porque  no  se  le  podîa  ni  era  razon  negarle ,  y 
junto  con  este, que,  si  traia  poder  é  instruccion  para  aceptar  en 
nombre  de  la  infante  desde  luego  su  dote  en  Castilla,  que  lo  YÎese, 
y  hiciese  en  mi  presencia  :  â  que  respondiô  que  no,  pero  que,  por 
virtud  del  que  ténia,  y  de  la  carta  de  creencia  que  me  trujo»  lo 
podia  hacer.  Y,  yislo  que  no  trae  poder  especial,  ni  érden  en  su 
inatruccion  para  elle,  no  ae  ha  hecho  ;  pero  hàsele  dado  el  dicho 


Espagne,  elle  pourrait,  à  son  choix,  on  jouir  de  la  consignation  qui  lui 
avait  été  faite  eo  /t<roa  dans  ce  royaume,  pour  Iesi00,000  dneata  de  sa  dot, 
ou  demeurer  arec  l*hjrpotbèque  qui  lui  ayait  été  donnée  en  France.  La  même 
aiternatÎTe  était  laissée  A  ses  héritiers,  à  condition  qu*ils  se  prononçassent 
dans  les  trois  mois  qui  suivraient  son  décès. 

(1)  On  lit,  à  la  marge,  ces  mots  écrits  de  la  main  de  Philippe  U  :  «  Que 

<i  hasta  agora  no  han  renido  estas  escrituras,  ni  escrito  menos,  sobre  ello^ 

•   cfe  lo  que  Su  Magestad  aqui  dice;  que  renidos  responderé  k  ello  •  (Jusqu^â 

présent,  ces  pièces  ne  sont  pas  arrivées,  et  moins  encore  a-ton  écrit  sur  le 

point  dont  Sa  Majesté  parle  ici  :  lorsqu'elles  viendront ,  je  répondrai). 


■*■■» 


(  408  ) 

testimonio,  ciiya  copia  ira  con  esta  (1).  Y  porqne  aainiismo  ba 
pidido  scribiese  à  la  princesa  hiciese  alla  eu  yuesiro  nombre  ia 
dicha  prorogacion ,  y  aunque  se  le  ha  respondido  que  tambieo 
creia  que  no  séria  bastanle,  todavia»  habiendo  persistido  en  eUo» 
le  escribo  que  lo  vea,  y  le  responda,  si  conviniere,  lo  mismo  qoe 
yo,  y  que  os  lo  escribirà,  por  ser  esto  lan  difereote  de  lo  de  la 
gobernacion  destos  reynos  qu  esta  à  su  cargo. 

Delocual  he  querido  avisaros,  para  que,  vista  la  dicha  escri- 
tura,  de  la  quai  escribo  â  la  princesa  que  os  manden  enriar  copia, 
y  asimismo  del  ùltimo  codicilo  que  hizo  la  reyna»  pocos  dias 
ântes  que  muriese,  y  de  los  testamentos  y  renunciaciones  de  que 
en  él  se  hace  mencion,  y  de  la  capilulacion  que  se  hizo  en  Madrid, 
con  todo  lo  demàs  tocante  à  esto,  mireis  lo  que  se  debe  hacer, 
porque,  habiéndose  de  efectuar  esto,  como  en  la  scriptnra  se  con- 
tiene,  en  defecto  de  no  querer  el  rey  de  Francia  pagalle  su  dote, 
lo  tengais  entendido,  para  ver  lo  que  querréis  hacer  en  lo  de  los 
ocho  cuentos  que  vaeÂron  por  la  reyna  su  madré,  sobre  que  os 
tengo  escrito. 

A  Diego  de  Espinosa,  que  vino  por  criadodel  marqués  del  Yalle 
por  Francia,  mandé  la  princesa  venir  aquf  ;  y  me  ha  hecho  rela- 
cion  particular  de  lo  de  ahi ,  y  de  lo  que  vie  y  oyé  en  Francia  : 
de  que  he  holgado,  y  principalmente  por  entender  que  quedâba- 
des  con  salud.  Yo  la  tengo,  aunque  una  comezon  que  me  acadiô 
à  las  piemas  me  ha  dado  estes  dias  pena,  puesto  que,  con  los 
beneBcios  que  se  me  ban  aplicado ,  estoy  mas  aliviado  délias, 
gracias  â  Nuestro  Senor. 

Él  os  guarde  como  yo  deseo. 

De  Sant  Gerénimo  de  Yuste,  à  18  de  mayo  de  4558. 


(1)  L*acte  est  du  17  mai.  L*Empereur  j  certifie  que  Francisco  Barras  s^tsl 
présenté  devant  lui  le  lundi  16  mai,  avant  midi,  au  nom  de  Tinfante,  eclnia 
parlé  touchant  la  prorogation  demandée  par  elle  (y  me  hablà  aeerca  de  fe 
iohredieho). 


>I09  ) 


De  la  main  de  l'Empereur. 


Hijo,  Y08  veréis,  por  lo  de  aryba,  lo  que  ay  en  este  oegocio. 
Verloéis,  y,  bien  mirado,  baréis  lo  que  mejor  os  pareciere.  El 
negocio  es  de  la  calidad  que  entenderéis,  ya  que  se  puede  aver 
inuchos  respettos. 

De  Tuestro  buen  padre, 


Carlos. 


CXXXIX, 

LE  DOCTEUR  MATHY8  A  JUAN  VAZQUEZ. 

État  de  PEnpCTMir.  —  DéinangeaÎMn  aux  jambes  :  bains  pris  par  lui  deox  fois  par 
jour.  —  Mauvais  régime  qu'il  continue  de  sai«Te.  —  Douleurs  de  tête. 

Yii8te,34mai1558. 


Muy  ilustre  senor,  à  la  de  Vuestra  Sefioria  de  diez  y  sois  del 
présente  no  tengo  que  responder,  sino  que  acerca  la  dispusicion 
de  Su  Magestad  no  ba  habido  basta  boy  otra  mudanxa,  à  Dios 
gracias,  aunque  el  tiempo  acà  sea  muy  estraneo  y  eomo  de  in- 
vierno ,  tantas  son  las  aguas  y  el  frio.  La  comezon  de  las  piemas 
es  agora  menor,  por  los  banos  que  yo  be  escrito  à  Vuestra 
Senorfa ,  los  quales  todabia  Su  Magestad  continua  dos  veces  al 
dia,  por  ballarse  bien  con  elles;  pero  tengo  miedo  que  no  bas- 
tJinui  para  quitalla  del  todo,  pues  la  causa  es  interior  y  viene 
cTarriba  :  de  la  quai  Su  Magestad  se  descuida,  y  sigue  su  cos- 
tumbre  de  yiyir,  sin  pensamiento  de  mndalla,  Siente  algunas 


(410  ) 

veces  un  poco  de  dolor  en  la  cabeza  à  las  tardes;  pero  qaitase 
con  el  sueno,  y  muchas  veces  con  la  oolacion.  Las  operadones 

natttrales  may  buenas  sod 

De  Yvste,  à  24  de  niayo  de  4558. 

Hbnriqub  Matisio. 


CXL. 


MARTIN  DE  GAZTBLU   A  JUAlf  VAZQUEZ. 


L*Empereur  a  été  si  satisfait  des  détails  que  lui  a  doanés  Espiuota ,  qo'D  a  vodh 
lui  parler  plusieurs  fois,  et  que,  après  TaToir  reteou  Jusqu'à  ee  joar,  il  lai  a 
remis  une  dépêche  pour  Quijada.  -  Santé  de  TEmperear.  —  NonTean  aeetut. 
—  Silence  que  l'Empereur  garde  sur  les  charges  données  par  le  roi  en  Italie, H 
la  demeure  du  due  d'Alhe  à  la  cour  :  indisposition  qu'il  a  contre  ee  dernier, 
depuis  son  traité  aTec  le  pape.  —  Déplaisir  que  lui  cause  l'ineertitnde  de  h 
grossesse  de  la  reine.  —  Lettres  de  lui  à  Vaiquei  :  il  se  décide  à  y  nifvt  b 
même  forme  qu'avant  sa  renonciation  à  l'Empire.  —  Livres  de  chant  eB««>és 
par  la  reine  Marie.  —  Besoins  d'argent.  --  Luthériens  pris  à  Séville  :  TEaspe- 
reur  désire  savoir  qui  ils  sont.  —  Gratification  à  donner  a  Bspinosa.  —  Indispe- 
•ition  de  Gastelû  :  observations  sur  le  climat  de  Toste. 


Cuacot ,  96  mai  1558. 


Ilustre  sefior, Sa  Magestad  ha  holgado  tanto  con  la  rala- 

cion  partienlar  que  de  todo  le  ha  hecho  Espinosa,  qae,  demàs  de 
habelle  hablado  algunas  veces,  io  ha  detenido  hasta  agora,  y  le  ha 
mandado  que  vaya  por  Villagarcia,  y  dé&  Lois  Quijada  un  pUego 
qne  lleva,  en  que  se  le  eseribe  que  vaya  luego  ahi  à  lo  que  Vnestra 
l^rced  entenderA  dél. 

Su  Magestad  queda  muy  bueno ,  y  càsi  libre  de  la  comezon  de 
las  piernas. 

Los  sellos  seràn  bien  llegados,  cuando  vinieren. 


(  411  ) 

He  €fttado  mny  atento  para  ver  como  toma  Su  Mageatad  la 
proviaioo  de  los  cargos  de  Ytalia ,  y  la  quedada  del  duque  de 
Aha  en  la  corte  :  pero  no  ha  dado  demoatmeion  de  reprovallo, 
ni  de  parecelle  bien ,  ai  no  ha  aeido  no  haber  hecho  al  doque  de 
AWa  la  mereed  que  dice  Espinoaa  pretendia ,  porque  esta  mal 
eon  algunas  de  sas  cosas ,  después  de  la  conclosion  de  la  paz  eon 
el  papa:  lo  eual  supiieo  à  Ynesira Merced  sirva  solo  para  si (i) 

De  que  baya  salido  incierta  la  preâez  de  la  reyna  nuestra 
senora,  ha  desplacido  à  Su  Magestad,  à  quien  hablé  sobre  lo 
que  toca  à  oomo  se  ha  de  escribir  &  Vuestra  Merced;  y  todabia, 
aunqoe  esta  tan  apartado  de  estas  cosas,  TÎsto  la  instancia  que 
le  be  heeho ,  ba  Tenido  en  que  se  baga  como  an  tes;  y  la  mudanza 
que  bobo  do  fîié  cnlpa  mia ,  sino  mandado  précise  soyo  :  por  lo 
cual  se  Yolvié  à  bacer  la  carta.  Que  muy  accesorio  es  este,  para 
loque  yo  deseo  servir  y  agradar à  Vuestra  Merced,  cuanto  mas 
siendo  tan  juste;  y  en  estas  cosas  tendre  yo  sienipre  cuidado, 
como  es  razon  y  lo  be  becbo  siempre. 

Su  Magestad  me  ha  dicho  que,  por  ôrden  de  la  reyna,  se  ha- 
bian  de  enviar  aquf  ciertos  libres  ^ de  cantos(^),  y  que  habian 
ya  de  ser  llegados,  y  que  se  entregarian  en  casa  de  Vuestra 
Merced,  para  que  el  primer  correo  los  trujese;  y,  como  ban 
pasado  tantos  dias,  me  ba  mandado  que  escribiese  à  Vuestra 
Merced,  para  que  avise  que  es  la  causa  que  no  ban  venido,  y  que 
se  euvicn  luego  :  de  lo  cual  creo  tiene  noticia  Ayala.  El  dinero 
que  ultîmamente  se  trajo  para  el  gasto  de  estes  très  meses  que 
se  cumplen  à  fin  del  de  junio  que  viene,  se  ha  ya  càsi  acabado  : 
por  lo  cual  conviene  que  Vuestra  Merced  mande  escribir  à 
Sevilla,  para  que  envien  luego  los  cînco  mil  ducados  de  juiio. 


(1)  Dans  une  lettre  de  Quijada  k  Yazquez,  du  0  juitlet  1558,  nous  trouvons 
encore  ce  passage  relatif  au  duc  d*Albe  :  »  Para  eon  Vuestra  Merced ,  y  no 
»  l>ara  mas,  dice  Su  Magestad  que,  cuando  el  rey  diô  al  duque  de  Alva  los 
»  cieoto  cincuenta  mil  ducados,  pensé  que  habia  hecbo  mucho  mas  :  que 
m    mas  es  lo  que  el  rey  ha  hecho  eon  él.  » 

(2)  Yoy.  p.  378. 


(  412  ) 

agosto  y  seliembre,  y  que  vengan  entre  ellos  mil  y  quinientos 
escudos,  porqueestos  basiarào  para  lo  que  se  ha  de  cumplir  coa 
oro;  y  lo  demàs  en  reaies,  como  se  aeostumbra. 

Su  Magestad  ha  enteodido  que  en  Sevilia  se  han  preso  por 
luteranos  algunas  persouas  principales,  y  otros  ausentados;  y 
hàme  mandado  que  escribiese  à  Vuestra  Merced  que  mande 
avisar  quienes  son,  porque,  como  aqui  hay  frailes  de  aquella 
dndad,  tienen  inteligencias  en  estas  y  otras  cosas  mas  que 
nosotros. 

Si  aqui  hobiera  dineros,  creo  que  Su  Magestad  mandara  dar 
à  Espinosa  alguna  ayuda  de  costa ,  y,  en  defecto  de  ser  tan  poca 
cosa  la  que  hay,  lo  remite  à  Su  Âiteza.  Suplico  à  Vuestra  Merced 
que,  porque  es  criado  del  senor  licenciado  Virbiesca,  y  la  bueaa 
Toluntad  que  Eraso  le  tiene,  y  porque  lievô  la  nue?a  de  Amberes 
à  Bruselas  de  la  llegada  del  senor  obispo  de  Pateocia,  cuando 
vino  del  Perù ,  y  no  se  le  diô  nada ,  y  las  demàs  razones  que 
Su  Magestad  escribe,  le  faborezca  para  que  Sa  Âlleza  se  la  haga  : 
que  en  é\  sera  bien  empleado ,  y  yo  la  recibiré  por  niia. 

IjOS  dias  pasados,  nie  dié  un  catarro  en  el  ojo  izquierdo;  y 
aunque  me  he  sangrado  y  purgado  y  hecho  otros  benefieios,  to- 
dabia  se  me  ha  hecho  una  postema  en  el  pàrpado  bajo  junto  à  éi, 
que  me  la  abriràn  hoy  ;  que  estos  son  los  efectos  de  las  boenas 
calidades  de  esta  tierra.  Dios  se  lo  perdone  â  quien  encaroinô  i 
Su  Magestad  à  este  sitio 

De  Cuacos,  à  26  de  mavo  de  1558. 

Martin  de  GaztelA. 


(  413  ) 


CXLI. 


LE  DOCTEUR  MATHTS  A  JUAN  VAZQUKZ  (1). 


Ayant  apporté  des  Pays-Bas  une  bible  en  français,  et  le  confesseur  lui  ayant  dit 
qu'il  ne  pouvait  pas  l'avoir,  il  prie  Vasques  de  s'enquérir  des  inquisiteurs  s'il 
peut  la  conserver,  étant  prêt  à  la  brûler,  s'ils  f ordonnent. 


Yuste,30inai  155S. 


Moy  ilustre  senor,  pues  Su  HagesUd  esta  cual  este  criado  de 
Su  Alleza  ha  visto,  y  no  hay  mudanza  en  su  dispusicion  alguna 
Dueva ,  à  Dios  gracias ,  tengo  de  suplicar  à  Vuestra  Seâoria  una 
merced ,  y  sarà  para  mi  muy  grande  :  y  es  que  Vuestra  Senoria 
sabra  como  truje  de  Flandes  una  bîblîa  en  francés,  y  cuando  yo 
estaba  cansado  de  leer  6  estudiar  cosas  griegas  6  latinas ,  huel- 
gàvame  con  leer  algunas  veces  en  ella.  Agora  diceme  el  nuestro 
«sonfesor  que  acà  en  Ëspana  no  se  puede  tener,  por  ser  en 
francés.  Yo  no  querria  errar  :  pero  bien  se  que  en  Flandes  la 
puedemos  tener  en  cualquiera  lengua.  Y ,  con  permision  de  Su 
Magestad,  suplico  à  Vuestra  Senoria  intienda  de  los  inqnisidores 
si  quieren  que  yo  la  tenga  y  la  lea  por  ini  contentaroiento;  y 
sino,  iuego  à  la  bora  la  qnemaré,  porque  acà  no  pretiendo  otra 


(1)  Quoique,  dans  le  1. 1*'',  p.  197,  note  1,  j^aie  fait  connaître  la  sabstance 
de  cette  lettre,  le  texte  ni*en  ayant  été  envoyé  en  dernier  lieu,  je  crois  devoir 
le  donner  ici.  Voici  les  ternies  dans  lesquels,  le  10  juin,  sur  la  réponse  de 
VazqœZj  Matbys  lui  annonça  qu'il  avait  brâlé  sa  bible  :  «  En  lo  de  la  biblia, 
0  porque  no  parezca  &  los  de  la  inquisicion  que  no  pidia  cosa  sino  mujr  raxo- 
m  nable,  y  porque  no  me  iba  mucho  en  ello,  yo  la  he  quemado,  en  presencia 
<*  del  confesor  de  Su  Magestad,  por  no  tener  esta  bri^^a  de  enviarla  allé,  y 
m    dar  trabajo  à  Vuestra  Se&oria  por  un  no  nada....  • 


(414) 

cosa,  ftino  obedecer  à  lo  que  ellos  me  roandaren;  y  por  eDten- 
della ,  no  me  importa  mas  que  sea  francesa,  ô  italiana ,  à  latiaa  , 
é  griega,  é  flamenca,  6  espanola,  aunque  acà  con  Su  Magestad 

no  hablamos  sino  francés 

De  Yuale,  à  di  30  de  mayo  i558. 

Hbnrique  Matisio. 

I^  biblia  que  yo  digo*  no  tiene  shio  el  texto  aolo,  «d  peqaeàa 
forma. 


CXLII. 


MARTIN   DE   GAZTELU   A  JUAN  VAZQUBZ. 

Déplaisir  que  cause  à  l'Empereur  la  nouvelle  de  la  prise  de  D«  Joan  Manrî^oe.  — 
II  se  réjouit  beaucoup  de  la  bonne  provision  d^ai^nt  qui  a  été  envoyée  au  rn , 
et  approuve  lea  dispoeitient  fîules  touehant  la  ehronique  d'Oeampo.  —  Sa  saatê 
eft  excellente  ;  seulement ,  il  souffre  de  l'index  de  la  nain  droit*,  etcraÎBC  ^3 
ne  s'y  forme  un  trou.  —  Nécessité  d'argent.  —  Mort  du  prieur  de  Yuste  et  eu 
prieur  de  Gordoue  pendant  la  tenue  du  chapitre  de  Tordre  de  S^-Jérôme  ;  «mbî* 
■atÛHi  de  fray  iuan  de  Asoleras  comme  général  de  Tordre.  —  Le  vicaire  de 
Tutobit  prier  TBmpereur  d'écrire  an  général ,  ponr  que  le  eonvont  soitasiarisé 
à  élire  un  prieur  :  il  s'y  refuse  nettement. 

Cuacos,  50  mai  1558. 


Ilustre  senor ,  con  Espioosa ,  que  partie  de  aqui  cinoo  dîas  ht , 
y  fué  por  Villagarcia,  eacribi  &  Vneatra  Merced  lo  que  habri 
TÎato;  y  anocbe  recebi  el  detpacho  que  trujo  el  correo  que  se 
deapaché  à  los  Teinte  y  siete  deste,  con  quien  recebi  la  carta  de 
Voestra  Merced ,  à  que  bay  poco  que  responder.  Su  Magestad 
oyé  anocbe  à  la  letra  la  suya ,  y  le  deaplugo  de  la  nueva  que  se 


(  4^s  ) 

habia  tenido  de  qo'el  senor  D.  Joan  Manrique  (i)  hobiese  sido 
preso  :  placera  à  Dios  que  no  sea  cierta  ;  y  ha  bolgado  mucho  de 
la  buena  y  brève  provision  que  se  ha  hecho  de  dinero  à  Su  Ma- 
gestad,  y  lo  que  mas  se  quedaba  procurando  :  con  que  tiene 
esperanza  se  harân  buenos  efectos;  y  hàle  parecido  bien  las  cé- 
dulas  que  se  quedaban  despachando  sobre  lo  de  la  corénica  de 
Florean  d*Ocampo.  Y  lo  que  en  su  salud  hay  que  decir,  y  yo  en- 
tiendo,  es  qu'esta  muy  bueno  :  solamente  le  duele  el  dedo  cabe 
el  pulgar  de  la  mano  drecha,  y  leme  se  le  ha  de  hacer  algun 
agujero;  y  siendo  asi,  lo  que  Dios  no  quiera,  quedarà  para 
escribir  de  su  mano  menos  que  por  lo  pasado.  Suplico  à  Vuestra 
Merced  tenga  memoria  de  lo  que  toca  à  la  provision  del  dinero 
para  estos  très  meses  que  vienen ,  por  qu*el  que  hay  es  muy  poco. 
El  prior  desta  casa  muriô  en  el  capitulo*  y  tambien  el  de  Cùrdova, 
que  fué  eligido  por  gênerai  de  la  ôrden  ;  y  en  su  lugar  se  ha 
nombrado  à  fray  Joan  de  Azoleras ,  que  ha  seido  meritamente* 
Y  entendido  esto,  el  vicario  desta  casa  envié  à  suplicar  à  Su 
Magestad  tobiese  por  bien  de  escrebir  al  gênerai  que  les  dejase 
hacer  élection  de  prior  :  de  lo  cual  se  escusé  rasamente,  y  d*em* 
barazarseen  ninguna  destas  cosas,  ni  de  su  6rden  (â)........ 

De  Cuacos,  à  30  de  mayo  de  i558. 

Martin  de  Gaztblû. 


(1)  D.  iuan  Manrique  de  Lara,  conseiller  d*ËUl,  général  de  Tartillerie  et 
Tun  des  majordomes  du  roi.  Philippe  II  Pavait  envoyé  des  Pays-Bas  en  Italie, 
pour  y  exercer  la  charge  de  vice-roi  de  Flapies ,  en  remplacement  du  duc 
d'Albe.  Il  ne  fut  pas  pris  en  chemin  par  les  Français,  ou  leurs  alfiés,  comme 
le  brait  s*«n  était  répandu,  mais  il  arriva  satn  et  sauf  à  Milan.  Yoy.  Camika, 
Felipe  If,  liv.  lY,  ck  XV  et  XIX. 

(â)  D*après  une  lettre  de  Gaztelû  à  Vazquez,  du  7  juin,  le  prieur  de  6ua- 
dalape  était  attendu  à  Yuste,  pour  présider  à  Pélection  du  prieur  de  ce 
couvent. 


(416  ) 


CXLIll. 


L  EMPEREUR   A  JUAN  VAZQUBZ. 

Il  approuve  1«8  dispostUons  qui  ont  été  faites  et  se  font  pour  proearer  le  pi» 
d'argent  possible  aa  rot.  —  Il  troaye  bîeD  aoseî  que  de»  évêques  aient  été 
appelés  pour  se  joindre  au  conseil  de  rinqvisttion.  —  Prise  de  D.  Jnam  Haa- 
rique. 

Yiiste,2juio1558. 


Joan  Vazquez  de  Molina,  mi  secretario  y  del  mi  consqo  (I), 
Tuestra  carta  de  27  del  pasado  he  recibido;  y  por  ella  y  la  copia 
de  lo8  asientos  que  enviastes,  y  lo  qne  la  princesa  me  ha  escrito 
de  su  mano ,  he  entendido  los  cambios  que  se  han  eondaido,  ; 
io  que  se  provee  al  rey ,  de  contado  y  por  letras,  y  el  aviso  que  de 
todo  se  le  da  por  diferentes  vias  :  de  que  he  holgado,  y  asi  de 
saber  el  cuîdado  con  que  se  quedaba  tratando  de  los  arbitrios  que 
se  acordô  los  dias  pasados  para  haber  mas  dinero,  porque  espero 
en  Dios  que,  si  el  rey  es  proveido,  ha  de  hacer  este  ano  boesos 
efectos. 

Paréceme  bien  que  se  hayan  enviado  à  Uamar  à  los  obispos 
que  escribis,  para  que,  juntamente  con  los  del  consejo  de  h 
ynquisicion  y  los  demâs,  vean  lo  que  se  debe  proveer  sobrVl 
reroedio  y  castigo  de  tan  gran  mal  ;  y  ya  creo  que  Luis  Quijada 
debe  ser  llegado  ahi,  para  tratar  dello  en  mi  nombre. 

Hàme  desplacido  de  la  nueva  que  ahi  se  habia  tenido  de  la 
presion  de  D.  Juan  Manrique ,  por  la  falta  que  harà  al  rey  en 


(1)  On  voit  que,  ainsi  que  récrivait  Gazlelâ,  le  S6  mai,  TEniperaiir 
tinnc  de  se  servir,  dans  sa  correspondance  avec  Vazquez ,  de  la  même  formole 
qu^avant  sa  renonciation  à  TEmpire. 


(417) 

esta  coyunlura ,  y  la  voluntid  que  le  (engo.  De  h  que  mas  enten< 
diércdes  me  avisaréis. 
DeYustc,  ik  2dejunio  1558. 


Càhlos. 


Por  mandado  de  Su  MagesUd  : 
Martin  de  Gaztelù. 


CXLIV. 


L*ARCHEVÉÛUE  DE  SÉVILLE  (1)  A  L'ëMPEREUR. 

Raison  pour  laquelle  il  ne  l'a  pas  infornic  des  choses  qui  ont  été  découvertes  en 
matièra  de  luthéranisme.  —  Il  lut  envoie  une  relation  de  ce  qui  s'est  passé  et  fait 
en  dernier  lieu.  —  Peine  que  donne  à  rarchevéqnt  le  manque  d'inquisiteurs  et 
de  eonseillers. 

L'Abrojo^âjuin  1558. 


S.  C.  C.  M*'** ,  yo  he  dejado  de  dar  cuenta  à  Vuestra  Magestad 
de  las  cosas  que  se  ban  descubierto  de  los  berrores  luteranos, 
por  baber  entendido  que  del  todo  babia  dado  Vuestra  Magestad 


(!)  On  a  vu  f  p.  554)  que  rarchcvéque  de  Séville  faisait  des  difficultés  pour 
se  rendre  dans  .«on  diocèse.  Le  5  juin  1558,  Philippe  II  écrivit  à  la  princesse 
{gouvernante  qu^elIc  devait  lui  ordonner  de  s'y  rendre  sans  délai,  et  que,  sMI 
al]é(]^uait  de  nouvelles  excuses,  elle  ne  rappellerait  plus  au  conseil  d*Ëtat 
{Le  mandaréît  que  lo  haga  luego,  sin  mas  dilacion,  y,  si  todavia  se 
escusase^  no  sea  Uamado  ni  entre  en  el  consejo  de  Estado  :  que  con  esto 
satisfago  con  mi  conciencin,  entretanto  que  voy  en  csos  reynos,  y  lo 
provco  como  conviene  à  ella). 

Le  roi  changea  d'avis  quelques  jours  après,  à  cause  de  la  gravité  des  nou- 
ToMB  II.  27 


(418) 

de  mano  à  los  négocies,  y  que  por  eso  no  convenia  cansar  à 
Vueslra  Magestad  con  mis  carias  ;  y  por  la  miama  causa ,  he  de* 
jadodeadveriirle  deolras  cosas  que  habia  necesidad  dedareoenU 
à  quien  lo  pudiese  reinediar.  De  lo  que  ha  habido  en  esto  de 
ahora,  be  dado  siempre  cuenta  à  la  serenlsima  princesa,  y  cod 
consulta  de  Su  Alteza  se  ha  proveido  lo  que  se  ha  beebe  hasU 
ahora,  que  Vuestra  Magestad  mandarà  ver  por  la  relacion  que 
va  con  esta.  Tambien  lo  he  escrito  por  estenso  à  la  Mageslad  dd 
rey.  Yo  pienso  que  en  niuguna  cosa  se  ha  perdido  punto  de  lo 
queconvenia  hacerse,  segun  la  cualidad  de  los  liempos  y  de  los 
negocios,  y  confîo  en  Dios  que  tampoco  habrâ  descuido  en  lo  de 
adelante.  Lo  que  uie  ha  dado  algun  trabajo  es  haber  faita  de  per- 
sonas  en  las  inquisiciones ,  asi  por  no  tener  de  que  pagarles, 
como  por  algunos  disfavores  que  ban  sentido  de  aigunos  dîas  acâ 
en  las  cosas  del  sancto  oficio  :  que  Ho  es  poco  inconveniente  y 
peligro  para  estos  tienipos.  Tambien  me  he  hallado  con  pocas 
personas  en  el  consejo ,  asi  por  lo  dicho  como  por  lo  que  Ta  en 
ei  mémorial  ;  mas  confio  en  Dios  que  todo  se  remediarâ  como 
conviene,  con  la  voluntad  y  calor  que  Vuestra  Magestad  agora  y 
siempre  ha  tomado  las  cosas  de  la  fe,  y  que  por  eso  ha  de  dar  à 
Vuestra  Magestad  mucha  salud  y  larga  vida.  A  él  plega  por  so 
infinita  bondad  que  sea  asi,  con  la  prosperidad,  contenlamiento 


vclles  que  lui  parvinreol  sur  le  développement  que  le  luthéranisme  avait  piîi 
eu  Castille.  Voici  ce  qu'il  écrivit,  le  14  juin,  à  la  princesse  : 

«  En  la  carta  de  negocios,  os  escribo  lo  que  veréis  cerca  de  la  ida  del  arzo- 
bispo  de  Sevilla  à  su  içlesia,  y  que,  no  haciéndolo,  mandeis  que  no  sea  n^maul" 
al  consejo  de  Estadoj  y  después,  con  tcner  mas  certenidad  de  lo  que  ha  pasado 
en  la  prisiou  de  Caçaila  y  los  demâs ,  y  lo  que  desto  dépende,  he  mirado  ea 
elio,  paresciéndome  que  la  auscncia  del  arçobispo  podria  hacer  mucha  falu 
en  esta  ocasiou,  especiaimenlc  escribiéndoos ,  como  os  escribo,  que  se  juntca 
mas  personas  con  los  de  la  inquisicion ,  para  tratai*  deste  negocio.  Si  él  se 
quisiere  ir ,  en  este  caso  no  habrà  para  que  embaraçarle ,  porque  él  mirafâ 
lo  que  convernà  en  tai  coj'untura;  /  quedândose,  no  habrà  para  que  se  vea  el 
capitulo  en  consejo,  ni  se  le  diga  nada  por  el  présente.  • 


(  ^^^  ) 

y  descanso  que  yo  le  deseo  y  es  menestcr  para  bien  de  su  yglesia 
y  religion  cristiana. 
En  el  Abroxo,  2  de  junio  1558. 

De  V.  S.  C.  M^**  servtdor  é  capellan  humilde,  que  sus  nianos 
é  pies  besa, 

F.  UlSPALENSlS. 


CXLV, 

BEL\T10N   ENVOYÉE  A   L*EMPEREUR   PAB   l'ARGHEVÊQUE 

DE  SÉVILLE. 

L'archevêque  étaDt  à  Valladolid ,  occupé  de  Taffaire  des  luthériens  de  Sévillo  et 
d'autres  objets  importants  touchant  la  foi,  il  vint  à  sa  connaissance  que  certaines 
personnes ,  en  grand  secret ,  et  sous  couleur  d'enseigner  des  choses  qui  parais- 
saient bonnes  et  saintes,  y  mêlaient  des  choses  mauvaises  et  hérétiques.  -  Il  re- 
commanda à  quelques-uns  de  ceux  qu'on  voulait  tenter,  d'user  de  dissimulation, 
et  de  tâcher  d'avoir  par  écrit  les  maximes  qu'on  cherchait  à  leur  inculquer.  Sur 
ces  entrefaites,  un  habitant  de  Zâniora  fut  dénoncé  à  Tévéque ,  comme  suspect  de 
luthéranisme;  l'évéque  le  fit  mettre  en  prison,  mais  en  le  laissant  communiquer 
avec  ses  adhérents  :  ce  qui  donna  l'éveil  aux  plus  coupables,  lesquels  cher- 
chèrent à  se  mettre  en  sûreté,  hors  du  pavs.  —  L'inquisition  alors  crut  devoir 
agir  :  elle  fit  arrêter  le  docteur  Cazalla,  ses  frères  et  ses  sœurs,  sa  mère,  D.  Pedro 
Sarmiento  et  sa  femme ,  dona  Ana  Gnriquez,  sa  niècp,  fille  du  marquis  d'Alcani- 
ces ,  D.  Luis  de  Rojas,  petit-fils  du  marquis  de  Posa,  ainsi  que  d'autres  habi- 
tants de  Valladolid ,  de  Toro  et  d'ailleurs.  Elle  envoya  aussi  en  diligence  vers 
les  frontières,  pour  arrêter  ceux  qui  s'enfuyaient,  et,  de  cette  manière,  elle 
aaisil  0.  Carhw  de  Sesso,  flx-«orrégidor  de  Toro,  et  fray  Domingo  de  Rojas,  qui 
avait  revêtu  des  habits  séculiers  :  ces  deux  derniers  étaient  parvenus  à  se  pro- 
curer un  sauf-conduit  du  vice-roi  de  Navarre ,  pour  passer  en  France  ;  ib  avaient 
des  lettres  do  recommandation  pour  la  princesse  de  Bcarn.  —  Avec  eux ,  et 
sous  l'escorte  de  douze  arquebusiers,  familiers  du  saint  office,  fut  amené  le 
licencié  Herrera ,  alcade  de  Sacas  à  Logrofio,  qui  leur  avait  prêté  faveur.  — 
Sur  toute  la  route,  jusqu'à  Valladolid  ,  les  hommes ,  les  femmes,  les  enfants ,  sor- 
taient des  maisons  pour  les  voir,  et  voulaient  les  livrer  aux  flammes  :  on  les  fit 
entrer  de  nuit  a  Valladolid ,  de  crainte  que  le  peuple  ne  les  Inpidât.  -  De  tous  les 
fugitifs,  un  seul  s'est  échappé  ,  en  s' embarquant  sur  uu  navire  qui  a  mis  à  la 


(  420  ) 

voile  pour  la  Flandre  ;  mais  on  a  pris  des  nir^uros  nHn  de  T  al  teindre.  —  L'arche- 
vêque a  informé  de  tout  le  roi  et  son  confesseur.  —  Chaque  jour  on  enlesid  de 
nouveaux  témoins. —  Un  gentilhomme  de  Toro,  Juan  de  Ulloa  Percjni,  s*e>t  pré- 
seule  do  lui-même  et  a  élc  mis  en  prison.  —  On  a  différé  d'en  arrélcr  d'autres, 
il  défaut  de  prisons  suffisantes.  -  Le  docteur  Diego,  inquisiteur  à  Cuenra  ,  a  été 
mandé  à  Valladolid ,  ainsi  qu'un  inquisiteur  de  Murcie.  —  D.  Diego  de  Cordova 
et  Valtodano,  du  conseil  de  Finquîsition ,  sont  occupés  tous  les  jours,  matin 
et  soir,  avec  l'inquisiteur,  aux  interrogatoires  et  à  l'examen  des  prisoDoiers,  à 
l'inlcrvention  du  fiscal  du  conseil  royal  et  du  fiscal  de  l'inquisition.  —  L* arche- 
vêque reste  seul  au  conseil ,  pour  Texpédition  des  affaires  générales ,  avec  Diego 
tic  los  Cobos  et  le  docteur  Andrès  Perça  :  chaque  jour  on  rînfomie  de  U 
marche  des  procédures,  et  lui-même  en  rend  compte  à  la  princesse  gouvernante. 
—  Lorsque  les  procès  seront  en  termes  d'être  décidés ,  on  appellera ,  outre  des 
auditeurs  de  la  chancellerie  et  du  conseil  royal,  les  évêques  de  Palcneia  et  de 
Ciudad -Rodrigo ,  qui  ont  été  du  conseil  de  l'inquisition.  —  La  lettre  deTEai- 
pereur  à  la  princesse  a  produit  un  grand  effet.  —  L'évêque  de  Tarrazoaa  a  été 
mandé  à  Valladolid ,  avec  le  dessein  de  l'envoyer  à  Sévillc.  —  Pour  le  moment , 
il  semble  qu'il  n'y  ait  rien  à  faire  de  plus. 

Sans  date  (3  juin  1558). 


Memoria  de  lo  que  ha  pasado  y  se  ha  hecho  en  los  negoctos  que  han  sabcedido 

de  nuevo  cerca  de  los  herrores  luteranos. 

Estando  el  arçobispo  en  Valladolid ,  eDtendiendo  en  las  cosas 
que  habian  sucedido  cerca  destas  materias  en  Sevilla,  y  tambien  en 
otras  cosas  nmy  importantes  à  la  fe  que  habian  sucedido  en  las 
inquisiciones  de  Aragon,  Valcncia  y  Murcia,  aunque  no  deslos 
herrores,  subcedio  que  vino  a  su  nolicia  que  algunas  personas, 
en  gran  secreto  y  con  color  de  enscnar  y  predicar  cosas  que  pares- 
cian  sanctas  y  bueuas,  mezclaban  cosas  malas  y  heréticas,  lo  cual 
iban  baeiendo  poco  à  poco,  segun  hallaban  la  dispusicion  en  las 
personas  que  tentaban.  Esto  entendiôel  arzobispo  de  algunas  per- 
sonas  de  las  tentadas,  que  se  habian  escandalizado  de  lo  que  les 
comenzaban  à  ensenar,  aunque  no  se  habia  pasado  con  ellos  moy 
adelantc.  A  estas  personas  se  les  m.indô  que  con  todo  secreto  y 
desiniulacion  volviescn  à  los  enscnadorcs  que  les  habian  dîcbo, 
y  que  descaban  cntenderlo  mejor  y  toniarlo  por  escrilo,  pot 
encomendarlo  û  la  ineinoria  y  conlemplar  mas  y  consolarse  coo 


(  421  ) 

ello,  y  comanîcar  con  las  personas  que  mejor  io  enlendian. 

£sto  se  efoctiiô  asi ,  y  subcediô  bien ,  porque  se  fiié  aciarando 
algo  mas  la  maleria,  y  se  entandiô,  por  escrito  y  por  cartas,  algu- 
nos  malos  herrores  que  ensenaban,  y  algunos  de  los  auctorcs  de 
la  doctrina  :  mas  todavia  se  trataba  con  todo  secrelo  v  disimu- 
lacion,  porque  se  pudiese  mejor  entender  y  aaber  de  mas  perso* 
nas  que  fuesen  parlicipautes  en  ello. 

Eslandolos  negocios  en  e$tos< termines,  sueedié  que  etobispo 
de  Çàmora  hizo  publicar  en  su  yglesia  ciertos  heditos  que  se 
suelen  publicar  en  quaresma,  para  que  los  que  supieren  de  aigu» 
nos  pecados  pùblicos  6  supersliciones  lo  vengan  deciendo;  y  desta 
ocasion,  algunas  personas  fuéron  à  decir,  anteel  obispo,  contra 
un  vecino  de  alli  que  se  llama  Padilla,  algunas  cosas  destos  her- 
rores ;  y  el  obispo  le  prendié  y  puso  en  su  cârcel  pûblica.  Y  como 
esto  fué  pùblico,  y  el  Padilla  en  la  cârcel  tuvo  libertad  de  ba» 
blar  con  las  personas  que  quiso ,  y  para  escribir  cartas  y  avisos 
â  olras  partes;  y  aunque  el  obispo  lo  hizo  con  buena  intencion , 
mas,  por  no  tener  experiencia  del  secreto  con  que  estas  cosas  se 
suelen  traiar,  subcediô  mal,  porque  dié  ocasion  à  espantar  la 
caza;  y  asi  comenzâron  à  ausentarse  algunas  personas  de  las  mas 
colpadas,  y  pusiéron  al  arçobispo  y  à  la  inquisicion  en  mucho 
cuidado  de  començar  luego  à  prender  à  algunos  de  los  culpados, 
que  fué  al  doctor  Caçalla  y  à  unes  hermanos  y  hermanas  suyas, 
y  à  su  madré,  y  à  don  Pedro  Sarmiento,  y  à  su  muger,  y  à  dona 
Âna  Enriqoez  su  sobrina,  bija  del  marqués  de  Alcaûices,  y  à  don 
Luis  de  Hojas,  nieto  del  marqués  de  Poça  y  heredero  de  su  casa , 
y  a  otros  vecinos  y  vecinas  de  Yalladolid  y  de  Toro  y  de  unes 
îugares  de  su  tierra;  y  tambien  enviâron  con  gran  diligencia  à 
tomar  los  puertos,  para  prender  à  los  que  sehabian  ausentado. 
y  plugo  à  Dios  que  se  prendiéron  en  Navarra  don  Carlos  de  Sesso, 
vecino  de  Logrono,  que  fué  corregidor  en  Toro,  y  fray  Domingo 
de  Rojas,  que  iba  en  hàbito  de  seglar  :  que  fué  gran  ventura, 
porque  ya  tenian  salvo  conduto  del  virrey  de  Navarra,  para  pasar 
en  Francia;  que  con  engano  le  habian  sacado  al  virrey,  y  lleva- 
ban  cartas  de  encomienda  de  algunas  otras  personas  para  la 


(  422  ) 

princesa  de  Biarne  y  para  las  guardas  de  los  puertos;  y  asi  fuéron 
traidos  presos,  y  jiintaniente  con  el  licenciado  Herrera,  alcaUe 
de  Sacas  en  Logrono ,  que ,  demàs  de  ser  partieipante  en  lo  prin- 
cipal ,  habia  desimiilado  y  dado  favor  al  ffay  Domingo  y  à  don 
Carlos,  para  pasarse;  Tragéron  ai  fraile  eon  ei  iiiismo  hàbito  que 
le  tomàron  de  lego  ;  y  asI  esté  en  la  càrcel ,  sio  haberie  cooseo- 
tido  que  tome  sus  hàbitos.  Tragêronios  cou  doce  arcaboceros 
fatniliares  dél  santo  oficiu;  y  à  caballo  venian  loè  ofieiales  que  se 
habian  envîado  è  boscarios.  Y  desta  makiera  veniéron  por  Ipdo 
el  camiho  hasia  Valladolid^  siti  conséiitir  que  se  hablase  une  à 
otro ,  iii  que  otra  persona  algitna  les  hablase.  Y  por  todos  los  pae- 
blos  donde  pasàron,  salian  muchas  gentes,  hombres  y  mugeres 
y  muchachos,  â  verlôs  ^  con  démoslracidn  que  luego  los  quisierao 
queinar.  El  fraile  traia  gran  miedo  que  sus  parientes  le  habian 
de  matar  en  el  camino.  Proveyôse  que  los  meUeséh  en  Yalladoiid 
de  nôche,  por  evitar  que  los  muchachoi  y  el  pueblo  no  Ida  ape- 
dreasen,  porque,  segun  la  genté  esta  indiguada  contra  eilos^ 
piidiera  ser  que  lo  hicieran. 

De  todos  Ibs  attsentados  ittt  se  ha  escapado  sîno  uno  que,  ami- 
que  os  hornbre  de  baxa  suerté,  es  muy  culpado.  Deste  se  lf«tie 
noticia.  Embàrcé  en  Castro  de  Urdiales  en  una  cabra  qae  alli 
lenia  fletada  un  mercader  flaiiiencô;  y  quando  llégarbn  los  que 
iban  en  su  segiiimienio ,  éru  ya  embarcàdo;  Viéronse  unas  oartas 
SiUyas  que  escribia  à  una  su  deToià  que  esta  presa,  en  que  la  avi- 
Sàbn  como  îbû  en  aquella  cabra  à  Fiandes,  à  casa  del  arçobispo 
de  Toledo  (I),  ô  de  fray  Juan  de  Yillagarcia  su  eoiiipanero, 
adônde  dicë  que  séria  bien  t^ecehido,  y  que  alli  le  ballarian,  y  el 
nombre  por  quien  habian  de  preguntar,  porque  se  habia  mudado 
su  pi*opio  nombre. 

De  todo  esto  se  ha  dado  aviso  al  rey  nuestro  senor  y  à  su  eon- 
fesor,  y  lanibien  al  capitan  Pero  Menendez  que  es  ido  alla,  y  » 


(i)  On  remarquera  lUnsinuation  qui  est  déjà  ici  dirigée  par  Yaldés  contre 
rarchevéqtrê  de  Tolède  ^  frd^  Barto)ôtn('  de  Carrabza. 


(  423  ) 

hombre  diligente,  para  que,  si  fuerô  posible,  se  prenda  y  se  en- 
vie acâ.  Cada  dià  vien^n  à  la  inquisicion  nttevos  testi^i^os  que  se 
eiaminao  con  toda  diligenda  y  seereto.  Hase  venido  â  présentât 
y  esta  preso  en  la  inquisicion  un  caballero  de  Toro.  que  sellama 
Juan  de  Ulloa  Pereyi*a,  y  otros  se  han  dejado  de  prender ,  porque 
no  hay  càrceles  adônde  los  puedan  tener  à  buen  recaudo,  y  por 
io  MUéhô  que  ha  habido  en  que  entender  estos  dias  con  los  pre- 
SOS,  y  pot*  los  pocos  oBciales  que  hay,  porque  de  dos  inquisidores 
de  Valladolid  et  unô  eslâ  en  Avila ,  entendiendo  en  otros  nego^ 
cioB  importantes,  y  no  convino  hallarse  en  estos,  por  algunos 
buenos  respectes;  y  por  esta  falta  se  ha  envîado  al  doctor  Diego, 
inquisidor  de  (luenca ,  para  que  venga  À  residir  en  esta  de  Vallado- 
lid ;  y  tambien  ha  de  venir  otro  de  Murcin,  porque  mas  cerca  no  se 
ballàron  otros  inquisidores  que  fuesen  al  propésito  de  lo  que  ahora 
se  trata.  También  en  el  consejo  de  la  inquisicion  se  ha  hallado 
algtina  falta  de  personas,  porque  los  dos  del  consejd  real  que 
suelen  dcndir  alli  han  faltado  à  esta  saxon ,  porque  Galarza  es 
ftiuerto,  y  Olalora  ha  muclio  tiempo  que  esta  enfi^rmo,  y  se  fué  à 
su  tierfti;  y  de  los  cuatro  que  qiiedan  él  Uiio  es  teôlogo,  que  puede 
ayudar  poco  en  los  negocios  que  agora  se  tratan ,  y  de  los  très 
que  quedan  el  arçobispo  ha  proveido  qiie  don  Diego  de  Cèrdôba 
y  Valtodano  vayan  conlino,  luananas  y  tardes, à  la  inquisicion  à 
hallarse  présentes,  eon  el  inquisidor,  à  las  audiehcias,  y  examen 
y  confesiones  de  los  presos ,  y  para  visitar  y  proveer  lo  necesàrio 
al  recaudo  de  las  càrceles;  y  asi  se  hace  que,  câsi  todo  el  dia  y 
pftrte  de  la  iioclie,  se  ocupan  en  esto;  y  tambien  va  con  elles  el 
fiscal  del  consejo,  para  asîsiir  con  el  fiscal  de  la  inquisicion, 
porqne  en  todohaya  mejor  rëcaiido,  por  ser  iiiuchds  los  presos, 
y  personas  y  negocios  de  cualidad. 

Kl  arçobispo  queda  solo  en  el  consejo  con  Diego  de  los  Cobos 
y  con  el  doctor  Andrés  Perez  teôlogo,  para  despachar  los  nego- 
cios générales  de  las  otras  in((uisiciones;  y  cnda  dia  le  vienen  â 
dar  cuenta  de  lo  que  se  hace  con  los  presos  en  la  inquisicion ,  y 
tambien  el  arçobispo  consulta  con  la  serenisima  princesa  cada 
dia  lo  que  hay  y  lo  que  se  hace,  y  tienc  acordado  con  Su  Alteza 


{ 'iâi  ) 

que,  cuando  fuerc  nicnesler  que  algunos  del  consejo  real  se 
desocupen  y  ayuden  a  estos  negocios,  luhagan,  y  que,  para 
cuando  los  procesos  eslen  en  términos  de  se  ver  y  deteroiinar,se 
llamen  algunos  de  los  oidores  de  la  chancilleria,  cofflosesude 
hacer,  y  lambien  algunos  de  los  del  consejo  real,  ô  todos,  si 
parescicre  que  conviene  se  hallen  â  ello  ;  y,  demâs  desto,  lambien 
esta  cousullado  à  Su  Alteza  que,  para  mas  autoridad,  al  tiempo 
de  ver  los  procesos,  se  llamen  los  obispos  de  Palencia  y  Ciudad- 
Rodrigo ,  que  han  sido  del  consejo  de  la  inquisicion.  Con  la  carta 
que  Su  Majestad  Impérial  escribiù  à  Su  Alteza ,  que  el  arzobispo 
ha  mgstrado  à  todos  los  que  la  quisiéron  ver,  porque  el  pueblo 
tenga  entendido  con  el  calor  que  toma  estos  negocios,  se  ha  dado 
mucho  favor  y  autoridad  à  todo  (!). 

Tambien  el  arzobispo  ha  consul tado  à  Su  Alteza  que,  para  dar 
mas  calor  y  autoridad  à  lo  que  se  trata  en  la  inquisicion  de 
Sevilla,  convernia  enviar  alli  algun  prelado  de  los  que  han  sido 
de  la  inquisicion;  y  porque  los  desta  cualidad  que  estân  mas 
cerca,  eran  los  obispos  de  Jaen  y  Ci udad -Rodrigo,  no  conviene 
que  entiendan  en  los  négocies  dealli,  por  tener  en  Sevilla  muchos 
parientes  principales  y  algunos  presos,  paresciô  que  no  habia 
otro  que  fuese  mas  â  propôsito  que  el  obispo  de  Taraçona,  que  ha 
sido  inquisidor  nmchos  nnos,  y  tiene  buen  espiritu  y  mucba 
esperiencia;  y  asi  Su  Alleza  le  ha  enviado  à  Uamar,  y  ha  respon- 
dido  que  vernâ  presto  â  Valladolid ,  aunque  no  se  sabe  si  aeep- 
tara  la  ida  â  Sevilla. 

Estando  los  negocios  en  estos  términos,  llegô  al  Abrojo  Luis 
Quijada  (â) ,  y  hablô  à  Su  Alteza ,  y  tambien  al  arçobispo;  y  asi 
de  lo  que  dijo  como  de  lo  que  paresce  por  el  capitulo  de  la  earta 
que  agora  ultimamente  recibiô  Su  Alteza,  se  eotendiù  la  oiocba 


(1)  La  lettre  de  TEmpercur  à  la  princesse  doila  Juana  est  dans  le  1. 1*', 
p.  207. 
(3)  Voy.,  dans  le  t.  V",  p.  289  et  305 ,  les  leUres  de  Quijada  à  TEmperenr, 

des  !••'  et  10  juin. 


.'fj 


■1 

5 


(  425  ) 

pena  y  cuidado  que  Su  Magestad  tiene  destos  negocios  ;  y  Juan  de 
Vega  vino  tambien  à  hablar  à  Su  Alteza  y  al  arçobispo  sobr*ello 
al  Âbroxo.  Y  enlendiendo  el  discurso  del  negocio,  y  lo  que  esta 
proveîdo,  paresce  que  no  bay  mas  que  proveer  :  nias  con  todo 
queda  concertado  que,  yendo  Su  Alteza  à  Valladolid ,  se  tornaràn 
â  juniar;  y,  si  hobiere  otra  cosa  que  proveer,  se  harà  con  toda 
dilîgencia. 


CXLVl. 

MARTIN   DE  GAZTELU   A  JUAN   VAZQUEZ. 

Excellente  Ranlé  de  TEmperour  :  U  déninngeaison  qu'il  avait  aux  jambes  va  en 

diminuant.  —  Pluies  continuelles  »  Yuste. 

CuaG08,3Jiiin  1558. 


llustre  senor, Su  Magestad  queda  bueno  y  gordo  y  con 

mejor  color  que  ha  tenido  dias  ha ,  y  buen  upetito  de  corner.  La 
comezon  de  las  piernas  ha  ido  y  va  en  declinacion  ;  y  cuando 
vinîere  el  dinero  para  el  gasto,  sera  bien  ilegado,  y  asi  los  libros 
de  canto  y  sellos  [\  ) ,  porque  todo  es  menester.  Âqui  ha  veinte 
dias  que  llueve  sin  césar 

De  Cuacos,  à  3  de  junio  de  1558. 

Martin  de  Gaztelu. 


(1  )  V07.  le  1. 1*%  p.  209,  a  le  t.  II,  p.  378, 387,  407  et  408. 


(  436  ) 


CXLVII. 

INSTRUCTION  DE  PHILIPPE  II  POUR  FRAT  BARTOLOIIÉ  DE 
CARRANZA ,  ARCHEVÊQUE  DE  TOLÈDE. 


II  ira  s'embarquer  en  Zélande  sur  les  navires  qui  Vy  attendent,  et,  en  passant 
devant  Douvres,  il  y  prendra  le  régent  Pigueroa.  —  A  son  débarquement,  s*îl 
apprend  que  la  flotte  de  Pero  Menendez  n'a  pas  encore  mis  à  la  voile,  il  en 
pressera  le  départ;  ensuite  il  poursuivra  son  chemin  jusqu'à  Yalladolid.  —  Il 
rendra  compte  d'abord  à  la  princesse  gouvernante,  et  puis  au  eonseil  d'État, 
de  la  situation  des  affaires  aux  Pays-Bas ,  de  l'intention  qu'avait  le  roi  de  se 
rendre  en  Espagne,  des  causes  qui  l'en  ont  empeébé,  des  besoins  d^argeol 
qu'il  éprouve ,  de  sou  grand  désir  de  conclure  la  paix ,  et  de  toutes  les  autres 
choses  que  l'archevêque  jugera  convenir:  il  laissera,  après  cela,  an  régent 
Pigueroa  ,  le  soin  de  traiter  les  questions  financières.  —  Il  fera  connaître  avsM 
à  la  reine  de  Hongrie  la  situation  des  affaires  des  Pays-Bas ,  mais  en  des  termes 
propres  à  l'engager  à  reprendre  le  gouvernement  de  ces  provinces.  —  Cela  fait, 
il  se  transportera  à  Yuste.  — •  II  remettra  à  l'Empereur  la  lettre  de  main  propre 
du  roi ,  dira  à  Sa  Majesté  le  grand  contentement  qu'il  a  de  la  savoir  en  bonne 
santé,  et  lui  rendra  un  eompte  particulier  de  la  situation  où  se  trouvent  ses 
affaires,  situation  pleine  d'embarras  et  de  périls,  à  cause  de  l'in^oflfisanoe  de 
ses  ressources  pécuttiaires  et  de  l'impossibilité  de  tirer  de  noaveailx  subsides 
de  ses  sujets  des  Pays  Bas,  d'Italie  et  d'Espagne ^  qui  sont  épuisés  par  les 
impôts  ordinaires  et  extraordinaires  auxquels,  depuis  tant  d'années,  il  a  faila 
les  soumettre.  —  Le  seul  moyeu  qu'il  eût  de  sortir  d'embarras ,  serait  de  $e 
rendre  en  Espagne ,  pour  y  réiablir  l'ordre  ilans  les  fihancès;  mais  il  ne  sait 
comment  il  pourrait  abandonner  les  Pa\s-Bas.  —  Le  duc  de  Savoie  «si  mal  w 
des  seigneurs  et  du  peuple,  et  désire  lui-même  être  déchargé  du  gouverne- 
ment. —  On  a  délibéré  sur  les  personnes  qui  pourraient  le  remplacer  :  on  a  mh 
en  avant  l'archiduc  Perdinand,  le  duc  Octave  de  Parme ,  là  dlichësse  sa  femme, 
la  duchesse  de  Lorraine  :  tous  ces  choix  ont  paru  offrir  des  inconvénients.  — 
La  reine  de  Hongrie ,  par  son  aotorité ,  par  la  longue  expérience  qu'elle  a  des 
affaires  du  pays,  par  l'amour  et  l'estime  qu'on  y  a  pour  elle,  serait  celle  qai 
conviendrait  le  mieux.  —  L'archevêque  suppliera  donc  l'Empereur  de  la  lùn 
appeler,  et  de  la  persuader  d'aller  reprendre  le  gouvernement  des  Pa^s-Bas, 
sinon  pour  un  temps  indéfini ,  an  moins  pour  un  temps  raisonnable.  —  Si  elle 
parlait  d'emmener  avec  elle  le  prince  D.  Carlos,  on  lui  répondrait  qu'il  derrail 
préalablement  être  juré  en  Castille ,  ainsi  que  dans  les  royaumes  d'Aragon ,  de 
Valence  et  de  Catalogne.  —  Pour  déterminer  la  reine,  l'Empereur  pouxra  lai 
accorder  ce  qu'il  jugera  convenable,  tant  en  Espagne  qu'aux  Pays-Bas.  — 


(427) 

L'archerèqtie  informein ,  en  mitre ,  l'Empereur  des  peines  qoe  le  roi  n  prîset 
en  Angleterre ,  et  qu'il  veut  prendre  eorore,  pour  le  mariage  du  duc  de  Sayoie 
avec  la  princesse  Élizabeth;  il  lui  donnera  enfin  connaissance  de  l'état  des 
affaires  en  Angleterre ,  en  Italie  et  en  Allemagne.  ->  Le  régent  Pigueroa  pourra 
raccompagner  à  Yuste. 


Anvers,  5  juin  1558. 


El  Rbt. 

Lo  que  vos,  el  niuy  reverendo  arzobîspo  de  Toledo ,  del  nuestro 
consejo  d^Estado,  habeis  de  hacer  por  mi  servieio  en  Espana, 
donde  ys ,  es  lo  siguiente  : 

Lo  primero ,  os  partiréis  y  iréis  à  Gelanda,  donde  os  nguardan 
las  naos  que  alli  estàn  adereszadas  y  Â  punto  ;  y  embarcÂudoos  en 
ellas,  os  haréis  à  la  vêla  con  el  primer  buen  tiempo,  eon  la 
bendicion  de  Nuestro  Senor;y  pasando  por  delante  de  Dobla  (1) 
enviaréis  las  zabras  que  van  con  vos,  à  que  iomen  y  traigan  al 
régente  Figueroa ,  que  ha  de  ir  en  vuestra  compania.  Y  desem- 
bnrcados  en  Laredo ,  6  en  el  puerto  de  aqaella  costa  que  pudié- 
redes  tomar,  si  hnllÀredes  que  aun  no  es  partido  Pero  Mcnendez 
con  el  dinero,  le  daréis  prisa  à  que  lo  hagn,  sin  detenerse,  pues 
sabeis  lo  mucbo  que  importa  su  vcnida;  y  luego  pasaréis  y  se- 
guiréis  vuestro  camino  à  Valladolid.  Y  llegado,  ante  todas  cosas, 
hablaréis  à  la  serenisinia  princesa  mi  hermana,  dàndole  cuenia 
de  lo  que  os  paresciere,  y  después  en  el  consejo  de  Kstado, 
diciéndolcs  particularinente  de  la  manera  y  en  el  término  que 
quedan  las  cosas  de  acà,  y  la  deterniinacion  que  ténia  de  ir  à 
aquellos  reinos,  y  las  causas  que  bobo  para  no  poderlo  bacer 
esla  primavera,  y  la  voliintad  que  tengo  de  ponerlo  en  efecio  lo 
mas  presto  que  pudiere  y  lo  sufriercn  los  negocios,  y  sobre  todo 


(1)  Douvres, 


(  428  ) 

en  el  eslremo  de  necesidad  en  que  me  he  hallado  y  hallo,  des- 
pues  que  voivi  aqui  dcl  campo ,  asi  por  io  niucho  que  quedé  a 
deber  à  la  gente  de  guerra,  coino  por  la  continuacion  de  los 
grandes  gastos  que  he  sostenido ,  por  no  haber  podido  despedir 
la  infanteria  alcmana,  segun  que  ya  les  he  avisado  con  los  correos 
que  han  ido ,  enviàndoles  particular  relacion  de  todo ,  y  lo  que 
importa  ser  proveido  y  socorrido  con.toda  brevedad,  juntando 
el  ejército  que  junlo,  de  que  Ilevais  relacion  ,  y  del  servicio  que 
estos  Estados  me  han  concedido  (1  ) ,  y  habiendo  de  salir  en  cam- 
pana,  y  teniendo  esperanza  que  con  su  favor  y  ayuda  se  haràn 
algunos  buenos  efectos,  procurando  de  aprelarle  y  estrecharle 
para  reducirle  à  alguna  buena  paz,  que  la  deseo  cuanto  sabeis, 
por  el  bien  y  utilidad  de  la  crisliandad  y  de  mis  senorlos  y  Es- 
tados, pues  agora  han  propuesto  taies  cosas  que  io  mas  convi- 
niente  ha  sido  para  todos  efectos  romper  la  plàttca.  Y  à  este 
propôsito,  les  diréis  todo  lo  demàs  que  viéredes  convenir,  como 
de  palabra  os  las  he  comunicado  :  que,  cuanto  à  las  particn- 
laridadcs  de  lo  que  toca  a  la  provision  de  dinero ,  y  lo  qoe  se 
debe  hacer,  el  dicho  régente  llcva  comision  para  tratario  y 
solicilario. 

Estando  In  serenfsinia  reina  de  Hungria  mi  tia  en  Yailadnlid, 
pues  la  habréis  de  ver,  no  se  podra  escusar  que,  viniendo  à 
hablar  en  las  cosas  de  acâ ,  no  le  digais  en  generalidad  de  la 
manera  que  quedan  las  cosas,  apartàndole  diGcultades,  y  dàn- 
dole  â  entender  en  les  buenos  termines  que  esta,  después  qoe  se 
ganô  San  Quintin,  y  Han ,  y  Xatclet,  por  estar  la  gente  ftiera 
de  las  fronteras,  y  con  la  buena  voluntad  que  han  servido  estos 
Estados  para  esta  guerra ,  y  lo  que  de  aquello  restarà  para  sos- 
tener  las  gnarniciones  ordinarias,  y  la  esperanza  que  se  tiene  que 
ayudaràn  para  lo  de  adelante ,  porque  séria  mas  à  propôsito  para 
faciiitar  su  venida. 


(1)  Les  étals  généraux  des  Pays-Bas  venaient,  après  de  longues  dîcciii- 
sions ,  d\iccor(Ier  au  W  une  aide  pour  neuf  années. 


(  42!)  ) 

Acnbndo  lo  de  Valladolid,  en  que  os  daréis  todn  la  priesa  que 
ptidiéredes,  luego  pasarëis  à  Yiisle;  y  dando  la  carta  de  nii 
niano  que  llevais  al  Emperador  mi  senor,  le  visitaréis  de  mi 
parte,  diciéndole  el  cou  tenta  m  lento  grande  que  lengo  de  saber 
de  la  salud  de  Su  Magestad,  y  le  daréis  particular  cnenta  y  razon 
de  lo  de  acÂ,  y  de  el  gran  trahajo  y  peligro  en  que  estàn  estes 
Estados,  y  cuan  alcanzados  y  consuraidos,  tanto  que  diyersas 
yeces  me  han  dado  memoriales  de  corao  esta  lo  de  la  hacienda, 
y  las  grandes  sumas  que  se  deben  sin  poderse  pagar  ni  cumplir, 
de  cuya  causa  el  crédilo  esta  perdido,  mostrando  que  aun  no  hay 
forma  de  poder  pagar  los  salaries  de  los  del  consejo  y  ministres 
de  justicia  y  otros  oficiales  ;  pidiéndome  lo  mande  proveer  de 
olra  parte.  Y  todos  los  gastos  de  la  guerra  pasada ,  que  fuéron 
grandes,  hasta  lo  de  las  guarniciones  ordinarias,  y  las  bandas  y 
fortificaciones,  y  lo  del  artilleria  y  municiones,  se  pagâron  del 
dinero  que  yino  de  aquelios  reinos ,  y  de  lo  que  se  tomù  al  Fucar 
y  otros  mercaderes,  sin  poderlo  escusar.  Y  aun  después,  se  ha 
ido  y  va  continuando  de  lo  que  me  han  enyiado  por  cambio  y 
trahido  de  contado ,  de  manera  que,  pensando  que  tobiera  re- 
caudo  para  juntar  el  egército  y  salir  en  campafia,  y  sostenerle, 
ine  ha  yenido  à  faltar,  y  â  tal  punto  que  quedo  con  harta  pena  y 
cuidado,  porque  no  se  como  lo  podré  hacer  :  que  en  esta  coyun- 
tora  que  tanto  importaba  anticiparme,  ya  lleyais  entendido  el 
ç:ran  inconveniente  que  trahe;  y  lo  que  eslos  Estados  han  hecho 
y  concedido ,  que  asimismo  mostraréis  à  Su  Magestad ,  ha  sido 
bueno  en  la  caniidad  y  en  el  tiempo,  si  no  fuera  necesitado,  por 
razon  de  la  guerra ,  anticipar  y  tomar  dello  càsi  dos  millones  y 
medio  de  florines,  que  se  vienen  à  consumir  en  sois  nieses  el 
sueldo  de  la  gcnte  de  caballo  y  de  pié  que  pagan  ;  y  lo  que  resta 
en  cada  un  ano  de  los  nueye  por  que  fué  la  conccsion ,  aun  no 
hnsta  para  las  bandas  ordinarias,  cuanto  mas  para  todos  los  otros 
gastos,  especialmente  si  se  continua  la  guerra  ;  que  lo  de  la  infan- 
teria  espanola  y  caballos  iigeros  y  arcabuceros  es  otra  cuenta  à 
parte,  que  tambien  me  da  mucho  trabajo,  porque  pasan  gran 
necesidad,  y  no  tienen  forma  de  entrelenerse,  si  no  es  con  el 


(  430  ) 

dinero  en  ia  mano,  esiaodo  en  San  Qaintin,  Han  y  XatdeL 
Y  con  el  poeo  dinero  que  voy  recogiendo  cou  harto  trabajo, 
haré  una  paga  à  mi  egéreito ,  con  esperanza  que  enlrelanto  lie- 
gara  Pero  Menendez,  aunqu^es  poco  io  que  me  queda  de  lo  qae 
Irahe,  por  haberse  tomado  sobrello  para  los  gastospasados,  y 
salir  en  campana ,  y  hacer  los  efectos  que  se  pudieren ,  seguu  las 
ocasiones  y  el  lugar  que  dieren  los  eneniigos  que  arinau  gruesa- 
mente,  y  procurar  de  impedirles  que  ellos  no  los  hagan,  y  sos- 
tener  y  conserbar  las  dichas  plazas  que  se  ganàron  el  ano  psado, 
y  amparar  y  defender  nuestras  fronteras.  Y  con  esto,  estaodo 
ambos  en  el  estremo  en  que  esUmos.  podria  ser  que  encami- 
nase  Dios  alguna  buena  y  firme  paz  con  condiciones  honestas  y 
razonables,  las  cuales  no  rehnsaré,  ântes  las  acceptaré  y  proco- 
raré  de  muy  buena  voluntad;  y  entretanto  que  ando  en  la  gaerra, 
no  dejaré  de  endereszar.  como  desde  agora  lo  voy  haciendo,  de 
asentar  y  poner  ôrden  en  todo,  principalmente lo  delà  religion, 
que  ya  sabeis  cual  esta  en  estos  Estados,  y  lo  dd  gubiemoy 
justicia,  y  aun  desde  aqui  lo  que  se  pudiere  y  sufriere  en  lo  de 
Ynglaterra. 

Y  vislo  en  el  estremo  de  necesidad  en  que  me  hallo,  qn'es 
mayor  de  lo  que  puedo  encarescer,  porque  lo  de  Nàpoles, 
Secilia,  Milan  y  lo  destos  Estados  esta  del  todo  acabado,  y 
nuestros  sùbditos  y  vasallos  muy  cansados,  por  haberies  tan 
continuamente  pedido  servicios  y  ayudas  ordinarias  y  estraordi- 
narias,  y  que  lo  de  la  hacienda  de  Espana,  ques  io  principal  y 
de  donde  se  podia  tener  alguna  esperanza ,  esta  tan  aicanzada  y 
consumida  que  no  faay  forma  de  poderme  prevaler  ni  socorrer 
délia ,  aun  para  lo  prdinario ,  y  que  los  medios  y  arbitrios  de  que 
forzosamente  para  lo  de  este  ano  be  permitido  que  se  uaen ,  coo 
harto  senlimienlo,  por  ser  tan  escrupulosos  y  no  convenieales 
al  bien  del  reino  ni  à  mi  opinion ,  me  avisan  que  se  podrâ  sacar 
poco  fruto,  y  que  van  umy  despacio,  y  que,  si  algun  remedio 
puedo  tener  para  lo  de  adelanle,  es  asenUir  y  dar  orden  en  lo  de 
la  dicba  hacienda  con  brevedad,  en  lo  cual  sera  roenester  mirar 
con  mucho  fundamenlo  y  cuidado,  y  por  taies  medios  que  no 


(  «i  ) 

\o$  pueden  ni  deben  inictar,  sino  yo  mismo  y  en  mi  presencia,  y 
con  elia  no  faltarân  b9rta8  diiicuUades  é  împedimentos,  segun 
esta  todo  andando  y  buscando ,  y  los  del  reino  tan  necesitados  y 
descontenlos ,  y  no  con  poca  razon ,  viendo  que  de  tantos  anos  à 
esta  parte  no  se  bace  otra  cosa ,  sino  aacar  para  todas  partes  tan 
grandes  y  continuadas  sumas  de  dinero,  tomândolo  à  ios  que 
vienea  de  las  Yndias,  y  aun  no  teniendo  juro  para  darles  por 
ello  à  crescidos  prescios ,  de  que  se  siguen  tan  grandes  y  nolo- 
rios  inconveni^ntes  en  gênerai,  y  particularmente  à  nuestras 
rentas  y  al  trato  y  comercio  comun  de]  reino ,  que  me  da  barta 
pena  y  cuidado,  por  verme  forzado  é  iuiposibilitado  à  no  poder 
entrelenarme  por  aoà,  y  que,  si  lo  biciese,  no  solo  aventuraria 
mis  lilstados,  pero  el  honor  y  reputacion,  que  lo  estiqno  en  mas 
quo  todo,  hallândome  aqui  sin  provision  de  dinero  suficiente  y 
bastante,  ni  podcrla  tener,  y  que  necesariamente  lo  he  de  îr  à 
buscar  para  su  sostenimiento,  porque,  con  lo  que  agora  ban 
concedido,  no  veo  que  baya  camino  de  poderles  persuadir  à  que 
hagan  mas,  segun  las  grandes  dificultades  y  dilacion  que  en  eslo 
ba  babido,  y  los  clamores  que  dan  de  las  impusiciones  que  pagan, 
y  lo  de  Milan  esta  de  maoera  que  no  bay  que  tractar  dello,  por- 
que las  rentas  son  vendidas  y  empenadas  basta  el  ano  de  sesenta 
y  uno  y  sesenta  y  dos,  y  los  gastos  eccesivos,  y  sin  poder 
menear  la  gente  que  comen  sobre  los  pueblos,  porque  se  les  debo 
gran  suma  de  dinero,  basta  en  fin  del  ano  pasado,  y  para  lo 
(leste  he  tomado  de  lo  que  ténia  guardado ,  para  aqui ,  trescientoa 
mill  escudos  que  me  hacen  bar  ta  falta,  porque  no  se  acahe  de 
perder  ;  que  lo  de  r^àpoies  y  Secilia,  puesto  qu'esta  como  estotro» 
podràn  en  alguna  manera  mejor  entretener.  Y  visto  todo  esto , 
que  es  lo  que  me  aprieta  y  costrine,  voy  endereszando  las  cosas 
à  propésito  de  ballarme  desembarazado,  para,  si  pudiere  y  lo 
sufriere  el  estado  de  los  négocies,  ir  à  aquellos  reiuos,  para  los 
sobredicbos  efectos  ;  que,  si  no  fuese  por  esto,  bien  veo  que  por  aqui 
puede  ser  mas  ofendido  el  rey  de  Francia ,  y  costrenido  à  la  paz, 
e«pecialmente  con  teuer  las  dicbas  plazas  de  San  Quinlin ,  Uan 
y  Xatelet,  y  fortificarse  Gravelingas  y  Burburque  contra  io  de 


(  *52  ) 

(^lés,  para  lo  ciial  han  ayudaJo  los  de  Flandes;  y  para  si  se  ba 
de  eontintiar  la  guerra,  no  veo  que  haya  otro  remedio  para 
ayiidar  y  socorrer  à  todo. 

Y  asi  diréis  à  Su  Magestad  qae  el  duqae  de  Saboya  do  es  en 
ninguna  manera  conveniente  ni  à  propésito  para  este  gobiemo, 
porque,  aun  hallàndome  yo  présente,  que  ando  sobrello,  lo 
tracta  de  manera  que  los  principales  y  los  pneblos  generakiienle 
estàn  mny  descontentos  y  mal  satisfechos  :  de  qoe  podrian  re- 
soltar  y  subceder  algun  notable  inconveoiente,  y  los  Franceses 
no  perderian  cualquier  ocasion  que  se  ofresciese,  àntes  la  bus- 
carian  y  procurarian»  como  lo  suelen  hacer;  y  conosciéndolo  el 
mismo  duque,  y  queriendo  yo  ir  solamenie  à  Tnglaterra,  ba 
dicho  abiertamente  que  no  quedaria  aqui.  Visto  esto,  be  roirado 
y  pensado  mucbas  veces  en  las  personas  qoe  podrian  ser  snfi- 
cientes  para  este  gobiemo,  y  se  ha  Iractado,  como  sabeis*  en 
el  archiduque  Fernando ,  en  el  duque  Octavio ,  y  la  duqnesa  sa 
muger,  y  en  la  de  Lorena  :  y  en  todos  hay  los  inconvenienles 
que  habeis  oîdo.  Finalmente  el  verdadero  y  iiltimo  remedio  séria 
la  dicha  serenisima  reyna,  por  su  persona,  autoridad  y  largai 
cxpericncia  y  noticia  que  tiene  de  los  negocios  destos  Estados, 
donde  es  tan  amada  y  estimada ,  como  generalmente  se  conosœ 
después  de  su  ausencia,  por  lo  cual  los  podria  con  menos  irabajo 
gobemar;  y  aunque  le  haya,  tengo  tanta  confianza  en  el  amor 
que  me  tiene,  y  en  lo  que  de^ea  la  conserbacion  de  nuestros 
Estados,  que  los  debe  tener  por  propios ,  que  no  dubdo  sino  qoe, 
hallàndose  desembarazada,  como  lo  esta  por  lamuertedela  eris- 
tianisima  reina  de  Francia,  que  senti  en  gran  manera,  veroà  ' 
en  ello  con  la  misma  voluntad  que  yo  haria  lo  que  en  semé- 
jante  coyuntura  se  le  ofresciese.  Y  asi  diréis  de  mi  parte  à  So 
Magestad  que  le  supHco  humilraente  que,  pues  mejor  que  nadie 
sabelo  que  importa  para  la  conserbacion  destos  Estados,  qneea 
tanto  tengo  y  estime ,  por  su  grandeza  y  antiguêdad ,  y  porque 
no  vengan  en  manos  de  Franceses ,  que  séria  la  total  ruina  y 
destrucion  de  todos  los  otros  y  de  la  religion ,  y  porque  yo  me 
halle  para  su  tiempo  desenibarazado ,  y  no  tan  atado  é  impedido. 


(  433  ) 

para  acudir  i\  las  parles  que  conviniereu ,  pues  no  se  puede  ni 
debe  escusar,  teniendo  otros  con  quien  necesariamente  be  de 
camplir,  dem«^s  de  la  obligacion  que  para  eilo  hay,  por  procurar 
de  desempenarlos  y  ponerlos  de  forma  que  por  si  se  puedan 
sostener,  é  à  lo  menos  con  hacerles  alguna  ayuda ,  sin  traherlo 
iodo  de  Espana ,  enflaqueciéndole  las  fuerzas  en  tanto  extrcmo 
qoe  no  venga  junto  à  padescer,  sea  Su  Magestad  servido  de 
tomar  la  mano  en  este  negocio ,  y  de  bacer  Uaniar  à  la  dieba 
serenisima  reina,  y  tralarlo  en  presencia,  y  por  las  vias  y  me- 
dios  que  â  Su  Magesiad  parescerà ,  la  hable  y  persuada  à  que  en 
todo  caso  quiera  tomar  este  trabajo ,  y  dîsponerse  h  volver  aqui 
â  gobernar  estos  Estados;  y,  si  pusiese  diflcnltad ,  como  podria 
ser,  habiendo  tantos  anos  que  procuré  de  apartarse  dello,  à  lo 
menos  que  lo  haga  por  algun  término  razonable,  denlro  del 
cnal  se  mîraria  lo  que  convernia  para  después,  6  se  abririan 
caminos  y  expedientes  que  se  pudiese  acomodar  y  poner  en 
tan  buena  ôrden  que,  con  ayuda  de  Dios,  no  se  esté  en  este 
contino  trabajo  :  mayormente  que,  habiendo  tanto  tiempo  que 
dura  la  guerra,  y  estando  ei  rey  de  Francia  y  yo  y  nuestros 
sùbditos  tan  gastados  y  consumidos,  se  ha  de  esperar  que  bre- 
vemente  subcedera  la  paz,  y  que  en  razon  ha  de  durar,  porque 
la  necesidad  nos  forzarâ  â  eilo.  Y  si  tocase  en  querer  traher 
consigo  al  principe  mi  hijo,  entiendo  (i)  que  este  séria  el  ver- 
dadero  remédie,  diréis  à  Su  Magestad  que,  jurado  en  esos 
reinos  y  en  los  de  Aragon,  Valencia  y  Cathalunia,  qu'es  tan 
necesario  y  forzoso  que  sea  en  mi  presencia ,  se  podrà  hacer 
como  à  Su  Magestad  le  parescierc,  y  enténces  estarâ  en  mas 
edad  y  h  propésito  para  poder  descansar  y  ayudar  h  la  dicha 
serenisima  reina  ;  y  con  dar  orden  en  lo  de  la  hacienda  en  Es- 
pana para  en  cualquier  caso ,  podré  ayudar  y  socorrer  â  lo  de 
aqui ,  como  es  razon  y  tengo  obligacion  à  lo  bacer ,  oi*a  sea 


(I)  Sic  dans  la  copie  envoyée  de  Simancas.  Il  faut  lire  probablemenl  : 
entendiendo. 

ToM  II.  28 


(  454  ) 

sosteniendo  y  pagando  la  infaDteria  y  caballos  iigeros  qne  pares- 
cîese,  6  en  otra  forma,  de  manera  que  tobiese  todo  contenu- 
mien  to. 

Y  cuanto  à  lo  que  se  debe  hacer  con  la  dicha  serenisima 
reina,  en  caso  que  venga ,  asi  en  aquellos  reinos  donde  ja  tiene 
la  ciudad  de  Huete,  como  en  estos  F)stados,  Su  Magestad  lo 
podràordenar  y  determinar  como  le  paresciere,  haciéndolo  mu; 
à  volunlad  de  la  reina,  de  manera  que  se  le  dé  todo  contenta- 
mientoy  satisfaccion. 

Y  si  bablasse  en  las  rentas  de  la  dicha  ciudad  de  Huete  y 
en  lo  de  ciertos  lugares  que  se  hiciéron  villas,  que  eran  de  su 
jurisdicion,  y  olras  cosas  que  prétende,  à  que  no  le  he  respon- 
dido»  diréis  que  no  le  he  hecho,  porque  eslo  habia  de  ir  con 
otros  negocios  que  me  consultàron  los  del  consejo  de  hacienda, 
y  que  agora,  habiendo  de  venir  acà,  Su  Magestad  barà  lo  que 
sea  servido,  como  esta  dicho. 

Y  en  lo  del  duque  de  Saboya,  diréis  à  Su  Magestad  las  dili- 
gencias  que  hice,  estando  en  Ynglaterra,  con  la  reina,  sobre  su 
casamiento  con  Ysabela,  y  las  causas  que  à  ello  me  mo\îéroD,  j 
las  que  haré  por  concluirlo,  aunque  he  hallado  y  pieoso  hallar 
las  dificultades  que  sabeis,  y  que,  en  caso  que  no  se  conclnyese, 
entônce^  miraré  lo  que  se  podrà  y  debrà  hacer  con  él,  qu*es  de 
roucha  consideracion ,  y  que  Su  Magestad  lo  mire  y  avise;  y 
daréis  à  Su  Magestad  razon  de  como  esta  lo  de  Ynglaterra,  asi 
en  lo  de  la  religion  como  en  lo  del  gobiemo  y  lo  demâs,  pues  lo 
teneis  tan  bien  sabido  y  entendido. 

Tambien  llevais  relacion  del  estado  en  que  estàn  las  cosas  de 
Ytalia,  cual  raostraréis  à  Su  Magestad,  queriéndolas  oir,  y  le 
diréis  lo  que  sabeis  de  lo  de  Âlemania  y  del  Emperador  mi  tio, 
y  como  va  lo  de  la  religion. 

El  régente  Figueroa,  después  que  baya  propuesto  à  la  princesa 
y  los  del  consejo  la  comision  que  lleva  sobre  lo  del  dineru,y  dado 
prisa  en  ello ,  que  lo  podrâ  hacer  brevemenle,  podrà  ir  con  vos 
à  Su  Magesmd,  porque,  si  à  vos  os  subcediese  algun  impedî- 
roento,  él  quede  inforroado  y  lleve  adelante  el  negocio.  Y*  de 


v^^.^ 


(  435  ) 

todo  lo  que  se  hiciere,  y  resolucion  que  se  tomare,  os  encargo 
meaviseis  continuameDte. 
Dada  en  Amberes,  à  5  de  junio  de  1558. 


cxLvm. 


l'EMPERBUR  a  JUAN  VAZQUEZ. 


Luthériens  arrélés.  —  EiiToi  d'BspinoM  en  Flandre.  —  Nouteaiix  sceaux.  —  Littcs 
de  chant.  —  Santé  de  l'Empereur  :  plaie  à  Tindex  de  la  main  droite. 

Ti»te,7  juin  tS68. 


Joan  Vazquez  de  Molina,  mi  secretario  y  del  mi  consejo.Tuestra 
carta  de  primero  deste  recibi;  y  por  ser  en  respuesta  de  otra  mia , 
babrà  en  ella  poeo  à  que  satisfacer.  La  princesa  me  escribe  que 
vendria  luego  ahi ,  para  tratar  de  lo  que  se  debe  proveer  en  el 
négocie  de  los  luteranos  que  se  ban  descubierto,  que  Luis  Qui- 
jada  trata  en  mi  nombre  ;  y  por  eso  no  le  respondo ,  hasta  enten- 
der  la  determinacion  que  sobre  ello  se  babrà  tomado ,  por  hacerlo 
à  todo;  y  asi  se  lo  diréis  de  mi  parte.  Spinosa  ha  escritô  à  Gaz- 
telû  que  se  ha  acordado  vaya  à  Flandes  :  avisarmeéys  de  cuando 
podrâ  partir,  y  enviarméis  los  sellos,  pues  estaràn  ya  acabados 
de  guamecer  (1);  y  la  caja  de  los  libres  de  canto  haréisentregar 
à  Luis  Quijada,  para  que  haga  délia  lo  que  se  le  escribe  (2);  y 


(1)  Gaztelû  écrivait  le  même  jour  à  Taïquez  :  «  Mande  Vueslra  Merced  que 
n  los  sellos  vençan  lo  ântes  que  ser  pudiere,  porque  son  menesler,  mas  poi^ 
«  que  Su  Magestad  lo  quiere,  que  porque  deje  de  haber  con  que  sellar.  » 

(9)  L^mperenr  faisait  écrire  à  Quijada  quMI  envojrâl  cette  caisse  le  plus  t^t 
possible. 


(  456  ) 

quando  viniere  la  ropa  de  Laredo,  haréis  que  se  envie  luegoaqui. 
Yo  quedo  en  buena  dispnsicion ,  atinque  se  me  ha  ahierto  el  dedo 
cab*el  pulgar  de  la  niano  drecha  :  pero  no  es  cosa  que  me  da 
pena  {i). 
De  Ynste,  a  siete  de  junio  de  i558. 


Carlos. 


Por  mandado  de  Su  Magestad  : 
Martin  de  Gaztelû. 


(1)  Dans  sa  lettre  da  même  jour,  Gaitelû  disait:  •  Su  Magestad  (pieda 
»  bueno,  y  los  dias  pasados  (obo  un  poco  de  dolor  en  el  dedo  cabe  el  pu^ar 
»  de  la  mano  drecba,  y  hâsele  avierto  de  suyo  :  con  que  se  le  qaitô ,  jr  porga 
•  por  él)  que  oo  le  baré  ningun  daAo.  » 


(457  ) 


CXLIX. 

JUAN  VAZQURZ  A  l'EMPEREUR. 

Luthérien»  arrêtés.  —  Dépêches  des  Psys-Bu.  —  Prochain  départ  d'Espinosa.  — 
Prise  de  D.  Juan  Manrique.  —  Mise  à  la  voile  de  la  flotte  turque.  —  Envoi  à 
TEmpereur  du  linge  arrivé  pour  lui  des  Pays-Bas ,  des  livres  de  chant  et  des 
nouveaux  sceaux.  —  Arrivée  à  San  Luear  de  cinq  navires  de  la  Nouvelle 
Espagne ,  apportant  388,000  ducats  pour  les  marchands  et  les  particuliers. 

VaUadolid,  13  juin  1658. 


S.  C.  C.  M^ por  satisfacer  â  Vnestra  Magestad  k  lo  de  los 

hereges,  no  se  le  ha  despachado  correo  :  hacérseha  brevemeote. 
Y  por  haber  venido  nno  de  Flandes,  que  es  dupHcado  de  lo 
qne  trajo  Espinosa,  he  querido  enviar  por  la  eslafeta  los  pliegos 
para  Vuestra  Magestad  que  van  con  esta  ;  y,  porque  tengo  por 
cierto  que  en  elles  deben  escribir  todo  lo  que  por  alla  se  ofrece, 
no  lo  digo  yo  aqui  ;  y,  si  Vuestra  Magestad  ha  de  mandar  escribir 
oon  Espinosa,  éi  partira  dentro  de  très  à  euatro  dias,  para  ir  por 
mar,  como  Vuestra  Magestad  lo  enviù  à  mandar. 

Aunque  de  Flandes  no  escriben  nada  de  la  prision  de  don 
Juan  Manrique,  todabia,  por  cartas  frescas  de  mercaderes  de 
Léon,  se  torna  k  confirmar  que,  en  las  tierras  del  Lansgrave,  los 
caballos  que  alli  se  haeian  para  el  rey  de  Francia  le  prendiéron , 
y  le  llevaban  à  Francia.  Presto  se  sabra  la  verdad,  que,  siendo 
asi,  cierto  séria  en  mala  coyuntura.  Tambien  se  entiende,  por 
via  de  Léon,  que  la  armada  del  Turco  era  salida  de  noventa  gale- 
ras,  y  que  enviarian  tras  ellasotras  treinta. 

Los  euatro  lies  de  ropa  blanca  para  Vuestra  Magestad  han 
llegado  aqui  de  Laredo,  y  con  elles  ira  la  caja  de  los  libros,  y 
aqui  van  los  sellos,  conforme  à  lo  que  Vuestra  Magestad  envié  à 
mandar. 


(  438  ) 

De  lo8  oficiales  de  Sevilla  se  tubiéron  carUs  en  que  dieen  qoe, 
Uegando  don  Alvaro  de  Bazan  con  su  armada  cerca  del  cabo  de 
San  Vicente,  encontr6  con  cinco  nayios  que  venian  de  la  Nueva 
Espana,  y  los  acompanô  hasta  San  Lucar,  y  luego  se  pnso  re- 
caudo  en  io  que  fué  menester  por  la  6rden  qoe  ya  tenian ,  y  do 
se  ha  hallado  cosa  escondida,  aunque  se  ha  buscado;  y  segun  la 
relacion  que  hanenviado,  do  traen  nadapara  SuMageslad,ypara 
mercaderes  y  particulares  hasta  trescienios  y  ochenta  y  ocho  mîll 
ducados  en  plata ,  en  pasta,  y  reaies,  y  oro,  y  algunas  mereaderias 
de  cochinilla  y  coeroB 

NuestroSenor  la  impérial  persona  de  Vuestra  Magestad  guarde 
y  prospère  como  sus  criados  deseamos.  De  Valladolid,  à  42  de 
junio  i5S8. 

De  Vuestra  Magestad  mas  humill  criado  y  hechura,  que  sus 
impériales  manos  besa, 

Juan  Yàzouez. 


(  439  ) 


CL. 


MARTIN   DE  GAZTBLÛ   A  JUAN   VAZQUEZ. 

Réception  des  sceaaz,  dont  l'Empereur  a  été  content.  —  Peine  que  lui  cause  la 
eaptivité  de  D.  Juan  Manrique.  —  Linge  et  livres  de  chant.  —  Naufrage  de 
Juan  Diex  —  DifGcultéa  faites  au  grand  commandeur  d'Alcantara  au  st^t  de  la 
lieutenance  de  Plasencia  achetée  par  lui  ;  intérêt  que  l'Empereur  prend  à  cette 
affaire;  scrupule  qu'il  éprouve  à  sVn  mêler;  renseignements  qu'il  désire  obtenir 
de  Taïques.  ^  Excellent  état  de  sa  santé.  »  Élection  prochaine  du  prieur  de 
Tuste. 

Cuacos,  20  juin  1558. 


Ilustre  senor,  la  de  Vuestra  Merced  de  doce  de  este,  en  res- 
puesta  de  las  mias  hasta  la  de  siete  del  mismo,  he  recibido,  à  que 
hay  poco  que  satisfacer.  Los  sellos  ban  parecido  bien ,  y  la  rela- 
cîon,  que  enviô  el  risorrey  de  Gataluna,  de  lo  que  refirié  el  patron 
de  aquella  fusta,  oyô  Su  Merced  à  la  letra,  y  le  pesa  que  la 
nneva  de  la  prision  del  senor  don  Juan  Manrique  se  confirme, 
por  la  falta  que  harâ  su  persona  en  esta  coyuntura.  No  responde 
Sa  Magestad  à  Vuestra  Merced,  hasta  que  venga  la  relacion  de 
lo  que  se  ha  acordado  sobre  esto  de  los  luteranos,  y  lo  que  se 
provee;  y  me  ha  mandado  que  escriba  à  Vuestra  Merced  que  si , 
cuando  esta  recibiere,  no  ha  partido  la  ropa  que  vino  de  Flandes, 
con  la  caja  de  los  libros  de  canto  que  ahi  mandé  entregar  la 
reyna,  haga  que  luego  venga  todo,  y  asimismo  que  Vuestra  Mer- 
ced avise  de  lo  que  Juan  Diez ,  tapicero ,  à  cuyo  cargo  venia  la 
ropa  del  rey,  habrà  referiâo,  assi  del  naufragio  y  tormenta  que 
tubo  en  la  mar,  y  en  que  parte  y  como  se  libre ,  y  lo  que  se  per- 
diô  y  salvô ,  y  de  lo  que  en  todo  pasé,  muy  particularmente,  por- 
que  lo  querria  saber. 

El  comendador  roayor  de  Alcantara  escribié,  los  dias  pasados, 
al  Eniperador  lo  que  ha  pasado  sobre  la  tenencia  de  Plasencia , 


{  440  ) 

cuya  compra  él  hizo  y  coDcluyo ,  y  el  estorbo  que  después  se  ha 
puesto  para  contradecirla,  y  las  fines  con  que  se  ha  hecho;  y 
aunque,  siendo  asi,  y  no  cnmpliéndose  con  él  conforme  à  \o 
concertado,  prétende  que  recîbiria  grande  agrabio  y  notable 
disfabor ,  y  tanto  mas  siendo  los  que  esto  intentan  persooas  que 
desean  desayudar  à  sus  cosas  por  sus  pasiones  partîculares,  y 
puesto  que  Su  Magestad  desea  faborecelle,  como  à  criado  lan 
antiguo  y  que  tanta  voluntad  le  ha  tenido  y  liene  por  la  con  que 
le  ha  servido,  todabia ,  como  esta  lan  apartado  de  negocios,  no 
querria  embarazarse  en  ninguno,  ni  que  nadie  entienda  quelo 
hace ,  y  mucho  menos  en  los  de  la  calidad  de  este.  Y  aunque  no 
pone  duda  en  lo  que  el  comendador  mayor  dice,  todabia  me 
ha  mandado  que  escriba  à  Vuestra  Merced,  de  su  parte,  que 
envie  luego  relacion  de  lo  que  en  este  negocio  ha  pasado,  y  en 
los  términos  que  esta,  y  la  resolucion  que  se  piensa  tomar  en  él, 
porque  lo  quiere  entender;  y  no  se  si  querrà  escribir  en  su 
fabor  :  pero  quiere  que  esto  sea  secreto,  y  que  no  lo  entienda 
nadie. 

Su  Magestad  se  purgé  los  otros  dias  como  suele,  y  ayer  tarde 
me  envié  à  llamar,  para  preguutarme  algunas  cosas;  y  esta  Un 
bueno  y  gordo  y  con  buen  color  como  lo  he  visto  despaés  que 
entré  en  Yuste 

El  prior  de  Guadalupe  esta  aqui,  aguardando  al  que  sea  elegîdo 
para  residir  en  esta  casa  ;  y  no  hay  otra  eosa  de  que  avisar  à 
Vuestra  Merced,  sino  que  hace  grandes  calores  en  esta  lierra 

De  Cuacos,  à  20  de  junio  de  1558. 

Martin  de  Gaztelu. 


(  U\  ) 


CLI. 


JUAN  VAZQUEZ  A  l'eMPBREUR. 


Satisfaction  de  la  bonne  santé  de  l'Empereur.  —  Une  indisposition  de  la  princesse 
et  la  goutte  de  Juan  de  Tega  empêchent  qu'il  n'y  ait  une  rénnion  du  conseil 
d'État,  pour  délibérer  sur  l'aifaire  des  luthériens  arrêtés.  —  Nouvelles  d'Italie 
démentant  la  prise  de  D.  Juan  Manrique,  et  annonçant  son  arrivée  à  Vérone, 
d'où  il  doit  passer  à  Naplcs.  —  Combat  d*un  galion  sicilien  contre  neuf  navires 
algériens.  —  Flotte  turque.  —  Secours  envoyé  à  Oran,  sous  le- commandement 
du  romie  d'Alcandcle. 


y tlIadoUd ,  38  juin  155S. 


S.  C.  G.  M'*"*,  de  veinle  y  dos  del  présente  lube  una  carta  de 
Gaztelù  y  otra  del  doetor  Matîsio,  en  qne  me  daban  aviso  de  la 
buena  dispusicion  con  que  Vuestra  Magestad  se  hallaba  ;  y  asi 
las  vi6  la  serenisima  princesa  :  de  que  recibiô  macho  contenta- 
mien  to.  Y  no  escribe  Su  Altexa,  porque,  de  seis  dias  &  esta  parte, 
ha  tenido  très  tercianas  con  frio  y  calentura ,  aunque  no  le  han 
venido  muy  recias.  Placera  à  Nuestro  Senor  dalle  salud,  que,  aun- 
que hay  algunas  tercianas  en  esta  villa,  no  pasan  de  1res  hasta 
cinco,  y  no  hay  peligro  en  ellas.  Y  asi,  por  esto  como  porque 
Juan  de  Vega  ha  estado  con  la  gota ,  no  se  han  juntado  con  el 
arzobispo  los  del  consejo  de  Estado,  para  ver  si  convemà  hacer 
mas  provision  en  esto  destos  luteranos,  aunque  creo  que  no  se 
puede  hacer  mas  diligencias  de  las  que  yo  escribi  à  Vuestra  Ma- 
gestad qne  estaban  acordadas.  De  lo  que  resullare,  después  que 
se  juntaren,  sera  Vuestra  Magestad  avisado. 

De  ningona  parte  teneroos  correo,  algunos  dias  ha,  y  ayer 
tnbiéron  cartas  de  Génova  mercaderes  gcnoveses  que  residen  en 
esta  corte,  de  veinte  del  pasado,  en  que  escriben  que  el  principe 
Por'ia  las  habia  tenido  de  don  Juai)  de  Manrique,  de  Verona,  de 


(  442  ) 

16  del  mesmo,  eo  que  le  decia  que  habia  Hegado  alli  baeno,  y 
pasaba  à  Nàpoles;  y  para  que  Vuestra  Magestad  lo  sepa  que  don 
Juan  esta  libre,  y  principalmente  la  indispusicion  de  la  sereoisîma 
princesa,  quise  despachar  este  correo.  Tambieo  escribenàlos 
mesmos  mercaderes  que,  habiendo  eoviado  el  visorey  de  Sicilia 
el  galeon  Cigala  à  la  Goleta  eon  munîciones ,  habia  topado  con 
nueve  galeras  y  galeotas  de  Argel ,  y  peleô  con  ellas ,  y  se  escapé 
eu  Cerdena,  y  asimesmo  que,  por  cartas  de  Venecia  de  1 0  de  mayo, 
se  entendia  que  la  armada  del  Turco,  à  iO  de  abril,  sebabia  de 
junlar  en  Negroponte,  y  que  no  babian  querido  traher  en  ella  al 
embajador  francés  :  que  es  senal  que  no  viene  el  armada  4  su  dîs- 
pusicion.  Nuestro  Senor  la  confunda.  Que  si  viene  àOran,  boen 
recaudo  hallarà,  porque,  la  hora  de  agora,  ya  debe  estar  à  la 
vêla  el  conde  de  Alcaudete  eon  los  oeho  mill  hombres  y  cualro- 
cientas  lanzas  que  lleva.  Nuestro  Senor  la  impérial  persona  de 
Vuestra  Magestad  guarde  y  prospère  como  sus  criados  deseamos. 
De  Valladolid.  à  28  dejunio  de  1558. 

De  Vuestra  Magestad  mas  humilde  criado  y  hechura ,  que  sûî 
impériales  manos  besa , 

Juan  Vazquez. 
Stiscription  :  Al  Ëmperador,  nuestro  sefior. 


(  445  ) 


CLII. 

L*BMPEREl}R   A  JUAN  VAZQUEZ. 

Peine  que  lui  a  causée  l'indisposition  de  la  princesse  :  recommandation  à  faire  s 
D.  Garcia  de  Tolède.  -  Nécessité  d*agir  avec  plus  d'aeti\ité  contre  les  luthériens 
incarcérés.  —  D.  Juan  Manrique.^  Combat  du  galion  sicilien  contre  les  galères 
d'Alger.  —  ArgeBt  Teim  des  IndM. 

Yiiste,ij«Het1558. 


Joan  Vaxquez  de  Molina,  mi  secreUrio  y  del  mi  consejo,  vues- 
tras  cartas  de  iâ  y  28  del  pasado  he  recebido,  y  eniendido  por 
la  ûUima  la  indispusicion  cod  que  qiiedaba  la  princesa  mi  hija , 
que  me  ba  deaplacido  cuanto  se  debe;  y  quisiera  leuer  aqui  per- 
sona  à  quien  pudiera  enviar  à  visitarla  de  mi  parte;  y  en  falta 
délia,  he  mandado  despachar  este  correo,  para  que,  llegado  ahi, 
me  aviseis  con  él,  à  con  otro,  de  la  mejoria  con  que  se  hallare, 
porque  estaré  coq  mucho  cuidado  hasta  saberlo,  aunque  espero 
en  Dios  que,  pues  era  terciana  simple,  y  las  que  ahi  corren  duran 
tan  poco,  no  habrà  pasado  adelante.  Y  puesto  que  soy  cierto  que 
en  su  servicio  y  lo  que  mas  conviniere  no  habrà  falta ,  todavfa 
lo  encargaréis  de  mi  parte  à  don  Garcia  de  Toledo  (1). 

Y  pues,  por  esta  causa,  y  haber  dado  la  gota  à  Juan  de  Vega , 
no  se  ha  tratado  mas  de  lo  de  los  luteranos,  aunque  se  pudiera 
haber  hecho,  yendo  à  su  casa  y  juntàndose  en  ella,  pues  va  mas 
en  el  brève  remédie  que  en  lo  porque  se  puede  haber  dejado  de 
hacer,  miràrseha;  y  pareciendo  à  la  princesa,  bacérseha  como  y 


(1)  D.  Garcia  de  Tolède  était  grand  majordome  de  la  princesse.  Yoy. 
p.  241 ,  note  1 . 


(  444  ) 

cuando  convenga  :  que  la  importancia  y  calidad  del  negodo  no 
sufre  tanta  dilacion. 

De  que  la  prision  de  don  Joan  Manrique  do  haya  sido  cîertihe 
holgado,  por  la  falta  que  hiciera  eo  esta  eoyuntura  al  serri€io 
del  rey  ;  y  asi  lo  be  becho  en  que  el  galeon  que  iba  à  la  Goletase 
hobiese  librado  de  las  galeraa  y  galeotas  de  Argel,  y  qae  el 
conde  de  Alcaudete  foese  à  Oràn  con  tan  buen  recaodo;  y  asi 
espero  que  se  liabrâ  puesto  en  las  otras  plaças,  para  que  no  pne- 
dan  ser  ofendidas  del  armada  turqnesca. 

Aunque  lo  que  ha  venido  en  los  cinco  navios  que  Uegàron  de 
la  Nueva  Espana  sea  poca  cosa,  y  de  particulares,  toduvia  seri 
ayuda  para  lo  mucbo  que  el  rey  ha  menester;  y  coando  hobié- 
redes  habido  la  rdacion  de  lo  que  el  alcalde  Ortii  hixo  en  lo  de 
los  que  trugéron  oro  y  plata  por  registrar,  enYÎarmdaéys. 

A  lo  demâs  que  contienen  vuestras  cartas  no  hay  que  respoo- 
der,  sino  que  haceis  bien  de  avisarme  de  lo  que  se  ofrece;  y  asi 
lo  continuaréis,  y  senaladamente  de  Flandes,  de  donde  eslaré 
siempre  con  euidado  de  entender  el  suceso  de  lo  de  alla. 

De  Yuste,  à  2  de  julio  de  1558. 

Carlos. 
Por  mandado  de  Su  Magestad  : 

Martin  de  GAamELÛ. 


(  445  ) 


CLIII. 

MARTIN  DE  GAZTELU  A  JUAM   VAZQUEZ. 

Renseignements  désirés  pur  VEuipereor  sur  une  rencontre  avec  des  navires 
français  dans  laquelle  ont  péri  des  serviteurs  des  reines  de  France  et  de  Hongrie. 
—  Excellent  état  de  sa  santé.  —  Bains  qu^il  continue  de  prendre ,  pour  sa  dé- 
mangeaison aux  jambes. 

Cuacos ,  3  juillet  1558. 


Ilustre  seôor, Su  Magestad  desea  saber  que  criados  de  las 

reinas  de  Francia  y  Hungria  peligràron,  euando  las  zabras  que 
iban  a  Flaodes  topàron  con  las  galeras  de  San  Juan  de  Luz,  y 
los  nombres  de  ellos  (i).  Y  lo  que  en  su  salnd  hay  que  decir,  es 
que  continua  los  banos  para  su  comezon  de  piemas ,  y  le  hace 
provecho,  y  se  halla  muy  bneno  y  mas  gordo,  y  con  mejor  color 
que  ha  tenido  hartos  dias  ha,  como  lo  dira  el  senor  D.  Sancho 
de  Côrdova,  que  pasô  por  aqui  para  esa  corte,  y  le  besd  las 
manos 

De  Cuacos,  à  2  de  julio  1558. 

Martin  de  Gaztelû. 


(1)  Le  passage  suivant  d*une  lettre  de  Gaxielù  à  Vazquex,  du  9  juillet, 
parait  se  rapporter  à  ce  fait  :  «  Su  Magestad  se  ha  holgado  que,  jra  que  mu- 
n  riëron  aquellos  très  mozos  de  la  reina  de  Francia  en  las  zahras ,  fuesen 
1*  lan  connines.  • 


(  446  ) 


CLIV. 

MARTIN  DE  GAZTELÙ  A  JCAN  VAZQDEZ. 

■ 

Réception  du  linge,  des  livres  de  chant  et  des  conserves.  —  Arrivée  d'an  ambassa- 
deur de  Portugal  venant  des  Pays-Bas.  —  Quijada  attendu  avec  sa  femmes  sa 
maison.  —  Bonne  santé  de  l'Empereur.  —  Chaleurs  excessives. 

Cuacos,  4  juillet  1558. 

Ilustre  senor,  con  el  correo  que  partie  ante  anoche,  respondi 
a  la  de  Vuestra  Merced  que  el  mismo  me  trujo ,  y  hoy  llegàron 
las  1res  cargas  de  ropa ,  en  que  vienen  la  caja  de  los  libroa  y  h 
de  conservas  con  los  cuatro  lios  que  yiniéron  de  Fiandes  :  de 
que  Su  Magestad  ha  holgado.  Un  embajador  de  Portugal  qte 
viene  de  Flandes  ha  llegado  aqui,  y  manana  besara  las  mânes 
à  Su  Magestad ,  para  proseguir  su  viaje,  y  tambien  ll^râ  aqui 
el  senor  Luis  Quîjada  con  su  muger  y  casa,  porque  esta  Doche 
dicen  que  duerme  en  Cabezuela  (1).  Su  Magestad  queda  nray 
bueno,  y  aqui  ha  comenzado  à  haoer  grandes  calores,  y  tam- 
poco  pienso  que  deben  de  faltar  alla. 

De  Guacos,  à  i  de  julio  1558. 

Martin  de  Gaztelû. 


(1)  Dans  la  lettre  de  Quijada  à  Philippe  II,  du  28  juillet,  insérée  ao 
1. 1*',  p.  31 1,  il  dit  qu*îl  était  arrivé  le  1«  de  ce  mois  à  Tuste.  Qa  le  copiste, 
ou  Quijada  lui-même  a  commis  une  erreur  de  date,  comme  cette  lettre-ci  de 
Gaztclu  le  prouve. 

Nous  avons  une  lettre  de  Quijada  à  Philippe  II,  du  16  juin,  écrite  de  Villa- 
garcia,  où  il  lui  fait  savoir  quMl  a  passé  seixe  jours  à  Valladolid,  pour  y  rem- 
plir la  commission  dont  l'Empereur  Ta  chargé. 

Nous  en  avons  une  autre,  du  23  juin, à  Yazquez,  où  il  lui  annonce  qui! 
partira  pour  Yuste  le  dimanche  ou  le  lundi  suivant  (99  on  30). 


(  447  ) 


CLV. 


juân  vazquez  a  l'empereur. 


Hétabliasement  de  U  princesse.  —  Nouvelles  d'Italie  :  approche  de  la  flotte  turque. 
—  Instructions  demandées  au  roi ,  touchant  l'argent  venu  de  la  Nouvelle-Es- 
pagne. —  Procès  des  luthériens  :  diligences  de  rarchevéque  et  du  conseil  de 
riitquisitioo ;  le  mal  ne  parait  pas  si  grand  qu'on  l'avait  pensé;  la  princesse 
réunira  prochainement  le  conseil  d'État,  pour  examiner  si  de  nouvelles  me- 
sures sont  nécessaires.  —  Arrivée  d'un  Portugais ,  beau  frère  de  Ruy  Gomez , 
pa^i  de  Bruxelles  le  8  juin;  nouvelles  qu'il  apporte  :  retraite  des  Français  de 
devant  ThionviUe;  dessein  du  roi  de  se  mettre  à  ta  tête  de  l'armée;  prochaine 
arri>ée  en  Espagne  de  l'archevêque  de  Tolède,  du  régent  Figueroa  qui  doit 
être  président  du  conseil  des  ordres,  ou  de  l'audience  de  Valladoltd,  du  marquis 
de  Sarria,  nommé  grand  maître  de  la  princesse,  et  de  D.  Diego  de  Acevedo, 
fait  vice-roi  du  Pérou,  en  remplacement  du  marquis  de  Caûete;  envoi  de 
1).  Luis  de  Garvajal  à  Milan  eomme  châtelain,  avec  le  duc  de  Sessa,  et  de 
D.  Juan  de  Figueroa  comme  ambassadeur  à  Rome;  gratification  de  300,000 
ducats  à  D.  Diego  de  Acevedo  ;  nomination  du  comte  de  Chinchon  à  la  charge 
de  trésorier  d*Aragon. 


Valladolid,  SjmlletlSSS. 


S.  C.  C.  M**^  à  les  yeinte  y  ocho  del  pasado,  escribi  a  Vueslra 
Magestad  lo  que  se  ofrecia,  y  dije  como  la  serenisima  princesa 
ténia  unas  tercianas  que,  aunque  no  eran  muy  recias,  à  Su  Alteza 
le  parescia  que  eran  muy  grandes.  Llegàron  à  cuatro.  Después  acà 
le  han  fallado,  y  queda  ya  en  buena  disposicion ,  bendito  Dios,  y 
sîn  sospecha  de  ningun  accidente. 

Ayer  vino  correo  de  Cataluna  con  cartas  de  Ttalia  que  envié 
el  visorrey,  que  viniéron  endosfragatas,  la  nna  de  Génova,  y  la 
otra  de  SicHia ,  con  los  avisos  que  Vuestra  Magestad  verâ  por  la 
relacion  y  copias  que  van  con  esta.  Éstase  con  mucho  cuidado  de 
esto  de  la  venida  de  la  armada  del  Turco ,  por  ser  en  tanto  nù- 
fiiero  de  gâteras,  y  que  no  se  le  dejaràn  de  juntar  las  de  Francia 
y  otros  corsarios  :  pero,  como  dicen  que  lo  de  Nâpoles  y  Sicilia 


(  44«  ) 

esta  tan  bien  provehido,  y  la  Goleta  niny  provehida  con  lo  que  d 
vîsorrey  de  Sicilia  envié ,  paresce  que  en  esto  no  hay  que  lemer. 
Lo  de  Cerdena  pasa  peligro,  aunque,  con  los  mil  y  seiscieutos 
hombres  que  se  envîaban  de  Ytalîa ,  se  podran  entretener  las 
fuerzas  de  la  marina ,  entretanlo  que  llega  la  gente  que  ha  de  ir 
de  estos  reynos  à  aquella  isla ,  que  ya  esta  hecha ,  annqne  con 
harta  dificultad ,  por  lo  que  se  ba  sacado  para  otras  partes;  y  se 
darâ  prisa  para  que  vaya  con  toda  brevedad. 

De  lo  que  vino  en  los  cinco  navios  de  la  Nueva  Espana,  se 
diô  aviso  al  rey  nnestro  senor,  para  que  Su  Hagestad  envie  i 
mandar  lo  que  es  servido  que  se  baga  de  ello 

Escrito  hasta  aqui,  recibi  la  carta  de  Vuestra  Magestad  de'dos 
del  présente,  y  à  Su  Alteza  di  la  suya;  y  responde  à  Yuestn 
Magestad.  Y  en  lo  que  toca  à  los  luteranos ,  el  arzobispo  y  los  dd 
consejo  de  ynquisicion  ban  hecho  las  diligencias  necesarias;  j 
paresce  que  no  hay  tanto  dano  como  se  pensé,  bendito  sea  Dios; 
y  van  procediendo  contra  los  culpados;  y  cuando  se  bubieren  de 
sentenciar,  ilamarân  à  los  obispos  de  Palencia  y  Ciudad-Rodrigo, 
para  que  se  hallen  en  ello,  y  juntarân  con  ellos  algunos  teélogos 
y  del  consejo  real,  para  que  con  mucho  fundamento  y  delivera- 
cion  se  ejecute  lo  que  se  determinare.  Y  con  haber  Su  Allen 
ofrescido  al  arzobispo  y  consejo  de  ynquisicion  que,  si  han  me- 
nester  mas  ayuda ,  que  se  la  darà ,  no  ha  habido  falta  en  juntarse 
los  del  consejo  de  Estado  con  el  arzobispo  y  consejo  de  ynquisi- 
cion, porque  no  se  podrà  proveer  mas  :  pero  todabia,  poes 
Su  Âlteza  estÀ  ya  buena,  se  juntarân  para  ver  si  hay  mas  que 
proveer ,  y  de  ello  se  darâ  aviso  à  Vuestra  Magestad. 

Ayer  Uegé  aqui  otro  Portugués ,  cunado  de  Ruy  Gomez,  que 
partie  de  Bruselas  à  los  ocho  del  pasado.  Dice  que  el  rey  quedain 
con  salud,  y  que,  en  lo  de  Tiunvila,  fué  socorrida,  y  los  Franceses 
retirados ,  y  que  Su  Magestad  Real  saldria  en  campo  à  los  diei 
del  présente  con  hermoso  ejército ,  y  que  se  espéra  harà  machos 
buenos  efectos,  aunque  el  rey  de  Francia  se  preparaba  todo  lo 
que  podia.  Dice  que  el  arzobispo  de  Toledo  se  viene ,  y  con  él  el 
marqués  de  Sarria,  que  viene  por  mayordomo  mayor  de  U 


1 


(  449  ) 

serenisima  princesa,  y  tainbien  viene  el  régente  Figueroa  :  este 
dice  que  para  présidente  de  esta  audiencia»  pero  yo  creo  que  no 
debe  de  ser,  sino  para  présidente  de  las  érdenes,  porque  para 
este  no  ha  menester  letras ,  pues  no  ha  de  votar.  Tambien  dice 
que  D.  Luis  de  Carvajal  va  por  castellano  de  Milan  con  el  duque 
de  Sesa,  y  que  D.  Juan  de  Figueroa  va  à  Roma  por  embajador,  y 
que  tambien  viene  D.  Diego  de  Acevedo  por  visorrey  del  Perû , 
porque  el  marqués  de  Canete  no  ha  provado  bien  en  aquel  cargo, 
segun  lo  que  se  dioe  que  ha  hecho  en  él ,  y  que  lleva  cargo  de 
hacer  lo  que  toca  à  los  repartimientos,  y  que  el  rey  le  ha  hecho 
merced  de  ciento  y  cincuenta  mil  pesos  para  desempenarse, 
que -son  doscientos  mil  ducados ,  y  le  diô  otros  cincuenta  mil 
ducados  por  el  oficio  de  tesorero  de  Aragon,  el  cual  diz  que  se 
da  al  conde  de  Chinchon.  Presto  se  sabra  la  verdad,  que  al- 
gunascosas  de  estas  parecen  muy  largas(i).  Nuestro  Senor  la  im- 
périal persona  de  Vuestra  Magestad  guarde  y  prospère  conio  sus 
criados  deseamos. 
De  Valladolid,  à  5  de  julio  i558. 

De  Vuestra  Hagestad  mas  humill  criado  y  hechura,  que  sus 
impériales  manos  besa, 

Juan  Yazqubz. 


(1)  Gaztelù  écri?ait  à  Vaxquez,  te  0  juillet,  sur  toutes  ces  nouvelles  : 
«  A  Su  M^^  ha  parecido  que  se  ha  perdido  mucho  tîempo  en  no  salir  el 
rey  ântes  en  campafla,y  desea  saber  la  causa  y  lo  cierto  de  las  provisîones 
que  ahi  ha  publicado  su  cu&ado  del  sefior  Ruy  Gomez,  porque  algunas  délias, 
si  no  me  engalko,  no  satisfacen  mucho.  • 


n» 


lOMB  II.  ^29 


(  *so  ) 


CLVl. 

LB  DOCTEUR  MATHYS  A  JUAN  VAZQUBZ. 

Li  Mtitfl  db  rfimperaur  mI  si  bonne  qu'il  est  inutile  d'en  écrire.  -  GhaleuncteH- 
sives  ,  qui  lui  conviennent.  —  Bible  française  de  Mathys. 

Yuste,  6  juillet  1558. 


l 


Muy  110511*6  senor,  va  tanto  bien  de  salud  à  Su  MagesUd,  4 
Dios  gracias,  que  do  hay  que  escribir  délia  ;  y  placera  À  Noestro 
Senor  de  coniinualla  agi  por  mucbos  anos;  y  tambien  plega  à  él 
de  dalla  à  Su  Alteza ,  aunque  yo  espero  que  agora  sea  libéra  de 
SOS  tercianas. 

Aca  hac«  gran  calor,  con  el  cual  Su  Magestad  sîeiiipre  se 
halla  bien  :  pero,  si  va  asi  continuando,  podria  ser  que  oo  fuese 
muy  provechoso  para  sus  criados,  los  cuales  no  estàn  costum- 
brados  à  tanto  calor.  Todabia,  si  lenemos  bueno  à  Su  Magestad. 
todo  se  pasarà  bien ,  placiendo  à  Dios. 

Quanto  al  libro  (1^,  acabôse  el  negocio  como  yo  escribi  à  Vues- 
tra  Senoria  ;  y  no  se  como  los  de  la  inquisicion  pueden  juzgar  de 
la  lengua  francesa ,  no  intendiéndoln  ;  y  por  eso  paresciôme  mejor 
hacer  lo  qu  e  hecho. 

De  Yuste,  à  6  de  julio  i558. 

Hbnkiqub  Matisio. 


(1)  Vojr.  p.  413. 


(451  ) 


CLVIL 


iUAN   VAZQUEZ   A   L'eMPERBUR. 


NouTelles  reçue*  d'Italie  sur  les  mouvements  de  la  flotte  turque,  forte  de  115 
galères  et  de  15  ^alioles  :  mesures  de  précaution  prises  pour  Savone ,  Nice , 
Villefranche  et  la  Sardaigne.  -  Avis  de  Marseille ,  annonçant  la  prochaine  sortie 
de  la  âotte  française.  — Dépaft  du  comte  d'Aleaudete  pour  Oran.  —  Dispote 
pour  la  préséance,  n  Venise,  entre  les  ambassadeurs  de  France  et  d'Espagne. 
—  Célébration  des  obsèques  de  la  reine  Éléonore  à  Valladolid.  —  Nouvelles  des 
Pays-Bas  :  prêt  fait  au  roi  par  les  marchands  d^Anvers. 

Valladolid,  8  juillet  1558. 


S.  G.  G.  M*^,  ya  Vuestra  Magestad  habrà  visto  la  relacion  que 
envié  ultimamente  de  lo  que  se  sabia  de  Italia  y  de  la  armada  del 
Turco.  Esta  oianana,  ha  venido  otro  correo  de  Génova,  que  par- 
tie de  alll  k  21  dejunio,  y  et  principe  Doria  escribe  à  Su  Alteza 
que  laa  tubo  de  don  Juan  Manrique,  de  Nâpoles.  de  trece  del 
roesmo,  con  aviso  que  aqoel  dia  habia  amaneseido  la  armada  del 
Turoo  à  las  bocas  de  Crapi,  à  vista  de  la  dicba  ciudad  de  Nàpolea, 
en  numéro  de  ciento  y  quince  fs^aleras  y  quînce  galeotas,  y  que 
de  nocbe  habia  paaado  el  Faro;  y  el  embajador  Figueroa  y  otros 
eseriben  lo  mesmo ,  y  que  se  diô  aviso  luego  à  todas  las  partes 
que  convenia  para  que  estubiesen  prevenidos,  y  que  se  decia  que 
trahian  designo  de  venir  k  Saona,  Niza  é  à  Gerdena  :  por  lo  cual 
luego  proveyô  el  dicho  principe,  con  parescer  de  aquella  Seôoria, 
que  de  los  dos  mill  soldados  que  habia  para  Gerdena ,  se  llevasen 
lo8  mill  à  la  dicha  Saona,  y  los  otroa  raill  à  Nifea  y  Villafraaca, 
y  à  Gerdena  se  enviàron  en  veinte  y  cuatro  galeras  mill  y  ocho- 
cientos  soldados  que  don  Juan  Manrique  habia  hecho  en  Nàpoles 
para  este  efecto ,  porque  el  visorey  de  aquella  ysia  le  habia  pro- 
testado  sobrello,  y  que  asi  se  bizo  esta  diligencia  muy  a  tiempo. 
Escribe  tambien  el  dicho  embajador  que  de  Marsella  estaban  ya 


\ 
^ 


ï 


(452  ) 

para  salir  hasta  treinta  galeras  y  algunos  navios  peqoenos,  cod 
baslimentos,  artilleria  y  iniiDÎciones  para  )a  dicha  armada. 

Tanibien  se  tiibo  esta  manana  aviso  de  Cartagena  de  coroo  el 
conde  de  Alcaudete  se  babia  hecbo  i\  la  vela  para  Oran;  Diosie 
baya  Uevado  à  salvamento. 

Con  esta  envio  à  Vuestra  Magestad  copia  de  lo  que  escribe  el 
embajador  de  Venecia  sobre  lo  de  la  precedeocia  con  el  de  Fran- 
cia;  y  porqiie  pasa  uno  para  Portugal,  que  me  dice  que  llevana 
mis  cartas  à  buen  reeaudo  y  las  dejaria  en  Banos,  no  despaebé 
correo  con  ellas. 

Las  honras  de  la  cristianisima  reina  de  Francia,  que  ses  en  { 
gloria ,  sehiciéron  el  raiercoles  à  visperas,  y  ayer  jueves  à  misa, 
en  Sant  Pablo,  lo  mas  solemnemente  que  se  pudo.  Fué  el  prineipe 
à  ellas  con  los  perlados,  grandes  y  caballeros  que  aca  babia;  y  U 
princesa  paresciô  que  no  fuese  alla ,  por  baber  poco  que  se  levante 
de  las  tercianas.  Tampoco  vino  la  reina  de  Hnngria  à  ballarseca 
ellas;  y  Sus  Âltezas  eslân  con  salud,  bendito  Dios. 

Escribe  asimesmo  el  embajador  de  GénoTa  que  babia  tenido 
cartas  de  la  corte  del  rey  de  siete  de  junio ,  y  que  entônces  estaba 
Su  Magestad  en  En\eres,  porque  las  naciones  le  babian  ofres- 
cido  de  prestar  alguna  cuantidad  de  dineros ,  y  que  ya  le  babias 
dado  algunos  dellos  basta  cuatrocientos  mill  ducados  à  ocbo  por 
ciento,  y  que  se  esperaba  que  le  darian  mas.  Y  los  correos  que 
habemos  enviado  por  via  de  Génova»  con  cartas  y  polizas,  habian 
pasado  bien;  y  estas  ban  sido  mas  brèves  cartas  que  no  las  que  se 
ban  enviado  por  Laredo,  de  manera  que  Sa  Magestad  se  ballarà 
bien  proveido  de  dinero  para  esta  guerra.  Noestro  Senor  la  impé- 
rial persona  de  Vuestra  Magestad  gnarde  y  prospère  corao  sas 
criados  deseamos. 

De  Valladolid,  à  8  de  julio  1558. 

De  Vuestra  Magestad  mas  humill  criado  y  becbura ,  que  sds 
impériales  manos  besa , 

Juan  Vazquez. 


(  *^ô  ) 


CLVIII. 


LUIS  QUIJADA   A  iUAN   VAZQUEZ. 

Chaleur  excMsive.— Peine  qu'a  causée  &  TEmpereur  l'approche  de  la  flotte  turque. 
—  Excellent  ét.nl  de  sa  santé.  —  Traversée  delà  duchesse  d'Albe.  — Arri?é«  à 
Cuacos  de  Martin  Correa  de  Silvi ,  ambassadeur  de  Portugal  à  la  cour  de  Valla- 
dolid  ;  l'Empereur  doit  lui  donner  audience. 

Cuacos,  9  juillet  1558(1). 


llustre  senor,  la  de  Vueslra  Merced  de  5  deste  recebi,  k 
quien  beso  niuchas  veces  las  manos  por  el  contentamiento  que 
ha  tenido  de  niiestra  llegada.  Ella  fué  con  salud ,  y  coq  la  misma 
eslanios  agora,  bendito  sea  Dios,  y  con  la  mayor  calor  que  be 
vislo  en  mi  vida.  Sentimosia  mas  por  la  ruin  casa  que  tenemos, 
y  eu  el  îr  y  \enir  à  Yusle  se  pasa  trabajo. 

Su  Magestad  ha  sentido  la  llegada  del  armada  del  Turco,  y  es 
de  sentir  tenelle  tan  vecino,  pues  de  donde  esta  puede  venir,  con 
tiempo  razonable,  eu  una  noche,  à  la  costa  de  Yalencia  6  à  la  de 
Cataluna.  Dios  le  confunda,  como  puede.  Su  Magestad  escribe 
sobre  ello  lo  que  Yuestra  Merced  verà,  y  su  salud  va  siempre 
adelante;  y  nadie  le  veria,  que  no  se  espantase  de  verle  con  tan 
buena  dispusicion.  Dios  se  la  dé  rauchos  anos. 

La  duqaesa  de  Alva  (2)  se  aventuré  mucho  venir  en  tiempo 


(1)  Nous  donnons  à  cette  lettre  la  date  du  9,  quoiquVIle  soit  datée  du  19 
dans  la  copie,  parce  que,  en  la  rapprochant  de  celle  qui  est  insérée  au  1. 1*"', 
p.  507,  on  voit  que  le  copiste,  ou  Quijada  lui-même,  doit  s'être  trompé. 

(3)  Le  duc  d'Albe  s'était  rendu  aux  Pays-Bas  par  la  Lombardîe  et  TAlie- 
magne.  La  duchesse,  sa  femme,  et  son  fils,  retournèrent  en  Espagne  par  mer. 
D.  Juan  Manrique,  dit  Gabrbha,  Felipe  II,  liv.  IV,  cb.  XIX,  «  avié  en  las 
»  galeras  à  Espaâa  â  la  duquesa  de  Alva  y  â  su  hijo  eredero.  « 


r 


(  434  ) 

que  la  mar  estobiese  tan  embarazada:  debiélo  hacer,  traber  tan 
buen  marinero  como  el  senor  don  Garcia  de  Toledo. 

Esta  maûana  es  tlegado  aqnl  un  caballero  portugués  que  se 
llama  Martin  Correa  de  Silva,  el  cual  va  por  embajador  k  eu 
corte.  Su  Magestad  le  oirà  después  d^  comer 

De  Cuacos,  à  19  de  julîo  de  1558. 

Luis  QCUADA. 


CLIX. 


MARTIN  DE  GAZTELU  A  JUAM  VAZQUEZ. 

Iniiai^tudt  que  donne  è  l'Empereur  l'approohe  de  la  flotte  turque  :  il  désrc  que 
Yaxques  rinforma  de  ce  qu'il  en  apprendra,  el  veut  que  Gaztelù  lui  apporte 
les  dépêches,  même  au  lit,  lorsqu'elles  arriveront.  —  Nouvelles  de  toute  sorte 
que  débitent  les  religieux  et  les  Flamands.  —  Attention  de  l'Empereur  pew 
doîïa  Madalena  de  lllloa,  qui  va  lui  baiser  les  mains.  —  Visite  d^fiseoriaia 
à  l'Empereur. 

Cuacos,  19  juillet  1558. 


Ilustre  senor,  las  de  Vueslra  Merced  de  8  y  44  de  este  he  recî- 
bido;  y  Su  Magestad  ha  holgado  cuanto  se  debe  de  que  Su  Alten 
quedase  ya  del  todo  libre  y  con  entera  salud,  y  ba  sentido  mu- 
cho  queel  armada  turquesca  baya  pasado  tan  adelanle,y  que  en 
las  îslas  baya  tan  poco  recaudo  para  poderse  defender  :  plegue  a 
l)io8  lo  tenga  todo  de  su  mano,  que  es  bien  menester;  y  de  lo 
que  mas  se  ofreciere  debe  Vuestra  Merced  avisar  à  Su  Magestad, 
aunque  la  nueva  sea  ruîn ,  porque  assi  me  ha  mandado  à  mi  que 
lo  haga ,  aunque  Ilegue  el  correo  después  de  él  acostado. 

Lo  del  bijo  del  duque  Francisco  he  holgado  que  sea  hurla,  j 
segun  Su  Magestad  me  dijo,  lo  babin  entendido  por  medio  de 


I 


■ 


(  455  ) 

estos  frailes  (4)  :  y  no  se  maraville  Vuestra  Merced  de  ello,  porque 
otras  cosas  le  dicen  elles  y  estos  Flamencos  que  iiene  en  su 
càmara,  de  tau  poco  fundaniento  que  yo  he  vergûenza  y  me 
tienen  pudrido,  porque  muchas  veces  me  manda  que  sepa  io 
cierto  de  elle,  y  halio  que  ça  burla,  y  be  dicbo  nii  parecer  à  las 
personas  que  entiendo  se  las  dicen,  y  importa  poco.  Y  créa 
Vuestra  Merced  de  mi  que  es  la  oosa  del  mundo  que  mas  aber* 
rezco  tratar  de  estas  cosas  ni  de  otras  que  sean  en  perjuicio  de 
nadie;  pero  no  puedo  mas  hacer 

El  senor  Luis  Quijada  esta  bueno,  y  tambien  mi  senora  doua 
Magdalena ,  à  quien  Su  Mageslad  tiene  cuidado  de  mandar  visitar 
y  regalar  ;  y  el  otro  dia  fué  à  Yuste  à  beaarle  las  roanos,  y  le  hizo 
todo  favor  :  con  Io  cual,  y  entendiendo  que  Su  Magestad  se  sirve 
de  que  ella  y  su  marido  esten  aqui,  pasan  la  vida,  aunque  con 
hartos  oontrapesos,  por  la  incomodidad  y  ruines  calidades  de 
esta  tierra. 

Ëscoriaia  ha  venido  aqui,  y  Su  Magestad  ha  tenido  por  bien 
que  le  besase  las  manos,  y  ha  hecho  con  él  Io  que  ha  negado  à 
otros. 

De  Cuacos ,  à  19  de  julio  de  i558. 

Martin  w  GaztblC). 


(1)  Oo  arait  dit,  au  coufent  de  Yotte,  que  riaqvisition  avait  fait  pMiidit 
aa  filt  du  duc  Frandseo  de  Berja  qui  était  en  la  compagnie  du  duc  de  Nédioa- 
Sidonia.  Ce  bruit  étant  venu  aux  oreilles  de  PEmpereur,  il  avait  chargé 
Gaztelù  d*écrire  à  Vazquez,  pour  savoir  s*il  était  vrai.  (Lettre  de  Gazteiû  à 
Tazquez,  du  9  juillet.) 

Yazquez  répondit  à  TEniperetir,  le  14  juillet,  que  ce  bruit  était  faux. 


1 


(  456  ) 


CLX. 

JUAN  VAZQUBZ  A  L*EaiP£REUE. 

Perte  de  ThîonTille.  —  ÉlODoement ,  à  ValUdolid ,  de  ce  qu'il  n'arrive  pe*  de  i 
riert  de  Flandre.  —  Départ  de  la  flotte  de  Laredo.  —  Indisposition  de  la  nimt 
de  Hongrie. — Délibération  du  con»eil  d'État  sur  les  luthériens  arrêtés  :  rapport 
de  l'arehevéque  de  Séville;  mesures  pKses.  —  ArrÎTée  îi  Yalladolîd  de Téréque 
de  Taraaona ,  qui  parlin  pour  SéTÎIle ,  après  les  grandes  ehalenrs. 

ValladoUd,  2â  juUlet  t5!tô. 


S.  C.  C.  M'*^, el  duque  de  Alburquerque  ba  eserito  k  Sq 

Akeza,  y  enviado  la  relacion  cuya  copia  va  con  esta;  y  como  este 
de  Tiiimbila  se  reBere  tan  parlicuiarmente,  se  iîene  por  cierto  : 
de  que  Su  Alteza  y  todos  habemos  tenîdo  el  seotimiento  que 
es  razon ,  y  estâmes  maravillados  de  como  no  viene  eorreo  de 
Flandes;  y  la  armada  de  Laredo  se  hizo  à  la  vela  el  lunes  pasado, 
que  se  contàron  diez  y  ocho  del  présente:  Dios  la  lIcYe  con  bien. 

La  reina  de  Hungria  ha  estado  estos  dias  con  alguna  indîs^ 
pusicion,  y  le  saliéron  unas  ronchas  en  las  piemas,  braiosy 
cara,  y  los  médicos  ban  dicho  que  son  viruelas  locas»  y  con 
sudoressele  ban  ya  quitado,  y  esta  Su  Magestad  levantada,  como 
lo  debe  escrîbir  a  Yuestra  Magestad,  y  Sus  Altezas  tienen  salud. 

Ya  Su  Alteza  mandé  juntar  al  arzobispo  de  Sevilla  y  dos  dd 
consejo  de  la  inquisicion,  que  son  los  que  asisten  con  los  inqui- 
sidores  en  esto  de  estos  luteranos,  y  los  del  consejo  de  Estado;  y 
alli  el  dicbo  arzobispo  y  los  del  consejo  refiriéron  k  Su  Alteza 
como  se  procedia  por  su  via  ordinaria  contra  los  dichos  lute- 
ranos,  porque  de  otra  manera  no  convenia,  asi  por  reducir  à 
estos  k  la  fé  y  que  mueran  cristianos,  como  por  saber  de  raiz  los 
que  en  estas  beregias  ban  sido  culpados,  para  que  sean  presos  y 
castigados  conforme  â  sus  delitos;  y  digéron  k  Su  Alteza  la  fslta 


(457) 

que  habia  en  el  Santo  Oficio  de  persooas,  quepor  no  tener  dinero 
eon  que  proveerlaa  no  se  habia  hecho,  antes  habian  reducido 
algunas  inquisicioneaà  otras,  por  no  poderse  sostener.  Su  Alteza, 
con  parescer  de  los  del  consejo  de  Estado,  les  dijo  que  el  dicho 
arzobispo  y  consejo  hiciesen  un  mémorial  de  lo  que  convenia 
proTeerse,  asi  de  personas  como  de  lo  demàs  que  conviniese  al 
Santo  Oficio,  y  que  Su  Alleza  mandaria  proveer  del  dinero nece- 
sario  ;  que ,  aunque  habia  las  necesidades  que  sabiau ,  para  esto 
no  habia  de  faltar ,  aunque  faltasen  para  las  otras  cosas.  Tambien 
digéron  à  Su  Alteza  que ,  cuando  estuviesen  heclios  y  sustanciados 
los  procesos  de  estos  hereges ,  se  llamarian  los  obispos  de  Paleneia 
y  Ciudad-Rodrigo  y  algunos  del  consejo  real ,  y  otras  personas 
que  paresciere,  para  determinar  lo  que  de  estos  se  ha  de  hacer 
cerca  de  su  castigo;  y  para  lo  de  SeTÎlla  era  venido  aqui  el 
obispo  de  Tarazona,  y  que,  por  venir  algo  indispuesto  de  nna 
pierna,  y  ser  el  tiempo  de  tanta  calor,  que  no  se  atrebia  à  ponerse 
en  camino,  pero  que  en  refrescando  el  tiempo  se  parliria:  y  con 
esto  les  paresce  que  lo  de  alli  se  provee  como  convienc.  Y  con 
esto  se  acabé  el  consejo ,  encomendàndoles  Su  Alteza  que  con 
gran  cuidado  se  entendiese  en  todo.  Y  asi  se  ira  avisando  à  Vues- 
tra  Magestad  de  lo  que  se  hieiere  :  que  eierto  el  cuidado  que 
Yoestra  Magestad  tiene  de  estos  negocios  es  lo  que  se  esperaba  de 
tan  catélico  principe;  y  asi  Dios  le  guardarè,  y  darà  la  salud  que 

todos  deseamos,  para  que  sieropre  se  emplee  en  su  servicio 

De  Yalladolid,  à  2â  de  jnlio  4558. 

De  Yuestra  Magestad  nias  humilde  criado  y  hecliura,  que  sus 
impériales  manos  besa , 

JujiN  Vazqurz. 

Suscription  :  Al  Emperador,  nuestro  seîior. 


(  «8  ) 


CLXI. 


LUIS  QDUADA   A  JUAN  VAZQUfZ. 

A»éUoniioii  coiwUnta  de  lu  Mnl«  de  rBmpereur.  —  Peine qwe  Iqi  eeme  U  pcrtf 
de  Thionville.  —  Désir  qu'il  a  de  la^oir  re  que  le  roi  fait  aux  Paj»-Bas, — 
Chaleur  inouïe  :  remarque  de  Qnijada  à  ce  sujet.  —  Consommation  que  l'Enfe- 
reur  fait  de  melons  et  de  toute  espèce  de  fruits. 

Cuacos,  28  juillet  1558. 


lltistre  senor, acà  no  hay  cosa  de  nuevo  que  se  paeda 

aviaar,  mas  qne  la  salud  de  Su  Magestad  va  sîempre  con  la  me- 
joria  que  à  Viiestra  Merced  tengo  escrito. 

Su  Magestad  mucho  ha  seiitido  la  pérdida  de  Tiunvila,  tno 
menos  lo  qu*el  armada  del  Tiirco  ha  hecho  en  Menorea  :  Dios  la 
confundn.  Tambien  tiene  cnidao  por  saber  lo  que  Sa  Magestad 
hace  en  Flandes  :  eomo  sepa  algo  Vuestra  Merced ,  avise  dello. 
Aquf  nos  asamos  de  caler  :  los  de  la  vera  dîcen  que  nonea  tal 
han  visto  ;  mas  yo  veo  que  en  invierno  hay  frio  y  humidà ,  y  en 
verano  calor  grandisima 

Vuestra  Merced  no  puede  crer  el  calor  que  hace;  y  con  ella  So 
Magestad  se  halla  muy  bueno,  y  mejur  con  los  meiones,  que  va 
ha  ocbo  dias  que  los  come  muy  bien,  y  toda  la  dem&s  fruta 

De  Cuacos ,  28  de  jnlio  1 55H. 

Luis   QUUADA. 


(  *^9  ) 


CLXII. 

MARTIM  DB  GAZTELÉ  A  JUAN  VAZQUEZ. 

Peine  que  cause  à  FBnpereur  U  perte  de  CivîteUa  et  de  ThioByille.  —  Excel- 
lent étal  de  m  santé ,  quoiqu'il  commence  à  le  ressentir  de  la  chaleur  qu'il 
fait.  —  Le  grand  commandeur  d'Alcantara  ;  le  comte  d'Oropesa  et  ses  enfants; 
D.  Diego  de  Tolède. 

Cuacos,  38  juillet  1558. 


Ilustre  seôor, por  la  que  Vuestra  Meread  ha  eacrito  à  Su 

Mageitad,  y  las  relaoiooes  que  con  ella  Tiniéron ,  ha  entendido  la 
pérdida  de  la  Gudadela  y  el  numéro  de  las  personas  que  cauti- 
Y&roD,  que  lo  ha  seniido  niucho,  y  tambien  la  de  Tinnvila, 
aunque  no  la  tîene  por  tan  cierta  :  que  aiendo  asi,  séria  gran  pér- 
dida y  estorbo  para  los  desinos  y  efeclos  que  el  rey  nuestro 
seiior  pudiera  hacer  este  afto.  Dios  io  remédie  todo,  que  puede. 
Su  Magestad  eslà  muy  bueno ,  aunque  va  sinliendo  el  calor  de 
esta  tierra  como  los  demàs ,  porque  es  el  roayor  que  ha  hecho 
muchos  anos  ha,  y  ha  adolecido  mucha  parte  de  la  gente  de  los 
Ingares  de  este  contomo  de  tercianas,  aunque  hasta  agora  han 
muerto  pocos.  El  senor  comendador  mayor  de  Alcântara  dicen 
que  va  à  Flandes;  y  el  conde  de  Oropesa,  y  sus  hijos,  y  D.  Diego 
de  Toledo,  estàn  malos  en  Jarandilla.  Dios  les  dé  salud 

De  Cuacos,  à  28  de  julio  de  1558. 

Martin  de  Gaztelu. 


(  *^^) 


CLXIII. 


JUAN  VAZQUEZ  A   L*ElfPERBUR. 


RéMiutions  MtÎBfiiisantes  dm  cortès  de  CaitîUe. 


Valladolid,  30  juillet  1558. 


S.  C. C.  M^^ las  côrtes  de  eslos  reinos  {i)  se  han  tcabado; 

que  ya  los  procuradores ,  después  de  haber  ofrescido  el  servicio 
ordinario  de  los  trescientos  cuentos,  otorgàron  los  ciento  y  cin- 
cuenta  del  estraordinario,  sin  haber  parado  en  lo  dd  encabeza- 
miento  que  pretendîan  que  se  les  habia  de  dar  primero  :  y  asi  se 
lia  remitido  â  Su  Magestad,  cou  carta  de  la  serenisima  princesa 
en  su  recomendacion.  Que  cierlo  ha  sido  buen  negocio»  si  este 
servicio  no  estuviera  lo  mas  consignado  à  mercaderes ,  por  los 
cambios  que  se  han  enviado  à  Su  Magestad.  Nueslro  Senor  la 
impérial  persona  de  Vuestra  Magestad  guarde  y  prospère  como 
sus  criados  deseamos. 

DeValladolid,  àSOdejulio  4558. 

De  Vuestra  Magestad  mas  humilde  criado  y  hediuim ,  que  sus 
impériales  manos  besa , 

Juan  Yazqcbz. 


(1)  Il  s*agit  ici  des  cortès  de  Casdlle.  Dam  le  somnuiire  de  b  lettre  de 
TErapereur  du  9  août,  insérée  au  t.  I*',  p.  313,  il  a  été  mis  par  eiT«yr  : 
eortii  d'Aragon. 


(  46i  ) 


CLXIV. 


JUAN   VAZQUEZ  À   PHILIPPE  II. 

Affaire  des  luthériens  :  manière  dont  on  procède  ;  le  mal  n'est  pas  aussi  grand 
qn*on  le  craignait  ;  le  roi  peut  se  reposer  sur  l'Empereor  du  châtiment  des  cou- 
pables, car  l'Empereur  désire  les  voir  brûler  tous.  —  Indisposition  de  la  reine 
de  Hongrie. 

Va]ladolid,l«'aoûtl5ft8. 


Lo  de  los  luteranos  va  por  su  via  oiflinaria,  y  no  se  ha 

hecho  el  castigo ,  por  sacallo  bien  de  rayz  y  hazer  sus  pro- 
cesos.  Danse  raucha  prissa  en  todo,  y,  à  Dios  gracias,  paresce 
que  no  se  halla  tanlo  mal  como  al  principio  se  pensé  ;  y  desto 
puede  Vuestra  Magestad  estar  descnidado ,  que  el  Ëmperador  le 
liene  por  todos,  y  dessea  ver  quemados  estos  bei*eges.  Y  Su  Ma- 
gestad  Yniperial  esta  en  buena  dispusicîon,  y  Sus  AUezas  tienen 
saiud  ;  y  la  reyna  de  Hungria  ha  tenido  estos  dias  unas  ronchas 
de  pujamiento  de  sangre ,  que  ban  diebo  los  médicos  que  eran 
viruelas  locas:  pero  con  sudores  se  le  ban  quitado  (i) 

De  Vailadolid,  à  i»  de  agosto  i558. 


(I)  Voy.  p.  456. 


(  462  ) 


CLXV. 

iUAN   VAZQUEZ  A   L'EHPERBUR. 

Relation  da  docteur  Oroico.  —  Débarquement  à  Laredo  de  l'arebeTéque  de 
du  régent  Figueroa,  de  D.  Diego  de  Aceredo  et  d'un  courrier,  porteur  de  dépê- 
ches du  roi,  dont  Vaiques  envoie  copie  à  l'Empereur. — Confirmation,  par  divers»» 
voie»,  de  la  défaîte  du  maréchal  de  Thermes.  —  Sortie  de  la  flotte  anglaise  et  sa 
jonction  avec  la  flotte  de  Flandre.  —  Réception  par  le  roi  des  lettres  de  chaBfe 
qui  lui  ont  été  envoyées.  —  Nouvelles  de  la  flotte  turque. 

Valladolid,8aoûtl558. 


S.  C.  C.  M^',  después  que  envié  à  Vuestra  Magestad  la  rela- 
doD  de  lo  que  refirié  el  doctor  Oro2co  (4)»  iiegô  un  correo  de 
Flandes  que  vino  en  el  armada  que  ha  traido  al  anobispo  de 
Toledo,  y  al  régente  Figueroa,  y  don  Diego  de  Acevedo,  y 
otros,  loa  cuales  desenibarcàron  en  Laredo  este  domingo  hiio 
ocho  dias;  y  no  lo  be  hecho  saber  àntes  à  Vuestra  Mageatad. 
porque  se  ban  estado  descifrando  los  despachos  que  el  dicbo 
correo  ha  traido  ;  y  las  ûllimas  cartas  que  oon  él  y  ioa  dem^ 
se  ban  recibido  son  de  quinee  de  junio.  Y  lo  que  puedo  decîr 
de  lo  que  el  rey  escribe ,  es  lo  que  Vuestra  Magestad  verà  por 
la  copia  de  su  carta,  y  de  lo  que  mas  envia  con  ella ,  que  va  eoo 
esta. 

La  nueva  de  la  presa  de  Mos.  de  Termes  y  de  los  demàs  se  ha 


(1)  Ce  docteur  était  prêtre ,  et  frère  du  docteur  Orozco,  auditeur  de  Tau- 
dience  de  Valladolid.  Il  arriva  dans  cette  dernière  ville  le  2  août,  en  compagnie 
d^Alonso  de  Avalos,  parent  du  secrétaire  Yargas.  Ils  venaient  dltalie,  et 
avaient  traversé  la  France,  au  moyen  d^un  sauf-conduiL  Dans  ce  royaume, 
ils  avaient  appris  beaucoup  de  choses  dont  ils  firent  un  rapport  écrit  à  la  pris- 
cesse.  Ce  rapport,  Vazquez  Penvoya  à  PEmpereur  par  lettre  du  o  août 


(465  ) 

ido  confirmando,  sin  esceder  del  DÙmero  de  la  gente  y  forma 
que  dijo  el  dicho  doctor  Orozco  ;  y  don  Diego  de  Carb'ajal  dice 
que  lo  habia  entendido  por  dos  viaa,  y  que  no  lo  ha  osado  escri- 
bir  por  cierlo;  y  algunos  que  han  llegado  aqui ,  de  los  que  han 
venido  con  el  araobispo ,  como  son  don  Diego  de  Acuna,  de 
la  càmara  del  principe,  y  Santoyo,  ayuda  de  càinara  del  rey, 
dicen  que  lo  supiéron  en  Ynglaterra  ;  y  el  proveedor  Pedro  Yer- 
dugo  escribe  al  secretario  Ledesma  unn  carta  caya  copia  va  con 
esta;  y  cuénlase  que  el  conde  de  Agamon  procuré  de  juntar 
alguna  gente  de  la  que  pudo  sacar  de  las  armadas  que  eslaban 
en  los  puertos  de  mar ,  y  otra  de  aquellas  fronteras,  y  la  caballe- 
ria,  y  le  saliô  al  camino,  y  desbaratô,  prendiô  y  maté  loda  aquella 
gente,  y  que  serian  hasta  diez  mil  hombres;  y  con  dos  heridas 
prendiô  à  Mos.  de  Termes.  Bendito  Dios  que  se  ha  hecho  tan 
buen  principio. 

El  régente  Figueroa  me  escribe  que  el  armada  de  los  Ingleses 
habia  de  salir  de  Persemua  (1)  à  los  once  de  julio,  para  parar  à 
entrar  en  Francia,  y  que  la  de  Flandes  se  habia  de  juntar  con 
ella.  Plegue  à  Dios  que  todo  suceda  como  es  menester. 

Las  cartas  que  dice  el  rey  que  escribe  à  Vuestra  Magestad ,  las 
debe  traer  el  arzobispo  de  Toledo,  que  ha  de  pasar  luego  à  Vues- 
tra Magestad  ;  y  las  del  obispo  de  Ras  irân  con  esta. 

Venido  el  arzobispo  y  régente ,  verémos  las  instrucciones  que 
traen;  y  si  hubiere  de  que  avisar  à  Vuesira  Magestad,  yo  terne 
cuidado  de  hacerlo.  Cnando  Su  Magestad  despachô  à  ellos  y  à  este 
eorreo,  no  habia  llegado  la  provision  del  dinero  que  se  habia 
enviado  por  cambio;  pero  yo  tengo  carta  de  Eraso  mas  fresca, 
en  que  dice  que  habian  llegado  las  cédulas  de  cambio  à  buen 
tiempo  :  de  manera  que  por  falta  de  dinero  no  dejarà  Su  Mages- 
tad de  seguir  la  empresa.  Nuestro  Senor  le  dé  la  Victoria  que 
todos  deseamos«  y  guarde  y  prospère  la  impérial  pei*sona  de 
Vuestra  Magestad  como  sus  criados  deseamos. 

De  Valladolid,  à  8  de  agosto  1558. 

(1)  Portsmouth. 


^ 


(  404  ) 

Después  (le  escriplo  esto,  se  han  reeibido  cartas  del  visorre; 
de  Cataluna  de  dos  del  présente,  y  dice  que,  babiendo  enviado 
cierlos  bergantines  à  tomar  leogua  de  la  armada  del  Toreo, 
uno  de  ellos  toniô  iina  barca  de  FraDceses;  y  lo  qae  se  enUeode 
de  ella  verà  Vuestra  Magestad ,  por  la  copia  de  la  deposicion  de 
un  Francés  y  del  patron  del  bergantin ,  que  va  con  esta. 

De  Vuestra  Magestad  mas  hnniill  criado  y  hechura ,  que  sas 
impériales  manos  besa, 

Juan  Vazquez. 


] 


(4€5  ) 
CLXVL 

LA   PRINCESSE  DONA  JUAMA  A   L*EMPEREUR  (D. 

Lettre  du  roi ,  qui  n  reçu  celles  de  l'Empereur.  —  Il  prie  la  pri «cesse  de  l'excuser  de 
ce  qu'il  ne  répond  pas  à  son  père  :  il  le  fera  prochainement.  —  H  approuve  que  le 
prince  D.  Carlos  se  rende  auprès  do  l'Empereur,  et  la  princesse  s'en  réjouit  beau- 
coup, car  ce  sera  donner  la  vie  nu  prince  :  elle  supplie  donc  »on  père  d'écrire  en 
conséquence.  —  Elle  a  proposé  au  roi  de  transférer  ailleurs  la  «our,  qui  depuis 
cinq  ans  est  à  Valladolid  :  il  y  a  eonsentî,  et  toutefois  il  ne  veut  pas  que  ce  soit 
à  Madrid  ;  elle  a  pensé  à  Guadalajara,  Tolède,  ou  Borgos.  Elle  Toudrait  que  ce  fût 
à  peu  de  distance  de  Yuste,  pour  qu'elle  pût  aller  baiser  les  mains  à  son  père, 
puisqu'il  ne  veut  pas  lui  en  donner  aujourd'hui  la  permission.  —  Elle  demande  là- 
dessus  l'avis  de  son  père.  —  MotiCs  puissants  qu'elle  a  de  désirer  ce  changement. 

—  Si  l'Empereur  l'approuve,  elle  demande  qu'il  désigne  les  personnes  dont  elle 
devra  être  accompagnée.  —  Départ  de  l'é^-éque  d'Osma.  —  En  cas  de  translation 
de  la  cour,  elle  voudrait  pouvoir  aller  trouver  l'Empereur;  elle  serait  accompagnée 
de  la  reine  et  du  prince.  —  L'Empereur  ferait  une  grande  faveur  au  roi ,  s'il 
vonlaît  faire  appeler  la  reine ,  et  la  presser  d'aller  reprendre  le  gouvernement 
des  Pays-Bas. — Confirmation  des  bonnes  nouvelles  venues  par  la  voie  de  Frauee. 

—  Marquis  de  Sarria  :  difficulté  de  le  tirer  des  Pays-Bas.  —  Lettre  que  la  prin- 
cesse a  reçue  de  la  reine  de  Bohême  :  sujets  de  plainte  que  le  roi  son  mari 
continue  de  lui  donner.  — Tasses  turques  désirées  par  l'Empereur:  la  reine  n'a 
pu  s'en  procurer,  et  elle  le  regrette  vivement ,  car  elle  voudrait  pouvoir  offrir  à 
son  père  quelque  chose  qui  lui  fut  agréable.  —  Affaire  de  Vadtlantado  des  Cana- 
ries :  plaintes  des  membres  du  conseil,  de  ce  qu'elle  l'a  fait  arrêter  sans  leur 
participation  ;  motifs  qu'elle  a  eus  en  cela  ;  elle  supplie  l'Empereur  de  prendre 
le  plus  tôt  possible  une  détermination  sur  la  conduite  qu'elle  doit  tenir.  —  Post- 
script um  concernant  l'archevêque  de  Tolède  :  ce  que  Valdès  a  dit  à  la  princesse, 
qu'il  aurait  déjà  été  arrêté,  comme  suspeet  de  luthéranisme ,  si  l'on  n'avait  été 
retenu  par  sa  dignité;  invitation  à  TEmpereur  d'être  trè»-réservé  avec  le  prélat. 

Valladolid,  8  août  1558. 


S.  C.  C.  M*"*,  ya  acabô  de  llegar  esta  armada  con  la  geote  que 
Vuestra  Magestad  sabra,  y  las  demàs  partîcalaridades,  por  la 
rclacion  de  Juan  Vazquez ,  que  de  todo  le  he  mandado  que  aviae  à 


(1)  Lettre  autographe. 

TOMB  II.  30 


(  ^6  ) 

Vuestra  Magestad  ;  y  por  eso  no  dire  yo  sino  lo  que  mî  hermaDo 
ni^escribe.  Diceme  que  las  cartas  que  le  inibîé  de  Vuestra  Mages- 
tad son  llegadas,  y  que  le  desculpe  de  Vuestra  Magestad  porqoe 
DO  responde  â  ellas,  por  estar  estos  para  partir,  que  con  otro  lo 
harà.  Paréceie  muy  bien  qu*el  principe  esté  con  Vuestra  Mages- 
tad ,  y  a&i  m  escribe  que  lo  suplica  à  Vuestra  Magestad.  Yo  me 
huelgo  mucho,  porque,  aunque  sea  un  poco  de  trabajo  para  Vues- 
tra Magestad,  sera  dalle  la  vida;  y  asi  suplico  k  Vuestra  Mages- 
tad sea  ser>'ido  de  mandarle  ir  luego,  porque  no  puede  Vuestra 
Magestad  créer  lo  que  va  en  que  Vuestra  Magestad  nos  hap  à 
todos  esta  meroed  ;  y  annque  yo  he  de  qoedar  sola  sin  don  Gar- 
cia (i),  y  sin  haber  venido  ei  (iiarqués  de  Sarria  (â),  pasàrlobe, 
porque  veo  lo  que  va  en  eslo. 

Yo  escribi  à  mi  hermano  que  habia  muebo  que  estaba  aqai  la 
eorte,  y  que  convendria  roudarse.  Paréceie  bien,  y  diceme  que 
lo  haga  con  parecer  del  consejo  de  Estado.  Los  mas  dél  y  les 
otroa  GCMiseJQs  ban  de  estar  muy  mal  ee  esto,  pondue,  ewao 
Vuestra  Magestad  sabe,  siempreson  amrgos  d*estar  bien  aposeo- 
tados  y  de  no  mudarse;  y  cierto  conviene  mucho«  porque  ba 
cinco  anos  que  eslà  aqui,  y  las  camas  de  los  pobreseslàn  todas 
gastadas;  y  de  haber  tanta  gente  aqui,  y  tanta  eonversacion, 
hay  muchos  maies,  que  naide  los  puede  imaginar,  como  yo  escribi 
à  Vuestra  Mages^d  el  otro  dia.  He  peosado  addnde  se  pedria 
mudar ,  porque  roi  bermano  no  quiere  que  sea  à  Madril ,  qae 
séria  lo  mejor.  Y  para  ser  en  el  reino  de  Toledo,  hay  Guadala- 
jara  y  Toledo ,  y  por  acÀ  Burgos.  Yo  querria  que  fuese  cerca  de 
Vuestra  Magestad,  para  besalle  las  manos,  ya  que  Vuestra  Mages- 
tad no  me  quiere  dar  licencia,  para  que  vaya  à  bacerlo;  y  no  se 
adénde.  Suplico  à  Vuestra  Magestad  vea  lo  que  sera  servido  qu'en 
esto  se  haga;  y  créa  Vuestra  Magestad  que  ninguna  cosa  me 
haoe  querer  mudarme  de  aqui,  sino  sabet  lo  que  se  pasa;  y  si 


(1)  D.  Garcia  de  Tolède.  Yoy.  pp.  941,  note  !,  el  445,  note  1. 

(2)  II  devait  remplacer  D.  Garcia  de  Tolède.  Voy.  p.  448. 


(467) 

fuesen  cosas  que  se  pudîesen  decir  à  Vuestra  Magestad ,  Teria 
que  lengo  razon.  Si  à  Vueslra  Magestad  le  pareciere  bieo ,  y  ha- 
biéndose  de  ir  don  Garcia ,  verÀ  Vuestra  Magestad  quien  que- 
darà  conniigo,  asi  para  estar  en  mi  compania  como  para  ir  con- 
niigo,  porque  no  es  cosa  quedar  sola  ;  y  el  obispo  de  Osma  fuése, 
y  no  creo  que  Tolverà ,  porque  anda  ya  niuy  viejo.  Si  fuere 
Vuestra  Magestad  serrido  que  la  corte  se  mude,  ontretanto  que 
la  arranea  de  aquf,  y  se  asienta,  me  podria  Vuestra  Magestad 
dar  licencia  para  que  fuese  à  besalle  las  manos;  y  podriainos  ir 
juntos,  la  reina  y  el  principe  y  yo.  Elios  se  quedarian,  y  yo 
nie  volveria,  harto  contra  nii  voluntad. 

Esto  de  la  reyna  digo,  porque  me  escribe  mi  bermano  que 
suplica  à  Vuestra  Magestad  que  la  mande  llamar,  y  la  apriete 
mucbo  para  que  vaia  à  Flandes,  porquescosa  que  conviene, 
como  Vuestra  Magestad  sabe,  y  qu'él  lo  desea  mucho,  por  dejar 
aquellos  Estados  en  buen  gobiemo.  Si  Vuestra  Magestad  quisere 
hacer  esta  merced  à  mi  hermano  de  llamar  à  la  reyna ,  podriase 
may  bien  hacer  estotro. 

Yo  antecipome  tanto  acordar  à  Vuestra  Magestad  todas  estas 
cosas,  porque  tenga  Vuestra  Magestad  tiempo  de  mirallas,  y 
hacer  en  todo  lo  que  fiiere  mas  servido;  y  sérioha  Vuestra  Ma- 
gestad de  avisarme  dello,  para  que  con  tiempo  se  provea  lo  que 
Vuestra  Magestad  mandare.  T  euanto  mas  presto  d  principe 
fuere,  créa  Vuestra  Magestad  que  sera  mejor. 

Estos  que  vienen  dicen  por  cierto  lo  que  dijéron  los  que  venian 
por  Francia  :  paréceme  que  debe  de  ser  asi  ;  y  es  muy  buena  uueva. 
No  es  posible  que  cou  tan  buena  mano  no  se  hubiesefaecho  mas. 

Yo  qnerria  saber  lo  qne  mi  bermano  escribe  à  Vuestra  Mages- 
tad dei  marqués  de  Sarria,  porque  â  mi  no  me  dice  sino  qne  le 
ba  dicbo  qne  vendra  en  esta  armada ,  qne  no  sabe  si  lo  créa  (4), 
porque  no  bay  quien  le  pueda  echar  dalli;  y  as!  fué,  pues  se 
quedé  :  que  no  allégé  â  tiempo  qu  era  la  armada  partida.  De  mi 


(1)  Sieév»  ia  copie.  Il  semble  qu'il  faille  Kre:  harà. 


(  4«8  ) 

herinana(1)tambiei]  tuvecartas,  y  esta  para  Viicslra  Magestad  : 
no  me  parece  que  hay  mejorfa  en  el  rey  ;  plega  Dtos  que  mi  her- 
mano  escriba  h  Vtiestra  Magestad  lo  que  Gallo  trnjo ,  porque  no 
pase  mas  esto ,  sin  poner  el  remedio  que  couTicne.  Cnando  Voes- 
tra  Magestad  queria  beber  por  nnas  calderillas  turcas,  las  invié  à 
pedir  à  mi  hermann,  porque  me  parecia  que  alla  las  habrîa;  y 
abora  m*escribe  que  no  se  hallan,  sino  este  frasco  y  otro  que 
venia  hecbo  pedazos,  que  era  dcste  betum  que  invio ,  para  que  Yea 
Vuestra  Magestad  si  es  desta  manera  el  de  las  calderillas  ;  y  traia 
este  papel ,  que  porque  no  Tentiendo,  le  envio  â  Voestra  Magestad. 
Vuestra  Magestad  verè  este  betum,  y  de  la  manera  que  son  los 
que  Vuestra  Magestad  qniere,  y  escribamelo,  para  que  mi  her- 
mana  lo  inyie  :  que  sera  para  ella  muy  gran  regalo,  porque  m*es- 
cribe  que  desea  en  estrenio  saber  con  que  podrâ  servir  à  Vuestra 
Magestad.  Boisas  (2)  como  la  que  invié  à  Vuestra  Magestad  me 
invié,  y  porque  Vuestra  Magestad  no  gnsta  délias,  no  las  envio. 
Va  escribi  à  Vuestra  Magestad  lo  que  habia  en  la  prision  del 
adelantado  de  Canaria  (5),  suplicando  à  Vuestra  Magestad  viese  lo 


(1)  Marie, (T Autriche,  épouse  de  Maximilien,  roi  de  Bobême. 

(2)  Peut-être  est-il  question  ici  de  bolttu  iurea$,  tasses  pliantes  de  eoir. 

(3)  Nous  n*a?ons  pas  cette  lettre  de  la  princesse  à  son  père;  mais  roici 
comme  H.  Amédée  Pichot  explique,  d'après  le  manuscrit  Gonzalez,  Tarres- 
tation  de  Vadelantado  des  Canaries  :  «  Juana  imposait  à  ses  dames  d^honnenr 
»  le  décorum  le  plus  sévère.  Quoique  veuve  et  mère,  elle  ne  se  souciait  nul- 
»  lemcnt  d^être  imitée  sous  ce  rapport..  Comme  elle  pariait  toujours  de 
»  fonder  une  maison  relicpeuse,  c*était  à  la  suivre  dans  oe  chaste  asjrle  qnVn 
»  devait  se  préparer,  pour  lui  plaire.  Quelle  fut  donc  son  indignation ,  quand 
A  une  de  ces  dames  vint  se  plaindre  à  elle  qu^un  jeune  seigneur,  après  tni 
»  avoir  promis  de  Tépouscr,  prétendait  n'avoir  tenu  ce  langage  que  pour 
A  plaisanter!  Le  galant  seigneur  était  Vadelantado  ou  gouverneur  des  îles 
»  Canaries.  La  régente  le  fit  arrêter  et  enfermer  dans  la  tour  de  Medîoa- 
1»  Celi....  Le  conseil  d*État  prit  fait  et  cause  pour  le  séducteur,  prétendant 
»  qu'il  ne  pouvait  être  arrêté  sans  sa  participation....  «  (Chariea^Quint , 
Chronique  de  sa  vie  intérieure  et  de  sa  vie  politique,  de  son  abdication 
et  de  sa  retraite  dans  le  cloitre  de  Yuste,  1854,  in-8*,  p.  438.) 


(  ^>d  ) 

qoe  habia  de  hacer  en  esto.  Ahora  lo  torno  à  hacer ,  porqu*él  esta 
ya  en  Médina,  à  niuy  buen  recado;  y  yo  entretengo  ia  manera 
de  procéder  en  este  negocio,  hasta  ver  loque  Vuestra  Magestad 
manda.  Losdel  conaejo  liànse  quejado  de  que  yo  no  les  di  cuenta 
dello,  enando  le  mandé  prender  :  y  no  lo  hice,  porqoe  fuese  mas 
secreto.  Olras  causas  hubo,  que  no  quiero  que  las  sepa  Vuestra 
Magestad  por  mi,  aunque,  si  van  adelante,  y  hay  lanta  pasion  como 
hasta  aqui ,  no  me  podré  escusar  de  decillo  à  Vuestra  Magestad. 
Suplico  à  Vuestra  Magestad  que  mire  queste  negocio  toca  à  la 
autoridad  de  mi  casa ,  y  que,  conforme  à  esto,  me  mande  lo  que 
se  ha  de  hacer  en  él;  y  vea  Vuestra  Magestad  si  lo  remitiré  à 
los  alcaldes,  ù  à  une  solo,  ù  al  consejo.  Al  fin  yo  no  se  en  esto 
nada,  y  querria  que  Vuestra  Magestad  me  mandase  lo  que  habrâ 
de  hacer ,  pues  sabe  Vuestra  Magestad  lo  que  ha  hecho  en  casos 
como  este  ;  y  cuanto  mas  presto  Vuestra  Magestad  me  hiciere  esta 
merced,  sera  mucho  mayor,  porque  se  acaben  ya  tantas  quexas 
como  tengo.  Qnedo  con  roiedo  de  cansar  à  Vuestra  Magestad 
COQ  tau  larga  carta;  y  por  eso  suplico  à  Vuestra  Magestad  me 
perdone ,  à  quien  guarde  Dios  como  yo  deseo. 
A  8  de  agosto. 

Ubidiente  hija  de  Vuestra  Magestad, 

La  Pringesa. 

Billet  autograplèe  inséré  dans  la  lettre, 

Holvidôseme  de  decir  â  Vuestra  Magestad  qu*el  arçobispo  de 
Sevilla  me  dijo  que  avisase  à  Vuestra  Magestad  de  qu*est08  lutfae- 
ranos  decian  algonas  cosas  del  deToledo,  y  que  Vuestra  Magestad 
estuviese  recatado  con  él,  cuando  fuese.  Hasta  ahora  no  hay  nada 
de  sustancia  :  mas  dijome  que,  si  fuera  otra  persona,  que  le  hubie- 
ran  ya  prendido ,  pero  que  se  mirarà  mas  lo  que  hay,  y  se  avisarà 
à  Vuestra  Magestad  dello.  Y  en  la  memoria  qu  ellos  diéron ,  se  ha 
proveido  todo;  y  siempre  avisaré  à  Vuestra  Magestad  de  lo  que 
se  hiciere. 


(  *70  ) 


CLXVII. 


LUIS  QUUÀDA  À  JUAN   VAZQUEZ. 

La  santé  de  l'Emperaur  continue  d'être  benne  :  mais  il  souffre  beaucoup  plus 
qu'auparavant  de  la  démangeaison  aux  jambes.  —  Les  bains  qu*i1  prend  lui  foat 
du  bien;  Quljada  ne  voudrait  pas  toutefois  que  cette  démangeaison  cesslt 
entièrement,  de  eninte  que  l'buraeur  ne  se  portât  aiUenrt.  —  L'Enpciw 
éprouve  quelque  mal  au  cou  :  ce  qui  peut  provenir  de  ce  qu'il  couche  portes 
et  fenêtres  ouvertes ,  à  cause  de  l'extrême  chaleur.  —  Sentiments  fontrairet 
que  font  naitre  en  lui  la  perle  de  ThionWIle  et  la  déroute  dn  maréchal  de 
Hiermes.  —  Inquiétude  que  lui  cause  le  bruit  répandu  que  Luxembomy  aurait 
été  abandonné ,  et  que  Gravelinea  était  assiégée.  ->  Mécontentement  du  silenee 
que  gardent  le  roi  Pt  ses  ministres.  —  Flotte  turque.  —  Rafraîchissement  de  la 
température,  qui  est  de  peu  de  durée;  grand  nombre  de  malades.  —  MfloDS  : 
TEmpereur  regrette  beaucoup  que  ceux  de  son  jardin  se  soient  gelés;  œqn'il 
dit  ffur  les  melons  et  les  concombres.  —  Abseoee  de  nouvallea  de  Fkadre. 


Gnacos,  9  aoât  155S. 


liustre  senor,  la  de  Vuestra  Merced  de  très  de  este  reoebi  à  los 
cinco  del  mismo,  y  no  se  ha  despachado  mas  presto,  porqoe  Sa 
Mageslad  lo  ha  dilatado  de  dîa  en  dîa,  el  cual  va  con  su  salud 
adelante  y  como  à  Vuestra  Merced  teiigo  escrito ,  aunque  le  earga 
mas  que  solia  la  eomezon  de  las  pîeraas.  Htee  lodM  \oê  remedios 
que  puede  de  labalorios,  y  dice  que  le  aproTecli»ii;  pero  vo  no 
querrîa  que  dei  todo  dejàse  aquel  humor  de  eorrer  alH ,  porqae, 
à  no  hacello,  de  fuerza  ha  de  cargar  à  otra  parte,  qne  por  ventora 
serîa  mas  peiigroso.  Tieneei  pescuezo  envarado  :  debede  serque, 
por  el  gran  calor  que  hace  y  él  sîeate ,  doerme  ventanas  y  poerlâs 
abiertas.  En  lo  dénias  esta  may  baeno,  y  ha  sentido  mucho  que 
se  certifiqœ  la  perdida  de  Tionvila,  por  ser  plaza  lan  impor- 
tante  

Ha  tenido  Su  Magestad  contentamiento  de  la  rota  de  Mos.  de 


(47i  ) 

TAPibènës;  y  k  todoi  nôé  p^fetè  i^é  deb6  <k  ser  verdad,  piM» 
conforma  ei  que  vino  de  ftoinft  y  el  de  Flandes  ;  y  Su  Mag«fttad , 
y  aun  yo,  nos  cotifonnamos  eon  el  parecer  de  Vueatra  Mefoed, 
en  qoe  era  biieoa  ocaiioii  el  emprendet*  à  Calés,  pnes  de  Aiefta, 
haHàfidose  el  capitan  délia  en  eftta  faction ,  habla  de  sàcar  la 
mayor  parte  de  la  guamieton,  y  no  qnedar  tan  bien  pr<yreida 
cuanto  eonvenia:  Dioa  lo  haj^a  como  hemos  menester,  qoe  el 
escomienzo  de  este  afio  eê  como  Voeslra  Merced  dice.  Y  Su 
lia|i;eëtad  eëlà  en  cuidado,  porque  de  Cigales  escriben  loa  criadoa 
de  la  Megestad  de  la  reina  de  Hungria  à  toe  de  Su  Itagealad 
aqui,  que  à  Lucemburch  habian  desamparado  los  nuealrea  y 
aun  derribado  las  murallas,  y  tambien  apnnian  à  que  e^taban 
puestos  sobre  Gravelingas.  Lo  uno  y  lo  otro ,  segun  Su  Magestad 
me  dijo ,  lo  escribiô  Mos.  de  Badan  (i) ,  mayordomo  de  la  reina  : 
mande  Vuestra  Merced  despachar  una  estafeia ,  sobre  lo  que  en 
esio  bat.  Tambien  se  espanta  Su  Magestad  de  no  venir  correo  de 
Flandes,  y  dice  que  no  puede  pensar  que  puede  ser  que  no  avisen 
tanto  de  loê  buenos  sucesos  como  de  los  que  no  b  son  {ï) ,  y 
cierto  le  tiene  en  cuidado,  y  no  menos  pof  entender  que  derrota 
ha  tomado  el  armada  del  Tureo,  la  cual  podria  ser  fuese  la  vueltA 
de  Argel,  por  haber  entendido  la  gente  que  el  conde  de  Alcau^ 
dete  ha  pasado,  y  tambien  por  estar  Argei  desproveida ,  à  causa 
de  h  rota  prostera  que  los  Tureos  hnbiéron. 

Ac  ha  escomenzado  è  refrescar  el  tiempo  como  alla;  péfo 
después  ban  fuello.los  calores  como  al  principio ,  y  los  dolientes 
no  mejoran  mucho;  y  è  mi  se  me  ha  muerto  uno,  y  otros  no 
estàn  lejos  dello,  porque  tengo  y  he  tenido  trece  à  catorce 
malos,  y  entre  ellos  me  ha  cabido  k  mi  un  par  de  tercianas;  y 


(1)  Le  S'  de  Bredan.  Voy.  pag.  594. 

(â)  Gazlelù,  dans  une  lettre  du  même  jour  à  Vazquez,  s^etprimait  lur  ce 
point  ploi  catégoriquement  :  «  No  déjà  Su  Magestad  de  mara?illarse  del 
•  gran  descuido  que  ei  rey  y  nva  minUlros  usan  en  no  ewribir  ni  despachar 
»  correos,  para  salir  de  estas  dudas.  » 


(472) 

con  eato  quedo  libre  »  y  téngolo  por  bueno  escapar  â  Un  boeii 
mercado,  segun  las  enfermedades  desleano. 

Los  melones»  acâ  a  ocho  û  diez  dias  que  han  escomenzado; 
pero  aun  no  los  hay  de  loa  finos,  y  Sa  Magestad  siente  mocho 
que  se  le  hayan  helado  los  de  su  jardin,  porser  de  simientes 
escelentes.  Cuatro  tengo  aqui,  que  hube  ayer,  para  mi  senora 
dona  Lui8a(l);  y,  si  no  son  buenos,  consuélese  Vueslra  lierœd 
con  que  Su  Magestad  dice  que  es  mejor  un  ruin  melon  que  un 
bu^  pepino  :  plega  à  Dios  que  el  correo  los  quiera  Uevar;  yo 
rogÀrselohe  de  muy  buena  voluntad.  Otra  eosa  no  bay  que 
deeir...,.*.. 

De  Cuaeos ,  à  nueve  de  agosto  de  1 558. 

De  la  main  de  Quijada, 

No  hay  mas  que  poder  decir  à  Vueslra  Merced,  sino  que 
Su  Magestad  siente  mucho  lo  que  tardan  de  venir  los  correos,  y  ^ 
sohr^ello  disculpa  al  rey ,  y  no  à  los  que  estân  cerca  dél,  de  no 
avisar;  qu'él  haria  que  fuese  i).  Diego  de  Acevedo  el  que  ha  de 
venir  à  lo  qu*él  ha  dias  que  ha  de  despachar;  y,  si  d  régente 
viene,  podria  ser  que  fuese  él.  En  fin  qualquiera  tomaria  Su 
Magestad  ya  una  eorta  carta,  porque  en  forma  desea  saber  lo 
que  el  rey  quiere  hacer  ô  hace  con  su  campo  :  Dios  le  dé  roncha 
vitoria. 

Luis  Quijada. 


(I)  Femme  de  Vasquez. 


(473) 


CLXVIÎT. 

JUAN  VAZQUGZ  A  L*BMPEREUR.     ^ 

Arrivée  de  GveiUio  de  la  Veg a ,  avee  des  dépêches  pour  TEnpereiir  qve 

Vaac|iiei  lui  enToie. 

ValladoUd,  10  août  1558. 


S.  C.  C.  M'*',  Garcilaso  de  la  Vega  ha  venido  hoy  de  Flandes 
por  tierra  eon  salvo  coDduto,  que  partie  de  Bruaelas  à  46  de 
julio;  y  me  ba  dado  el  pUego  que  va  aqui  para  Vueatra  Mageatad , 
en  que  me  diee  que  vao  cartas  dd  rey;  y  da  raion  de  los  ter- 
ininoa  en  que  quedaba  el  ejército ,  y  de  la  manera  que  fué  la  rota 
de  Hoa.  de  Termes  :  que  cterto  ba  gido  gran  nueva,  para  lo  que 
descamos.  Mueatro  Senor  la  ymperial  persona  de  Vuestra  Ma- 
gestad  guarde  y  prospère  como  sus  criados  deseamos* 

De  Valladolid,  à  40  de  agosto  de  1558. 

I)e  Vuestra  Magestad  mas  huroill  criado  y  hecbura,  que  sus 
ymperiales  roanos  besa, 

Juan  Vazqubsu 
Suteription  :  Al  Emperador,  nuestro  sefior. 


(474) 


CLXIX. 


JUAN  VAZQUEZ  A  LfiMPBRBUR. 

Défaite  du  maréchal  de  Thermes.  —  Nouvelles  de  Catalogne.  —  ArrÎTée  à  Valb- 
dolid  de  l'archevêque  de  Tolède ,  du  régent  Pigueroa  et  de  D.  Diego  àt  Acevedo  : 
les  deux  premterseommuniquent  leurs  instruelîons  au  conseil  d'État  ;  ih  doitcnt 
l'un  et  l'autre  aller  trouver  l'Empereur.  —  S'-Jean  de  Lux  brûlé  parle  doc 
d'Alburquerque. 

YaUadolid,  17  août  1558. 


S.  C.  C.  M'^,  â  la  caru  que  recibf  estes  dias  de  Vuesira  Ma* 
gestad  de  9  del  présente  (1)  terne  poco  que  satisfaeer,  por  ser  en 
respuesta  de  otras  tnias;  y  bien  soy  cierto  que  Vuestra  Magestad 
se  habrà  holgado  de  ver  la  relacion  que  envié  de  lo  que  refiriô 
el  doctor  HoroEeo(2)  de  ia  presa  y  desbarato  de  Mos.  de  Termes, 
mayormente  habiendo  visto  Vuestra  Mageslad  la  eertinidad  de 
esta  buena  naeva  por  lo  que  después  Garcilaso  eseribié^y  no 
mènes  de  saber  la  salud  con  qne  el  rey  quedaba.  Hoy  ha  veoido 
correo  de  Gataluna ,  y  lo  qne  puedo  decir  de  lo  que  el  visorey 
escribe  es  lo  que  Vuestra  Magestad  terâ  por  la  copia  de  nna  carta 
que  D.  Francisco  de  Côrdova,  hijo  del  eonde  de  Alcaudele, 
escribiô  al  dicho  visorey  desde  Rosas ,  donde  llegô  eon  las  dos 
galeras  de  la  érden  <  el  cual  tambien  dice,  en  otras  cartas,  que  el 
embajador  Figueroa  babia  despachado  una  fusta  el  mesmo  dia 
que  él  partiô  de  Génova,  con  despachos  suyos  y  de  Flandes,  y  esta 
no  habia  llegado  aun  à  Rosas ,  ni  hay  mas  de  lo  que  el  dicho 
D.  Francisco  escribe  :  y  de  que  el  armada  del  Turco  se  vuelva  eo 
Levante  ,  Su  Alteza  y  todos  tenemos  el  contenlamiento  que 
Vuestra  Magestad  puede  considerar. 


(1)  Elle  est  dans  le  1. 1"^,  p.  313. 
Voy.  p.  462. 


(  '^78  ) 

El  sàbado  en  la  noche,  13  del  présente,  llegô  aqnf  el  anobiapo 
de  Toledo ,  D.  Diego  de  Aceredo  y  el  régente  Figueroa  »  y  de 
camino  fuéron  à  besar  las  roanos  à  Su  Âiteza  ;  y  ayer  martes ,  se 
juntàron  las  del  consejo  de  Estado  y  los  dichos  arzobispo  y  ré- 
gente, y  mostràron  sus  instrucciones,  y  se  eomepzô  &  ver  y 
platicar  en  lo  que  traen  à  cargo;  y  habiéndose  acabado  de  ver 
todo,  irân  à  dar  razon  à  Vuestra  Magestad,  para  quelo  entienda 
mas  particularmente,  eomo  lo  traen  en  comision,  para  que, 
entendido  lo  que  Vuestra  Magestad  manda ,  el  régente  se  pueda 
voiver  aqui ,  y  el  arzobispo  se  vaya  à  su  iglesia. 

El  duque  de  AIbnrquerque  y  I).  Diego  de  Garvajal  quemàron  à 
San  Juan  de  Lus,  oomo  Vuestra  Magestad  verâ  por  la  copia  de  la 
caria  del  duque,  que  va  con  esta 

Nuestro  Senor  la  impérial  persona  de  Vuestra  Magestad  guarde 
y  prospère  coroo  sus  criados  deeeamos. 

De  Valladolid ,  à  17  de  agostO  1558. 

De  Vuestra  Magestad  mas  humilde  criado  y  heehura,  <\ue  sus 
impériales  roanos  bese, 

Juan  Vazquez. 


{ 


(  476) 


CLXX. 


LA  PRINGBSSE  DOlfA  JUANA  A  L'EMPEREUR  (1). 


Retraite  de  la  flotte  turque.  —  Défaite  du  due  de  Guise.  —  Arrivée  à  ValladoGd 
de  l'areherêque  de  Tolède  et  du  régent  Figueroa ,  qui  se  rendront  à  TiKte, 
aussitôt  qu'ib  auront  aoeempli  leur  eommiaiion.  —  Un  des  objets  que  Taiche- 
veque  traitera  avec  l'Empereur,  est  la  conduite  du  roi  de  Bohême  envers  sa 
femme  :  la  princesse  supplie  son  père  de  chercher  tous  les  moyens  possibles  de 
tirer  la  reine  de  la  triste  situation  où  elle  se  trouve.  —  Secret  qn'die  a  rhabi-  \ 

tnde  de  garder  dans  les  afeiree.  —  Inquiétude  que  Ini  cause  la  démangeaisen  * 

aux  jambes  dont  souflîre  l'Empereur.  —  Elle  attend  qu'il  lui  ait  fait  connaître 
ses  intentions,  pour  communiquer  au  conseil  d'État  la  lettre  du  roi  relative 
au  déplacement  de  la  cour  :  elle  assure  son  père  que  les  tfaéalins  ne  sont  pour 
rien  dans  le  désir  qu'elle  a  exprimé  de  voir  la  cour  transférée  ailleurs  ;  que  le 
père  Francisco  est  le  seul  qu'elle  voie,  et  que  jamais  il  n'a  cherché  à  laire 
naître  en  elle  des  scrupules  à  cet  égard.  —  Fatigues  que  lui  cause  le  gouver- 
nement. —  Affaire  de  Vadelantado  des  Canaries  :  informations  prises  par  va 
alcade  de  la  cour;  paroles  qui  furent  échangées  entre  Vadelantado  et  la  dame 
de  la  princesse  ;  informations  inexactes  données  à  rBmperenr.  —  La  prinecfae 
supplie  son  père  de  lui  dicter  la  conduite  qu'elle  doit  tMiir;  elle  ne  pcuse  pas 
qu'il  veuille  permettre  qu'cm  trompe  ses  dames ,  en  disant  après  qu'on  a  vonin 
rire.  —  Envoi  à  l'Empereur  d'une  lettre  que  la  princesse  a  tenue  très  secrète. 

Valladolid,  17  août  1558. 


S.  C.  C.  M*"*,  ya  Vuestra  Hagestad  puede  estar  sio  pena ,  pbes 
la  armada  del  Turco  se  Ta  y  desavenida  de  los  Franceses,  coino 
verâ  Vuestra  Magestad  por  la  carta  de  don  Francisco  de  Gôrdoba. 
Bendito  sea  Dîos,  que  tan  bien  lo  ha  hecho  en  qoitamos  e«te 
erobarazo,  que  era  bien  grande.  Tambien  dicen  que  era  desbara- 
tado  Mosiur  de  Guisa;  y  aunque  no  es  cosa  cierta,  lo  digo  à 
Vuestra  Magestad,  por qu^es  buen  anuncio,  y  podria  may bien  ser. 


(1)  Lettre  auto^^raphe. 


(  477  ) 

El  arçobispo  deTolcdo  es  liegado,  y  me  hn  dado  ctienta  de  lo 
qnc  tray,  que,  como  Vuestra  Magestad  verâ,  no  hay  cosa  nueva 
y  que  ya  no  esté  provcida.  El  hirâ  luego  &  Vuestra  Magestad ,  y 
el  régente  Figueroa,  conio  aeabaren  aqui  sus  coniisiones;  y  el 
arçobispo  la  trae  de  tratar  con  Vuestra  Magestad  lo  del  rey  de 
Bohemia.  Y,  aunque  yo  se  el  cuidado  que  Vuestra  Magestad  tiene 
desto ,  no  pnedo  dejar  de  acordar  à  Vuestra  Magestad  el  trabajo 
en  que  mi  hermana  esta,  y  suplicar  à  Vuestra  Magestad  le  saque 
dél,  pues  no  tiene  otro  reroedio  sino  el  de  Dios  y  Vuestra  Mages- 
tad; y  erea  Vnestra  Magestad  que,  ya  qu*el  rey  no  le  tiene, 
sera  terrible  cosa  hacer  vida  con  este  hombre;  y  con  los  sobre- 
saltos  que  mi  hermana  tendra ,  y  aunqn*ella  es  hija  de  Vuestra 
Magestad  en  la  Cristiandad,  tanto  la  podrà  apretar,  quel  rey, 
y  los  trabnjos  (1),  y  el  verse  sola,  sin  tener  persooa  con  quien 
descanse,  que  haga  algun  disparate.  Este  es  muy  gran  peligro,  y 
el  de  sus  hijos  muy  mayor,  pues  quitârsclos  ya  Vuestra  Magestad 
ve  que  desconsuelo  sera  para  ella,  que  no  creo  que  tiene  otro 
descanso. 

Suplico  à  Vuestra  Magestad  vea  todo  esto,  y  créa  que  ninguna 
seguridad  se  puede  tener,  sino  apartando  à  mi  hermana  y  à  sus 
hijos  de  tal  desventura;  y  para  esto  busqué  Vuestra  Magestad 
todos  los  medios  posibles ,  porque  todo  lo  demâs  puede  apro- 
vechar  poco.  Yo  siento  esto  de  manera  que  no  puedo  dejar  dç 
cansar  à  Vuestra  Magestad  con  acordârselo  muchas  veces. 

A  esta  postrer  carta  de  Vuestra  Magestad  (2)  tengo  poco  que 
responder,  por  ser  respuesta  de  las  mias  :  solo  es  bien  que  sepa 
Vuestra  Magestad  que  lo  que  mi  hermono  me  escribiô  en  lo  de 
las  cartas,  mandaba  que  lo  comunicase  con  Juan  de  Vega  y 
Gutierre  Lopez  y  Juan  Vazquez;  y  à  mi  pareciôme  que  era  mejor 
que  no  lo  supiesen,  porque  apretarian  mas  el  négocie;  y  asi  fué. 
Ilélo  querido  decir  à  Vuestra  Magestad ,  porque  no  pieuse  que 


(1)  Ce  passade  semble  peu  ÎDlellicpible;  peut-être  a-t-îl  été  mal  copié. 
(3)  Nous  n^avons  pas  cette  lettre. 


(478) 

lo  que  mi  hermano  me  escribe  he  de  traUr  coo  naide ,  sino  man- 
dàndomelo  él. 

El  Gomezon  que  Vtiestra  Magestad  liene  me  da  roay  gran  peoa, 
porque  darà  desabriroiento  à  Vueslra  MagesUd  dorar  laoto: 
plega  à  Dio8  que  se  aya  qutiado,  y  quede  Vuestra  Magestad  eoo 
la  salud  qu*es  menester. 

Ya  Vuestra  Mageatad  babrà  visto  lo  que  escribi  k  Vuesira  Ma- 
gestad de  la  mudaaça  de  aqui,  y  lo  que  mi  hermano  me  escribe 
sobresto.  Hasta  saber  lo  que  Vuestra  Magestad  manda,  no  lo  e 
comunicado  con  el  consejo  d'Estado;  y  haciéndose  este,  quedaré 
yo  sin  el  escrùpulo  que  Vuestra  Magestad  piensa  que  los  teatinos 
me  pusiéron.  Y  créa  Vuestra  Magestad  cierto  qu  es  cosa  que  nunca 
ninguno  dellos  la  ha  Iraïado  :  à  lo  menos  yo  no  lo  se,  y  no  me 
tenga  Vuestra  Magestad  por  tan  teatiana  que  piense  esto,  porqne, 
por  vida  de  Vuestra  Magestad,  con  ninguno  dellos  trato,  sîno 
con  el  padre  Francisco;  y  torno  â  jurar  à  Vuestra  Magestad 
qu*él  nunca  me  ha  puesto  este  escrùpulo,  ni  yo  le  tcngo,  sino 
que,  sintiendo  la  desôrden  de  aqui  como  préximo,  me  pareeeqoe 
soy  tambien  obligada  à  hacer  por  mi  parte  lo  que  me  parece  que 
puede  ayudar  à  remediallo;  y  porque  acabaha  de  oir  un  raonton 
de  cosas  que  me  diéron  mucha  pena ,  escribi  à  Vuestra  Magestad, 
por  descaosar  :  que  con  la  merced  que  Vuestra  Magestad  mehace, 
me  atrevo  à  cansar  à  Vuestra  Magestad  con  estas  cosas  ;  y  pôderias 
decir  à  Vuestra  Magestad,  es  para  mi  muy  grand  alivio  de  los 
trabajos  que  paso. 

De  dejar  el  gobiatio  no  tratarô,  como  Vuestra  Magestad  me 
manda;  mas  sepa  Vuestra  Magestad  quesel  mayor  trabajo  del 
mundo  tenelle,  y  sin  haber  en  ello  escrùpulo  ninguno;  y  asi 
snplico  à  Vuestra  Magestad  créa  lo  que  tengo  dicho  de  los  tea- 
tinos y  de  mi,  que  no  tengo  mas  cuenta  con  ellos  quen  cuanto 
les  mando  que  m'encomienden  k  Dios,  como  à  las  otras  érdenes. 

En  lo  que  toca  al  desposorio ,  vislo  lo  que  Vuestra  Magestad 
me  escribe,  mandé  à  un  alcalde  de  corte  que  hiciese  la  infor- 
macion;  y  asi  ha  tomado  el  dicbo  à  la  dama  y  à  las  personas  que 
podian  saber  lo  que  pas6,  y  boy  se  parte  k  Médina  à  tomarie  al 


. 


(  *79) 
adelaotado.  Lo  que  hay  es  qa*en  mi  antecàmara  se  dîéroo  las 
manos»  y  se  dijéron  algunas  palabras  que  muchos  dicen  que  son 
firmes;  y  hay  testigos  desto;  y  es  buria  lo  que  han  dicho  à  Vuestra 
Magestad  que  no  piisé  mas  qu'esto.  Entiendo  qu  el  moço  niega  lo 
que  pas6,  y  dice  qu*estaba  burlando.  En  este  caso  querria  Vuestra 
Magestad  me  hiciese  merced  de  decirnie  lo  que  se  harà ,  y  des- 
pues quel  alcalde  acabe  de  bacer  la  inforroacion,  si  se  ba  de 
remitir  al  consejo»  para  determinar  lo  que  se  hubiere  de  bacer,  ù 
como,  porque,  si  Yuesira  Magestad  no  me  hace  esta  merced,  yo 
no  sabré  encaminario,  y  tambien  porque  me  iio  de  pocos;  y  ya  ve 
Vuestra  Magestad  si  séria  bueno  que  naide  se  atreviese  à  burlar 
a  mis  damas,  con  engafiarlas,  y  después  decir  que  lo  bacen  bur- 
lando. Vuestra  Magestad  me  perdone  cansalle  con  estas  cosas, 
que  arto  lo  siento  yo  :  mas  la  poca  espiriencia  que  yo  tengo  en 
ellas  me  hace  pasar  por  h>  poco  que  yo  querria  eansar  a  Vuestra 
Magestad. 

La  earta  de  don  Luis  (1)  no  envié  inego  à  Vuestra  Magestad , 
porque  me  parecè  que  no  me  h  mandé  Vuestra  Magestad.  Ahora 
lo  hago;  y,  por  vida  de  Voestra  Magestad,  qne  nunea  salie  de 
un  escrilorio  nrio,  ni  se  supo  cosa  de  la  qne  en  elta  Ténia;  y  esto 
tenga  Vuestra  Magestad  por  cierlo,  h  quien  goarde  Dios  como  ye 
deseo. 

A  i7  deagosto. 

Ubidiente  bija  de  Vuestra  Magestad» 
La  PniRCESA. 


(t)  Quel  était  ce  don  Luis?  Cest  ce  que  ne  me  permettent  pas  de  décider 
les  docBment$  que  f  ai  i  ma  disposition. 


(  ^^  ) 


CI.XXF. 


LA   PRINCBSSE  DONA  iUANA  A   L  EMPEREUR. 

Peine  que  lui  donne  racccs  de  goutte  survenu  à  l'Empereur.  —  Départ  de  Gar- 
ciUso  pour  Yuste.— Nouvelles  d'Italie.— D.  Diego  de  Acoîia  déaire  être  dispensé 
de  se  rendre  auprès  de  FEmpcreur,  et  il  croit  ee  Tovage  inutile ,  puisque  Gar> 
cilaso  y  va  :  cependant  il  est  prêt  à  obéir  à  la  volonté  de  rBraporenr. 

Valladolid,  19  août  1558. 


S.  C.  G.  M*"*,  bojf  vino  un  correo  de  Vueslra  HagesUd;  j  eoa 
8aber  que  Vuestra  Magestad  quedaba  coo  la  gola»  quedo  yo  cou 
la  peoa  qu  es  razon.  Garcilaso  se  parte,  y  no  lo  hizo  ioles,  porqne 
le  mandé  mi  berniano  que  bablase  à  la  reina  sobre  su  ida,  y  i  les 
de  bacienda  8obr*el  dînero.  Dél  entenderà  Vuestra  Magestad  muy 
particularmente  todo  lo  que  quisiere  saber,  y  la  certidumbre  de 
la  rota  de  Mossiur  de  Ternies ,  que  ba  sido  arto  bueno.  Y  pot 
Italia  avisan  qu'es  eîerto  la  ida  de!  armada  del  Turco.  Espero  que 
tras  estas  bnenas  nuevas,  vendran  las  que  se  desean.  Luis  Qai- 
xada  escribe  que  Vuestra  Magestad  espéra  que  don  Diego  de 
ÂcuAa  vaia  à  dar  razon  à  Vuestra  Magestad  de  lo  de  alla  (i).  Û 
me  dijo  que  le  parecia  que,  iendo  Garcilaso,  que  Tino  despoés 
dél,  que  le  desculpaba  de  no  ir  él ,  por  su  mala  dispusicion  ;  y  asi 
me  pidié  que  yo  lo  eseribiese  à  Vuestra  Magestad ,  y  que,  si  Vues- 
tra Magestad  era  serrido  de  querer  qu  él  fuese,  que  no  lo  dejaria 
de  hacer,  por  ninguna  cosa  que  tuviese.  Vuestra  Magestad  Terâ 
lo  que  manda,  para  que  don  Diego  lo  haga  luego.  Y  por  no 
cansar  à  Vuestra  Magestad,  no  dire  mas  de  suplicar  à  Nuestro 


(1)  Voy.  let.  Hjp.Si;. 


(481  ) 

Senor  giiarde  à  Vuestra  Magestad,  y  le  dé  la  salud  que  yo  le 
deseo. 
A  IS)  deagosto. 

Ubidiente  liija  de  Vuestra  Magestad, 
La  Pri^gesa. 


CLXXU. 


LA  PRINCESSE  DONA  JUANA   A  L*EMPBRE(}R. 


Elle  recommande  à  m  bieoveilbnce  D.  Pedro  Manrique  ,  jnrocurador  de  Bitrgos, 
qui  TA  lui  baiser  les  mains ,  et  qui  sollicitera  sa  faveur  auprès  du  roi ,  de  la  part 
des  cortès  de  Castine. 


Valladofid,93Mât1558. 

S.  C.  C.  H^"*,  D.  Pedro  Manrique  es  procurador  de  certes  de 
Burgos,  y  va  à  besar  las  manos  à  Vuestra  Magestad  de  parte  del 
reyno ,  y  à  suplicalle  le  dé  Vuestra  Magestad  su  favor  para  con 
mî  hermano ,  porque  le  invian  à  él  à  suplicar  lo  que  toca  al 
reino.  El  ha  ser^'ido  tan  bien  que  me  obliga  à  suplicar  à  Vuestra 
Magestad  le  haga  esta  merced.  Y  porque  creo  que  Vuestra  Ma- 
gestad se  la  harà,  no  cansaré  mas  à  Vuestra  Magestad,  à  quien 
guarde  Dios  como  yo  deseo. 

  2^  de  agosto. 

Ubidiente  hija  de  Vuestra  Magestad , 
La  Pringesa. 

Stiscriplion  :  Al  Emperador,  mi  senor. 


Tome  II.  51 


(482) 


CLXXIII. 


LE   DOCTEUR   MATHYS  A  JUAN  VAZQUKZ. 

L'Empereur  est  libre  de  U  goutle  :  maïs  la  déniangeaison  aux  jambes  est  revenue , 
et  il  emploie  de  nouveau  les  répercusstfs.  —  Il  est  maintenant  en  assea  borne 
disposition ,  quoique ,  les  après-midis ,  U  ressente  un  pen  de  mal  de  tête.  —  U 
mange  et  dort  bien. 

Yu$te,24  août  1558. 


Miiy  ilustre  senor,  Su  Magestad,  à  Oios  gracias,  esta  mejor 
de  la  gola  :  ca  con  las  caméras  que  ha  tenido,  cada  dta  dos, 
hasta  el  domiiigo  passado,  veinte  y  udo  del  mes  preseote,  ba 
evacuado  mucho;  pero,  en  qnitândose  la  gota,  Inego  voIyîô  la 
comezon ,  y  tambien  Su  Magsstad  hâ  vtielto  à  los  repercossivos. 
Esta  agora  con  razonable  dispusicion ,  sino  que  à  las  tardes  le 
viene  un  poco  de  dolor  de  cabeza ,  el  cual  pero  se  quîla  coo  el 
sueno.  Corne  con  buena  gana  y  dorme  bien ,  y  de  dos  ifias  desta 
parte  no  hace  sino  una  càmera  cada  dia ,  segODdo  su  ordinarîo. 
Placera  à  Nuestro  Senor  de  conserbar  Su  Magestad  en  la  pré- 
sente disposîcion  bnena 

De  Yuste,  à  U  de  agosto,  en  la  manana. 

Hbmriqub  Mathisio. 


(  483  ) 


CLXXIV. 

MARTIN   DE  GAZTËLU   A   JUAN   VAZQUEZ. 

Réclamation  de  la  ville  d'Arevalo  à  l'Empereur,  qni  la  renvoie  à  la  princesse 

gouvernante. 

Guacos,  94  août  1558. 


Ilustre  senor,  la  villa  de  Arévalo  ha  eaviado  aqui  persona 
propia  con  carta  para  Su  Mage9lad,y  copia  de  los  privilegios  que 
tieoe  en  su  favor  cooGrmados  por  el  Emperador ,  para  que  la 
dicha  YiUa  ni  los  logares  de  ella  no  puedan  ser  enagenados  ni 
vendidos,  suplicando  que  se  les  mande  guardar,  y  no  permita 
que  la  venta  que  se  trata  del  lugar  Horcajo  haya  efecto.  Y  ha- 
biendo  hecbo  relacion  à  Su  Magestad  de  ello,  ha  mandado  res- 
ponder  lo  que  suele,  que  es  remitirlos  à  Su  Âlteza»  teniendo  por 
cierio  que  no  se  les  har  agrabio ,  pues  no  es  razon ,  habîendo 
servido  tan  bien  à  la  corona  real ,  y  senaladamente  cuando  las 
comunidades:  de  que  Su  Magestad  se  aeuerda  bien ,  y  de  lo  que 
la  dicha  villa  bizo 

De  Cuacos,  à  i4  de  agosto  de  i558. 

Martin  db  Gaztblé. 


(  484) 


CLXXV. 


L  EMPEREUR  A  JUAN  VAZQUEZ. 


Réponse  lUX  lettres  des  8 ,  10  et  17  août.  —  Satisfaction  qu'ont  causée  à  l'Empe- 
reur les  nouvelles  que  Vasquci  lui  a  transmises  et  ee  que  Gareilaso  lui  a  rap- 
porté.— H  désire  qu'on  attende,  pour  expédier  un  courrier  aux  Pay»-Ba5 ,  qu'il 
ait  ru  rarcheréque  de  Tolède  et  le  régent  Figueroa. 


Yuste,97aoât  1558. 


Joan  Vazquez  de  Holina,  mi  secretario  y  del  mi  consejo, 
vuestras  cartas  de  8,  10  y  17  deste  he  recibido,  con  las  del 
obispo  de  Ras  y  Gareilaso;  y  por  ellas,  y  la  copia  de  la  de  nego- 
cios  qn'el  rey  escribe  à  la  princesa ,  y  las  relaciones  que  habeis 
embiado,  y  lo  qu*el  dicho  Gareilaso  me  ha  referido,  he  enteo- 
dido  la  salud  con  que  quedaba ,  y  la  confirmacion  de  la  rota  y 
presion  deMos.  de  Termes,  entrada  del  diique  de  Albnrquerqae 
y  D.  Diego  de  Carvajal  en  Francia,  y  la  Uegada  del  arzobispo  de 
Toledo  y  régente  Figueroa  con  los  demàs,  y  lo  que  s'entendîa  de 
la  ida  del  armada  del  Tureo  en  Levante:  de  todo  lo  cual  he  hol- 
gado  mucho  ;  y  assi  lo  baréis  de  lo  demàs  que  se  ofreciere.  Y  pues 
el  dicho  arzobispo  y  régente  ban  de  venir  aqui,  deben  de 
traerme  cartas  del  rey;  y  si,  vistas  sus  instrucciones,  hovierede 
que  prebenirme,  hacerloé}s  con  tiempo,  para  estarlo  de  lo  que 
combenga.  Y  no  se  despache  correo  à  Flandes,  si  no  fuesse  con 
mucha  necesidad,  y  por  tierra,  hasta  que  los  baya  oido,  y  respon- 
dido  a  lo  qu'el  rey  me  deve  escrivir  con  ellosy  ha  dicho  Gareilaso 
de  su  parte.  Tambien  he  holgado  que  las  cédulas  de  lo  que  se 
proveyé  al  rey  por  cambio ,  hovîesen  llegado  à  tan  buen  tiempo 


(485) 

como  os  ba  escrito  Eraso;  y  assi  espero  que  habrà  seido  de  lo 
que  s*embi6  de  contado  en  la  ùltima  armada . 
De  Yuste ,  à  27  de  agosto  de  1 558. 


Carlos. 


Por  mandado  de  Su  Magestad  : 
Martin  de  Gaztslé. 


CLXXVr. 

l'empereur  a  PHILIPPE  11  (1). 

Les  procuradoret  du  royaume  de  CastiUe,  assemblés  à  Valladolid,  ayant  accordé 
au  roi  le  service  ordinaire  et  extraordinaire ,  ont  résolu  de  lui  envoyer  D.  Pedro 
Manrique ,  pour  lui  faire  diverses  demandes.  —  L'Empereur  le  prie  d'y  avoir 
égard,  car  elles  sont  justes,  et  les  certes  ont  montré  beaucoup  de  bonne  volonté 
pour  son  service.  —  11  recommande  à  son  fils  D.  Pedro  Manrique. 

Yuste,  28  août  1558. 


Hijo,  habiéndoos  otorgado  los  procuradorea  del  reyno,  que 
estàn  juntos  en  Valladolid ,  el  aervicio  ordinario  y  estraordinario» 
como  08  lo  debe  haber  atisado  6  avisarà  la  prinoeaa  vuestra 
bermana,  cou  lo  demàs  que  de  estas  certes  habré  resultado,  ban 
acordado  de  enviaros  en  su  nombre  à  D.  Pedro  Manrique,  que  lo 
es  por  la  ciudad  de  Burgos ,  y  à  snpiicaros  lo  que  dél  entende- 
réîs,  como  lo  ban  acostumbrado  bacer  en  mi  tiempo,  con  ôrden 
que  prîmero  viniese  h  vîsilarme  de  parte  del  reyno ,  con  carta 
d'él  y  de  la  princesa ,  como  lo  ba  becho,  pidiéndome  tobiere  por 


(1)  Cette  lettre  paraît  Hre  la  dernière  que  Charies-Quiot  ait  écrite. 


(  486  ) 

bien  de  escribiros  en  fabor  de  lo  que  prétende,  pues  es  Un  jttsto. 
Y  aunque  se,  hijo,  que,  sabiendo  vos  las  buena  voluntad  y  obra 
con  que  por  lo  pasado  ban  servido ,  y  la  que  les  qoeda  para  (*x>nti- 
nuallo  en  lo  porvenir,  y  el  amor  que  os  muestran  tener,  y  el 
que  se  yo  que  vos  les  leneis,  no  fuera  necesaria  mi  inlercesion, 
todabia,  por  el  que  yo  partîcularmente  tengo  al  reyno,  no  be 
querido  dejar  de  hacerlo;  y  asi  os  ru^o  qtie,  visto  lo  que  su- 
plica ,  le  bagais  en  ello  la  merced  y  fabor  que  hubiere  lugar  y 
convinlere ,  pues ,  demàs  de  las  causas  y  razon  que  bay  para  ello 
me  baréis  mucbo  placer. 

El  dicbo  D.  Pedro  me  ba  suplicado  que ,  atento  lo  que  me  ba 
servido,  y  que  por  baber  gastado  su  bacienda  en  ello,  y  ser  la 
merced  que  le  bîce  mas  moderada  de  la  que  se  bizo  à  otros,  y  de 
lo  que  para  sustentarse  babia  menester ,  tenga  por  bien  de  in- 
tercéder para  que  se  la  bagais  en  olra  cosa;  y  aunque  estaba  Un 
fuera  de  no  escribiros  por  nadie,  todabla  se  ofrecen  cosas  de 
manera  que  no  lo  puedo  escusar.  Y  asi  os  ruego  que ,  pues  sabeis 
el  tiempo  que  el  dicho  D.  Pedro  me  ba  servido,  y  en  que  y  como 
lo  ha  becbo ,  le  tengais  por  encomendado.  Y  Nuestro  Senor  os 
guarde  como  yo  deseo. 

De  Yuste ,  à  28  de  agosto  de  i  558. 

Vuestro  buen  padre, 
Carlos. 


(487) 


CLXXVIL 


LU18  QUMADA  A  JUAN  WAlQtJtl. 

Il  D'à  pas  répondu  plot  tôt  ain  dernières  lettres  de  Vasques ,  parée  que  l'Empe- 
reur a  Toulu  attendre  U  départ  de  Crareilaao.  —  L'Empereur  se  porte  très-bien , 
et  presque  aussi  bien  qu'avant  le  dernier  aeeident.  -  Déroute  du  maréchal  de 
Thermes.  —  Retraite  de  la  flotte  turque.  —  Efforts  à  faire  pour  procurer  au  roi 
l'argent  dont  il  a  besoin.  —  L'Empereur  recommande  à  Gareilasode  faire  hâter 
la  Tenue  de  l'archevêque  de  Tolède  et  du  régent  Figueroa;  persuasion  dont  il 
use  envers  In  reine  de  Hongrie ,  pour  l'engager  à  retourner  aui  Pays-Bas.  — 
Quijada  prie  Vasques  de  le  prévenir  du  départ  de  l'archevêque  de  Tolède ,  afin 
qu'il  fasse  les  provisions  nécessaires,  et,  à  ce  propos,  il  lui  parle  de  l'arrivée 
inopinée  du  comte  de  Urtiéffa ,  pour  baiser  les  mains  de  l'Empereur.  —  Limes 
et  melons.  —  Venue  à  Tuste  de  D*  Pedro  Manriqoe,  de  la  part  des  eortès  de 
Castille  :  réception  bienveillante  que  lui  (ait  l'Empereur,  qui  écrira  au  roi  en 
faveur  des  eortès.  —  Embarras  que  donnent  à  Quijada  tous  les  hôies  qu'il  doit 
recevoir.  —  Diminution  des  chaleurs  ;  orages;  coup  de  tonnerre  qui  tue,  sur  la 
montagne  de  Tuste,  t7  vaches  et  9  veaux. 

> 
CnaoM,  38  août  1598. 


Ilustre  tenor,  hàllome  eon  ires  càrtai  de  Vuetira  Merced 
à  que  debo  reepuesta ,  de  1 7  y  19  y  3i  dette;  y  do  lo  he  becho, 
porqoe  Sa  MageiUul  no  ha  qnerido  que  te  despache,  peDaaodo 
baeello  eada  dia;  y  aunque  yo  le  be  dkho  que  Yueeira  Merced 
decia  que  te  avisase  de  ao  mejoria ,  reapoodia  qne  Gareibao  la 
llevaria.  Cuanto  à  ella,  no  hay  que  dedr,  ûno  que  esta  Su  Ma* 
gestad  nnuy  bueno,  y  càsi  t;in  bueuo  como  àntea:  lo  cual  dira 
Garcilaao ,  como  teatigo  de  visla. 

L4I  rota  de  Mos.  de  Termea  ha  aido  6  tan  buen  tiempo  oomo 
Vueatra  Meroed  diee,  y  en  parte  no  ea  nienoa  que  la  del  con- 
destable  :  ei  princîpio  bueno  va  ;  plega  à  Dios  que  el  fin  sea 
como  aabe  que  ea  meneater.  Y  no  ea  menos  buena  nneva  la  vuelta 
dei  armada  del  Tureo  en  tal  saxon ,  y  que  vayan  deaavenidoa  eon 


3r 


(  *!^  ) 
Franceses:  que  es  senal  que  el  ano  que  viene  no  la  traeràlao 
liYianamente  como  hasta  aqui. 

Tambien  mostré  à  Su  Magestad  la  suma  del  dinero  que  Vueslra 
Merced  dice  que  sera  nienester  para  acabar  la  guerra  de  este 
aôo  ;  y,  aunque  hay  trabajo  de  pagar  tan  grandes  sumas  como 
se  debeo,  todavia  se  darà  Yuestra  Merced  y  esos  senores  tal 
inana  que  se  buscar&n ,  especialmente  que  el  Francés  armô  mas 
temprano,  y  de  fuerza  ha  de  desarmar  primero  que  el  rey  ;  y  si  el 
rey  pudîese  sostener  su  egército ,  créame  Yuestra  Merced  que 
liaria  efectos,  é  le  baria  venir  en  una  buena  paz;  y  por  este  con- 
viene  hacer  fuerza,  y  proveelle  con  toda  brevedad,  si  hay  de  que. 

Con  Garcilaso  da  Su  Magestad  priesa  al  arçobispo  de  Toledo  y 
al  régente ,  porque  sin  ellos  no  puede  Su  Magestad  resolverse  en 
lo  que  ha  de  escribir  al  rey,  y  ansi  le  mandé  que  les  dièse  priesa. 
Y,  pues  Yuestra  Merced  entenderà,  por  las  que  Su  Alteza  le 
comunicar ,  la  persuasion  que  hace  à  la  reina  sobre  lo  que  el  rey 
quiere,  no  tendre  yo  que  decir  aqui,  si  no  que  â  venir  la  reyna 
en  ello,  séria  cosa  muy  acertada;  y  acuérdese  Yuestra  Merced 
que  muchas  veces  le  he  dicho  que  el  rey  no  puede  hacer  auseneia 
de  aquellos  Estados,  sin  dejallos  à  gran  peligro,  si  no  es  con  ir  la 
reina  ;  y  digo  lo  mismo  agora ,  y  creo  hay  mayor  necesidad  ddla 
que  nunca;  y  à  lo  que  aqui  teneraos  entendido,  que  ya  el  arço- 
bispo ba  comenzado  â  tratar  con  la  reyna  sobre  ello.  Y  cnando  se 
détermine  el  dicho  arzobispo  à  partir ,  snplico  à  Yuestra  Merced 
nos  mande  avisar  dello ,  para  que  nos  proveamos  de  lo  necesario, 
y  no  sea  como  el  conde  de  Uruenna ,  que  llegô  à  mi  casa  sâbado» 
â  las  iO  de  la  noclie,  con  un  mundo  de  caballos  de  posta,  y  an 
haber  que  les  dar  de  comer.  Besô  à  Su  Magestad  las  roanos,  y 
partiôse  el  lunes. 

Su  Magestad  ha  visto  todas  las  relaciones  que  de  ahi  ha  en- 
viado,  y  él  responde  k  Yuestra  Merced  como  verà  por  su  carta. 
Y  con  esto  acabo  de  satisfaeer  à  las  très  cartas  que  de  Yuestra 
Merced  tengo  :  solo  me  falta  decir  del  correo  que  no  diô  las 
limas;  y  lo  mejor  que  hay  es  que  no  quiso  llevar  los  melones,  j 
escogié  las  limas ,  y  hizo  bien ,  pues  se  quedé  con  ellas. 


(  ^d  ) 

lie  aqui  no  haj  otra  cosa  que  decir ,  sino  que  D.  Pedro  Man- 
riqne  llegô,  de  parle  del  reyno ,  à  lo  que  Vuestra  Merced  debe 
haber  entendido,  y  Su  Mageslad  le  oyé  alegremente,  y  escribirâ 
al  rey  en  recomendacion  del  reyno  (I)  :  de  que  el  D.  Pedro  va 
contente  del  favor  y  buen  tratamiento  que  le  hizo,  por  venir  de 
parte  de  quien  venia. 

Molesiado  soy  de  huéspedes  :  mas  mas  lo  serèn  ellos,  porque  ni 
hay  que  les  dar  de  corner,  ni  aun  de  dormir,  segun  los  que 
acuden;  y  tendrémos  mas,  segun  lo  que  enliendo. 

Acà  comienza  à  calmar  la  calor,  y  no  de  caer  rayos,  pues 
sobre  la  montana  de  Yuste  bien  alto  cayô  uno  que  maté  SI  vacas 
y  9  terneras.  Su  Magestad  tienetarabien  en  Yuste  dolientes,  mas 
no  peligrosos 

De  Cuacos,  à  28  de  agosto  de  1558. 

De  la  main  de  Quijada, 

No  hay  mas  que  poder  avisar  â  Yuestra  Merced  de  aqui, 
mas  de  que  Su  Magestad  tiene  salud  y  se  alla  muy  bien,  y 
dnerroe  sus  cuatro  6  cinco  oras  de  hun  golpe. 

Luis  QUIJADA. 


{ 


(I)  Voyez  la  lettre  précédente. 


(490) 


CLXXVIII. 


MARTIN  DB  GAZTRLÛ  A  JUAN   YAZQUVZ. 

Réponse  luv  letireg  des  17,  19  et  M  eoAt.  -  L'Boiperaur  B*eit  ftîl  lire,  d'anbeot 
à  l'iutre,  toutes  les  copies  de  dépcebes  et  de  relations  envoyées  par  Yaxqaes. 
—  Commission  qu'il  donne  à  Garcilaso  pour  la  reine  de  Hoagrie.  —  Étal  dans 
lequel  il  se  trouve ,  depuis  les  derniers  avis  envoyés  à  Vasques  :  disparition  de  b 
goutte  et  de  la  démangeaison  aux  jamlies;  ceHe-ei  réparait  êaafeit»,  et  TEoipe- 
reur  Tatténue  au  moyen  de  bains  d>au  mêlée  de  verjus;  il  est  à  présent  aasai 
bien  que  si  rien  ne  lui  était  arrivé.  —  Motif  pour  lequel  il  n*a  pas  été  éerit  pluf 
tôt  à  Valladolid.  —  D.  Pedro  Manrique,  Tarchevêque  de  Tolède,  le  régeat 
Figueroa. — L'Kmpereur  défire  avoir  des  nouvelles  de  11.  Praneês  de  Beamoade, 
et  du  mariage  dp  son  fiU  :  il  demande  aussi  ee  qu'est  deveou  Brat  de  Ahiide, 
envoyé  par  l'infante  doîîa  Maria  en  France.  —  Maladies  et  morts  à  Cuacos. 

Guacos,  38  août  1558. 


Ilustre  seftor,  las  carias  de  Vuestra  Merced  de  diei  y  siele, 
diez  y  nueve  y  veinte  y  dos  deste  be  recibido;  y  Su  Mageslad 
satisface  à  las  que  le  ba  escrîto  (1),  y  ba  holgado  con  las  buenas 
nuevas  que  se  le  ban  avisado,  y  oido  à  la  letra  todas  las  copias 
de  cartas  y  relaciones  que  Vuestra  Merced  ba  enviado 

El  mémorial  de  las  pensiones  oyô  Su  Magestad  à  la  letra  y 
con  atencion ,  aunque  no  conoce  à  muchoa  de  los  à  qaieo  se 
ban  dado.  A  la  reina  de  Hungria  responde  con  Garcilaso,  et 
cual  comunicarà  à  Vuestra  Merced  el  negocio  à  que  va 

Después  que  uUimamente  se  aviso  à  Vuestra  Merceil  de  la  in* 
dispusicion  con  que  Su  Mageslad  quedaba,  le  sobrevÎDiéroa 
unas  camarillas,  con  que  quedô  libre  del  dolor  de  la  gota  y  co- 
raezon  de  las  piernas,  aunqu'esla  ba  vuello  después,  puesto  que, 
con  el  labatorio  de  agua  rosada  con  agraz,  se  ba  mitiguado;  y 

(1)  Voy.  la  lettre  de  TEmpereur  du  27  août,  p.  484. 


(491) 

Su  Magestad  ha  tenido  estos  dias  y  queda  en  tan  buena  dispusi- 
cion  como  si  no  la  bubiera  tenido  mala;  y  no  se  ha  dado  aviso 
dello  ântes,  por  qu  él  no  ha  querido  hasta  que  Hegase  Garcilaso, 
y  escribiese  à  las  reina  y  princesa ,  como  lo  hace  con  él. 

Don  Pedro  Manrique  llegô  aqni  ires  dias  ha,  y  hiego  besé  las 
manos  à  Su  Magestad  de  parte  del  reino  ;  y  escribe  al  rey  en 
favor  de  los  negocios  que  va  à  tratar;  y  se  partie  esta  manana 
para  Plasencia ,  de  donde  proseguirà  su  viage  à  esa  corte  ;  y 
agora  aguardamos  al  arzobispo  y  régente  (\),  para  entender  lo 
que  trahen,  y  escribir  al  rey  sobre  lo  que  dello  resultare,  y  en 
respuesta  de  las  cartas  que  tnijo  Garcilaso  :  por  cuya  causa  escribe 
Su  Magestad  à  Vuestra  Merced  que  no  se  despache  correo 

Su  Magestad  me  ha  mandado  que  escriba  à  Vuestra  Merced 
avise  si  don  Francés  de  Yeaumont  se  halle  con  el  duque  de  Al- 
burquerque  en  la  entrada  en  Prancia,  y  si  esta  en  Navarra,  6  en 
lo  que  entiende,  y  en  que  parô  el  casamiento  de  su  hijo,  y  si 
Bras  de  Aluide,  à  quien  la  infanta  dona  Maria  enviaba  à  Francia 
sobre  sus  negocios,  esta  ahi ,  é  si  partie  ya,  y  cuanto  tieropo  ha. 

Âqui  mueren  de  pocos  dias  ac&,  mas  que  los  pasados,  de  ter- 
cianas  dobles  que  dan  en  calentura  continua;  y  en  casa  del  senor 
Luis  Quijada,  aunque  hay  enfermos,  no  tantos  como  por  lo 
pasado;  y  él  y  mi  senora  dona  Madalena  qnedan  con  salud,  gra- 
cias à  Nuestro  Senor. 

De  Cuacos,  à  28  de  agosto  de  1558. 

Martin  de  Gaztblé. 


(1)  Le  régent  Figueroa  partit  pour  Yuste  dans  les  premiers  jonrs  de  sep- 
tembre :  étant  tombé  malade  à  Medlna  del  Campo,  Il  retourna  à  Valladolid. 
(Lettre  de  Vaiquet  au  roi,  du  11  octobre  1558.) 


(492  ) 


CLXxrx. 

LA  PRINCESSE  DONA   iUANA  A  L'EMPEREUR  (t). 

Inquiétudes  que  lui  donne  l'absence  de  nouvelles  de  Tuste ,  et  qui  l'engagent  à 
dépécher  ce  courrier. — Affaire  qui  retient  Tarchevéque  de  Tolède  à  Valladolid; 
instances  de  la  princesse  pour  qu'il  se  rende  à  Tuste ,  et  fasse  rapport  à  l'Eaipe- 
raur  de  ce  qui  concerne  la  reine  de  Bohême  et  la  négociation  avec  la  reine  de 
Hongrie.  —  Voyage  du  prince  D.  Carlos  à  Yuste,  et  changement  de  la  résidence 
de  la  cour.  ~  Lettre  de  la  princesse  à  Tévéque  d'Osma ,  |K>ur  qu'il  vienne 
demeurer  avec  elle;  sa  réi^nse. —  Examen  de  VadelanUuio  des  Canaries. 

Valladolid,  29  août  1558. 


S.  C.  C.  M*"^,  desde  que  Garcilaso  ftié,  e  stado  con  mny  gran 
pena,  esperando  saber  de  Voestra  Magestad;  y  como  este  tarda 
tanto,  la  tengo  muy  mayor,  y  asi  despacho  esie  correo  à  saber 
como  Vuestra  Magestad  se  ba  ballado.  Vlegà  Dios  que  sea  como 
yo  deseo  :  que  con  esto  me  contentaré;  El  arçobtspo  se  detiene 
por  este  négocie  del  adelantamiento  (2),  qu'esta  en  los  términos 
qu  él  dira  à  Vuestra  Magestad.  To  le  doy  harta  prisa  que  vais  à 
Vuestra  Magestad,  porque  le  dé  cuenta  de  lo  que  toca  à  mi 
hermana,  para  que  con  tiempo  se  dé  orden  en  ella,  y  en  la  ida 
de  la  reyna  de  Ungria  :  que  otra  cosa  no  tray  de  nuevo ,  mas 
(le  lo  que  Vuestra  Magestad  sabe.  La  ida  dd  principe  s'esta  asi, 
hasta  que  Vuestra  Magestad  responda,  y  la  mudança  de  aqui 
tambien.  Cuando  Vuestra  Mageslad  pudiere,  séria  bien  echar 
esto  aparté ,  porque  empieza  à  hacer  buen  tiempo.  Yo  escribi  al 


(1)  Lettre  autographe. 

(2)  Garcilaso  écrivait  à  TEmpereur  le  9  septembre  :  o  El  arzobispo  no  se 
»  deliene ,  dias  ha ,  sino  por  el  negocio  del  adelantamiento  de  Cazurla ,  con 
n  ciertos  sequtoriales  que  tray  del  papa  para  et  consejo.  « 


(  *93  ) 

obispo  Je  Osiua,  para  saber  si  vendria  para  qiiedar  conroigo;  y 
diccme  que  si,  cuando  yo  le  avisaré  :  no  lo  bago,  hasta  ver  lo 
que  VuestraMagestad  roandh  ^  todo.  La  confision  del  adelanlado 
se  toma,  y  él  empieza  à  nrgar,  y  conPiesa  algunas  cosas  coo  decir 
quVslaba  burlando.  Vuestra  Magestad  verà  lo  que  le  parecc  en 
esto,  porqu*es  mal  caso  qu*él  se  atreva  à  decir  esto.  Y,  por  no 
cansaràVuestra  Magestad,  acabo.  Nuestro  Senor  guarde  a  Vues- 
tra  Magestad  como  yo  deseo. 
A  29  de  agosto. 

Ubidiente  bija  de  Vuestra  Magestad 
La  Primcesa. 


CLXXX.-^ 

L*ARCHEVâQUE  DE  TOLÈDE  (1)  A   l'eMPEREUR. 

Il  regrette  beaueoup  de  n'avoir  pu  encore  aller  baUer  les  mains  de  rEmpereur, 
et  loi  rendre  compte  des  choses  dont  le  roi  l'a  chargé  :  mais ,  à  Valladolid ,  on 
procède  si  lentement,  que  cela  ne  lui  a  pas  été  possible,  quoique,  depuis  le 
second  jour  de  son  arrivée ,  il  presse  les  résolutions  qui  doivent  être  prises.  — 
De  toute  manière ,  cependant ,  il  partira  le  lundi  5  septembre. 

Valladolid,  3  septembre  15S8. 


S.  C.  C.  M**** ,  yo  estoy  con  mucba  pena,  por  no  poder  aver  ido 
à  besar  las  manos  de  Vuestra  Magestad ,  y  darle  cuenta  de  las 
cosas  que  el  rey  me  mandô  :  pero  aqui  obran  tan  despacio,  que 
no  me  ban  dado  logar  à  ello.  Desde  el  segundo  dia  que  llegué 
aqui ,  cstoy  dando  priesa  que  me  despachen ,  y  no  lo  puedo  acabar 
con  ellos.  Yo  no  me  be  detenido  un  dia ,  sino  por  la  comision 

(I)  Voy.  le  tome  I'',  p.  389,  note  1. 


i 


(  494  ) 

que  el  rey  me  mandé,  como  Vuestra  Magestad  verâ  :  pero,  qne 
me  respondan,  6  no,  yo  me  partîré  el  lunes,  que  son  à  cinco  del 
présente,  à  dar  cuenta  à  Vuestra  Magestad,  y  iré  con  la  priesa 
que  pudiere.  Y  porque  esta  no  es  sino  para  dar  cuenta  à  Vuestra 
Magestad  de  niî  dilacion,  no  dire  mas,  sino  que  Nuestro  Senor 
guarde  la  real  persona  de  Vuestra  Magestad  en  su  santo  servicio 
como  sus  vasallos  deseamos. 

De  Valladolid,  en  dos  de  setiembre  de  1558. 

Vasallo  y  siervo  de  Vuestra  Mageslad, 
F.  B.  Arçobispo  de  Toledo. 

Sugcriplion:  A  la  Sacra  GatolicaGesarea  Mageslad  el  Emperador, 
nuestro  senor. 


CLXXXI. 

GARGILASO   DB   LA  VËGA  A  PHILIPPE   II  (1). 

Son  arrivée  à  Valladolid.  -*-  Satisfaction  qu'elle  cause  à  la  princesse ,  qui  ne 
savait  pas  encore  d'une  manière  certaine  la  déroule  du  maréchal  de  Thermes.  — 
Visite  à  la  reine  de  Hongrie ,  à  Cigales  ;  ouverture  qu'il  lui  fait  touchant  son 
retour  aux  Pays-Bas.  — Négociation  avec  la  princesse  et  le  conseil  relativement 
aux  secours  pécuniaires  à  envoyer  au  roi  :  zèle  de  la  princesse  et  des  conseillers, 
spécialement  de  Gutierre  Lopei.  -*  Départ  pour  Yuste.  —  Excellent  état  de 
santé  dans  lequel  Garcilaso  trouve  l'Empereur.  —  Relation  qu'il  lui  fait  de  la 
situation  des  choses  aux  Pays-Bas.  —  Communication  qu'il  lui  donne  de  la  liste 
des  différents  corps  de  Tarmée ,  et  des  noms  de  leurs  chefs ,  ainsi  que  de  oeux 
qui  sont  payés  par  les  états.  —  Grand  contentement  de  l'Empereur,  en  appre- 


(1)  Noiw  avons  une  lettre  de  Garciltao  à  TEmpereur,  du  2  septembre.  Il 
y  rend  compte  des  conférences  qu*il  a  eues,  la  veille,  à  Ci^falès,  avec  la  reioe 
Marie,  en  présence  de  la  princesse  doAa  Juana.  Les  détails  qu*il  y  donne  sont 
les  mêmes  que  contient  sa  lettre  au  roi.  Aussi  nous  ne  trouvons  à  en  extraire 
que  le  passage  suivant  : 

«  En  toto  se  ha  guardado  por  mi  parte  la  ôrden  que  Vuestra  Biagestad 


(  495  ) 

UBUi  que  le  roi  q'a  pa»  à  se  reprocher  U  perte  de  ThionTiHe.  —  Élonnement 
que  lui  cause  le  retard  que  les  états  des  Pays-Bas  ont  mis  dans  le  vote  de 
l'aide  :  observation  qu'il  fait  à  cet  égard.  —  Recommandations  qu'il  adresse  à 
U  princesse  et  au  conseil ,  pour  que  des  secours  pécuniairM  soient  adressés  au 
roi.  —  Désir  qu'il  a  de  la  venue  du  roi  en  Espngne;  ce  qu'il  dit  à  Garcilaso 
sur  la  volonté  qu'il  aurait,  si  sa  santé  lui  en  donnait  la  possibilité,  d'aider  son 
fils  de  sa  personne.  -  Longue  conversation  sur  les  roo\  ens  m  employer  par  la 
princesse  gouvernante,  pour  engager  la  reine  de  Hongrie  à  retourner  aux  Pays- 
Bas  :  l'Empereur  refuse  d'appeler  la  reine  à  Yuste,  et  en  dit  la  raison.  — 
Instruction  qu'il  donne  à  Garcilaso  :  lettre  qu'il  écrit  à  la  reine.  ^  Retour  de 
Garcilaso  à  Valladolid.  —  U  se  rend  à  Cigales  avec  la  princesse.  —  Conversation 
qu'il  a  avec  la  reine  :  réponse  négative  qu'elle  lui  fait.  —  Réplique  et  obser- 
vations. —  Elle  promet  de  donner  nne  autre  réponse  dans  deux  jours.  —  Elle 
vient  à  Valladolid,  et,  en  présence  de  la  princesse,  elle  dit  ii  Garcilaso  qu'elle 
consent  à  aller  aux  Pays-Bas ,  mais  non  pas  comme  gouvernante.  —  Garcilaso 
croit  devoir  se  contenter  de  cette  réponse ,  et  c'est  aussi  l'avis  de  la  princesse. 
—  Il  part  pour  Yuste,  afin  d'en  rendre  compte  à  l'Empereur.  —  Observation 
sur  la  condition  mise  par  la  reine  à  son  retour  aux  Pays-Bas.  —  Offre  qui  lui 
a  été  faite  d'une  bonne  somme  d'argent  pour  les  besoins  publics.  —  Accès  de 
fièvre  survenus  à  l'Empereur.  —  Garcilaso  n'ira  chez  lui ,  qu'après  avoir 
entièrement  accompli  sa  mission.  —  Instances  qu'il  a  faites  à  l'archevêque  de 
flcville  et  av  oonseil  de  l'inquisition ,  selon  les  ordres  de  1* Empereur.  —  Arres- 
tation à  Séville  du  doeteur  Constantino  et  du  docteur  Blanco,  son  ami*  <- 
Affaires  particulières  de  Garcilaso. 

Valladolid,  7  septembre  1558. 


S.  G.  R.  M****,  yo  llegué  aqui  à  Valladolid  â  9  de  agosto,  y  no 
fué  posible  ântes,  porqtie  en  Bayona  me  detuviéron  seis  dias. 
Halle  al  principe  y  à  la  princesa  buenos.  f)i  â  Su  Alteza  quenta 
de  lo  que  Vuestra  Magestad  me  mandô,  y  holgô  miicho  con  mi 
Ilegada,  porque  de  la  rota  de  Mos.  de  Termes  no  sabiân  cosa 
cierta.  Avi$ô$e  luego  à  Su  Magestad,  qu'estaba  con  arta  pena 
hasta  entender  el  aueeso.  Fui  luego  à  Cigales ,  donde  estaba  la 


dié,  j  â  nadie  se  ba  hecho  capaz  del  negocio,  sino  â  Juan  Vazquez,  encomen- 
dindole  mucho  el  secreto;  y  asi  nadie  a  entendido  nada,  hasta  ayer,  que  con 
la  jrda  de  Cigales  empiezan  k  dar  [?oz}  dello  :  pero,  no  sabieiMto  la  particu- 
brîdad  de  lo  que  se  trata,  importa  poeo..«..  » 


(  490  ) 

reyna;  y,  después  de  habella  visitado,  le  di  cuenta  del  estado  de 
las  cosas  de  alla,  conforme  à  lo  que  me  parecia  que  conTCDM. 
Dixele  lo  que  Vuestra  Magestad  me  mandô  en  lo  de  su  ida,  aun- 
que  muy  livianamente,  hasla  haber  TÎsto  lo  que  Su  Magestad 
mandaba.  Traté,  con  la  princesa  y  con  los  dél  consejo,  sobre  h 
provision  del  dinero  qu  era  necesario  que  se  hiciese  à  Vuestra 
Magestad,  y  en  esto  Su  Âlteza  trabaja  todo  lo  posible,  eoteo- 
diendo  de  la  importancia  qu'es;  y  todos  los  dem&s  que  tralan  de 
la  hacienda  de  Vuestra  Magestad  hacen  todo  lo  posible,  en  espe- 
cial  Gutierre  Lopez.  En  esto  me  detuve  cinco  dias,  y  fui  à  Su 
Magestad,  y  halléle  muy  bueno  y  muy  deseoso  d'entender  d 
estado  de  las  cosas  de  alla ,  y  en  el  que  Vuestra  Magestad  y  so 
egército  se  hallaba.  Entendiô  lo  delà  pérdida  de  Tiunvila»  y  Tas 
causas  porque  no  pudo  ser  socorrida ,  y  asf  esto ,  como  el  no  estar 
en  aquel  tiempo  fortificada  Gravelingas,  supo  donde  procedia,  y 
con  gran  contentamiento  entendre  la  poca  culpa  que  Vuestra 
Magestad  ténia,  y  las  provisiones  que  en  todo  creia  que  estaiian 
bêchas.  Mostré  6  Su  Magestad  la  lista  de  todo  el  egército,  y 
nombréle  los  capitanes  de  caballos  y  coroneles  de  infanteria ,  y 
senaléle  los  que  pagaban  esos  esiados,  y  los  que  se  pagaban  del 
dinero  de  acà.  Maravillése  mucho  de  la  tardança  qu'esos  estados 
hiciéron  en  lo  de  la  aiuda,  y  entendiô  bien  que  esta  habia  sido 
la  causa  de  no  haber  Vuestra  Magestad  armado  temprano.  Puso 
parte  de  la  culpa  desto  â  algunos  particulares  y  horobres  princi- 
pales de  alla,  y  esto  creo  que  ténia  Su  Magestad  entendido  por 
la  via  de  la  reyna,  que  tiene  alla  grandes  inteiigencias  y  avisos; 
y  en  la  pKitica  que  pasé  coniigo  tambien  me  dijo  esto.  A  Su  Ma- 
gestad liallé  muy  ganoso  de  que  Vuestra  Magestad  fuese  socor- 
rido  de  dineros;  y  asi  aqui ,  con  la  princesa  y  con  los  del  consejo, 
manda  que  se  haga  todo  lo  posible ,  y  los  escribe  asi.  Desea  la 
venida  de  Vuestra  Magestad  en  estos  reynos,  entendiendo  que 
con  su  persona  se  haria  gran  efecto ,  para  haber  dineros  para 
ayudar  lo  de  alla;  y  cierto,  si  la  salud  le  sirviera,  yo  crco  que, 
siendo  uecesaria  su  persona,  fuera  â  ayudar  à  Vuestra  Magestad, 
y  asi  me  lo  diju.  Platicôse  largaraente  de  la  manera  que  séria 


(  497  ) 

bien  que  Su  Aiteza  tratase  con  la  reyna  lo  de  su  ida,  como 
Vuestra  Magestad  lo  mandaba.  Como  me  parecia  que  Su  Magestad 
Tenviase  à  llamar,  y  qii'él  fnese  el  que  le  propusiese  el  negocio , 
noie  pareciù  que  conyenia,  porque  habia  quatre  meses  que, 
estando  ella  alli,  Su  Magestad  le  habia  pedido  que  viniese»  y 
habiala  hallado  tan  recia  que  desconfîaba  de  que  vendria  en 
ello;  y  temiendo  este»  pareciale  que  no  cra  bien  ponerse  en  ter- 
mino  de  venir  h  enojarse  con  ella. 

Pareciôle  que  yo  volviese  aqul,  y  que  le  dièse  la  carta  de 
Vuestra  Magestad,  y  otra  que  Su  Magestad  le  escrebia,  muy 
larga  (1).  Trùjosele  tambien  la  copia  de  la  caria  que  Vuestra 
Magestad  escribié  al  Emperador,  aviendo  quitado  délia  algunas 
cosas  que  parecia  que  no  convenian ,  y  puesto  otras;  y  la  érden 
que  yo  truxe  fué  que  la  princesa  fuese  â  Cigales,  yo  fuese  alli ,  y 
que,  estando  Su  Aiteza  présente,  yo  la  hablase  de  parte  de  Su 
Magestad  y  de  Vuestra  Magestad,  para  persuadilla  en  su  ida. 
Pasôse  en  esto  gran  rato  ;  y  queriéndome  ella  responder  luego , 
yo  le  supliqué  que  no  lo  hiciese  hasta  aver  visto  sus  cartas:  y  con 
esto  yo  acabé  la  plâtica.  A  la  noche,  después  que  la  princesa  y 
ella  estuviéron  hablando  en  el  negocio  gran  rato,  me  hizo  llamar» 
y  con  una  muy  larga  plàtica ,  diciendo  la  resolucion  que  habia 
tomado,  y  de  cuantos  anos  ântes  tratada  y  delerminada,  como 
Vuestra  Magestad  sabia,  y  la  inabilidad  de  su  persona,  y  el  veto 
que  ténia  hecho  de  no  embaraçarse  en  gobernacion,  y  otras 
rouchas  cosas  que  Su  Magestad  sabe  decir  muy  bien,  se  resolviô 
en  no  querelle  hacer. 

Después  de  muchas  cosas  que  se  pasàron,  que  serian  largas 
para  decillas  â  Vuestra  Magestad ,  dijo  que  dentro  de  dos  dias 
ella  me  responderia,  y  deseando  servir  à  Vuestra  Magestad,  veria 
lo  que  podia  en  este  negocio.  Dentro  de  dos  dias  vino  aqui,  y 


(1)  Cette  lettre  n^eiùte  probablement  pas  aux  archÎTes  de  Simancas, 
puisqa^on  ne  nous  en  a  point  envoyé  copie. 

Nous  avons  donné  des  extraits  de  la  lettre  de  TEmpereur  à  la  princesse, 
dans  le  L  I",  p.  xuv. 

Tome  II.  52 


(  ^98  ) 

ayer  de  mafiana,  con  otra  muy  larga  plàtrca  delante  cFe  la  prin- 
cesa,  se  resolvié  en  que,  viendo  que  Vuestra  Magestad,  à  qoien 
ella  tiene  por  senor  y  por  hîjo ,  deseaba  tanto  este  negocio ,  qae 
elia  se  resolvia  à  il  le  à  servir  cou  su  persona,  y  que  deseaba  valer 
y  saber  mucho  para  hacello ,  pero  con  tal  condteion  :  que  Vuestra 
Magesiad,  ida  alla,  ni  Su  Magestad  acà,  no  la  apretasen  â  que 
quedase  por  gobernadora;  que  Vuestra  Magestad  se  contentase 
con  quVIla,  con  su  persona  y  con  la  espiriencia  que  de  tantos 
anos  ténia  de  las  cosas  de  allé,  le  sirviese. 

Segun  là  dureza  de  àntes,  y  la  poca  esperanza  que  Su  Magestad 
ténia  de  que  habîa  de  venir  en  nada ,  no  me  parecié  qu*era  bien 
apretalla  mas,  sino  tener  en  mucho  lo  que  ofrecia,  y  asi  parecié  â 
Su  Âlteza;  y  con  esto,  y  con  una  carta  que  la  reyna  escribe  à  Su 
Magestad  (1 },  les  ha  parecido  que  yo  torne  à  Yuste  à  dalle  cuenta 
dello  ;  y  asi  me  parto  en  este  punto  (2). 

Yo  querria  que  Su  Magestad  la  llamase,  y  alli  se  tratase  de  su 
ida;  y  esto  no  querer  ella  acetar  el  gobiemo  podria  ser  que  fuese 
verse  tan  prendada  en  palabras  à  no  vol  ver  à  él ,  y  en  obras,  como 
Vuestra  Magestad  sabe,  y  después  de  ida,  no  podria  dejar  de 
hacer  lo  que  Vuestra  Magestad  mandare.  Hâsele  ofrecido  que 
llevarà  golpe  de  dinero;  y  sera  asi,  porqu  en  fin  deste  mes  llegarâ' 
el  armada  de  las  Indias  sin  (alta,  que  tray  arto;  y  sin  eso,  de 
acÀ  se  puede  enviar  otro  buen  golpe. 

En  este  estado  queda  lo  que  Vuestra  Magestad  me  mandô. 
Hàrae  parecido  enviar  estas  cartas  por  Francia,  para  que  Vuestra 
Magestad  lo  sepa,  y  ordene  lo  que  fuere  servido  en  todo;  y  de- 
terminàndose  en  lo  de  la  ida  de  la  reyna,  provea  con  brevedad 
lo  que  fuere  servido,  y  se  advierta  à  lo  del  armada  en  que  ha  de 
ir,  no  habiendo  acà  recaudo  para  ello  tan  à  la  mano. 


(1)  Nous  n^avons  pas  cette  lettre. 

(9)  Il  arriva  à  Yùste  le  8,  à  midi.  Voj.  le  1. 1'',  pp.  555  et  360. 

Gaitelû,  écrivant  le  9  à  Vazquex,  lai  disait  :  «No  se  si  Su  Magestad  tendra 
»  por  bien  que  Garcilaso  se  vaya  à  caisar,  pues,  por  el  présente,  aqui  ni  ahi 
•  no  liarâ  falta  en  el  negocio  que  alla  tratô.  • 


(  499  ) 

Su  Magestad  ha  tenido  dos  tercianas  sin  accidente  de  gola, 
que  da  harla  pena  :  Dios  le  dé  la  salud  que  acâ  se  le  desea. 

Desde  Yuste  ;o  escribiré  à  Vuestra  Magestad  lo  que  Su  Ma- 
gestad ordena;  y  todo  el  liempo  que  fuere  uecesario  que  yo  ande 
en  este  négocie,  lo  haré,  sin  llegaf  &  mi  casa,  que  hasta  agora 
no  lo  he  hecho.  A  el  arçobispo  de  Sevilla  y  à  los  demàs  de  la 
inquisicion  se  les  ha  dado  mucha  prisa  à  que  resuelvan  èstôs 
negocios,  porquc  Su  Magestad  me  mandé  que  lo  hiciese,  por  lo 
que  Vuestra  Magestad  muy  cristianamente  les  escribe  en  su 
carta  (  l  ).  Yo  lo  he  hecho  ;  y  ellos  se  dan  toda  la  prissa  posible. 
En  Sevilla  han  prendido  à  Costantino  y  à  otro  doter  Blanco, 
qu'era  grande  su  amigo.  Témese  que,  si  el  Costantino  es  herege, 
que  se  descubrirén  mas  :  Dios  lo  remédie. 

El  miembro  de  la  ôrden  de  Santiago  que  Vuestra  Magestad  me 
hizo  merced,  que  era  de  mi  suegro,  hallan  los  del  consejo  de 
ôrdcnes  que  es  encomienda,  y  que  con  la  de  Alcàntara  no  la 
puedo  teiier.  Suplico  à  Vuestra  Magestad  que,  si  la  claveria  esta 
vaca,  y  es  de  mi  ôrden,  que  me  haga  merced  délia,  dexando  dos 
encomiendas.  Si  mis  servicîos,  senor,  no  baslan  à  esto,  suplico  à 
Vuestra  Magestad  que  la  voluntad  con  queyo  los  be  hecho,  y  lo 
que  deseo  servir  à  Vuestra  Magestad,  junto  con  mis  necesidades» 
sea  parle  para  que  Vuestra  Magestad  me  honre  y  me  haga 
merced. 

Nuestro  Senor  la  sacra  y  catôlica  real  persona  de  Vuestra 
Magestad  guarde  y  sus  Estados  acrecienle,  con  grandes  vitorias 
de  sus  enemigos. 

Hecha  en  Valladolid,  à  7  de  setiembre. 

Umil  vasallo  de  Vuestra  Magestad.  que  sus  reaies  pies  besa, 

Gàrcilaso. 


(1)  Yoj,  le  t.  !•',  p.  309,  note  9. 


(  800) 


CLXXXII. 

LA  PRINCESSE  DONÀ  JUANA  A  LUIS  QUUADA. 

•t  mquiétade  qae  loi  cause  l'éUt  de  TEmpereur.  —  Si  elle  croyait  que  m 
▼isite  ne  déplût  pas  à  son  père,  elle  irait  le  Toir  et  le  senrir,  comme  elle  y  est 
obligée.  —  Elle  prie  Quijada  de  t&eher  de  le  saToir ,  comine  de  loi-même. 

Valladolid,  17  septembre  1558. 


Vi  vueslra  carU  de  i4  dei  présente  (1),  y  la  que  con  ella  el 
D' Mathisio  escribié  à  Juan  Vazqucz ,  en  la  cual  se  bace  relacion 
de  lo  que  ha  pasado  en  la  indispusicion  de  Su  Magestad  después 
que  ultimamente  escribistes;  y  no  os  sabria  encarescer  la  pena 
que  siento  de  que  todavia  vayan  tan  adelante  las  tercianas 
doblas.  Espero  en  NueStro  Seûor  que  no  permitirâ  que  esta  in- 
dispusicion pase  mas  adelante;  y  asi  recibiré  servicio  en  qae 
siempre  me  deis  aviso  de  su  mejoria,  que  plegue  à  Dios  sea  la 
que  yo  deseo.  Y  bien  tengo  por  cierto  lo  que  decis  del  cuidado 
que  se  liene  de  su  salud,  y  que  séria  muebo  gran  remedio  para 
ella  querer  tomar  Su  Magestad  los  caldos  y  pistos  que  se  le  dan , 
en  mas  cuantidad;  y  asi  se  debe  procurar,  pues  tanto  le  con- 
viene.  Que  si  supiese  que  Su  Magestad  no  recibia  pesadumbre 
con  mi  visitacion,  yo  iria  à  servirle  y  regalarle,  como  tengo  la 
obligacion;  y  asi  holgaria  que  lo  supiésedes,  como  de  vuestro  : 
que  en  ello  me  haréis  placer  y  servicio  (2). 

De  Valladolid ,  à  17  de  setiembre  i558. 


(1)  Cette  lettre,  écrite  par  Quijada  à  Vazquez,  est  dans  le  t.  !«',  p.  565. 
(3)  Dans  sa  lettre  du  14  à  Vazquez,  Quijada  Pavait  prévenu  que  TEoipe- 
reur  ne  voulait  avoir  la  visite,  ni  de  la  reine  de  Hongrie ,  ni  de  ta  princesse. 


(  ^1  ) 


CLXXXIIL 

MARTIN  DB  GAZTKLt  A  JUAN  VAZQUBZ. 

Prédiction  du  jour  de  la  mort  de  l'Empereur  faite  par  les  médeeins  de  Lisbonne. 
—  Départ  de  l'arcbevêque  de  Tolède  et  du  grand  commandeur  d'Alcantara. 

Cuacos,  96  septembre  1558. 


Iluslresenor, de  Portugal  vino  anteayer  un  correodespa- 

chado  por  la  reina,  para  saber  de  la  salud  de  Su  Blagestad  (i);y 
escriben  de  alla  que,  segun  la  relacion  tenian  del  discurso  de  su  en- 
fermedad,  digéron  los  médicos  que,  si  moria,  séria  â  losveintiuno, 
como  fué,  y  aun  sin  la  limitacion  del  si  nioria,  sino  con  reso- 
lucion.  El  arzobispo  se  partie  para  Jarandilla  antier  tarde ,  donde 
se  detuvo  ayer,  y  esta  manana  se  habia  de  partir  para  Talavera» 
donde  dicen  que  harà  su  casa.  El  coroendador  mayor  se  fué  ayer 
à  Plasencia 

De  Cuacos,  &  26  de  setiembre  de  1558. 

Martin  de  Gaztbl6. 


(1)  La  reine  dolla  GatariDa  montra ,  durant  la  maladie  de  IIBmpereiir,  ta 
tendresse  qu*elle  portait  à  son  frère  :  elle  envoya  plusieurs  fois  des  courriers 
pour  avoir  des  nouvelles  de  sa  santé,  et  fit  dire  des  prières  pour  son  rétablis- 
sement dans  toutes  les  églises  et  monastères  du  Portugal.  Voici  ce  que 
Gaztelû  écrivait  à  Vazquez  le  16  septembre  : 

«  Un  correo  de  la  reina  de  Portugal  ba  venido  aqui,  para  que  le  lleve 
nuevas  de  Su  Magestad ,  porque  ella  las  ha  tenido  malas  de  suindispusidon; 
y  qnedaba  con  mucba  pena  y  sentimiento  dello.  Y  por  cartas  de  otrof ,  be 
entendido  que  no  ha  dejado  monasterio  ni  yglesia  ft  quien  no  se  haya  enco- 
mendado  que  rueguen  â  Dios  por  su  salud,  y  hecho,  demâs  desto,  otras 
limosnas.  • 


(502) 


CLXXXIV. 

L^ARCHEVÉQUE  DE  TOLÈDE  A   JUAN   VAZQUBZ. 

MesMs  el  vigiles  dites  pour  l'Empereur  par  les  religieux  de  Yuste  ainsi  que  de 
trois  couvents  voisins ,  et  les  prêtres  de  Cuacos.  —  Départ  de  l'archevêque  pour 
Talavera  et  Tolède ,  où  il  se  dispose  à  faire  célébrer  les  obsèques  du  défunt. 

ViUafranca  de  la  Puente  del  Arzobispo ,  Î8  septembre  1558. 


Ilustr^  senor,  después  que  inurîô  Su  Magestad  Cesi^rea,  es- 
cribi  à  Vuestm  Merced  ({);  que  àntes  no  lo  pude  bacer,  por 
hallarme  à  la  muerte  y  ocqpado  en  tap  justo  oficio.  Su  Magestad 
muriô  niiércoles  ànUs  que  amaneciese,  y  aquel  dia  no  se  pudo 
tratar  de  su  enterrapoîepto.  Dijosele  una  misa  y  su  vigîHa  eon  los 
frailes  de  la  mesroa  casa;  y  los  ires  dias  siguientes,  jueves  y 
yiernes  y  sàbado,  se  juntàron  los  fraijes  de  très  monesterios  que 
hay  por  allf  cerca,  y  los  clérîgos  de  Cuacos,  con  los  frailes  del 
inonesterio,  y  bîciéron  sus  vigilias  muy  solemnes,  y  à  todo  me 
balle  yo  présente,  con  aquel  amor  y  deseo  de  servir  en  tal  tiempo 
que  me  debia  dar  la  obligacion  que  para  ello  tengo;  y  el  sàbado 
se  despidiéroD  los  religiosos  que  be  dicbo  se  babian  juntado,  y  se 
fuéron  à  sus  casas,  y  los  frailes  del  roesmo  monesterio  quedàron 
de  bacef  el  octavario.  Y  con  esto  yo  me  parti,  y  vine  el  lunes  à 
Xarandilla,  y  de  alli  me  vine  el  martes  à  este  lugar,  parescién- 
donie  que  no  séria  alli  mas  necesaria  mi  persona,  porque  quedô 
el  sendr  Luis  Quijada  encargado  de  poner  en  ello  la  mano  basta 
que  se  çoncluyese  todo ,  çomo  es  razon  ;  y  siendo  la  persona  tal 
y  tan  aficionada  al  servicio  de  Su  Magestad,  que  santa  gioria 
baya  ,  todo  cuidado  se  puede  perder  con  él ,  que  él  teriià  en  tal 


(1)  Nous  avons  cette  lettre,  qui  ne  contient  rien  de  particulier. 


(  505) 

easo,  como  creo  lo  tîene  bien  conoscido  de  él  Voeslra  Mereed, 
cuya  iluslre  persona  Nuestro  Seâor,  etc.  De  Villafranca  de  la 
Puenie  del  Arzobispo,  à  28  de  setiembre  d558. 

No  quedé  oira  oosa  quebacer  mas  de  lo  que  se  habia  de  hacer 
con  los  criados  del  Emperador,  lo  cual  harà  el  senor  Luis  Qui- 
jada,  y  yo  nie  vine  por  mandar  hacer  luego  en  Talayera  y  en 
Toledo  las  honras,  y  ballarme  présente  à  ellas. 

Servidor  de  Vueslra  Merced , 

F.-B.  Arzobispo  db  Tolbdo. 


CLXXXV. 


LUIS   QUIJADA  A  JUAN  VAZQUBZ* 

L'ÎBTentaire  des  effets  de  TEmpereur  est  presque  achevé  ;  une  décUratîOD  sous 
serment  a  été  exigée  de  tous  les  officiers  qui  en  aTaient  la  charge.  —  Peine  que 
cette  opération  a  donnée  et  donne  à  Quijada.  —  Prétentions  desdits  officiers ,  qui 
se  plaignent  qu'on  leur  demande  des  comptes,  et  qu'on  leur  fasse  rendre  ce 
qu'ils  ont  entre  les  mains.  — *  Avis  donné  à  Vazquec  touchant  Guillaume  Van 
Maie  et  le  docteur  Mathys  :  Quijada  dit  que  l'Empereur  a  plus  gratifié  Van 
Vale  qu'aucun  de  ses  autres  servileursr,  et  que  tous  deux  s'en  vont  plus  riches 
que  s'ils  venaient  du  Pérou.  —  Prétention  du  docteur  Corneille  de  Baersdorp. 

Gu9€0f ,  4  octobre  1S58. 


Ilustre  senor,  â  los  veinle  y  cineo  del  pasado  y  à  los 
Ireinta  (1) ,  escribi  â  Vuestra  Merced,  y  se  le  envié  todo  aquello 
que  de  aqiil  podianios  avisar.  Y  de  lo  que  agora  lo  podriamos 


(1)  Voy.  le  1. 1»,  pp.  403  et  419. 


(504) 

hacer,  es  de  que  câgi  van  al  cabo  de  lomar  por  inventario  todaa 
las  <^sas  que  estaban  à  cargo  de  los  oficiales  qae  aqai  residian 
en  servicio  de  Su  Magestad*  y  eon  juramepto  que  hacen,  de- 
claran  las  cosas  que  cada  uno  ténia  en  su  oficîo;  y  ansi  bemos 
procedido  por  ello  hasta  agora  que,  como  digo,  vamos  al  cabo 
de  inventariallo  todo;  y  aunque  nos  bemos  dado  toda  la  priesa 
que  ha  sido  posible,  estando  desde  la  manana  hasta  la  noche  en 
Yuste,  no  babemos  acabado  :  pero,  como  digo,  vamos  ai  cabo,  y 
se  hace  con  todos  lo  mejor  que  se  puede,  teniendo  la  paciencia 
que  se  requière.  Confieso  à  Vuestra  Merced  que  muchas  veces 
dan  causas  para  rompella;  pero  fuérzome  todo  lo  que  puedo  à 
sufrir ,  no  obstante  que ,  en  su  comida  y  en  todo  lo  demâs  de  su 
tratamiento ,  se  tiene  el  misnio  cuidado  y  respeto  que  se  ténia 

en  vida  del  Emperador,  que  baya  gloria 

De  Guacos,  à  4  de  octubre  de  1558. 

Luis  Quuada. 

Sur  un  feuillet  de  papier  inséré  dans  la  lettre^  et  de  la  main 

de  Quijada. 

Tengo  aquf  trabajo  y  muy  grande,  porque  estes  à  cuyo  cai^o 
esta  las  cosas  de  sus  oficios,  les  pesa  que  se  les  pida  cuenta,  y  de 
que  se  les  mande  que  entreguen  lo  que  tienen  ;  siéntenlo  mucho, 
pretendiendo  que  es  suyo  lo  que  cada  uno  tiene  en  su  oficio;  que 
aunque  vale  poco ,  vaidrîa  mas,  si  à  cada  uno  se  dejase  salir  con 
su  pretension ,  porque  de  alii  querian  cntrar  por  la  manga  y  salir 
por  el  codo 

Ya  avisé  à  Vuestra  Merced  que,  si  Guillermo  y  el  doctor 
pretendieren  que  se  les  baga  merced,  esté  Vuestra  Merced  avi- 
sado  que  al  Guillermo  le  ha  becho  Su  Magestad  mas  merced  que 
à  ninguno  de  sus  companeros,  y  que  no  se  si  no  lo  merecemenos; 
y  al  doctor  creo  que ,  después  que  Su  Magestad  partie  de  Brus- 
selas,  se  le  ban  dado  de  ayuda  de  costa  bien  cerca  de  dos  mil 
escudos,  y  se  le  daban  de  gajas  cada  un  ano  seiscientos,  y  de 


(  508  ) 

corner  y  dormir  à  sus  mozos  y  à  él.  Digo  esto,  porque  alla  no 
enganen  à  Su  Altem,  ni  à  Vuestra  Merced ,  con  sus  importuni- 
dades ,  certificado  que  van  estos  dos  mas  ricos  que  si  veniesen 

del  Perû,  ni  menos  codiciosos  qne  los  que  alla  van  [i ) 

El  mismo  dia  que  Sa  Magestad  falleciô,  me  pidiéron ,  de  parte 
del  doctor  Cornelio  (2),  que  se  le  satisfaciese  su  camino;  yo  le 
respondi  que  no  teniamos  aqul  dinero;  que  alla  Vuestra  Merced 
le  salisfaria.  Hûnrae  pedido  que  yo  escriba  à  Vuestra  Merced 
una  carta  para  que  allé  se  le  haga  merced.  Yo  la  he  escrito. 


(1)  Dans  une  lettre  du  8  octobre,  Quijada  mande  à  Yazquez  que  Yan  Maie 
et  Matlijrs  ont  quitté  Yusle,  sans  attendre  les  vêtements  de  deuil  et  Vayuda 
de  Costa  qui  leur  revenaient,  parce  qu*ils  ont  reçu  la  nouvelle  que  la  reine 
de  Hon^^e  allait  se  mettre  en  route  pour  les  Pa  js-Bas. 

(3)  Déjà  avant  la  mort  de  TEmpereur,  Corneille  de  Baersdorp  avait  voulu 
retourner  aui  Pays-Bas,  sans  la  permission  et  même  à  Tinsu  de  la  reine  de 
Hon^^rie,  au  service  de  laquelle  i\  était  attaché.  C'est  ce  qui  résulte  de  la 
lettre  suivante,  écrite  par  Gaxtelù  à  Yazquez,  en  date  du  10  septembre  : 

«  Después  de  escrita  la  que  va  aqui,  me  ba  enviado  Su  Magpestad  à  mandar 
con  Guillermo  que  escribiese  k  Yuestra  Merced  para  que,  consultado  con 
Su  Alteza,  se  procure,  por  via  del  duque  de  Alburquerque,  6  por  otra  cual 
mejor  parecerâ,  un  salvoconducto  para  el  D'  Cornelio  con  otras  diez  6  doce 
personas,  para  ir  k  Flandes,  porque  se  lo  ha  pedido  con  tanta  instancia  que 
holçarîa  de  dalle  contentamiento  en  eilo,  por  la  voluntad  que  le  tiene  y  la 
eon  que  siempre  le  ha  lervido  y  venido  agora  â  hacerlo,  y  que  esto  se  pro- 
cure, sin  que  lo  entienda  la  reina  de  Hungria,  ni  otra  persona,  por  algunos 
respetos.  • 

Baersdorp,  lorsqu'il  apprit  la  maladie  de  la  reine,  retourna  néanmoins 
auprès  d'elle,  et  lui  donna  ses  soins  jusqu'à  ce  qu'elle  mourût. 


(  806  ) 


CLXXXVI. 


LUIS  QUIJADA  A   PHILIPPE  11  (I). 

Lettre  d'introduction  pour  Ogier  Bodart,  qui  a  été  aide  de  ebambre  de  TEmpe- 
reur  depuis  sa  retraite  à  Yuste ,  et  qui  prétend  n'avoir  pas  été  récompensé  autant 
que  le  méritaient  ses  longs  services.  —  La  veille  de  sa  mort ,  l'Empereur  lui  a 
fait  remettre  600  écos  en  or ,  pour  serrir  à  acheter  200  florin^  de  reste  viafère 
au  profit  de  la  mère  de  D.  Juan.  —  Quijada  supplie  le  roi  de  faire  exécuter  en 
cela  la  volonté  de  son  père. 

Yuste,  13  octobre  1558. 


S.  C.  R.  M**"*,  quien  esta  darâ  â  Vuestra  Ma|;estad  se  ailama 
Huger  Bodarte ,  ayuda  de  cémara  de  Su  Maf^estad  Ymperial, 
qu*està  en  el  çiçlo.  Aie  semdo  en  ella ,  después  qu*està  en  este 
recogimiento,  de  hnjer  de  càmara.  Ame  pedido  qae  yo  le  dé  esta 
carta ,  para  que  Vuestra  Magestad  entienda  por  ella  io  que  digo, 
pretendiendo  que  Su  Magestad  le  yzo  poca  merced,  y  que  tantos 
anos  de  servicio  nierecian  mas  recompensa.  Vuestra  Magestad 
arà  Io  que  fuere  servido  :  que  yo ,  lo  que  puedo  decir  dél  es  que 
servia  al  gusto  de  Su  Magestad,  el  cual  me  mandé,  el  dia  àntes 
que  fallecies^ ,  que  de  su  càmara  se  le  diesen  seiscientos  escudos 
en  horo ,  que  con  ellos  comprase  doscientos  florines  de  por  vida 


(1)  On  lit,  au  dos  de  cette  lettre,  les  ligues  suivantes,  de  la  main  de  Phi- 
lippe II  :  «  Erasso,  esta  caria  guardad,  y  me  acordad  lo  que  en  ella  se  dice; 
»  que  creo  que  aquello  manda  Su  Magestad  dar  â  la  madré  de  aquel  gentil- 
y  hombre;  y  acuénleseos  de  lo  que  os  dixe  que  supiésedes  de  su  marido, 
»  y  acordàdmelo  todo  »  (Erasso,  gardez  cette  lettre,  et  rappelez-moi  son 
contenu.  Je  crois  que  la  rente  dont  il  y  est  question,  Sa  Majesté  commande 
de  la  donner  à  la  mère  de  ce  gentilhomme.  Souvenez-vous  des  renseigne- 
ments que  je  vous  ai  chargé  de  prendre  sur  son  mari,  et  rappelez-moi  le 
tout  ). 


{  807  ) 

para  la  presona  qu'él  dira  à.  Vuestra  If  agestad,  y  ans!  se  loa  he 
dado,  nostjiDte  que  le  e  abisado  de  les  ynconbenyentes  que 
podria  aver  en  el  cainiuo  y  en  la  mar  :  mas,  con  todo  esto,  los 
ha  querido  llebar,  y  que  se  cumpla  la  boluntad  de  Su  Magestad , 
lo  quai  ago,  como  me  lo  mandé  d  en tregàrselos  en  horo.  Suplico 
à  Vueslra  Magestad  que,  por  ser  obra  de  caridad,  y  |a  presona 
qu'es,  Vuestra  Magestad  mande  alguno  que  tenga  cuenta  con 
que  se  aga  la  voluutad  de  Su  Magestad .  porque  sera  hacer  muy 
gran  merced  y  lymosna  à  la  madré  de  aquella  presona  que 
Vuestra  Magestad  sabe;  y  Adryan,  de  la  càmara,  podrya  tener 
cuenta  con  esto,  pues  sabe  lo  demàs  atràs  deste  negocîo.  Nuestro 
Senor  guarde  la  S.  C.  R.  presona  de  Vuestra  Magestad ,  con 
acrecentamiento  de  mas  reynos  y  senoryos. 
De  Yuste,  42  de  otubre  4558. 

^      De  V.  S.  C.  R.  M^-*  vasallo, 

Luis  Quijada. 


CLXXXVII. 

tm^   ÛVUADA   A   JUAN   VAZQUEZ. 

Préparatif«  de  départ.  —  Envoi  du  petit  chat  et  du  perroquet  dans  une  des  deux 
litières  de  l'Empereur.  —  Réponse  de  Quijada  au  roi. 

Cuacos,  37  octobre  1558. 


Flustre  senor,  con  la  postrera  estafcta  que  de  aqui  se  des- 
pachô  à  los  veinte  y  cinco  de  este  (1),  avisé  à  Vueslra  Merced 
de  lo  que  hasta  entônces  estaba  hecbo,  y  como  yo  esperaria  aqui 

(1)  Voyez  le  1. 1",  p.  430. 


(  508  ) 

hasU  Io6  veinte  y  ocho  de  este,  y  que,  si  para  entônces  no  lie- 
gase  el  dinero  para  la  limosna  de  los  frailes  y  para  eoTiar  esta 
ropa,  parliria,  dejando  encomendado  y  acordado  loque  sobre 
esto  se  ha  de  hacer  al  secretario  Gaztelù,  para  que  lo  despache 
como  Ilegue  :  de  raanera  que  quedarà  tan  buena  ôrden  que  mî 
ausencia  no  haga  falta  (1).  Y  cuanto  a  esto  y  à  lo  demâs  que  aqul 
ba  de  quedar  ordenado ,  no  tengo  que  decir. 

El  gatillo  y  el  papagayo  partîéron  ayer;  y  porque  vayan  à  buen 
recaodo,  los  envié  en  una  de  las  literas  de  Su  Mageslad,  y  un 
criado  mio  con  ellos ,  para  que  lleven  buen  recaudo;  y  dentro  de 
la  misma  litera  van  los  colcbones  y  almoadas  que  Su  Magestad 
trahia  en  ella;  y  de  todo  lleya  memoria.  Vuestra  Merced  lo  man- 
darâ  poner  h  recaudo.  Al  acemiiero  df  érden  que,  como  llegase  à 
Valladolid,  volviese  con  los  machos  por  la  otra  litera,  porque 
los  que  acâ  quedan  habrân  de  llevar  la  de  dona  Magdalena ,  a 
causa  de  haberme  yo  desecho  de  todas  mis  bestias  y  de  caalro 
acémilas,  que  las  dos  de  ellas  servian  de  ello;  y  como  Ilegue  à 
Villagarcia,  enviaré  las  acémilas  à  Valladolid 

De  Cuacos,  â  27  de  octubre  de  i558. 

Luis  Quijada. 

Yo  respondo  al  despacho  de  Su  Magestad  que  el  otro  dia 
Vuestra  Merced  me  envié,  y  tambien  le  aviso  de  cierta  (2)  qne 
entre  el  Emperador  y  mi  hubo,  algunos  dias  an  tes  que  adole- 
ciese ,  sobre  lo  que  debia  hacer  en  caso  que  la  reyna  no  aceptase 
el  ir  à  Flandes,  como  siempre  lo  temiô;  y  pues  Dios  ha  sido 
servido  de  llevalla  para  si ,  me  ha  parecido  avisar  à  Su  Magestad 
del  parecer  del  Emperador;   y  ansi  con  vendra  que  Vuestra 


(1)  Gazteléh  écrivait  à  Vazquez,  le  27  octobre,  que  Quijada  paKirait  le 
surlendemain,  si  Tindisposition  de  sa  femme  n*y  mettait  obstacle. 

(2)  Sic. 


(  509) 

Merced  mande  enviar  por  mar  y  à  recaado  el  plii^o  que  con 

esta  va  (i) 

Tambien  mande  Vuestra  Merced  al  que  llevô  la  litera  que 
vuelva  las  guarniciones  de  los  machos,  porque  las  que  acà  estàn, 
câsi  que  estàn  podridas,  y  no  podràn  llevarla. 

Luis  Quuada. 


CLXXXVIII. 

PHILIPPE  II   A  LA  PRINCESSE  DONA  JUANA  (9). 

II  rittfonhe  qu'il  a  résola  de  faire  transférer,  dans  la  chapelle  royale  de  Grenade , 
les  corps  de  la  reine  eatboliqne,  de  TEmperenr  et  des  reines  de  France  et 
de  Hongrie ,  et  la  charge  de  prendre  les  dispositions  nécessaires  à  cet  effet ,  avee 
la  plus  grande  diligence  possible,  afin  que  la  translation  puisse  s'effectuer 
avant  les  chaleurs. 


Bruxelles,  15  mars  1559. 


Serenisinia  princesa  de  Portugal,  mi  muy  cara  y  muy  amada 
hermana ,  porque  habemos  acordado  que  los  cuerpos  de  la  catô- 
lica  reyna  y  Emperador,  mis  seiiores,  y  de  las  reynas  de  Francia 


(1)  Nous  avons  donné  cette  lettre  de  Quijada  au  roi  dans  le  1. 1^,  p.  444, 
mais  avec  la  date  du  2S  novennbre,  qu*eUe  portait  dans  la  copie.  Il  eit  évi- 
dent aigourd*huî  que  c*est  oetobn  quUI  faut  lire. 

(3)  Le  roi  écrivit,  le  même  jour,  aux  exécuteurs  testamentaires  de  TEm- 
pereur,  pour  leur  notifier  ses  intentions.  II  les  leur  rappela  encore  dans  une 
lettre  du  22  mars. 

Nous  avons  ces  deux  lettres. 


I 


(  3*ô  ) 

y  UDgrfa,  mis  lias,  que  sean  ea  gloria,  se  lleven  à  Granada, 
asi  por  haber  de  ser  alli  su  enterramiento,  como  por  do  estar 
donde  agora  con  la  autoridad  y  decencia  que  convendria  y  es 
razon,  os  ruego  mucho  que,  platicado  y  <^nferido,  por  los  del 
consejo  d'Estado  y  los  testamentarios  de  Su  Magestad,  sobre  la 
ôrden  que  en  ello  se  ha  de  teoer,  mandeis  que  desde  luego  se 
enlienda  en  adreçar  la  partey  lugar  donde,  en  la  capilla  real  de 
la  dicha  ciudad ,  han  d'estar,  y  que  junto  con  esto  se  prevengan 
y  provean  las  cosas  necesarias  para  que  se  ponga  en  efecto;  que 
yo  escribo  las  cartas  que  veréis,  en  blanco,  para  los  preladds, 
grandes  y  otros  que  parescerà  hinchirse,  remitiéndome  à  vos;  y 
si  fuere  necesario  escribir  à  mas  personas  sobrello,  hacerioéys, 
para  que  vayan  en  su  acompanamiento ,  y  se  haga  con  la  auto- 
ridad y  demostracion  que  se  debe  y  es  justo ,  dando  ôrden  que 
los  cuerpos  vayan  cada  uno  por  el  camino  que  paresciere,  segun 
donde  estàn  al  présente,  y  que  se  junten  en  alguna  parte,  para 
que  entren  en  Granada  en  un  mismo  dia,  porque  no  liaya  nece- 
sidad  de  hacer  diferentes  recibimientos,  y  que  los  de  la  dicha 
catôlica  reyna  y  Su  Magestad  sean  acompanados  como  veis  que 
es  razon ,  y  que  sobre  todo  se  use  de  la  mayur  diligencia  que 
fuere  posible  y  el  tiempo  diere  lugar;  que,  si  ser  pudiese,  hol- 
garia  mucho  se  hiciese  luego  ântes  que  entrase  et  calor,  sin 
difîrillo  par aldelante;  que  en  ello,  y  en  que  me aviseis  de  lo  que 
se  acordare  y  hiciere,  me  haréis  mucho  placer.  Serenisima 
princesa ,  etc. 
De  Bruselas,  à  15  de  marzo  de  1559. 

De  la  main  du  roi. 

Si  no  se  pudiere  poner  en  ôrden  la  capilla  para  enterrallos, 
Vuestra  Alteza  mande  ver  si  por  agora  si  podrian  depositar  alli, 
hasta  que  se  viese  y  aderesçasen  los  lugares  del  enterramiento. 

Beso  las  manos  â  Vuestra  Alteza. 

Yo  EL  Rey. 


(  511  ) 


CLXXXIX. 


FRAY  JUAN  REGLA  A  PHILIPPE  II. 


11  le  remercie  de  la  pension  de  400  dueaU  qu'il  lui  a  accordée  sur  révéché  de 

Calahorra. 


VaUadoUd,5mai1559. 


C.  R.  M^**,  la  caria  de  Vuestra  Magestad  de  22  de  marzo  re- 
cebi  ;  y  por  la  merced  y  limosna  de  los  caatrocientos  ducadôs  de 
pension  qne  Vuestra  Magestad  nié  hace  sobre  el  obispado  de 
Calahorra,  beso  las  manos  à  Vuestra  Magestad,  que  es  mùy 
grande;  y  la  tengo  yo  en  mucho,  por  ser  de  su  mano,  y  la  nece- 
sidad  que  délia  tengo ,  porque,  en  tanto  que  me  ocupo  en  la 
egecucion  del  testamento  del  Emperador  nuestro  senor,  que  es 
en  gloria ,  mi  ôrden  ninguna  cosa  me  da ,  sino  la  posada ,  y  segun 
mi  edad,  cnando  este  negocio  se  acabare,  quedaré  en  dispoisi- 
cîon  de  no  mereeer  mas  en  ella 

De  Valladolid,  Â  5  de  mayo  1559. 

De  V.  C.  R.  M^***  humilde  y  indigno  capellan, 

Frat  Joar  Régla. 


(M2) 


CXC. 

LES  EXÉCUTEURS  TESTAMETiTAIRES  DE  l'EMPEREUR 

A  PHILIPPE  II. 

0 

Objections  contre  la  transUtion  à  Grenade  des  corps  de  la  reine  catholi^pie ,  de 
l'Empereur  et  des  reines  de  France  et  de  Hongrie. 

VaIladolid,8jiiinl559. 


C.  R.  H****,  vimos  las  cartas  que  Vuestra  Hagestad  nos  mandé 
screbir  à  i5 y  22  de  marzo (i),  en  respuesta  de  lo  que  enviamos 
â  consullar  à  Vuestra  Magestad  con  el  secreUrio'Gaztelà(2);  y 
babiéndose  practicado  en  lo  que  Vuestra  Magestad  envia  à 
mandar,  que  los  cuerpos  de  la  reyna  y  Emperador  nuestros 
senores,  y  de  las  serenisimas  reynas  de  Francia  y  Ungria,  se 
Uevasen,  luego  àntes  que  entruse  mas  el  verano,  à  Granada,  y 
se  enlerrasen  en  la  capiila  real ,  dénias  que ,  cuando  las  dichas 
cartas  llegâron ,  estaba  ya  muy  adelante  el  verano ,  pareciô  que 
no  estarian  los  cuerpos  gaslados  para  poderlos  menear  ni  tras- 
ladar,  por  haber  tan  poco  tiempo  que  Sus  Magestades  y  las 
dichas  reynas  falleciéron ,  y  que  se  debe  quedar  para  mas  ade- 
lante; y  tambien  nos  ha  parecido  advenir  à  Vuestra  Mageslad 
que,  segun  la  informacion  tenemos,  en  la  dicha  capiila  real  no 
hay  buen  aparejo  para  poder  estar  alli ,  por  ser  estrecha  y  estar 
ya  muy  ocupada  :  de  lo  cual  procurarémos  haber  mas  entera 


(1)  Voy.  la  note  3 ,  à  la  paçe  o09. 

(2)  On  a  vu,  dans  le  1. 1^'  (pp.  404,  433),  que  Quijada  avait  insisté  pour 
que  le  secrétaire  Gaztelû  fût  envoyé  aux  Pays-Bas,  afin  de  rendre  compte  au 
roi  de  tout  ce  qui  s'était  passé  lors  de  la  mort  de  TEmpereur,  et  depuis.  Gaz- 
telû reçut  en  effet  cette  commission.  Il  arriva  à  Bruxelles  le  2  février  1559. 


(oiô) 

informacion ,  para  que,  cuando  placiendo  à  Dios,  Vuostra  Ma- 
gestad  veoga  à  estos  reynos,  disponga  en  esto  como  fuere 

servido 

De  Valladolid,  â  8  de  junio  io59. 

De  V.  C.  R.  M**'  haniildes  criados  que  sus  reaies  manos  besan, 

F.  HisPALENSis,  Juan  de  Figueroa, 
Juan  Vazquez  de  Molina. 


CXCI. 


LUIS  QUUADA   A   PHILIPPE   II. 

Mule  àe  FEmpereur  réf lamée  par  Gonzalo  Perez  :  Quijada  dilque  l'Empereur  ta 
lui  a  donnée,  ainsi  qu'un  cheval  aveugle  et  un  petit  mulet ,  |X>ur  le  service  du 
jeune  D.  Juan  :  il  tient  surtout  à  conserver  la  mule,  parce  qu'elle  est  tranquillts, 
et  que  D.  Juan  est  fort  \ir.  —  Détails  sur  la  santé  et  Téduration  du  (ils  naturel 
de  Cbarles-Quint,  qui  étudie  avec  beaucoup  de  peine,  no  prononce  pourtant  pas 
mal  le  français ,  mais  ne  fait  rien  avec  autant  de  plaisir  que  de  monter  à  cheval, 
aller  à  la  genette  et  à  la  bride.  —  Quijada  attend  toujours  de  connaître  les 
inIcntioDS  du  roi  en  ce  qui  concerne  son  jeune  élève. 

Vitlagarcîa,  6  juillet  1559. 


S.  C.  R.  M^*^,  la  de  Vuestra  Hagestad  de  los  seis  de  mayo  recibi  h 
los  27  de  junio;  y  por  elia  Vuestra  Magestad  luanda  que  la  roula 
que  en  el  monesterio  de  Yusle  el  Emperador,  qu*estâ  eu  gloria, 
ténia  cuando  fallecié,  se  dé  y  entregue  à  la  presona  que  Gonzalo 
Perez  ordenare,  por  liaber  sido  suyn,  cuando  desos  Estados 
partie  Su  Magestad.  Y  esta  roula,  y  un  cuartago  que  ha  cegado , 
y  UD  machuelo  chiquito  qu*eslâ  en  roi  poder,  lo  tengo  todo,  con 
Yolunlad  de  Su  Magestad,  para  servir  con  elloà  la  presona  que 
Tome  II.  55 


(  S14  ) 
Viiefltra  Magestad  sahe.  Y  àntes  de  agora,  la  gerenisima  princesa 
mandaba  que  la  mula  se  dièse  al  dotor  Conielio  (1):  yo  m'escusé 
de  DO  la  dar.  Y  por  esto  se  dejô  de  vender  estas  très  bestias  eon 
las  demàs  que  alli  habia.  Y  Vuestra  Magestad  esté  cierto  que,  si 
DO  fuera  con  voluntad  de  Su  Magestad,  que  por  mi  autoridad  jo 
•DO  tocara  eo  un  pelo  :  y  fué  à  propôsito ,  por  ser  esta  mula  tau 
mansa  que  era  bien  menester,  segun  éi  es  travieso.  Mas,  si 
Vuestra  Magestad  manda,  dârseha  a  quien  fuere  seryido. 

La  presona  qu*eslà  à  mi  cargo  se  halla  con  salud,  y  a  mi 
parecer  va  creciendo,  y  esta  de  arta  buena  dispusicion  para  la 
edad  que  tiene.  Va  con  su  estudio  adelante  con  arto  trabajo,  y 
ninguna  cosa  hace  con  tanta  pesadumbre;  tambien  deprende 
francés,  y  las  pocas  palabras  que  sabe  pronûncialas  muy  bien, 
aunque  para  sabeilo,  como  Vuestra  Magestad  lo  desea,  es  me- 
nester tiempo  y  mas  tralo.  De  lo  que  agora  mas  gusta  es  de 
andar  à  caballo,  a  la  xyneta  y  à  la  bryda;  y  cuando  Vuestra 
Magestad  le  vea,  le  parecerà  que  corre  su  lança  con  buena  gracia, 
aunque  no  le  ayuda  la  fuerza. 

Yo  quedo  esperando  saber  la  voluntad  de  Vuestra  Magestad 
en  lo  que  tengo  escrito,  que  hasta  entendella  no  haré  mudança 
en  nada.  Nuestro  Senor  guarde  la  S.  C.  R.  presona  de  Vuestra 
Magestad  con  acrecentamiento  de  mas  reynos  y  senorios. 

De  Villagarcia,  à  6  de  julîo  ^559. 

DeV.S.C.  R.M"*vasallo, 
Luis  Quixada. 

(1)  Voy.  let.  I*,p.  485. 


FIN  DU  DEUXIÈME  BT  bERNlER  VOLUME. 


TABLE. 


PBtiFACB. 

5  I"*.  IdAk  6ÉNÉBALB  DC  CB  VoLOMK.  —  Nombre  de  pièces  qui  y  est  con- 
tenu, I.  —  Pièces  qui  n*ont  pu  y  être  insérées,  et  qui  sont  déposées 
aux  Archires  du  royaume ,  ib. 

J  II.  RBLàTioH  DB  L*HiéiioNT«iTE  ARoiiTVB.  <—  Intérêt  qu*e1)e  présente,  ii. 

—  Comparée  arec  la  relation  du  P.  Sîg^uenxa,  m.  —  En  quoi  elle 
diffère  de  celle-ci ,  ib.  —  Particularités  sur  don  Juan  dUutricbe  que 
fait  connaître  Sigueoza,  et  qui  ne  sont  pas  dans  Tanonymê,  iv.  — 
Réflexion  de  Sigûenza  sur  fray  Bartolomé  de  Carranza ,  archevêque 
de  Tolède,  t.  —  Récit  du  même  historien  touchant  la  discipline  que 
PEmpereur  se  serait  donnée,  vi.  —  Silence  de  Panonyme  k  cet 
égard,  Tfi.  —  Opinion  de  MM.  Ford  et  Stirling,  ib.  ^  Article  de 
rinventaire  de  Charles-Quint,  viii.  —  Remarque  de  M.  Pichot,  ib. 

—  Témoignage  décisif  contre  le  récit  de  Sigflenza ,  iz.  —  Ré- 
sumé, (b. 

{  m.  Lbttbbs  bt  Ii«8tRircTi058  icBiTBS  PAB  Ghabl^s-Quirt.  —  Lettres  à 
son  fils  :  ce  dont  elles  traitent  ^réflexions  quelles  font  naître,  z. 

—  Lettre  pîquanCe  au  roi  des  Romains  Ferdinand,  zii.  —  Lettres 
â  la  princesse  doAa  Juana;  opinion  de  Charles  sur  la  paix  arec  la 
France;  changements qu*il  apporte  aux  instructions  de  don  Fadrique 
Enriquez,  que  la  princesse  envoyait  en  Portugal,  ib.  —  Lettres  au 
secrétaire  Vazquez  :  désapprobation  du  traité  du  duc  d^Albe  avec 
le  pape  ;  mécontentement  du  délai  apporté  dans  la  punition  des 
hithériens  de  la  Vieille-Castille;  rejet  des  excuses  de  Vazquez  dans 
PatRiire  de  la  easa  de  eontratacion;  leçon  donnée  aux  ministres 
de  la  gouvernante,  xv.  —  Lettres  à  Jean  III,  à  la  reine  doBa  Ca- 


(516) 

talina,  an  duc  d^AIbuquerque ,  à  Ouijada,  à  Tarcherêque  de  Se- 
ville,  xTiii.  —  iDStructioD  pour  Quijada  et  don  Fadrique Enriquez 
de  Guzman,  xix. 

J  IV.  Lbttres  adressées  a  Charles^^dint.  —  Lettres  de  dolia  Juana  :  désir 
de  déplacer  la  cour  et  d^envoyer  don  Carlos  à  Ynste;  affaire  de 
Vadêlantado  des  Canaries;  motifs  de  plainte  que  le  roi  Maximilîen 
donnait  à  sa  femme;  langage  énigraatique  de  dofla  Juana;  intentions 
de  l'Empereur  à  Pégard  de  Nazimilien ,  exprimées  par  Quijada  ;  re- 
cherches faites  pour  éclaircir  ce  point  ;  relations  des  ambassadeurs 
vénitiens  Tiepolo  et  Micheli  ;  conclusion ,  xx.  —  Lettres  de  Vaiquez  : 
début  de  sa  correspondance  avec  TEmpereur;  comment  Charles 
reprit  goût  peu  à  peu  à  la  politique;  exactitude  de  Vazquez  à  lui  faire 
parvenir  les  nouvelles  quMI  recevait;  impatience  de  Charles,  xxvi. 
Lettres  de  Ruy  Gomez,  zxix.  —  Lettre  de  Marguerite  d* Autriche  : 
son  amour  pour  son  père;  observation  sur  la  langue  italienne  dont 
cette  princesse  faisait  usage  en  écrivant,  t6.  —  Lettres  de  la  reine 
Ëléonore  et  de  don  Sancho  de  Cordova,  xxx.  —  Lettres  du  P.  Fran- 
cisco de  Borja ,  xxxi.  ~  Lettres  de  Tarchevêque  de  Séville  :  il  s^excuse 
de  prêter  au  roi  les  sommes  qui  lui  sont  demandées,  et  explique 
comment  Tinquiiition  a  découvert  la  secte  luthérienne  de  la  Yieille- 
Castilie ,  xxxii.  —  Lettres  de  Hemaodo  de  Ochoa ,  de  Juan  de  Yega , 
de  fray  Bartolomé  de  Carranza,  xxxiii. 

§  V.  Lettres  des  Serviteurs  de  Charlbs-Quiht.  —  Observation  sur  Tin- 
térét  qu'elles  présentent,  et  sur  rintérêt,  plus  grand  encore,  qu'of- 
friraient celles  des  serviteurs  belges  de  l'Empereur  adressées  à 
leurs  amis  des  Pays-Bas,  xxxv.  —  Lettres  de  Guillaume  Van  Maie  : 
il  promet  à  Vazquez  une  correspondance  suivie,  mais  ne  tient  pas 
cette  promesse;  facilité  avec  laquelle  il  écrivait  en  espagnol;  pertes 
,  qu'il  éprouva  à  Yuste,  ib.  —  Lettres  de  Mathys  :  peine  qu'il  a 

d'abord  à  écrire  en  espagnol ,  mais  qu'il  surmonte  bientôt  ;  dé- 
tails sur  la  manière  dont  l'Empereur  composait  ses  repas,  xxxvi.  — 
Letti*es  de  Quijada  et  de  Gaztelù  :  confirmation  de  plusieurs  des  faits 
racontés  par  l'hiéronymite  anonyme  ;  changements  que  Charles- 
Quint  veut  apporter  dans  la  forme  de  sa  correspondance,  après  sa 
renoociation  à  TEmpire,  mais  auxquels  il  renonce;  prédiction  sin- 
.guiière  faite  à  Lisbonne  sur  la  mort  de  l'Empereur;  antipathie  de 
Quijada  pour  Van  Maie  et  Mathys;  disposition  prise  par  Charles,  la 
veille  de  sa  mort,  en  faveur  de  la  mère  de  don  Juan  d'Autriche, 
.  réflexions  à  ce  sujet;  intéressants  détails  sur  don  Juan,  xxx  vu. 

^  YI.  Lettres  et  Pièces  diverses.  —  État  de  la  dernière  maison  de  l'Em- 
pereur ,  XL V. — Inventaire  des  objets  qu*il  emporta  en  Espagne ,  ib. 


(517) 

~  Lettre  de  Philippe  II  à  dofta  Juana  et  à  Vazqtiez  :  mesures  à 
prendre  pour  le  débarquement  de  i*Empereur  ;  le  mëdecin  milanais 
Giofanni  Andréa  Molo;  projet  de  faire  transférer  à  Grenade  les 
dépouilles  mortelles  de  Jeanne  la  Folle ,  de  TEmpereur  et  des  reines 
de  France  et  de  Hongrie,  zlvi.  -*-  Instruction  de  Philippe  II  à  Tar- 
cbevdquede  Tolède;  son  importance,  xlth.  —  Lettres  de  dofta 
Juana,  de  Francisco  Osorio  ,  de  la  reine  douairière  de  Hongrie,  de 
la  reine  douairière  de  France,  de  Gareilaso  de  la  Vega,  de  Vazquez, 
de  fray  Juan  Régla  au  roi  ;  réflexion  de  Vazquex  à  propos  de  la 
secte  de  luthériens  découverte  en  Castille,  xlvii.  -^  Lettres  de 
doha  Juana  à  Quyada  et  au  corrégidor  de  Marcie ,  xlix.  —  Lettres 
du  grand  commandeur  don  Luis  de  Avila  à  Vazquez  :  sympathie 
qui  s*attache  à  ce  personnage;  sa  fidélité  à  TEmpereur;  ses  senti- 
ments cheraleresques;  ce  qu*il  dit  de  la  reine  Éléonore  et  du  duc 
de  Guise ,  l. 

^  VU.  Lacunes  dahs  c«  Recueil.  ~  Lettres  de  Philippe  II  k  son  père  et  de 
RujT  Gomez  au  roi,  un.  —  Mission  de  Ruy  Gomez  en  Espagne;  son 
instruction;  ses  vojrages  à  Yuste;  ce  que  Ton  sait  de  ses  entrevues 
avec  TEroperenr,  tfr.  —  Négligence  de  Philippe  k  écrire  à  son  père, 
Lvii.  —  Exagération  du  chanoine  Gonzalez,  lviii.  —  Examen  de 
la  conduite  du  roi  envers  PEmpereur;  réflexion  de  rambassadenr 
vénitien  Michel  Suriano,  ux. 

J  VIII.  ViB  DE  CHàELEs-QuiicT  A  YusTB.  —  Opiulou  crTonée  qui  a  subsisté 
pendant  trois  siècles,  lxi.  —  Langage  trop  absolu  du  chanoine 
Gonzalez,  t6.  — L^Em|)ereur,  à  son  arrivée  en  Espagne,  et  dans 
les  premiers  temps  de  son  séjour,  ne  veut  pas  qu*on  lui  parle  d'af- 
faires publiques,  lxii.  —  S*il  envoie  un  ambassadeur  à  Lisbonne, 
c'est  qu'il  s'agit  d'une  affaire  de  famille,  uiit.  -^  Changement  qui 
s'opère  en  loi  après  la  visite  de  Ruy  Gomez,  lxiv.  —  Il  veut  rester 
toutefois  étranger  au  gouvernement  intérieur  de  la  Péninsule,  lxvi. 
»  Juan  Narvaez,  Ginesa  Nuilez,  le  duc  de  l'Infantado,  Pamirante 
d'Aragon,  le  prieur  de  Yuste,  l'ayuntamiento  d'Arevato,  sont  ren- 
voyés par  lui  à  la  princesse  doQa  Juana,  ib.  —  Don  Luis  d' Avila  lui- 
même  n'obtient  pas  qu'il  agisse  en  sa  faveur,  Lxviir.  — -  Sa  réserve 
etses  scrupules  dans  les  recomnundations  qu'on  lui  demande  auprès 
de  son  fils ,  ib,  ~  Explicatibn ,  que  fournissent  ces  faits,  de  l'erreur 
où  sont  tombés  les  hiéronyrailes,  erreur  moins  grande  d'ailleurs 
qu'on  ne  l'a  prétendu,  lxix. 

^  IX.  NseociATioN  AVEC  u  CouB  DE  PoBTUGAL.  ^  MarUgc  d'Éléonore  d'Au- 
triche et  d'Emmanoel  le  Fortuné ,  lx\i.  —  La  princesse  Marie ,  fruit 
de  œlte  union,  reste  eu  Portugal,  après  la  nouvelle  alKaaee  d'Ëléo- 


(518) 

Bore  av«o  François  I" ,  uxii.  -«  ¥if  déair  d^ËléoDore  df  voir  sa  6lle 
■ariée,  ^.  —  Bspoir  qu'elle  fonda  sur  la  prince  Philippe,  et  qui  est 
déçu,  ib,  <-*  Démarchei  qu'elle  bit  sans  suocis  à  la  oour  de  Lis- 
bonne, pour  que  sa  fille  lut  soit  envoyée  aux  Pajs-Bas,  lzxih.  — 
Réaoliition  du  prinoa  Philippe  de  se  remarier,  et  de  préférence  avec 
sa  cousine,  uxiv.  -  Néf^iation  entamée  dans  ce  but  à  Lisbonne, 
Lxxv.  -*-  Chicanes  de  la  cour  de  Portugpal,  i^*  *-  Charles-Ouint 
conclut  le  mariage  du  prince  arec  la  reine  Marie  d'Angleterre, 
-  ib.  ^  Mécontentement  de  la  cour  de  Lisbonne,  lxxvi.  —  Éléonore 
demande  de  nouveau  que  sa  fille  vienne  demeurer  avec  elle,  ib.  — 
Réponse  négative  de  Jean  III  :  raisons  qu'il  en  donne,  ib.  —  Ré- 
futation de  ces  raisons  par  Éléonore,  lxztu.  >-  L'Empereur  fait 
partir  don  Sancho  de  Gordova  pour  le  Portugal,  lxxviii.—  Négo- 
ciations de  don  Sancho  avec  le  roi  et  la  reine  et  avec  la  princesse 
Marie ,  ixxix.  —  Jean  111  envoie  à  Yuste  et  à  ValladoKd  Lourenço 
Pires  de  Tavora,  pour  justifier  son  refus  :  ses  excuses  ne  sont  pas 
admises,  lxxxiii.  —  Il  consent  enfin  que  l'infante  aille  demeurer 
avec  sa  mère,  lxxxiv.  —  Mort  inopinée  de  Jean  111,  lxxxv.  — 
L'infante,  changeant  d'idée,  refiise  de  quitter  le  Portugal,  ib,  — 
irrivée  à  Yuste  des  reines  douairières  de  France  et  de  Hongrie, 
axxxvi.  -*  Délibération  sur  le  parti  à  prendre,  uxxvu.  ~  Don 
Sancho  est  renvoyé  en  Portugal ,  ib.  •*-  Sécfaerease  de  cœur  de 
l'infante,  lxxxvhi.  —  Dernière  tentative  de  la  reine  Éléonore,  t'^. 
—  L'inliote  consent  à  venir  jusqu'à  Bad^oz,  lxxxix.  —  Départ  des 
deux  reines  pour  oette  ville,  ib*  —  Arrivée  de  l'infante,  qui  fait 
complimenter  l'Empereur  par  Manuel  de  Mcio,  xa.  -*>  Joie  qu'elle 
(émaigne  en  revoyant  sa  mère,  ib,  -^  Elle  refuse  toutefois  de  vivre 
avec  elle,  et  retourne  à  Lisbonne,  t6.  •«-  Départ,  pour  Guadalajara, 
de  la  reine,  qui  tombe  malade  en  route  et  meurt,  xcn.  —  Son 
éloge,  ib^  -«-  Gaxtelu et  Qu^ada,  xciii. 
}  X.  Ni^oGUTioa  Avuc  Aiit4iiii«  de  Booaaoïi,  aoi  ne  Nât aux.— Conquête 
de  la  Navarre  par  Ferdinand  le  Catholique,  qui  l'annexe  à  la  Cas- 
tiUe,  xciii.  —  Dispositions  conciliantes  que  Cbarles-Ouint,  au  début 
de  son  règne,  témoigne  à  la  maison  d*Albret,  maia  qui  ne  sont  pas 
de  longue  durée,  xciv»  ^  Réponse  équivoque  qu'il  fait  aux  députés 
■  de  la  reine  Catherine  en  1517,  xcv.  —  Sa  déclaration  aux  cortès, 
ib.  ■**'  Tentative  vaine  de  Henri  d'Albret  pour  rentrer  par  la  force 
dans  ses  Étals ,  xcvi.  —  Scrupules  de  Charles-Ouint  :  articles  de 
son  instraetîon  de  1548  pour  son  fils,  et  de  son  testament  de  1954 , 
xcn.  -^  Négociation  ouverte  avec  hit  par  Henri  d'Albret,  en  vue 
d'ohMair  un  dédommagement  pour  la  Navarre,  zcvn.  -^  Elle  est 


(519) 

coDliDuée  par  Antoine  de  Bourbon ,  son  gendre ,  xr.Tiit.  ~  Condi- 
tions sous  lesquelles  TEmpereur  était  disposé  à  sVntendre  avec  lui , 
lorsqu^il  abdiqua  y  ib,  ~  La  trêve  de  Vaucelles  fait  suspendre  la  con- 
clusion de  ces  arrangements ,  xciz.  —  Visite  du  doc  d*Albuquerque 
et  d^Ezcurra  à  FEmpereur,  à  son  passage  à  Burgosj  ce  qu*il  leur 
dit,  c.  —  Mécontentement  d'Antoine  de  Bourbon;  son  langage,  ib. 

—  Excurra  en  va  rendre  compte  à  Charles-Quint  à  Jarandilla ,  ci. 

—  Il  est  renvoyé  au  roi  de  Navarre,  ib.  —  Rupture  de  la  trêve 
par  les  Français;  désir  de  Philippe  II  de  conclure  avec  le  roi  de 
Navarre;  lettre  quMI  écrit  au  duc  d'Albuqnerque,  en.  —  Retour 
d*£icurra,  qui  n*a  pu  tomber  d'accord  avec  ce  roi,  et  pourquoi, 
cm.  —  Délibération  du  conseil  d*£tat  sur  son  rapport ,  ct,  —  Il  se 
rend  k  Yuste  :  ce  que  lui  dit  TEmpereor,  ib,  —  Observations  que 
Charles  communique  à  la  princesse  gouvernante,  pour  être  eia- 
minéeepar  ses  ministres,  cvi.  —  Nouvelle  délibération  dn  conseil, 
cTin.  -*-  Excurra  est  renvoyé  au  roi  de  Navarre  ;  ses  instructions , 
ib,  —  Concession  de  Philippe  U  :  instructions  et  pleins  pouvoirs 
qu'il  adresse  à  Ruy  Gomez,  cxi.  ~  Retour  d'Ezcurra  avec  un  se- 
crétaire d'Antoine  de  Bourbon,  qui  l'accompagne  à  Yoste,  cxvii. — 
Conditions  proposées  au  nom  du  roi  de  Navarre  et  acceptées  par 
l'Empereur,  cxviii.  —  Observations  du  conseil  d'État,  cxxvi.  — 
Délivrance  des  articles  an  secrétaire  de  Bourbon ,  cxxvii.  —  Dispo- 
sitions prises  par  la  gouvernante,  dans  la  prévision  de  la  conclu-, 
sion  du  traité,  cxxnri.  --  Bruit  répandu ,  en  Castille,  de  la  prochaine 
sortie  de  l'Empereur  de  son  monastère ,  pour  se  mettre  à  la  tête  de 
l'armée  de  Navarre  ;  mécontentement  de  l'Empereur;  ce  qu'on  doit 
penser  de  ses  intentions  à  ce  sujet,  d'après  les  lettres  de  Qoijada  et 
de  don  Luis  d'Avila,  cxxix.  ~  Réponse  évasive  du  roi  de  Navarre; 
plaintes  qu'il  fait,  cxxxi.  —  Soupçons  qu'excite  sa  conduite  :  l'Em- 
pereur se  déclare  dégagé  des  obligations  qu'il  a  contractées  envers 
lui,  cxxxn.—^ Nouvelles  ouvertures  faites  de  sa  part,  tfr.— Elles  sont 
rejetées  par  l'Empereur,  dam  une  lettre  motivée  à  la  princesse  do&a 
Juana,  cxxxiii.— La  négociation  en  reste  là ,  cxxxT.—Problème  his- 
torique à  résoudre  :  Bourbon  eut-il  réellement  l'intention  de  traiter 
avec  l'Espagne?  ib.—  Résultats  peu  brillants  de  sa  politique,  cxxxti. 

—  Ce  qui  se  passa  au  congrès  de  Câleau-Cambrésis,  et  plus  tard,  t6. 
(XI.  Paojkts  d'btablissehbut  db  la  BEiBB  Mabie  Bif  Espagub.  —  Nou- 
veaux éclaircissements  sur  la  tentative  faite  pour  engager  la  reine 
à  reprendre  le  gouvernement  des  Pays-Bas,  cxxxvii.— Elle  demande 
OcaAa  pour  son  établissement  en  Espagne,  cxxxviii.  — Philippe  II 
lui  donne  fluele,  cxxxix.  ^  Conférences  entre  elle  et  l'Empereur  | 


(  5âO  ) 

après  la  mort  de  la  reine  Éléonore,  sur  le  règlement  de  sa  vie  future, 
cxzxiz.  —  Tiédeur  de  son  frère  pour  ses  intérêts,  cili.  —  Mission 
qu'il  donne  à  Quijada,  à  Valladolid,  ib.  —  Nouvelles  prétentions 
de  la  reine,  cxlii.  —  L'Empereur  ne  les  approuve  pas,  et  écrit 
dans  ce  sens  au  roi ,  ib,  "—  Dégoût  prétendu  de  la  reine  pour  les 
affaires  publiques,  czliii.  —  Refus  de  doAa  Juana  de  consulter 
sa  tante;  caractère  de  cette  princesse,  ib.  —  Domaines  choisis  par 
la  reine  pour  sa  résidence  définitive,  cxuv.  —  Modération  de  ses 
demandes ,  ib.  —  Philippe  suspend  sa  décision  jusqu'à  ce  quMI 
sache  si  la  reine  veut  revenir  aux  Pajs-Bas,  cxlv.  —  Apostille 
remarquable  qu'il  met  sur  la  lettre  de  sa  tante,  ib.  —  Haine  mu- 
tuelle de  la  tante  et  du  neveu,  cxlvi. 
J  Xll.  Les  Cohhkrtairbs  de.  Gbaalbs-Qoi.'vt  et  ses  Obsbçoss.  —  Il  est 
constant  que  Charles-Quint  écrivit  des  commentaires,  cxlvi.  — 
Que  sont-ils  devenus?  cxlvii.  —  Notice  lue  sur  ce  sujet  à  l'Aca- 
démie royale  de  Belgique,  ib.  —  Article  consigné  dans  l'inventaire 
des  biens  meubles  de  l'Empereur ,  cxlm.  —  Et  repro<luit  dans  une 
liste  des  objets,  que  Philippe  II  se  fit  remettre,  de  la  garde-robe  de 
son  père,  cli.—  Déclaration  sous  serment ,  que  les  aides  de  chambre 
de  l'Empereur  durent  faire  après  sa  mort,  ib,  —  Passage  signifi- 
catif d'une  lettre  de  Quijada ,  ib.  —  Conclusion  à  tirer  de  ces  di- 
verses circonstances,  clii.  —  Ce  qu'on  peut  présumer  de  Philippe  II, 
relativement  aux  mémoires  de  son  père ,  ib.  —  Les  récits  des  écri- 
vains hiéronjmites  sur  les  obsèques  sont  rejetés  par  M.  Mignet, 
CLiv.  —  Raisons  qu'il  donne,  t5.  —  Opinion  contraire  de  M.  Théo- 
dore Juste,  ib.  —  Motifs  qui  me  portent  aujourd'hui  plus  à  croire 
qu'à  douter ,  clv.  —  Conversation  de  Charles-Quint  avec  son  barbier 
Nicolas,  GLVi.  —  Preuves  de  l'existence  des  3,000  écus  dans  la 
chambre  de  l'Empereur,  clvii.  —  Ce  qui  reste  de  cette  somme  à 
sa  mort,  clix.  —  Erreur  manifeste  de  Sandoval ,  ib.  —  Argument 
de  M.  Mignet  tiré  de  la  doctrine  de  l'Eglise ,  clx.  ~  Observations 
sur  cet  argument,  clxi.  ~  Rapprochement  des  dates,  gi.xiv.  — 
Conclusion,  clxv. 

LETTRES. 

I.  Relation  d'un  religieux  de  Yuste 1 

H.  Charles-Quint  à  Juan  Vazquez  :  Bruxelles,  11  octobre  1555.     .      69 

m.  État  de  la  maison  de  Charles-Quint,  lorsqu'il  la  licencia,  au  mois 

de  juin  1556 71 

IV.  Inventaire  de  la  vaisselle  d'argent,  des  livres,  des  tableaux  et  des 


N. 


(  oâi  ) 

P»6M. 

aiilres  meubles  que  TEmpereur  emporta  en  Espagne  : 
Bruielles,  18  août  1550 80 

V.  Philippe  II  à  la  princesse  dofia  Juana  :  Gand,  8  septem- 
bre 1550   03 

VI.  La  princesse  doAa  Juana  à  Luis  Quijada  :  VaUadolid, 

!«' octobre  1550 05 

Vil.  Luis  Quijada  à  Juan  Vazquez:  Burgos,  14  octobre  1550.      07 
VIII.  La  princesse  dofla  Juana  à  Philippe  II  :  VaUadolid,  15 

octobre  1550 08 

IX.  Francisco  Osorio  à  Philippe  II  :  VaUadolid ,  30  octo- 
bre 1550 101 

X.  L^Empereur  à  Philippe  II  :  sans  date  (VaUadolid,  30  oc- 

tobre 1550)   105 

XI.  Marguerite  d'Autriche,  duchesse  de  Parme,  à  FEmpe- 

reur  :  Milan,  5  novembre  1550 100 

XII.  Francisco  Osorio  à  Philippe  II  :  VaUadolid,  13  novem- 
bre 1550  107 

XIII.  Le  S'  de  la  Chaulx  à  PhiUppe  II  :  Jarandilla,  14  no- 

vembre 1550 108 

XIV.  Philip|)e  11  à  Juan  Vazquez  :  Bruxelles,  18  novembre 

1550 109 

XV.  La  reine  Éléonore  à  Charles-Quint  :  sans  date  (VaUa- 
dolid, •.  novembre  1550) 111 

XVI.  Charles-Quint  à  Jean  III ,  roi  de  Portugal  :  sans  date  (Ja- 
randilla,..  novembre  1550) 115 

XVII.  Instruction  de  l'Empereur  à  D.  Sancho  de  Cordova  :  Ja- 
randilla, ..  novembre  1550    117 

XVlil.  Luis  Quijada  à  Juan  Vazquez  :  Jarandilla,  0  décembre 

1550 120 

XIX.  La  reine  de  Hongrie  à  PhUîppe  II  :  VaUadolid,  0  décem- 
bre 1550 124 

XX.  P.  Sancho  de  Cordera  à  TEmpereur:  Lisbonne,  14  décem- 
bre 1550 127 

XXL  D.  Sancho  de  Cordova  à  l*Emp<)reur  :  Lisbonne,  18  décem- 
bre 1550  139 

XXII.  Martin  de  Gaztelù  k  Juan  Vazquez  :  JarandiUa,  20  décem- 
bre 1650 142 

XXIIL  Luis  Quijada  à  Juan  Vazquex  :  JarandiUa,  33  décembre 

1550 143 

XXIV.  Luis  Quijada  k  la  princesse  doila  Juana  :  Jarandilla,  31  dé- 
.     -       cembre  1550 140 


(  o^2  ) 

XXV.  L^Empereur  au  roi  des  Romains  :  Jarandilla,  18  janfier 

1557 147 

XXVI.  L^Empereur  à  la  princesse  dofia  Juana  :  Jarandllla,  31  jan- 
vier 1557 150 

XXVII.  L*Kmpereur  à  la  princesse  doika  Juana  :  JarandiUa,  3  fé- 
vrier 1557 ,    .    157 

XXVIH.  L*Empereur  à  Juan  Vaiquez  :  Yuste,  97  février  1557.    .    158 
XXIX.  Ruy  Gomez  de  SUva  à  TEmpereur  :  VaUadolid ,  11  mars 

1557 159 

XXX.  Lois  Qnyada  à  Juan  Vazquez  :  Yuste,  39  mars  1557.    .    163 
XXXI.  Martin  de  Gaztelù  à  Jqan  Vazquez  :  Guacos,  23  mars 

1557 164 

XXXJI.  Luis  Quijada  à  Philippe  II  :  VaUadolid ,  8  avril  1557  .    .     165 

XXXIII.  Guillaume  Van  Maie  à  Juan  Vazquez  :  Yuste,  11  avril 

1557 167 

XXXIV.  L*£mpereiir  i  la  princesse  dofia  Juana  :  Yuste,  IS  avril 

1557 168 

XXXV.  Rujr  Gomez  de  Silva  à  TEmpereur  :  VàlladoUd,  tl  avril 

1557 170 

XXXVl.  La  princesse  doQa  Juana  iTEmpereur  :  VaUadolid,  31 

avrU  1557 173 

XXXVII.  Guillaume  Van  Maie  à  Juan  Vazquez  :  Yuste,  97  avril  1 557.    1 74 
XXXVIII.  L'Empereur  à  la  princesse  dofia  Juana'  :  Yuste ,  90  avril 

1557 175 

XXXIX.  L'Empereur  à  Juan  Vazquez  :  Yuste,  99  avril  1 557  ..     1 70 
XL.  La  princesse  dofia  Juana  ft  TEmpereur  :  VaUadolid,  7 

mai  1557 181 

XLi.  La  princesse  do&a  Juana  au  corrégidor  de  Murcie,  Lorca 

et  Cartbagène:  VaUadolid,  19  mai  1557 184 

XLII.  L*Empereiir  à  rarcbevéque  de  Séville  :  Yuste ,  18  mai 

1557 186 

XLilI.  Fernando  de  Valdès,  archevêque  de  SéviUe,  à  TEmpe- 

reur  :  San  Martin  de  la  Fuente,  93  mai  1557   ...    188 
XLIV.  Hernaodo  de  Ocboa  à  TEmpercttr  :  ValladoUd,  98  mai 

1557 JOl 

XLV.  L'Empereur  à  rarcbevéque  de  Séville  :  Yuste,  9  juin  1567.    1 95 
XLVJ.  L'Empereur  à  Juan  Vazquez  :  Yuste,  9  juin  1557.    .    .    197 
XL  VIL  L'archevêque  de  SévUle  à  l'Empereur  :  San  Martin  de  la 

Fuente,  15  juin  1557 199 

XLVIU.  Ruy  Gomez  de  SUva  à  l'Empereur  :  VaUadolid ,  16  juin 

1557 909 


(oâô) 

Pages. 

XLIX.  L'Empereur  à  la  prinoesM  dofia  Juana  :  Yusie,  24  juin 

1557 204 

L.  L'Empereur  à  la  princesse  doîka  Juana  :  Yuste,  5  juillet 

1657 200 

LL  Instruction  de  l'Empereur  pour  D.  Fadrique  Enriquez  de 

GuzmaotYuste,  5  juillet  1557 208 

LU.  Juan  Yazquez  à  l'Empereur:  Vailadolid  ,  90  juillet  1557.  211 

LIIL  L*Empereur  à  Philippe  II  :  Yuste,  %  août  1557.    ...  216 

LIY.  L'Empereur  à  Juan  Vaiquez  :  Yuste,  8  août  1557   .    .  2i'0 

LY.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Yazquez  :  Cuacos ,  1 0  août  1 557.  222 

LVI.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Yazquez  :  Cuacos,  1 3  août  1 557.  225 

LYII.  D.  LuisdeAvilay  ZûQiga  à  Juan  Yazquez:  Plascncia, 

13  août  1557. 225 

LVill.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Yazquez  :  Cuacos,  17  août  1557.  228 

LIX.  L'Empereur  à  Juan  Vazquez  :  Yuste,  24  août  1557  .    .  230 
LX.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Yazquez  :  Cuacos ,  24  août 

1567 233 

LXI.  L*£mpereur  à  la  princesse  doAa  Juana  :  Yuste ,  30  août 

1557 230 

LXII.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Yazquez  :  Cuacos,  31  août  1 557.  238 

LXIU.  L'Empereur  à  Philippe  II  :  Yuste,  17  septembre  1557    .  340 

LXIY.  L'Empereur  à  Philippe  II  :  Yuste,  22  septembre  1557    .  244 

LXY.  L'Empereur  i  Juan  Yazquez  :  Yuste ,  27  septembre  1 557.  246 

LXYl.  D.  Sancho  de  Cordova  à  Juan  Yazquez  :  Â.l<lea  Nueva, 

3  octobre  1557 247 

LXYU.  D.  Sancho  de  Cordova  à  la  princesse  dofka  Juana  :  Cuacos, 

4  octobre  1557 249 

LXYIII.  Juan  Yazquez  à  l'Empereur  :  Yalladolid,  5  octobre  1557.    250 

LXIX.  Le  P.  Francisco  de  Borja  à  l'Empereur  :  Lisbonne,  0  oc- 
tobre 1557     253 

LXX.  Le  P.  Francisco  de  Borja  à  l'Empereur  :  Lisbonne,  12  oc- 
tobre 1557 255 

LXXI.  L'Empereur  i  la  reine  de  Portugal  :  Yuste,  24  octobre 

1657 258 

LXXII.  L*Emperear  au  duc  d'Albuquerque  :  Yuste ,  24  octobre 

1567 259 

LXXUI.  Guillaume  Yan  Maie  à  Juan  Yaz(|uez  :  Yuste ,  24  octobre 

1567 261 

LXXIV.  Luis  Quijada  à  Juan  Yazquez  :  Yuste,  30  octobre  1557  .    262 
LXX  Y.  Luis  Ouijada  à  la  princesse  doDa  Juana  :  Yu»le ,  31  octo- 
bre 1557 ,    ....    264 


(  nu  ) 

Pacei. 

LXXVI.  Luis  Quijaila  à  Juan  Vazquez  :  Yosle,  31  octobre  1557.    265 
LXXVII.  La  reine  Éléooore  à  Philippe  II  :  Jarandilla ,  1 3  novembre 

1557 267 

LXXVIIL  L^Empereur  à  la  reine  douairière  de  Portugal  :  Yuste, 

13  novembre  1557 371 

LXXIX.  L*Empereur  à  Pinfanle  doAa  Maria  :  Yuste,  13  novem- 
bre 1557 272 

LXXX.  L'£mi)ercur  à  Philipiie  II  :  Yuste,  15  novembre  1557.    .    274 
LXXXI.  L'Empereur  à  la  princesse  doAa  Juana  :  Yuste,  15  novem- 
bre 1557    278 

LXXXII.  Martin  de  Gaztelù  à  Juan  Vazquez  :  Cuacos,  18  novem- 
bre 1557  280 

LXXXIII.  La  reine  Éléonore  à  la  princesse  dofta  Juana  :  Jarandilla, 

27  novembre  1557 281 

LXXXI  V.  D.  Luis  de  Avila  y  Zùniga  à  Juan  Vazques  :  Plasencia , 

4  décembre  1557 284 

LXXXV.  La  princesse  doAa  Juana  à  l'Empereur  :  Valladoiid ,  1 4  dé- 
cembre 1557  286 

LXXXVI.  Juan  Vazquez  à  TEmpereur  :  Valladoiid,  21  décembre 

1567 280 

LXXXVII.  D.  Juan  de  Mendoza  à  la  reine  Éléonore  :  Lisbonne, 

23  décembre  1557 201 

LXXXVIII.  L'Empereur  à  la  princesse  dofia  Juana  :  Yuste,  26  décem- 
bre 1557 295 

LXXXIX.  Le  licencié  Aroeo  à  Juan  Vazquez  :  Badajoz ,  26  décem- 
bre 1557   296 

XG.  Don  Sancho  de  Cordova  à  TEmpereùr  :  Badajoz,  19  jan- 
vier 1558  299 

XCI.  L'Empereur  à  Juan  Vazquez:  Yuste,  25  janvier  1558    .    30S 
XCII.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Vazquez  :  Coacos,  27  janvier 

1558 505 

XCI II.  Juan  Vazquez  à  l'Empereur,  Valladoiid,  7  février  1558  .    507 
XCIV.  Juan  Vazquez  à  l'Empereur  :  Valladoiid ,  1 2  février  1558.    309 
XCV.  Le  docteur  Matbys  à  Philippe  II  :  Yuste,  14  février  1558.    311 
XCVI.  Luis  Quijada  à  Juan  Vazquez  :  Yuste,  24  février  1558.    .    313 
XCVII.  D.  Luis  de  Avila  y  Zûniga  à  Juan  Vazquez  :  Cuacos ,  der- 
nier février  1558 314 

XCVIII.  Instruction  de  la  princesse  doha  Juana  pour  D.  Hernando 

de  Rojas:  Valladoiid,  dernier  février  1558   ....    516 

XCIX.  Martin  de  Gaztelù  à  Juan  Vazquez  :  Cuacos,  4  mars  1558.    ôHO 

C.  Luis  Quijada  à  Juan  Vazquez  :  Yuste,  10  mars  1558 .    .    522 


(  525  ) 

PafM. 

CI.  MaHin  de  Gazlcln  h  Juan  Vazqiicz  :  CuaccM,  1 2  mars  ] 558.  324 

Cil.  Le  docteur  Malhys  à  Juan  Vazquez  :  Yuste,  1 5  mars  1 558.  330 
CJII.  Marlîn  de  Gaztelû  à  Juan  Vazquez  :  Cuacos,  10  mars 

1558 ^^$ 

CIV.  Juan  Vazquez  à  I*Empereur  :  Valladolîd ,  10  mars  1558 .  329 

CV.  Luis  Quijada  à  l'Empereur  :  Valladolid ,  1 9  mars  1 558    .  330 

CVI.  L'Empereur  à  Luis  Quijada  :  Yuste,  19  mars  1558.    .    .  33S 
CVII.  Précis  de  l'instniction  donnée  par  PEmpereur  à  Quijada , 
en  renvoyant  à  Valladolid  :  sans  date  (Yuste , ..  mars 

1558) 337 

CVUL  Martin  de  Gaztelù  à  Juan  Vazquez  :  Cuacot,  20  mars 

1558 345 

CIX.  Luis  Quijada  à  Philippe  II  :  Valladolid ,  22  mars  1 558    .  340 
ex.  La  princesse  doAa  Juana  à  PEmpereur  :  Valladolid ,  22 

mars  1558 347 

CXI.  Luis  Quijada  à  l'Empereur  :  ^  alladolid ,  23  mars  1558    .  350 

CXII.  Juan  Vazquerà  l'Empereur  :  Valladolid,  23  mars  1558  .  352 
CXIII.  La  princesse  dofta  Juana   à  PEmpereur  :  Valladolid, 

23  mars  1558 354 

CXIV.  L'Empereur  à  Juan  Vazquez  :  Yuste,  25  mars  1558  .    .  350 
CXV.  L'érèque  de  Palencia  à  Pbiiip|>c  II  :  Cigales,  25  mars 

1558 359 

CXVI.  Le  docteur  Mathys  à  Juan  Yazquez  :  Yuste,  27  mars 

1558 303 

CXVIL  L'Empereur  à  Juan  Vazquez  :  Yuste,  27  mars  1558    .    .  304 
CXVIII.  Le  docteur  Matbjrs  à  Juan  Vazquez  :  Yuste,  31  mars 

1558 305 

CXIX.  L'Empereur  à  Philippe  II  :  Yuste,  31  mars  et  7  avril  1558.  500 

CXX.  Le  docteur  Mathys  à  Philippe  II  :  Yuste,  1''  avril  1558  .  373 

CXXI.  Juan  Vazquez  à  PEmpereur  :  Valladolid ,  2  avril  1558  .  575 

CXXII.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Vazquez  :  Cuacos ,  0  avril  1 558.  377 

CXXIII.  La  reine  de  Hongrie  à  Juan  Vazquez  :  Cigales,  15  avril 

1558 378 

CXXiV.  L'Empereur  à  Philippe  II  :  Yuste,  21  avril  1558   .    .    .  379 
CXXV.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Vazquez  :  Cuacos,  22  avril 

1558 581 

CXXVI.  Martin  de  Gazlelù  à  Juan  Vazquez  :  Cuacos,  27  avril 

1558 382 

CXXVII.  L'Empereur  à  Philippe  II  :  Yuste,  27  avril  1558  .    .    .  383 
CXXVIII.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Vazquez  :  Cuacos,  28  avril 

1558 383 


(  r>96  ) 

CXXIX.  L^Empcreur  h  Juan  Vazquez  :  Yiiste,  8  mai  15S8.    .    .  S86 

CXXX.  Martin  de  Gaztelû  i  Jaan  Vazquez  :  Cuacos,  5  mai  1558.  388 

CXXXI.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Vazquez  :  Cuacot,  9  mai  1558.  389 

CXXX  II.  La  reine  de  Hongrie  à  Philippe  II  :  Cigales ,  10  mai  1558.  590 

CXXXIII.  Relation  du  docteur  Matbys  :  sans  date(Tuste,  13  mal 

1558) 399 

CXXXIV.  Liste  des  personnes  arrêtées  et  enfermées  dans  les  prisons 
deTalladolid,  pour  luthéranisme  :  Valtadolid,  14  mai 

1558 401 

CXXXY.  Juan  Vazquez  à  TEmpereur  :  Valtadolid,  14  mai  155S    .  403 

CXXXVI.  Juan  de  Vega  à  l'Empereur  :  Valladotid ,  14  mai  1558    .  403 

GXXXYII.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Vazquez  :  Cuacos,  18  mai  1558.  405 

CXXXVIII.  L'Empereur  à  Philippe  II  :  Tuste,  18  mai  1558 ....  406 

CXXXIX.  Le  docteur  Math^  à  Juan  Vazquez  :  Tuste,  24  mai  1558.  409 

CXL.  Martin  de  Gaztelû  i  Juan  Vazquez  :  Cuaeos,  96  mai  1 558.  4 1 0 

CXLI.  Le  docteur  Mathys  à  Juan  Vazquei  :  Tuste,  30  mai  1 558.  41 3 

CXLII .  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Vazquez  :  Cuaeos ,  30  mai  1 558.  414 

CXLIH.  L'Empereur  à  Juan  Vazquez  :  Tuste,  3  juin  1558  ...  416 

CXLIV.  L'archevêque  de  Séviile  à  TEmpereur  :  TAbrojo ,  3  juin 

1558 417 

CXLV.  Relation  envoyée  à  l'Empereur  par  Parchevéque  de  Sé- 
viile :  sans  date  (3  juin  1558) 410 

CXL VI.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Vazquez  :  Cuaeos,  3  juin  1568.  435 
CXLVII.  Instruction  de  Philippe  II  pour  fray  Bartholomé  de  Car- 

ranza ,  archevêque  de  Tolède  :  Anvers,  5  juin  1558    .  436 

CXLVITI.  L'Empereur  à  Juan  Vazquez  :  Tuste,  7  juin  1558.    .    .  435 

CXLIX.  Juan  Vazquez  à  l'Empereur  :  Valladolid,  13  juin  1558   .  437 
CL.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Vazquez  :  Cuaeos,  30  juin 

1558 439 

CLI.  Juan  Vazquez  à  l'Empereur  :  Valladolid,  38  juin  1558  .  441 

CLII.  L'Empereur  à  Juan  Vazquez  :  Tuste ,  3  juillet  1558  .    .  443 
CLlll.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Vazquez  :  Cuaoos,  3  juillet 

1558 445 

CLIV.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Vazquez  :  Cuaeos,  4  juillet 

1558 446 

CLV.  Juan  Vazquez  à  l'Empereur  :  Valladolid ,  5  juillet  1 558  .  447 

CLVl .  Le  docteur  Mathys  à  Juan  Vazquez  :  Tuste ,  6  juillet  1 558.  450 

CLV II.  Juan  Vazquez  à  l'Empereur  :  Valladolid,  8  juillet  1558  .  451 

CLVIII.  Luis  Quijada à  Juan  Vazquez  :  Cuaeos,  9  juillet  1558    .  453 

CLIX.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Vazquez  :  Cuaeos,  19  juillet 

1558 454 


(  S27  ) 

CLX.  Juan  Vazquez  à  TEmpereur  :  Valladolid,  99  juillet  15}»d  .    45C 
CLXf.  Luis  Quijada  à  Juan  Vazquez  :  Cuacot,  98  juillet  1558   .    458 
CLXII.  Martin  4e  Gaztelù  à  Juan  Vazquez  :  Cuaeos,  28  juillet 

1658 459 

CLXIII.  Juan  Vaiquez  à  TEmperour  :  Valladolid ,  50  juillet  1558.    460 
CLXIV.  Juan  Vazquez  à  Philippe  II  :  Valladolid,  l**  août  1558  .    461 
CLXV.  Juan  Vazquez  à  PEmperear  :  Valladolid ,  8  août  1558    .    469 
CLXVI.  La  princesse  do&a  Juana  à  PEmpereur  :  Valladolid,  8  août 

1558 465 

CLXVII.  Luis  Quijada  à  Juan  Vazquez  :  Cuacos ,  9  août  1558  .    .    470 
CLXVIII.  Juan  Vazquez  à  TEmpereur  :  Valladolid,  10  août  1558   .    473 
CLXIX.  Juan  Vazquez  à  PEmpereur  :  Valladolid ,  17  août  1558  .    474 
CLXX.  La  princesse  do&a  Juana  à  TEmpereur  :  Valladolid,  17 

août  1558 476 

CLXXI.  La  princesse  do&a  Juana  à  TEmpereur  :  Valladolid,  19 

août  1558 480 

CLXX  IL  La  princesse  dofta  Juana  à  PEmpereur  :  Valladolid ,  99 

août  1558 481 

CLXXIII.  Le  docteur  Mathys  à  Juan  Vazquez  :  Yuste,  94  août 

1558 489 

CLXXIV.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Vazquez  :  Cuacos,  94  août 

1558 483 

CLXXV.  L'Empereur  à  Juan  Vazquez  :  Yuste ,  97  août  1558   .    .    484 
CLXXVI.  L'Empereur  à  Phitippe  II  :  Yuste ,  98  août  1558    ..    .    485 
CLXX VII.  Luis  Quijada  à  Juan  Vazquez  :  Cuacos,  98  août  1558         487 
CLXXVI II.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Vazquez  :  Cuacos,  98  août 

1558 490 

CLXXIX.  La  princesse  dolia  Juana  à  PEmpereur  :  Valladolid,  99 

août  1558 499 

CLXXX.  L'archevêque  de  Tolède  à  PEmpereur  :  Valladolid,  9  sep- 
tembre 1558  493 

CLXXXI.  Garcilaso  de  la  Ve^pa  à  Philippe  II  :  Valladolid,  7  septem- 
bre 1558  • 494 

CLXXXII.  La  princesse  do&a  Juana  à  Luis  Quijada  :  Valladolid, 

17  septembre  1558 500 

CLXXXIII.  Martin  de  Gaztelû  à  Juan  Vazquez  :  Cuacos,  90  septem- 
bre 1558   501 

CLXX XIV.  L'archevêque  de  Tolède  à  Juan  Vazquez  :  Villa franca  de 

la  Puente  de!  Arzobispo,  98  septembre  1558.     .    .    .    509 

CLXXXV.  Luis  Quijada  à  Juan  Vazquez  :  Cuacos,  4  octobre  1558.    505 

CLXXXVL  Luis  Quijada  à  Philippe  II  :  Yuste,  19  octobre  1558.    .    506 


(  528  ) 

CLXXXVIi.  Luis  Quijadaà  Juan  Vazquez  :  Cuacos,  27  octobre  1558.  507 
CLXXXVIII.  Philippe  U  à  la  princesse  doSa  Juana  :  Bruxelles,  15 

mars  1559 509 

CLXXXIX.  Fray  Juan  Régla  à  PhUippe  II  :  Valladolid,  5  mai  1559.  51 1 
CXC.  Les  exécuteurs   testamentaires  de  TEmpereur  à  Phi- 
lippe II  :  ValUdoltd,  8  juin  1559 519 

CXCI.  Luis  Ouijada  à  Philippe  II  :  Villa^preia,  6  juillcl  1559.  515 


ERRATA. 


P»f(p.  71 ,  ligne  71  du  l»l^  :  Hangoort;  lisex  :  Hangoart. 

Paj;e  105,  k  la  date:  novemikre  1!»56;  Uses:  7iO wtottre  tT\!tùySe\on  \e  MS.  Gon- 

salitz. 
Page  1  m,  ligne  17  :  hprmano;  Miwt  :  hêrmana. 
Page  190,  ligne  5  :  eutendi;  lisez  :  êntendià. 
P-ige  172,  ligne  18  de  la  noie  :  31  nuit;  lises  :  13  mai. 
P.«ige  17i,  ligne  i5  de  la  noie  :  Magtêlad;  lises  :  }l«ixtd. 
Page  18i,  ligne  û  du  sommaire  :  la  recevront;  lisez  :  reeerront  ettie  Utlre, 
Page  3i20,  à  la  dale  de  la  lettre  XCIX  :  ir;57;  lisez  :  1558. 


UNIV.  C?  r^'^.:;û,\.4, 

JAN  25  1912